La Fièvre dans le sang (Elia Kazan - 1961)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Holly Golightly
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Messagepar Holly Golightly » 2 oct. 05, 13:33

La Fièvre dans le sang de Elia Kazan.

Ca doit faire la dixième fois que je revois ce film, et pourtant j'ai toujours autant de mal à en parler. Il est si beau, si proche de moi, il me touche tellement, si profondément, si intimement... Presque chaque scène me déchire le coeur, me remue les tripes, et même après plus de dix visions, je pleure toujours autant. C'est le plus beau film du monde, et mon Dieu, Natalie toute de blanc vêtue, et sa voix en off qui égrène les superbes vers de Wordsworth sur son visage troublé et mélancolique, mon Dieu que c'est beau. Sa sublime interprétation autant que sa beauté si vulnérable me bouleversent... Peu d'oeuvres ont un tel impact sur moi, me parlent autant.

Though nothing can bring back the hour
Of splendour in the grass, of glory in the flower,
We will grieve not, rather find
Strength in what remains behind.
- Seriez-vous lâche. Je connais vos griffes puissantes. Accrochez-les dans la vie. Défendez-vous! Effrayez la mort.
- Belle, si j'étais un homme, sans doute je ferais les choses que vous me dites. Mais les pauvres bêtes qui veulent prouver leur amour ne savent que se coucher par terre et mourir.

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Roy Neary
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Messagepar Roy Neary » 3 oct. 05, 14:23

Holly Golightly a écrit :La Fièvre dans le sang de Elia Kazan.

Ca doit faire la dixième fois que je revois ce film, et pourtant j'ai toujours autant de mal à en parler. Il est si beau, si proche de moi, il me touche tellement, si profondément, si intimement... Presque chaque scène me déchire le coeur, me remue les tripes, et même après plus de dix visions, je pleure toujours autant. C'est le plus beau film du monde, et mon Dieu, Natalie toute de blanc vêtue, et sa voix en off qui égrène les superbes vers de Wordsworth sur son visage troublé et mélancolique, mon Dieu que c'est beau. Sa sublime interprétation autant que sa beauté si vulnérable me bouleversent... Peu d'oeuvres ont un tel impact sur moi, me parlent autant.

Joli message. J'aime bien ce que tu écris sur ce film. Je ressens quasiment la même chose. J'ai une réelle empathie pour les deux personnages, surtout celui de Natalie Wood. Je souffre autant qu'elle, et j'ai du mal à retenir mes larmes à chaque fois que je regarde ce film.

Voilà ce que j'en disais dans un conseil TV :

La Fièvre dans le sang / Splendor in the Grass (Elia Kazan)
Une petite ville du Kansas, fin des années 1920. La belle et sensible Deanie aime passionnément le beau Bud dont la peur inspiré par son père, industriel riche et puissant, le freine dans ses élans. Leur amour est vite rendu impossible par les contraintes sociales et familiales. Deanie est sur le point de sombrer dans la folie alors que Bud se plie aux volontés de son père. Le Krach de 1929 approche… Personnage controversé, Elia Kazan tourna régulièrement des films prêtant volontiers le flanc à la polémique. Artiste torturé, il légua bon nombre de grandes œuvres faisant la part belle à des personnages en proie aux souffrances psychologiques les plus violentes et criant leur douleur à la face du monde. La Fièvre dans le sang est un mélodrame flamboyant dont l’exacerbation des sentiments découle de la frustration sexuelle et finit par atteindre la névrose. De même, ce film charnière marque l’aboutissement de ces productions traitant des interrogations existentielles des adolescents en quête d’amour libre et de liberté, et victimes de l’oppression sociale et parentale, anticipant ainsi les bouleversements sociaux à venir dans les années 60. Les thèmes développés sont intemporels même si l’action se déroule pendant la Grande Dépression, cette dernière composante historique renforçant même l’intensité de cet amour destructeur. Cette œuvre puissante révéla le jeune Warren Beatty qui fit forte impression pour son premier rôle au cinéma. Sa partenaire n’est autre que la belle Natalie Wood (prolongeant presque son rôle de La Fureur de vivre), elle livre ici une performance déchirante et d’une grande intensité psychologique
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Jack Griffin
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Messagepar Jack Griffin » 3 oct. 05, 15:07

La fièvre dans le sang est mon kazan préféré 8)

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Messagepar Holly Golightly » 3 oct. 05, 15:48

Roy Neary a écrit :Joli message. J'aime bien ce que tu écris sur ce film.

Merci, c'est très gentil. Je trouve très difficile de parler d'un film qui me bouleverse autant et qui signifie tant de choses pour moi. Et ton texte est très juste, vraiment très bien :wink:

Je ressens quasiment la même chose. J'ai une réelle empathie pour les deux personnages, surtout celui de Natalie Wood. Je souffre autant qu'elle, et j'ai du mal à retenir mes larmes à chaque fois que je regarde ce film.

Moi aussi je me sens en empathie avec eux, mais aussi avec le personnage - magnifique et déchirant - de Ginny (Barbara Loden). Mais si le film est si puissant, je pense, c'est aussi parce qu'aucun de ces personnages n'est caricatural ni manichéen, tous nous touchent de près ou de loin. Par exemple, si je me sens très proche du personnage de Warren Beatty (la pression des espoirs parentaux...), je dois aussi avouer qu'au cours de cette dernière vision du film, les personnages des parents (même celui assez odieux de la mère de Deanie) sont entrés en résonnance avec certaines de mes angoisses (est-ce que l'on peut vraiment être de bons parents ? etc).
Quant aux larmes, je ne cherche plus à les retenir... :wink:

Nestor Almendros a écrit :Découvert lors du cinéclub de France 2 il y a bien 10 ans maintenant, j'avais été estomaqué, j'ai eu du mal à m'en remettre (ça a pris quelques jours). Peu de films m'ont autant fait d'effet. Donc de peur d'être déçu en le revoyant, je ne l'ai jamais revu.

Je l'ai découvert aussi par le cinéclub de France 2, il y a 10 ans ! Et il m'a fallu aussi une bonne semaine avant de m'en remettre. Mais contrairement à toi, je l'ai revu (très souvent), et je n'ai JAMAIS été déçue. Au contraire, à chaque fois, le film me transperce encore plus, il est toujours plus proche de moi. C'est un film extraordinaire, revois-le, je suis sûre que tu ne le regretteras pas !

Jack Griffin a écrit :La fièvre dans le sang est mon kazan préféré 8)

Que de personnes de goût sur ce forum ! 8) :wink:
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-Kaonashi Yupa-
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Messagepar -Kaonashi Yupa- » 3 oct. 05, 15:54

Jack Griffin a écrit :La fièvre dans le sang est mon kazan préféré 8)

À moi aussi : depuis samedi, il a dépassé une bonne fois pour toute L'Arrangement. 8)

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Holly Golightly
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Messagepar Holly Golightly » 3 oct. 05, 15:59

-Kaonashi Yupa- a écrit :
Jack Griffin a écrit :La fièvre dans le sang est mon kazan préféré 8)

À moi aussi : depuis samedi, il a dépassé une bonne fois pour toute L'Arrangement. 8)

J'ai du mal à me décider pour ma part. Mais je crois que le côté "vibrant", "passion étincelante et tragique", "fougue et exaltation" de La Fièvre dans le Sang fait la différence. Mais d'une toute petite tête quand même.
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Jack Griffin
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Messagepar Jack Griffin » 3 oct. 05, 22:15

-Kaonashi Yupa- a écrit :
Jack Griffin a écrit :La fièvre dans le sang est mon kazan préféré 8)

À moi aussi : depuis samedi, il a dépassé une bonne fois pour toute L'Arrangement. 8)

Je crois ne pas beaucoup aimé L'arrangement (trop confus, il m'ennuie à certains moments)...De toute façon, je n'ai pas une relation très logique avec les films de Kazan. Autant je peux rejeter completement East of eden pour sa lourdeur et sa demonstration d'actor's studio autant elle se transforme pour moi en quelque chose de splendide dans Un tramway nommé désir , par exemple. Le côté excessif et exalté du cinéaste a pu donner des choses superbes ou au contraire trop pesante, tapageuse. Et je n'arrive pas à bien déterminer ce détail qui fait que j'accroche plus à l'un qu'à l'autre.
Dans Baby Doll, ça crie beaucoup mais y'a tout de même au détour de certaines scènes des moments d'émotions innatendus qui me fascine totalement.

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Sybille
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Messagepar Sybille » 3 déc. 06, 00:57

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Splendour in the grass / La fièvre dans le sang
Elia Kazan (1961) :

Réellement impressionnant, un film dont il est difficile de se détacher. Kazan développe l'histoire du point de vue de ses jeunes héros, de Wilma Dean en particulier, une raison pour laquelle les jeunes peuvent sans doute être facilement ému, si ce n'est s'y reconnaître. Même les parents et autres adultes, bien que souvent ridiculisés, sont finalement considérés avec acuité et intelligence ( par exemple, la fin où Mrs Loomis tente de se faire pardonner sa conduite pour retomber aussitôt dans ses travers me semble particulièrement bien analysé, de même que le comportement du père, qui réussit enfin à faire preuve d'un peu plus de présence).
Tout est subtil : l'étude des personnages est soignée, avec un scénario qui prend le temps de les présenter, de raconter leur histoire. La scène qui donne son titre original au film, lorsque Deannie lit puis donne son interprétation du poème "Splendour in the grass" de Wordsworth, est très puissante émotionnellement : c'est calme, presque silencieux (en tout cas la scène impose le silence chez le spectateur) et l'héroïne y exprime une douleur muette et insoutenable : un passage absolument déchirant, un des meilleurs de tout le film.
Les acteurs sont tous excellents, mais Natalie Wood est extraordinaire : juste, précise, elle donne une grande force à son personnage. J'ai aussi trouvé la musique très belle, un peu mélancolique, tout en restant discrète.
Un film décidément exemplaire, d'une richesse incroyable. 10/10 (déjà un excellent candidat pour le film du mois)

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Deckard
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Messagepar Deckard » 3 déc. 06, 10:07

Sybille a écrit :Image

Splendour in the grass / La fièvre dans le sang
Elia Kazan (1961) :

Réellement impressionnant, un film dont il est difficile de se détacher. Kazan développe l'histoire du point de vue de ses jeunes héros, de Wilma Dean en particulier, une raison pour laquelle les jeunes peuvent sans doute être facilement ému, si ce n'est s'y reconnaître. Même les parents et autres adultes, bien que souvent ridiculisés, sont finalement considérés avec acuité et intelligence ( par exemple, la fin où Mrs Loomis tente de se faire pardonner sa conduite pour retomber aussitôt dans ses travers me semble particulièrement bien analysé, de même que le comportement du père, qui réussit enfin à faire preuve d'un peu plus de présence).
Tout est subtil : l'étude des personnages est soignée, avec un scénario qui prend le temps de les présenter, de raconter leur histoire. La scène qui donne son titre original au film, lorsque Deannie lit puis donne son interprétation du poème "Splendour in the grass" de Wordsworth, est très puissante émotionnellement : c'est calme, presque silencieux (en tout cas la scène impose le silence chez le spectateur) et l'héroïne y exprime une douleur muette et insoutenable : un passage absolument déchirant, un des meilleurs de tout le film.
Les acteurs sont tous excellents, mais Natalie Wood est extraordinaire : juste, précise, elle donne une grande force à son personnage. J'ai aussi trouvé la musique très belle, un peu mélancolique, tout en restant discrète.
Un film décidément exemplaire, d'une richesse incroyable. 10/10 (déjà un excellent candidat pour le film du mois)

Oh oui Nathalie!

Je l'adore aussi!

La fièvre moi aussi...
J'ai traversé le temps pour toi, Sarah Connor.

Ma liste de films

http://www.malistedefilms.com/liste_fil ... do=Deckard

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Profondo Rosso
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Messagepar Profondo Rosso » 3 déc. 06, 20:28

Sybille a écrit :Image

Splendour in the grass / La fièvre dans le sang
Elia Kazan (1961) :

Réellement impressionnant, un film dont il est difficile de se détacher. Kazan développe l'histoire du point de vue de ses jeunes héros, de Wilma Dean en particulier, une raison pour laquelle les jeunes peuvent sans doute être facilement ému, si ce n'est s'y reconnaître. Même les parents et autres adultes, bien que souvent ridiculisés, sont finalement considérés avec acuité et intelligence ( par exemple, la fin où Mrs Loomis tente de se faire pardonner sa conduite pour retomber aussitôt dans ses travers me semble particulièrement bien analysé, de même que le comportement du père, qui réussit enfin à faire preuve d'un peu plus de présence).
Tout est subtil : l'étude des personnages est soignée, avec un scénario qui prend le temps de les présenter, de raconter leur histoire. La scène qui donne son titre original au film, lorsque Deannie lit puis donne son interprétation du poème "Splendour in the grass" de Wordsworth, est très puissante émotionnellement : c'est calme, presque silencieux (en tout cas la scène impose le silence chez le spectateur) et l'héroïne y exprime une douleur muette et insoutenable : un passage absolument déchirant, un des meilleurs de tout le film.
Les acteurs sont tous excellents, mais Natalie Wood est extraordinaire : juste, précise, elle donne une grande force à son personnage. J'ai aussi trouvé la musique très belle, un peu mélancolique, tout en restant discrète.
Un film décidément exemplaire, d'une richesse incroyable. 10/10 (déjà un excellent candidat pour le film du mois)

nettement moins convaincu que toi sur ce film vu au mac mahon aujourd'hui dans une belle copie.

Frustration sexuelle adolescente, moralité envahissante, peur du quand dira t on dans les petites villes, adultes impuissant : plein de thèmes interessant et fort et le film est baigné d'une sensualité et d'une tension sexuelle assez poussée pour l'époque. Un des gros problème ceux sont les acteurs. Warren Beatty (dans son 1er role) est particulièrement fade et transparent (meme si c'est un peu le rôle qui veux ça) et il y a quelques moment de cabotinage "actor's studio" assez embarassant : Natalie Wood (excellente jusque là) qui craque nerveusement en classe, dans son bain puis qui cherche à se dévergonder est vraiment agaçante en hysterique. Sans parler du personnage de la soeur de warren Beatty qui en fait des tonnes en fille rebelle jusqu'à en perdre toute crédibilité. De plus la derniere partie du film où suit parallèlement Beatty à l'université et Wood à l'asile est assez longuette. Heureusement le film est un peu sauvé par la très belle scene de retrouvaille entre les deux ex amoureux à la fin, très emouvante et bien vue avec la reprise finale du poème de Woodsworth. 3/6

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Ballin Mundson
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Messagepar Ballin Mundson » 4 déc. 06, 10:58

Profondo Rosso a écrit :
Sybille a écrit :Image

Splendour in the grass / La fièvre dans le sang
Elia Kazan (1961)

nettement moins convaincu que toi sur ce film vu au mac mahon aujourd'hui dans une belle copie.

Frustration sexuelle adolescente, moralité envahissante, peur du quand dira t on dans les petites villes, adultes impuissant : plein de thèmes interessant et fort et le film est baigné d'une sensualité et d'une tention sexuelle assez poussée pour l'époque. Un des gros problème ceux sont les acteurs. Warren Beatty (dans son 1er role) est particulièrement fade et transparent (meme si c'est un peu le rôle qui veux ça) et il y a quelques moment de cabotinage "actor's studio" assez embarassant : Natalie Wood (excellente jusque là) qui craque nerveusement en classe, dans son bain puis qui cherche à se dévergonder est vraiment agaçante en hysterique. Sans parler du personnage de la soeur de warren Beatty qui en fait des tonnes en fille rebelle jusqu'à en perdre toute crédibilité. De plus la derniere partie du film où suit parallèlement Beatty à l'université et Wood à l'asile est assez longuette. Heureusement le film est un peu sauvé par la très belle scene de retrouvaille entre les deux ex amoureux à la fin, très emouvante et bien vue avec la reprise finale du poème de Woodsworth. 3/6

Je suis assez d'accord avec toi. Malgré des moments émouvants, ce film m'a toujours semblé plombé par une interprétation très bancale et pas très subtile comme le personnage de soeur délurée, à la limite de la parodie
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cinephage
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Messagepar cinephage » 4 déc. 06, 17:03

Profondo Rosso a écrit : Re : La fièvre dans le sang, d'Elia Kazan
nettement moins convaincu que toi sur ce film vu au mac mahon aujourd'hui dans une belle copie.
Un des gros problème ceux sont les acteurs. Warren Beatty (dans son 1er role) est particulièrement fade et transparent (meme si c'est un peu le rôle qui veux ça) et il y a quelques moment de cabotinage "actor's studio" assez embarassant : Natalie Wood (excellente jusque là) qui craque nerveusement en classe, dans son bain puis qui cherche à se dévergonder est vraiment agaçante en hysterique. Sans parler du personnage de la soeur de warren Beatty qui en fait des tonnes en fille rebelle jusqu'à en perdre toute crédibilité.

Ce n'est pas la première fois que je trouve ce type de réaction face à un film de Kazan, le jeu des comédiens étant interprêté comme "en faisant trop"... Il y a donc une part de vérité la-dessous...
Pour ma part, pourtant, je fais partie des convaincus par cette interprétation. Nathalie Wood me bouleverse par l'intensité de son jeu, et la façon avec laquelle les comédiens de ce film s'abandonnent devant la caméra me stupéfie.
Enfin, j'imagine qu'on peut aussi rester de marbre devant ce déchainement d'émotions, si l'on n'y croit pas...
Je donne en tout cas, moi aussi, 10 sur 10 à ce film magnifique.
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Major Dundee
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Messagepar Major Dundee » 10 déc. 06, 22:34

cinephage a écrit :Ce n'est pas la première fois que je trouve ce type de réaction face à un film de Kazan, le jeu des comédiens étant interprêté comme "en faisant trop"... Il y a donc une part de vérité la-dessous...
Pour ma part, pourtant, je fais partie des convaincus par cette interprétation. Nathalie Wood me bouleverse par l'intensité de son jeu, et la façon avec laquelle les comédiens de ce film s'abandonnent devant la caméra me stupéfie.
Enfin, j'imagine qu'on peut aussi rester de marbre devant ce déchainement d'émotions, si l'on n'y croit pas...
Je donne en tout cas, moi aussi, 10 sur 10 à ce film magnifique.

Merci Cinephage pour ta défense des comédiens de ce film que j'irais même jusqu'à noter 11 sur 10 tellement il me touche. Comme pas mal de Kazan d'ailleurs. :wink:

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Boubakar
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La Fièvre dans le sang (Elia Kazan - 1961)

Messagepar Boubakar » 17 nov. 08, 00:47

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En 1929, dans une petite ville du Kansas, Bud, fils d'un riche propriétaire, et Deanie, fille d'un petit actionnaire, s'aiment passionnément et songent à se marier. Mais les préjugés sont trop forts, et leurs parents s'opposent à cette union...

Continuant lentement mais sûrement ma lente découverte de la filmographie d'Elia Kazan, je suis tombé sur cette perle.
Car il faut dire qu'il est très réussi, rien que par le sujet, et ses conséquences qui vont en découler. Dans la période du film (auquel le krach boursier aura son importance dans l'histoire), il surprend par son sujet anti-conventionnel et la dualité qui déchire les parents, garants d'un certain classicisme (les parents de Deanie lui demandent sans arrêt de choisir un "bon" mari, si elle est encore vierge...) contre l'envie de modernisme des jeunes (le couple de Bud et Deanie en est l'exemple frappant).
Le sexe a également une place non négligeable dans l'histoire, car, du fait de la morale-bienséante, Deanie ne peut pas coucher avec Bud, malgré les avances insistantes de ce dernier, et que celle-ci se refuse à un autre garçon, comme on peut le voir un peu plus tard dans le film...
Le sujet du film concerne aussi la transition de l'âge adolescent à l'adulte, avec Deanie, qui est "obéissante", pour s'émanciper de plus en plus dans l'histoire, une fois passé un certain moment dans le film.

Je dois dire que le film m'a bluffé, car il prend une direction différente de celle à laquelle on pourrait s'attendre,
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à savoir que Bud et Deanie se remettant ensemble
, mais il prend un pente descendante, pour aboutir à
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une fin certes "positive" (où chacun va se marier de son coté, plusieurs années après s'être séparés), mais il où reste un petit quelque-chose dans leurs regards. Cette dernière partie dans la ferme touche au sublime...

Par contre, au niveau de l'interprétation, j'y ai quelques réserves ; on dirait que l'on voit le jeu de Natalie Wood et Warren Beatty s'améliorer au fur et à mesure du film, car au début, c'est assez consternant (comme quand Bud fait semblant d'ordonner à Deanie qu'elle fasse ce qu'il veut), le pire étant du côté de la jeune femme, qui en fait parfois des tonnes (le pire étant la crise qu'elle pique dans la baignoire, en discutant avec sa mère, celle-ci lui demandant si elle est encore vierge, et sa fille se mettant à hurler que non, sortant nue et courant de partout dans la maison qu'elle est encore prude), ça fait très "actor's studio". Mais plus l'histoire avance, plus ça devient bien, avec une sensibilité dans leur jeu qui les rend poignants.
Et il faut dire que Natalie Wood est magnifique, je l'ai rarement vue aussi belle que dans ce film-là, même quand elle se coupe les cheveux.
Dommage que le titre français soit stupide, la version originale étant un extrait d'un poème de William Wordsworth, qui est lu à un moment donné.

Ce (petit) bémol, concernant l'interprétation, n'empêche pas d'apprécier un des meilleurs films de Kazan que j'ai vus.

Droudrou
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Re: La fièvre dans le sang (Elia Kazan, 1961)

Messagepar Droudrou » 17 nov. 08, 09:58

Boubakar a écrit :... ça fait très actor's studio". Mais plus l'histoire avance, plus ça devient bien, avec une sensibilité dans leur jeu qui les rend poignants.
Et il faut dire que Natalie Wood est magnifique, je l'ai rarement vue aussi belle que dans ce film-là, même quand elle se coupe les cheveux.
Dommage que le titre français soit stupide, la version originale étant un extrait d'un poème de William Wordsworth, qui est lu à un moment donné.
Ce (petit) bémol, concernant l'interprétation, n'empêche pas d'apprécier un des meilleurs films de Kazan que j'ai vus.

Disons que j'avais 17/18 ans quand j'ai vu ce film... Aujourd'hui, j'avoue 64 ans ce qui fait donc un bail... 46 ans mais ma mémoire fonctionne toujours bien...
C'est un film superbe qui s'intègre dans un ensemble de réalisations qui, à l'époque de sa sortie, concernent un sujet similaire où les jeunes loups d'Hollywood trouvent leur place dans les génériques au côté des anciens. C'est l'époque James Dean avec son empreinte très nette face à une population américaine jeune qui cherche un modèle tandis que des gens comme Kazan, Nicolas Ray, Robert Muligan et bien d'autres tiennent la vedette. Hollywood bouge très fort sur ses sujets et les règles de la censure commencent à être sérieusement bousculées.
Je suis tout à fait d'accord avec Boubakar : je préfère de très très loin le titre original Splendor in the grass à ce titre assez juste, néanmoins, La fièvre dans le sang.
Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un film qu'il faut absolument découvrir et revoir ses interprêtes alors qu'ils sont jeunes et que la regrettée Nathalie Wood n'a pas encore disparu.
Et puisque j'évoque Nathalie Wood, il y a un excellent film dont elle partage la vedette avec Steve McQueen et puis il va y avoir ce magnifique West Side Story qui date de cette même époque et sur un sujet très contemporain, lui aussi !
Merci à Boubakar pour avoir créé le fil avec ce grand film de Kazan.
John Wayne : "la plus grande histoire jamais contée" - It was true ! This man was really the son of God !...