Le Western américain : Parcours chronologique III 1955-1959

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Re: The Spoilers

Messagepar Jeremy Fox » 2 févr. 13, 15:28

Lord Henry a écrit : Herman Stein, Henry Mancini, Hans J. Salter



Ces trois là (très talentueux, on ne le dira jamais assez, car hormis Mancini, on ne les connait pas bien) se retrouvent sur presque les 3/4 des westerns Universal. Jai édité. :wink:

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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 2 févr. 13, 22:45

Entrée d'un De Toth dans le top 20 ; un film que je conseille vivement à wagner : film plastiquement superbe avec paysages sublimement mis en valeur et en plus un personnage de jeune garçon tout à fait savoureux


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* 1- La Charge Héroïque (John Ford)
* 2- Le Passage du Canyon (Jacques Tourneur)
* 3- Les Affameurs (Anthony Mann)

* 4- Johnny Guitar (Nicholas Ray)
* 5- Je suis un aventurier (Anthony Mann)
* 6- La Porte du Diable (Anthony Mann)
* 7- Le Massacre de Fort Apache (John Ford)
* 8- Au-Delà du Missouri (William Wellman)
* 9- L'Homme de la Plaine (Anthony Mann)
* 10- Convoi de Femmes (William Wellman)
* 11- La Ville Abandonnée (William Wellman)
* 12- Le Convoi des Braves (John Ford)
* 13- Rio Grande (John Ford)
* 14- Le Traître du Texas (Budd Boetticher)
* 15- La Rivière de nos Amours (André de Toth)
* 17- Sur la Piste des Mohawks (John Ford)
* 18- Une Aventure de Buffalo Bill (Cecil B. DeMille)
* 19- Winchester 73 (Anthony Mann)
* 20- Fort Bravo (John Sturges)

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Lord Henry
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Re: The Spoilers

Messagepar Lord Henry » 3 févr. 13, 12:01

Jeremy Fox a écrit :
Lord Henry a écrit : Herman Stein, Henry Mancini, Hans J. Salter

Ces trois là (très talentueux, on ne le dira jamais assez, car hormis Mancini, on ne les connait pas bien) se retrouvent sur presque les 3/4 des westerns Universal. Jai édité. :wink:


Il faut juste rappeler que la Universal employait un pool de compositeurs qui se répartissaient les bobines d'un film. Sans compter que studio n'hésitait pas à puiser dans son propre catalogue pour constituer des bandes originales. Avec pour résultat que la musique d'un classique comme Winchester 73 est constituée d'un simple montage de morceaux préexistants.
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homerwell
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar homerwell » 3 févr. 13, 14:09

Jeremy Fox a écrit :Entrée d'un De Toth dans le top 20 ;


Qui est sorti du coup ?

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 3 févr. 13, 14:14

homerwell a écrit :
Jeremy Fox a écrit :Entrée d'un De Toth dans le top 20 ;


Qui est sorti du coup ?


J'ai le top 50 en gestation dans le premier post :wink:

Et merci pour ces précisions Lord Henry. Mais concernant Hans Salter, il a composé pour moi l'un des plus beaux thèmes westerniens avec celui des affameurs. Pour ce film, je pense que c'est le seul à avoir travaillé dessus

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The Indian Fighter

Messagepar Jeremy Fox » 6 févr. 13, 14:45

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La Rivière de nos amours(The Indian Fighter - 1955) de Andre de Toth
UNITED ARTISTS


Avec Kirk Douglas, Elsa Martinelli, Walter Matthau, Diana Douglas, Walter Abel, Elisha Cook
Scénario : Frank Davis & Ben Hecht d’après une histoire Robert L. Richards
Musique : Franz Waxman
Photographie : Wilfred M. Cline (Technicolor 2.35)
Un film produit par William Schorr pour la Bryna Productions


Sortie USA : 21 décembre 1955


Dans le domaine du western, l’année 1955 fut quantitativement l’une des plus copieuses ; dans l’ensemble, elle fut néanmoins moyennement satisfaisante malgré de formidables réussites signées Anthony Mann (The Far Country ; The Man from Laramie ; The Last Frontier), Allan Dwan (Tennessee’s Partner), Jacques Tourneur (Wichita) ou Raoul Walsh (The Tall Men). Et cependant, grâce à André de Toth, elle se termine en beauté : le 21 décembre sortait La Rivière de nos amours qui pourrait bien être son chef-d’œuvre et l’un des plus beaux fleurons du genre. Depuis Ramrod (Femme de Feu) et jusqu’à La Chevauchée des Bannis (qui sortira 4 ans plus tard), le cursus westernien d’André De Toth aura été passionnant même si sacrément inégal, le meilleur (Thunder Over Plains, Springfield Rifle, Man in the Saddle) côtoyant le médiocre (Stranger wore a Gun ; Last of the Comanches). "Je donnerais tous les Ford et tous les Walsh de la période 1940-1955 pour la seule Rivière de nos amours, l'un des plus beaux poèmes panthéistes que le western nous ait donnés où la nature fond(e) en un seul élément indiens, cow-boys, arbres et rivières" déclarait Patrick Bureau au sein d’un ouvrage collectif consacré au western. Même si on peut raisonnablement trouver cette affirmation excessive, on peut dans le même temps le comprendre puisqu’une passion est par définition toujours excessive et peu raisonnable. Un avis qui tranche en tout cas avec ceux (nombreux malheureusement) plus modérés qui sont apparus à propos de ce western ces dernières années après qu’il ait été superbement accueilli à ses débuts. Même Tavernier et Coursodon faisaient la fine bouche dans leur 50 ans de cinéma américain. Espérons qu’ils aient revu leur jugement depuis ! Dans le cas contraire, tressons lui ici au moins des louanges !


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Oregon après la Guerre de Sécession. L’éclaireur Johnny Hawks (Kirk Douglas) se rend auprès de son vieil ami, le chef Sioux Red Cloud (Eduard Franz), afin de lui demander l’autorisation de faire traverser un convoi d’émigrants sur son territoire. Il n’est pas reçu comme il l’aurait imaginé puisque, malgré le traité de paix, les indiens sont devenus méfiants depuis que de l’or a été découvert sur leurs terres. En effet, quelques hommes blancs peu scrupuleux n’hésitent pas à échanger auprès de certains indiens du whisky contre des informations pouvant les mettre sur la piste des gisements ; et si les indiens qui se livrent à ce trafic sont punis de pendaison par leur propre tribu, les blancs deviennent violents quant ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent. C’est ce qui arrive précisément ce jour-là : deux hommes du convoi, Wes (Walter Matthau) et Chivington (Lon Chaney Jr) tuent un indien n’ayant pas accepté le troc qu’ils lui proposaient. Chivington s’enfuit mais Wes est capturé. Johnny demande à Red Cloud de pouvoir ramener le meurtrier au fort le plus proche afin qu’il y soit jugé ; pour se faire, il devra se battre en duel contre un des guerriers du clan qui aurait souhaité faire justice lui-même. John en sort vainqueur (sans cependant tuer son adversaire) et repart avec Wes sans un certain regret de devoir quitter le camp ; en effet, il aurait préféré rester quelques jours de plus pour pouvoir séduire la fille du chef, Onahti (Elsa Martinelli), qu’il a connu enfant et qui est désormais devenue une superbe femme. Il demande aussi à Red Cloud de se rendre au fort le lendemain pour se faire confirmer par le commandant qu’il ferait tout pour mettre fin aux tentatives de certains de vouloir s’approprier leur or. Après que les deux camps aient été rassurés, le convoi de pionniers peut repartir avec Johnny à sa tête. Mais Wes et Chivington ne vont pas en rester là et à cause d’eux les conflits vont reprendre : les colons sont obligés de faire demi-tour pour aller se réfugier au fort qui sera alors la première cible des Sioux…


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Durant les années qui suivirent la Guerre de Sécession, de nombreux blancs pénétrèrent sur le territoire des Sioux Oglala de Red Cloud en s’éloignant de la piste Bozeman afin d’essayer de s'accaparer de l’or dont ils apprirent l'existence d’immenses gisements dans les collines avoisinantes. Le traité stipulant que les blancs n'avaient pas le droit de pénétrer sur les territoires indiens étant rompu, les raids se multiplièrent alors contre les convois d’émigrants et les troupes de Tuniques Bleues. Les soldats décidèrent la construction de plusieurs forts pour protéger la piste, ce qui eut pour résultat un renforcement de la campagne meurtrière des indiens. Le traité de Fort Laramie en 1868 conclut à une évacuation des forts (et leur destruction) afin que les attaques indiennes cessent. Certains westerns ont déjà abordé ces faits historiques, l’un d’entre eux (dont à l’heure où j’écris j’ai oublié le titre) se terminant même sur l’incendie des fortins par les indiens une fois les soldats ayant quittés les lieux. Quelques semaines avant la sortie en salles du western d’Andre De Toth, on pouvait voir sur les écrans américains l’excellent The Last Frontier (La Charge des Tuniques Bleues) réalisé par Anthony Mann, qui se déroulait déjà en Oregon lors des conflits avec les Indiens et qui abordait également le thème de l’avancée de la civilisation et de ses conséquences. The Indian Fighter le rejoint donc sur bien des points, le personnage interprété par Kirk Douglas, tout en étant conscient de l’inéluctabilité de l’avancée du progrès et de ses effets à court terme, n’en continue pas moins à rêver un Ouest qui resterait toujours tel qu’il l’a connu et aimé. Discutant avec le photographe du convoi qui, émerveillé par les paysages qu’il traverse, s’arrête fréquemment pour les ‘mettre en boite’ afin de faire partager leurs beautés au plus grand nombre d’américains, sachant pertinemment que par ce fait de nombreux pionniers se lanceront dans l’aventure à leur tour, l’éclaireur lui fait part de sa crainte : "Tu vas peut-être trouver que ce que je dis est idiot mais l'Ouest est pour moi comme une belle femme. Ma femme. Alors je l’aime telle quelle, je suis jaloux et ne veux pas la partager. Je détesterais qu'on la civilise."


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L'histoire de La Rivière de nos amours (le premier titre choisi pour son exploitation en France fut ‘L’Or des Sioux’) est en fait celle très simple et très classique d'un homme qui ne veut pas que l’Ouest qu’il aime perde son innocence et qui va faire en sorte que les conflit entre blancs et indiens causés par la fièvre de l'or cessent, mais aussi dans le même temps celle très touchante d’un d'amour brièvement mais sensuellement évoqué entre un éclaireur blanc (ce même ‘négociateur’) et une indienne jouée par le mannequin Elsa Matinelli pour sa première apparition à l’écran. En tout cas, The Indian Fighter, contrairement à ce que ce titre pouvait nous faire présager, marque un sacré changement de ton pour le cinéaste qui pour la première fois verse dans l’ampleur, le lyrisme et un généreux humanisme ; au vu de ce western pro-indien, magnifique plaidoyer pour la paix et l’union de deux peuples, on regrette que le réalisateur n’ait pas persévéré dans cette voie. En moins d’une heure et demie, les deux scénaristes nous proposent une intrigue d’une grande fluidité, mélange tout à fait harmonieux et équilibré d’action, de romance et de réflexion dont le résultat à l’écran donne un western bucolique qui ne manque cependant pas de rythme, le cinéaste réussissant à prendre son temps sans jamais nous ennuyer, en profitant au contraire pour nous rendre ses personnages fortement attachants par le fait de les voir agir non pas en héros mais en être humains avec leurs qualités mais aussi leurs défauts et ambigüités. Les scénaristes, ce sont Ben Hecht que l’on ne présente plus mais également Frank Davis, déjà auteur du captivant Springfield Rifle (La Mission du Commandant Lex) réalisé par De Toth ainsi que du splendide L’Homme de la plaine (The Man from Laramie) signé Anthony Mann. Le travail d’écriture est remarquable, les auteurs réussissant à être à la fois rigoureux et faussement nonchalants, satisfaisants ainsi tout autant les amateurs de mouvements que ceux ayant une préférence pour des rythmes plus contemplatifs, laissant la part belle aux moments de répit et de calme malgré la durée assez courte du film.


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En 84 petites (et trop courtes) minutes, le film réussit tour à tour à nous captiver, passionner, amuser et émouvoir. La première séquence nous dévoile d’emblée une sublime utilisation du scope, une perfection et une originalité dans les cadrages, une douceur et un lyrisme inattendus de la part d’un cinéaste habituellement assez sec, l’instrumentation du thème musical principal à la flûte traversière donnant aux premières images un aspect bucolique immédiatement envoutant. La composition de Franz Waxman est d’ailleurs magistrale, à 100 lieues des canons hollywoodiens traditionnels de l'époque : une musique d'une étonnante modernité et franchement prenante. Au contraire, lors de la fameuse scène de l'attaque indienne finale sur le fort (l'une des plus spectaculaires et des plus belles du genre), aucune bribe de musique ne vient s'y superposer, ce qui la rend d'autant plus forte et tendue par contraste. La beauté plastique des premières minutes se poursuivra donc tout du long, les magnifiques et verdoyants paysages de l’Oregon étant superbement mis en valeur par la très belle photographie de Wilfred M. Cline, le cinéaste n’étant pas avare de lents et somptueux mouvements de grues et de caméra, le plus beau étant sans doute le très long panoramique qui débute au crépuscule sur des pionniers entonnant une chanson auprès du feu et qui parcourt ensuite tout le camp, montrant le reste des colons s’adonnant à diverses activités pour se fixer en fin de compte sur Kirk Douglas et l’actrice Diana Douglas (sa première épouse et la mère de Michael Douglas) discutant au pied d’un chariot pour l’une des séquences les plus délicates du film, celle de la demande en mariage. Où l’on voit une jeune veuve se cherchant un nouvel époux pour l’épauler et non par amour. Où l’on voit l’homme en face d’elle ne pas savoir comment lui dire qu’il préfère rester seul et que, fainéant comme il est, il ne lui serait d’aucune aide, ne souhaitant pour rien au monde s’occuper de travailler la terre pour subvenir à leurs besoins, préférant chasser et pêcher plutôt que de se tuer à la tache. Séquence au timing parfait, à la direction d’acteur exceptionnelle, qui prouve non seulement la sensibilité et l’intelligence de l’écriture mais aussi le talent d’un Kirk Douglas qui aura rarement été aussi sobre ; que tous ceux que son cabotinage a tendance habituellement à agacer redonnent une chance au comédien à cette occasion !


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Aussi bon dans les séquences intimistes que dans les scènes d’action, il trouve peut-être là l’un de ses plus beaux rôles même si sa formidable carrière en comporte quelques dizaines d’autres. Ses trop brèves scènes d’amour avec Elsa Martinelli font partie des plus fougueuses et sensuelles du genre ; le premier baiser forcé et tumultueux ainsi que leurs étreintes passionnées au milieu de la rivière sont inoubliables, tout autant d’ailleurs que la première apparition de l’actrice au cours des premiers plans du film, se rendant nue à la rivière. Enfin n’oublions pas la plus longue de leurs scènes ensemble, la plus belle aussi, celle au cours de laquelle, après avoir quitté son campement pour la rejoindre et passer quelques heures avec elle à faire l’amour, l’éclaireur s’apprête à la quitter sans paraître s’en soucier plus que ça. C’est alors que l’indienne lui fait mettre le doigt sur son égoïsme typiquement masculin à l’aide d’une phrase courte mais qui en dit long : "Tu pars et tu oublies ; je reste et je me souviens". Là encore, les auteurs font preuve d’une belle intelligence en pointant du doigt les défauts de leur héros. Ceci étant dit, Johnny Hawks est un personnage néanmoins capable de faire rêver les plus jeunes : chevauchant comme un dieu, se battant comme un beau diable, toujours prêt à faire en sorte que les conflits ne s’enveniment pas mais s’apaisent au contraire… Un pacifiste et utopiste qui veut encore croire à la coexistence entre les peuples et à la possibilité de maintenir une paix durable ; l’optimisme des auteurs fait qu’il va au moins réussir à la relancer in extremis grâce au couple qu’il forme avec une indienne. Ex ‘Indian Fighter’, il a donc combattu le peuple indien pendant des années mais a dans le même temps appris à le connaître, à le respecter et à le comprendre. C’est d’ailleurs l’un des seuls à ne pas foncer bille en tête pour une broutille ou pour une susceptibilité mal acceptée alors que dans chaque camp, le sang monte à la tête de la plupart bien trop rapidement pour qu’il en sorte quelque chose de bon.


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Parmi les autres personnages, certains sont fortement typés comme les deux déclencheurs du conflit, les affreux Wes et Chivington interprétés par les inquiétants Walter Matthau et Lon Chaney Jr. On trouve aussi Briggs, ce très beau personnage de photographe souhaitant témoigner des merveilles qu'il a la chance de découvrir, joué par Elisha Cook Jr, le comédien étant mort le plus grand nombre de fois à l’écran lors de sa carrière, et ce, dès Le Faucon maltais de John Huston. Et puis il y a ce petit garçon d’environ une dizaine d’années qui donne l’occasion de répliques et de séquences assez amusantes sans que ce ne soit jamais puéril ni lourd mais au contraire vivifiant. Enfin, De Toth rend un bel hommage à tous ces pionniers américains notamment au travers du couple formé petit à petit par la veuve (qui, comprenant que Johnny ne tombera pas dans ses filets, est obligé de voir ailleurs) et le paysan un peu rustre mais éminemment gentil et attachant. Le panoramique déjà évoqué plus haut y participe également tout comme ces séquences ‘documentaires’ comme le troc avec les indiens ou ces nombreux plans montrant l’avancée du convoi à travers cette splendide nature sans cesse changeante, parsemée de rivières bouillonnantes, de paisibles canyons et de grandioses forêts ; plans qui n’ont rien à envier à certains de Raoul Walsh ou John Ford quant il s’agissait pour eux de filmer des caravanes de chariots. En revanche, après ces périodes de calme, lorsque la violence explose, elle fait très mal ; je ne sais pas si nous avions déjà eu l’occasion de voir une scène comme celle du meurtre de l’indien alcoolique, Walter Matthau plongeant son couteau dans son ventre : le plan est presque subliminal mais il reste d'une étonnante dureté ; tous comme les plans des hommes scalpés. Quant à l’attaque finale, elle peut être comparée en terme de mise en scène, tablant avant tout sur la stratégie et la tactique des indiens, à l’inoubliable final du magnifique Fort Bravo, peut-être le chef-d’œuvre de John Sturges.


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Une parfaite maîtrise de la mise en scène (qui sait se faire parfois virtuose comme lors de la scène du bal avec la caméra qui tourne avec les danseurs), un montage rigoureux, une interprétation hors-pair, une photographie mettant superbement en valeur les paysages de l’Oregon et une intrigue qui, sans retournements de situations factices et intempestifs, file droit au but malgré quelques belles digressions qui ne cassent cependant jamais le rythme. Un western d’une redoutable efficacité tout à la fois sensuel et rude, tendre et hargneux, bucolique et mouvementé, généreux et pragmatique sans oublier un lyrisme qu’on ne s’attendait pas à trouver sous la caméra d’Andre de Toth. Son seul défaut est d’être trop court et de se terminer un peu abruptement ; car oui, nous aurions souhaité passer plus de temps en compagnie de ces colons et du couple formé par Kirk Douglas et Elsa Martinelli. Le premier film produit par la compagnie indépendante Bryna (du prénom de la mère de Kirk Douglas) est en tout cas une formidable réussite, un western au ton unique.

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Le Western américain : L'année 1955

Messagepar Jeremy Fox » 6 févr. 13, 14:52

Le Western de 1955

A ce jour, petite fierté (toujours la même d'ailleurs) : arrivé à la fin 1955, toujours aucun western d'importance historiquement parlant n'a encore été omis ici.


Mon petit récap subjectif pour 1955 :

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Western préféré de l'année : Je suis un aventurier : Anthony Mann
Année dominée par Anthony Mann
Plus belles découvertes (films quasiment inconnus) : L'homme traqué (A Man Alone) : Ray Milland / Amour fleur sauvage (Shotgun) : Lesley Selander
Coup de coeur suite à réévaluation : Les Implacables (The Tall Men) : Raoul Walsh
Les classiques qui m'ont déçu : A l'ombre des Potences de Nicholas Ray sans que, loin de là, je le trouve mauvais. Par contre une quinzaine de mauvais westerns sur une trentaine, soit près de la moitié de la production.


************************************************************************************************************



Les westerns les plus importants (historiquement) de cette année :


* Je suis un Aventurier (The Far Country) : Anthony Mann :arrow: Page 2
* L’Homme qui n’a pas d’étoiles (Man without a Star) : King Vidor :arrow: Page 5
* A l'Ombre des Potences (Run for Cover) : Nicholas Ray :arrow: Page 8
* Un Jeu Risqué (Wichita) : Jacques Tourneur :arrow: Page 9
* L’Homme de la Plaine (The Man from Laramie) : Anthony Mann :arrow: Page 10
* Le Mariage est pour demain (Tennessee’s Partner) : Allan Dwan :arrow: Page 11
* Les Implacables (The Tall Men) : Raoul Walsh :arrow: Page 12
* La Charge des Tuniques bleues (The Last Frontier) : Anthony Mann :arrow: Page 17
* La Rivière de nos amours (The Indian Fighter) : Andre De Toth :arrow: Page 19



********************************************************************************************************



Si les éditeurs cherchent des idées, il me serait très agréable de trouver pour ce cru 55 :


* Pour la Columbia : Masterson of Kansas de William Castle avec George Montgomery & Nancy Gates
Wyoming Renegades de Fred F. Sears avec Phil Carey & Martha Hyer

* Pour la United Artists : At Gunpoint de Alfred Werker avec Fred MacMurray & Dorothy Malone

* Pour la Republic : The Last Command de Frank Lloyd avec Sterling Hayden & J. Carrol Naish
The Road to Denver de Joseph Kane avec John Payne & Lee J. Cobb
Sante Fe Passage de William Withney avec John Payne & Faith Domergue
Timberjack de Joseph Kane avec Sterling Hayden & Vera Ralston
The Vanishing American de Joseph Kane avec Scott Brady & Audrey Totter

* Pour la Universal : Rails into Laramie de Jesse Hibbs avec John Payne & Dan Duryea

* Pour la Lippert : The Silver Star de Richard Bartlett avec Edgar Buchanan & Marie Windsor




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Mon top 30 arrivé à cette date :


* 1- La Charge Héroïque (John Ford)
* 2- Le Passage du Canyon (Jacques Tourneur)
* 3- Les Affameurs (Anthony Mann)


* 4- Johnny Guitar (Nicholas Ray)
* 5- Je suis un aventurier (Anthony Mann)
* 6- La Porte du Diable (Anthony Mann)
* 7- Le Massacre de Fort Apache (John Ford)
* 8- Au-Delà du Missouri (William Wellman)
* 9- L'Homme de la Plaine (Anthony Mann)
* 10- Convoi de Femmes (William Wellman)
* 11- La Ville Abandonnée (William Wellman)
* 12- Le Convoi des Braves (John Ford)
* 13- Rio Grande (John Ford)
* 14- Le Traître du Texas (Budd Boetticher)
* 15- La Rivière de nos Amours (André de Toth)
* 17- Sur la Piste des Mohawks (John Ford)
* 18- Une Aventure de Buffalo Bill (Cecil B. DeMille)
* 19- Winchester 73 (Anthony Mann)
* 20- Fort Bravo (John Sturges)
* 21- Le Mariage est pour Demain (Allan Dwan)
* 22- La Charge Victorieuse (John Huston)
* 23- Tomahawk (George Sherman)
* 24- Quatre étranges cavaliers (Allan Dwan)
* 25- Smith le Taciturne (Leslie Fenton)
* 26- Un Jeu Risqué (Jacques Tourneur)
* 27- Victime du destin (Raoul Walsh)
* 28- La Cible Humaine (Henry King)
* 29- La Rivière Rouge (Howard Hawks)
* 30- La Charge Fantastique (Raoul Walsh)

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Rick Blaine » 6 févr. 13, 14:55

Je ne l'ai jamais vu celui là, et même jamais acheté. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. A te lire il faut que je répare au plus vite, ton texte donne très envie de le découvrir.

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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 6 févr. 13, 15:09

Rick Blaine a écrit :Je ne l'ai jamais vu celui là, et même jamais acheté. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. A te lire il faut que je répare au plus vite, ton texte donne très envie de le découvrir.


Il y a peu de chances pour que tu n'apprécies pas :wink:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Frances » 6 févr. 13, 16:01

Un de mes premiers achats western :oops:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar daniel gregg » 6 févr. 13, 16:14

Rick Blaine a écrit :Je ne l'ai jamais vu celui là, et même jamais acheté. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. A te lire il faut que je répare au plus vite, ton texte donne très envie de le découvrir.


Idem, une paresse coupable qu'il me faut reparer au plus vite.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 6 févr. 13, 16:16

Frances a écrit :Un de mes premiers achats western :oops:



Et, toujours pas vu ? Pas apprécié ?

Pourtant daniel, De Toth !!! Tout ça à cause d'un avis moyen de Tatav ? Il fait du mal parfois le Bertrand.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Frances » 6 févr. 13, 16:25

Jeremy Fox a écrit :
Frances a écrit :Un de mes premiers achats western :oops:



Et, toujours pas vu ? Pas apprécié ?

Pourtant daniel, De Toth !!! Tout ça à cause d'un avis moyen de Tatav ? Il fait du mal parfois le Bertrand.


Ah si je l'ai vu bien sûr et je l'aime beaucoup ce film. C'était mon post mode nostagie :wink:

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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar Jeremy Fox » 6 févr. 13, 16:57

Frances a écrit :
Jeremy Fox a écrit :
Frances a écrit :Un de mes premiers achats western :oops:



Et, toujours pas vu ? Pas apprécié ?

Pourtant daniel, De Toth !!! Tout ça à cause d'un avis moyen de Tatav ? Il fait du mal parfois le Bertrand.


Ah si je l'ai vu bien sûr et je l'aime beaucoup ce film. C'était mon post mode nostagie :wink:



Ok ; ça ne fait pas de mal en effet :wink:

L'étranger...
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 3 (55

Messagepar L'étranger... » 7 févr. 13, 07:48

Superbe (encore !) critique pour un de mes westerns préférés (dans mon top 10). :wink:
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