Le Western américain : Parcours chronologique II 1950-1954

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Jeremy Fox » 7 mars 11, 21:22

Julien Léonard a écrit :
J'ai acheté les deux pack Randolph Scott (avec trois films chacun), et je pense m'y jeter bientôt. On verra bien, mais bon, y'a du André De Toth, alors ça devrait aller... :wink:


Et non des moindres

C'était l'avant dernier rôle de Alan Hale

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Jeremy Fox
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The Eagle and the Hawk

Messagepar Jeremy Fox » 8 mars 11, 23:36

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L’Aigle et le Vautour (The Eagle and the Hawk, 1950) de Lewis R. Foster
PARAMOUNT



Avec John Payne, Rhonda Fleming, Dennis O’Keefe, Thomas Gomez, Fred Clark, Frank Faylen, Eduardo Noriega, Walter Reed…
Scénario : Lewis R. Foster & Daniel Mainwaring
Musique : Rudy Schrager
Photographie : James Wong Howe (Technicolor)
Une production William H. Pine & William C. Thomas (Paramount)
Couleur - 97 mn - 1950


Sortie USA : 30 mai 1950


Notre parcours nous avait déjà fait croiser une fois la route de Lewis R. Foster alors que nous en étions à l’année 1949. Il nous présentait alors son premier western assez anachronique, le sympathique mais oubliable El Paso. A l’occasion nous avions rapidement abordé sa filmographie ; rappelons succinctement que parmi ses contributions célèbres, il fut à l’origine du sujet original de Monsieur Smith au Sénat (Mr Smith goes to Washington) de Frank Capra et que Tavernier et Coursodon dans la première édition de leur livre sur 30 ans de cinéma américain avaient écrit sur lui ce court mais surprenant éloge : ‘Heureux les cinéphiles qui ont connu Foster’ et à propos de ce deuxième western du cinéaste, ‘dont l’humour et la photo de James Wong Howe ne manquent pas d’agréments’. Bref, si le nom de ce cinéaste ne dira aujourd’hui certainement rien à une immense majorité, il serait convenable de ne pas complètement l’oublier. Il se rappelle à nous aujourd’hui avec son excellent deuxième essai dans le genre, L’Aigle et le Vautour ; à notre tour de le faire sortir de l’injuste oubli dans lequel il est tombé.


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En 1863, en plein milieu de la Guerre de Sécession, le Texas Ranger Todd Croyden (John Payne) délivre Whitney Randolph (Dennis O’Keefe) d’un camp de prisonniers confédérés. De retour au Texas, le gouverneur lui apprend que l’homme qu’il vient de sortir de cette mauvaise posture n’est autre qu’un espion à la solde des Nordistes. Todd n’en croit pas ses oreilles ; avoir risqué sa vie pour sauver un ennemi du Sud ! Et ce n’est pas fini puisqu’il est maintenant chargé de l’accompagner au Mexique. En effet, il semble se préparer dans ce pays un bien plus grand danger que les conflits civils qui gangrènent actuellement les Etats-Unis et contre lequel il convient de s’assembler pour lutter. On a cru comprendre que non loin de la frontière, le général mexicain Liguras surnommé ‘le vautour’ (Thomas Gomez) levait une armée dans le but d’envahir le Texas. Il faut aller s’en rendre compte sur place d’autant que le précédent agent secret envoyé en ces lieux est désormais porté disparu et que les armes que les américains font porter au président Juarez n’arrivent jamais à destination. En route, les deux hommes aident Madeline (Rhonda Fleming), une jolie demoiselle, à se sortir d’un mauvais pas, son chariot s’étant retrouvé coincé au milieu d’une rivière. En arrivant dans la première ville mexicaine, ils la retrouvent et apprennent qu’il s’agit de la fille de l’important Basil Danzeeger (Fred Clark) qui semble faire la pluie et le beau temps dans la région. Ils découvrent sans tarder que le prédécesseur de Whitney a été tué et que la situation est encore plus compliquée que ce qu’ils avaient suspecté…


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John Payne : “This spying business … wouldn’t be dangerous would it?”
Dennis O’Keefe “Little bit. Worse that can happen to you is you get killed.”

A postériori, ce western pourra peut-être sembler banal mais puisque nous avançons chronologiquement, nous ne pouvons que constater avec surprise que ce film pourrait tout simplement être l’un des premiers westerns d’espionnage et que c’est aussi l’une des premières fois que l’action se déroulait quasi intégralement sur le territoire mexicain et non plus en Amérique du Nord même si le tournage a eu lieu en Arizona. En tout cas, nous concernant, il s’agit de nouveautés d’où mon envie encore plus grande de vouloir défendre ce petit western méconnu mais qui aura innové sur plusieurs plans. Il est également intéressant de constater que les mexicains ne sont encore pas ici caricaturés comme ils le seront trop souvent par la suite y compris dans des chefs-d’œuvre du genre. Rendons grâce pour tout ceci au scénariste Daniel Mainwaring (déjà auteur non négligeable de petites pépites telles La Griffe du Passé – Out of the Past de Jacques Tourneur ou encore de Ca Commence à Vera Cruz – The Big Steal de Don Siegel) qui, en collaboration avec le réalisateur lui-même, a signé un scénario non seulement novateur mais intelligent, extrêmement bien écrit, plein d’humour et historiquement passionnant.


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Eduardo Noriega : “I see a army building in the mountains, I see peasants with silver in their pockets for joining that army, and I hear El Captain speak of leading an army into Tejas when word and arms come from Presidente Juarez.”

Alors que la Guerre de Sécession faisait rage, Napoléon III a voulu profiter de cette déstabilisation et vulnérabilité du pays pour installer à la tête du Mexique, Maximilien d’Autriche, trahissant ainsi le président légitime, Benito Juarez, alors ami du gouvernement américain. Le fait historique est bien réel mais, il serait dommage au détriment de l’intrigue, de dévoiler les rouages qui feront prendre conscience à nos héros de ce coup d’état qui se préparait en sourdine. Car l’imbroglio d’espionnage mis en place par les scénaristes, quoique très fluide et finalement assez attendu, n’en est pas moins captivant pour l’époque. Mais ce n’est pas le seul point positif de ce script ; en effet, le duo que Foster et Mainwaring a décrit, celui formé par un Texas Ranger et un agent secret du camp adverse, est bougrement attachant et leurs relations faites d’amitié, de connivence et d’ironie m’ont fortement fait penser à celles qui lieront plus tard les personnages interprétés par Roger Moore et Tony Curtis dans la série Amicalement Votre ; une sacrée belle descendance quand même ! Et vu que John Payne et Dennis O’Keefe sont parfaits dans la peau de leurs protagonistes respectifs, on se régale de leurs échanges divinement spirituels ; il faut dire que les dialogues concoctés pour ce film et dont j’ai parsemé ce texte de quelques exemples, s’avèrent brillants et savoureux. Attention, ne vous y trompez pas ; il ne s'agit aucunement d'une comédie mais d'un film bourré d'humour, nuance !


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John Payne à Rhonda Fleming : “I don't know anything about you, except you can tie a man's stomach in knots and make his tongue feel as thick as a saddle blanket.”

Pour compléter cette histoire d’espionnage et d’amitié, une romance se fait jour entre John Payne et Rhonda Fleming, un couple dont l’alchimie fonctionne à merveille et qui se reformera à de nombreuses reprises sous la direction du même Lewis R. Foster mais aussi sous celle plus prestigieuse d’Allan Dwan. Rien de naïf ni de mièvre dans cette histoire d’amour qui, sans en dire plus, a peut-être pu influencer Fritz Lang pour son Rancho Notorious ; en effet, elle possède de nombreux points communs avec celle liant Marlene Dietrich et Arthur Kennedy. Et les amateurs d’action là dedans ; entre délicates réparties humoristiques, running gag amusants (celui des bottes), imbroglio d’espionnage, mise en perspective historique et séquences romantiques, sont-ils oubliés pour autant ? Pas du tout car le film file à vive allure et n’est pas dénué de scènes mouvementées qui culminent avec celle au cours de laquelle John Payne est attaché entre deux mustangs lancés au grand galop dans le but de le faire mourir écartelé et dépecé. Dommage que le manque de moyens se fassent ressentir à ces moments cruciaux et que l’utilisation maladroite des transparences gâche un peu notre plaisir. Car oui, il s’agit malgré tout d’un petit film de série solidement réalisé par Lewis R. Foster, ce dernier ne s’avérant cependant pas assez doué pour constamment pallier à ce trop petit budget comme le seront par exemple André de Toth ou Budd Boetticher.


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Saluons aussi la photographie en Technicolor de James Wong Howe qui nous avait surtout habitué jusqu’à présent à manier le noir et blanc avec ‘dextérité’ et un casting parfaitement choisi. Si Rhonda Fleming n’est pas spécialement une grande actrice, cette sculpturale rousse en impose quand même sacrément, Fred Clark et Frank Faylen sont des ‘méchants’ que l’on aime haïr et nos deux compagnons de fortune sont superbement interprétés par Dennis O’Keefe, le bavard impénitent, et John Payne, bien moins loquace, préfigurant l’homme sans nom de Leone avec ses réparties cinglantes et non dénuées d’une forte dose d’ironie. Alors qu’on le critique souvent pour sa fadeur, je vous conseille de jeter un coup d’œil sur la prestation qu’il délivre dans ce film pour vous rendre compte qu’il n’en est rien. Un acteur à redécouvrir d’urgence et que nous n’avons pas fini de croiser, pour mon plus grand plaisir. Un scénario intelligent et bien ficelé, de l’humour à revendre, de la romance, de l’action, un arrière fond historique passionnant, une pointe d'émotion inattendue vers le final… il manque assurément un grand metteur en scène derrière la caméra mais n’accablons pas plus ce pauvre Lewis R. Foster car son travail de bon artisan nous aura fait passer un moment bougrement agréable.

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feb
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar feb » 9 mars 11, 20:06

Un western qui ne semble pas casser 3 pattes à un canard par contre je suis impatient de lire ta chronique du prochain (superbe) western :wink:
ed a écrit :Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)

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Jeremy Fox
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Sierra

Messagepar Jeremy Fox » 9 mars 11, 20:11

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Sierra (1950) de Alfred E. Green
UNIVERSAL


Avec Audie Murphy, Wanda Hendrix, Burl Ives, Dean Jagger
Scénario : Edna Anhalt & Milton Gunzburg
Musique : Walter Scharf
Photographie : Russell Metty (Technicolor 1.37)
Un film produit par Walter & Michael Kraike pour la Univesal


Sortie USA : 01 juin 1950


Alors qu’il conduit un troupeau de chevaux sauvages, le juvénile Ring Hassard (Audie Murphy) tombe sur une jeune femme qui semble s’être perdue. Cette dernière, Riley Martin (Wanda Hendrix), était venue dans ce coin reculé pour y trouver un certain Lonesome. En attendant de la conduire à ce dernier, Ring l’emmène (non sans lui avoir bandé les yeux) dans la cabane isolée qu’il habite avec son père, Jeff (Dean Jagger). Les deux hommes se sont terrés ici après que, voici une quinzaine d’années, Jeff ait été accusé de meurtre. Depuis, reclus, ils gagnent leur vie grâce au commerce de chevaux, passant par l’intermédiaire de Lonesome (Burl Ives) pour vendre leurs bêtes. Jeff s’étant grièvement blessé, croyant n'avoir plus que peu de temps à vivre, confesse à son fils être totalement innocent du crime dont on l’accuse. Il refuse qu’on aille chercher un médecin en ville de peur de perdre à jamais la tranquillité dont ils profitaient suite à leur exil dans ces montagnes. Riley jure qu’elle ne dévoilera jamais le secret de leur cachette, croit fermement à l’innocence du mourant et insiste pour que Jeff se fasse soigner. Elle retourne donc chercher secours à Sierra Vista accompagnée de Ring. Seulement, par mégarde, ce dernier fait part de sa véritable identité : il est le fils de l’homme recherché depuis des années par les notables de la ville. Jeff est arrêté et mis en prison jusqu’à ce que le procès ait lieu. Ayant fait des études de droit, Riley se propose d’être son avocat pour sa première affaire. Un gang de voleurs de chevaux va encore compliquer l’affaire, Ring se retrouvant en fâcheuse posture, à son tour sur le point d’être condamné à mort…


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Sierra fait partie des trois premiers westerns Universal interprétés par Audie Murphy, tous trois sortis en cette année 1950, les deux autres étant Le Kid du Texas (The Kid from Texas) de Kurt Neumann ainsi que Kansas en feu (Kansas Raiders) de Ray Enright ; le western deviendra dès lors le genre de prédilection du plus grand héros américain de la Seconde Guerre Mondiale, constituant la majeure partie de sa filmographie. Ce film est également l’un des trois seuls westerns ainsi que l’un des derniers longs métrages du cinéaste Alfred E. Green, déjà auteur en 1948 du sensible et très plaisant Four Faces West avec Joel McCrea, une incursion totalement inhabituelle dans le genre puisque sans aucuns morts, privé de personnages fourbes ou malsains, sans batailles ni bagarres et, plus étonnant encore, sans coups de feu, pas même un seul tiré en l’air ! Alfred E. Green fut un réalisateur très prolifique qui a signé d’innombrables films depuis l’époque du muet ; mais son plus grand titre de gloire pourrait être d’avoir réuni Groucho Marx et Carmen Miranda dans Copacabana en 1947. Autant dire que son œuvre n’aura pas laissé de souvenirs impérissables. Four faces West aurait pu marquer quelques esprits et pourquoi pas devenir un petit classique s’il n’était pas passé aussi inaperçu malgré une bonne réception par la critique. Il est en revanche plus facile à comprendre pourquoi Sierra n’est aujourd'hui encore guère plus connu, car s’il s’agit d’un honnête divertissement, il n’a pas grand-chose de surprenant ni de très original à nous proposer. Malgré tout, certains de ses éléments viennent renforcer le capital de sympathie qu’on lui porte d’emblée par le fait de ressentir une sincère envie de la part des auteurs de vouloir avant tout, sans chercher en aucun cas à révolutionner le genre, procurer un plaisir immédiat aux spectateurs avides de films colorés et plein de bons sentiments. On s’étonne alors de l’adjectif ‘épouvantable’ lui ayant été accolé sous la plume de Clive Hirschhorn dans son ‘catalogue’ Universal.


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En effet, nous sommes au contraire immédiatement conforté dans l’idée que nous nous retrouvons bel et bien en pleine période faste du studio, la compagnie faisant alors bénéficier à ses films de série B de moyens financiers encore relativement conséquents et d’équipes techniques chevronnées (ce qui ne sera plus vraiment le cas à la mi-décennie) : couleurs éclatantes dans un Technicolor flamboyant, presque uniquement de splendides décors naturels pour les extérieurs, très peu de transparences, des scènes d’action efficaces (ici une bagarre à poings nus très teigneuse comme à chaque fois qu’Audie Murphy en fait partie), une certaine opulence dans les décors intérieurs et les costumes… Non seulement le budget est bien utilisé mais le scénario s’avère attachant même si très conventionnel et la mise en scène tout à fait correcte, en tout cas très professionnelle à défaut d’être inventive, efficace ou lyrique. Parmi les détails qui rendent donc ce western encore plus agréable, il faut signaler quelques chansons très sympathiques (comme par exemple l’amusante ‘The Ballad of Suzie the Whale’) entonnées par la voix chaude de Burl Ives qui s’accompagne lui-même à la guitare sèche, un décor quasi-surréaliste mais oh combien intriguant, celui de l’habitation des protagonistes principaux, perchée sur un replat en haut d’un promontoire rocheux et en contrebas d'une falaise, lieu confiné auquel on accède par un canyon caché dans lequel s’écoule un filet d’eau ; un décor qui aurait très bien pû inspirer Nicholas Ray pour celui de la cabane de Joan Crawford dans Johnny Guitare, tous deux aussi étonnants par leur emplacement que par la manière dont on y arrive. Parmi les autres plaisantes surprises, on peut également croiser, le temps de quelques secondes (contrairement à ce qu’on aurait pu croire au vu de la jaquette du DVD), de futurs stars du petit ou du grand écran comme James Arness ou Tony Curtis auxquels on a attribué une ou deux répliques chacun.


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Concernant les têtes d’affiches, nous avons le plaisir de retrouver le toujours très bon Dean Jagger dans le rôle du père injustement accusé de meurtre, l'imposant Burl Ives pour une fois dans la peau d’un protagoniste extrêmement sympathique (lui qui interprètera souvent par la suite les patriarches impitoyables et parfois haïssables), réussissant grâce à sa voix douce et chaude à endormir les geôliers en leur interprétant ses chansons, ou encore la charmante Wanda Hendrix, madame Audie Murphy à la ville, la fin du tournage allant malheureusement marquer leur séparation. Au vu de sa prestation, on peut affirmer que ce n’était pas spécialement une comédienne très douée mais elle possédait assez d’entrain pour nous rendre crédible son personnage d’avocate amoureuse de son client, l’alchimie existant encore au sein du couple arrivant à se faire ressentir. Quant à Audie Murphy, à seulement 26 ans, on ne peut pas non plus dire au travers de Sierra que son talent dramatique crève l’écran. Il parait même ici ne pas toujours savoir quoi faire ; mais lui aussi se révèle néanmoins loin d'être désagréable, ses hésitations servant finalement assez bien son personnage relativement naïf. Il avait été quelques semaines plus tôt un Billy the Kid assez terne dans The Kid from Texas ; dans Kansas Raiders qui sortira après Sierra, il s'avèrera en revanche immédiatement très à l'aise en Jesse James sans avoir besoin d'en faire trop, son jeu étant d’une grande sobriété (certains parleront sans doute de fadeur). Au vu de ses débuts dans le cinéma et malgré sa très petite morphologie, il faut désormais se rendre à l'évidence : même si l'on ne peut pas en parler comme d'un grand aceur, Audie Murphy porte le costume de l’Ouest avec une grande classe et son regard acier n'est pas sans efficacité. En tout cas, dans le style de rôle qui lui a été attribué, il aura été constamment convaincant. Sierra sera donc l'un des premiers d’une longue série d’une quarantaine de westerns avec le comédien au visage poupin, quasiment tous tournés sous l’égide de la Universal pour qui il fut une immédiate et formidable manne financière, l’une de ses stars les plus rentables. Si dans ces débuts son jeu dramatique ne nous convainc pas entièrement, sa souplesse, ses gestes, sa démarche et sa vitesse d’exécution lors des séquences d’action nous le font trouver immédiatement très à l’aise dans ce domaine ; un genre qui lui ira comme un gant et à qui il ne fera quasiment jamais d'infidélité.


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Le roman de Stuart Hardy, ‘The Mountains are my Kingdom’ avait déjà été adapté en 1938 par Wyndham Gittens déjà pour ls studio Universal ; il s’agissait d’un film nommé Forbidden Valley avec dans les rôles principaux, Noah Berry Jr et Frances Robinson. Sierra en est une seconde version, avec cette fois l'apport d'un glorieux Technicolor utilisé à merveille par le chef-opérateurRussell Metty, permettant de nous dévoiler dans toutes leurs splendeurs les magnifiques paysages de Kanab (Utah) ainsi que les amples déplacements des troupeaux de chevaux sauvages, le tout porté par une plaisante musique de Walter Scharf. Les auteurs/producteurs ont visiblement recherché le divertissement avant tout ; le film, assez naïf, s'acquitte de cette mission avec les honneurs même s’il sera aussi vite oublié que vu. Ne boudons cependant pas notre plaisir !

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The Gunfighter

Messagepar Jeremy Fox » 14 mars 11, 13:16

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La Cible Humaine - L'Homme aux Abois (The Gunfighter, 1950) de Henry King
20TH CENTURY FOX



Avec Gregory Peck, Helen Westcott, Millard Mitchell, Jean Parker, Karl Malden, Skip Homeier, Richard Jaeckel...
Scénario : William Bowers & William Sellers
Musique : Alfred Newman
Photographie : Arthur C. Miller (Noir et blanc)
Une production de Nunnally Johnson (20th Century Fox)
Noir et blanc - 84 mn - 1950


Sortie USA : 23 juin 1950

Le hors-la-loi Jimmie Ringo (Gregory Peck), connu pour être le tireur le plus rapide de l'Ouest, cherche désormais à fuir ce passé violent. C'est loin d'être évident car où qu'il se rende, il se trouve toujours sur son chemin des jeunes hommes avides de gloire qui le provoquent pour tenter de l'éliminer. C'est dans cette situation que Jimmie se voit contraint d'abattre Eddie (Richard Jaeckel), un jeune excité qui venait de le défier. Il quitte la ville mais les trois frères du jeune homme le poursuivent avec pour intention de le venger. Jimmie réussit momentanément à s'en débarrasser en faisant fuir leurs chevaux. Il se rend ensuite tout droit jusqu’à la petite ville de Cayenne où il espère revoir son épouse Peggy (Helen Westcott) et son jeune fils âgé de huit ans qui ignore qui est son père. Jimmie souhaite pouvoir convaincre Helen de tout quitter pour recommencer ensemble une nouvelle existence paisible dans une région où personne n’aurait entendu parler de lui. Mais à Cayenne, c'est l'effervescence depuis que l'on sait qu'un homme aussi tristement célèbre s'y trouve ; d'ailleurs on ne comprend pas pourquoi le shérif Mark Street (Millard Mitchell) ne le chasse pas immédiatement. Ce dernier demande à son ex-complice de quitter sa ville au plus vite mais lui accorde néanmoins le temps d'essayer d’entrer en contact avec son épouse qui, par l'intermédiaire de Molly (Jean Parker), la chanteuse du saloon, va finalement accepter une rapide entrevue. Mais alors que les trois frères d’Eddie se rapprochent dangereusement de la ville, Jimmie doit dans le même temps contrer un pistolero au sang chaud qui ne rêve que de se mesurer à lui et un père fou de douleur qui croit dur comme fer qu’il se trouve en face de l’assassin de son fils…


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Le tireur d'élite qui décide de se ranger définitivement en raccrochant ses armes, fatigué d'être sans arrêt pris à parti par de jeunes chiens fous voulant se prouver qu’ils peuvent le défier en duel pour savoir s’ils seront plus rapides que lui, voilà un thème dont on entend souvent qu’il est archi-rebattu. Et pourtant en y regardant bien, avant La Cible Humaine, un seul western en avait fait son sujet principal, La Vallée Maudite (Gunfighters, 1947) de George Waggner avec Randolph Scott dans le rôle du pistolero ; et après le film de King, je pense qu’on peut les compter sur à peine les doigts d’une main concernant tout du moins le western américain. Que cette thématique ait marqué les esprits par la tension sourde et le suspense qu’elle fait nécessairement naître, certes, mais que l’on affirme qu’elle soit convenue me parait non seulement exagéré mais de plus erroné surtout en 1950 où le film innovait au contraire. Et puis si la mise en scène de Georges Waggner pouvait à la limite être taxée de conventionnelle, on ne peut pas en dire autant de celle de Henry King. Les ‘westerners’ de l’époque ont d’ailleurs du avoir du mal à retrouver leurs marques devant un film aussi austère et aussi noir, sans aucun folklore et au contraire d’une étonnante modernité ; beaucoup ont du se retrouver dans la même position qu’à l’époque de la sortie du non moins rêche L’Etrange Incident (The Ox-Bow Incident) de William Wellman, western qui curieusement partage avec La Cible Humaine les mêmes décors concernant la ville dans laquelle se déroule la majeure partie de leurs intrigues respectives.


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L’idée du film aurait germé dans l’esprit d’André De Toth, auteur de l’histoire, alors qu’il était dans un bar : « J'ai constaté que dans ces établissements on essayait toujours de provoquer des gens comme Errol Flynn ou Clark Gable. Chaque fois qu'ils entraient dans un bar ou dans un restaurant, il y avait toujours quelqu'un, un petit jeune qui voulait crâner, qui les traitait de dégonflés. Je me suis dit que dans l'Ouest, ce devait être la même chose. » Quant au scénariste William Bowers, c’est lors d’un diner avec Jack Dempsey qu’il se serait fait la même réflexion, le boxeur lui expliquant qu’il n’arrêtait pas d’être importuné par des gêneurs voulant prouver qu’ils étaient plus forts que lui. L’histoire prend donc forme grâce à la collaboration des deux hommes et accouche d’un premier scénario intitulé ‘The Big Gun’. William Bowers essaie de convaincre sans succès John Wayne d’incarner le tireur d’élite. C’est alors qu’il rencontre Nunnally Johnson (grand scénariste, notamment de John Ford ainsi que du Jesse James de Henry King) qui, enthousiasmé par le projet, fait le forcing auprès de la Fox pour le monter. Le studio accepte qu’il le produise et qu’il mette son nez dans le scénario. C’est Gregory Peck (lui aussi passionné par le sujet) qui est engagé pour le rôle principal et qui sera dirigé par le réalisateur discret de son film précédent, le superbe Un Homme de Fer (Twelve O’Clock High).


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Dans un souci de plus grand réalisme, Henry King demande à l’acteur de se faire pousser la moustache, de se faire coiffer au bol tout en lui imposant une tenue vestimentaire ayant le plus de ressemblances avec les photographies de l’époque. Lors de la vision des rushes au bout de quinze jours de tournage, Spyros Skouras et Darryl F. Zanuck, les pontes du studio qui ne s’attendaient pas à un tel manque de ‘glamour’, à une telle insipide allure concernant le héros, demandent à ce que les séquences soient retournées avec un Gregory Peck imberbe. En connivence, l’acteur et le metteur en scène font tout pour faire croire que le coût s’élèverait dans ce cas à 300.000 dollars ; devant l’énormité de la dépense annoncée, la Fox se voit contrainte de laisser le tournage se poursuivre avec la moustache à qui on a d’ailleurs souvent imputé l’insuccès du film. Toujours pour l’anecdote, le personnage de Ringo aurait bien existé ; ce fut un cousin éloigné des frères Younger, ces derniers ayant fait partie à un moment de la bande à Jesse James. Ce fut également l’un des survivants du fameux règlement de comptes à OK Corral qui eut lieu contre les frères Earp, Wyatt étant cité à de nombreuses reprises dans le courant de ce film dont Bob Dylan a tiré l’histoire de sa chanson ‘Brownsville Girl’. Ceux qui ne connaitraient pas la fin et souhaiteraient ne toujours pas la savoir avant de découvrir le film, je leur conseille de ne plus lire la suite car difficile de parler de cette œuvre sans ouvrir quelques spoilers.


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L’histoire est donc celle d’un pistolero entre deux âges souhaitant ne plus avoir à être pris à parti toutes les cinq minutes par des imbéciles prétentieux voulant se prouver leur dextérité au pistolet, et qui décide de s’exiler pour trouver enfin la sérénité auprès de sa femme qui, ne supportant plus cette vie d’angoisse et de violence, avait décidé de le quitter pour élever seul le fils qu’elle avait eu de lui. L’intrigue se déroule quasiment en temps réel à partir du moment où Ringo arrive dans la ville de Cayenne (mais de toute manière en pas plus d’une journée si on prend le film dès la première séquence). Unité de temps mais aussi quasi unité de lieu car dès l’instant où Ringo entre dans le saloon tenu par un tout jeune Karl Malden, il n’en sortira quasiment plus si ce n’est pour se faire tuer. Pressé par le temps, sachant que les hommes à ses trousses ne devraient pas tarder à le rattraper, il n’aura de cesse que d’essayer de faire venir au plus vite son épouse mais à chaque fois ils seront empêchés de se retrouver par quelques éléments perturbateurs, notamment les habitants de la ville qui n’admettent pas qu’un bandit puisse s’arrêter paisiblement en ces lieux. Alors que pour les enfants, la venue de Ringo est presque un spectacle excitant et euphorisant, les adultes en ont peur, notamment les dames patronnesses respectables qui préfèreraient le voir se faire pendre sans même connaître les méfaits qu’il a pu commettre et surtout sans jugement. La séquence où ces dernières parlent de cette idée de lynchage devant Ringo sans savoir que c’est lui est assez cocasse ; l’ironie pointe son nez chez le doux Henry King qui, malgré sa ‘gentillesse’ légendaire, ne peut pourtant pas s’empêcher de fustiger la lâcheté, la mesquinerie, la bonne conscience et la méchanceté d’une partie de la population.


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Il n’est pas tendre non plus envers les jeunes hâbleurs voulant éprouver leur virilité en risquant leur vie sur un duel. Les personnages interprétés par Richard Jaeckel et Skip Homeier sont croqués avec virulence et le réalisateur ainsi que les scénaristes semblent s’être fait plaisir à insérer cette séquence au cours de laquelle le shérif envoie un coup de poing magistral dans la figure du jeune imbécile prétentieux après que ce dernier se soit vanté d’avoir enfin tué une légende. Quant au message final, il est assez ambigu (œil pour œil) à moins que ce soit une séquence de délivrance ou la démonstration de la bêtise et de l’absurde destinée de l’homme ; quoiqu’il en soit, elle demeure efficace et plutôt émouvante : Jimmie, mourant, demande à ce que son assassin ne soit pas arrêté mais qu’il puisse subir ‘la malédiction’, endurer à son tour l’enfer qu’il a vécu en tant que ‘cible humaine’. La mort tragique de Ringo, même si elle se faisait grandement pressentir, n’en est pas moins attristante d’autant plus qu’un regain de naïveté avait fait espérer au Gunfighter, l’espace de quelques minutes, la réalisation possible de son rêve de bonheur auprès de sa famille recomposée. Une fin désenchantée à l’image du film dans son ensemble, une des probables raisons de son semi-échec (comme ceux de The Ox-Bow Incident ou, plus proche de nous, de Yellow Sky qui détonaient déjà par leur noirceur), les aficionados n’étant pas encore prêts à un tel pessimisme, à une telle maturité et à un fatalisme déprimant au sein d’un genre faisant à l’époque souvent la part belle au folklore et au divertissement. Concession au studio ou volonté de sortir un peu de la grisaille qui prévalait, quoiqu’il en soit, on regrette la séquence finale au sein de l’église et la surimpression qui s’ensuit faisant entrer Ringo dans la légende alors qu’il n’y avait vraiment pas lieu d’être au vu du ton général de l’œuvre.


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Les amateurs de sensations fortes seront peut-être déçus par ce film qui s’attarde plus sur le portrait psychologique de son héros et sur d’abondants (mais excellents) dialogues que sur quelconque séquence mouvementée. Une certaine austérité de ton mais un traitement de la dramaturgie d’une redoutable efficacité et une mise en scène constamment remarquable, peu avare de travellings latéraux, d’amples et beaux mouvements de caméra, utilisant magistralement la profondeur de champs destinée à faire ressentir encore plus fortement la solitude de Ringo ; on le voit souvent seul en avant plan avec au fond de l’immense bar, toujours avec autant de netteté, la silhouette de quelques personnes rassemblées ne voulant pas se mêler à cette incarnation du mal. Sans esbroufe mais avec une efficace gestion de l’espace et du suspens, Henry King prouvait qu’il en était arrivé à une sorte de perfection dans la sobriété et la délicatesse tout de suite après le non moins splendide Twelve O’Clock High avec déjà un Gregory Peck impérial. Ici, au bout d’à peine 13 films, l’acteur possède dès lors une remarquable filmographie et son Jimmie Ringo pourrait être l’une de ses plus fabuleuses interprétations.


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Comme de nombreux héros de King, il s’agit d’un homme inquiet, solitaire, sans véritable charisme ("He don’t look so tough to me"), pas spécialement héroïque mais tout simplement humain car dans son ambition de changer de vie, il n’y a aucun désir de rédemption ou de pardon, seulement, égoïstement, de paix. Il aspire simplement, après de nombreuses années de crime et de rapine, à se poser et à tourner la page. Il ne s’agit plus d’un tireur d’élite flamboyant et racé mais d’un homme fatigué et désabusé ( "Voilà où j'en suis à 35 ans, et je ne possède même pas une bonne montre !"), portant sur le monde un regard assez pessimiste, ne désirant plus que conjurer un passé obsédant par la dépose de ses armes et l’exil loin des regards devenus difficiles à supporter. Sans trop en faire, Gregory Peck est constamment juste tout comme son partenaire Millard Mitchell qui interprète un personnage de shérif parmi les plus touchants de l’histoire du cinéma, ex-truand de la bande à Jimmie mais maintenant vieilli, honnête et foncièrement humain. Une troublante tendresse se fait jour entre les deux hommes, ainsi que dans les deux rencontres finales, celle entre Ringo et son épouse (Helen Westcott, pas plus glamour que l’ensemble du film) ainsi qu’entre Ringo et son jeune fils qui nous font remonter quelques belles bouffées d’émotion. Et puis le film a beau posséder une tonalité sombre, il n’en oublie pas quelques touches d’humour bienvenues ; outre la séquence sus citée de la ligue féminine, il faut parler de celle où un homme n’ose pas déranger la conversation entre le shérif et le bandit alors qu’il est venu pour prévenir qu’on est en train d’incendier sa maison ou encore celle au cours de laquelle des adultes, pas plus matures que les gamins excités par les évènements, se battent comme des chiffonniers au milieu de la rue. Le shérif les enjambe comme si de rien n’était ; au retour, agacé de les voir toujours se crêper le chignon, il rempli un seau d’eau qu’il leur renverse sur la tête continuant son chemin sans piper mot.


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Un western sobre et dépouillé mais dramatiquement très dense, dépourvu de toute emphase, à la beauté grave et poignante, évitant avec intelligence tous les lieux communs, empreint d’une tristesse nostalgique et d’une belle sensibilité. Et tout ceci, sans la moindre musique, sans la moindre volonté de forcer le côté dramatique, par la seule force de l’interprétation de Gregory Peck et de la mise en scène de Henry King. Une histoire tragique qui pourrait plaire même à ceux que le western aurait tendance à rebuter et notamment aux amateurs de films noirs, genre auquel il aurait pu se rattacher notamment au travers de la superbe photographie en noir et blanc d’Arthur C. Miller. Peut arriver à ennuyer quelques secondes si l'on s'attendait à un western remuant mais sinon, c'est du tout bon.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar cinephage » 14 mars 11, 13:47

Quel beau film !! Un de mes western préférés, et certainement l'un des meilleurs rôles de Gregory Peck. Henry King traite son sujet avec une grande finesse et parvient à en maintenir toute l'émotion.
Bravo pour ce remarquable texte ! :D
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Pour caler mes bennos

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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Jeremy Fox » 14 mars 11, 13:58

cinephage a écrit :Quel beau film !! Un de mes western préférés, et certainement l'un des meilleurs rôles de Gregory Peck. Henry King traite son sujet avec une grande finesse et parvient à en maintenir toute l'émotion.
Bravo pour ce remarquable texte ! :D


Depuis le temps que je voulais en parler ; c'était l'occasion de revenir dessus et de réaffirmer le fait que ce western peut difficilement être taxé de conventionnel comme je l'ai trop souvent entendu dire (ce qui m'avait fait m'emporter un peu violemment ici même lors d'une discussion assez houleuse il y a quelques années :oops: )

Merci en tout cas :)

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar someone1600 » 14 mars 11, 16:18

Tres interessant en effet, je vais ressortir mon enregistrement TCM pour regarder ce film. :wink:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar feb » 14 mars 11, 20:06

Bravo M. Fox, encore un texte impeccable pour un très très beau western :wink:
ed a écrit :Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Julien Léonard » 14 mars 11, 21:05

J'attendais ton texte sur ce très beau western. Très intéressant en tout cas, et j'aime bien la citation de André De Toth. :lol: J'avais souvenir d'un meilleur DVD, m'enfin bon, ça reste convenable.

Ce n'est pas mon Henry King / Gregory Peck préféré (ce serait plutôt Un homme de fer), mais c'est tout de même du grand art !
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar daniel gregg » 14 mars 11, 23:00

Julien Léonard a écrit :J'attendais ton texte sur ce très beau western. Très intéressant en tout cas, et j'aime bien la citation de André De Toth. :lol: J'avais souvenir d'un meilleur DVD, m'enfin bon, ça reste convenable.

Ce n'est pas mon Henry King / Gregory Peck préféré (ce serait plutôt Un homme de fer), mais c'est tout de même du grand art !


J'adhère également avec cette analyse lucide et riche en détails de Mr Fox.
Revu récemment avec des enfants qui l'ont autant apprécié que certains films d'Hitchcock, leur réalisateur préféré.
C'est une réussite complète de la part de King qui démontre, comme tu l'as très justement dit, qu'avec beaucoup de scrupules, d'autorité et de sincérité ( et du talent évidemment), on avait quand même une certaine marge de manoeuvre dans les studios à cette époque.
Rien que pour cette interprétation (comme chez Walsh), Gregory Peck fait taire ses plus virulents détracteurs qui lui reprochent ses compositions soi disant figées.
Mr Fox, vite, la prochaine...

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar L'étranger... » 15 mars 11, 08:06

Ouais, il est sympa ce western mais trop conventionnel...


:mrgreen: -----> et hop, je disparais. :lol:
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Jeremy Fox » 15 mars 11, 08:36

L'étranger... a écrit :Ouais, il est sympa ce western mais trop conventionnel...


:mrgreen: -----> et hop, je disparais. :lol:


C'était donc avec toi que je m'étais crêpé le chignon :mrgreen:

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar Rick Blaine » 15 mars 11, 11:11

Un western passionnant, et qui ne peut effectivement pas être taxé de conventionnel à mon sens! :mrgreen: . Texte très intéressant, je ne savais pas que De Toth était à l'origine du film, finalement, ça ne m'étonne pas trop.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique Part 2 (50

Messagepar homerwell » 15 mars 11, 11:37

J'aime bien ce western. Et je trouve adroit de lui accoler "The Ox-Bow Incident" car pour reprendre tes mots, ils provoquent tous deux la même sensation de désenchantement avec leurs personnages au prise dans un "Far West" où le folklore n'est qu'une devanture.