Richard Quine (1920-1989)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Geoffrey Firmin
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Richard Quine (1920-1989)

Messagepar Geoffrey Firmin » 30 mars 05, 21:54

It happened to Jane
Encore une bonne comédie signée Richard Quine, Doris Day dirige un modeste élevage de homard(rien que ça, ça me fait marrer :lol: ) et s'attaque avec son avocat Jack Lemmon à Ernie Kovacs(excellent) cynique propiétaire d'un compagnie de chemin de fer sans scrupule responsable de la mort de plusieurs centaines de homards à Doris.
C'est tres drole , tres enlevé et jamais stupide.
Le dvd columbia est une fois de plus juste passable mais dispose de sous titres français.

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Judyline
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Messagepar Judyline » 16 oct. 06, 14:53

joe-ernst a écrit :L'adorable voisine (Bell Book and Candle, 1958), de Richard Quine : quelles erreurs de casting ! Tout d'abord Kim Novak pour incarner l'héroïne. Elle est aussi glamour et attirante qu'une sorcière un soir de sabbat. James Stewart est trop vieux pour le rôle du héros. On ne sent aucune alchimie (un comble !) entre les deux interprètes. Et quel gâchis que d'avoir ainsi sous-exploité le potentiel "magique" d'Elsa Lanchester et d'Hermione Gingold, qui n'ont vraiment pas grand chose à faire. Quant à Jack Lemmon, il roule des yeux, joue du tam-tam et fait de la lumière bleue, c'est dire... 5/10


Faudrait que je le revois, mais je ne me souviens pas d'avoir eu un si mauvais souvenir de ce film. C'est vrai que Jack Lemmon à un rôle plus que superflu et que Stewart est peut-être un peu vieux (quoique... ) Par contre, pour ce qui est de Kim Novak, je l'avais trouvé assez ensorcelante pour jouer les sorcières!
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Sex and the Single Girl (Une vierge sur canapé)

Messagepar Alligator » 1 nov. 06, 19:40

Sex and the Single Girl (Une vierge sur canapé) - Richard Quine - 1964 - 7/10

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Surprise! Bonne comédie, dopée à coups de quelques malins gags et percutantes idées de situations ou de mise en scène. Surtout le rythme est soutenu avec intelligence et maîtrise.
Les comédiens sont excellents. Le quinté gagnant dans l'ordre : Curtis, Wood, Bacall, Fonda père et Ferrer! A ces grands jeux d'acteurs, les femmes portent haut leur classe et leur talent. C'est pour moi une découverte de voir Bacall et Wood aussi alertes et vives, maîtrisant la vélocité du ton comique avec assurance. Gros plaisir.
Par contre, le film dépasse la ligne jaune, la double ligne jaune sur la fin, avec une course poursuite en voiture qui tourne au n'importe quoi avec le motard mais également par sa longueur vite lassante. Dommage parce que jusque là l'équilibre entre comédie et romance était bien ancré par un scénario peut-être ordinaire dans sa trame principale mais qui en fait parait être un immense prétexte squelette pour les joutes physiquo-verbiales des deux couples.
Comédie classieuse, piquante, nerveuse.

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Cathy
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Messagepar Cathy » 29 avr. 07, 22:41

It happened to Jane de Richard Quine

Comédie sans prétention, et sans réelle drôlerie. Doris Day est comme d'habitude une forte femme, éleveuse de Homards qui se bat cette fois-ci contre le chef puissant d'un réseau de voie ferré. Le film est certes agréable, mais on ne rit quasiment jamais, si Jack Lemmon arrache un ou deux sourires notamment avec Sam, c'est plus une charge de l'autorité qu'une réelle comédie. Bref le film se passe agréablement, mais reste décevant !

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Messagepar Gentleman Jim » 29 juin 07, 14:22

‘L’inquiétant dame en noir’ est un film bancal, un peu comme ‘l’adorable voisine’ qui m’avait également assez déçu.
Richard Quine semble hésiter à ce que cette comédie policière soit orienté du côté de la comédie, il s’intéresse donc un peu trop à l’intrigue qui n’est jamais très captivante et au personnage mystérieux, interprété par Kim Novak.
Heureusement Jack Lemmon est là et son côté comique explose parfois dans des moments assez jubilatoires de pur ‘slapstick’. Lemmon fait preuve encore une fois de son immense talent ; il est irrésistible.
Ce film à la réalisation assez classique et agréable peut faire penser aux comédies de Preston Struges qui navigue parfois entre deux eaux. Mais ici l’alchimie entre la comédie et le sérieux de l’intrigue policière ne prend pas vraiment et au final, c’est l’ennui qui l’a emporté sur le plaisir.
A noter que le film a été tourné en 1.33, format assez inhabituel pour un film de 1962.
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Jeremy Fox
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Messagepar Jeremy Fox » 29 juin 07, 15:00

Liaisons secrètes (Strangers when we Meet) - 1960


Larry Coe (Kirk Douglas) est architecte dans une banlieue aisée de Los Angeles ; le nouveau chantier qu’il vient d’accepter est la conception de la villa d’un écrivain à succès, Roger Altar (Ernie Kovacs), un homme à femmes imbu de sa personne mais désormais un peu blasé. Larry vit avec son épouse Eve (Barbara Rush) et ses deux jeunes garçons. Tout semble aller pour le mieux mais lorsqu’en emmenant son fils prendre le bus scolaire il croise le regard de Maggie (Kim Novak), il a le coup de foudre. Cette dernière est également mariée mais avec un homme qu’elle n’a jamais vraiment aimé (John Bryant), tout cela dans le but de fuir au plus vite ses parents, trouvant sa mère un peu trop délurée à son goût. Larry s’ennuie un peu de sa routine quotidienne alors que Maggie est sexuellement frustrée, son mari étant non seulement très puritain mais aussi également peu porté sur la chose. Larry et Maggie vont tomber dans les bras l’un de l’autre et causer beaucoup de tristesse chez leurs proches…

En ce jeudi 06 février 2020, alors que nous apprenons le décès d’un des derniers géants du Hollywood de l’époque des ‘grands studios’, l’envie me prend pour rendre hommage à Kirk Douglas de ressortir le DVD du film dans lequel il me bouleverse le plus, à savoir celui qui nous concerne ici, le chef d’œuvre du réalisateur Richard Quine. C’est dans Liaisons secrètes que nous trouvons la fameuse séquence au cours de laquelle Kirk Douglas explique à Kim Novak comment il procède pour se raser à l’endroit de sa célèbre fossette sous le menton ; le film n’est quasiment plus connu que pour cette scène certes charmante mais anecdotique, alors qu’il mérite tellement mieux : de carrément sortir de l’oubli, même si dans les années 80 il eut les honneurs du Prime Time un dimanche soir sur TF1 !!! Il s’agissait d’ailleurs d’une période faste pour le cinéaste aux alentours de ce changement de décennie 50/60 puisqu’il signa successivement trois grandes réussites dont ce sublime Liaisons secrètes qui est à mon humble avis sur la thématique de l’adultère le plus beau de l’histoire du cinéma - et d’ailleurs également l’un des plus beaux films tout court -, immensément poignant grâce avant tout à l’inoubliable couple illégitime composé par Kirk Douglas et Kim Novak qui vous fera à coup sûr verser quelques larmes d’émotion, et ce jusqu’au sublime final. Juste avant, Quine signait It Happened to Jane, une savoureuse comédie sociale ‘à la Capra’ qui elle-même faisait suite à la comédie fantastique qui inspira probablement la savoureuse série Bewitched (Ma sorcière bien-aimée) - d’autant plus certain que Richard Quine fut coréalisateur et coproducteur à la fin des années 40 avec William Asher, qui non seulement initia la série mais devint l’époux d’Elizabeth ‘Samantha’ Montgomery -, à savoir L’Adorable voisine (Bell, Book and Candles) avec déjà Kim Novak en ravissante sorcière tombant amoureuse de James Stewart.

Ernie Kovacs - dont je ne cesserais de tarir d’éloges sur le potentiel comique trop mal exploité tout au long de sa carrière -, troisième larron de cette élégante comédie, sera à nouveau de l’aventure It Happened to Jane aux côtés d’un couple tout aussi crédible et attachant, Doris Day et Jack Lemmon, ainsi donc que dans ce bouleversant Strangers when we Meet où il incarne le célèbre écrivain qui donne l’occasion à l’architecte de se lancer dans la construction d’une maison pour laquelle il pourra enfin exprimer toute sa créativité et non plus seulement travailler pour de l’argent. Kovacs était alors l’un des acteurs fétiches du cinéaste, les deux hommes ayant tourné ensemble à pas moins de six reprises. Rapide focus également sur Richard Quine, cinéaste encore bien trop méconnu en France - injustement éclipsé à mon avis par son collaborateur et grand ami Blake Edwards, sans que le talent de ce dernier ne soit de ma part remis en question -, qui commença sa carrière à Broadway en tant qu'acteur à l'âge de onze ans avant d’être en 1941 le partenaire du duo Mickey Rooney / Judy Garland dans la comédie familiale et musicale Débuts à Broadway (Babes on Broadway) de Busby Berkeley. Passé derrière la caméra, il réalisera avec autant de réussite aussi bien des films noirs - Du Plomb pour l’inspecteur (Pushover) - que des comédies musicales - Ma Sœur est du tonnerre - My Sister Eileen – de pures comédies ou des mélodrames. Durant les années 60, il se consacrera dans le domaine du cinéma presque exclusivement à la comédie - Deux têtes folles (Paris When it Sizzles) avec William Holden et Audrey Hepburn, Comment tuer votre femme (How to Murder Your Wife) avec Jack Lemmon et Virna Lisi...- et travaillera par ailleurs beaucoup pour la petite lucarne pour laquelle il signera notamment trois épisodes de Columbo. Revenu sur les plateaux de cinéma à la fin des années 70 avec une nouvelle version du Prisonnier de Zenda, dont le double rôle était joué par Peter Sellers, il se suicidera dix ans après.

Revenons-en maintenant à Liaisons secrètes, un mélodrame qui pourrait être le plus harmonieux mélange qu’il nous ait été donné de voir entre ceux de Douglas Sirk et ceux de Vincente Minnelli, sans l’emphase extatique du premier (surtout dans ses films en Technicolor et sans que ce ne soit péjoratif de ma part), sans l’élégante méticulosité du second, sans la recherche de perfection plastique des deux cinéastes mais sans que ces différences d’approche ne posent problème, la sobriété de la réalisation de Richard Quine ne pouvant aucunement être prise pour de l’indolence mais devant être appréciée au contraire pour son extrême délicatesse de touche et de ton. D’ailleurs pour prouver qu’il pouvait parfois être ‘voyant’, il ne se gênera pas à plusieurs reprises pour placer ses personnages de telle sorte que les cadrages obtenus donnent une impression de grande modernité – à l’instar de la séquence en question -, voire celui assez étonnant de la bouche de Kim Novak de profil en premier plan avec le visage de Kirk Douglas se détachant en second plan alors que la femme narre à son amant une précédente liaison tout à fait culottée pour l’époque, Maggie ayant couché avec un inconnu de passage. A signaler que le scénario est signé par l’écrivain Evan Hunter – plus connu aujourd’hui sous le nom de Ed McBain - qui trois ans plus tard écrira celui tout aussi génial des Oiseaux d’Hitchcock et qui avait été précédemment adapté par Richard Brooks en 1955 avec son superbe et puissant Blackboard Jungle (Graine de violence). Bertrand Tavernier disait du film en préambule à son entretien avec le réalisateur dans son passionnant pavé ‘Amis américains’ : "Liaisons secrètes se révèle une œuvre prémonitoire dans sa description du malaise existentiel, de l’anomie dans les banlieues aisées, qui engendrera tant de films dans les années 70. Le propos est toujours aussi captivant, la mise en scène toujours aussi élégante et l’on remarque davantage à quel point la plupart des personnages sont névrosés."

Et puis parce que parfois les cinéastes sont les mieux placés pour nous parler de leurs intentions et que Richard Quine était d’une grande lucidité, qui mieux que lui pour nous décrire son film, ce qu’il faisait dans ce même ouvrage de Bertrand Tavernier : "l’American Dream est un conte de fées dangereux et puéril qu’il faut démystifier, et qui donna au cinéma américain ce côté ‘la justice et l’amour doivent triompher’ que je n’aime pas. … Dans mon film Kirk Douglas était l’American Hero. Il était riche, marié à une jolie femme, avait tout ce qu’il désirait… sauf le bonheur. Quant au rôle de Kim Novak, il est le plus triste exemple de cette moralité américaine. Kim, dans le film, fait partie de ces jeunes femmes qui, par éducation, sont incapables d’accepter leur beauté et de regarder la réalité honnêtement. Mariées trop tôt, par peur des hommes, elles vivent lamentablement et ne dépassent pas un certain niveau mental, jusqu’à ce qu’elles rencontrent le véritable amour, preuve flagrante de leur échec. Et elles se sentent coupables de leur beauté, d’où un effroyable climat de puritanisme. C’est une de ces femmes que j’ai voulu peindre avec le plus de tendresse possible. … L’American Way of Life serait merveilleuse si les gens se conduisaient en adultes. Pour cela, il faut se débarrasser de la notion de faute, qui conduit au mensonge, à la perversité, à la dissimulation." Et effectivement, au travers la description de cet adultère, Quine ne nous livre pas seulement une poignante histoire d’amour mais également une critique aussi lucide qu’acerbe sur l’American Way of Life et l’institution du mariage, ainsi enfin qu’une œuvre assez culottée pour l’époque quant à sa manière d’aborder le sexe.

Pour bien comprendre cette modernité de point de vue, connaissez-vous beaucoup de films en ce début des années 60 au cours desquels une jeune femme se ‘plaint’ à sa voisine de ce qu'elle commence à fatiguer du fait que son époux ne pense qu’à la lutiner, où une mère pousse sa fille à l’adultère estimant que l’amour est plus important que l'effort de stabilité d’un mariage malheureux, où un homme dit à la femme pour qui il vient juste d’avoir le coup de foudre qu’il ne rêve que de lui faire l’amour, où une femme frustrée sexuellement chauffe son mari afin qu’il aille la rejoindre au lit ou encore narre à son amant sa première expérience adultérine avec un inconnu de passage ? Tout ceci sans aucune lourdeur mais toujours avec acuité, intelligence et une extrême délicatesse ! Et lorsque au cours d’une scène assez tétanisante, Felix (Walter Matthau) qui, concevant une certaine jalousie à l’égard de son ami Larry au vu de la relation qu’il a deviné avec la sublime Maggie, tente de violer la femme de ce dernier, le spectateur est abasourdi par le fait que ce soit un voisin respectable et affable qui en vienne à de telles extrémités, mufle et violent par frustration sexuelle. Car dans ce film, point de manichéisme ni de caricature de quelques côtés que l’on se place ; l’épouse de Larry n’est pas une mégère mais une femme non seulement ravissante mais également aimante et intelligente qui pense aider son mari en poussant son ambition, ne voyant pas que ce n’est pas ce qu’il recherche ; la maîtresse est d’un abord froid et lorsqu’elle apparait sans fards pas spécialement plus attirante que l’épouse ; le mari de Kim Novak est certes d'une excessive pudibonderie mais pas mal aimable pour autant ; l’écrivain est peut-être imbu de sa personne mais également extrêmement fragile et remplie d’humanité (voire les séquences de dialogues au cours desquelles il se retrouve seul avec Larry et où ils parlent de la vie et de ses difficultés, de leurs situations respectives) ; et enfin Larry, tous comme les autres, est un personnage dépeint avec une formidable richesse d’écriture, avec ses qualités et conscient de ses défauts.

La direction d’acteurs étant irréprochable, outre Kirk Douglas qui aura rarement été aussi sobre et aussi juste, Kim Novak aura quant à elle rarement été aussi émouvante, se permettant même d’apparaitre sans fards lors de séquences se déroulant à l’hôpital. Walter Matthau s'avère très crédible en parfaite petite ordure de province mais notons surtout dans le rôle de l’épouse de Kirk Douglas l’interprétation remarquable de Barbara Rush - Le Météore de la Nuit (It Come from Outer Space) de Nathan Juran, Le Secret Magnifique (Magnificent Obsession) ou Capitaine Mystère (Captain Lightfoot) de Douglas Sirk, Derrière le Miroir (Bigger Than Life) de Nicholas Ray… - qui nous gratifiera d’une séquence bouleversante vers la fin du film après que son personnage ait appris que son mari l’a trompé, tentant de minimiser la situation pour garder son époux à qui elle fait une déchirante déclaration d'amour. Quant à la poignante dernière séquence - le thème de George Duning y est aussi pour quelque chose -, je défie quiconque de ne pas verser une larme à l’instar de nos deux amants qui avant leur séparation définitive savourent avec délectation l’ironie de la situation lorsque le chef de chantier les prend pour un couple marié. Pour narrer cette histoire d’amour, Richard Quine a apporté beaucoup de soin dans l’utilisation des décors – intérieurs et extérieurs – ainsi que dans celle de la couleur, le rouge ayant rarement été aussi fort pour nous faire pénétrer dans les tourments amoureux des deux époux infidèles notamment lors de la scène nocturne du restaurant en bord de mer. Les images du couple sur la plage sont également splendides tout comme le dialogue qui les accompagne, Larry et Maggie se posant des questions sur leurs époux respectifs, sans aucune animosité à leur encontre mais au contraire avec une immense tendresse.

Sans artifices ni effets, une chronique toute en délicatesse, une peinture des sentiments d’une étonnante justesse et un mélodrame d’une sobriété exemplaire dans lequel une petite banlieue est décrite avec réalisme, lucidité et acuité tout autant que ses habitants, où l’on aborde sans pudeur certains sujets encore tabous à l’époque comme le sexe, le désir et l’adultère, le tout avec sensibilité, finesse et tendresse pour presque tous les protagonistes. Un petit miracle de tact, de charme, de grâce et d’élégance qui vous trottera surement longuement dans la tête ; nous n’oublierons pas de sitôt les doux mouvements de caméra finaux ainsi que les visages défaits de nos deux amants dont la passion aura été trop vite contrariée. L’hypocrisie que cache l’American Way of Life vole ici en éclats pour nous dévoiler un quotidien fait de conformisme bon teint et monotone, de puritanisme, de rancœurs nauséabondes, d’ambitions ratées, de solitude, de frustrations sexuelles et d’ennui que seul l’adultère peut faire oublier tout en apportant une sorte de nouvelle liberté. Le tout, sans aucun moralisme ; il fallait le faire ! Une histoire d’amour poignante, une grandiose et audacieuse réussite !

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Fatalitas
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Messagepar Fatalitas » 29 juin 07, 15:03

Jeremy Fox a écrit :
Gentleman Jim a écrit :‘L’inquiétant dame en noir’ est un film bancal, un peu comme ‘l’adorable voisine’ qui m’avait également assez déçu.
Richard Quine semble hésiter à ce que cette comédie policière soit orienté du côté de la comédie, il s’intéresse donc un peu trop à l’intrigue qui n’est jamais très captivante et au personnage mystérieux, interprété par Kim Novak.
.


Immense fan de Quine, ca fait des années que je cherche à le voir. Tu l'as vu sur quel support ?


perso, je l'ai vu au cinema il y a deux mois, il etait ressorti en copies neuves il y a quelques mois à Paris, donc je pense qu'il l'a vu aussi en salles :wink:
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Jeremy Fox
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Messagepar Jeremy Fox » 29 juin 07, 15:05

Fatalitas a écrit :
perso, je l'ai vu au cinema il y a deux mois, il etait ressorti en copies neuves il y a quelques mois à Paris, donc je pense qu'il l'a vu aussi en salles :wink:


Merci. J'adorerais un DVD ainsi que de son chef-d'oeuvre du film noir romantique dans lequel Kim Novak n'a jamais été aussi belle : Pushover

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Messagepar Gentleman Jim » 29 juin 07, 15:13

Jeremy Fox a écrit :
Gentleman Jim a écrit :‘L’inquiétant dame en noir’
.


Immense fan de Quine, ca fait des années que je cherche à le voir. Tu l'as vu sur quel support ?


Comme l'a indiqué Fatalitas, c'est effectivement au cinéma qu'il est actuellement programmé (à Nantes avec également 'L'adorable voisine').
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Messagepar Profondo Rosso » 2 févr. 08, 02:31

Strangers when we meet de Richard Quine (1960)


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Une histoire d'amour et d'adultère classique mais totalement transcendée par l'interprétation magnifique et la justesse des situations. D'un côté Kirk Douglas architecte brillant enfermé dans un train de vie conformiste et de l'autre Kim Novak femme frustrée et solitaire délaissée par un mari trop terre à terre. Belle histoire d'amour matiné d'une description peu reluisante des banlieues pavillonaire ricaines proprette mais pleine de rancoeur et de frustrations notamment lorsque le voisins à la bonhomie rassurante incarné par Walter Mathau se montre sous son vrai jour lors d'une scène glaçante. On peut d'ailleurs constater que la dimension sexuelle est bien plus appuyée niveau dialogues et situation que les mélo 50's notamment ce moment où Kim Novak chauffe littéralement son mari incapable de réagir. Magnifique Kim Novak en personnage glacial et fuyant dont la distance et les refus sont autant d'appels du pied inconscient et Kirk Douglas (un peu trop carré pour un monsieur tout le monde il sortait de Spartacus il faut croire) tout aussi juste. Il manque juste cette petite emphase picturale (à la Douglas Sirk) ou émotionnelle (comme la fin de "Brève rencontre de David Lean) pour hisser le film au niveau des classiques du mélo Hollywoodien malgré une bouleversante et sobre dernière scène. 5/6

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Re: Notez les films de mars 2008

Messagepar Miss Nobody » 2 mars 08, 20:33

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Deux têtes folles
Dans cette double mise en abyme intelligente et tout fait réjouissante, Audrey Hepburn, charmante pour ne pas changer, forme avec William Holden un joli couple qui maîtrise fort bien l’art du badinage, entre romantisme hollywoodien et espièglerie frenchy. Le film souffre apparemment de la comparaison avec l’original de Duvivier (que je n’ai pas vu) mais à mon avis, les deux films, sans doute très différents, méritent qu’on les dissocie pour mieux les apprécier. Si la version de Richard Quine ne fleure certes pas le chef d’œuvre, il n’en fait pas moins passer un moment très plaisant. En outre, il contient une jolie ribambelle de références aux précédents films d’Audrey Hepburn (notamment « Breakfast at Tiffany ») assez amusantes à déceler et des réflexions pleines d’ironie, entre hommage et critique, sur l’industrie cinématographique américaine, un peu paralysée par son conservatisme à l’heure de la nouvelle vague française (qui en prend aussi pour son grade, ici). Au final, « Deux têtes folles » est un film bien moins pauvre que l’affirme sa réputation, simplement un petit plaisir, frais et sympathique comme tout, qui se laisse apprécier sans peine.

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Re: Les comédies musicales

Messagepar Tom Peeping » 9 mars 08, 16:30

My Sister Eileen (Richard Quine, 1955)

Bof, bof, bof... Le charisme et l'énergie des acteurs relève le niveau (Jack Lemmon est malheureusement sous-exploité) mais les scénario est poussif et l'origine théâtrale n'est pas transcendée par la mise en scène paresseuse de Quine. Deux numéros sont excellents : le morceau dansé par Bob Fosse et Tommy Rall et celui dans le kiosque à musique sur un air de jazz-band. Je me suis fermement ennuyé du début à la fin et j'ai été exaspéré par les gags basés sur le comique de répétition (la poignée de porte qui reste dans les mains, le percement du métro...), une des grandes faiblesses de Blake Edwards scénariste. Un musical mineur qui permet cependant de revoir des actrices et des acteurs formidables dans leur jeunesse du milieu des années 50.
Dernière édition par Tom Peeping le 10 mars 08, 08:54, édité 1 fois.
... and Barbara Stanwyck feels the same way !

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Cathy
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Re: Notez les films du mois - août 2008

Messagepar Cathy » 19 août 08, 12:11

Liaisons secrètes - Strangers when we meet - Richard Quine (1960)

La liaison adultère entre un architecte et une jeune femme mère de famille.

Ce film est à la fois agréable et désagréable, voire malsain. Richard Quine ne dépeint pas une liaison idéale bien au contraire , la femme campée par Kim Novak est ambigue, certes elle aime son amant, mais il reste toujours ce doute sur le fait qu'elle ait peut être été violée, ou sur le fait qu'elle ne soit qu'une coureuse d'hommes qui cherche ailleurs le plaisir que son mari ne lui donne pas. Kirk Douglas est un parfait macho, la manière dont il veut quasiment tout de suite coucher avec la jeune femme avant certes lui aussi d'aimer cette femme. Certes c'est un homme filmé sans complaisance dans toute sa lâcheté
Spoiler (cliquez pour afficher)
et qui préfèrera naturellement rester avec sa femme que d'aller avec la femme qu'il pense aimer
. Je dois avouer avoir donc trouvé cela quelque peu malsain, curieusement ce couple n'est aucunement attachant, mais quelque part cette liaison est admirablement contée, Richard Quine joue du physique ambigu de Kim Novak comme Alfred Hitchcock le fait dans Vertigo pour lui faire jouer ce personnage trouble. Le seul moment où elle est touchante est sans doute quand elle est souffrante, alitée. Kirk Douglas est tout aussi parfait dans le rôle de cet architecte qui cherche le bonheur dans son travail et dans sa vie affective, tout en étant pas forcément aussi séduisant qu'il pourrait l'être. Ernie Kovacs et Walter Mathau complètent le portrait de ces hommes pas très intéressants, le premier en écrivain imbu de sa personne et le second en salaud accompli, tâche qu'ils remplissent parfaitement bien. Barbara Rush montre elle aussi un visage par forcément plaisant de la femme délaissée. Bref curieusement un sujet malsain non de par ce qu'il évoque mais de la manière dont il est conté, mais une mise en scène efficace, qui fait qu'on est quand même sous l'emprise de ce couple qui se laisse tenter.

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Re: Notez les films du mois - août 2008

Messagepar monfilm » 25 août 08, 03:25

Cathy a écrit :Liaisons secrètes - Strangers when we meet - Richard Quine (1960)

La liaison adultère entre un architecte et une jeune femme mère de famille.

Ce film est à la fois agréable et désagréable, voire malsain. Richard Quine ne dépeint pas une liaison idéale bien au contraire , la femme campée par Kim Novak est ambigue, certes elle aime son amant, mais il reste toujours ce doute sur le fait qu'elle ait peut être été violée, ou sur le fait qu'elle ne soit qu'une coureuse d'hommes qui cherche ailleurs le plaisir que son mari ne lui donne pas. Kirk Douglas est un parfait macho, la manière dont il veut quasiment tout de suite coucher avec la jeune femme avant certes lui aussi d'aimer cette femme. Certes c'est un homme filmé sans complaisance dans toute sa lâcheté
Spoiler (cliquez pour afficher)
et qui préfèrera naturellement rester avec sa femme que d'aller avec la femme qu'il pense aimer
. Je dois avouer avoir donc trouvé cela quelque peu malsain, curieusement ce couple n'est aucunement attachant, mais quelque part cette liaison est admirablement contée, Richard Quine joue du physique ambigu de Kim Novak comme Alfred Hitchcock le fait dans Vertigo pour lui faire jouer ce personnage trouble. Le seul moment où elle est touchante est sans doute quand elle est souffrante, alitée. Kirk Douglas est tout aussi parfait dans le rôle de cet architecte qui cherche le bonheur dans son travail et dans sa vie affective, tout en étant pas forcément aussi séduisant qu'il pourrait l'être. Ernie Kovacs et Walter Mathau complètent le portrait de ces hommes pas très intéressants, le premier en écrivain imbu de sa personne et le second en salaud accompli, tâche qu'ils remplissent parfaitement bien. Barbara Rush montre elle aussi un visage par forcément plaisant de la femme délaissée. Bref curieusement un sujet malsain non de par ce qu'il évoque mais de la manière dont il est conté, mais une mise en scène efficace, qui fait qu'on est quand même sous l'emprise de ce couple qui se laisse tenter.



Spoiler (cliquez pour afficher)
L'homme n'est pas forcément le plus dégonflé ou lâche dans cette histoire. Il fait une proposition à peine voilée à Kim Novak pour partir ensembles à Hawaï. Elle lui fait bien comprendre qu'elle ne veut pas aller plus loin.


J'ai aimé ce film pour les raisons qui t'ont paru malsaines. Peut-être parce que je suis un homme, peut-être aussi parce que, je l'avoue, j'ai connu ce genre de relation. De ce fait le récit reste très juste et intemporel car il ose (pour l'époque) taper là ou ça fait mal des deux cotés. Kim Novak est irrésistible par son maniement du chaud et du froid jusqu'à ce que Kirk Douglas parvienne enfin à briser la glace. La scène du 1er abandon à la sortie du bar représente parfaitement ce 1er baiser tant convoité. Un film qui m'a remué pour des raisons que tu considéreras surement malsaines, mais l'homme souvent est ainsi fait :wink:
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Tout le reste est dérisoire.

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Cathy
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Re: Notez les films du mois - août 2008

Messagepar Cathy » 25 août 08, 09:08

monfilm a écrit :J'ai aimé ce film pour les raisons qui t'ont paru malsaines. Peut-être parce que je suis un homme, peut-être aussi parce que, je l'avoue, j'ai connu ce genre de relation. De ce fait le récit reste très juste et intemporel car il ose (pour l'époque) taper là ou ça fait mal des deux cotés. Kim Novak est irrésistible par son maniement du chaud et du froid jusqu'à ce que Kirk Douglas parvienne enfin à briser la glace. La scène du 1er abandon à la sortie du bar représente parfaitement ce 1er baiser tant convoité. Un film qui m'a remué pour des raisons que tu considéreras surement malsaines, mais l'homme souvent est ainsi fait :wink:



Bienvenue monfilm :) !

J'ai l'impression que ce film plaît aux hommes, car toutes les superbes critiques que j'avais lues de liaisons secrètes émanaient d'homme. J'ai justement pensé que c'était une vision d'homme de l'adultère et non une vision de femme. J'ai aimé le film, mais je n'ai pas aimé le couple qui ne m'a pas séduite.

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Elle partirait peut-être avec lui, quand elle l'entend d'abord au téléphone et puis qu'elle le revoit à la maison, on la sent prête à le suivre beaucoup plus loin. Elle semble très digne finalement dans son abandon. Ce que je n'ai pas apprécié, c'est le traitement de Kim Novak qui passe un peu pour une fille "facile".