Le Western américain : Parcours chronologique III 1955-1959

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar NotBillyTheKid » 16 juin 13, 19:57

LE BRIGAND BIEN AIME.

Ah zut, je l'ai acheté il y a 3 jours seulement et me faisais une joie de le découvrir... :mrgreen:
Dernière édition par NotBillyTheKid le 16 juin 13, 20:40, édité 1 fois.
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar hellrick » 16 juin 13, 20:02

NotBillyTheKid a écrit :
LE BRIGAND BIEN AIME.

Ah zut, je l'ai acheté il y a 3 jours seulement et me faisait une joie de le découvrir... :mrgreen:


Je l'ai aussi acheté il y a quelques temps mais pas encore vu :?
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 16 juin 13, 23:08

Et bien assez hâte de connaitre votre avis à tous les deux en espérant que pour vous la déception sera moindre :wink:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Père Jules » 16 juin 13, 23:10

J'ai le souvenir d'une déception vis-à-vis de son auteur mais pas d'un rejet aussi conséquent. A revoir sans doute à la lumière de ton avis...

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 16 juin 13, 23:12

Père Jules a écrit :J'ai le souvenir d'une déception vis-à-vis de son auteur mais pas d'un rejet aussi conséquent.



J'avais le même souvenir ceci dit.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 16 juin 13, 23:19

Pour un avis radicalement opposé au mien, lire le très beau texte écrit par Profondo Rosso dans le topic Nicholas Ray.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar pak » 17 juin 13, 01:13

Oui, car c'est un beau film, plus psychologique et dramatique que le film de King plutôt orienté lyrisme et légende...

A mon sens, à mettre dans la catégorie des remakes réussis.
Le cinéma : "Il est probable que cette marotte disparaîtra dans les prochaines années."

Extrait d'un article paru dans The Independent (1910)

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 17 juin 13, 06:39

pak a écrit :Oui, car c'est un beau film, plus psychologique .



Franchement la psychologie, elle semble être passée à la trappe elle aussi. Je ne vois rien de très passionnant à ce niveau.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar pak » 17 juin 13, 09:29

Oh moi je dis ça, c'est pour relativiser un peu la déception de ceux qui viennent d'acheter le DVD... :mrgreen:

Je ne peux hélas pas en faire une analyse détaillée comme la tienne, n'ayant pas revu le film récemment, mais j'en ai un souvenir positif.
Le cinéma : "Il est probable que cette marotte disparaîtra dans les prochaines années."

Extrait d'un article paru dans The Independent (1910)

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The Guns of Fort Petticoat

Messagepar Jeremy Fox » 20 juin 13, 15:59

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Le Fort de la dernière chance (The Guns of Fort Petticoat - 1957) de George Marshall
COLUMBIA


Avec Audie Murphy, Hope Emerson, Kathryn Grant, Jeanette Nolan, Ray Teal
Scénario : Walter Doniger
Musique : supervisée par Mischa Bakaleinikoff
Photographie : Ray Rennahan (Technicolor 1.85)
Un film produit par Harry Joe Brown pour la Columbia


Sortie USA : Avril 1957


Le prolifique George Marshall eut un genre de prédilection tout au long de son imposante carrière : la comédie. Quand il aborda le western, il insuffla souvent beaucoup d’humour à la plupart de ses films, le plus célèbre et le plus réussi étant Destry Rides Again (Femme ou démon) avec James Stewart et Marlene Dietrich, symbiose quasi-parfaite entre drame et comédie. Il réalisa aussi une amusante parodie de western par l’intermédiaire de Red Garters (Les Jarretières rouges), une curieuse comédie musicale expressément tournée à l’intérieur de décors stylisés à l’extrême. Il réalisa ensuite un propre remake de son Destry Rides Again avec Destry (Le Nettoyeur) dont l’acteur principal était Audie Murphy, à nouveau en haut de l’affiche de ce Guns of Fort Petticoat qui, au vu de son titre et de son argument principal (un homme et une vingtaine de femmes réunis dans une mission abandonnée), aurait pu nous faire penser qu’il s’agirait à nouveau d’un western à forte dose humoristique, voire d’une comédie. Il n’en est cependant rien, le ton de ce western étant on ne peut plus sérieux, tout comme l’était quelques mois plus tôt le singulier Les Piliers du ciel (Pillars of the Sky), l’un des rares westerns ouvertement ‘chrétiens’. Surprenant, Le Fort de la dernière chance l’est lui aussi, mais, faute à une mise en scène sans génie et à un scénario à semi-bâclé, s’il s’avère à nouveau plaisant à regarder, tout comme pour son prédécesseur, on reste sur sa faim surtout au regard des immenses possibilités qui s’offraient ici et là au cinéaste. Le Fort de la dernière chance mérite pourtant également que l’on s’y arrête surtout pour les pistes thématiques abordées ainsi que pour le portrait de quelques personnages dont celui joué par Audie Murphy ; après déjà une dizaine de westerns à son actif, le comédien peut se targuer d’une filmographie dans le genre qui lui aura octroyé une belle brochette de protagonistes très intéressants, le dernier en date ayant été celui du pacifiste commissaire aux affaires indiennes dans l'atypique L’Homme de San Carlos (Walk the Proud Land) de Jesse Hibbs, western sans quasiment aucune action. Un acteur qui fut longtemps sous-estimé et que l’on commence à grandement réhabiliter, même Bertrand Tavernier lui reconnaissant désormais de grandes qualités.


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La Guerre de Sécession bat son plein. Le Lieutenant Frank Hewitt (Audie Murphy), à la tête d’un détachement de la cavalerie américaine, croise une petite troupe d’Indiens Cheyennes qui a quitté illégalement sa réserve pour aller commercer. Leur accordant sa confiance en voyant les membres de la tribu désarmés, il leur demande juste de réintégrer leur réserve de Sand Creek. Suite à son rapport au colonel Chivington, ce dernier décide d’aller donner une leçon aux indiens désobéissants. Violemment contre cette expédition punitive, Frank décide de donner sa démission mais assiste néanmoins, écœuré, au massacre de la tribu par les Tuniques bleues. Persuadé que de ce carnage vont résulter des représailles de la part des indiens, Frank se dépêche de rentrer dans son Texas natal, prévenir ses concitoyens de l’imminence du danger. Mais quasiment tous les hommes sont partis se battre sur le front de la Guerre Civile ; seuls demeurent pour s’occuper des ranchs et fermes, les femmes et les enfants. Il fait le tour des différentes propriétés pour essayer de convaincre leurs habitants de venir se réfugier dans la mission la plus proche afin d’organiser la résistance. Même s'il est au départ rejeté d’un peu partout par le fait de porter l’uniforme nordiste et être ainsi considéré comme traître à son Etat, il finit par y arriver ; et tous de se retrouver dans le bâtiment abandonné rapidement transformé en bastion. La forte en gueule Hannah Lacey (Hope Emerson) est nommée Sergent et, sous ses ordres, les femmes reçoivent un entrainement intensif pour apprendre à se battre et à se défendre. Quant à Hewitt, il est pris en tenaille entre Stella (Patricia Tiernan), son ex-fiancée, mariée entre temps mais toujours amoureuse de lui, et Anne (Kathryn Grant), la fille d’un de ses ex-amis qui tout d’abord, en voyant son uniforme, avait tenté de lui trouer la peau…


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Ici, Audie Murphy interprète un Texan parti s’enrôler par conviction anti-esclavagiste dans l’armée Yankee. Il est donc déjà considéré comme un traître par ses concitoyens. Puis, en totale opposition avec son supérieur quant à ses velléités meurtrières envers les indiens, il n’hésite pas à le contrer oralement en lui disant son fait bien en face, et surtout à donner sa démission d’une armée qui le dégoute désormais. Il y a de quoi : Chivington (personnage ayant réellement existé, dans la mouvance de Custer) lui fait comprendre qu’il décide de massacrer une tribu innocente pour lui apprendre l’obéissance, même si cet acte risque de déclencher une nouvelle guerre indienne. La reprise du conflit l’arrangerait même au contraire ; en effet, si les indiens du Texas repartent sur le sentier de la guerre, ça fera des Sudistes en moins à combattre puisqu’ils auront été anéantis à leur tour !!! Constat sacrément courageux de la part des auteurs d’autant qu’ils nous font assister au tristement fameux massacre de Sand Creek, celui-là même que narrait Van Heflin avec une formidable puissance d’évocation dans le chef-d’œuvre de George Sherman, Tomahawk. La seule erreur historique est que cette boucherie n’a pas été initiée dans la réalité par L’US Cavalry mais par une milice que commandait le même Chivington : le 29 novembre1864, à la tête de 700 cavaliers, il attaqua un camp indien où l’on trouvait surtout femmes, enfants et vieillards avec pour résultat quelques 300 morts du côté des Cheyennes. Après avoir donc assisté en tant que témoin impuissant à ce carnage, Hewitt rentre au Texas prévenir ses anciens voisins que les Indiens risquent de vouloir se venger. Il est très mal accueilli par la plupart pour avoir choisi le camp adverse surtout qu’il n’a pas jugé utile de quitter son uniforme Nordiste. Quoiqu’il en soit, il ne pense qu’à la sauvegarde de ses concitoyens, préférant oublier le conflit civil qui les sépare, et prend des risques en essayant de leur expliquer le danger imminent qui les menace. Il ne trouve quasiment que des femmes et des enfants, les hommes étant tous occupés à faire la guerre.


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En à peine un quart d’heure assez remarquable (au cours duquel nous aurons eu l'occasion de voir aussi des décors d’habitations assez inédits dans le genre), nous aurons pu constater à quel point le postulat de départ était passionnant et le personnage de Frank Hewitt superbement écrit : un symbole de probité, de courage, d’antiracisme, de tolérance et de pacifisme ; rien que ça ! Dans ce beau rôle, le comédien est égal à lui-même, d’une grande sobriété, ce qui ne l’empêche pas d’être constamment convaincant. Après cette excellente entrée en matière, prenez Convoi de femmes (Westward the Women) de William Wellman et Quand les tambours s’arrêteront (Apache Drums) de Hugo Fregonese, mélangez le tout, et vous aurez ainsi un petit aperçu de la suite du film. Frank sera arrivé à convaincre toutes les femmes des environs de se réunir au sein d’une mission abandonnée afin de pouvoir contrer les attaques indiennes qui ne devraient plus tarder ; pour se faire, elles devront apprendre à attaquer et à se défendre. Quasiment seul entouré d’une vingtaine de femmes, comme l’était Robert Taylor dans le chef d’œuvre de Wellman, se retrouvant avec elles bloqué au sein d’une bâtisse religieuse comme dans le très beau film de Fregonese, la situation semblait devoir être des plus captivantes. Malheureusement, à partir de là, même si le film continue de se suivre sans déplaisir, on a l’impression d’un certain bâclage, le scénariste et le réalisateur ne semblant pas avoir exploité toutes les possibilités qu’ils avaient à leur disposition, n'ayant pas tiré partie de toutes leurs bonnes idées, n'ayant jamais approfondi les thématiques intéressantes qu’ils avaient initié, le final entérinant ce fait, un happy-end totalement ridicule qui n’aurait pas dépareillé une pure comédie mais qui va ici à l’encontre du ton général du film. Ajoutons à ça de grosses ficelles scénaristiques totalement dispensables comme celle de l'arrivée impromptue des trois bandits : Bertrand Tavernier défend l’idée en supputant que le scénariste les a introduit dans l’histoire pour ne pas que le spectateur sente venir de la monotonie à rester constamment en compagnie des seules femmes ! Quoiqu’il en soit et même si Ray Teal et James Griffith semblent de délecter d’interpréter de tels salauds (alors que Nestor Paiva est assez insupportable), leur apparition au sein de l’intrigue arrive vraiment comme un cheveu sur la soupe.


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Venons en maintenant aux personnages féminins qui sont ici fortement majoritaires, tous fortement caractérisés, et par le fait plus ou moins caricaturaux sans que ce ne soit forcément incommodant : on aura donc droit à la forte-tête, à la courtisane au grand cœur, à la dangereuse bigote, à l’aristocrate et sa servante noire, à la peureuse, à l’amoureuse... Si les archétypes ne sont dans l'absolu pas gênants en soi, encore faut-il qu’ils soient interprétés par des comédiennes chevronnées ou qui s’en donnent à cœur joie : ici Hope Emerson, s’en sort comme d’habitude avec les honneurs, n’ayant pas son pareil pour endosser les rôles de femme "as good and as strong as any three men" comme elle aime se définir elle-même dans le film et qui se verra nommer sergent par l’homme de la situation ; Kathryn Grant (futur épouse de monsieur Bing Crosby) est aussi convaincante que mignonne alors que Jeanette Nolan tient une fois de plus le rôle de la religieuse fanatique de service, odieuse au possible lorsqu’elle vient à se réjouir de la mort d’une de ses compagnes qui était, comble de l’horreur, une célibataire enceinte ("Elle portait la marque du pêché"). Malheureusement, toutes les autres actrices s’avèrent bien médiocres, voire pour certaines plutôt agaçantes. Tout comme le seul homme accompagnant Audie Murphy jusqu’à la mission et qui se révèlera un type très peu recommandable, interprété par le très mauvais Sean McClory. La séquence de sa mort met néanmoins le spectateur assez mal à l'aise et nous donne encore un aperçu de ce que le film aurait pu être sous la direction d'un cinéaste ayant un univers plus personnel.


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Dommage qu’un script proposant d’aussi nombreuses intéressantes pistes manque à ce point de la plus élémentaire des rigueurs sinon, entre d’autres mains, le film aurait pu facilement être bien plus qu’une plaisante curiosité. Malgré tout, même si les décors en intérieurs font bien trop factices, même si la mise en scène de George Marshall s’avère moyennement inspirée, grâce à son solide métier, à son efficacité à monter et filmer ses scènes d’action, à son sens de l’espace ici plus aiguisé qu’à l’accoutumé, à son choix de superbes paysages, mais également grâce aux messages visant à critiquer tous les excès et intolérances, à une sympathique galerie de personnages, le spectacle demeure bien sympathique, encore plus pour les admirateurs d’Audie Murphy pour qui il s’agissait du premier film qu’il produisait pour sa compagnie indépendante gérée en collaboration avec Harry Joe Brown. Un western moyen qui a néanmoins le mérite d’être assez bien mené et jamais ennuyeux. A signaler une bande originale faite de morceaux piqués ici et là dans d’autres productions Columbia, y compris le thème martial du générique. Petite série B à ne conseiller qu'aux seuls aficionados, ces derniers pouvant trouver matière à passer un agréable moment.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 20 juin 13, 16:03

Le hasard faisant bien les choses, le 300ème western critiqué de ce parcours sera donc un des chefs-d'oeuvre de la collaboration Scott/Boetticher 8)

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Re: The Guns of Fort Petticoat

Messagepar hellrick » 20 juin 13, 16:15

Jeremy Fox a écrit : le spectacle demeure bien sympathique, encore plus pour les admirateurs d’Audie Murphy pour qui il s’agissait du premier film qu’il produisait pour sa compagnie indépendante gérée en collaboration avec Harry Joe Brown. Un western moyen qui a néanmoins le mérite d’être assez bien mené et jamais ennuyeux.


Voilà. Une (petite) réhabilitation pour ce western plaisant qui se regarde sans difficulté même si nous sommes loin d'un incontournable.
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Alphonse Tram » 21 juin 13, 12:19

Juste pour info, la grosse coquille sur le titre de la jaquette (l'effort de la dernière chance...) a t-elle été corrigée pour la sortie du dvd ?
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The Iron Sheriff

Messagepar Jeremy Fox » 21 juin 13, 13:12

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Le Shérif de fer (The Iron Sheriff - 1957) de Sidney Salkow
UNITED ARTISTS


Avec Sterling Hayden, Constance Ford, John Dehner, Kent Taylor
Scénario : Seeleg Lester
Musique : Emil Newman
Photographie : Kenneth Peach (Noir et blanc 1.37)
Un film produit par Jerome C. Robinson pour la United Artists


Sortie USA : Avril 1957


Ellsworth, Sud Dakota, 1881. Une diligence transportant une importante somme d’argent vient d’être attaquée et dévalisée. Lors de ce violent hold-up le conducteur a été tué. Tout porte à croire que le coupable n’est autre que Benjie (Darryl Hickmnan), le jeune rejeton du shérif de la ville, le taciturne Sam Galt (Sterling Hayden). Ce dernier, alors que le procès commence à se dérouler, va de son côté faire sa propre enquête afin de pouvoir disculper son fils qu’il espère innocent. Pour le soutenir et l’aider à trouver des preuves, le shérif loue les services d’un avocat réputé (John Dehner) ainsi que d’un détective privé (Mort Mills). L’éditeur du journal local (Kent Taylor) pousse au contraire ses concitoyens à croire en la culpabilité de Benjie, son père Sam n’étant autre que son rival en amour. L’homme de loi est ainsi sans cesse tiraillé entre son sens du devoir et son amour filial surtout quand sur son lit de mort, un témoin du meurtre, le père de Kathy (Kathy Nolan), la petite amie de l’accusée, lui certifie que l’assassin est bel et bien Benjie. Sam n’a que quelques heures pour trouver la vérité avant que la pendaison n’ait lieu…


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Il est toujours agréable de pouvoir découvrir un inédit mais il ne faut pas s’attendre à tomber chaque fois sur une pépite oubliée. Au contraire même : il arrive plus souvent qu’un inédit en salles l’ait été du fait de sa médiocrité, ce qui est le cas en l’occurrence. Alors que dire d’un western aussi minable que même les aficionados auront du mal à apprécier, et que même Patrick Brion semble avoir eu honte de présenter au sein de la collection sur laquelle il officie régulièrement, celle néanmoins indispensable proposée par l’éditeur Sidonis ? Et si nous commencions comme il le fait lui-même par effectuer un rapide focus sur la carrière de son réalisateur qui, malgré le navet qui nous concerne, nous aura cependant laissé quelques plaisants films ! Étudiant à Columbia University puis à Harvard, il débuta dans le théâtre en tant qu’assistant metteur en scène. En 1932 il atterrit à Hollywood où il commença sa carrière comme dialoguiste. Il fut ensuite un prolifique réalisateur, sa filmographie comptant pas moins d’une cinquantaine de films dont l’intéressant Sitting Bull qui, malgré pas mal de maladresses, se rattrapait grâce à sa sincérité et à l’humanisme de son propos, ainsi que la 'semble-t-il' meilleure adaptation du roman de Richard Matheson, ‘Je suis une légende’ , The Last Man on Earth avec Vincent Price dans le rôle principal. Sidney Salkow dirigea aussi et surtout pas mal d’épisodes de séries télévisées comme Lassie, The Cisko Kid ou La Famille Addams. Au final, il ne reste à priori pas grand-chose de mémorable au sein de sa filmographie ; au vu de The Iron Sheriff, huitième de ses onze westerns, on comprend aisément pourquoi !


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Un pitch tout simple, ce qui en soi n'est aucunement gênant : un jeune homme accusé de meurtre ; son père, le shérif de la ville qui, voulant croire en son innocence, va mener sa propre enquête alors que le procès se déroule. Mais malheureusement, pour ce western mâtiné de film de procès, les auteurs nous octroient une construction systématique procès/enquête, un montage parallèle digne d’un mauvais téléfilm et qui va perdurer jusqu’à la toute fin sans que ni la partie tribunal ni la partie investigation n’arrivent à être captivantes une seule seconde. La faute en incombe avant tout à un scénario totalement fade et inintéressant, le seul travail de Seeleg Lester pour le cinéma, spécialisé habituellement dans la série télévisée, ayant écrit par exemple de très nombreux épisodes de la série Perry Mason. On espère que ses scripts pour la petite lucarne auront été plus passionnants que celui qu’il nous octroie ici malgré un postulat de départ qui aurait pu accoucher d’un touchant drame familial. Non seulement l'émotion est aux abonnés absents mais la crédulité des protagonistes est telle qu’on finit par en rire : il faut avoir vu le shérif se jeter sur tous les os qu’on lui donne à ronger, étant certain à chaque fois qu’il s’agit du véritable coupable, repartant tête baissée sur une autre piste dès qu'il est avéré s'être fourvoyé ! La mise en scène de Sidney Salkow ne fait rien pour rehausser l'ensemble, toute aussi terne et amorphe. Quant aux comédiens, ils semblent s’être ennuyés à mourir, Sterling Hayden en tête. Si sa filmographie westernienne n’est guère jubilatoire (à l’exception bien évidente du sublime Johnny Guitar), il pourrait néanmoins s’agir ici de son plus mauvais film, n’ayant du début à la fin qu’une seule et unique expression sur le visage. Comment après ça pouvoir accrocher à une histoire au départ totalement dénuée de passion si de plus les acteurs ne nous semblent guère plus concernés, que ce soit, outre Sterling Hayden, les habituellement excellents John Dehner, Will Wright ou Frank Fergusson.


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Pour couronner le tout, une horrible musique de Emil Newman complètement en porte-à-faux par rapport aux images ainsi que des cadrages tellement peu recherchés qu’ils nous feraient presque penser à un éventuel recadrage de la copie (ce qui n’est pas le cas). Et comme si ça ne suffisait pas, le scénario exhale un puritanisme pénible et niais, ne pas avoir couché avant le mariage faisant pousser un ouf de soulagement à toute cette petite communauté (y compris les personnages positifs) qui n’en devient encore que plus antipathique qu'elle ne l'était au départ. Un western à très petit budget, mollasson, plan/plan, soporifique, sans surprises et sans intérêt, à réserver uniquement aux complétistes.

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pak
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar pak » 21 juin 13, 20:14

Suis pas très fan ni de George Marshall ni d'Audie Murphy... Mais je crois que je vais quand même m'offrir cette galette.

Bon sinon, j'ai peut-être l'esprit mal placé, mais en taille réelle sur l'écran de l'ordi, sur la dernière capture, la femme au fusil juste derrière Audie à gauche de l'écran a tout de même une expression du visage assez équivoque tout en tenant son canon d'une manière qui ne l'est pas moins... :uhuh:
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