Le Western américain : Parcours chronologique III 1955-1959

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

Modérateurs : cinephage, Karras, Rockatansky

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 87363
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

The Restless Breed

Messagepar Jeremy Fox » 3 juil. 13, 08:17

Image



La Ville de la vengeance (The Restless Breed - 1957) de Allan Dwan
EDWARD L. ALPERSON PRODUCTIONS


Avec Scott Brady, Anne Bancroft, Jay c. Flippen, Jim Davis, Rhys Williams
Scénario : Steve Fisher
Musique : Edward L. Alperson Jr.
Photographie : John W. Boyle (Eastmancolor 1.85)
Un film produit par Edward L. Alperson


Sortie USA : Mai 1957


Peu de temps avant qu’Allan Dwan ne mette un terme à sa prolifique carrière, voici qu’avec ce plaisamment suranné The Restless Breed prend malheureusement fin son corpus de westerns, l’un des plus attachants qui ait été : ce que le fécond cinéaste aura réalisé dans le genre depuis le début des années 50 se sera révélé aussi discret que dispensateur de bonheur et de réjouissance. Aujourd’hui, tous ces films restent pour la plupart encore assez méconnus à l’exception de Silver Lode (Quatre étranges cavaliers) ; probablement à cause de leur trop grand classicisme et à leur absence totale d'ironie qui ne cadrent plus bien non seulement avec l'époque actuelle mais qui devaient déjà sembler anachroniques à la période de leur sortie. Il y eut tout d’abord sa série RKO / Républic qui ne manquait pas de charme avec les plaisants La Belle du Montana (Belle Le grand), Montana Belle et, pour point d’orgue, l’excellent La Femme qui faillit être lynchée (Woman they almost Lynched) ; puis ce fut le début de sa fameuse collaboration avec le producteur Benedict Bogeaus et le superbe et puissant Quatre Etranges Cavaliers (Silver Lode) suivi par Tornade (Passion) , curieux mais pas totalement abouti, le somptueux livre d’images qu’était le séduisant et naïf La Reine de la Prairie (Cattle Queen of Montana), et enfin le tendre et splendide Le Mariage est pour demain (Tennesse’s Partner) qui donnait à John Payne, Ronald Reagan et Rhonda Fleming peut-être leurs plus beaux rôles. Sans atteindre le niveau de cette dernière 'série' de films, notamment du point de vue plastique, le dernier western de Dwan mérite néanmoins qu’on lui donne une chance et qu’on le défende.


Image


L’avocat Mitch Baker (Scott Brady) apprend que son père, membre des services secrets américain, chargé de mener une enquête sur un trafic d’armes au profit de l’Empereur Maximilien, vient de se faire tuer par Ed Newton (Jim Davis), le chef du gang organisant cette contrebande. Mitch décide alors d’aller incognito venger son père en se rendant dans la petite ville du Texas à la frontière mexicaine où l’assassinat à eu lieu. Il retrouve la mission qui avait hébergé son père : elle est tenue par le Révérend non ordonné Simmons (Rhys Williams), le seul de la ville qui était au courant de la véritable profession de son père et qui veille assidument sur de jeunes orphelins métisses qu’il recueille ; parmi eux, la belle Angelita (Anne Bancroft) dont Mitch tombe immédiatement amoureux et qu’il peut séduire à son aise puisque Simmons a accepté de lui offrir le gite à son tour. Peu de temps après son arrivée, Mitch assiste à l’assassinat du shérif en place, le troisième à se faire descendre en l’espace seulement de deux mois, tous piégés par les complices de Newton commandés par le vil Cherokee (Leo Gordon). Il abat deux des meurtriers et du coup on lui propose de devenir l’homme de loi de la petite bourgade. Il refuse, n’ayant pas l’intention de rester en ville une fois ‘sa mission’ remplie. Un nouveau shérif vient prendre son poste, une vieille connaissance de Mitch, Steve Evans (Jay C. Flippen), qui n’est autre qu’un des meilleurs amis de son défunt père. Il critique violemment le désir de vengeance de Mitch et décide de prendre lui-même en charge l’enquête ; pour se faire, il doit révéler les intentions de Mitch aux habitants qui découvrent par la même occasion sa véritable identité et ses principales motivations. On lui demande alors de quitter les lieux…


Image


Un homme cherche à venger son père assassiné ; d’abord mal considéré par les habitants, il va faire retrouver la quiétude à la ville dans laquelle le meurtre s’était déroulé et où les shérifs ne faisaient pas long feu ; il va tomber amoureux de la protégée de son hôte et s’en faire aimer. A priori, rien de bien neuf : une intrigue tout ce qu'il y a de plus classique, vue et revue. Mais ce cinéaste discret n’a jamais vraiment cherché à être original ; c’est avant tout par la douceur de ton de ses films et par son humanisme qu’il s’est souvent démarqué de ses confrères westerniens. D’ailleurs dans The Restless Breed, personne n’ira dans le sens du vengeur, tous lui conseillant même de ne pas sombrer dans cette facilité peu glorieuse, ne lui procurant même aucune aide si ce n’est pour l’encourager à ne pas accomplir cette idée entêtante, à commencer par la jeune Angelita qui préfère le garder vivant ; comme de nombreuses femmes dans le genre, plus prosaïques que leurs compagnons (sans que ce ne soit nécessairement péjoratif), elle ne cherche pas à trouver de l’héroïsme dans l’homme qu’elle aime mais avant tout de la raison et de l'affection. Le shérif n’acceptera pas que le jeune homme se charge de tuer l’homme qu’il a désormais pour mission d’appréhender, estimant que ce serait hors-la-loi d’exercer lui-même sa propre justice ; lorsqu’il lui donnera son insigne au moment de mourir, il finira néanmoins par légitimer son action puisqu’elle aura alors lieu sous couvert de la loi. Avant d’avoir obtenu ce ‘laissez-passer’, le tireur d’élite aura sombré quelques jours dans l’alcoolisme, dépité de ne pouvoir être soutenu par quiconque (même parmi ses plus proches) dans son idée de vendetta. Une idée scénaristique vraiment intéressante et encore assez rare que de voir ce ‘héros’ pur et dur’ tomber aussi bas sous le regard même de la femme qu’il aime ; ce qui le rend du coup très humain comme déjà le fait de l’avoir surpris auparavant jouer au macho en séduisant Anne Bancroft sans aucune finesse, lui volant un baiser dès qu’il en avait eu l’occasion. On constate donc assez vite qu’au travers de cette banale histoire de vengeance, par quelques digressions bienvenues, Allan Dwan nous aura fait néanmoins réfléchir sur la loi, l’ordre, l’héroïsme et la justice tout en nous brossant le portrait de quelques personnages très attachants, surtout ceux joués par le vengeur Scott Brady et le Marshall Jay C. Flippen.


Image


Il est d’ailleurs étonnant que Phil Hardy parle de comédie dans sa notule à propos de ce film au sein sa ‘bible’ westernienne, car The Restless Breed est au contraire un film plutôt très sérieux. Ce n’est effectivement pas parce que nous assistons à quelques séquences mettant en scène de souriants enfants musiciens, à deux ou trois scènes de séduction assez cocasses ainsi qu’à une danse lascive et endiablée d’Anne Bancroft, que ce western peut raisonnablement être taxé de comédie. Les inquiétants Leo Gordon et Jim Davis sont d’ailleurs là pour nous rappeler que l’amusement n’est pas vraiment de la partie et que les gêneurs seront vite envoyés Ad Patres. Contrastant avec la relative douceur de l’ensemble, la sécheresse des quelques séquences de violence font toute leur réussite, que ce soit celles de l’assassinat des shérifs piégés par une ‘tenaille’ mise en place par les bandits, ou encore le gunfight final. A côté de ça, il est vrai que le reste est un peu naïf (sans que ce ne soit péjoratif) et détonne un peu à côté de la plupart des autres westerns sortis à peu près à la même époque ; mais c’est ce qui fait aussi son charme désuet. Il est par exemple clair que le générique final avec son défilé des comédiens qui apparaissent tour à tour derrière une fenêtre pourrait prêter à sourire ; mais on sent une telle sincérité de la part de toute l’équipe de s’être prêtée à ce 'petit jeu de la révérence' que la pilule passe très bien. Ce petit côté 'théâtral' colle même assez bien avec le fait que le film se déroule quasi intégralement dans un seul décor extérieur de studio, par ailleurs bien mis en valeur et surtout remarquablement bien utilisé ; Dwan n'avait pas son pareil quant il s'agissait de devoir se contenter de peu.


Image


La moquerie facile pourrait également très bien avoir lieu à l'encontre de la musique signée par le fils du producteur, le même compositeur qui était à l’origine du score d’une autre production de son père, L’Attaque de Fort Douglas (Mohawk) de Kurt Neumann : deux compositions emphatiques qui manquent donc singulièrement de finesse mais qui respirent l’enthousiasme du créateur et dont les mélodies répétées à satiété deviennent vite entêtantes au point de se surprendre à les attendre et à ne pas rechigner à les réentendre encore et encore. Ici, Edward L. Alperson Jr. a concocté trois chansons qui, remodelées et réorchestrées, forment un tout musical franchement plaisant, ne manquant ni de lyrisme ni de panache, mais qui, pour les multiples raisons évoquées ci-avant, pourra néanmoins certainement en agacer certains. On pourrait d’ailleurs décrire de la sorte une grande majorité des westerns de Dwan y compris ce dernier ; à l’exception des deux chefs-d’œuvre presque unanimement appréciés de la période Bogeaus (Silver Lode et Tennessee's Partner), les autres auront pu assez logiquement en rebuter un grand nombre par leur trop grand classicisme, leur trop grande candeur, éléments justement qui en enchanteront beaucoup d’autres, à commencer non seulement par moi mais également par son plus grand admirateur, Jacques Lourcelles. Parmi les petits plaisirs coupables disséminés ici et là, outre la danse d'Anne Bancroft et la gaieté communicative des jeunes métisses, on pourra encore trouver cocasse l'obsession 'd'espionnage' que semblent avoir eu les auteurs en faisant constamment écouter aux portes ou regarder par les trous de serrures deux de leurs personnages, l'indicateur lâche ainsi que le révérend, paraissant être jaloux qu'un autre que lui puisse jeter le dévolu sa fille adoptive.


Image


Si matière à ironie il y a et une fois admis qu’il s’agit d’un western mineur du cinéaste, ce dernier prouvait qu’il n’avait encore rien perdu de sa capacité à bien diriger ses comédiens : que ce soient Scott Brady (qui force une fois de plus la sympathie), la toute jeune Anne Bancroft ou encore Jay C. Flippen, ils sont non seulement très bons mais arrivent à rendre leurs personnages très attachants même si on regrette qu’Angelita soit un protagoniste manquant singulièrement de richesse dans l’écriture. Alors certes le film ne soutient pas la comparaison avec la série Bogeaus de par son budget encore plus étriqué (une rue en studio et presque seulement trois pièces au sein desquelles se déroulent l’intrigue : la mission, le saloon et l’hôtel) et sa photographie loin d’être du niveau de celles d’un John Alton par exemple, mais l’ensemble se suit néanmoins sans ennui et même avec grand plaisir. Il clôture cette série de westerns avec une grande cohérence dans le ton et les thématiques abordées, sorte de synthèse des films qui ont précédés, le mysticisme et la religion, certes discrètement, étant même de la partie (Mitch étant vu comme un archange par les enfants). Du point de vue de la pure mise en scène, c’est également très carré et professionnel, les cadrages, les placements et mouvements de caméra étant toujours parfaitement soignés, les séquences d’action bougrement efficaces. Un western nonchalant évidemment mineur, candide et suranné mais dans le même temps extrêmement doux et attachant, parfait exemple du sobre humanisme presque primitif de son auteur. Le Gunsliger vengeur et brutal, au contact de plusieurs personnes bienveillantes, verra son itinéraire moral positivement évoluer et en fin de compte tendre vers plus de sérénité et plus de compréhension. Vive les happy-end lorsqu’ils sont délivrés avec autant de sincérité !

Avatar de l’utilisateur
Supfiction
Howard Hughes
Messages : 15096
Inscription : 2 août 06, 15:02
Localisation : Have you seen the bridge?

Re: Three Violent People

Messagepar Supfiction » 7 juil. 13, 23:11

Jeremy Fox a écrit :
Terre sans pardon (Three Violent People - 1957) de Rudolph Maté
PARAMOUNT

Spoiler (cliquez pour afficher)
Avec Charlton Heston, Anne Baxter, Gilbert Roland, Tom Tryon, Forrest Tucker
Scénario : James Edward Grant
Musique : Walter Scharf
Photographie : Loyal Griggs (Technicolor 1.85)
Un film produit par Hugh Brown pour la Paramount


Sortie USA : 09 février 1957


Quelques semaines après la sortie de Drango (Le Pays de la haine) réalisé par Hall Bartlett, voici à nouveau un western ayant pour toile de fonds une période qui a immédiatement suivie la Guerre de Sécession, celle dite de ‘la reconstruction’ ; une ère heureusement de courte durée au cours de laquelle, après la mort de Lincoln, un gouvernement provisoire s’est installé et a envoyé des ‘Carpetbaggers’ essayer de s’approprier toutes les terres des ex-confédérés en les pressant de taxes colossales dont il était quasiment impossible de s’acquitter. Three Violent People est le dernier des six westerns signés par Rudolph Maté. On peut désormais affirmer preuves à l’appui que cet immense chef-opérateur n’aura pas spécialement brillé en tant que réalisateur, tout du moins dans le genre ; on se souviendra de lui surtout grâce au film noir. Néanmoins, il ne nous aura pas moins délivré quelques plaisants westerns à commencer par son premier essai, Marqué au fer (Branded) avec Alan Ladd, mais aussi, toujours dans le drame westernien familial et psychologique, peut-être sa plus belle réussite, Le Souffle de la violence (The Violent Men) avec Glenn Ford. Dans le domaine du western fantaisiste, les plutôt bien rythmés Le Siège de la rivière rouge (Siege at Red River) avec Van Johnson et surtout Les Années sauvages (The Rawhide Years) avec Tony Curtis, nous auront également grandement diverti. Un cursus finalement pas désagréable si ce n’est mémorable, simplement ‘gâché’ par un western d’aventure sans souffle et totalement raté, Horizons lointains (The Far Horizons), ainsi que par un troisième mélodrame westernien, celui qui nous concerne ici, pas spécialement mauvais mais franchement très moyen, en tout cas sacrément décevant. Charlton Heston, tête d’affiche de ces deux films, n’aura pas vraiment porté chance au cinéaste.


Image


La Guerre civile vient de se terminer. Le Capitaine Colt Saunders (Charlton Heston) de l’ex-armée confédérée revient dans son Texas natal. Voulant prendre la défense de Lorna Hunter (Anne Baxter), une jeune femme qui vient de lui taper dans l’œil à sa descente de diligence, il se fait assommer par les railleurs Yankees. Lorna le conduit dans une chambre d’hôtel afin qu’il y soit soigné et profite de son évanouissement pour lui subtiliser les 900 dollars qu’il avait en poche. Lorsqu’elle apprend par une vieille connaissance, Ruby LaSalle (Elaine Stritch), tenancière de l’hôtel de la ville, que Saunders est un des ranchers les plus riches de la région, elle retourne le voir espérant le séduire. Sans rien connaître de son passé et sur un coup de tête, Saunders lui propose immédiatement de la prendre pour épouse ; ce qu’elle accepte aussitôt. Les voilà partis pour le ranch Bar S ! En arrivant sur le domaine familial, Colt a la désagréable surprise de voir que la brebis galeuse de la famille, déshéritée par son grand-père, son frère Beauregard (Tom Tryon), est revenu pour réclamer son dû. Se sentant responsable de son infirmité (il lui manque un bras), Colt accepte de vivre à nouveau à ses côtés et de lui octroyer la part qui lui revient. D’autre part, Harrison (Bruce Bennett), l’envoyé corrompu du gouvernement provisoire du Texas, lui demande d’imposantes taxes, espérant secrètement qu’il ne puisse pas s’en acquitter et soit ainsi obligé de vendre son domaine. La situation empire lorsqu’un autre ‘carpetbaggers’ reconnait Lorna ; à partir du moment où Saunders sait que son épouse fut une femme de petite vertu, il la répudie. Mais le régisseur du domaine, le probe Innociencio (Gilbert Roland), qui vient avec succès de gérer le ranch pendant cinq ans, continue à veiller au grain et, avec l’aide de ses cinq fils, va essayer d’arranger les problèmes, y compris les peines de cœur de ses patrons…


Image


James Edward Grant à l’écriture, Loyal Griggs à la photographie, le couple Néfertiti/Moïse des Dix Commandements de Cecil B. DeMille à nouveau reformé, ainsi que de nombreux éléments dramatiques et historiques à priori très intéressants sur le papier : tout ceci n’est malheureusement pas suffisant pour faire de ce Three Violent People (comprenne le titre qui pourra) un mélodrame westernien captivant. Il commençait pourtant plutôt bien, un peu la manière du début d'Autant en emporte le vent, avec, au travers de longues séquences très bien dialoguées, la présentation du personnage culotté et haut en couleurs interprété par Anne Baxter et ses relations fougueuses avec Charlton Heston. Le prenant de prime abord pour un parfait pigeon, elle finit par tomber sous son charme (la richesse en faisant néanmoins partie : on ne passe pas de roublarde en chef à amoureuse passionnée en un tournemain). Après un intéressant prologue plantant le décor de cette époque de l’après Guerre de Sécession au cours de laquelle les ex-confédérés furent malmenés par les envoyés sans scrupules du gouvernement provisoire, les 20 minutes suivantes se rapprochent donc plus de la comédie romantique et vaudevillesque que du western. Les scènes qui voient rassemblées Anne Baxter et Elaine Stritch sont même assez jubilatoires et cela continue de la sorte jusqu’à la fameuse séquence des ‘dessous’ (Charlton Heston prend Anne Baxter par les pieds et la secoue pour voir s’il tombera son argent volé de sous les jupons de la demoiselle). Malgré une mise en scène paresseuse et impersonnelle ainsi qu’une musique insipide, on se prend à rêver que le film se poursuive aussi plaisamment d’autant que les dialogues sont bien relevés, que les costumes d’Anne Baxter sont un régal pour les yeux tout comme la sublime photographie de Loyal Griggs… Puis, sans que ça ne paraisse crédible une seule seconde, alors qu’il est censé plein de bon sens et de droiture ("Le Rio Grande dévie son cours. Pas un Saunders" dit-on de lui), Colt demande de but en blanc à Lorna de l’épouser alors qu’ils ne se connaissent que depuis cinq minutes ! Plus tard, le revirement subi à l’encontre de sa femme, lorsqu’il vient à apprendre son passé sordide, n’est guère plus convaincant et son personnage devient par la même occasion assez haïssable par sa muflerie, son étroitesse d’esprit et sa bêtise. Mais surtout, dès que l’on passe, avant même la fin du premier tiers, de la comédie au drame, tout devient bien plus conventionnel et sans presque aucune surprise.


Image


En effet, dès que le couple arrive dans le domaine familial de Colt, le film change de ton mais n’arrive presque jamais plus à décoller ; un comble pour un mélodrame qui semblait vouloir prendre la direction d’un film comme Duel au soleil de King Vidor. Mais là où ce dernier devenait génial par son outrance et sa démesure, le film de Maté est totalement dépourvu de l’un comme de l’autre. Un mélodrame sans la moindre emphase ou forte sensibilité pourrait en quelque sorte être considéré comme une comédie sans humour ; dans te tels cas de figure, le résultat n'est que rarement attrayant ! On imagine ce qu'une telle histoire aurait pu donner sous la houlette de Michael Curtiz, au début pressenti pour réaliser le film. Ici, que ce soient les relations entre Colt et son frère manchot, celles se faisant jour entre ce dernier et Lorna, ou encore le banal conflit entre ranchers et carpetbaggers, rien ne sort de l’ordinaire, ou alors rien n’est suffisamment approfondi pour que ces différents éléments de l’intrigue continuent à nous tenir en haleine. Et là, la faute n’en incombe plus seulement à la mise en scène cotonneuse de Rudolph Maté mais il s’agit également bel et bien d’un problème d’écriture. James Edward Grant a-t-il eu la mainmise totale sur son scénario ? Il semblerait que non et que, s’il est resté le seul crédité au générique, il aurait été ‘aidé’ par deux autres personnes. L’impression qu’il en ressort est que les auteurs n’ont pas tous été sur la même longueur d’ondes concernant l’avancée de l’intrigue ou le ton à donner à leur histoire. Car même les retournements de situations ou coups de théâtres paraissent factices et (ou) trop rapides, voire peu crédibles ni convaincants. Tout comme le personnage interprété par un Gilbert Roland sous-employé, celui du contremaitre fidèle qui ne s’exprime que rarement sans un lyrisme souvent plus niaiseux que poétique, ce qui ressort encore plus lorsqu’il est entouré de ses cinq fils aux sourires de godiches. "Ma belle dame, maintenant que vous êtes parmi nous, le soleil se lèvera chaque matin sur les pentes verdoyantes de la Cordillère. L’herbe sera plus verte, le grain poussera plus vite, et la lune montante repeindra les montagnes d'argent grâce à votre présence. C'est pourquoi Senora, nous vous souhaitons bienvenue au ranch BAR S, ainsi que dans nos cœurs" déclamera Innocencio pour accueillir sa nouvelle patronne. Gilbert Roland aura le même style de phrases ampoulées à débiter lorsqu’il devra expliquer l’amour à l’un de ses fils ; autant dire que l’on passe parfois très près du ridicule ; heureusement que Gilbert Roland est un comédien chevronné (inoubliable par exemple dans La Dame et le toréador de Budd Boetticher) et que dans sa bouche de tels discours arrivent néanmoins -tout juste- à passer. Dommage qu’il ait été rendu aussi irritant car sinon son personnage était très attachant, symbole de l’amitié indéfectible, du bon sens et de la raison.


Image


Le reste de la distribution est composé par une Anne Baxter que l’on aura rarement vu aussi belle (merci également à Edith Head pour la multiplicité de ses splendides costumes), un Charlton Heston à nouveau dans la peau d'un macho et d'un mufle (personnage qui ressemble d’ailleurs beaucoup à celui qu’il tenait dans l’étonnant The Naked Jungle de Byron Haskin), un Tom Tryon qui se sort plutôt bien d’un protagoniste infirme écrit à la truelle, et de deux seconds rôles plutôt convaincants du côté des vils envoyés du gouvernement, Bruce Bennett et surtout Forrest Tucker qui était déjà le partenaire de Charlton Heston dans le plaisant Pony Express de Jerry Hopper. Si l’ensemble, presque jamais ennuyeux, nous aura néanmoins paru trop convenu et un peu lourd faute à un script et à une mise en scène peu inspirés, plastiquement, le film est néanmoins un régal pour les yeux grâce à l’alchimie qui s’opère entre le travail de Loyal Griggs (Shane), le Technicolor et la Vistavision. Parmi les points positifs, on trouve aussi une très belle séquence initiée par Anne Baxter, lorsque celle-ci, sur le point de quitter le foyer familial en laissant son nouveau-né à son mari, lui tient un beau discours sur le droit à l’erreur : “When you're raising the boy, try to remember something. The people aren't perfect. They make mistakes. And when they do, they suffer, they pay. So when he makes his mistakes, try to find it in you to forgive him.” Et enfin, le duel final entre Charlton Heston et Tom Tryon bénéficie d’une idée intéressante pour entretenir le suspense : une bouteille d’alcool est retournée ouverte sur la table et les deux adversaires doivent dégainer une fois le récipient complètement vide. Pour résumer, un début assez jubilatoire, quelques bonnes idées, une photographie splendide et un casting correct pour un résultat certes pas déshonorant mais dans l'ensemble bâclé et assez insipide.


Image



**************************************************



Le film est sorti en zone 2 dans un DVD pas restauré mais tout à fait correct avec VF et VOST.

Image


Je l'ai vu cet après-midi et j'ai passé un très bon moment. Je dois dire que Anne Baxter est extraordinaire dans ce film, au point d'en devenir le centre d'intérêt principal au détriment du personnage de Charlton Heston finalement assez peu intéressant. Cette comédienne ne m'a jamais déçu jusqu'à présent. Ici elle est effectivement gâtée par de très belles tenues, comme tu l'as dit..

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 87363
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

The Oklahoman

Messagepar Jeremy Fox » 7 juil. 13, 23:20

Image



Fureur sur l’Oklahoma (The Oklahoman - 1957) de Francis D. Lyon
ALLIED ARTISTS


Avec Joel McCrea, Anthony Caruso, Barbara Hale, Brad Dexter, Gloria Talbott, Michael Pate
Scénario : Daniel B. Ullman
Musique : Hans J. Salter
Photographie : Carl E. Guthrie (Deluxe 2.35)
Un film produit par Walter Mirisch pour la Allied Artists


Sortie USA : 19 Mai 1957


J’avais plutôt apprécié ce Fureur sur l’Oklahoma voici quelques années ; c’était probablement en période de vaches maigres westerniennes car à la revoyure, ce film de Francis D. Lyon n’est franchement guère enthousiasmant, tout aussi fade qu’un précédent western en scope couleur avec un médecin pour personnage principal, Une Étrangère dans la Ville (Strange Lady in Town), le féminisme du premier étant remplacé ici par de l’antiracisme pour continuer à faire bonne figure. J’aurais d’ailleurs pu écrire à propos de The Oklahoman exactement la même chose à la virgule près (en remplaçant Greer Garson par Joel McCrea) qu’à propos du western de Mervyn LeRoy : "Le film aurait pu éventuellement donner lieu à une chronique villageoise à la façon de Stars in my Crown de Jacques Tourneur mais ce n’est même pas réussi à ce niveau non plus, les auteurs ayant surtout centré leur histoire sur Greer Garson qui, impassible, passe tous les obstacles avec un calme olympien au travers d’une suite de séquences s’éternisant plus que de coutume. L’actrice est loin d’être mauvaise mais ce que le scénariste donne à faire à son personnage ne s'avère guère captivant". Francis D. Lyon avait tourné l’année précédente L’infernale poursuite – The Great Locomotive Chase, un western familial pour les studios Disney avec dans le rôle principal leur vedette d’alors, Fess ‘Davy Crockett’ Parker ; ce Fureur dans l’Oklahoma était sa deuxième incursion dans le genre. Avant de passer à la réalisation, Lyon avait surtout été connu pour avoir obtenu un Oscar en collaboration avec Robert Parrish pour le montage de Body and Soul (Sang et or) de Robert Rossen. En tant que cinéaste, aucun de ses films ne sera passé à la postérité ; et pour cause : vraiment rien d’enthousiasmant dans tout ce que j’ai pu voir de lui jusqu’à présent.


Image
Image


1870. Alors qu’il se dirigeait vers la Californie pour s’y installer et y exercer, le docteur John Brighton (Joel McCrea) décide de stopper son voyage à Cherokee Wells dans l’Oklahoma. En effet, il vient de perdre sa femme en couche et il n’a plus la volonté de poursuivre son chemin. Il prend la décision de rester sur place avec son nouveau-né qu’il prénomme Louise comme son épouse défunte. La veuve Fitzgerald (Esther Dale) leur offre l’hospitalité et prend en charge l’éducation de la petite fille. Cinq ans ont passé et le docteur s’est attiré la sympathie de tous les habitants de la petite ville. Il est même courtisé par deux femmes en même temps : sa voisine, la jolie Anne Barnes (Barbara Hale), jeune veuve vivant aux côtés de sa mère et qui dirige une des grosses propriétés de la région, ainsi que Maria (Gloria Talbott), une jeune indienne de 18 ans venue élever sa fille après que Mme Fitzgerald soit décédée. Son doux quotidien va prendre fin le jour où Charlie (Michael pate),le père de Maria, va tuer un homme en état de légitime défense. Mel, la victime, n’était autre qu’un des frères Dobie, de puissants propriétaires terriens prêts à tout pour s’accaparer les domaines alentours depuis qu’ils ont décelé sans l’ébruiter la présence de pétrole dans le sous-sol. Ce jour là, Mel était justement venu sur les terres de l’indien civilisé pour vérifier l’existence de l’or noir dans un de ses points d’eau ; surpris par Charlie, il avait tenté de l’éliminer. Le docteur ayant décidé de prendre la défense de Charlie, injustement accusé de meurtre, il va devoir se confronter au frère survivant, l’impitoyable Cass (Brad Dexter), ainsi qu’ à quasiment tous les habitants de la petite bourgade lui demandant de ne pas se mêler de cette affaire et de laisser le jury décider. Persuadé de l’innocence du père de Maria, n’écoutant que son bon cœur, il se lance néanmoins tête baissée dans son enquête…


Image
Image


Le discret Joel McCrea est à nouveau en tête d’affiche d’un western dont l’action est réduite à portion congrue ; certains furent mémorables comme, peu avant, Un jeu risqué (Wichita) de Jacques Tourneur. Dans Fureur sur l’Oklahoma (encore un titre français honteusement mensonger tellement le film est dépourvu de fureur), il interprète une fois encore un homme doux, affable, paisible et non violent, d’une probité à toute épreuve ; un homme sans aucun défauts dans sa cuirasse, un véritable héros qui ne s’en laisse pas compter et qui ira jusqu’au bout de son idée malgré les conseils de prudence des uns et des autres. Mais hormis être un homme bon, son personnage reste assez terne, tout comme l’ensemble du scénario totalement conventionnel, ses enjeux dramatiques étant tous attiédis par une écriture sans puissance, témoin ce final vite expédié, pour ne pas dire bâclé, là où nous étions en droit d’attendre un climax un peu plus ample et tendu. La tension et l’émotion, il n’y en a justement quasiment pas alors qu’au vu de l’intrigue (un homme luttant seul contre tous pour sauver le vie d’un autre -indien qui plus est- qu’il estime injustement accusé), nous pouvions largement compter dessus. Et d’ailleurs, avant Francis D. Lyon, beaucoup ne s’étaient pas privés de mettre en scène des histoires quasi-similaires, avec bien plus de talent et d’efficacité. Si la partie ‘chronique’ avait été réussie, nous n’aurions pas tenu rigueur au film d’un tel manque de robustesse ; mais même ce côté ‘vie quotidienne d’une petite ville de l’Ouest’ n’est pas vraiment bien exploité. On a beaucoup de mal à sentir vivre cette cité et ces habitants ; tout et tous au contraire semblent inertes, à l’image de certains décors intérieurs comme celui du saloon complètement toc et aseptisé.


Image
Image


Ce n’est pas que le film soit franchement mauvais ; il est surtout sans aucune saveur et mené sans aucun entrain ! Et c’est d’autant plus dommageable qu’il avait pas mal d'intéressants atouts en main à commencer par le fait que les gros propriétaires ne se battent plus pour du bétail mais pour du pétrole. L’année précédente, George Stevens avait réalisé Géant et le western n’allait pas tarder à s’engouffrer dans cette brèche, Francis D. Lyon étant un des premiers à aborder ce nouveau ‘problème’ pour les ranchers, Hal Bartlett n’allant pas tarder à emboiter le pas avec un western d’une toute autre trempe, un indien étant lui aussi la victime de cette bataille pour l’or noir, le splendide Joe Dakota. Mais n’anticipons pas ! Le script de Daniel B. Ullman (auteur entre autres du superbe Wichita déjà cité plus haut) proposait également un quatuor de femmes dans les rôles principaux, deux jeunes femmes et deux personnes âgées. Seulement, le moins que l’on puisse dire est que ces personnages féminins ne sont guère inoubliables et qu’il n’existe aucune alchimie entre Joel McCrea et les jeunes comédiennes lui tournant autour ; du coup les romances sont aussi peu convaincantes que le reste. Seule Verna Felton sort du lot dans la peau de la mère de Barbara Hale : une veille dame qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui n’a pas froid aux yeux ; c’est elle qui bénéficiera d’ailleurs des lignes de dialogues les plus réjouissantes. Et puis une fois encore les auteurs prennent faits et cause pour les indiens qui sont ici tous civilisés, s’étant parfaitement intégrés, mais qui malgré ça inspirent toujours de la méfiance au regard de la violence des guerres indiennes toujours bien ancrées dans les mémoires.


Image
Image


Un quatuor de femmes, l’apparition du pétrole comme richesse semeuse de troubles, un antiracisme respectable, un véritable sens de l’honneur de la part d’un héros se positionnant contre l’injustice et prônant l’égalité des droits pour tous les citoyens qu’ils soient blancs ou indiens : d’intéressantes pistes qui n’aboutissent donc malheureusement à pas grand-chose. Reste une estimable performance de Joel McCrea qui ne nous surprend néanmoins guère, un Brad Dexter désagréable à souhait (ce sera le 7ème mercenaire de John Sturges, celui dont tout le monde oublie le nom lorsqu’il s’agit de tous les citer), une plaisante musique de Hans J. Salter (toutefois moins inspiré qu’à l’Universal), un bon duel final et quelques beaux paysages dont les immenses étendues herbeuses de l’Oklahoma, dans un ensemble mou, lent, bavard et rarement captivant, d’autant que la mise en scène n’est ni innovante ni vigoureuse, témoin la bagarre à poings nus entre Brad Dexter et Joel McCrea totalement cotonneuse. Il y avait un bon potentiel de départ malheureusement sous exploité dans ce western totalement inoffensif qui n'a pas bénéficié d'un budget important même si on a voulu le faire passer pour un western de prestige avec son format scope. Pourrait néanmoins plaire un après midi pluvieux.

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 87363
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 8 juil. 13, 08:20

Immense succès public, assez désastreuse réputation auprès de la critique (rapport à son statut de grand classique ; tout comme il a été longtemps de bon ton de fustiger John Sturges), Règlement de comtpes à OK Corral qui fit partie de ces quelques westerns à l'origine de ma passion pour le genre (avec Le réfractaire de David Miller, La dernière caravane de Daves et Rio bravo de Hawks), demeure vision après un vision en ce qui me concerne un modèle du genre. Bref, tout ça pour dire qu'il entre tout logiquement dans mon top 20. Critique à suivre en fin de semaine.

Avatar de l’utilisateur
Rick Blaine
Howard Hughes
Messages : 18686
Inscription : 4 août 10, 13:53
Last.fm
Localisation : Paris

Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Rick Blaine » 8 juil. 13, 08:49

Jeremy Fox a écrit :Immense succès public, assez désastreuse réputation auprès de la critique (rapport à son statut de grand classique ; tout comme il a été longtemps de bon ton de fustiger John Sturges),


Autant j'aime beaucoup Sturges, autant j'aurai tendance moi aussi à fustiger Règlement de comptes à OK Corral, que j'avais trouvé fort médiocre, à beaucoup de point de vues (interprétation, esthétique, musique, ...).

Je vais te lire avec attention et il faudra également que je lui redonne une seconde chance.

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 87363
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 8 juil. 13, 09:02

Rick Blaine a écrit :interprétation, esthétique, musique, ...).

.


C'est clair que Tiomkin, il faut aimer (ceci dit, il s'arrange en vieillissant je trouve et on s'approche doucement de son chef-d'oeuvre pour Alamo) mais esthétiquement, je trouve le film splendide et je suis fan de l'interprétation d'ensemble (un casting de fou en tout cas). Pour moi, un des modèles parfaits du classicisme westernien. Je vais essayer désormais (en prenant mon temps) de te donner envie de rééssayer :wink:

Avatar de l’utilisateur
Rick Blaine
Howard Hughes
Messages : 18686
Inscription : 4 août 10, 13:53
Last.fm
Localisation : Paris

Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Rick Blaine » 8 juil. 13, 09:47

Jeremy Fox a écrit :C'est clair que Tiomkin, il faut aimer (ceci dit, il s'arrange en vieillissant je trouve et on s'approche doucement de son chef-d'oeuvre pour Alamo)


Il y a aussi la chanson de Frankie Laine, j'aime beaucoup celle de 3:10 to Yuma, mais celle là je l'avais trouvée tarte...



Jeremy Fox a écrit :je suis fan de l'interprétation d'ensemble (un casting de fou en tout cas).


Le casting est épatant sur le papier (Lancaster-Douglas, je suis fan), mais je n'avais pas été convaincu pendant le film. Surtout Douglas, pour moi le personnage est très inférieur à celui qu'avait interprété Mature pour Ford.

Jeremy Fox a écrit :Je vais essayer désormais (en prenant mon temps) de te donner envie de rééssayer :wink:


Je ne doute pas que j'aurais envie de m'y replonger. :wink:

Avatar de l’utilisateur
Supfiction
Howard Hughes
Messages : 15096
Inscription : 2 août 06, 15:02
Localisation : Have you seen the bridge?

Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Supfiction » 8 juil. 13, 11:13

Jeremy Fox a écrit :Immense succès public, assez désastreuse réputation auprès de la critique (rapport à son statut de grand classique ; tout comme il a été longtemps de bon ton de fustiger John Sturges), Règlement de comtpes à OK Corral qui fit partie de ces quelques westerns à l'origine de ma passion pour le genre (avec Le réfractaire de David Miller, La dernière caravane de Daves et Rio bravo de Hawks), demeure vision après un vision en ce qui me concerne un modèle du genre. Bref, tout ça pour dire qu'il entre tout logiquement dans mon top 20. Critique à suivre en fin de semaine.


Règlement de comptes est également le western n°1 de mon enfance, et quand on parlait de westerns dans la rue, on ne parlait que de celui-ci, du Bon, la brute et le truand et "des John Wayne" !

Avatar de l’utilisateur
pak
Machino
Messages : 1010
Inscription : 23 mars 08, 00:25
Localisation : Dans une salle, ou sur mon canapé, à mater un film.

Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar pak » 8 juil. 13, 12:09

J'aime beaucoup les films de Sturges, et Règlement de comptes à OK Corral est le genre de film que je revois avec plaisir, et que j'ai acheté en DVD dès qu'il a été disponible. Cela n'a pas dû être très aisé tous les jours pour Sturges de gérer les égos de Burt Lancaster et Kirk Douglas,
Le cinéma : "Il est probable que cette marotte disparaîtra dans les prochaines années."

Extrait d'un article paru dans The Independent (1910)

http://www.notrecinema.com/

Avatar de l’utilisateur
xave44
Machino
Messages : 1076
Inscription : 20 nov. 11, 22:07

Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar xave44 » 9 juil. 13, 07:56

Chez Sturges, il y a quelque chose dans sa façon de filmer, de diriger qui me pose problème mais que j'ai du mal à identifier.
Je ne parlerai pas de classicisme le concernant ou alors de classicisme mou et "filmiquement correct" , d'une correction telle qu'elle frise (attention je vais en faire bondir quelques-un(e) s) .... la perversion.
De ce point vu, des films tels que The Magnificent Seven , The Great Escape ou The Eagle has landed sont pour moi des exemples patents.
Je dois cependant reconnaitre que je connais finalement très mal sa filmo, n'ayant vu sans doute qu'une demi douzaine de ses films sur quelque 40 réalisations ou plus.
Je suis donc prêt à lui laisser une dernière chance à notre ami John, mais attention ce sera la dernière hein !
Et puis il y a des titres dont j'ai entendu du bien et qui m'intriguent comme Last Train from Gun Hill ou les films avec Spencer Tracy que j'ai envie de découvrir.
J'attend donc avec curiosité la critique de Jeremy.

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 87363
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 9 juil. 13, 08:12

xave44 a écrit :Chez Sturges, il y a quelque chose dans sa façon de filmer, de diriger qui me pose problème mais que j'ai du mal à identifier.
Je ne parlerai pas de classicisme le concernant ou alors de classicisme mou et "filmiquement correct" , d'une correction telle qu'elle frise (attention je vais en faire bondir quelques-un(e) s) .... la perversion.
De ce point vu, des films tels que The Magnificent Seven , The Great Escape ou The Eagle has landed sont pour moi des exemples patents.
Je dois cependant reconnaitre que je connais finalement très mal sa filmo, n'ayant vu sans doute qu'une demi douzaine de ses films sur quelque 40 réalisations ou plus.
Je suis donc prêt à lui laisser une dernière chance à notre ami John, mais attention ce sera la dernière hein !
Et puis il y a des titres dont j'ai entendu du bien et qui m'intriguent comme Last Train from Gun Hill ou les films avec Spencer Tracy que j'ai envie de découvrir.
J'attend donc avec curiosité la critique de Jeremy.


Attention cependant, tu sembles ne pas avoir vu la bonné période sturgienne qui pour moi correspond aux années 50 et se termine justement avec le superbe Dernier train de Gun Hill. A partir des 7 mercenaires, la dégringolade commence malgré encore quelques très belles réussites comme Sept secondes en enfer. Jette un oeil sur Fort Bravo et tu devrais comprendre quand je parle de perfection de la mise en scène :wink:

Avatar de l’utilisateur
Rick Blaine
Howard Hughes
Messages : 18686
Inscription : 4 août 10, 13:53
Last.fm
Localisation : Paris

Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Rick Blaine » 9 juil. 13, 08:55

Jeremy Fox a écrit :
Attention cependant, tu sembles ne pas avoir vu la bonné période sturgienne qui pour moi correspond aux années 50 et se termine justement avec le superbe Dernier train de Gun Hill.


Voilà. Quand on voit un film comme un Homme est Passé par exemple, difficile de parler de classicisme mou.

Avatar de l’utilisateur
xave44
Machino
Messages : 1076
Inscription : 20 nov. 11, 22:07

Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar xave44 » 9 juil. 13, 11:34

Jeremy Fox a écrit :Attention cependant, tu sembles ne pas avoir vu la bonné période sturgienne qui pour moi correspond aux années 50 et se termine justement avec le superbe Dernier train de Gun Hill. A partir des 7 mercenaires, la dégringolade commence malgré encore quelques très belles réussites comme Sept secondes en enfer. Jette un oeil sur Fort Bravo et tu devrais comprendre quand je parle de perfection de la mise en scène :wink:


C'est pour ça que j'ai précisé que ma connaissance de sa filmo était réduite et finalement essentiellement cantonnée à sa dernière période et ses grands succès internationaux.
La période dont tu parles m’intéresse car je ne la connais pas (à part le film dont tu t’apprêtes à faire la critique).

Avatar de l’utilisateur
xave44
Machino
Messages : 1076
Inscription : 20 nov. 11, 22:07

Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar xave44 » 9 juil. 13, 11:38

Rick Blaine a écrit :
Jeremy Fox a écrit :
Attention cependant, tu sembles ne pas avoir vu la bonné période sturgienne qui pour moi correspond aux années 50 et se termine justement avec le superbe Dernier train de Gun Hill.


Voilà. Quand on voit un film comme un Homme est Passé par exemple, difficile de parler de classicisme mou.


Je parlais des films de sa dernière période: The Magnificent Seven, The Great Escape, Joe Kidd, The Eagle has landed...
Je retient Un homme est passé et Last Train from Gun Hill notamment.
Tout ça existe en dvd ou BR j'espère... :fiou:

Avatar de l’utilisateur
Jeremy Fox
Shérif adjoint
Messages : 87363
Inscription : 12 avr. 03, 22:22
Localisation : Contrebandier à Moonfleet

Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 9 juil. 13, 11:39

xave44 a écrit :
Rick Blaine a écrit :
Jeremy Fox a écrit :
Attention cependant, tu sembles ne pas avoir vu la bonné période sturgienne qui pour moi correspond aux années 50 et se termine justement avec le superbe Dernier train de Gun Hill.


Voilà. Quand on voit un film comme un Homme est Passé par exemple, difficile de parler de classicisme mou.


Je parlais des films de sa dernière période: The Magnificent Seven, The Great Escape, Joe Kidd, The Eagle has landed...
Je retient Un homme est passé et Last Train from Gun Hill notamment.
Tout ça existe en dvd ou BR j'espère... :fiou:


En DVD oui ; et de beaux DVD en plus :wink: