Michael Curtiz (1886-1962)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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someone1600
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar someone1600 » 19 août 11, 00:30

Un score inoubliable en effet. :D

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allen john
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar allen john » 25 août 11, 08:28

BRIGHT LIGHTS (1930)

Le film de Curtiz qui suit Mammy dans sa filmographie; C'est aussi son premier entièrement en Technicolor, mais la version intégrale en couleurs n’a pas été retrouvée. Une version raccourcie, en noir et blanc, est donc la seule possibilité de voir ce film. Typiquement, il s'agir d'une énième comédie musicale, avec Dorothy Mackaill en nouvelle vedette de Broadway aux prises avec son ancien petit ami, un autre artiste qui ne parvient pas à la laisser partir et veille sur elle contre son accord. Le ton est léger, le film aussi. On retrouve le Curtiz qui aime à montrer les coulisses du spectacle dans ce film, qui frappe par les moyens de la mise en scène, très fluide, et le rythme global, très enlevé. Pour le reste, ce sont des moyens gâchés, la vedette du film étant Frank Fay: on peut difficilement rêver d'un premier rôle plus antipathique. Noah Beery compose un méchant de carnaval tout droit sorti des livres de contes...

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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar allen john » 26 août 11, 11:11

THE MATRIMONIAL BED (1930)

Encore une petite comédie, située avant Bright lights, pour le sombre Curtiz. Si on finit par admettre qu'il n'était qu'un (immense) talent gâché à ses débuts à la Warner, cette petite adaptation gonflée d'une pièce de Yves Mirande est notable pour son dialogue tellement rempli de sous-entendus que ça déborde... En homme amnésique soudain revenu sur le lieu de sa vie passée, Frank Fay est comme toujours fatiguant de vacuité. Sinon, on retrouve un curtiz qui s'implique un peu plus, dans une séquence ...d'hypnose.

Les premiers films parlants de Curtiz: http://allenjohn.over-blog.com/article- ... 08587.html

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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar allen john » 10 sept. 11, 09:36

The Woman from Monte Carlo (1931)

Une sombre histoire, dans ce film intéressant à plus d’un titre : un capitaine de bateau (Walter Huston) soupçonnant que sa femme (Lil Dagover) le trompe (Avec Warren William) et va laisser perdre son navire, et les gens qui sont dessus. Errance, noirceur du destin, triangle amoureux tordu, et un meneur d’humains qui perd le nord… Tous ces thèmes ont bien sur des résonnances sur l’œuvre de Curtiz. On aime le mélange savant et baroque entre boulevard et romantisme, l'impeccable composition de Warren William. Lil Dagover, trop agée pour le rôle et mal à l'aise en Anglais, s'en sort plutôt bien; mais Curtiz est totalement dans son élément. Il passe sans aucun effort d'éléments de comédie épicée (Les marins qui regardent sous les jupes des femmes d'officiers qui montent sur le bateau), à l'action et au drame, sans oublier un procès chargé en tension...

http://allenjohn.over-blog.com/article- ... 08587.html

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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar Julien Léonard » 10 sept. 11, 10:04

Je n'ai malheureusement vu aucun de ces films. Quel dommage... Avec Curtiz, j'aurais tendance à être complètiste. :wink:
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar allen john » 10 sept. 11, 12:05

Julien Léonard a écrit :Avec Curtiz, j'aurais tendance à être complètiste. :wink:


Moi aussi, un peu.

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Thaddeus
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar Thaddeus » 29 sept. 11, 11:59

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Capitaine Blood
Errol Flynn, héros charismatique et bondissant, et Olivia de Havilland, gracile, vulnérable, abandonnant le parti des oppresseurs au moins autant par amour que par sens de la justice : un vrai couple de cinéma est né. Que le capitaine Blood soit médecin ne doit évidemment rien au hasard : dans le corps social et politique, le véritable trouble vient de l’usurpateur Jacques II, incarné par Basil Rathborne avec un panache décadent. Jalon du film de flibuste, l’œuvre est un spectacle exotique, virevoltant, plein de rythme et d’humour, imprégné d’expressionnisme européen et marqué de l’esprit des grands romans d’aventures. Difficile d’estimer si Curtiz est un véritable auteur de films, mais impossible de nier qu’il est un cinéaste au sens plein, c’est-à-dire un conteur d’histoires filmées, avec fougue et conviction. 4/6

La charge de la brigade légère
On efface la réalité des faits et on prend les plus larges libertés avec l’histoire, jusqu’à exalter l’iconographie impérialo-militariste et transformer le célèbre (et désastreux) épisode de la guerre de Crimée en acte héroïque se vengeant des sanguinaires exactions sultanistes. Ne pas tiquer pour autant, car Curtiz emballe ce tourbillonnant film d’aventures sabre au clair, en fait un hymne à la bravoure militaire, voire à l’insubordination justifiée. Le quadrillage limpide de l’espace (d’un fort à l’autre, dans un sens, puis dans l’autre), le tempo impeccable d’un récit mené tambour battant, l’harmonieux enchevêtrement des hauts faits, des intrigues diplomatiques et des contrariétés sentimentales assurent une épopée de haute tenue, culminant dans un final épique qui enfonce méchamment les standards de l’époque. 4/6

Les aventures de Robin des bois
Chatoyant Technicolor des débuts, festival de péripéties fougueuses et d’aventures romanesques, morceaux de bravoure impeccablement agencés (du concours de tir à l’arc au célèbre duel final, il y a de quoi se régaler) : le film témoigne d’un certain âge d’or hollywoodien. La vitalité, la truculence, l’irrespect à l’égard du pouvoir, le romantisme narquois, le piment occasionnel de la cruauté, la célébration virile de l’amitié, l’humour des dialogues, les traits nets des personnages, la perfection chorégraphique et contrôlée du montage, des mouvements de caméra, du rythme de la narration sont autant de garants de la jeunesse pérenne de ce classique du genre. Parce que David n’en aura jamais fini de vaincre Goliath, il y a tout à se réjouir d’un tel recours à la fable, à son discours et à son enchantement. 4/6

Les anges aux figures sales
Caractéristique de son époque, dans la pleine mouvance d’un cinéma noir bâtissant ses situations sur le souci et le développement des enjeux sociaux, sur la mise en opposition des schémas moraux, ce film très rythmé et captivant explore l’amitié contrariée mais fidèle entre un prêtre dévoué aux gosses d’une rue sans joie et un ancien délinquant devenu caïd et roi du colt. Inspiré des découvertes de Hawks et Walsh, le style est brillant, nerveux, dynamisé par des compositions géométriques et des éclairages signifiants, toujours au service d’un propos psychologiquement nuancé. Curtiz problématise l’ambigüité du modèle et de la réussite : le sacrifice final de Cagney (prodigieux, comme toujours) s’éprouve avec autant de joie que d’amertume, et entérine l’émotion ayant parcouru tout le récit qui y amène. 5/6

Les conquérants
Simplicité de l’argument et clarté de l’action, perfection du rythme et homogénéité du style. Tout le brio du cinéaste s’exerce dans ce western exemplaire, qui revisite librement la légende de Wyatt Earp et illustre, près d’un quart de siècle avant Ford et son Liberty Valance, l’instauration d’une société civilisée sous l’égide de la loi, de la démocratie et de la presse. Une fois encore, difficile d’expliquer la plénitude d’un tel cinéma, qui relève d’un équilibre harmonieux entre l’élément romanesque et la fulgurance du geste (avec une homérique bataille de saloon en point d’orgue), entre la vivacité de l’esprit et la limpidité du propos, entre le sobre charisme de l’interprétation (Flynn, Havilland, Cabot, Travers) et l’achèvement technique d’une mise en scène brillant des mille feux du Technicolor. Un bonheur. 5/6

L’aigle des mers
Cinq ans après Capitaine Blood, le film marque l’accomplissement d’une alchimie volatile semblant résister au passage du temps. L’élan épique dont le récit est porteur se double d’un intérêt romanesque pour tout ce qui relève du secret et de la conspiration. Au centre d’une dialectique de la loyauté et de la révolte, Errol Flynn y compose un héros d’une fidélité absolue envers l’ordre des choses (supposé juste), un rebelle malgré lui, un révolutionnaire dont le but ultime est de restaurer une légitimité provisoirement menacée. Beaucoup de panache, une esthétique très achevée, un rythme toujours trépidant et une plus-value appréciable dans cette exaltation de la liberté, voire de l’anarchie, à l’heure où le conflit mondial s’embrasait, mais sous une forme hautement rhétorique qui ne doit rien au hasard. 5/6

La piste de Santa Fé
Au diable la véracité historique des faits pourvu que la fiction y gagne en ferveur dramatique. Loin d’airain du cinéma, particulièrement lorsqu’il est produit par Hollywood et servi par les vedettes de son âge d’or. Autour d’Errol Flynn, fringant officier émoulu de West Point, Ronald Reagan compose un Custer idéaliste et Raymond Massey fait vivre un John Brown fanatique, halluciné, convaincu de mener sa croisade abolitionniste au nom de Dieu. Au sein d’un western alerte et spectaculaire dont les composantes formelles ne sont jamais prises en défaut, ce personnage féroce mû par la plus noble des causes fournit l’assise d’une captivante réflexion sur les excès de tout engagement, de tout combat révolutionnaire, lorsque crépitaient les étincelles qui allaient mettre le feu au brasier de la guerre de sécession. 4/6

La glorieuse parade
La carrière foisonnante du cinéaste, Hongrois d’origine adopté par Hollywood, est également passée par le musical. En témoigne cette évocation de la vie de George Cohan, auteur de l’hymne des soldats américains pendant la première guerre mondiale, et dont la trajectoire charrie des relents assez redoutables de patriotisme que Curtiz ne cherche pas à freiner. Tourné dans un contexte propice à l’exaltation de puissance et d’unité du pays, le film trouve dans l’énergie du montage et la séduction canaille de son personnage, fanfaron surdoué, héraut du spectacle chanté et dansé, un potentiel de séduction qui ne se réalise que par intermittences. La faute à une structure trop prévisible sur le registre de la biographie hagiographique, malgré la prestation survitaminée et multidisciplinaire de James Cagney. 3/6

Casablanca
Au carrefour du mélodrame exotique, du thriller d’espionnage, du prêche patriotique et de l’histoire d’amour (le merveilleux couple Rick/Ilsa est inscrit dans la légende), Curtiz fait jouer le drame sentimental et psychologique d’un trio dont chacun des protagonistes incarne un mode différent d’engagement (rationnel, amoureux, chevaleresque), et louvoyer l’action au fil d’une intrigue où l’incertitude, le hasard, le mensonge et le bluff règnent en maîtres. Ce romanesque est absolument magique, dispensant une profonde émotion (cristallisée de façon exemplaire lors du chant de la Marseillaise), jusqu'à un final inoubliable : lorsque les amants se quittent sur le tarmac, lorsque le héros, qui cache la noblesse de ses idéaux sous une fausse désinvolture, entérine son amitié tardive avec le flic que l’on croyait à tort opportuniste, la grandeur du film est résumée en quelques secondes. 6/6

Le roman de Mildred Pierce
Cet admirable film noir, où se surpasse la crème des techniciens Warner, est un des joyaux de l’âge d’or hollywoodien. Les images ciselées avec un style sans ostentation, la concentration de la moindre scène, le soin porté à la nature des personnages et à leurs relations, la dynamique d’un récit en flash-back éclairant par touches subtiles le mystère inaugural : tout concourt à la perfection du système narratif et formel. Maîtrise sans faille au service d’un propos riche et complexe, qui reflète les ambigüités morales de l’après-guerre et dresse, au travers de ses échecs sentimentaux et de ses sacrifices inutiles, le portrait d’une femme indépendante mais prise au piège de ses ambitions, condamnée, à travers l’amour qu’elle porte à sa fille pimbêche et matérialiste, à d’amères désillusions – Joan Crawford trouve ici l’un des rôles de sa vie. 5/6

Boulevard des passions
Après Mildred Pierce, nouveau rôle copieux pour la star Crawford, qui pousse le women’s picture dans ses derniers retranchements. L’héroïne commence son ascension au plus bas, remonte la pente en épousant un politicien aussi riche que vénal, subit une cinglante opprobre et croise des personnages tous voués à une disgrâce ignominieuse, dont le point commun est une parfaite lucidité dans l’infamie ou le machiavélisme (Greenstreet a la monstruosité d’une tarentule ou d’un crapaud-buffle). Révélant un romanesque aussi éloquent qu’un réquisitoire sur la corruption des institutions, le film dresse le tableau passablement amer d’une société dont les figures de justice, d’ordre et d’autorité se confondent avec le crime organisé. Morale darwinienne de l’histoire : le type honnête se fait toujours dévorer. 4/6

La femme aux chimères
Le livre de Dorothy Baker racontait le destin de Bix Beiderbecke, premier grand jazzman blanc qui mourut alcoolique à l’âge de vingt-huit ans. Malgré les lénifiants adoucissements imposés par la censure de l’époque, cette adaptation dresse le portrait d’un homme adoptant la musique comme langage parce qu’il ne dispose pas d’autres moyens d’expression, et dont la conjugalité avec une intellectuelle narcissique se transforme en enfer. Tous les ingrédients tourmentés du mélo hollywoodien sont donc présents, mais assaisonnés au vinaigre par un cinéaste qui n’a rien perdu ni de l’élégance de sa reconstitution (le New York des nuits profondes et des aubes blêmes) ni de sa faculté à conférer à la vie qui flambe les notes d’une melancholy rhapsody – bien aidé en cela par un Kirk Douglas transporté. 4/6

Les comancheros
Le dernier ouvrage de Michael Curtiz, officieusement achevé par John Wayne, est un western quelque peu essoufflé qui termine logiquement une carrière où s’est manifesté l’usage de la cape, de l’épée, du colt, de la flèche ou du sabre d’abordage. L’anecdote se réfère à la situation confuse qui régnait au Texas dans les années 1840 et brode, autour du thème traditionnel de l’amitié entre le représentant de l’autorité et le hors-la-loi qu’il doit arrêter, un éventail de variations historiques et psychologiques plus ou moins erratiques. Ni honteux ni vraiment convaincant, dispensant par intermittence un charme vaguement démodé, l’ensemble se suit sans déplaisir mais l’on y sent malheureusement trop souvent la lassitude d’un vieil homme ayant fait beaucoup trop de films pour pouvoir encore y croire tout à fait. 3/6


Mon top :

1. Casablanca (1942)
2. Le roman de Mildred Pierce (1945)
3. Les anges aux figures sales (1938)
4. L’aigle des mers (1940)
5. Les conquérants (1939)

Éclatée entre de nombreux genres hollywoodiens, entre l’achèvement éblouissement du classique et les contraintes banalisantes de la commande, l’œuvre de Michael Curtiz est celle d’un artisan reconnaissable entre tous, dont le style impose visuellement des motifs, des compositions, des situations où la cohérence du discours se dégage aisément. Il est sans doute le maître du divertissement romanesque des années trente-quarante, ayant su en intégrer les principes normatifs à un niveau de perfection idéal.
Dernière édition par Thaddeus le 27 déc. 19, 14:36, édité 9 fois.

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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar Jeremy Fox » 29 sept. 11, 13:21

Stark a écrit :Bon je me sens tout petit avec mes trois films et demi vus parmi une carrière pléthorique. Mais ils me laissent percevoir un maître du divertissement romanesque des années 30-40, qui a su en intégrer les principes normatifs à un niveau de perfection idéal.


Bien résumé ; et en tout cas un maître du mouvement : ses westerns des années 40 comportent tous parmi les scènes d'action les plus belles et les plus aériennes de l'époque. Et Casablanca est un véritable petit miracle cinématographique alors que sur le papier, ce n'était guère évident.

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Ann Harding
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar Ann Harding » 6 oct. 11, 17:30

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Roughly Speaking (1945) de Michael Curtiz avec Rosalind Russell, Jack Carson, Donald Woods et Alan Hale

Vers 1910, Louise Randall (R. Russell), issue d'une famille qui a perdu sa fortune, étudit la sténo-dactylographie pour gagner sa vie. Elle rencontre Rodney Crane (D. Woods) qui est étudiant à Yale. Elle l'épouse et ils se retrouvent rapidement avec une grande famille de quatre enfants. Peu de temps après, ils sont tous frappés par la polio...

Ce film Warner de Curtiz est peu connu. Il est sorti la même année que le célébrissime Mildred Pierce et comme le film avec Joan Crawford, c'est un 'star vehicle' pour une actrice. Cette actrice, c'est Rosalind Russell en femme courageuse, déterminée sans pour autant oublier un soupçon d'humour. Sa Louise Randall est une maîtresse femme qui épouse en premières noces, un homme particulièrement falot, joué par le non moins fade, Donald Woods (qui porte bien son nom!). Leur mariage se désintègre rapidement dans les épreuves: il perd son travail lors de la récession et leurs enfants sont victimes de la polio. Alors qu'elle réagit immédiatement, sans pleurnicherie inutile, son époux lui reste figé et ne la comprend pas. Comme nombres d'hommes à l'époque, il ne peut pas comprendre que sa femme ne se repose pas sur lui dans la vie. Il va donc la quitter et elle va obtenir le divorce et la garde des enfants. sa vie se transforme avec sa rencontre avec Harold C. Pierson (J. Carson), un garçon farfelu et entreprenant. Ils se marient et se lancent dans l'horticulture. Las, projets après projets périclitent après un bon début. Néanmoins, la famille reste unie et heureuse face aux problèmes pécuniaires récurrents. Cette tranche de vie qui s'achève avec le départ des trois fils pour la seconde guerre mondiale est très bien réalisée. Russell y fait montre de son abattage habituel avec un mélange d'opiniâtreté et d'optimisme qui font chaud au coeur. Le couple qu'elle forme avec Jack Carson est particulièrement bien charpenté. J'ai d'ailleurs été très favorablement étonnée par la prestation de Carson qui est souvent cantonné dans les seconds rôles comiques de gros bêta. Il est ici naturel sans excès et parfaitement dans le ton avec une Russell parfaitement à l'aise et volubile comme lui. Le film est bien rythmé, évite le pathos et finalement on passe un excellent moment avec cette famille américaine dominée par une superbe Rosalind Russell.

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allen john
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar allen john » 6 oct. 11, 18:31

Ann Harding a écrit :Image

Roughly Speaking (1945) de Michael Curtiz avec Rosalind Russell, Jack Carson, Donald Woods et Alan Hale

Vers 1910, Louise Randall (R. Russell), issue d'une famille qui a perdu sa fortune, étudit la sténo-dactylographie pour gagner sa vie. Elle rencontre Rodney Crane (D. Woods) qui est étudiant à Yale. Elle l'épouse et ils se retrouvent rapidement avec une grande famille de quatre enfants. Peu de temps après, ils sont tous frappés par la polio...

Ce film Warner de Curtiz est peu connu. Il est sorti la même année que le célébrissime Mildred Pierce et comme le film avec Joan Crawford, c'est un 'star vehicle' pour une actrice. Cette actrice, c'est Rosalind Russell en femme courageuse, déterminée sans pour autant oublier un soupçon d'humour. Sa Louise Randall est une maîtresse femme qui épouse en premières noces, un homme particulièrement falot, joué par le non moins fade, Donald Woods (qui porte bien son nom!). Leur mariage se désintègre rapidement dans les épreuves: il perd son travail lors de la récession et leurs enfants sont victimes de la polio. Alors qu'elle réagit immédiatement, sans pleurnicherie inutile, son époux lui reste figé et ne la comprend pas. Comme nombres d'hommes à l'époque, il ne peut pas comprendre que sa femme ne se repose pas sur lui dans la vie. Il va donc la quitter et elle va obtenir le divorce et la garde des enfants. sa vie se transforme avec sa rencontre avec Harold C. Pierson (J. Carson), un garçon farfelu et entreprenant. Ils se marient et se lancent dans l'horticulture. Las, projets après projets périclitent après un bon début. Néanmoins, la famille reste unie et heureuse face aux problèmes pécuniaires récurrents. Cette tranche de vie qui s'achève avec le départ des trois fils pour la seconde guerre mondiale est très bien réalisée. Russell y fait montre de son abattage habituel avec un mélange d'opiniâtreté et d'optimisme qui font chaud au coeur. Le couple qu'elle forme avec Jack Carson est particulièrement bien charpenté. J'ai d'ailleurs été très favorablement étonnée par la prestation de Carson qui est souvent cantonné dans les seconds rôles comiques de gros bêta. Il est ici naturel sans excès et parfaitement dans le ton avec une Russell parfaitement à l'aise et volubile comme lui. Le film est bien rythmé, évite le pathos et finalement on passe un excellent moment avec cette famille américaine dominée par une superbe Rosalind Russell.


Très bien dit! J'ai moi aussi beaucoup aimé ce portrait de femme ...ce film inattendu a été une très bonne surprise en effet. On tend à oublier que dans le sillage de ses comédies pré-code pas toutes fascinantes, Curtiz plus connu pour ses films d'aventures et ses drames baroques a développé toute une production abondante et aujourd'hui ni estimée ni même connue, de chroniques familiales qui étaient souvent superbement réalisées, et qu'on peut aujourd'hui redécouvrir avec bonheur. J'aime le traitement frontal de ce film, qui réussit là ou American romance de Vidor échoue, et c'est vrai: Rosalind Russell est fantastique!! A rapprocher des moins intéressants films avec les soeurs Lane, voire du plus connu Life with father, plus connu mais qui souffre paradoxalement d'être tombé dans le domaine public, mais aussi de films des années 50, dont Trouble along the way avec John wayne.

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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar 1kult » 15 oct. 11, 21:58

allen john a écrit :
Julien Léonard a écrit :Avec Curtiz, j'aurais tendance à être complètiste. :wink:


Moi aussi, un peu.


Avec 173 films au compteur, ça va être difficile... Mais j'avoue être pareil ! :mrgreen: Commandé un bouquin sur le bonhomme qui a l'air pas mal btw... :wink:
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allen john
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar allen john » 16 oct. 11, 09:23

1kult a écrit :
allen john a écrit :
Julien Léonard a écrit :Avec Curtiz, j'aurais tendance à être complètiste. :wink:


Moi aussi, un peu.


Avec 173 films au compteur, ça va être difficile... Mais j'avoue être pareil ! :mrgreen: Commandé un bouquin sur le bonhomme qui a l'air pas mal btw... :wink:


Des détails?????????

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allen john
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar allen john » 16 oct. 11, 09:58

1kult a écrit :Avec 173 films au compteur, ça va être difficile...


D'une part la plupart de ses films Hongrois ont disparu; sur les films Autrichiens et allemands, il en manque beaucoup; très peu de ses muets Américains ont survécu. Mais j'ai récupéré la vaste majorité (http://allenjohn.over-blog.com/article- ... 08587.html) de ce qui suit, soit la période Warner, mais aussi l'essentiel de sa période freelance, donc jje dois avoir autour de 90 films du maitre. Donc comme disent le futur ex-président des Etats-Unis, et San-Antonio... j'ai essayé, on peut. :mrgreen:

et puis tant qu'on y est, petit rappel:
(Mihály Kertész)
1912 Az utolsó bohém ( The Last Bohemian ); Ma es holnap ( Today and Tomorrow ) (+ role)
1913 Rablélek ( Captive Soul ); Hazasodik az uram ( My Husband Lies )
1914 A hercegnö Pongyolaban ( Princess Pongyola ); Az éjszaka rabjai ( Slaves of the Night ) (+ role); A Kölcsönkért csecsemök ( Borrowed Babies ); Bánk bán ; A tolonc ( The Vagrant ); Aranyáso ( The Golden Shovel )
1915 Akit ketten szeretnek ( Loved By Two ) (+ role)
1916 Az ezust kecske ( The Silver Goat ) (+ co-sc); A medikus ( The Apothecary ); Doktor ur ( The Doctor ); Farkas ( The Wolf ); A fekete szivarvany ( The Black Rainbow ); Makkhetes ( Seven of Clubs ); Karthauzi ( The Carthusian ); A Magyar föld ereje ( The Strength of the Hungarian Soil )
1917 Arendás zsidó ( John, the Tenant ); Az ezredes ( The Colonel ); A föld embere ( The Man of the Soil ); Halálcsengö ( The Death Bell ); A kuruzslo ( The Charlatan ); A Szentjóbi erdö titka ( The Secret of St. Job Forest ); A senki fia ( Nobody's Son ); Tavasz a télben ( Spring in Wintertime ); Zoárd Mester ( Master Zoard ); Tatárjárás ( Invasion ); A béke ut ja ( The Road to Peace ); A vörös Sámson ( The Red Samson ); Az utolsó hajnal ( The Last Dawn ); Egy krajcár története ( The Story of a Penny )
1918 Kilencvenkilenc ( 99 ); Judás ; Lulu ; Az ördög ( The Devil ); A napraforgós hölgy ( The Lady with Sunflowers ); Alraune (co-d); Vig özvegy ( The Merry Widow ) (+ sc); Varázskeringö ( Magic Waltz ); Lu, a kokott ( Lu, the Cocotte ); A Wellingtoni rejtély ( The Wellington Mystery ); Szamárbör ( The Donkey Skin ); A csunya fiu ( The Ugly Boy ); A skorpió ( The Scorpion )
1919 Jön az öcsem ( John the Younger Brother ); Liliom (unfinished)

(Michael Kertesz)

1919 Die Dame mit dem schwarzen Handschuh ( The Lady with the Black Glove )
1920 Der Stern von Damaskus ; Die Dame mit den Sonnenblum (+ sc); Herzogin Satanella ; Boccaccio (+ pr); Die Gottesgeisel
1921 Cherchez la femme ; Dorothys Bekenntnis ( Frau Dorothys Bekenntnis ); Wege des Schreckens ( Labyrinth des Grauens ); Miss Tutti Frutti
1922 Sodom und Gomorrah ( Die Legende von Sünde und Strafe ) (+ co-sc)
1923 Sodom und Gomorrah: Part II. Die Strafe ( Die Legende von Sünde und Strafe ) (+ co-sc); Samson und Dalila (co-d); Der Lawine ( Avalanche ); Der junge Medardus ; Namenlos ( Der Scharlatan ; Der falsche Arzt )
1924 Ein Spiel ums Leben ; Harun al Raschid ; Die Slavenkönigin ( Moon of Israel )
1925 Celimene, Poupee de Montmartre ( Das Spielzeug von Paris ; Red Heels )
1926 Der goldene Schmetterling ( The Road to Happiness ); Fiaker Nr. 13 ( Einspänner Nr. 13 ) (tm)

(in United States, as Michael Curtiz)
1926 The Third Degree
1927 A Million Bid ; Good Time Charley ; A Desired Woman
1928 Tenderloin
1929 Noah's Ark ; The Glad Rag Doll ; Madonna of Avenue A ; Hearts in Exile ; The Gamblers
1930 Mammy ;Under a Texas Moon ; The Matrimonial Bed ( A Matrimonial Problem ); Bright Lights ; A Soldier's Plaything ( A Soldier's Pay ); River's End
1931 Dämon des Meeres (German language version of Lloyd Bacon's Moby Dick ); God's Gift to Women ( Too Many Women ); The Mad Genius
1932 The Woman from Monte Carlo ; Alias the Doctor ; The Strange Love of Molly Louvain ; Doctor X ; Cabin in the Cotton
1933 Twenty Thousand Years in Sing Sing ; The Mystery of the Wax Museum ; The Keyhole ; Private Detective 62 ; Goodbye Again ; The Kennel Murder Case ; Female
1934 Mandalay ; British Agent ; Jimmy the Gent ; The Key
1935 Black Fury ; The Case of the Curious Bride ; Front Page Woman ; Little Big Shot ; Captain Blood
1936 The Walking Dead ; Stolen Holiday ; Charge of the Light Brigade
1937 Kid Galahad ; Mountain Justice ; The Perfect Specimen
1938 Gold is Where You Find It ; The Adventures of Robin Hood (co-d); Four Daughters ; Four's a Crowd ; Angels with Dirty Faces
1939 Dodge City ; Sons of Liberty ; The Private Lives of Elizabeth and Essex ; Four Wives ; Daughters Courageous
1940 Virginia City ; The Sea Hawk ; Santa Fe Trail
1941 The Sea Wolf ; Dive Bomber
1942 Captains of the Clouds ; Yankee Doodle Dandy ; Casablanca
1943 Mission to Moscow ; This Is the Army
1944 Passage to Marseille ; Janie
1945 Roughly Speaking ; Mildred Pierce
1946 Night and Day
1947 Life with Father ; The Unsuspected
1948 Romance on the High Seas ( It's Magic )
1949 My Dream Is Yours (+ pr); Flamingo Road (+ exec pr); The Lady Takes a Sailor
1950 Young Man with a Horn ( Young Man of Music ); Bright Leaf ; Breaking Point
1951 Jim Thorpe—All American ( Man of Bronze ); Force of Arms
1952 I'll See You in My Dreams ; The Story of Will Rogers
1953 The Jazz Singer ; Trouble along the Way
1954 The Boy from Oklahoma ; The Egyptian ; White Christmas
1955 We're No Angels
1956 The Scarlet Hour (+ pr); The Vagabond King ; The Best Things in Life Are Free
1957 The Helen Morgan Story ( Both Ends of the Candle )
1958 The Proud Rebel ; King Creole
1959 The Hangman ; The Man in the Net
1960 The Adventures of Huckleberry Finn ; A Breath of Scandal ( Olympia )
1961 Francis of Assisi
1962 The Comancheros

Voilà; sont soulignés les films auquel j'ai eu accès, en DVD ou en diffusion TV régulière. Certains des autres sont rares mais existent (Janie, par exemple, ou The boy from Oklahoma.)
Dernière édition par allen john le 16 oct. 11, 11:08, édité 4 fois.

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daniel gregg
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar daniel gregg » 16 oct. 11, 10:46

Tu n'as pas Kid Galahad ?

Ha, ha, ha...
:mrgreen: [size=85]Je crois que je l'ai, il faudra que je vérifie ce soir.[/size]

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allen john
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Re: Michael Curtiz (1886-1962)

Messagepar allen john » 16 oct. 11, 10:58

daniel gregg a écrit :Tu n'as pas Kid Galahad ?

Ha, ha, ha...
:mrgreen: [size=85]Je crois que je l'ai, il faudra que je vérifie ce soir.[/size]

Bien sur que si. Suis-je distrait.