Le Western américain : Parcours chronologique II 1950-1954

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Kevin95
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Kevin95 » 27 févr. 12, 11:55

Lord Henry a écrit :C'est d'ailleurs, avec 7 Secondes en Enfer, le meilleur western de John Sturges.


Et The Law and Jake Wade !

Spoiler (cliquez pour afficher)
et The Magnificent Seven, mais ça me regarde... :mrgreen:
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Lord Henry
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Lord Henry » 27 févr. 12, 11:57

Celui-là, je l'aime beaucoup moins. La réalisation n'est pas à la hauteur du scénario.
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hellrick
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar hellrick » 27 févr. 12, 12:05

Jeremy Fox a écrit :En attendant ma critique de Fort Bravo en fin de semaine et puisqu'avec ce film de John Sturges nous en aurons fini avec l'année 1953, voici mon top 30 réactualisé arrivé à cette date.

Spoiler (cliquez pour afficher)
* 1- La Charge Héroïque (John Ford)
* 2- Le Passage du Canyon (Jacques Tourneur)
* 3- Les Affameurs (Anthony Mann)


* 4- La Porte du Diable (Anthony Mann)
* 5- Le Massacre de Fort Apache (John Ford)
* 6- Au-Delà du Missouri (William Wellman)
* 7- Smith le Taciturne (Leslie Fenton)
* 8- Convoi de Femmes (William Wellman)
* 9- La Ville Abandonnée (William Wellman)
* 10- Le Convoi des Braves (John Ford)
* 11- Rio Grande (John Ford)
* 12- Le Traître du Texas (Budd Boetticher)
* 13- Sur la Piste des Mohawks (John Ford)
* 14- Une Aventure de Buffalo Bill (Cecil B.DeMille)
* 15- Winchester 73 (Anthony Mann)
* 16- La Charge Victorieuse (John Huston)
* 17- Tomahawk (George Sherman)
* 18- Fort Bravo (John Sturges)
* 19- La Cible Humaine (Henry King)
* 20- La Rivière Rouge (Howard Hawks)
* 21- La Charge Fantastique (Raoul Walsh)
* 22- La Piste des Géants (Raoul Walsh)
* 23- La Caravane Héroïque (Michael Curtiz)
* 24- Victime du destin (Raoul Walsh)
* 25- Le Relais de l'or maudit (Roy Huggins)
* 26- La Flèche brisée (Delmer Daves)
* 27- La Mission du Commandant Lex (André De Toth)
* 28- L'Homme des vallées perdues (George Stevens)
* 29- L'Appât (Anthony Mann)
* 30- La Captive aux yeux clairs (Howard Hawks)




Je suis presque à jour avec tes Top :wink:

Je dois encore ceux là:
* 20- La Rivière Rouge (Howard Hawks)
* 21- La Charge Fantastique (Raoul Walsh)
* 23- La Caravane Héroïque (Michael Curtiz)
La bonne nouvelle c'est que je les ai tous les trois en dvd :wink:
Critiques ciné bis http://bis.cinemaland.net et asiatiques http://asia.cinemaland.net

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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Jeremy Fox » 27 févr. 12, 12:05

Des valeurs sûres :wink:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Lord Henry » 27 févr. 12, 12:23

Jeremy Fox a écrit :190 films chroniqués


and still counting.
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Jeremy Fox » 27 févr. 12, 12:27

Lord Henry a écrit :
Jeremy Fox a écrit :190 films chroniqués


and still counting.



Oui, je suis à jour dans le comptage ; ca fera donc une moyenne de 95 films par an puisque mardi prochain, ça fera exactement deux ans que j'ai commencé :wink:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Julien Léonard » 29 févr. 12, 14:29

Très beau parcours en tout cas. :wink:

Pour Fort Bravo, j'attend ça avec impatience également... J'adore ce western de Sturges qui vieillit d'ailleurs de mieux en mieux dans ma tête. J'aime sa sécheresse, sa concision, ses séquences de bravoures et sa dernière demi-heure absolument géniale.
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Flavia
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Flavia » 29 févr. 12, 14:33

Merci Julien, rien à rajouter :wink:

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Fort Bravo

Messagepar Jeremy Fox » 29 févr. 12, 16:14

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Fort Bravo (Escape from Fort Bravo, 1953) de John Sturges
MGM


Avec William Holden, Eleanor Parker, John Forsythe, William Demarest, John Lupton, Richard Anderson, Polly Bergen, William Campbell
Scénario : Frank Fenton d'après une histoire de Phillip Rock et Michael Pate
Musique : Jeff Alexander
Photographie : Robert Surtees (Anscocolor)
Un film produit par Nicholas Nayfack pour la Metro Goldwin Mayer


Sortie USA : 04 décembre 1953

Pour les amateurs de western, l’année 1953 allait s'achever en beauté ! Non seulement le studio du lion leur en délivrait un ‘exemplaire’ remarquable mais de plus il donnait l’occasion à John Sturges de faire son apparition sur les devants de la scène westernienne où il allait continuer à exceller, tout du moins au cours de cette décennie. L’ennuyeux Les Aventuriers du désert (The Walking Hills) avec Randolph Scott, daté de 1949, est parfois répertorié comme faisant partie du genre mais l’intrigue se déroulant l’année de son tournage, il doit être considéré avant tout (selon moi) comme un film d’aventure. Fort Bravo est un donc un premier essai superbement transformé, le meilleur western militaire depuis la fameuse trilogie de John Ford avec laquelle il possède d’ailleurs un certain nombre de points communs que nous détaillerons un peu plus loin, sans évidemment que les styles de l'un et l'autre réalisateurs se ressemblent. Même si Only the Valiant (Fort Invincible) de Gordon Douglas, Two Flags West (Les Rebelles de Fort Thorn) de Robert Wise, Ambush (Embuscade) de Sam Wood ou autres Rocky Mountain (La Révolte des dieux rouges) de William Keighley avaient eux aussi déjà défriché le terrain, s’ils contenaient des éléments intéressants repris ici par le scénariste Frank Fenton, le film de John Sturges dans son écriture et par sa mise en scène se révèle bien plus enthousiasmant que tous ces prédécesseurs (pourtant signés par de prestigieux réalisateurs), bien plus rigoureux et passionnant.


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Comme nous l'avons déjà dit à plusieurs reprises, si comparativement aux autres Majors, la MGM était peu prolifique en matière de western, on pouvait être sûr que trois fois sur quatre elle faisait de très bons choix ; et, contrairement à sa réputation de studio ‘guimauve’, des choix très adultes : après La Porte du Diable (Deevil's Doorway) d'Anthony Mann, déjà produit par Nicholas Nayfack, Fort Bravo est encore là pour nous le prouver, révélant par la même occasion au grand public le nom de John Sturges. Le cinéaste est entré à la RKO en 1932 où il fut assistant décorateur puis assistant monteur. Il sera ensuite de nouveau assistant décorateur mais cette fois pour David O' Selznick. De ses deux premiers métiers, il gardera des traces lorsqu'il passera derrière la caméra : il aura toujours l'œil pour choisir au mieux ses extérieurs et l'on remarquera que les décors de ses intérieurs en studio seront toujours très recherchés. Dans Fort Bravo, même ses séquences d'extérieurs en studio (celles se déroulant de nuit) sont étonnamment belles grâce à de savants éclairages de Robert Surtees ainsi qu'à des toiles peintes relativement réussies. Quant à sa formation de monteur, on la ressent au travers de sa parfaite maîtrise du découpage. Durant la Seconde Guerre Mondiale, il tournera 45 films d'instruction puis deviendra réalisateur de cinéma en 1946. A son actif, pas mal de thrillers de série B à priori assez efficaces. Mais il ne percera que huit ans plus tard avec le film qui nous intéresse ici, le premier MGM à utiliser le format 1.75 et dont voici le sujet.


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1863 alors que la Guerre de Sécession bat son plein ! Fort Bravo, position isolée dans le désert de l'Arizona, sert de camp pour les prisonniers sudistes. Le capitaine Roper (William Holden) y ramène un jeune soldat évadé en le trainant à pied, attaché à une corde derrière son cheval. Cet acte de cruauté est condamné non seulement par les autres captifs confédérés mais également par tous les autres occupants du fort, du médecin au Colonel. Lors d'une mission de reconnaissance pour découvrir les raisons du retard d'une caravane de chariots transportant des armes, le détachement de cavalerie qu'il commande découvre le convoi pillé, les hommes massacrés par les Mescaleros contre qui le chargement devait être utilisé. Une escarmouche s'ensuit, les Indiens ayant attendus la troupe à la sortie d'un canyon. Après une rude bataille, les soldats se portent au secours d'une diligence dans laquelle se trouve Carla Forester (Eleanor Parker) venue assister au mariage de son amie d'enfance, la fille du colonel Owens, avec le lieutenant Beecher (Richard Anderson). Mais la véritable raison de sa présence au fort est qu'elle a mis sur pied l'évasion de son fiancée qui n'est autre que l'officier supérieur des sudistes détenus, le capitaine Marsh (John Forsythe). L'évasion (direction le Texas) est prévue pour le soir des noces et Clara doit détourner l'attention de l'impitoyable Roper ; pour se faire, elle lui fait du charme. Roper est loin d'y être insensible. Mais ce dont cette 'femme fatale' était loin de se douter est qu'elle tomberait amoureuse à son tour de l'officier Yankee. Après le mariage, on déplore la fuite de cinq personnes. Roper décide de partir à la recherche des fugitifs, encore plus motivé que d’habitude quant il apprend que Clara s'est volatilisée avec les prisonniers confédérés…


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…Et c'est ainsi que prend fin la première moitié du film, celle se déroulant presque exclusivement dans l'enceinte du fort (avec néanmoins une sortie en ville ainsi qu'une assez longue et splendide séquence, celle de la mission pour aller retrouver les quatre chariots d'armes qui se poursuit par une embuscade à la sortie du canyon qui dès lors nous démontre la maestria du cinéaste quand à sa gestion de l'espace et de la topographie avec entre autres ses vues étonnantes filmées probablement d'hélicoptère). C'est durant cette première moitié du film que les points communs avec les films de cavalerie de John Ford sont les plus flagrants. Et tout d'abord la partition de Jeff Alexander qui n'a pas à rougir comparativement à celle que Richard Hageman écrivait pour 'le maître du western militaire'. Comme Hageman, Alexander mélange composition originale, airs folkloriques et militaires avec un très grand talent et sans jamais que sa musique ne soit envahissante, sachant même se faire discrète voire même absente, laissant parfois de longues plages de silence (notamment lors de la fameuse dernière demi-heure). Le générique se déroule sur la chanson "Yellow Stripes", une de celles que les Sons of the Pionners entonnaient dans Rio Grande. L'autre chanson, "Soothe My Lonely Heart" est une splendide ballade composée par Jeff Alexander et chantée par Stan Jones, qui servira également de thème d'amour durant tout le film et qui n'a rien à envier aux plus belles chansons des films de Ford. Tour à tour poignante et efficace, une partition digne d’éloges par un compositeur méconnu.


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Autres éléments qui font penser à l'univers fordien : la façon de filmer l'immensité des cieux nuageux (que ce soit durant les périodes ensoleillées ou orageuses), la description minutieuse de la vie quotidienne des habitants du fort avec les sorties en ville pour des achats, les promenades alentours et, en point d'orgue, les bals auxquels assistent même les officiers ennemis. Il y eut d'autres westerns militaires entre Fort Apache et Fort Bravo mais aucun d'entre eux n'avaient montré une telle acuité et une telle rigueur dans le portrait de groupe que constituent les soldats et civils vivant au sein d'un fortin (à l'exception peut-être d'un autre western MGM, le très bon Embuscade de Sam Wood). Et enfin –est ce fait exprès- la séquence nocturne au cours de laquelle William Holden fait visiter à Eleanor Parker son jardin où il cultive des roses, ressemble étrangement à cette autre fameuse scène qui voyait, dans La Charge héroïque, Joanne Dru aller visite à John Wayne alors que ce dernier se recueillait sur la tombe de son épouse. Bref, durant cette première partie, on se sent en terrain connu en compagnie de ces soldats, ce colonel compréhensif, ces femmes douces et aimantes... Cependant, malgré tous ces éléments ressemblants, l'univers de Sturges est aussi éloigné que possible de l'univers fordien, la rigueur et la concision de l'un remplaçant l'apparente nonchalance de l'autre, Sturges ne s'attardant pas sur les 'à-côtés' s'ils ne servent pas directement son intrigue, n'utilisant pas la digression pour se (et nous) faire plaisir. De nombreux points communs mais deux conceptions totalement différentes pour deux résultats qui peuvent néanmoins se révéler tout aussi réjouissants même si certains ne manqueront pas de dire (pas nécessairement à tort) que le film de Sturges ne peut-être considéré que comme un exercice de style (aussi remarquable soit-il) manquant un peu d’enjeux dramatiques, ne pouvant ainsi prétendre atteindre les sommets des trois films précédemment réalisés par John Ford.


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L’excellent scenario signé Frank Fenton (d’après une histoire de Phillip Rock et de Michael Pate ; oui l’acteur qui jouait le chef Apache Vittorio dans Hondo de John Farrow) est clairement découpé en deux parties bien distinctes. La première présente la situation, les personnages et les forces en présence avec rigueur et clarté. La première séquence voit l’intransigeant et ténébreux capitaine Roper trainer derrière son cheval un captif assoiffé et transi de fatigue qu’il malmène sans s’en soucier. Alors que nous jugeons le personnage odieux de prime abord, les autres protagonistes ne font que renforcer cette impression, fustigeant tous sa trop grande fermeté. "Only The Good Die Young" lui dira son homme de main pour lui faire comprendre qu’il ne risque rien lors de son départ pour une dangereuse mission. Lorsque son Colonel le voit rentrer avec son prisonnier brutalisé, il lui dit "When I see you soldiering, Roper, I'm glad we're in the same army." Enfin, Clara le décrit ainsi, "une main verte dans un gant de fer" après l’avoir vu avec surprise s’occuper durant son temps libre de cultiver des roses à l’arrière de son baraquement. Mais au fur et à mesure de l’avancée du film, sous sa carapace de dur à cuire se fait jour un être humain rempli d’incertitudes, admiratif devant la nature, jardinier à ses heures perdues et au cœur d’artichaut. William Holden trouve peut-être ici le plus beau rôle de sa carrière westernienne jusqu’à présent ; il y est impeccable et fortement charismatique.


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Sa romance avec Eleanor Parker est d’ailleurs tout à fait convaincante. Mais qui n’aurait pas succombé au charme d’une si jolie femme ?! L’actrice s’avère d’ailleurs aussi belle que talentueuse. Après nous avoir ébloui dans Detective Story de William Wyler et dans Scaramouche de George Sidney, elle recommence à nouveau dans Fort Bravo, la costumière lui ayant concocté un ensemble de tenue qui la mettent parfaitement en valeur que ce soit dans des robes de soirée ou des vêtements d’hommes. Les plans au cours desquels le couple va se promener sur les hauteurs de Death Valley sont esthétiquement à couper le souffle ; la façon qu’à Eleanor Parker de se déplacer au sein de ces paysages qui l'intimident, avec en arrière fond musical le thème splendide de Jeff Alexander, est inoubliable ! Clara est un personnage tout aussi intéressant que son partenaire masculin, se voyant écartelée entre deux hommes, tombant amoureuse de celui à qui elle devait jouer la comédie pour sauver son compagnon d'origine. La dernière séquence en commun où, allant se sacrifier, Roper la 'saupoudre' de terre pour faire croire aux indiens à sa mort, est formidable de sensibilité et termine cette touchante romance de la plus tendre des manières.


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John Forsythe en rival amoureux qui finit par accepter l'amour que porte sa fiancé à un autre homme est tout aussi talentueux tout comme le jeune John Lupton dans le rôle du déserteur poète qui se laisse arrêter une deuxième fois après n'avoir pas eu le courage de suivre ses camarades d'évasion et tenant ce discours à Roper comme quoi tout le monde ne peut être un héros, revendiquant par la même occasion le droit à la peur. Ce ‘couard intellectuel’ malmené par les deux camps trouvera à démontrer sa valeur au cours du final que je vous tairais malgré le fait qu'il puisse être jugé comme conventionnel. Quant au duo William Campbell et William Demarest, sorte de faire-valoir humoristique dans un western à l'imperturbable sérieux (durant les 50's, John Sturges n'apprécie pas particulièrement quelque sorte d'humour que ce soit), même si leurs numéros de 'chamaillerie' par l'intermédiaire de répliques cinglantes deviennent un peu systématique, ils n'en sont pas moins pour autant très réussis puisque les dialogues dans leur ensemble le sont grandement eux aussi. Et puis leur dernière scène en commun (que je vous laisse également découvrir) est de toute beauté. Enfin, pour en finir avec la description du groupe qui se retrouvera piégé en fin de film, Richard Anderson, l'officier fidèle, sans trop en faire, complète ce casting de premier ordre, parfaitement rodé pour ce style de film.


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La seconde partie, plus sèche dans son traitement, débute alors que Roper se lance à la poursuite des fugitifs ; et c'est une succession de moments plus intenses les uns que les autres, de véritables morceaux de bravoure. Une bagarre à poings nus d'une grande brutalité se déroulant sous une cascade entre les deux rivaux amoureux ; une course poursuite qui se déroule, après de somptueux plans d'ensemble (sur les indiens en contre jour debout sur une corniche montagneuse), dans les paysages fantomatiques de la vallée de la mort que Sturges filme à merveille ; puis enfin, après la chute de cheval d'un des membres du groupe, le rassemblement de ces derniers dans le lit d'une rivière asséchée formant une sorte de renfoncement circulaire creusé dans le sol où les Indiens vont tenter de les assiéger. Scène d'anthologie qui démontre le génie de John Sturges quand il s'agit de placer ses comédiens dans le cadre, de découper une séquence, d'appréhender l'espace, de nous donner une vue la plus claire possible de la topographie des lieux et pour gérer un timing. Pas loin de trente minutes sans quasiment plus aucune musique et au cours desquelles on assiste à la fraternité naissante entre les ex-ennemis qui décident de se serrer les coudes et faire front commun devant l'adversité. On oublie les rancœurs et l'on ne pense plus qu'à une chose, à survivre ensemble. Une formidable séquence de suspense au rythme soutenu et à la tension grandissante où l'on voit à l'œuvre l'intelligence tactique et stratégique des Indiens lors des quelques minutes qui ont rendu le film célèbre, celles où l'on les voit venir planter des lances autour du groupe afin de définir une cible pour les pluies de flèches multicolores qui vont ensuite tomber en rafales, mordant et transperçant les chairs avec une violence assez inaccoutumée. Du très grand art, et ce, jusqu'à la dernière minute avec également un remarquable travail sur le son.


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L'utilisation prodigieuse des décors naturels font que certaines images resteront probablement collées à vos rétines bien après la fin du film ; celles des rochers rouges démesurés filmés en contre plongée, des défilés inquiétants, de l'immensité des plateaux à découverts que surplombent les guerriers indiens prêts à fondre sur l'armée. Et la poésie n'est pas non plus absente de ce western stylisé ; preuve en est la superbe scène du cheval noir revenant en pleine nuit sous la clarté de la lune. Beaucoup de séquences et de plans mémorables dans ce film qui fut projeté dans deux formats différents, le 1.37 traditionnel ainsi que le 1.75, format large choisi par la MGM et les studios Disney alors que tous les autres allaient directement passer au scope, soit le 2.35. D’ailleurs John Sturges disait une vingtaine d’années plus tard lors d’une interview donnée en 1970, avoir toujours regretté de ne pas avoir pu réaliser son film en scope alors qu’au même moment la Fox tournait le premier film qui allait sortir dans ce format, La Tunique (The Robe). La copie que l’on trouve sur le DVD est celle en 1.75 ; l’on constate un petit manque d’image en haut et en bas du cadre mais ça reste néanmoins quasiment toujours très beau.


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Parfaitement rythmé, d'une fluidité étonnante dans l'écriture, d'une rigueur parfaite dans la narration, rempli de trouvailles scénaristiques originales, Fort Bravo est un western d’une redoutable efficacité nous proposant de plus une galerie de personnages tous fortement typés mais jamais figés, ce qui nous les rend finalement tous très attachants. Romance et action, psychologie et suspense font bon ménage au sein de ce solide et remarquable exercice de style, plastiquement superbe. Un western virtuose mais non privé de chaleur humaine. Une formidable réussite.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Flavia » 29 févr. 12, 16:19

8) J'apprécie ce petit commentaire "William Holden trouve peut-être ici le plus beau rôle de sa carrière westernienne jusqu’à présent ; il y est impeccable et fortement charismatique". :D

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Jeremy Fox
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Le Western américain : L'Année 1953 en DVD

Messagepar Jeremy Fox » 29 févr. 12, 22:59

Le Western de 1953

A ce jour, arrivé à la fin 1953, aucun western d'importance historiquement parlant n'a encore été omis. L'année 1953 aura surtout été marqué par Shane (western le plus apprécié des américains) et The Naked Spur (L'Appât) ainsi que par la présence à trois reprises du cinéaste André de Toth (pas pour le meilleur malheureusement).

Mon petit récap subjectif pour 1953 :

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Western préféré de l'année : Fort Bravo (Escape from Fort Bravo) : John Sturges
Année une nouvelle fois dominée par Budd Boetticher & André De Toth
Plus belle découverte (film quasiment inconnu) : Woman the Almost Lynched (La Femme qui faillit être lynchée) : Allan Dwan
Coup de coeur : Victime du destin (The Lawless Breed) : Raoul Walsh
Les classiques qui m'ont déçu : Vaquero et Hondo, tous deux de John Farrow, sans que ce soit pour autant de mauvais films


************************************************************************************************************



Les westerns les plus importants (historiquement) de cette année :


* Victime du destin (The Lawless Breed) : Raoul Walsh :arrow: Page 56
* L’Appât (The Naked Spur) : Anthony Mann :arrow: Page 57
* L’Expédition de Fort King (Seminole) : Budd Boetticher :arrow: Page 58
* L’Homme des Vallées Perdues (Shane) : George Stevens :arrow: Page 59
* Vaquero (Ride, Vaquero) : John Farrow :arrow: Page 62
* Hondo : John Farrow :arrow: Page 72
* Fort Bravo : John Sturges :arrow: Page 75


********************************************************************************************************



Si les éditeurs cherchent des idées, il nous serait très agréable de trouver pour ce cru 53 :


* Pour la RKO : Devil's Canyon de Alfred Werker avec Virginia Mayo & Dale Robertson

* Pour la Columbia : Conquest of Cochise de William Castle avec John Hodiak & Robert Stack

* Pour La Allied Artists : Cow Country de Lesley Selander avec Edmond O'Brien & Robert Barrat

* Pour la Warner : The Charge at Feather River de Gordon Douglas avec Guy Madison & Frank Lovejoy

* Pour d'autres petits studios : War Paint de Lesley Selander avec Robert Stack & Joan Taylor


*************************************************************************************************************



Mon top 30 arrivé à cette date :

* 1- La Charge Héroïque (John Ford)
* 2- Le Passage du Canyon (Jacques Tourneur)
* 3- Les Affameurs (Anthony Mann)


* 4- La Porte du Diable (Anthony Mann)
* 5- Le Massacre de Fort Apache (John Ford)
* 6- Au-Delà du Missouri (William Wellman)
* 7- Smith le Taciturne (Leslie Fenton)
* 8- Convoi de Femmes (William Wellman)
* 9- La Ville Abandonnée (William Wellman)
* 10- Le Convoi des Braves (John Ford)
* 11- Rio Grande (John Ford)
* 12- Le Traître du Texas (Budd Boetticher)
* 13- Sur la Piste des Mohawks (John Ford)
* 14- Une Aventure de Buffalo Bill (Cecil B.DeMille)
* 15- Winchester 73 (Anthony Mann)
* 16- Fort Bravo (John Sturges)
* 17- La Charge Victorieuse (John Huston)
* 18- Tomahawk (George Sherman)
* 19- La Cible Humaine (Henry King)
* 20- La Rivière Rouge (Howard Hawks)
* 21- La Charge Fantastique (Raoul Walsh)
* 22- La Piste des Géants (Raoul Walsh)
* 23- La Caravane Héroïque (Michael Curtiz)
* 24- Victime du destin (Raoul Walsh)
* 25- Le Relais de l'or maudit (Roy Huggins)
* 26- La Flèche brisée (Delmer Daves)
* 27- La Mission du Commandant Lex (André De Toth)
* 28- L'Homme des vallées perdues (George Stevens)
* 29- L'Appât (Anthony Mann)
* 30- La Captive aux yeux clairs (Howard Hawks)

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Re: Fort Bravo

Messagepar feb » 29 févr. 12, 23:22

Jeremy Fox a écrit :Fort Bravo (Escape from Fort Bravo, 1953) de John Sturges

Enfin la voilà :D Un seul mot M. Fox : Bravo ! :mrgreen:
Très belle chronique et un point supplémentaire pour certaines captures :fiou:
ed a écrit :Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Chip » 1 mars 12, 07:40

Un des westerns les plus intéressants de l'année 1953 et des années 50 est sûrement " JACK SLADE, LE DAMNE " (Jack Slade)( Allied Artists) , tout le monde ici semble l'ignorer, ce qui n'est pas le cas sur westernmovies où ce western violent et très noir est fortement apprécié. Dernière diffusion sur une chaîne française: 1997. A (re)découvrir.

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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Jeremy Fox » 1 mars 12, 08:26

Chip a écrit :Un des westerns les plus intéressants de l'année 1953 et des années 50 est sûrement " JACK SLADE, LE DAMNE " (Jack Slade)( Allied Artists) , tout le monde ici semble l'ignorer, ce qui n'est pas le cas sur westernmovies où ce western violent et très noir est fortement apprécié. Dernière diffusion sur une chaîne française: 1997. A (re)découvrir.


janvier 2012 :

Chip a écrit :dvdclassik semble faire l'impasse sur le méconnu, remarquable et sombre western de Harold Schuster (et Mark Stevens non crédité) : JACK SLADE, LE DAMNE (Jack Slade)( 1953), mais peut- être que personne ici ne l'a vu ? A ne pas rater lors d'un prochain passage télé....



Ce n'est pas la première fois que tu viens le dire ici en très peu de temps, la preuve. Et comme je t'avais déjà répondu, je ne l'ai pas ignoré par snobisme et n'avais pas l'intention de faire quelque impasse que ce soit mais je n'ai tout simplement (et malheureusement) pas eu la possibilité de le voir. Après, il est probablement excellent (je te fais confiance) mais il ne fait pas partie des "classiques" du genre (au sens historique du terme) d'où peut-être sa difficulté à le voir :wink:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Lord Henry » 1 mars 12, 09:28

Moi, je dis vivement que l'on arrive à l'année 1966:

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