Le Western américain : Parcours chronologique III 1955-1959

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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monk
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar monk » 14 sept. 12, 17:49

J'ignorais le problème de format aussi...Les captures sont intéressantes, mais ne me font pas, a priori, tourner le dos au 1.85, qui donne plus d'images sur le coté. Il me semble donc indispensable maintenant de me procurer le Z1 et de le revoir ! (Si c'est pas la meilleure excuse du monde ça :mrgreen: ) Quite à garder les deux...

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Jeremy Fox
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White Feather

Messagepar Jeremy Fox » 15 sept. 12, 16:01

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La Plume blanche (White Feather, 1955) de Robert D. Webb
PANORAMIC PRODUCTIONS


Avec Robert Wagner, John Lund, Debra Paget, Jeffrey Hunter, Eduard Franz, Noah Beery Jr., Virginia Leith, Emile Meyer, Hugh O'Brian, Milburn Stone
Scénario : Delmer Daves & Leo Townsend
Musique : Hugo Friedhofer
Photographie : Lucien Ballard (Technicolor 2.55)
Un film produit par Robert L. Jacks pour la Panoramic Productions


Sortie USA : 15 février 1955

White Feather est un western de la Panoramic Productions, compagnie n’ayant produit que 12 films dont quelques westerns, le plus connu étant le très bon The Raid de Hugo Fregonese l’année précédente. Semblant avoir bénéficié d’un budget conséquent au vu de l’importante figuration déployée, La Plume Blanche est pourtant encore assez méconnu en France. Remplacez les Apaches par les Cheyennes et vous vous ferez la réflexion comme quoi ce film ressemble énormément sur de très nombreux points à un classique du genre sorti cinq années auparavant, La Flèche Brisée (Broken Arrow), aujourd’hui surtout célèbre pour avoir été proclamé premier véritable western pro-indien. Et ce n’est pas vraiment une coïncidence puisque l’un des coscénaristes de White Feather n’est autre que le réalisateur de Broken Arrow, à savoir l’un des plus généreux chantres de l’antiracisme du cinéma hollywoodien, Delmer Daves. On retrouve en effet dans La Plume blanche une même introduction prévenant le spectateur que les Indiens parleront anglais pour plus de facilité, la même actrice principale, Debra Paget, dans le rôle de l’indienne qui tombe amoureuse d’un homme blanc, et une intrigue à peu près similaire dans ses grandes largeurs, celle d’un civil essayant de s’occuper de ce que les militaires n’arrivent pas à mener à bien : réussir à faire accepter un traité de paix aux indiens (mais qui aura cette fois une conséquence plus fâcheuse, celle de les déloger).


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1877 dans le Wyoming. Josh Tanner (Robert Wagner), ingénieur topographe, est chargé d’aller étudier un site sur lequel ses employeurs souhaitent ériger une nouvelle ville, ayant été informés que de l’or aurait été trouvé dans les collines environnantes. Seulement cet endroit se situe sur le territoire des Cheyennes, la tribu n’étant pas encore prête à accepter l’invasion de leur territoire par les hommes blancs. Sur son chemin, Josh trouve le corps d’un mineur massacré par les indiens qu’il ramène à Fort Laramie où le Colonel Lindsay (John Lund) le reçoit et lui explique la situation tendue dans la région ; alors que toutes les autres tribus vivants aux alentour sont prêtes à émigrer vers des réserves plus au Sud, les Cheyennes ne souhaitent pas encore suivre le mouvement. Le Colonel conseille donc à John de se faire héberger au fort jusqu’à ce qu’un compromis ait été trouvé entre le gouvernement américain et les ‘indiens résistants’. Alors que Josh se promène dans les environs du fort, il tombe face à face avec deux jeunes guerriers Cheyennes, Little Dog (Jeffrey Hunter) et American Horse (Hugh O’Brian) qui le conduisent à leur campement. Là, Josh apprend à apprécier les membres de la tribu, essaie de leur fait entendre raison quant aux bienfaits de l’arrêt des hostilités, se prend d’amitié pour Little Dog et tombe même amoureux de la fille du chef, Appearing Day (Debra Paget). Plus tard, Josh assiste au discours du grand chef Broken Hand (Eduard Franz) qui fait part de sa décision de signer lui aussi le traité de paix avec les blancs et de quitter les plaines du Wyoming. Ce qui n’est pas du goût de Little Dog et American Horse qui défient le chef lui disant préférer se battre seuls contre l’armée américaine plutôt que d’accepter une telle humiliation…


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White Feather narre donc l’histoire véridique d’une amitié entre un ingénieur topographique blanc, Josh Tanner, qui n’éprouvait avant de la connaître qu’indifférence envers la nation indienne, et un guerrier Cheyenne, Little Dog, qui refuse de quitter les terres qu’on souhaite confisquer à son peuple pour y exploiter l’or dont elles regorgent. Une histoire d’amour a également lieu, celle de ce même blanc pour la fille du chef des Cheyennes ; et à noter, c’est bien la première fois qu’un film hollywoodien se termine avec courage sur le mariage à venir d’un blanc avec une Native. L’ensemble se déroule sur fond de faits historiques, ceux qui précèdent le départ ‘forcé’ en 1877 des dernières tribus indiennes du Wyoming pour des plaines plus au sud (fait qui sera raconté par ailleurs pas John Ford dans Cheyenne Autumn), juste avant ce dramatique exil, jusqu’au moment où ‘le dernier Cheyenne’ révolté est abattu après un combat inégal qu’il avait souhaité contre l’avis de Broken Hand, son père et chef de la tribu. Pour être plus précis, si tout ce qui est exposé dans le film s’est effectivement déroulé dans la réalité, ce n’est pas obligatoirement dans cet ordre, le geste suicidaire des deux révoltés qui constitue, durant le dernier quart d’heure, le paroxysme du film et qui se passe avant la ‘déportation’ des Cheyennes, a en réalité eu lieu une dizaine d’années plus tard, en 1890 exactement, alors que les Indiens étaient déjà parqués dans leurs réserves du Montana.


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Si beaucoup parlent à propos de White Feather de pale imitation de Broken Arrow, je trouve pour ma part qu’au niveau du fond, cette ‘resucée’ n’a pas trop à rougir face à son illustre prédécesseur. Le film de Robert D. Webb possède même un scénario presque mieux équilibré et, si la mise en scène avait suivi, se serait sans doute révélé plus intense par le fait de prendre son temps là où celui de Delmer Daves se montrait parfois trop elliptique et saccadé, ce qui nous empêchait de ressentir suffisamment d’empathie envers les personnages. Ceci étant dit, à cause de cette réalisation sans grandes idées, assez molle et manquant singulièrement d’ampleur, le film est loin d’être à la hauteur de ses ambitions et de ses intentions et, après tant de grands films pro-indiens vus jusqu’ici (de La Porte du Diable de Anthony Mann à Tomahawk de George Sherman en passant par La Flèche Brisée de Delmer Daves ou Bronco Apache de Robert Aldrich), s’avère être par ce fait relativement décevant même si tout à fait honorable. En effet, rarement la nation Indienne avait été décrite avec autant de pudeur et de noblesse, rarement un film s’était attardé autant de temps au sein d’un campement indien, la caméra nous faisant avec attention assister à la vie quotidienne des membres de sa tribu.


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White Feather nous parle donc avec intelligence, crédibilité et sensibilité du difficile parcours pour arriver à ce traité de ‘paix’, et trace un portrait d’une grande dignité de ce peuple noble écrasé par l’homme blanc. Tout ceci ne va pas sans une certaine naïveté (surtout dans l’écriture du personnage de Debra Paget et de son histoire d’amour pourtant assez touchante avec Robert Wagner), mais la sincérité de ton et la noblesse du plaidoyer ne manquent pas de dignité. La superbe photographie de Lucien Ballard magnifiée dans un scope très large et la très belle partition d’Hugo Friedhofer (surtout le thème d’amour repris pour une grande partie de celui de La Flèche brisée) renforcent la beauté de ce western lent (quelquefois un peu trop en regard du manque de lyrisme et de personnalité de la mise en scène), parfois élégiaque, sans emphase intempestive mais dont le côté spectaculaire n’est pas évacué pour autant par la manière qu’à le cinéaste, lors de la confrontation finale, d’utiliser une imposante figuration d’Indiens et de soldats en déplacements. Certains plans séquences très étirés, surtout dans la longue et très belle scène finale remarquablement tendue, sont très réussis et montrent que Robert D. Webb pouvait malgré tout faire montre de talent au sein de son premier western. Il fut un réalisateur peu prolifique qui ne signa que 14 films tous malheureusement restés dans l’ombre malgré d’autres plus tardives sympathiques réussites comme Le Shérif (The Proud Ones) ou Le Cavalier du crépuscule (Love me Tender), le premier film avec Elvis Presley. Mais nous y reviendrons plus tard.


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Il fut avant cela un réalisateur de seconde équipe réputé, notamment sur les films d'Henry King avec Tyrone Power comme Capitaine de Castille ou Echec à Borgia (Prince of Foxes). Pas de génie dans ses mises en scène mais du bon travail d’artisan consciencieux à la technique presque irréprochable (même s’il fut néanmoins parfois capable du pire avec par exemple le pénible et laborieux Tempête sous la mer - Beneath the 12-Mile Reef avec déjà Robert Wagner) ! White Feather ne déroge pas à la règle. Si Delmer Daves avait lui même assuré la mise en scène, le film aurait probablement atteint des sommets mais en l’état, il est plus que recommandable, correctement réalisé et plutôt bien interprété même si la plupart des jeunes comédiens manquent encore un peu d’expérience et de charisme. Outre de correctes prestations de Robert Wagner et Hugh O’Brian, Jeffrey Hunter se tire plutôt bien de son rôle de fier Cheyenne rebelle tiraillé entre la loyauté envers son père et son code de l’honneur et John Lund est, comme déjà auparavant dans un rôle similaire dans Au mépris des lois (The Battle of Apache Pass) de George Sherman, formidablement sobre dans la peau du Colonel pacifiste ; il est juste à déplorer que le personnage féminin non dénué de mystère joué par Virginia Leith, n’ait pas assez été développé contrairement à celui moins original dévolue à Debra Paget. "I feel sorry for them" dira-t-elle en voyant les tribus indiennes se préparer à quitter les terres de leurs ancêtres. Nous ne pouvons que ressentir la même chose à la vison de ce joli film (cependant un peu trop solennel) même si le final montre aussi une réconciliation entre les peuples à travers le mariage à venir entre Josh Tanner et Appearing Day. A défaut d’inspiration et de dynamisme, beaucoup de retenue et de dignité.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar pak » 15 sept. 12, 16:14

J'ai en enregistrement du film Le Shérif (The Proud Ones), mais comme je ne connais pas du tout Robert D. Webb, j'ai mis le DVD dans la pile "à voir à l'occasion mais pas urgent"...

En fait, l'unique raison pour laquelle j'ai enregistré ce film lors de son relativement récent passage à la TV, c'est son casting : Robert Ryan, Virginia Mayo, Jeffrey Hunter, Walter Brennan, Arthur O'Connell...

D'ailleurs, à voir sa flimo, il a eu la chance d'avoir régulièrement des noms assez connus dans ses films...
Le cinéma : "Il est probable que cette marotte disparaîtra dans les prochaines années."

Extrait d'un article paru dans The Independent (1910)

http://www.notrecinema.com/

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar someone1600 » 18 sept. 12, 16:53

Pas vu celui-la, ca a l'air plutot intéressant quand meme.

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Jeremy Fox
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Smoke Signal

Messagepar Jeremy Fox » 19 sept. 12, 09:34

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Le Fleuve de la Dernière Chance (Smoke Signal, 1955) de Jerry Hopper
UNIVERSAL


Avec Dana Andrews, Piper Laurie, Rex Reason, William Talman, Milbur Stone, Robert J. Wilke, Gordon Jones
Scénario : George F. Slavin & George W. George
Musique : Joseph Gersenshon
Photographie : Clifford Stine (Technicolor 1.85)
Un film produit par Howard Christie pour la Universal


Sortie USA : Mars 1955

Après nous avoir ravi avec Je suis un aventurier (The Far Country) d’Anthony Mann, la compagnie Universal nous délivre cette fois, avec Smoke Signal, non plus un chef-d’œuvre du genre mais néanmoins une série B comme elle en avait le secret : efficace, bien construite, sans temps morts et formidablement divertissante malgré un scénario dans l’ensemble sans grandes surprises. Comme déjà La Rivière sans retour et comme nous le fait pressentir le titre français, le deuxième western de Jerry Hopper (après Pony Express avec Charlton Heston qui avait d’ailleurs dans un premier temps été pressenti pour le rôle de Halliday tenu ici par Dana Andrews) nous fait parcourir les États-Unis à bord de frêles embarcations, ici sur la rivière du Colorado serpentant entre les falaises majestueuses du grand Canyon. Cette fois ce sont des soldats qui, acculés au sein d’un fortin sur le point de tomber aux mains des Indiens beaucoup plus nombreux, n’ont qu’une solution pour essayer de s’en tirer (même s’ils estiment leur chance de réussite à une sur cent), s’enfuir par le fleuve qui se trouve à proximité : "the Grand Canyon of the Colorado, known as one of the most dangerous rivers in the world" nous prévient-on dès la fin du générique pour bien nous mettre dans l’ambiance de ce ‘western d’aventure’. Autant dire que le pitch de départ est assez original ou tout du moins plutôt nouveau pour un western. Et, sans vouloir aucunement faire de la provocation, le scénario des duettistes George F. Slavin et George W. George (déjà auteur entre autres d’un honnête The Nevadan de Gordon Douglas) s’avère de mon point de vue bien plus captivant que celui du film d’Otto Preminger.


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Milieu du 19ème siècle. Alors qu’un petit de détachement de cavalerie rentre de patrouille, il trouve en arrivant à son fort de rattachement, la garnison presque entièrement décimée par les Indiens de la tribu des Utes. Le Capitaine Harper (William Talman) apprend que les Utes ont attaqué le fort pour libérer Bertt Halliday (Dana Andrews), un officier de cavalerie qui devait passer en cour martiale pour avoir déserté et trahi l’armée en rejoignant le camp indien quelques mois auparavant. Halliday a beau dire qu’au moment de sa capture, il avait quitté le camp Ute pour aller trouver un médiateur Apache qui aurait pu mettre un terme aux récents conflits entre Indiens et blancs, personne ne veut croire à son histoire. N’étant encore pas arrivés à leurs fins, les indiens continuent d’assiéger le fort. Le Capitaine envoie un courrier à cheval pour réclamer des renforts mais le cavalier est abattu. Halliday conseille alors aux quelques survivants de descendre la rivière Colorado en canoë bien qu’elle soit jugée extrêmement dangereuse. Harper refuse dans un premier temps, sa fierté lui interdisant de trouver bonne une idée émise par un prisonnier. Mais suite à une nouvelle attaque, il se rend vite compte que c’est la seule solution qu’il leur reste pour échapper au massacre. Prennent alors place à bord des canots la petite troupe commandée par Harper, un trappeur (Douglas Spencer) ainsi que les quelques rescapés de la garnison dont Laura (Piper Laurie), la fille du commandant du fort tué peu avant ainsi que son prétendant, l’arrogant Lieutenant Wayne Ford (Rex Reason). Les guerriers Ute décident néanmoins de les suivre du sommet du canyon...


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Le voyage entrepris en fond de canyon va évidemment s’avérer dangereux et mouvementé mais autant à cause de la présence des indiens qui ne sont jamais très éloignés que des tensions qui vont régner au sein du petit groupe d’autant qu’il est composé par des hommes et une femme ayant perdus des proches lors des combats qui les ont opposés aux indiens et d’un prisonnier accusé d’être responsable du déclenchement de ces hostilités ayant causées autant de pertes. Malgré de très nombreuses séquences assez bavardes, les scénaristes réussissent à maintenir l’intérêt tout du long justement grâce en partie à ces tensions et à la description des relations qui unissent les personnages par ailleurs très fortement caractérisés sans que ça n’empêche leurs comportements d’évoluer durant ce qui ressemble un peu à un itinéraire initiatique pour chacun d’entre eux. Jalousies, animosités, rancunes, autoritarisme, etc., tous ces défauts vont ressortir de plus belle face aux dangers mais au final, le but étant avant tout de survivre, tout le monde va apprendre à mieux se connaître et à changer ses opinions et à-prioris vis-à-vis des autres (enfin, des survivants, car le voyage ne se fera pas sans quelques pertes). Un bon scénario que nous ont concocté les auteurs du film, sans grands motifs d’étonnements ni de jubilation mais assez solide pour nous tenir en haleine tout du long. Nous avons même droit à une romance pas désagréable entre la jolie Piper Laurie (que nous étions plus habitué à voir dans des décors de mille et une nuits qu’au sein de paysages du far-West mais que les costumes de l’Ouest vont à ravir) et le taciturne Dana Andrews, à travers laquelle sont abordés les thèmes du racisme et de l’intolérance. En effet, Laura apprend durant le périple qu’Halliday était marié à une squaw et que, s’il a déserté et a pris les armes contre ses anciens camarades, c’était à cause de l’intransigeance et du sadisme de son commandant (le père de Laura donc) à l'encontre des indiens dont il ne se privait pas de torturer voire même de tuer. D'où la révolte qui découla de ces mauvais traitements qui a mené à la facheuse situation dans laquelle ils se retrouvent tous désormais embringués.


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Mais attention, qui dit film bien et copieusement dialogué ne dit pas nécessairement film privé d’action ; en l’occurrence, Smoke Signal, qui s’apparente pas mal à un film d’aventure, n’en est pas avare. Certains séquences sont mêmes assez spectaculaires d’autant qu’elles étaient inattendues, notamment celle qui voit la chute nocturne du haut de la falaise d’un des protagonistes. Sinon, Jerry Hopper (qui tournera ensuite bien plus pour la petite lucarne que pour le cinéma), au sein d’une mise en scène dans l’ensemble assez impersonnelle même si efficace, nous distille quelques plans vraiment superbes comme ce plan d’ensemble en plongée, sorte de vue subjective depuis le haut du fort, qui nous montre les cavaliers avancer au milieu d’une mer de cadavres. Même si les transparences lors de la descente des rapides ne sont guère convaincantes (pas plus que ne l’étaient celles de Rivière sans retour), elle sont relativement peu nombreuses et le film nous offre par ailleurs de superbes vues du canyon du Colorado superbement photographié par Clifford Stine au sein d’un magnifique Technicolor.


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Au travail d’écriture correct, à la très belle photographie et à la réalisation honorable, viennent s’ajouter une bonne partition aux accents parfois ‘rozsiens’ supervisée par Joseph Gersenshon ainsi qu’une très bonne interprétation d’ensemble. Sans faire spécialement d’étincelles, les comédiens font tous leur travail très consciencieusement avec une mention spéciale à William Talman dans la peau du commandant forte tête. Ceux qui n’apprécient pas particulièrement le jeu très discret de Dana Andrews ne gouteront guère plus son interprétation ici ; on ne peut une de fois de plus pas dire qu’il cherche à voler la vedette à quiconque. Certains parleront probablement de fadeur ; j’évoquerais plutôt une forme de sobriété même si effectivement, on aimerait parfois qu’il affirme un peu plus sa personnalité. Pour une fois le trappeur n’est pas là pour ajouter une touche de pittoresque, Douglas Spencer qui ouvre d’ailleurs le film, ne cabotinant jamais et Piper Laurie, même si son personnage semble avoir été placé là surtout pour qu’il y ait une présence féminine, ne fait jamais potiche. Pas grand chose à dire de plus sur cette série B qui, sans rien révolutionner, sans jamais atteindre des sommets, s'avère cependant être un western sacrément plaisant.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Rick Blaine » 19 sept. 12, 09:48

Jeremy, tu as le don de me donner envie de découvrir des films dont je ne connaissais pas l'existence 15 minutes plus tôt! :D
Comme en plus j'aime énormément Dana Andrews, je sens que celui ci pourrait bien me plaire. Sidonis, je vous attends!

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Re: Smoke Signal

Messagepar Alphonse Tram » 19 sept. 12, 09:58

Jeremy Fox a écrit :Smoke Signal :
Il semblerait qu’il soit listé dans les futures sorties Sidonis : une bonne nouvelle.
Je l'avais mis sur ma liste mais je ne me souviens plus du tout où j'en ai entendu parlé :lol:

C'est ma méthode pour ne pas oublier ce titre s'il sort effectivement, mais c'est peut être juste des souhaits ou des conjectures hasardeuses, ici même ou sur un autre forum.
Souhaits : Alphabétiques - Par éditeurs
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 19 sept. 12, 10:01

Rick Blaine a écrit : je sens que celui ci pourrait bien me plaire.


Je pense aussi
:wink:

Par contre, les fans du suivant, vous pouvez vous éloignez du topic. :oops: Revu hier soir, encore moins convaincu qu'en début d'année ; mais devant l'enthousiasme de Tatav, je vais réessayer de nouveau ce soir ; ça tombe bien, il ne dure que 65 minutes.

Alphonse, on va faire comme s'il sortira ; à mon avis, tu ne l'as pas rêvé :mrgreen:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Rick Blaine » 19 sept. 12, 10:10

Jeremy Fox a écrit :Par contre, les fans du suivant, vous pouvez vous éloignez du topic. :oops: Revu hier soir, encore moins convaincu qu'en début d'année ; mais devant l'enthousiasme de Tatav, je vais réessayer de nouveau ce soir ; ça tombe bien, il ne dure que 65 minutes.


:roll:

Pas grave, j'ai refais le stock de goudron et de plumes... :fiou: :mrgreen:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Julien Léonard » 19 sept. 12, 13:27

Le Dana Andrews me tente sacrément (et j'adore l'acteur) ! :)
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 19 sept. 12, 13:30

Julien Léonard a écrit :Le Dana Andrews me tente sacrément (et j'adore l'acteur) ! :)


Je l'ai déjà dit je ne sais plus où mais je me rends compte beaucoup apprécier les comédiens majoritairement taxés de fade. Il en va ainsi de Dana Andrews, Joel McCrea, Alan Ladd, John Payne... J'arrive peut-être mieux à m'identifier à eux :mrgreen:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar AtCloseRange » 19 sept. 12, 14:18

Jeremy Fox a écrit :
Julien Léonard a écrit :Le Dana Andrews me tente sacrément (et j'adore l'acteur) ! :)


Je l'ai déjà dit je ne sais plus où mais je me rends compte beaucoup apprécier les comédiens majoritairement taxés de fade. Il en va ainsi de Dana Andrews, Joel McCrea, Alan Ladd, John Payne... J'arrive peut-être mieux à m'identifier à eux :mrgreen:

T'en as oublié un :mrgreen:
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 19 sept. 12, 14:20

AtCloseRange a écrit :
Jeremy Fox a écrit :
Julien Léonard a écrit :Le Dana Andrews me tente sacrément (et j'adore l'acteur) ! :)


Je l'ai déjà dit je ne sais plus où mais je me rends compte beaucoup apprécier les comédiens majoritairement taxés de fade. Il en va ainsi de Dana Andrews, Joel McCrea, Alan Ladd, John Payne... J'arrive peut-être mieux à m'identifier à eux :mrgreen:

T'en as oublié un :mrgreen:



Oui, intentionnellement car je l'aime encore plus :lol: Tu parles de l'homme à la veste de cuir élimée ?

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hellrick
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar hellrick » 19 sept. 12, 15:47

Scott est également mon acteur de western favori, il EST le cow boy...je tente de voir (et si possible d'acheter) tous ses westerns d'ailleurs :wink:

même si j'ai peu apprécié Les Desperados que j'ai vu hier
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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 19 sept. 12, 22:38

Rick Blaine a écrit :
Jeremy Fox a écrit :Par contre, les fans du suivant, vous pouvez vous éloignez du topic. :oops: Revu hier soir, encore moins convaincu qu'en début d'année ; mais devant l'enthousiasme de Tatav, je vais réessayer de nouveau ce soir ; ça tombe bien, il ne dure que 65 minutes.


:roll:

Pas grave, j'ai refais le stock de goudron et de plumes... :fiou: :mrgreen:


Finalement tu peux les garder pour plus tard. J'ai bien fait de persévérer (j'ai fait la même réévaluation que Tavernier qui avait détesté la première fois à cause de la qualité médiocre de la copie). Les saccades sur mon lecteur de salon (du à un mauvais transcodage NTSC/PAL) m'empêchaient en fait de me concentrer sur le film même si je me forçais de ne plus y penser. Revu sur tout petit écran de PC, ce problème a disparu (au profit d'effets de peigne mais atténuées par la petitesse de limage justement). Et j'ai pu enfin apprécier tout ce que daniel et toi y avaient décelé de positif. Pas un grand Tourneur mais un bon film. :wink: