Richard Quine (1920-1989)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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Jeremy Fox
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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Jeremy Fox » 16 avr. 09, 09:41

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Comment tuer votre femme (How to murder your wife) 1964

Jack Lemmon interprète un dessinateur de BD tenant à vivre les aventures de son agent secret de héros pour pouvoir les retranscrire sur ses planches. C'est aussi un célibataire endurci vivant avec son majordome encore plus mysogine que lui puisque c'est ce dernier qui lui donnera l'idée de se débarasser de sa femme. En effet, notre héros s'est marié "sans le faire exprès" alors que, lors d'une soirée fêtant tristement comme il se doit l'enterrement de vie de garçon d'un copain, il était complètement bourré. Au petit matin, il trouve dans son lit avec une alliance au doigt une italienne envahissante ne parlant même pas un mot d'anglais (shocking pour Terry Thomas le majordome qui, rien que pour ça, décide de faire ses valises et d'aller se vendre à un autre homme sans femmes). Une catastrophe pour le dessinateur qui va se croire en enfer, une aubaine pour la femme qui décide de s'accrocher.

Une mise en scène brillante et constamment inventive (même dans son utilisation de la musique, du montage et des effets sonores) pour une comédie d'humour noir particulièrement féroce et totalement jubilatoire dans sa mysoginie de surface (car on sait bien que Richard Quine ne l'est absolument pas, ayant jusqu'à présent superbement mis en valeur ses personnages féminins dans ses plus beaux films, que ce soit Pushover ou Liaisons secrètes). Un véritable jeu de massacre dans lequel les femmes sont toutes agacantes au possible et les hommes tous des mufles et des crétins (drolissime prestation de Eddie Mayehoff, l'avocat de jack Lemmon qui pouffe toutes les 30 secondes, n'en pouvant plus de voir son ami à son tour enfin piégé par une 'femelle' !) qui se termine par une scène de tribunal absolument hilarante qui voit le jury applaudir au 'tueur de femmes' :lol: . Dommage que nous ayons ensuite une séquence finale moralisatrice certainement imposée par les producteurs.

Une comédie assez délirante, superbement interprété avec des seconds rôles caricaturaux au possible (Terry Thomas et Claire Trevor sont eux aussi innénarrables), qui souffre parfois de baisses de rythme mais qui dans l'ensemble reste constamment réjouissante. On peut lui préférer des comédies moins 'méchantes' (ce qui est mon cas, appréciant plus les comédies romantiques du style L'adorable voisine) mais je suis forcé de reconnaître la belle réussite de celle-ci qui est je pense comparable à un film du style Kiss me Stupid de Billy Wilder que je ne vais pas tarder à revoir pour confirmer ou non.

villag
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Messagepar villag » 16 avr. 09, 10:15

Gentleman Jim a écrit :‘L’inquiétant dame en noir’ est un film bancal, un peu comme ‘l’adorable voisine’ qui m’avait également assez déçu.
Richard Quine semble hésiter à ce que cette comédie policière soit orienté du côté de la comédie, il s’intéresse donc un peu trop à l’intrigue qui n’est jamais très captivante et au personnage mystérieux, interprété par Kim Novak.
Heureusement Jack Lemmon est là et son côté comique explose parfois dans des moments assez jubilatoires de pur ‘slapstick’. Lemmon fait preuve encore une fois de son immense talent ; il est irrésistible.
Ce film à la réalisation assez classique et agréable peut faire penser aux comédies de Preston Struges qui navigue parfois entre deux eaux. Mais ici l’alchimie entre la comédie et le sérieux de l’intrigue policière ne prend pas vraiment et au final, c’est l’ennui qui l’a emporté sur le plaisir.
A noter que le film a été tourné en 1.33, format assez inhabituel pour un film de 1962.



Il y a longtemps que je ne l'ai vu; peu de souvenirs, sinon Kim Novak qui ne m'a jamais paru aussi belle que dans ce film; Jack Lemmon bien sur, et aussi, dans un petit rôle, Fred Astaire...;
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Jeremy Fox
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L'adorable voisine

Messagepar Jeremy Fox » 16 avr. 09, 10:21

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L'adorable voisine (Bell, Book and Candle) 1959 : Richar Quine

New York, un soir de Noël. Une ravissante sorcière souhaite secrètement tomber amoureuse, les femmes de son espèce n’étant censées éprouver aucuns sentiments si ce n’est le désir (« Elle est amoureuse ? Horreur ! Mieux aurait valu qu’elle soit morte ! » prononce sa tante, sorcière elle aussi). En l’ensorcelant, elle va mettre le grappin sur son voisin du dessus, un éditeur quinquagénaire sur le point de se marier. Cet amour, au départ peu naturel, perdurera-t-il une fois l’envoûtement terminé ?


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Comédie la plus célèbre de Richard Quine, cinéaste trop méconnu qui eut Blake Edwards comme scénariste pour ses premiers films, cette Adorable voisine passe pour être le film qui a donné naissance à Ma sorcière bien-aimée, série mythique et délicieuse diffusée en France dans les années 70. Elle rentre dans le cadre de ces comédies à caractère fantastique prenant pour héros de gentils sorciers ou fantômes, dont les plus connus sont L’Aventure de Mme Muir de Mankiewicz ou Ma femme est une sorcière de René Clair. Il s’agit ici d’une adaptation d’un succès théâtral de Broadway dont le passage à l’écran devait voir au départ Jennifer Jones interpréter le rôle principal.


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Finalement, c’est le couple James Stewart et Kim Novak qui se reforme la même année que Sueurs froides mais dans un film au registre beaucoup plus léger quoique empreint d’une certaine mélancolie. Richard Quine réalise une nouvelle fois un hymne à la beauté de son actrice fétiche, aidé en cela par la somptueuse garde-robe que lui a créée le costumier Jean-Louis. Divinement habillée, elle rayonne sur toute la durée du film et son talent n’est pas en reste. Mais ses partenaires ne doivent pas être négligés pour autant : James Stewart égal à lui-même pour son dernier rôle dans une comédie, Jack Lemmon (sorcier un peu immature) et Ernie Kovacs (l’écrivain, soit disant spécialiste de la magie), très drôles tous les deux, mais aussi les autres sorcières exubérantes interprétées par les pittoresques Hermione Gingold et Elsa Lanchester.


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Ce film, mené sur un tempo assez nonchalant, baigne dans une ambiance feutrée bien rendue par les décors, la musique jazzy de George Duning et la belle photographie de James Wong Howe. Une assez jolie mise en scène, qui réussit à être vraiment superbe lorsque Quine aère la pièce de théâtre par des échappées à l’extérieur de l’appartement : les scènes de déambulations nocturnes dans les rues enneigées ; ou encore cette scène fabuleuse du premier baiser suivi d’un travelling ascendant, caressant en plan d’ensemble un New-York à l’aube sous la neige, et qui se termine par une vision du couple s’enlaçant en haut d’un building. Et que dire de ce gros plan magnifique sur le visage en larmes de Kim Novak (larmes qu’elle ne pouvait avoir tant qu’elle possédait ses pouvoirs magiques) ? L’un des plans les plus émouvants de l’histoire du cinéma.


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Mais alors, pourquoi cette belle et intelligente réflexion sur la valeur du sentiment amoureux nous laisse-t-elle sur notre faim ? Un peu trop sage peut-être. On l’aurait voulu plus drôle, plus romantique, plus émouvante, plus dynamique, plus rythmée. On aurait souhaité un peu plus de l’élégance de Minnelli, de la vigueur de Hawks et du mordant de Wilder. La déception est d’autant plus grande que l’on sent qu’il aurait suffit d’une étincelle pour transformer ce beau film en un chef-d’œuvre du genre de La Garçonnière par exemple. Il reste quand même assez de belles choses pour y passer un très bon moment et, parmi celles-ci, un numéro musical de Philippe Clay dans la scène de la boîte de nuit.


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Deux ans plus tard, le réalisateur retrouvera Kim Novak pour son chef-d’œuvre méconnu, un film d’une belle sensibilité mais dans un genre totalement inédit pour lui, le drame de mœurs : ce sera le splendide Liaisons secrètes, drame de l’adultère avec pour partenaire masculin Kirk Douglas dans un de ses rôles les plus émouvants. En attendant, cette Adorable voisine considéré par Bertrand Tavernier comme l’un des plus beau film des années 50, n’est pas à négliger ne serait-ce que pour tous les amoureux de la pulpeuse Kim Novak.

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Jean Itard
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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Jean Itard » 16 avr. 09, 11:17

Jeremy Fox a écrit :
Ma Soeur est du tonnerre (My Sister Eileen) de Richard Quine (1955) COLUMBIA

Encore une réussite de Richard Quine qui les a cumulé dans les années 50 que ce soit dans le film noir (Pushover), la comédie (It Happened to Jane) ou le mélodrame (Strangers when we Meet). [Hâte de découvrir tous les autres qui me sont encore inconnus.] Et My Sister Eileen est à son tour une formidable réussite dans le genre qui nous intéresse ici avec toujours un style reconnaissable, "langoureux", élégant et jamais tape à l'oeil, refusant tout spectaculaire : alors qu'avec un tel scénario, Stanley Donen aurait mené son film sur un rythme plus que soutenu, Richard Quine prend son temps et laisse se prolonger chacune de ses scènes sans pour autant jamais nous ennuyer. Nous aurions certes aimer que parfois ça s'accélère mais le film respire tellement la joie de vivre qu'on s'accommode de cette apparente paresse ; comme dans un film de Hawks, on s'attache vite à ce petit groupe de personnage et les péripéties passent alors au second plan. Aux côtés de la délicieuse Janet Leigh, une Betty Garrett qui aura rarement été aussi charmante, un Jack Lemmon absolument parfait (mais qu'on aurait aimé voir plus longtemps à l'écran) et, dans le rôle des deux jeunes gens tournant autour d'Eileen, deux danseurs exceptionnels en la personne de Tommy Rall et Bob Fosse (déjà tous deux dans le chef-d'oeuvre de George Sidney, Kiss me Kate). La chorégraphie de Bob Fosse est d'une grande modernité et toujours aussi dynamique, le tout sur une musique vraiment charmante de Jule Styne et Leo Robin. Les chansons et numéros musicaux sont d'ailleurs fluidement intégrés à l'intrigue et certains sont inoubliables comme le 'duel virtuose' "Competition dance" et surtout 'Give me a band and my baby' qui peut rivaliser sans crainte avec Good Morning ou Be a Clown pour sa gaieté et son entrain. Peut-être pas le chef-d'oeuvre escompté mais pas loin et qui risque de me plaire de plus en plus au fur et à mesure des visionnages car le style de Richard Quine est tellement sobre qu'il s'apprivoise en plusieurs temps.


Voilà, tout à fait d'accord avec ça.
La caméra de Quine est très douce et il n'a pas son pareil dans les moments de tendresse romantique.
Les couleurs sont très soignées, très belles. Et c'est indéniablement une belle réussite du genre.

On y retrouve la charmante Janet Leigh (aussi belle que dans Scaramouche :oops: ) ainsi que Betty Garret, qui est très bien, presque mieux que dans Un jour à New York (lets go to my place avec Sinatra) parce qu'elle chante un peu moins avec le nez.
La musique est bien, même si peu être un peu en deçà des plus grandes réussites du genre. Mais le point fort est probablement l'excellente chorégraphie de Bob Fosse, très originale et qui communique beaucoup de la joie de vivre du film.
Au niveau des chansons, ma préférence ira au romantique There's nothing like love ainsi qu'à la conga finale au cours de laquelle s'improvise une "party" délirante, non sans rapport avec Blake Edwards, co-scénariste du film.

S'il n'y avait ces trop nombreux traits d'humour un peu lourds, on aurait un chef d'œuvre.

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar someone1600 » 16 avr. 09, 11:33

Ca a l'air bien intéressant en tout cas. Faudra que je visionne mon enregistrement TCM. :wink:

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Jean Itard
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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Jean Itard » 16 avr. 09, 11:48

Tu peux y aller... les yeux fermés ! :lol:

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Jeremy Fox
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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Jeremy Fox » 24 avr. 09, 23:25

Tancrède a écrit :
Je ne vais pas tarder à me le prendre avec en complément Deux têtes folles

ça par contre c'est pas terrible terrible.


Effectivement, le film m'a très vite fatigué. Ce n'est pas que le film soit mauvais mais ce genre d'humour me lasse très vite. La mise en scène et les dialogues restent toujours aussi brillants mais je n'accroche pas vraiment non plus à ce rythme endiablé de Screwball Comedy vite épuisant, à cette mauvaise parodie même si faite exprès, à cette mise en abime répétitive. Et puis n'étant pas spécialement fan d'Audrey Hepburn, rien n'a pu me faire raccrocher en cours de route, pas même William Holden. Ah si, Tony Curtis est génial dans le rôle de... l'éternel second rôle fade : la meilleure idée du film à mon avis.

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Steve Austin » 27 avr. 09, 15:43

Je me joins au concert de louanges célébrant ici le magnifique My Sister Eileen. Malgré beaucoup d'attentes, fondées sur l'excellente réputation du film, je n'ai pas été déçu une seconde. J'ai rarement vu un Musical où chansons et danses s'intègrent avec autant de fluidité à l'intrigue. Si les numéros chantés et dansés sont tous délectables, le film fonctionne également fort bien dans les "intervalles" (l'argument du film n'étant en rien un prétexte à enchaîner les sketchs musicaux).
Comme souvent chez Quine, j'ai trouvé le ton moins léger qu'il en a l'air. Ainsi, malgré le rythme souvent enlevé du film et ses numéros euphoriques, le film multiplie les situations inconfortables et montre une belle galerie d'hypocrites plus ou moins sympathiques (le logeur qui survend son appartement inhabitable; les prétendants de la belle Eileen; l'éditeur qui s'intéresse moins aux talents littéraires de Ruth qu'à ses supposés talents de mangeuse d'hommes; Ruth elle-même, qui s'attribue les succès de sa sœur...). J'ai parfois pensé au doux-amer Beau Fixe sur New York de Kelly et Donen, qui tranchait lui aussi avec l'optimisme coutumier de la comédie musicale pour proposer une vision plus amère des rapports humains. Le petit miracle du film, c'est de rester constamment plaisant bien qu'il repose essentiellement sur la gène, l'inconfort et la peur de l'échec (qu'il soit sentimental ou professionnel). Bref, j'ai trouvé le film non seulement divertissant mais aussi passionnant. Une magnifique découverte.
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films naphtas - Mai 2009

Messagepar Profondo Rosso » 23 mai 09, 22:18

L'adorable voisine de Richard Quine (1958)

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Gillian Holroyd est une jeune et belle sorcière qui tient un magasin d'art africain, à Greenwich Village, quartier de la bohème new-yorkaise. L'étrange pouvoir qui lui permet de faire et defaire à sa guise les choses de la vie ne l'empêche pas d'être bien seule en cette veille de Noël. Elle sait que le jour où elle tombera amoureuse, son pouvoir magique disparaitra. C'est alors que le séduisant éditeur Shep Henderson, et locataire du troisième étage, frappe à sa porte, son téléphone étant malencontreusement tombé en panne...

Très sympathique comédie qui apporte un renouvellement bienvenu à la screwball comedy en la confrontant au surnaturel. On a donc une Kim Novak en sorcière lasse de ne fréquenter que ces congénère et souhaiterait une existence plus normale. Tombé sous le charme de James Stewart, elle ne pourra s'empêcher de l'ensorceler pour qu'il tombe dans ces bras, ce dernier devant se marier le lendemain. Tout le film questionne donc l'artificialité ou pas de ces sentiments, tout en décrivant l'inconscient éveil au sentiments de Kim Novak et jouant avec humour de son aspect fantastique. Il est forts probable que les producteurs de la série "Ma sorcière bien aimée" aient vu ce film tant on en retrouve certains éléments ici avec l'univers des sorcières bariolé et fantaisiste, les personnages loufoques (la tante) et l'antagonisme avec la belle famille dont un génial Jack Lemmon en frère de Kim Novak. Les moments de comédies sont irrésistibles avec un James Stewart en grande forme dont un séquence mémorable où il va voir une vieille sorcière en campagne pour se faire exorciser d'un sortilège. L'aspect surnaturel est plutôt porté par une Kim Novak parfaite, totalement glaciale et mystérieuse au départ et qui par quelques nuances subtiles devient peu à peu plus humaines que sorcière. Richard Quine (Il faut vraiment que j'en vois d'autres de lui déjà "Strangers When We Meet" vu une belle découverte) offre une réalisation aussi alerte dans la comédie qu'envoûtante dans le fantastique (traité avec humour mais jamais par dessus la jambe) avec une séquence d'ensorcèlement totalement hypnotique avec un jeu de regard entre Nova, Stewart et un chat assez bluffant. Quelques petites longueurs par si par là mais rien de bien méchant, et la conclusion est très belle. Kima Novak et James Stewart ont décidément une vraie alchimie ensemble. 4,5/6

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar someone1600 » 25 mai 09, 07:00

J'aime beaucoup ce film moi aussi. La séquence ou Kim Novak se rend compte qu'elle a perdu ses pouvoirs est magnifique... ce visage avec les larmes.... :oops:

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Cathy » 7 juin 09, 11:53

Sex and Single Girl - Une vierge sur canapé (1964)

Une psychanalyste écrit un roman sur les célibataires et les hommes, un journaliste veut prouver que cette jeune femme n'y connaît rien et n'est sans doute qu'une vierge un peu refoulée. Il se fait passer pour son voisin marié depuis dix ans, vendeur de bas, mais dont la femme soupçonne une infidélité chronique.

On a connu Richard Quine plus inspiré. Certes le film va à cent à l'heure, mais il n'évite pas l'humour lourdingue, et certaines longueurs, comme cette grande course poursuite finale qui même si elle est parfois drôle est trop longue, notamment tout ce qui tourne autour du motard de la police. Par moment, on a plus l'impression de théâtre filmé, et le surjeu de Natalie Wood n'arrange pas les choses dans certaines scènes. Tony Curtis par contre est totalement à l'aise dans ce rôle, où on le compare, clin d'oeil à l'appui à Jack Lemmon. Le film fonctionne surtout grâce aux grands seconds rôles que nous offre le couple formé par Lauren Bacall et Henry Fonda, elle piquante, tonique, lui plus dans la retenue, mais toujours efficace. Mel Ferrer complète le casting et fait étalage de son cynisme tout à fait réjouissant. Un film donc un peu bancal qui surfe sur la libération des moeurs de l'époque, mais manque parfois de finesse.
Dernière édition par Cathy le 7 juin 09, 13:24, édité 1 fois.

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Jean Itard » 7 juin 09, 12:45

Sympathique mais parfois un peu lourd !
Tout à fait d'accord avec toi, y compris concernant Nathalie Wood qui m'avait habitué à mieux.

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Re: Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Cathy » 7 juin 09, 13:25

Je dois dire que c'est d'ailleurs le surjeu de Natalie Wood qui m'a sans doute le plus gênée, je ne me souvenais pas qu'elle était fausse comme cela à certains moments. Par contre, elle est vraiment très belle :) !

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Re: Notez les films naphtas - juillet 2009

Messagepar Miss Nobody » 27 juil. 09, 21:47

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Ma soeur est du tonnerre (Richard Quine)

My sister Eileen est à l'origine une série de nouvelles autobiographiques publiées dans Le New Yorker dont une pièce de théâtre ne tarde pas à naître quelques années plus tard. En 1942, sa première adaptation cinématographique, avec Rosalind Russell et Janet Blair, est un succès et, bientôt, une comédie musicale reprenant l'histoire d'Eileen voit le jour sur les planches de Broadway. C'est alors qu'un remake musical est mis en chantier à la Columbia. Cependant, compte tenu de son prix élevé, le studio refuse de payer les droits de la prestigieuse partition de Léonard Bernstein parolée par Betty Comden et Adolph Green: le film sera alors mis en musique par Jule Styne et Léo Robin, deux artistes de moindre renommée (bien qu'à l'origine de la célèbre bande originale des hommes préfèrent les blondes) qui nous offrent malgré tout une série de chansons fort sympathiques.

My sister Eileen est une des rares comédies musicales mettant en vedette Betty Garrett, une excellente actrice dont le potentiel comique est ici magnifiquement exploité. Définitivement attendrissante dans le rôle de Ruth, elle ne peine pas à faire de l'ombre à sa partenaire Janet Leigh, pourtant irrésistible en belle ingénue. Elle forme par ailleurs un couple assez surprenant avec Jack Lemmon, cabotin mais charmant, qui pousse la chansonnette avec une voix de crooner que l'on ne lui connaissait pas.
L'intrigue du film est assez légère mais il en coule une certaine mélancolie mêlée de tendresse qui me l'a rendue particulièrement émouvante. Si l'histoire en tant que telle n'est pas très vraisemblable, la galerie de personnages qui la compose est très intéressante, car pourvue de multiples facettes où peuvent se refléter la « vraie vie ».
Une des grandes forces du film réside également dans l'étonnante fluidité avec laquelle les numéros musicaux sont intégrés dans l'ensemble. Mis en scène de manière sobre et appliquée, ils mettent très bien en valeur les chorégraphies du jeune Bob Fosse, tantôt dynamiques, tantôt délicates, mais toujours pleines de charme. Parmi les plus spectaculaires, on retiendra particulièrement l'impressionnant duel entre les deux prétendants d'Eileen (incarnés par deux danseurs exceptionnels, Tommy Rall et Bob Fosse lui-même) ainsi que l'excellent Give me a band and my baby dans le kiosque à musique. Enfin, il sera difficile d'oublier un numéro final totalement euphorique et surréaliste, où une armée de marins lubriques dansent une conga enflammée, qui préfigure assez bien les loufoqueries d'un Blake Edwards que l'on n'est pas surpris de retrouver au générique.

8/10

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francesco
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Re: Notez les films naphtalinés - août 2009

Messagepar francesco » 14 août 09, 21:40

J'aurais bien classé ce post sur My Sister Eileen (Ma soeur est capricieuse, 1942) dans le topic que j'ai ouvert sur les remakes, mais je n'ai pas vu Ma Soeur est du tonnerre, célèbre deuxième mouture de ce premier film, lui-même adaptation d'une pièce de Broadway, tiré d'un recueil d'histoires publiées dans un journal.
Le scénario est d'ailleurs hautement autoréférenciel puisqu'il raconte justement comment à partir de ses propres expériences la jeune Ruth va écrire ce qui va devenir 'My Sister Eileen." Le spectateur la voit donc rédiger ses histoires dans les mêmes temps que ses propres aventures lui arrivent.
Peut-on parler de Screwball comedy (le film fait partie du coffret "Icons of .....", sans stf, mais avec des sta) ? Les dialogues ne fusent pas avec la mécanique délirante habituelle, mais le climax du film (une rumba endiablée qui se termine dans la rue et .... en prison) flirte bien avec le registre dont la Colombia s'était fait une spécialité.
Moins structurée, moins parfaitement mis en place que d'autres fleurons du genre Ma soeur est capricieuse bénéficie d'une narration absolument charmante, et si la plupart des personnages secondaires sont des marionnettes, Eileen et surtout Ruth sont délicieusement caractérisées par le scénario. On comprend qu'on ait pu en faire une comédie musicale, ce qui aurait été beaucoup plus complexe avec L'Impossible Monsieur Bébé ou La Dame du Vendredi où tout est action et commentaires de l'action, quand le film d'Alexandre Hall prend le temps de respirer et laisse même quelques temps de silence.
Janet Blair est charmante et évite de faire d'Eileen un portrait charge, mais c'est Rosalind Russell qui séduit avant tout le spectateur (alors que dans le film c'est précisément l'inverse). Après ses succès dans Femmes et La Dame du Vendredi on lui offre un film dans lequel l'attention est focalisée sur elle (alors que dans Femmes elle volait les scènes à ses partenaires !) et où ses partenaires masculins seront très en retrait (ce qui n'était certe pas le cas de Cary Grant dans le Hawks). Elle répond parfaitement aux attentes qu'on a placé en elle (et sera nommée, pour la première fois, aux oscars d'ailleurs en récompense) : sans exploiter le registre frénétique et épuisant qui caractérise certaines de ses plus célèbres créations, elle est désarmante de naturel dans la clownerie. Pendant tout le film ses réactions visuelles et vocales (parfois volontairement grossies et souvent très drôles) semblent être l'expression normale d'une jeune femme dotée de beaucoup d'humour et d'un sens très aigu de l'auto-dérision. En conséquence l'humanité, le côté "girl next dor", de son personnage est parfaitement campé et on s'attache très vite à ce qu'elle ressent et fait. Cette technique n'est pas sans rappeler celle d'Eve Arden, mais Russell n'hésite pas à profiter de l'élasticité de son visage pour pousser plus loin les mimiques. Un très joli numéro dans tous les cas et un de ses plus beaux rôles.

PS : Elle le reprendra d'ailleurs à la scène dans Wonderful Town, une comédie musicale qui n'a pas inspiré la version Donen, laquelle est purement un remake du premier film pour lequel une musique et une chorégraphie originale ont été conçues.
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