Rouben Mamoulian (1897-1987)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Ann Harding
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Messagepar Ann Harding » 12 avr. 07, 11:02

joe-ernst a écrit :Merci, Ann, pour cette très belle photo. Tu as bien de la chance de pouvoir visionner ce cycle, et surtout Becky Sharp. J'espère qu'un jour il sortira en dvd...

Becky Sharp est déjà sorti en DVD:
http://www.dvdclassik.com/forum/viewtopic.php?t=21886&highlight=becky+sharp

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joe-ernst
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Messagepar joe-ernst » 12 avr. 07, 13:17

Thanks, je ne le savais pas ! :D
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We are all in the gutter, but some of us are looking at the stars. Oscar Wilde.
L'hyperréalisme à la Kechiche, ce n'est pas du tout mon truc. Alain Guiraudie

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Ann Harding
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Messagepar Ann Harding » 15 avr. 07, 09:35

Love Me Tonight (Aimez-moi ce soir) 1932
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Belle brochette de character actors: Myrna Loy, Charles Butterworth, Charlie Ruggles et C. Aubrey Smith (de g. à d.)

Cette comédie musicale avec Maurice Chevalier et Jeanette MacDonald ressemble à un film de Lubitsch à première vue. Mais, le style de Mamoulian apporte une approche purement musicale du rythme et du son. Depuis la formidable symphonie des bruits de Paris qui s'éveille jusqu'à l'hilarante chanson: 'The son of a gun is nothing but a tailor', le film est mené tambour battant. Les seconds rôles sont un pur plaisir. Charles Butterworth, toujours ahuri, casse 'sa flûte' (beaucoup de sous-entendus..), Myrna Loy déclare son intérêt pour les hommes ET les collégiens, Charlie Ruggles s'enfuit en caleçon et C. Aubrey Smith chante Mimi, la chanson grivoise de Chevalier au réveil... :lol: :lol:
Comme toujours, le couple MacDonald-Chevalier fonctionne sur l'opposition de la princesse et du Parisien gouailleur. Un pur moment de bonheur.
La copie présentée dure 90 min. Il semble que la copie originale de 104 min soit toujours invisible ou disparue. :cry: Myrna Loy fut l'une des principales victimes de cette censure....

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Ann Harding
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Messagepar Ann Harding » 16 avr. 07, 09:43

High, Wide and Handsome (La furie de l'or noir) 1937
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Ce film est un hybride de comédie musicale, de western et de mélodrame qui fonctionne étonnamment bien. Irene Dunne est vraiment la pièce maîtresse de ce film qui exploite ses qualités de chanteuse (bien supérieures à J. Mac Donald ou K. Grayson) et d'actrice comique et dramatique.
Nous voici dans l'Ouest avec ses docteurs marrons qui vendent des poudres de perlimpinpin, ses gargottes, ses hommes d'affaires véreux et ses fermiers devenus prospecteurs de pétrole. Randolf Scott épouse Irene Dunne, chanteuse, fille de saltimbanques. Son obsession pour l'or noir va peu à peu le détacher de son épouse. Tout cela est mené au galop avec un final spectaculaire (et comique!) où le pipeline est terminé in extremis avec tous les membres d'un cirque, éléphants compris!!!!
Irene Dunne mériterait une bien meilleure reconnaissance que celle dont elle jouit maintenant en France. Elle est toujours juste, légèrement ironique, aucune trace de mièvrerie chez elle. Elle peut être une career woman dans Ann Vickers (1933), une comédienne screwball dans The Awful Truth (1937) ou une héroïne de comédie musicale dans Show Boat (1936). Je ne connais aucune autre actrice qui puisse se vanter d'un tel parcours.
High, Wide and Handsome repasse le 27 avril à 21h00.

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Sybille
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Messagepar Sybille » 25 mai 07, 22:04

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Queen Christina / La reine Christine
Rouben Mamoulian (1933) :

J'ai beaucoup de mal à m'intéresser aux films en costumes dès lors qu'il s'agit de film anciens (alors qu'au contraire c'est quelque chose que j'aime beaucoup pour le cinéma contemporain), une raison pour laquelle j'ai abordé "La reine Christine" avec une légère méfiance. En fin de compte, sans me révéler une grande admiratrice du film, je l'ai trouvé tout à fait plaisant. Greta Garbo incarne la célèbre reine avec une dignité et une prestance que viennent renforcer sa haute stature, ses vêtements de coupe masculine et ses cheveux raides coiffés de manière fonctionnelle. Son jeu apparaît aujourd'hui un peu datée, en particulier lors de ses prises de paroles, où sa voix s'attarde beaucoup sur chaque syllabe des mots qu'elle prononce. Mais comme elle le fait avec beaucoup de classe, ça passe très bien. On persiste tout de même à éprouver quelques difficultés à l'imaginer en homme durant la première partie du film, mais ce n'est qu'un détail, qui d'ailleurs était certainement recherché, dans le but de rendre un brin idiot le personnage interprété par John Gilbert. Gilbert justement, ne m'a certes pas séduite, mais il ne m'est pas pour autant apparu comme l'acteur médiocre qui peine à se rendre compte que la période du muet est bel et bien achevée, une remarque que l'on entend parfois. En réalité, j'ai trouvé qu'il faisait jeu égal avec Garbo, par rapport à l'interprétation de leur personnage respectif tout du moins, parce que niveau élégance, il ne fait évidemment pas le poids face à sa partenaire. Cette dernière est constamment sublimée par la mise en scène de Rouben Mamoulian, en particulier au cours de gros plans où l'éclairage et le maquillage de la star rendent son visage tout à fait éblouissant, avec l'impression quelque peu curieuse que le temps s'est suspendu. Le réalisateur n'use de ces instants poètiques qu'avec parcimonie, les rendant par-là même d'autant plus précieux pour le spectateur ravi. 7/10

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santiago
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Messagepar santiago » 15 févr. 08, 21:32

On ne parle pas assez de Mamoulian ! En attendant de voir Applause, voici mon top :

1 LA REINE CHRISTINE
2 DR JEKYLL ET MR HYDE
3 LE SIGNE DE ZORRO
4 LA BELLE DE MOSCOU
5 QUI PERD GAGNE
6 LES CARREFOURS DE LA VILLE
7 AIMEZ MOI CE SOIR
8 BECKY SHARP
9 RESURRECTION
10 ARENES SANGLANTES
11 LE CANTIQUE DES CANTIQUES
12 LE JOYEUX BANDIT
13 LA FURIE DE L'OR NOIR
14 L'ESCLAVE AUX MAINS D'OR
15 BELLE JEUNESSE
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bruce randylan
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Messagepar bruce randylan » 16 févr. 08, 07:38

santiago a écrit :On ne parle pas assez de Mamoulian ! En attendant de voir Applause, voici mon top :

Je l'ai justement vu la semaine dernière et j'ai adoré. Pour moi le chainon manquant entre Max Ophuls et Orson Welles !

C'est d'une virtuosité folle et d'un poésie à toute épreuve qui a subie les assauts des années.
Le travail sur les mouvements d'appareils sont impressionnants et à l'instar de Welles plus tard ( qui venait lui aussi du théâtre ) transforme l'objectif en premier rôle. Ce n'est donc jamais gratuit techniquement mais au contraire la caméra sert l'histoire et apporte un vrai point de vue à la narration en privilégiant des longs plan-séquence toujours en mouvement qui crée l'émotion en jouant sur le hors-champ ou le rapprochement avec ses personnages comme pour effacer le monde avec humilité et respect devant l'émotion du moment.

Les exemples les plus flagrants sont les retrouvailles entre la mère et la fille dans la chambre bercée par des néons et quand la mère parcourt du regard les photos et constate son vieillissement. C'est à la fois brillamment filmé avec un refus des facilités ( il ne doit avoir aucun champ-contre champ dans ce film, même sur les gros plans - Godard peut encore aller se cacher ) et un lyrisme très émouvant.

Le tour de force visuel est encore plus incroyable quand on sait que le film date de 1929 et que le parlant était alors très statique. Ici Mamoulian, pour son 1er film, avait fait fabriquer des caméras très mobiles sur pneus tout en plaçant différent micros pour pouvoir capter différentes ambiances et suivre les mouvements de ces personnages. Il n'hésite pas non plus à sortir le film du studio pour aller filmer New-York avec tout en autant de majesté. Les séquences sur le pont de Brooklyn et le panorama sur la ville sont eux aussi beaux à pleurer.
De manière général, Mamoulian n'est jamais avare d'idées de mise en scène osées et payantes avec pour résultat une vision des mœurs de l'époque audacieuse qui en fait un document sociale sérieux. On a droit ainsi à un montage éclaté et avant-gardiste durant les scènes de musicals, un gestion de la profondeur de champ pour mieux évoquer le désir, quand à la rencontre entre les deux amoureux, elle est filmée lors d'un mémorable travelling ne cadrant que des pieds. Les métonymies sont d'ailleurs souvent fréquentes.

L'histoire et l'interprétation n'ont de plus pratiquement pas vieillis pour un plaisir intact avec la sensation de découvrir un authentique chef d'œuvre méconnu. Il est en tout cas en bonne place pour le film du mois.

Le film est dispo chez Kino. Il n'y a pas de sous-titres même anglais mais j'ai suivi ça sans trop de difficulté :)
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Messagepar santiago » 16 févr. 08, 10:14

Je vais acheter Applause immédiatement. Il y a une sorte de jubilation, mais aussi de frustration, à boucler la filmgraphie d'un réalisateur aimé. Sans un doute est-ce un peu névrotique comme pour le philatéliste qui cherche le timbre par avion de Nouvelle Calédonie de 1923 qui lui manque pour clore sa collection. J'ai ainsi longtemps traqué Man on the tightrope de Kazan ou L'étranger de Visconti avant de tomber sur la K7 pourrie sur ebay...L'affaire est d'autant lus complexe quand vous n'habitez pas la Capitale...Heureusement Internet...
Là, je recherche plusieurs films de Robert Hamer, honteusement oublié des cinéphiles et j'ai du mal....
Je parlais de frustration car une fois qu'on a tout vu d'un cinéaste, il ne reste plus qu'à revoir, mais ça j'y penserai pour mes vieux jours.
A mon tableau de chasse ? Tout Kazan, Ray, Clouzot, Lean, Bunuel, Visconti, Melville, Becker etc. Me manquent 1 Mankiewicz, Sturges, 2 Kurosawa et Bergman et beaucoup plus de Powell, Ford ou Naruse. La quête continue...
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Messagepar Watkinssien » 16 févr. 08, 12:31

Et moi j'ai revu Doctor Jekyll and Mister Hyde (1932) qui est une pure merveille de mise en scène, avec un passage en caméra subjective hallucinant, qui est pour moi la meilleure adaptation du roman !
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Re: Notez les films d'avril 2008

Messagepar Eusebio Cafarelli » 30 avr. 08, 20:36

Arènes sanglantes de Rouben Mamoulian (1941)

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Une splendeur ! Tout est superbe, les acteurs (Tyrone Power, Linda Darnell, Rita Hayworth à ses débuts, Anthony Quinn, Laird Cregar), les décors, les lumières et les couleurs (l'ensemble inspiré des grands peintres espagnols : Velasquez, Zurbaran, Ribeira, Goya...), la musique (dont le thème repris dans Jeux interdits, crédité pour ce dernier film à Narciso Yepes, et à Alfred Newman et Vicente Gomez pour le Mamoulian, qui peut m'expliquer ce mystère ?), le scénario (d'après Blasco Ibanez), la mise en scène (on atteint des sommets dans plusieurs scènes de danse en particulier, Rita Hayworth toréant Tyrone Power, puis la même servant de muleta à Anthony Quinn, danse splendide, encore plus sensuelle que celle de Gilda), les thématiques (l'homme viril, par moment homosexualisé discrètement - les scènes d'habillage - mais faible face aux femmes, sa mère, son épouse, Rita).
Les couleurs du dvd sont très belles, le bonus avec Jean Douchet intéressant, le dvd pas cher. Il faut avoir ce chef d'oeuvre magnifique dans sa dvdthèque ! Olé !
Dernière édition par Eusebio Cafarelli le 30 avr. 08, 20:38, édité 1 fois.
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AtCloseRange
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Re: Notez les films d'avril 2008

Messagepar AtCloseRange » 30 avr. 08, 20:50

Eusebio Cafarelli a écrit :Arènes sanglantes de Rouben Mamoulian (1941)

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Une splendeur ! Tout est superbe, les acteurs (Tyrone Power, Linda Darnell, Rita Hayworth à ses débuts, Anthony Quinn, Laird Cregar), les décors, les lumières et les couleurs (l'ensemble inspiré des grands peintres espagnols : Velasquez, Zurbaran, Ribeira, Goya...), la musique (dont le thème repris dans Jeux interdits, crédité pour ce dernier film à Narciso Yepes, et à Alfred Newman et Vicente Gomez pour le Mamoulian, qui peut m'expliquer ce mystère ?), le scénario (d'après Blasco Ibanez), la mise en scène (on atteint des sommets dans plusieurs scènes de danse en particulier, Rita Hayworth toréant Tyrone Power, puis la même servant de muleta à Anthony Quinn, danse splendide, encore plus sensuelle que celle de Gilda), les thématiques (l'homme viril, par moment homosexualisé discrètement - les scènes d'habillage - mais faible face aux femmes, sa mère, son épouse, Rita).
Les couleurs du dvd sont très belles, le bonus avec Jean Douchet intéressant, le dvd pas cher. Il faut avoir ce chef d'oeuvre magnifique dans sa dvdthèque ! Olé !
Mince, à cause de toi, je suis à un clic d'acheter le coffret Tyrone Power sur Amazon qui est à 20 euros en ce moment... :?
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films naphtas - Mai 2009

Messagepar Profondo Rosso » 6 mai 09, 22:20

La Reine Christine de Rouben Mamoulian (1933)

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Un des plus beaux rôles de Greta Garbo, aussi imposante et charismatique en souveraine androgyne (incroyable scène où elle dompte une foule hostile par la seule force du regard) qu'émouvante lorsqu'elle peut enfin s'épanouir en femme amoureuse (la magnifique longue séquences presque rêvée dans la chambre d'auberge). Une description intéressante de la prison dorée que constitue le pouvoir, empiétant sur la vie privée. On ressent vraiment que Greta Garbo et John Keith étaient ensemble à l'époque tant la passion brûlante des personnages est palpable notamment cet incroyable échange de regards lorsque Antonio découvre Christine dans son apparat de reine pour la première fois. Mamoulian se montre particulièrement inspiré pour illustrer ce récit tragique tandis que la beauté des splendide décors de la cour de Suède reconstitué en studio éblouissent de bout en bout. Et très belle fin mélancolique. 5/6

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Jeremy Fox
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Re: Rouben Mamoulian (1897-1987)

Messagepar Jeremy Fox » 17 juin 09, 12:04

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La Belle de Moscou (Silk Stockings, 1957)

A Paris, le réalisateur hollywoodien Steve Canfield (Fred Astaire) décide d’embaucher Boroff, musicien russe, pour écrire la musique de son prochain film, une adaptation musicale du ‘Guerre et paix’ de Tolstoï). Cependant, les autorités soviétiques pensent qu’il est grand temps pour ce dernier de rentrer au pays, un trop long côtoiement avec la société capitaliste risquant de laisser des marques indélébiles. Elles envoient pour le ramener trois commissaires prêts à tout pour mener à bien leurs missions. Succombant au charme du mode de vie occidental, ils pensent à devenir à leur tour des ‘dissidents’. La jeune mais rigide Nina Yoshenko (Cyd Charisse), Ninotchka pour les ‘camarades’, est dépêchée pour rapatrier tout ce petit monde à Moscou (voire en Sibérie s’ils contestent)…

Version musicale du Ninotchka de Lubitsch, La belle de Moscou est aussi le dernier film de Rouben Mamoulian et marque également la dernière apparition de Fred Astaire dans une comédie musicale avant La vallée du bonheur (Finian’s Rainbow) de Francis Ford Coppola à la fin des années 60. L’acteur-chanteur-danseur est parfait dans ces trois fonctions et reforme avec le même bonheur un couple très convaincant avec Cyd Charisse qui trouve peut-être ici l’un de ses meilleurs rôles (avec ceux dans Brigadoon et Party Girl). Dès qu’ils se retrouvent tous les deux et surtout lorsqu'ils se mettent à danser, c’est à nouveau un véritable enchantement ; les numéros ‘All of You’, ‘Fated to be Mated’ et ‘Paris Love Lovers’ sont ainsi de véritables petites bulles de champagne. Mais la séquence la plus marquante et qui mérite à elle seule la vision du film est le déshabillage et rhabillage de Cyd Charisse dans sa chambre d’hôtel ; instant de grâce et de bonheur non dénué d'un puissant potentiel érotique.

"Je disposais des deux meilleurs danseurs du monde et ce qui me passionna fut de donner à la danse une importance plus grande qu'à l'action proprement dite (...). La progression psychologique et dramatique n'existait que dans les ballets. C'est en dansant que les personnages prenaient conscience de telle ou telle chose et les ballets n'étaient pas du tout conçus comme des moments de simple spectacle" disait la réalisateur lors d’un entretien donné à Jean Douchet et Bertrand tavernier pour Positif. La vision du film nous le confirme mais c’est aussi là que le bât blesse car les séquences non musicales paraissent du coup ternes et l’entrain exagérément forcé. Nous ne retrouvons ainsi qu’à de trop rares instants le charme et la magie de la plupart des comédies musicales de l’âge d’or de la MGM produites par Arthur Freed ; faute sans doute à un scénario sans consistance et parfois indigeste ; ce n’est pas tant l’amusant anticommunisme primaire du film qui se révèle gênant mais les scénaristes de Lubitsch avaient trouvé des voies plus fines et plus drôles pour faire passer la pilule. Au final, un film inégal à l’image de la mise en scène de Mamoulian ; alors que le cinéaste arrive à nous rendre quelques séquences musicales franchement aériennes, à côté de ça, on le sent parfois indécis et en fin de compte bloqué quant à la façon de mener et d’en filmer d’autres. Tour à tour inspiré (la première séquence filmant uniquement les pieds de Fred Astaire) ou engoncé, le spectateur ressent à peu près la même chose mais sort néanmoins de la séance le sourire aux lèvres grâce au couple vedette et à la partition entrainante et très réussie de Cole Porter.

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phibes
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Re: Rouben Mamoulian (1897-1987)

Messagepar phibes » 17 juin 09, 14:02

sa version de dr jekyll arrache tout , un conte cruel de perversité er de noiceur c'est vraiment super !!!

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someone1600
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Re: Rouben Mamoulian (1897-1987)

Messagepar someone1600 » 19 juin 09, 08:51

Bien aimé Silk stockings pour ma part...

Quant a Dr Jekyll and Mr Hyde, la version de Mamoulian est indiscutablement la meilleure. :wink: