Richard Quine (1920-1989)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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manuma
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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar manuma » 3 mai 11, 23:42

Lord Henry a écrit :Un titre semble manquer à ces débats; The Moonshine War une réalisation de 1970 d'après une histoire d'Elmore Leonard. Programmé en des temps oubliés par Patrick Brion, il m'en reste le lointain souvenir d'un film coloré d'une certaine truculence et sur lequel plane l'ombre de Bonnie and Clyde.

Egalement diffusé sur TCM il y a une poignée d'années, dans une copie franchement pas glorieuse. Une très bonne surprise en ce qui me concerne. Humour noir et violence un tantinet débridée. Si la comparaison avec Bonny and Clyde est effectivement de rigueur, j'aurais également rapproché cette Moonshine war de l'univers d'Aldrich.

Dommage que Quine n'ait pas davantage tâté du film noir / polar.

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Lord Henry
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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Lord Henry » 3 mai 11, 23:51

A noter que Richard Quine a travaillé sur la série Columbo - sans que ses réalisations aient quoi que ce soit de remarquable - pour laquelle il a signé trois épisodes. Le meilleur étant sans doute Requiem For A Falling Star avec Anne Baxter et Mel Ferrer.

Il s'en est quand même mieux tiré que Mitchell Leisen qui, lui, a bouclé sa carrière en prêtant la main à Annie, Agent Très Spécial.
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riqueuniee
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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar riqueuniee » 4 mai 11, 09:28

Les deux autres épisodes sont SOS Scotland Yard avec Richard Basehart et Honor Blackman , et Subsconscient, sans stars , mais avec un habitué de la série, Robert Culp. On a vu en effet pire, comme fin de carrière.
L'épisode avec Ann Baxter se distingue aussi par son scenario : il y a plus de surprises dans l'histoire que d'habitude.

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Lord Henry
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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Lord Henry » 4 mai 11, 10:33

riqueuniee a écrit : SOS Scotland Yard avec Richard Basehart et Honor Blackman


On ne peut pas dire qu'il restera dans les annales de la série. Sans compter que Richard Basehart y est mauvais comme un cochon, avec un accent anglais digne de l'accent français de Peter Sellers dans la Panthère Rose.
Dernière édition par Lord Henry le 4 mai 11, 11:48, édité 1 fois.
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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar manuma » 4 mai 11, 11:37

Parmi ses derniers travaux, j'avoue que j'attends depuis des lustres de découvrir son thriller W, avec la famélique Twiggy et cette canaille de John Vernon. Le film n'a pas spécialement bonne réputation, mais cela était déjà plus ou moins le cas de The Moonshine war. Aussi, je demande à voir ...

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Lord Henry » 4 mai 11, 12:12

En revanche, je garde un souvenir plaisant - et fort lointain - d' Hotel; un film qui a dû plus ou moins inspirer la série avec James Brolin quelques années plus tard.

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Pour autant que ma mémoire ne me trahisse pas, une production bien plus divertissante que The V.I.P.s.
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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar manuma » 4 mai 11, 14:04

De cet Hotel, je ne connais que la musique de Johnny Keating, telle que ressortie récemment chez FSM. Le thème est splendide. Du velours ...

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Federico » 4 mai 11, 14:12

manuma a écrit :De cet Hotel, je ne connais que la musique de Johnny Keating, telle que ressortie récemment chez FSM. Le thème est splendide. Du velours ...

C'est celui-ci ? Velouté, certes, mais sans plus, malgré Carmen McRae...
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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Jack Carter » 15 juil. 11, 09:56

manuma a écrit :
Lord Henry a écrit :Un titre semble manquer à ces débats; The Moonshine War une réalisation de 1970 d'après une histoire d'Elmore Leonard. Programmé en des temps oubliés par Patrick Brion, il m'en reste le lointain souvenir d'un film coloré d'une certaine truculence et sur lequel plane l'ombre de Bonnie and Clyde.

Egalement diffusé sur TCM il y a une poignée d'années, dans une copie franchement pas glorieuse. Une très bonne surprise en ce qui me concerne. Humour noir et violence un tantinet débridée. Si la comparaison avec Bonny and Clyde est effectivement de rigueur, j'aurais également rapproché cette Moonshine war de l'univers d'Aldrich.

Dommage que Quine n'ait pas davantage tâté du film noir / polar.


ce Moonshine War est diffusé sur TCM fin aout :wink:

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Profondo Rosso » 2 août 11, 04:29

Du Plomb pour l'inspecteur (1954)

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Un braquage de banque coûte la vie au vigile avant que les malfaiteurs prennent la fuite avec leur butin ... A la sortie d'une salle de cinéma, une femme et un homme entament une relation; elle s'avère être la maîtresse du braqueur, lui un inspecteur chargé de le capturer en la surveillant. Elle le démasque mais l'amour brouille les cartes...

Si le cinéphile ne retient le plus souvent aujourd'hui que les comédies les plus délirantes et fantaisiste de Richard Quine, ce dernier n'a jamais renié un attrait pour une certaine noirceur dans celles-ci où dans des œuvres plus ouvertement dramatiques comme son magnifique Strangers When We Meet. Pushover (en passant où vont il chercher ces titres français ridicules ?) est également pour Quine le film de la rencontre son actrice fétiche (et un temps amante) qu'il saura mettre en valeur mieux que personne (hormis Hitchcock et son Vertigo), Kim Novak qui pour sa première apparition à l'écran trouve déjà un rôle marquant grâce à son mentor.

Le cadre du film noir offre un écrin idéal aux thématiques de Quine développera dans ses grands films à venir. On retrouve donc dans Pushover l'histoire d'amour coupable (Strangers When We Meet et son couple adultère) et teintée d'ambiguïté (Kim Novak pensant l'amour de James Stewart dû à un sortilège dans L'Adorable Voisine, Jack Lemmon suspicieux de Kim Novak encore dans L'Inquiétante Dame en noir) ainsi que le cadre aliénant (la banlieue pavillonnaire faussement rassurante de Strangers When We Meet) ici symbolisé par le cadre presque unique du vis à vis des deux immeubles où va se dérouler l'enquête.

Avant de mettre en place ces éléments significatifs, Quine signe une introduction magistrale avec hold-up muet d'une redoutable efficacité puis la rencontre du couple Kim Novak/Fred McMurray. Cette dernière séquence, troublante et élégante à souhait dissimule déjà sous sa fausseté manifeste (la séduction est trop appuyée et immédiate) la réelle passion qui va unir les deux héros et Kim Novak évanescente et lascive fascine déjà avec ce plan où elle observe McMurray dans l'embrasure d'une porte. Ce dernier retrouve un emploi voisin d’Assurance sur la mort, un type normal qu'un amour et désir aveuglant amène sur la voie criminelle. Le comédien est comme toujours parfait dans ce registre, il faut voir l'assurance et la froideur avec laquelle il séduit Novak au départ et qui s'effrite lentement lorsqu'il est dépassé par ses émotions. La comparaison avec le classique de Wilder s'arrête cependant là car si Quine joue un temps sur l'ambiguïté de leur rapport et ne nie pas la vénalité qui conduit en partie leurs actions, lui croit vraiment en l'histoire d'amour réciproque de ses héros et malgré leur actes les rend malgré tout attachants dans leur funeste destin. Quine est un réalisateur sans distance ni cynisme même dans la comédie enlevée et croit toujours sincèrement en ces personnages.

Passé l'introduction et quelques séquences annexes éparses, le suspense et la tension grimpent donc progressivement dans une unité de temps et de lieu où entre mensonges, manipulations et faux semblants les amants criminels tentent d'arriver à leur fin. Le scénario remarquablement équilibré esquisse d'ailleurs d'excellents personnages secondaires avec Phil Carey et Dorothy Malone dont la romance naissante offre un pendant positif à celle du couple principal puisque la dissimulation de départ est guidée par de meilleurs sentiments et conduira à des actes bien plus positifs. La brève durée du film évite la lassitude face à ce cadre restreint et de la répétitivité des péripéties (les vas et vient d'un immeuble où d'un étage à l'autre, les phases d'observation et de filature) et au contraire les dynamite constamment lorsqu'on croit la lassitude s'installer (le sort que réserve McMurray à l'auteur du hold-up). Un excellent et plutôt original film noir qui tient en haleine sans réel méchant où criminel à affronter, étonnant. Il est d'ailleurs dommage que Quine n'ait pas donné plus souvent dans le genre policier (sous la parodie L'Inquiétante Dame en Noir est un assez redoutable thriller) mais cette première œuvre commune avec Kim Novak était pleine de promesses largement tenues par la suite.5/6

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar beb » 24 août 11, 21:54

La guerre des Bootleggers (The Moonshine war, 1970) de Richard Quine passe sur TCM le 30 aout et le 8 septembre.
Film rare sur lequel je ne trouve rien, pas de critique, pas d'avis.....
La distribution a l'air interessante : Widmark, Mac Goohan, et meme Lee Hazlewood, l'auteur de these boots are made for walkin' !!!
Quelqu'un l'a vu ?

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Lord Henry » 24 août 11, 22:00

On en parle un peu plus haut et à la page précédente.
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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Lord Henry » 24 août 11, 22:03

Au passage, j'ai retrouvé le documentaire sur les coulisses du tournage:

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar beb » 24 août 11, 22:03

Lord Henry a écrit :On en parle un peu plus haut et à la page précédente.

:evil: recherche sur le titre français ......merci :wink:

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Rick Blaine » 23 sept. 11, 12:54

Profondo Rosso a écrit :Du Plomb pour l'inspecteur (1954)

Un braquage de banque coûte la vie au vigile avant que les malfaiteurs prennent la fuite avec leur butin ... A la sortie d'une salle de cinéma, une femme et un homme entament une relation; elle s'avère être la maîtresse du braqueur, lui un inspecteur chargé de le capturer en la surveillant. Elle le démasque mais l'amour brouille les cartes...

Si le cinéphile ne retient le plus souvent aujourd'hui que les comédies les plus délirantes et fantaisiste de Richard Quine, ce dernier n'a jamais renié un attrait pour une certaine noirceur dans celles-ci où dans des œuvres plus ouvertement dramatiques comme son magnifique Strangers When We Meet. Pushover (en passant où vont il chercher ces titres français ridicules ?) est également pour Quine le film de la rencontre son actrice fétiche (et un temps amante) qu'il saura mettre en valeur mieux que personne (hormis Hitchcock et son Vertigo), Kim Novak qui pour sa première apparition à l'écran trouve déjà un rôle marquant grâce à son mentor.

Le cadre du film noir offre un écrin idéal aux thématiques de Quine développera dans ses grands films à venir. On retrouve donc dans Pushover l'histoire d'amour coupable (Strangers When We Meet et son couple adultère) et teintée d'ambiguïté (Kim Novak pensant l'amour de James Stewart dû à un sortilège dans L'Adorable Voisine, Jack Lemmon suspicieux de Kim Novak encore dans L'Inquiétante Dame en noir) ainsi que le cadre aliénant (la banlieue pavillonnaire faussement rassurante de Strangers When We Meet) ici symbolisé par le cadre presque unique du vis à vis des deux immeubles où va se dérouler l'enquête.

Avant de mettre en place ces éléments significatifs, Quine signe une introduction magistrale avec hold-up muet d'une redoutable efficacité puis la rencontre du couple Kim Novak/Fred McMurray. Cette dernière séquence, troublante et élégante à souhait dissimule déjà sous sa fausseté manifeste (la séduction est trop appuyée et immédiate) la réelle passion qui va unir les deux héros et Kim Novak évanescente et lascive fascine déjà avec ce plan où elle observe McMurray dans l'embrasure d'une porte. Ce dernier retrouve un emploi voisin d’Assurance sur la mort, un type normal qu'un amour et désir aveuglant amène sur la voie criminelle. Le comédien est comme toujours parfait dans ce registre, il faut voir l'assurance et la froideur avec laquelle il séduit Novak au départ et qui s'effrite lentement lorsqu'il est dépassé par ses émotions. La comparaison avec le classique de Wilder s'arrête cependant là car si Quine joue un temps sur l'ambiguïté de leur rapport et ne nie pas la vénalité qui conduit en partie leurs actions, lui croit vraiment en l'histoire d'amour réciproque de ses héros et malgré leur actes les rend malgré tout attachants dans leur funeste destin. Quine est un réalisateur sans distance ni cynisme même dans la comédie enlevée et croit toujours sincèrement en ces personnages.

Passé l'introduction et quelques séquences annexes éparses, le suspense et la tension grimpent donc progressivement dans une unité de temps et de lieu où entre mensonges, manipulations et faux semblants les amants criminels tentent d'arriver à leur fin. Le scénario remarquablement équilibré esquisse d'ailleurs d'excellents personnages secondaires avec Phil Carey et Dorothy Malone dont la romance naissante offre un pendant positif à celle du couple principal puisque la dissimulation de départ est guidée par de meilleurs sentiments et conduira à des actes bien plus positifs. La brève durée du film évite la lassitude face à ce cadre restreint et de la répétitivité des péripéties (les vas et vient d'un immeuble où d'un étage à l'autre, les phases d'observation et de filature) et au contraire les dynamite constamment lorsqu'on croit la lassitude s'installer (le sort que réserve McMurray à l'auteur du hold-up). Un excellent et plutôt original film noir qui tient en haleine sans réel méchant où criminel à affronter, étonnant. Il est d'ailleurs dommage que Quine n'ait pas donné plus souvent dans le genre policier (sous la parodie L'Inquiétante Dame en Noir est un assez redoutable thriller) mais cette première œuvre commune avec Kim Novak était pleine de promesses largement tenues par la suite.5/6


Un avis qui exprime parfaitement ce que j'ai pensé de ce film.
Je n'avais pour l'instant vu de Quine que les excellents Le Bal des Cinglés et L'inquiétante dame en noir, je passe là une nouvelle étape et je suis complétement enthousiasmé.
Je suis souvent sensible à la manière dont démarre un film, si le début ne me séduit pas, j'aurais bien du mal à raccrocher les wagons. Ici, je suis servi, on peut même dire que Quine réussit une des introductions les plus fascinantes que je connaisse. D'abord ce superbe hold-up muet, dans lequel on rentre sans prologue et qui pourtant est limpide puis la rencontre Novak/McMurray, magnifique séquence, mélange de fausserie et de coup de foudre, au ton étonnamment direct. Le décor est posé, et je suis resté fasciné pour la suite du film, qui construit bien son suspens et ses personnages, tous très attachants.
Quine nous offre là une passionnante variation sur le thème d'Assurance sur la mort, avec des analyses morale et humaine très différentes de celle de Wilder comme l'a noté Profondo. Quine croit en ses personnages et en l'amour, il excuse l'homme de ses faiblesses, même s'il ne les caches pas (le policier alcoolique, ceux qui reluquent les voisines depuis la planque) et nous rend tous ses personnages extrêmement sympathiques.
Tout cela nous offre ce qui me parait être un film noir majeur, parmi les toutes meilleures œuvres du genre. Et va par ailleurs m'inciter à voir ce que j'ai d'autre de ce réalisateur, notamment Les Liaisons Secrètes qui semble avoir fort bonne réputation.