Le Western américain : Parcours chronologique I 1930-1949

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique

Messagepar Jeremy Fox » 27 sept. 10, 16:40

Juste pour dire que j'avais été un peu sévère concernant l'édition Wild Side de L'ange et le mauvais garçon :oops: En la revisionnant hier soir, je l'ai trouvé franchement correcte une fois le premier quart d'heure passé.

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Boubakar
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique

Messagepar Boubakar » 27 sept. 10, 19:26

Je ne suis pas fan du film, mais très beau texte, Jeremy ! :wink:

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Julien Léonard
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique

Messagepar Julien Léonard » 27 sept. 10, 21:12

Très belle chronique, Jeremy ! Et tu vois, le DVD n'est pas si mauvais. Compares le avec celui des Editions Atlas. Perso, je trouve que l'avantage est à l'édition Wild Side, le meilleur zone 2 que l'on ait eu. :wink:
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Jeremy Fox
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Trail Street

Messagepar Jeremy Fox » 29 sept. 10, 14:43

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Du Sang sur la Piste (Trail Street, 1947) de Ray Enright
RKO


Sortie USA : 19 février 1947


Au 19ème siècle, Wyatt Earp ne fut pas le seul Marshall célèbre pour son efficacité à ‘faire le ménage’ dans les villes turbulentes du Far-West. Il y eut aussi entre autres William Barclay Masterson plus connu sous le surnom de Bat Masterson, né en 1853 et décédé en 1921. Il fut chasseur de bisons, éclaireur de l’armée américaine et joueur avant de devenir un nom redouté parmi les hors-la-loi, son premier coup de maître ayant été de ‘nettoyer’ Dodge City de la vermine qui la vérolait. Pourtant au départ, il ne rêvait que d’être journaliste, ce qu’il deviendra par la suite en tant qu’éditorialiste sportif dans les colonnes du New York Morning Telegraph. Albert Dekker interpréta ce personnage en 1943 au côté de Claire Trevor dans un western de George Archainbaud, The Woman of the Town que je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de voir. Quatre ans après, c’est au tour de Randolph Scott d’endosser la défroque de cet homme de loi réputé sous la direction de Ray Enright, honnête artisan qui, après en avoir réalisé pour la Warner et l’Universal, tourne ce western pour la RKO.


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Liberal, petite ville du Kansas dont la rue principale est le terminus d’une piste utilisée pour convoyer les bêtes à cornes (d’où le titre Trail Street), endroit à partir duquel elles partent pour Chicago après avoir été vendues. Une plaque tournante du commerce du bétail où, au grand dam des éleveurs, des fermiers viennent pourtant s’installer en masse avec leurs clôtures. Non seulement la terre sèche du Kansas ne leur permet pas d’obtenir de belles récoltes mais quand ils réussissent, les champs de blés sont constamment décimés par l’arrivée des troupeaux ; en effet, les cow-boys ne supportant pas l’installation de ces indésirables laissent allègrement leurs bêtes tout saccager sur leur passage. Si certains fermiers tentent de se défendre, la plupart décident de quitter l’état ; Allan Harper (Robert Ryan), honnête homme d’affaires qui a tout misé sur le succès des agriculteurs est dépité. Un espoir lui est pourtant donné par la découverte d’un des fermiers qui lui assure que la victoire est à portée de main. Logan Maury (Steve Brodie) qui souhaite régner sur la région , le vil tenancier de Saloon Carmody (Billy House) et Lance Larkin (Harry Woods), éleveur inquiétant avec qui ils sont en cheville, ayant surpris ce secret qui risque d’entraver leur ascension, font assassiner le fermier. Trop tard car d’une part Allan Harper sait désormais ce qu’il faut faire pour retenir les agriculteurs dans la région, de l’autre le vieux Billy Burns (George ‘Gabby’ Hayes), agacé par les cow-boys turbulents, a appelé à la rescousse son ami Bat Masterson qui vient de prouver son efficacité en nettoyant la ville de Dodge City avec l’aide de Wyatt Earp. Les 'affreux’ éleveurs n’ont qu’à bien se tenir !


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Eternel conflit entre fermiers et éleveurs, volonté des habitants de retrouver une ville apaisée et tranquille, réflexion sur la loi et l’ordre en opposition avec la justice populaire… Rien de bien neuf sous le soleil du western, le sujet ayant déjà été traité à maintes reprises, et rien non plus de très stimulant dans cette modeste série B sans prétention ! Les amateurs devraient pourtant passer un agréable moment du fait de la présence de Randolph Scott, égal à lui-même dans le rôle du Marshall Bat Masterson, homme droit, valeureux et indémontable avec presque constamment le sourire aux lèvres malgré les soucis qu’il a à gérer. En revanche, les deux femmes du film ne lui tournent absolument pas autour tellement il semble avoir assez à faire par ailleurs. Nous n’assisterons donc à aucune quelconque romance concernant le Marshall mais à deux autres sans véritable intérêt. Très peu loquace, Masterson ne manque pas de faire fuser quelques phrases bien senties qu’on aurait pu voir sorties de la bouche d’un Tuco ou d’un Blondin vingt ans plus tard ; jugez plutôt à travers la réponse qu’il balance à son adversaire qui a osé l’interpeler par son surnom ! « Listen, fella, there's only two kind of people I allow to call me Bat : good friends and people I like. You don't belong in either group ! » Très à l’aise dans ce personnage d’une loyauté à toute épreuve qu’il avait eu à maintes reprises l’occasion de forger ses derniers temps, dès Trail Street, Randolph Scott décide de ne plus tourner que des westerns tout le restant de sa carrière. Et effectivement, après Christmas Eve sorti la même année sur les écrans, on s’apercevra qu’il aura tenu parole n’étant plus jamais délogé de son genre de prédilection où il fera constamment merveille même si beaucoup le considèrent encore comme un acteur très limité.


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Mais pour le fan que je suis, il aura fallu patienter vingt minutes avant de le voir apparaître et c’est pour rapidement s’apercevoir que ce ne sera pas nécessairement lui qui aura le plus de temps de présence mais George ‘Gabby’ Hayes qui trouve peut-être ici son rôle le plus conséquent. Habituel partenaire de John Wayne entre autres, c’est un peu lui qui aura mis en place le personnage du vieux grincheux édenté dont Walter Brennan et Arthur Hunnicut se feront également une spécialité. Il amène ici pas mal d’humour, Billy Burns étant un bavard impénitent ne sachant pas s’arrêter une fois lancé et racontant à tour de bras des anecdotes qui feraient passer les histoires marseillaises pour raisonnables et mesurées. L’autre comédien qui se trouve souvent sur les devants de la scène dans Trail Street n’est autre qu’un tout jeune Robert Ryan que l’on découvre pour la première fois dans un western ; son interprétation n’est guère marquante mais il faut dire pour sa défense que le personnage qu’il doit interpréter est franchement falot. Il en va de même pour le reste du casting qui ne se démarque guère, que ce soient les deux actrices, Anne Jeffreys et Madge Meredith ou les acteurs interprétant les Bad Guys. Si le corpulent Billy House arrive à faire impression, il n’en est pas de même de Steve Brodie, plus que terne et par la même très peu crédible pour un homme qui souhaite régner sur toute une région.


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Il est clair que seuls les inconditionnels du genre pourront trouver à cette série B mollassonne et bavarde un quelconque intérêt à condition de ne pas attendre de furieuses chevauchées et de majestueux grands espaces à chaque coin de pellicule. Dans ce western urbain, il faudra qu’ils aillent chercher de l’agrément du côté des chansons fredonnées par Anne Jeffreys dont l’excellente ‘You're Not the Only Pebble On the Beach’, des considérations politiques sur l’avenir du Kansas, des observations agricoles sur la culture du blé, des scènes d’actions assez bien menées notamment la dernière fusillade en centre ville où les éleveurs se font piéger par tous les habitants. Ils pourront aussi écouter avec amusement les histoires de George Gabby Hayes et découvrir avec étonnement un plan superbe voyant Robert Ryan ouvrir une fenêtre découvrant d’immenses champs de blé balayés par les vents. Sans surprise et sans véritable rythme mais avec suffisamment d’éléments sympathiques qui satisfassent les amateurs peu exigeants, notamment la belle prestance de Randolph Scott.

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Jeremy Fox
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The Sea of Grass

Messagepar Jeremy Fox » 4 oct. 10, 16:31

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Le Maître de la prairie (The Sea of Grass, 1947) de Elia Kazan
MGM


Sortie USA : 26 février 1947



Étonnant à postériori de découvrir un western signé Elia Kazan quand on connaît le reste de sa filmographie ; mais à l’époque, c’était encore un tout jeune réalisateur de cinéma qui n’avait à son actif qu’un seul long métrage. Depuis 1935, il est reconnu et adulé dans le monde du théâtre à Broadway en tant qu’acteur et metteur en scène. Après avoir signé deux documentaires, il se fait remarquer à Hollywood par deux films d’Anatol Litvak dans lesquels il joue (City for conquest et Blues in the Night) avant de commencer à recevoir en 1944 des propositions pour réaliser des longs métrages de la part des deux grands studios étant les plus tournés vers des sujets à visées plus contemporaines et réalistes, la Warner et la Fox. Après un premier film formidablement réussi, Le Lys de Brooklyn, Elia Kazan se dirige vers la toute puissante MGM qui détient les droits d’une histoire qu’il souhaite ardemment tourner, celle de The Sea of Grass, le roman de Conrad Richter lui ayant fait forte impression. Avoir un point de vue inhabituel sur ce thème rebattu de l’antagonisme rancher/fermier lui convenait parfaitement même si au final, les retournements sentimentaux et mélodramatiques prendront rapidement le pas sur les considérations politiques, éthiques et historiques qui auraient été autrement plus passionnantes.


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Lutie Cameron (Katharine Hepburn), jeune fille issue de la classe moyenne de Saint-Louis, se rend à Salt Pork au Nouveau Mexique où elle doit épouser un éleveur richissime, le colonel James Brewton (Spencer Tracy). A son arrivée, elle le trouve au tribunal où on le juge pour avoir expulsé un peu brutalement quelques fermiers s’étant installés sur ses terrains. Son argumentaire inspiré le fait acquitter par un jury dès le départ acquis à sa cause. Lutie est elle aussi sous le charme de cet homme qui a vaillamment lutté pour acquérir ces immenses prairies ; elle se rend néanmoins compte qu’il est par ailleurs considéré comme un tyran par les pionniers qui souhaitent acquérir un petit lopin de terre. James et Lutie se marient le jour même avant que le colonel ne la conduise à sa nouvelle demeure. Sa vie se déroule sans encombres mais elle finit vite par s’ennuyer d’autant que ses plus proches voisins se trouvent à des kilomètres et que son époux semble porter plus d’attention à son travail qu’à son bien-être à elle. Après qu’elle ait réussi à faire accepter par son mari qu’un couple d’amis fermiers viennent s’installer sur son domaine, elle ne cesse d’aller leur rendre visite ; ici elle y rencontre souvent Brice Chamberlain (Melvyn Douglas), un homme de loi défendant les droits des agriculteurs face à la mainmise et au despotisme du colonel Brewton. Il lui avoue ses sentiments qui semble être réciproques. Mais Lutie ne cède pas à la tentation et se rapproche de son époux avec qui elle a un premier enfant, Sara. Choqué par la façon qu’ont eu les hommes de son mari de violenter leur nouveau voisin, sa femme faisant une fausse couche due à la peur, elle part pour quelques temps. Lorsqu’elle décide de retrouver son foyer, elle est enceinte d’un deuxième enfant. D’abord ravi, le colonel finit par comprendre que le petit Brock est un enfant adultérin ; il fait en sorte de chasser son épouse en gardant ses deux rejetons…


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« On y trouvait tous les éléments d'une histoire classique de grande envergure sociale, d'une histoire digne de Dovjenko. Ce qui m'attira dans le sujet, ce fut son ampleur, celle de l'histoire américaine classique. On évacue le bétail et le terrain est morcelé entre exploitations ; les pionniers qui sont arrivés là les premiers et qui avaient conquis le pays sont peu à peu expulsés par les fermiers, personnages des plus bourgeois et des plus tranquilles. Mon principale intérêt a été le sentiment que l'évolution historique fait disparaître quelque chose de merveilleux » dira Elia Kazan lors de ses entretiens avec Michel Ciment ; un thème et des idées qu’il réutilisera avec une toute autre ampleur treize ans après dans son magnifique Le Fleuve Sauvage. The Sea of Grass sera en revanche pour lui une immense déception. Le cinéaste ne digèrera jamais vraiment cet échec et concevra toujours à l’égard de son deuxième film une haine assez tenace d’autant qu’il s’en est senti dépossédé dès le début par les pontes du studio qui l’empêchèrent de le réaliser à sa guise : « L'ensemble du tournage fut un désastre personnellement parce que je ne faisais pas ce que je devais. » Si l’on sait très bien que les cinéastes ne sont pas les plus à mêmes de porter un jugement sur leurs œuvres et qu’ils sont parfois les plus sévères à leur égard, il faut bien avouer que sur ce point nous ne pouvons que lui donner raison. Effectivement, dans ce mélange de western et de mélodrame, malheureusement Elia Kazan échouera sur les deux tableaux.


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Construit autour du traditionnel conflit entre éleveurs et fermiers, cette production de prestige de la MGM se révèle être d’un académisme pesant, sans souffle ni réelle envergure. Alors que tous les éléments de l’intrigue semblaient devoir nous offrir l’occasion de visionner un film épique et passionné, que la substance thématique paraissait très riche notamment grâce au point de vue adopté par les scénaristes, nous nous retrouvons devant une œuvre figée et sans vie, la plupart du temps engoncée dans son esthétisme maison trop proprette en l’occurrence et au vu du sujet. Un mélodrame sans aucune passion, un western sans aucun dynamisme ; les amateurs de l’un et l’autre genre ne pourront vraisemblablement que ressortir déçu de la vision de ce Maître de la Prairie plus laborieux que réellement inspiré. Pourtant, à certains moments, on se prend à rêver à ce qu’il aurait pu être. Le début voyant Katharine Hepburn arriver dans l’Ouest et trouver son futur époux au tribunal dans le siège de l’accusé puis le voyage en carriole vers leur propriété, le couple s’arrêtant sur une hauteur surplombant les immenses plaines herbeuses balayées par les vents, le rancher faisant l’apologie de ses terres à travers un discours poétique et exalté (« Une terre que Dieu m’a donné pour que je la conserve telle quelle »)… tout ceci présageait un film sensible et lyrique, la marque principale de l’œuvre future du grand cinéaste. Il n’en est rien comme nous le disions plus haut et l’ennui nous gagne très rapidement d’autant que l’histoire s’étale sur plus d’une vingtaine d’années sans aucune progression dramatique entre chaque aller-retour de Katherine Hepburn, les retournements de situations étant prévisibles, les ellipses laborieuses et l’intrigue avançant sans réel intérêt. Quelques séquences arriveront encore à nous sortir de notre torpeur (la tempête et l’affolement des bêtes qui précèdent l’attaque de la ferme) mais elles se compteront sur les doigts d’une main. Il faudra attendre que les enfants du couple aient grandi pour que Phyllis Thaxter et Robert Walker viennent sur le devant de la scène et secouent un peu une histoire jusqu’ici par trop insignifiante.


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Car malgré le respect et l’admiration que j’ai pour le couple Spencer Tracy / Katherine Hepburn (que de petites merveilles tournées sous la direction de George Stevens ou George Cukor !), il faut bien admettre qu’ils ne sont ici convaincants ni l’un ni l’autre, l’habituelle alchimie qui s’opère au sein du couple ne se faisant ici jamais ressentir. Si l’actrice parvient de temps en temps à nous rendre son personnage touchant, son partenaire semble se demander ce qu’il est venu faire dans cette galère ; en Cattle-Baron impitoyable, il n’est jamais crédible. A leurs côtés, les excellents Melvyn Douglas, Harry Carey et Edgar Buchanan sont assez scandaleusement sous-employés, quasiment comme des figurants ! Il nous reste une très belle photographie d’Harry Stradling , une attachante composition musicale d’Herbert Stothart (John Williams aurait-il eu une réminiscence de la première mélodie entendue lors du générique du film de Kazan lorsqu’il composa le thème principal de Star Wars ?!) et quelques beaux plans en extérieurs sur la ‘mer herbeuse’ du titre. Une franche déception et peut-être le moins bon film de son auteur. Ca pourra probablement évoluer mais en 1947, La MGM et le western ne font toujours pas vraiment bon ménage. "It’s the only picture I’ve ever made that I’m ashamed of. Don’t see it." dira Elia Kazan ; on peut suivre son conseil et éviter sans regret ce morne mélodrame westernien pesamment académique. Heureusement, on verra le nom de Kazan réapparaître dans les années 50 pour un film d'une toute autre trempe.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique

Messagepar Rick Blaine » 4 oct. 10, 17:03

Ouch... :cry:, il y semble y avoir peu à sauver dans ce film. Avec Spencer Tracy, un de mes acteurs favori, Katherine Hepburn et Kazan derrière la camera, j'en faisais une de mes belles attentes DVD de fin d'année. Par soucis d'exhaustivité, je vais le prendre quand même, mais je n'en attends plus grand chose du coup.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique

Messagepar Jeremy Fox » 4 oct. 10, 18:02

Rick Blaine a écrit :Ouch... :cry:, il y semble y avoir peu à sauver dans ce film. Avec Spencer Tracy, un de mes acteurs favori.


Dans le même style de rôle, il est bien plus convaincant dans La Lance Brisée de Dmytryk.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique

Messagepar Rick Blaine » 4 oct. 10, 18:09

Jeremy Fox a écrit :Dans le même style de rôle, il est bien plus convaincant dans La Lance Brisée de Dmytryk.


J'espérais en effet quelque chose du même tonneau, le Dmytryk étant un très beau film qui plus est.

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique

Messagepar Jeremy Fox » 4 oct. 10, 18:13

Rick Blaine a écrit :
Jeremy Fox a écrit :Dans le même style de rôle, il est bien plus convaincant dans La Lance Brisée de Dmytryk.


J'espérais en effet quelque chose du même tonneau, le Dmytryk étant un très beau film qui plus est.


Je te laisse juger en espérant que tu apprécieras plus que moi ; je prendrais quand même le DVD pour ma collection.

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Pursued

Messagepar Jeremy Fox » 8 oct. 10, 18:50

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La Vallée de la Peur (Pursued, 1947) de Raoul Walsh
WARNER


Sortie USA : 02 mars 1947


Arrivé à ce stade du parcours, La Vallée de la Peur est le premier western d’importance à ne pas avoir bénéficié d’édition DVD avec au moins les sous titres anglais. J’en reparlerais rapidement en fin de texte histoire d’enfoncer le clou dans l’hypothétique espoir qu’un éditeur bienveillant tombera par hasard sur ces lignes et qu’il aura l’extrême obligeance de réparer cet oubli ; il s’agit quand même aussi du premier western important interprété par le grand Robert Mitchum !

Au milieu des difficiles années 40, le moral n’étant pas au beau fixe, la psychanalyse fit son entrée en force à Hollywood. Les films les plus célèbres dans lesquels elle s’est infiltrée furent La Maison du Dr Edwardes (Spellbound) d’Alfred Hitchcock et Le Secret derrière la Porte (Secret Beyond the Door) de Fritz Lang. En 1947, les obsessions psychanalytiques allaient faire leur apparition au sein d’un western, celui qui nous préoccupe ici. De par ce fait, Pursued est un jalon important de l’histoire du western, genre qui acquérait à l’occasion le degré de maturité supplémentaire dont il avait bien besoin après les années de vaches maigres qu’il connut durant la Seconde Guerre Mondiale et malgré les chefs-d’œuvre sortis l’année précédente. Mais ce n’est pas la seule originalité de La Vallée de la Peur ; son intrigue et le ton qu’il adopte sont plus proches du film noir que du western et Niven Busch (l’auteur et scénariste de Duel au Soleil) insuffle dans la seconde partie des éléments de mélodrames criminels qui finissent d’entériner son estimable ambition. Toutes ses nouveautés conjuguées allaient accoucher d’un western hors norme, très sombre et empreint de gravité, très éloigné des préoccupations habituelles du truculent Raoul Walsh ; ici aucun pittoresque, aucun humour, moins de nervosité et de vigueur qu’à l’accoutumée. Quelques-uns s’en réjouiront, d’autres le regretteront ; quels qu’ils soient, il serait néanmoins ridicule de nier l’extrême importance de ce Pursued au sein du genre, certains parlant même à son sujet du premier ‘sur-western’, des westerns à la psychologie plus accentuée et fouillée.


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Le Nouveau Mexique à l’orée du 20ème siècle. Dans un endroit désertique surnommé ‘la Butte aux ours’, la jeune Thorley Callum (Teresa Wright) retrouve dans une cabane calcinée Jeb Rand (Robert Mitchum), l’homme qu’elle vient d’épouser et qui se cache, poursuivi par une horde de cavaliers cherchant à le tuer. Il s’est réfugié dans ces ruines car il vient de se remémorer ce qui s’y était réellement passé après avoir été hanté par de flous cauchemars depuis son enfance, des visions d’éclairs, de bottes et d’éperons allant et venant à hauteur de son visage effrayé. Flash back pour évoquer son passé à sa jeune épouse. A onze ans, caché sous la trappe d’un plancher, une femme, Medora Callum (Judith Anderson), avait rampé jusqu’à lui pour l’emmener chez elle auprès de ses deux enfants, Thorley et Adam. Ils grandirent ensemble et heureux jusqu’au jour où Jeb se fit tirer dessus alors qu’il était parti faire une promenade à cheval. C’est la monture qui fut touché mais Medora savait que c’est Jeb qui avait été visé. Elle se rendit en ville où elle était certaine de trouver l’agresseur embusqué, son beau-frère Grant Callum (Dean Jagger). En effet, il ne le démentit pas ; nous apprenons même que c’est lui qui avait décimé toute la famille de Jed et qu’il n’avait désormais qu’une idée en tête, voir son dernier rejeton suivre le même chemin sans pour autant connaître les raisons de cette haine farouche. Grant promit pourtant à sa belle-sœur de laisser grandir Jeb en paix. Entre temps, ce dernier tomba amoureux de sa sœur adoptive. Quelques années plus tard, Grant Callum n’eut de cesse d’utiliser les autres pour faire accomplir sa vengeance ; il espéra d’abord que Jeb fut tué lors de la guerre opposant les américains aux espagnols à Cuba puis attisa la jalousie de Prentice (Harry Carey Jr), le rival de Jeb auprès de Thorley et enfin de son frère adoptif Adam. Mais chacun d’entre eux trouva la mort sous les balles de Jeb qui devait bien se défendre. La disparition d’Adam fit radicalement changer l’attitude de Medora et Thorley à son égard ; elles lui vouèrent une haine éternelle et ne pensèrent plus qu’à le voir mourir à son tour…


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…Et il y avait encore de quoi raconter puisque nous savons dès le début que Thorley semblait de nouveau amoureuse de Jeb alors que nous l’avons laissée juste au dessus férocement haineuse au point d’envisager de l’épouser dans le seul but de pouvoir l’abattre lors de sa nuit de noces !!! Rien que ça ! On constate à la lecture de ces lignes à quel point le film sombre dans les entrailles de la plus profonde noirceur. Je ne vous ferais pas l’affront de vous révéler l’origine mélodramatique du traumatisme de Jeb ni les raisons du massacre de sa famille mais on peut déjà aisément se rendre compte que le scénario de Niven Busch est plus proche de la tragédie grecque (avec son lot d’assassinats, de passions ambigus dont un quasi ‘inceste’, de mensonges, de tromperies et d’adultères) que du western traditionnel... Ce qui ne serait pas forcément un mal si tout était crédible ; car comment croire par exemple au revirement de caractère des deux personnages féminins qui nous avaient été décrits dans un premier temps comme des femmes douces, compréhensives, d’une grande gentillesse et pétries d’humanité pour se transformer quasiment en harpies vengeresses. On peut comprendre que la mort d’un frère ou d’un enfant puisse faire du mal mais la mutation de Medora et Thorley n’est pas très plausible au point de nous faire un peu décrocher dès ce moment (au 3ème tiers environ). Les deux actrices ne sont en revanche pas en cause, Judith Anderson (l’inquiétante Mrs Danvers du Rebecca d’Hitchcock) et la douce Teresa Wright (la nièce du tueur dans L’ombre d’un doute d’Hitchcock à nouveau et surtout l’inoubliable interprète de Les Plus Belles Années de notre Vie de William Wyler) livrant toutes deux de belles prestations.


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"J'ai toujours eu la sensation de me cacher et de m'enfuir" dit à un moment donné le personnage tourmenté de Jeb Rand. Car oui, cette histoire est dès le départ, comme tout bon film noir qui se respecte, placée sous le signe de la fatalité (qui écrase le héros comme les immenses rochers semblent également le faire) et narrée par la voix-off du principal protagoniste. Obsédé par son passé, hanté par des visions cauchemardesques et fantomatiques, il n’a de cesse d’essayer de se remémorer d’où vient son traumatisme né dès l'enfance ; d’un naturel pessimiste, il pense néanmoins être victime d’une malédiction, que son destin est tout tracé et qu’il va inéluctablement finir par se faire tuer. Il est interprété par un très bon Robert Mitchum qui jouait déjà avec talent de 'l’underplaying' et qui avait décroché le rôle après que, excusez du peu, Kirk Douglas, Joel McCrea, Montgomery Clift et Robert Taylor aient été envisagés. Plus qu’une banale histoire de vengeance, Niven Busch (le mari de l’actrice Teresa Wright à l’époque du tournage) et Raoul Walsh nous délivrent un véritable drame psychologique loin de ce que l’on avait pu voir jusqu’à présent dans le western. Mais le personnage le plus mémorable du film, même si son temps de présence est limité, est très certainement celui du ‘vengeur’ joué avec une grande classe par le toujours excellent Dean Jagger. Espèce de suppôt du diable qui après avoir échoué dans sa tentative de meurtre, tente de se servir des autres comme instruments de sa vengeance, soufflant l’animosité et la jalousie dans les cœurs des plus faibles, Grant Callum est un personnage diabolique que l’acteur rend d’autant plus inoubliable qu’il lui insuffle un peu d’humanité au point qu’on finirait presque par le trouver attachant. Dommage en revanche que l’excellent Alan Hale n’ait récolté qu’un rôle de quasi figurant !


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Même si on pourra trouver ce western parfois un peu pesant, il n’en demeure pas moins un film ambitieux et une incontestable réussite. Plastiquement, James Wong Howe accomplit des prouesses photographiques que ce soit en extérieur qu’en intérieur, de nuit comme de jour ; il vous sera difficile de vous sortir certains plans de la tête comme ces cavaliers ‘comprimés’ par l’immensité des rochers qui surplombent ces espaces désolés, les intérieurs nocturnes éclairés à la bougie, les cieux encombrés de nuages noirs, certains gros plans sur les visages… La mise en scène de Raoul Walsh ne saurait non plus souffrir aucune critique même si nous sommes en droit de préférer le Walsh jusque là plus porté vers la truculence et le dynamisme ; il est néanmoins clair qu’il sait installer un climat de noirceur avec une vigoureuse intensité dramatique. Mais il faut dire qu’il est formidablement aidé par le génie du compositeur Max Steiner qui se déploie ici avec une maestria confondante ; les deux thèmes principaux qu’il a composé pour ce film possèdent une puissance et un lyrisme absolument grandioses et nous regrettons presque que l’ensemble de l’œuvre ne soit pas constamment du niveau de son obsédante et poignante musique.


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Déjà en 1947, le western, au vu de ce qui était déjà sorti sur les écrans, pouvait se targuer d’être d’une formidable richesse. La Vallée de la Peur allait apporter une nouvelle pierre à l’édifice et prouver aux mauvaises langues que le western ne se résumait pas qu’à des tueries entre cow-boys et indiens. Cet avis sera néanmoins à nuancer et le film à probablement réévaluer lorsqu’un éditeur aura eu l’idée de sortir Pursued en DVD avec des sous titres français ; car il a beau exister aux USA, en Allemagne et en Espagne, aucune trace de quelconques sous titres. En effet, je l’ai visionné dans une copie très peu vaillante et dans une version française de médiocre qualité. Pour rehausser ce qu’aurait pu laisser penser mon avis positif mais avec quelques réserves, voici un exemple du lyrisme exalté qu’employait Jacques Lourcelles pour parler de Pursued : « Western psychanalytique d'une part, poème et fresque cosmique de l'autre, le territoire et l'ambition du film sont immenses, presque illimités. La trajectoire de cette destinée d'un personnage subissant l'emprise de son passé permet à Walsh de bâtir et d'explorer un univers qui commence au plus profond du cœur d'un homme et va se perdre quelque part dans l'infini des cieux. »

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Re: Le Western américain : Parcours chronologique

Messagepar Grimmy » 8 oct. 10, 23:50

Jeremy, tu ne mets plus les jaquettes du dvd en fin des articles ?

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cinephage
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique

Messagepar cinephage » 9 oct. 10, 01:04

Grimmy a écrit :Jeremy, tu ne mets plus les jaquettes du dvd en fin des articles ?


Tu n'as pas du lire le dernier paragraphe de la critique de Jeremy... :wink:
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique

Messagepar pak » 9 oct. 10, 01:29

Juste pour dire que j'aime beaucoup le western, et que ce sujet est impressionnant. J'adore !
Voilà, message complètement inutile...

Sinon, j'aimerai bien causer de quelques uns vus récemment, mais sais pas trop si je dois le faire ici, où créer mon topic et risquer de faire doublon, de vexouiller, de raser en ajoutant sur le sujet, etc... Bref, dites-moi où je fais, et je fais... heu...
Le cinéma : "Il est probable que cette marotte disparaîtra dans les prochaines années."

Extrait d'un article paru dans The Independent (1910)

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Phnom&Penh
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique

Messagepar Phnom&Penh » 9 oct. 10, 06:39

Jeremy Fox a écrit :Au milieu des difficiles années 40, le moral n’étant pas au beau fixe, la psychanalyse fit son entrée en force à Hollywood.


Je sais bien que ce western est toujours qualifié de "western psychanalytique" mais ce n'est pour moi rien d'autre qu'un poncif et un à priori. Pas surprenant de la part de Lourcelles qui suradore Walsh, mais qui tire à boulets rouges dès qu'un scénario a quelques prétentions intellectuelles. Objectivement, elle est où la psychanalyse en tant que telle dans ce film? Dans le fait qu'un traumatisme d'enfance peut expliquer la personnalité d'un adulte ou que la résilience, si elle peut être violente, est libératrice dans tous les sens du terme (elle redonne liberté, libre arbitre)? Dans ce cas, Homère avait lu Freud et son oeuvre doit être relue à cette enseigne.

Jeremy Fox a écrit :car comment croire par exemple au revirement de caractère des deux personnages féminins qui nous avaient été décrits dans un premier temps comme des femmes douces, compréhensives, d’une grande gentillesse et pétries d’humanité pour se transformer quasiment en harpies vengeresses.


Euh, je ne sais pas, par l'expérience de la vie, peut-être? :mrgreen:
Blague à part: le personnage de la mère qui revire totalement quand sa famille est en danger en tuant "l'intru" qu'elle avait elle-même introduit, le personnage de la fille qui se sent trahie par l'homme qu'elle aime et dont l'amour devient furie vengeresse, c'est homérien, biblique, très ancien en tout cas. On peut y voir une espèce de traitement oedipien, mais l'histoire d'Oedipe elle-même n'est-elle pas rien de plus que la légende d'Oedipe avant d'être la matière des théories freudiennes? Du bel et vieux théâtre plus que de la psychanalyse.

J'ai toujours trouvé ce film très juste psychologiquement et la photo de James Wong Hoe géniale. Pour Walsh, ce n'est pas un Ovni: il aime le théâtre, les personnages tant caractérisés qu'ils sont à la limite de la caricature, les poursuites à cheval et les remakes (il adore refaire les mêmes scènes dix fois et le film commence sur l'une d'elles).

C'est par un critique, hein, j'ai bien compris que tu avais globalement aimé le film :wink: C'est juste une invitation à le revoir, la prochaine fois, en oubliant la psychanalyse. Pour moi, c'est le film "école" sur la tragédie grecque dans le western: point de vue beaucoup plus intéressant et ouvert que le Dr Freud. Niven Busch est un excellent scénariste, et si la mode était alors au film psychanalytique, il a surtout donné le change en faisant un excellent scénario qui pouvait donner l'impression d'aller dans ce sens. Ou peut-être a t-il su, alors que la mode était aux théories freudiennes, en revenir aux origines, au théâtre grec. Cela donne au film un côté un peu didactique, effectivement un peu lourd. Mais je ne crois pas que ce film aurait été un des préférés de Walsh dans sa propre filmographie s'il avait été son Spellbound.

D'ailleurs, pour sortir de la tragédie grecque qui est dans toute notre littérature, voici ce que Patrice Rollet en disait:
"Pursued réussit le tour de force d'être, sans le dire, à la fois l'une des rares adaptations cinématographiques (qu'Artaud appelait de ses voeux) de Master of Ballantrae de Stevenson et la plus convaincante des nombreuses adaptations de Wuthering Heights d'Emily Brontë".

A noter pour les fans: il existe un remake français (pour une part de l'intrigue): La maison assassinée (1987) de Georges Lautner, avec Patrick Bruel. Assez bon succès commercial lors de sa sortie, le film n'a rien de génial, mais il est agréable (du moins pour les non-allergiques à Bruel, bien sûr) :)
Dernière édition par Phnom&Penh le 9 oct. 10, 07:25, édité 1 fois.
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Re: Le Western américain : Parcours chronologique

Messagepar Jeremy Fox » 9 oct. 10, 07:20

pak a écrit :
Sinon, j'aimerai bien causer de quelques uns vus récemment, mais sais pas trop si je dois le faire ici, où créer mon topic et risquer de faire doublon, de vexouiller, de raser en ajoutant sur le sujet, etc... Bref, dites-moi où je fais, et je fais... heu...



par exemple et merci beaucoup. Mais s'il s'agit d'un western déjà évoqué ici, tu peux en parler dans ce topic :wink: