Michelangelo Antonioni (1912-2007)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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joe-ernst
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Michelangelo Antonioni (1912-2007)

Messagepar joe-ernst » 3 nov. 07, 10:20

Comme il n'y a pas de topic dédié spécifiquement à l'oeuvre du maître, je me permets d'en ouvrir un.

Cependant, certains films ont déjà leur topic (merci à Abronsius d'en avoir fait le recensement). Les voici donc par ordre alphabétique :

L'avventura viewtopic.php?t=23914&highlight=antonioni ainsi que viewtopic.php?t=11400&highlight=antonioni

Blow Up viewtopic.php?t=6288&highlight=antonioni

Le désert rouge viewtopic.php?t=21746&highlight=antonioni

Eros viewtopic.php?t=12028&highlight=antonioni

Profession Reporter viewtopic.php?t=2396&highlight=antonioni

Zabriskie Point viewtopic.php?t=11607&highlight=antonioni

+

Antonioni, Monica Vitti: pour un cinéma moderne

viewtopic.php?t=20512&highlight=antonioni

Addio Michelangelo Antonioni viewtopic.php?t=25700&highlight=antonioni

*******************************************************

Les vaincus (I Vinti, 1953)

Ce film, composé de trois sketches se passant l'un en France, l'un en Italie et le dernier en Angleterre, traite de la délinquance juvénile dans la petite bourgeoisie.

Dans le premier, de jeunes gens veulent tuer un de leurs camarades pour lui voler son argent.

Dans le second, un jeune homme fait de la contrebande mais la confrontation avec les douaniers finira mal.

Dans le dernier, un jeune écrivain essaie de "vendre" le crime qu'il a découvert et qu'il a en fait lui-même commis.

Le fait qu'il s'agit de sketches ne sert malheureusement pas un propos assez confus, ne sachant trop si Antonioni est à quelque part fasciné par le côté gratuit des actes commis par ces jeunes gens de familles sans histoires ou s'il les condamne. Quelques beaux plans ne sauvent pas non plus le film d'un certain ennui.
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Messagepar Abronsius » 3 nov. 07, 10:40

Comme il y a de nombreux films d'Antonioni un peu partout sur le site, et que tu sembles intéressé par ce réalisateur,ne pourrait-tu pas aller chercher ces films en mettant les liens dans ton premier post ? Ainsi les forumeurs pourraient donner leurs avis sur un film directement dans le lien en question ou poster les commentaires plus généraux dans ton sujet plus global ...c'est juste une suggestion, pour que les infos soient plus lisibles dans leur globalité...


J'ai regardé un peu sur le site, voici ce que j'ai trouvé, tu peux réorganiser tout ça et l'inscrire dans ton premier post, c'est plus pratique...
Du coup il faut juste mettre à jour quand un forumeur veut faire un nouveau sujet sur ou autour d'Antonioni...


Eros http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... =antonioni

Profession Reporter http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... =antonioni

L'avventura http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... =antonioni ainsi que http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... =antonioni

Blow Up http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... =antonioni

Le désert rouge http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... =antonioni

Zabriskie Point http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... =antonioni

Antonioni, monica vitti: pour un cinéma moderne http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... =antonioni

Addio Michelangelo Antonioni http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... =antonioni

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Messagepar joe-ernst » 6 nov. 07, 10:20

La dame sans camélias (La Signora senza camelie, 1953).

Avec ce portrait du jeune actrice montante mais dont la carrière va connaître un sérieux coup de frein à cause des hommes, Antonioni se montre très critique vis-à-vis du machisme de ces hommes pour qui les femmes sont avant tout des êtres soumis à leurs caprices. Par un humour tantôt drôle, tantôt cruel, et que l'on ne retrouve guère dans ses autres films, il parvient à rendre d'autant plus attachante l'histoire de son héroïne, merveilleusement interprétée par Lucia Bosè, complètement sous la coupe des gens qui l'entourent et la manipulent. Antonioni profite aussi de règler avec une grande liberté de ton quelques comptes avec l'industrie du cinéma et la critique, aussi promptes à fabriquer et à encenser qu'à détruire.

Si la première partie du film passe à une allure assez soutenue, la seconde partie souffre d'un manque d'un rythme à la limite de l'ennui.

On retrouve au niveau de l'atmosphère ce qui est une des caractéristiques de l'oeuvre d'Antonioni, à savoir ces paysages au ciel bas et au sol souvent traître, cailloux ou boue, comme une métaphore de l'existence de ses héros.
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Messagepar Anorya » 6 nov. 07, 22:34

Tiens j'avais pas vu ce topic....Je vais y recopier ce que j'ai mis sur les autres films d'Antonioni... :wink: :)



Blow-up

(visionnage du 15 oct 2006)

Vu à l'instant. Beau film même si je lui reproche des plans certes justifiés (surtout après ce que Sergius, David locke et moviemax ont très bien dit) mais qui auraient tendance à parfois prendre un peu trop de place, comme si Antonioni qui fait si bien de montrer la lente déchéance d'un héros dans une époque fuyant le réel en rajoutait parfois de trop. De nombreuses séquences magnifiques pour moi notamment l'agrandissement des photos et bien sûr la scène finale des mimes...

[spoiler]Où notre photographe est tellement déconnecté qu'il arrive à entendre le bruit des raquettes et de la balle (et nous de même). Comme dit plus haut, il suffit d'y croire... :shock: [/spoiler]

Bizarrement la V.F du dvd zone 2 a une espèce de souffle et on a beau monter le son, la musique de Hancock est limite inexistante. En bonus pourtant, on a l'intégralité de la B.O, dans un stéréo parfait là où la V.F fait peine à entendre. Bref merci Warner de se payer une fois de plus notre tronche.... :x

[spoiler]Warner, quand c'est pas les commentaires audio non sous-titrés ou les boîtes en cartons, grrrrblm.... :? :cry: [/spoiler]
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Messagepar Anorya » 7 nov. 07, 13:06

Profession reporter

(re-visionnage d'août 2007)

Anorya a écrit :Image

Nominé pour la palme d'or à Cannes en 1975, Profession Reporter reste surtout célèbre pour son plan séquence final virtuose de 7 minutes mais il ne faudrait pas réduire le film à seulement ça. Car Antonioni, refusant les conventions du genre s'empare d'un sujet (un homme se fait passer pour un autre) pour le traiter sur le chemin du vérisme et David Locke étant reporter, le film adopte une esthétique documentaire réaliste proche du reportage sur le terrain (technique déjà employée en partie sur Zabriskie Point en 1970 pendant la scène des manifestations etudiantes au début du film) : Comme dans la réalité on n'entend guère de musique si ce n'est celle provenant du lieu (une vague flûte dans le désert et c'est tout pendant les 2 heures du film je crois !) et la caméra semble "flotter" comme dans un reportage, comme tenu constamment à l'épaule du réalisateur, celui-ci s'autorisant de nombreuses "déviations" de l'image.

[spoiler]
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[/spoiler]

Des déviations où Antonioni semble laisser de côté ses personnages pour admirer et donner à voir au spectateur les lieux alentours... ainsi la caméra s'attache à suivre un fil électrique (tout comme dans "le desert rouge" on "suivait" le "regard" de Corrado sur une ligne perpendiculaire), ou observer le désert où David Locke embourbe sa voiture (cf spoiler en image au dessus), ne se souciant guère de ce qui lui arrive.

Celà occasionne pour moi des fulgurances inouïes d'une rare beauté (la scène du flashback avec le magnétophone qui tourne comme on l'a mentionné a plusieurs reprises dans ce topic, Nicholson dans le téléphérique planant au dessus de la mer, Maria Schneider dans la voiture, regardant la route qui défile en arrière), un véritable esprit contemplatif dans le récit.

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Ce que la caméra nous montre, c'est le regard tout puissant du réalisateur sur la vision d'un homme déjà mort. Car Locke est dès le départ un mort en sursis : ayant pris l'apparence d'un mort (Robertson, lui ressemblant étrangement) et s'être fait lui-même passer pour mort (ce qui le débarasse croit-il de sa femme...), que reste il au final ? Un mort + un autre mort ne peuvent que déboucher sur une troisième mort, l'itinéraire de Locke tournant à vide depuis le début qu'il prit cette identité. De plus, au fil du temps, les rapports du journaliste avec la jeune étudiante se modifient pour n'être plus qu'artificiels et vains (comme si on essayait de parler avec un mort).

David Locke en plus de ne pas comprendre cette identité ne comprends pas plus la trajectoire qu'il a pris : les lieux de rendez-vous de Robertson semblent alors désertés momentanément mais le jeu est faussé dès le départ et croyant pouvoir changer de vie en endossant une autre identité, Locke s'enfoncera toujours plus à travers le néant. Ne comprenant déjà pas les autres peuples qu'il filme et interview (la scène où la caméra se retourne sur le reporter surpris d'être interrogé par celui qu'il devait filmer est révélatrice du personnage comme il a été remarqué plus tôt sur le topic, oui), il comprendra encore moins le monde qui entoure. Sa vision est faussée dès le départ mais cette nouvelle identité ne l'aidera guère à changer de point de vue.

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Et comme dans de nombreux films d'Antonioni, le personnage est déconnecté de la réalité ou s'y retrouve successivement coupé. Je pense par exemple a Blow-up , le jeune photographe de mode croyait (de par son métier justement qui consiste a capturer l'image de ses sujets) avoir photographié un meurtre mais au final qu'avais t'il vu puisqu'il n'y avait plus rien ? Seul un instant gravé en lui et une perte totale de rapports avec le lieu qui le fera alors voir des choses qui n'existent pas dans le plan final avec des mimes. Dans Zabriskie Point, le réalisateur opposait la vision de l'opposition d'une certaine anarchie (les étudiants, le héros, la notion de liberté) face a un ordre pré-établi (la police, les riches et leurs habitations à construire en plein désert), le tout dans une certaine critique de la société de la consommation (l'explosion finale). Le jeune héros s'inscrivait alors (comme Locke ici ou Thomas dans Blow-up) dans une trajectoire du vide : pris pour ce qu'il n'est pas, il sera quand même rattrapé par le néant après une brève liaison amoureuse pourtant vouée à l'échec dans le désert. Il est d'ailleurs étonnant de constater que ces 3 films de sa "période internationale" se terminent sur des personnages rattrapés par le vide.

[spoiler]
* Thomas dans Blow-up disparaît totalement de l'image peu avant le "the end".

* Dans Zabriskie point, le héros se fait rattraper et abattre par les forces de l'ordre, sa dernière évocation sera auditive par le biais de la radio qui diffusera la nouvelle dans la voiture de la jeune fille. Elle même disparaît totalement dans un hors-champ avant que la caméra ne regarde le soleil couchant.

* Enfin, la mort "hors champ" de Locke dans Profession Reporter.[/spoiler]

Au final un grand film sans artifices, sans concessions, une oeuvre austère et froide comme la mort. Un film qui frappe et laisse durablement un malaise au fond : la première vision laisse fatigué (voir mon précédent post dans ce topic), déprimé car Antonioni à clairement montré l'absence de communication, d'amour, d'identité, bref de vie comme rarement auparavant, et c'est quelque chose que l'on retrouve à un autre stade dans nos petites existences de tous les instants.

Puis lentement le film grandit en nous et l'on comprend que l'on vient d'assister clairement à un film incroyablement austère mais riche en lui-même qui exige autant du spectateur que de lui-même pour clairement montrer ce qu'il est, un chef d'oeuvre.




D'ailleurs j'aime tellement le film que c'est ma signature actuelle. :mrgreen:


:)
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Messagepar joe-ernst » 19 nov. 07, 10:57

La Notte (1961).

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Un couple qui n'a plus rien à se dire va prendre conscience au cours d'une nuit de l'inéluctable fin de leur mariage...

Dans ce film, Antonioni parvient à faire ressentir au spectacteur avec une économie de moyens l'ennui que ce couple ressent l'un vis-à-vis de l'autre dans de courtes séquences néanmoins très fortes. Dans la première partie, celle qui précède la fameuse nuit, le film est construit de manière très géométrique, avec des verticales (plongée, contre-plongée), principalement dans les scènes en ville, qui seraient comme une métaphore de la colonne vertébrale soutenant envers et contre tout ce couple, alors que les scènes en banlieue sont conçues de manière horizontale, soulignées par des panoramiques notamment, exprimant comme une idée et une tentation de liberté devant ces espaces à l'horizon lointain, où chacun est confronté à sa propre solitude et à ses propres envies. En revanche, lors de la party, tout ceci s'évanouit pour laisser place à une certaine anarchie, caractérisée par les très nombreux personnages et leurs attitudes auquels le couple va être confronté.

L'érotisme souligne encore plus les tentations auxquelles est soumis le couple, que ce soit la jeune femme de l'hôpital ou la danse de la Noire du night-club pour lui, ou les regards des hommes dans la rue, les objets à connotation phallique ou cette bagarre entre jeunes gens pour elle. Au cours de la nuit, chacun des deux testera d'ailleurs ses limites, en vain.

C'est un film également sur la place de la femme, entre son désir de liberté, qu'il soit d'ordre social ou sexuel, et sa peur de la solitude. Sur ce plan-là on pourrait dire que le personnage incarné par Jeanne Moreau est en quelque sorte l'antithèse du personnage de Monica Vitti dans L'Avventura, tout comme le personnage de Mastroianni est le contraire de celui de Gabrielle Ferzetti. Ce sera dans L'éclipse qu'Antonioni tentera de donner une synthèse de ce que pourrait être un couple idéal, où la liberté de chacun serait une composante essentielle de la réussite.

Un triptyque absolument admirable.
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Messagepar Anorya » 20 nov. 07, 00:08

Un superbe film, mais tous les Antonioni des 60's sont fabuleux. :D
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Messagepar Kevin95 » 20 nov. 07, 08:40

Anorya a écrit :Un superbe film, mais tous les Antonioni des 60's sont fabuleux. :D


Cette remarque est dotant plus frustrante, que c'est le seul film de cette période du réalisateur, que je n'ai pas encore vu !!!! :twisted:
Les deux fléaux qui menacent l'humanité sont le désordre et l'ordre. La corruption me dégoûte, la vertu me donne le frisson. (Michel Audiard)

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Messagepar Anorya » 30 nov. 07, 13:50

Je remet ici mon avis sur Le cri ;)




Le cri (1957)

Le film étant enfin ressorti en dvd récemment, je ne pouvais résister à l'envie de me jeter dessus. Sans être un chef d'oeuvre, il pose déjà les bases à venir du style Antonioni : les paysages comme reflets des sentiments, la brume d'où surgit et disparaît les êtres et choses (d'ailleurs omniprésente du Delta du Pô là), la musique utilisée avec parcimonie --elle en deviendra même quasi-inexistante dans Profession Reporter, sauf à la fin-- ...Ici un piano mélancolique qui revient tel une complainte pour rythmer/bercer les errances d'un homme qui ne peut se fixer. Un ouvrier qui ne comprend pas que le monde change (on est proche de l'explosion de la nouvelle vague) et ne peut expliquer ses sentiments face aux femmes qu'il rencontre ou retrouve parce que "ça ne se fait pas" (enfin pas à l'époque). Déclassé, déboussolé, définitivement perdu, il retournera une dernière fois de là où il est venu, incapable finalement de se séparer d'Irma qui l'a rejeté car depuis le début, il l'a toujours aimé. Hélas, elle a refait sa vie et lui n'est peut-être plus rien là dedans. Celà lui sera fatal.
Un beau film finalement même si il sera très rapidement dépassé par L'Avventura...: 3/6
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Messagepar joe-ernst » 30 nov. 07, 15:37

Et voici ma critique lors de sa vision il y a quelques mois :

Le cri (Il grido, 1957), de Michelangelo Antonioni.

Irma (Alida Valli), quand elle apprend la mort de son mari en Australie, décide de quitter Aldo (Steve Cochran), l'homme avec lequel elle vit depuis plus de 7 ans et dont elle a eu une fille. Voyant qu'il ne parviendra pas à la faire changer d'avis, anéanti, Aldo quitte le village avec sa fille. Commence alors une errance de plusieurs mois dans cette plaine du Pô sinistre, froide, brumeuse, où la boue colle aux jambes des gens comme la destinée. Il va croiser plusieurs femmes dans cette Italie en voie de modernisation, mais aucune ne parviendra à lui faire oublier Irma...

Dans cette oeuvre qui préfigure L'Avventura, sans en avoir l'épure ni l'élégance, Antonioni nous donne à voir un monde en pleine mutation où déjà les gens se côtoient, vivent ensemble, mais sans parvenir à réellement communiquer ni à se connaître, où l'errance n'est qu'un leurre destiné à reculer l'échéance inéluctable de notre destin.
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Messagepar joe-ernst » 1 déc. 07, 09:57

Identification d'une femme (Identificazione di una donna, 1982).

Un réalisateur (Tomas Milian) récemment divorcé tombe amoureux d'une femme de la haute société (Daniela Silverio) qui le rejette. Il se venge en repoussant l'amour d'une jeune actrice (Christine Boisson).

Là où on aurait pu s'attendre à trouver une nouvelle réflexion sur les relations homme-femmes, on assiste aux faits et gestes d'un coq blessé dans son orgueil de mâle face à des femmes passant pour des garces ou pour des s... Antonioni avait-il des comptes à régler à cette époque avec la gent féminine, son personnage pouvant passer pour son double ? On peut le penser. Et ce n'est malheureusement pas la mise en scène, à l'exception de très rares plans ou cadrages rappelant le grand metteur en scène qu'il fut, qui sauve ce film d'un désintérêt total.
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Messagepar Anorya » 1 déc. 07, 16:18

joe-ernst a écrit :Identification d'une femme (Identificazione di una donna, 1982).

Un réalisateur (Tomas Milian) récemment divorcé tombe amoureux d'une femme de la haute société (Daniela Silverio) qui le rejette. Il se venge en repoussant l'amour d'une jeune actrice (Christine Boisson).

Là où on aurait pu s'attendre à trouver une nouvelle réflexion sur les relations homme-femmes, on assiste aux faits et gestes d'un coq blessé dans son orgueil de mâle face à des femmes passant pour des garces ou pour des s... Antonioni avait-il des comptes à régler à cette époque avec la gent féminine, son personnage pouvant passer pour son double ? On peut le penser. Et ce n'est malheureusement pas la mise en scène, à l'exception de très rares plans ou cadrages rappelant le grand metteur en scène qu'il fut, qui sauve ce film d'un désintérêt total.


Je pense qu'on pourrait voir le film comme une transition avant de se préparer à l'adaptation de ses nouvelles de "Ce bowling sur le tibre", malheuresement peu de temps après il a eu son attaque cérébrale et... :?

Tu l'as vu comment ? Parce qu'à ma mémoire il n'y a pas de dvd de ce film (tout comme pour "le mystère d'Oberwald" 2 ans avant)...
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Messagepar joe-ernst » 3 déc. 07, 09:55

Anorya a écrit :[Tu l'as vu comment ? Parce qu'à ma mémoire il n'y a pas de dvd de ce film (tout comme pour "le mystère d'Oberwald" 2 ans avant)...


A la Cinémathèque suisse... :wink:
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Messagepar Anorya » 3 déc. 07, 15:16

joe-ernst a écrit :
Anorya a écrit :[Tu l'as vu comment ? Parce qu'à ma mémoire il n'y a pas de dvd de ce film (tout comme pour "le mystère d'Oberwald" 2 ans avant)...


A la Cinémathèque suisse... :wink:


Ah ok... :(

Je vais finir par regretter d'habiter en pleine cambrousse. :|
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Messagepar Anorya » 13 janv. 08, 15:29

La notte (Antonioni - 1961)

Un visionnage entaché par de très mauvaises conditions (dont la fatigue et une VHS usée à mort. :shock: ) et le ressenti perso de quelques longueurs, ce qui n'entache en rien la technique magistrale d'Antonioni qui filme d'une main de maître les errances symétriques de son héroïne (c'est magnifique, je n'ai retrouvé un équivalent que dans la bande dessinée notamment les cadrages parfois très cinématographiques d'Andreas ou chez Moebius). D'ailleurs Jeanne Moreau, Mastroianni et Monica Vitti sont parfaits et la fin est sublime. Je me demande si cette lecture de lettre n'aurait pas influencé Wim Wenders dans la fin de "Der Himmel über Berlin" (et Wenders co-réalisa "Par délà les nuages" en 1995 avec Antonioni, d'où le fait que je me pose la question). Malgré tout, le film n'atteint pas pour moi les deux piliers qui l'encadrent que sont L'Avventura et L'éclipse. Peut-être qu'un revisionnage dans de meilleures conditions... :|
3,5/6


------------------


Edit : Au passage, voici mes notations d'Antonioni, du moins ceux que j'ai vu. :)

* Le cri - 3/6
* L' Avventura - 5/6
* La notte - 3,5/6
* L'eclipse - 6/6
* Le désert rouge - 5/6
* Blow-up - 5/6
* Zabriskie Point - 4/6
* Profession Reporter - 6/6
* Le dangereux fil des choses (dans Eros) - 4/6 mais dans le cadre du film. En le replaçant dans la filmo du maître, je metterais plus 3/6.
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