King Vidor (1894-1982)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Watkinssien
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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar Watkinssien » 23 janv. 10, 17:31

Aaaargh !
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Mother, I miss you :(

Fitzcarraldo
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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar Fitzcarraldo » 2 févr. 10, 13:55

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Jeremy Fox
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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar Jeremy Fox » 16 mars 10, 20:13

Billy le Kid (Billy the Kid, 1930)

Des pionniers et leurs troupeaux de bétail arrivent à Lincoln County (New Mexico) où ils souhaitent s’établir. La ville est dirigée par l’impitoyable colonel Donovan, un homme qui s’est attribué non moins que les rôles de shérif, juge, notaire et banquier. Il profite des dettes que pourraient avoir les fermiers pour les expulser, voler leur terres, n’oubliant pas une fois qu’ils ont le dos tourné de les liquider afin qu’ils n’aillent pas divulguer à tous vents ses méthodes peu orthodoxes ! Il souhaitede même dissuader les nouveaux arrivants de rester mais l’impétueux Billy le Kid vient prendre leur défense. Pour le remercier, Tunston décide de l’embaucher mais ce dernier succombe peu après dans un guet-apens. Billy le Kid qui s’était pris d’amitié pour son patron décide de le venger en éliminant tous les participants à ce meurtre…

Avant d’apparaitre sur les écrans de cinéma sous les traits de Robert Taylor, Audie Murphy, Paul Newman ou Kris Kristofferson, William Bonney, plus connu sous le nom de Billy The Kid, fut personnifié par Johnny Mack Brown dans l’un des premiers westerns importants du parlant. Les années 30 et l’arrivée de la parole virent de nouveaux cow-boys caracoler sur les écrans, pour la plupart des ‘cow-boys d’opérettes’ dont raffolèrent les foules. Héros de petites bandes assez courtes ou de serials, cavaliers sans peur et sans reproches, ils défendaient vaillamment et à tour de bras la veuve et l’orphelin. A côté de ces westerns de pur divertissement, il y avait néanmoins de la place pour des films plus sérieux comme les ambitionnaient de prestigieux cinéastes comme King Vidor qui pensaient que le son allait apporter un plus au genre et qu’il fallait continuer à réaliser des œuvres d’art dans la lignée des films de D.W. Griffith ou William S. Hart. « Les films de l’Ouest s’accomodaient d’intrigues faibles tant leur action était intense. Depuis l’avènement du film parlant, le dialogue doit creuser l’intrigue en profondeur…Ainsi la tendance actuelle dans la réalisation des films qui représentent les aventures des prairies porte aux caractères et aux situations historiques » disait-il en 1930.

Il tentera de mettre son discours à l’œuvre avec ce "Billy The Kid". Et pourtant c’est avant tout à cause du dialogue que son film ne s’avère qu’une semi-réussite. En effet, certainement paralysé par la lourdeur du nouveau matériel de tournage, les séquences dialoguées s’avèrent d’une grande staticité ; et ce n’est pas tout puisque les dialogues eux-mêmes se révèlent d’une grande médiocrité, les scénaristes ayant voulu insuffler un trop plein d’humour qui vient très souvent désamorcer la dureté de la description d’un Ouest (Nouveau Mexique) où règnent insécurité, violence et corruption à tous les niveaux. Après d’aussi flagrantes réussites que "La Foule" ("The Crowd") ou "Hallelujah", le premier western parlant de King Vidor ne pourra donc que décevoir. On ne retrouve pas non plus la virtuosité ni le lyrisme habituels du cinéaste, le jeu de Johnny Mack Brown a bien vieilli (King Vidor regrettait qu’on lui ait imposé cet acteur alors qu’il aurait souhaité avoir James Cagney) et Wallace Beery dans la peau de Pat Garrett, quoiqu’excellent, ne possède qu’un rôle assez secondaire.

Sinon, le spectacle reste de bon niveau avant tout grâce à de bonnes séquences d’action mouvementées ainsi qu’une description assez réaliste (pour l’époque) et crue de la violence mais grâce aussi à des plans et images impressionnantes avec par exemple ces falaises vertigineuses sous lesquelles évoluent Tunston et ses hommes juste avant l’attentat qui coutera la vie au ‘patron’, la grotte où se terre Billy le Kid après le fameux siège de la maison McSween, les plans initiaux sur l’arrivée des pionniers au dessus de la vallée où se niche Lincoln County… Selon Jean-Louis Ryeupeyrout, historien du genre, aucun autre film ne restitua le personnage et son destin aussi fidèlement ; on ne mettra pas ses dires en doute mais il faut probablement relativiser en disant comme Patrick Brion que le film est plutôt « un mélange d’authenticité et de surprises peu crédibles ». A savoir néanmoins que le Happy end de convention qui voit Pat Garrett laisser partir Billy n’existait pas dans la version européenne qui se terminait comme il se doit par la mort du jeune tueur.

Pour l'anecdote, ce premier grand western parlant de la MGM avait été tourné , comme "The Big Trail" à la Fox, à la fois en format standard et en format large (ici le système ‘Realife Grandeur’) mais la copie dans ce dernier format a désormais disparu. « Je cherchais à réaliser un western et je m’intéressais au personnage de Billy The Kid attiré par ce mélange de douceur et de colère destructrice » disait encore Vidor. On constate donc que très tôt le cinéma hollywoodien a cherché à transformer les grands bandits de l’histoire américaine en héros romantiques, justifiant leurs méfaits et crimes au regard des circonstances historiques et sociales de l’époque. Le film de King Vidor est d’ailleurs ‘préfacé’ par le gouverneur de New Mexico de l’époque qui louait le sens de la justice du Kid !!

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Jeremy Fox
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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar Jeremy Fox » 1 mai 10, 08:57

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Le Grand Passage (Northwest Passage, 1940)
MGM



Comme Drums Along the Mohawk, il s’agit d’un ‘pré-western’ basé sur des faits historiques réels qui débute également au milieu du 18ème siècle. Comme le film de John Ford, son prologue se déroule dans l’État de New York, les protagonistes se rendant ensuite en Nouvelle-Angleterre, vers la frontière canadienne où les indiens massacrent les colons avec le soutien de l’armée française. Mais alors que John Ford se penche sur la vie quotidienne des pionniers, King Vidor fait évoluer 15 ans plus tôt (l’année à laquelle se déroule déjà Allegheny Uprising avec John Wayne) une troupe de Rangers et nous livre par la même occasion le prototype des films de ‘commandos’ mettant en scène des groupes de soldats qui, en se rendant sur le terrain de leur mission, devront affronter dangers divers et variés au prix d’efforts quasi surhumains dont les fleurons les plus célèbres seront Aventures en Birmanie (Objective Burma) ou Les Aventures du Capitaine Wyatt (Distant Drums) de Raoul Walsh, Les Maraudeurs Attaquent (Merril’s Marauders) de Samuel Fuller…

En cette année 1759, Langdon Towne (Robert Young) revient à Portsmouth après qu’il se soit fait rejeter par l’université d’Harvard pour avoir caricaturé ses professeurs. Sa passion pour le dessin le fait désormais rêver de pouvoir aller peindre les Indiens dans les contrées sauvages. Tombant sur lui dans une taverne et apprenant qu’il est aussi cartographe, le Major Rogers (Spencer Tracy), chef des Rangers, le fait boire plus que de coutume ; Langdon se réveille le lendemain avec la gueule de bois, étonné de se retrouver engagé dans la troupe de Rogers aux côtés d’un de ses compagnons de beuverie, Hunk Marriner (Walter Brennan). Ils partent en canot dès le lendemain vers la frontière canadienne à Saint Francis où ils ont pour objectif de décimer la tribu des Indiens Abenaqi, responsable des massacres de plusieurs colonies de pionniers. Le commando progresse péniblement à travers des montagnes qu’ils doivent franchir avec leurs embarcations sur le dos afin d’éviter les troupes françaises, des marais infestés de moustiques, des fleuves tumultueux qu’il faut pourtant traverser à pied…Leur mission terminée, l’expédition punitive s’étant soldée par l’extermination du village indien, le retour s’avère encore plus difficile car les vivres se font rares, les marches forcées épuisent le bataillon et le moral des hommes est au plus bas.

Le spectateur est donc aux premières loges et assiste à ces multiples épreuves et aventures mais avec un certain détachement, se sentant assez peu concerné par cette épopée, faute aux scénaristes Talbot Jennings et Laurence Stallings n’ayant pas pensé à développer l’écriture des personnages composant les Rogers’s Rangers, s’étant concentrés avant tout sur leurs innombrables péripéties. Il faut dire qu’avec les dizaines de contributeurs ayant participé au scénario qui a subi de multiples remaniements, il fallait s’attendre à un résultat pas forcément harmonieux et plutôt inégal. Le fait que la production du film et son tournage aient été également des plus chaotiques peut expliquer voire même excuser certains défauts voire quelques dérives belliqueuses qui ont pas mal dérangées à l’époque. King Vidor raconte dans La Grande Parade (sa passionnante autobiographie) les difficultés qu’il eut à surmonter ayant pris le train en cours de route (attiré par le fait de pouvoir enfin tourner un film en Technicolor), W.S. Van Dyke ayant été d’abord pressenti pour réaliser Northwest Passage dont le titre devait d’ailleurs s’appliquer à une seconde partie qui n’a finalement jamais vue le jour, les producteurs ayant eu peur que le public n’accepte pas un Spencer Tracy se décomposant et devenant presque fou. Dommage car c’eut enrichi ce personnage ici un peu monolithique, certes rude et bourru mais paternaliste et cachant un fond débonnaire. Spencer Tracy en explorateur présomptueux, meneur d’hommes à la volonté infaillible, galvanisant son escouade afin qu’ils ne craquent pas physiquement et moralement est néanmoins assez convaincant. C’est d’ailleurs le seul qui sorte un peu du lot, tous les autres se fondant un peu trop dans la masse, même Robert Young et Walter Brennan (remplaçant au pied levé Robert Taylor et Wallace Beery) n’arrivant pas à tirer grand-chose de leurs personnages taillés à la hache... On ressent un certain manque d’enthousiasme dans la description de ce microcosme itinérant ; King Vidor n’était peut-être pas le cinéaste de la situation, du portrait de groupe.

Dommage aussi que les magnifiques paysages naturels ne soient pas plus mis en valeur et que la mise en scène manque un peu d’ampleur ; nous sommes loin du King Vidor baroque et plastiquement impressionnant, celui de La Foule ou de Duel au Soleil. Ceci dit, ses séquences spectaculaires ne manquent pas de grandeur même si on se prend à rêver de ce qu’en auraient fait Raoul Walsh. On se souviendra quand même longtemps de ce franchissement de la rivière à l’aide d’une chaîne humaine improvisée ou de cette fameuse séquence de l’extermination du village indien au petit matin. Sans accompagnement musical, Vidor réussit à nous la rendre très puissante par sa brutalité et par la virtuosité des mouvements de caméra et des cadrages. Souvent critiqué pour sa violence, sa férocité et son racisme, il est néanmoins difficile de porter un jugement définitif sur Northwest Passage sans sa seconde partie qui devait faire bifurquer le film vers toute autre chose. En l’état, c’est vrai qu’on ressent un certain malaise à voir la joie que semblent prendre les personnages à décimer les Indiens sans aucune pitié. Mais les épreuves qu’ils doivent endurer par la suite (massacres en retour, folie, suicides, faim…) font presqu’office de punition.

Avec un aussi fort potentiel de départ, on aurait pu s’attendre à un grand film épique. Je ne trouve pas que le film tienne ses promesses ; le divertissement s’avère néanmoins solide et plaisant à regarder d’autant que le Technicolor fait superbement ressortir les uniformes verts des Rangers de Spencer Tracy.

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bruce randylan
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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar bruce randylan » 10 juin 10, 11:05

Billy The kid ( 1930 )

Un western historique pour le genre ( l'un des premiers parlant ; l'un des premiers sur Billy The Kid ; un traitement novateur de la violence ) qui a pris malgré tout un coup de vieux dû à une interprétation datée d'une grande partie du casting, d'une technique sonore trop lourde pour le style de Vidor et de concessions commerciales dommageables ( quelques intermèdes humoristique totalement gratuits et hors-sujets ; happy-end illogique rajouté par la production ).

La mise en scène est donc loin du lyrisme du réalisateur de Our Daily bread ou de Hallelujah! et l'émotion est aux abonnés absents avec une histoire d'amitié entre Pat Garret et Billy The Kid qui ne fonctionne pas à cause du personne de Garret trop absent et du jeu de Wallace Beery. Quand à l'histoire d'amour mieux vaut ne pas en parler du coup.

Reste donc que niveau action, le film tient par contre là sacrément bien le poids des années. Les règlements de compte occupent surtout le tiers central du film avec une très longue scène où Billy The kid et ses comparses sont cernés par les hommes du shérif. Une scène magnifiquement réalisée dont le réalisme tranche avec le reste du film, plus formaté. La mise en scène scène est directe, sobre sans effet de style pour un résultat impressionnant. C'est le cas avec la violence crue qui choqua à son époque. La scène où un side-kick comique tente de ramener un seau d'eau sous les balles ennemies est stupéfiantes. Le film a beau dater de 1931, ce passage filmé en un seul plan est toujours éprouvant et douloureux.
Quant à la manière dont The Kid échappe à ses adversaires en se servant de 4 pistolets annonce directement John Woo et chorégraphies de l'âge d'or hong-kongaise. :D
De plus, Johnny Mack Brown qui prête ses traits au héros possède un panache et indéniable charisme pour un personnage à la décontraction, à l'insolence et à la légèreté qui n'a rien à envier à Errol Flynn ou Douglas Fairbanks.

La final aussi est également magnifique avec une habile utilisation des décors naturels pour une conclusion tragique que Raoul Walsh retiendra pour la fille du désert.

Ces grands moments, ainsi que l'évasion de la prison, qui représentent un peu plus de la moitié du métrages parviennent à faire oublier les défauts du film. Et puis cette version de Billy The kid est tout simplement la première pierre qui conduit au cinéma d'action contemporain.


Un dvd ça serait sympa quand même...
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"

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Cathy
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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar Cathy » 1 oct. 10, 19:04

Souvenirs, H.M. Pulham Esq (1941)

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Un homme d'affaires bostonien se voit chargé d'organiser une réunion des Anciens de son université, au même moment une femme qu'il a aimé reprend contact avec lui. Il se replonge dans son histoire.

Souvenirs est un film composé de plusieurs flashbacks plus ou moins longs qui racontent la vie de cet homme d'affaires marié, père de deux enfants, une fillette d'une dizaine d'années qui chassent les araignées, et un fils plus âgé que l'on ne voit jamais. Le plus long flash back est consacré à sa rencontre avec Marvin, son travail à ses côtés, les différences entre bostoniens et new yorkais qui les opposent, cette histoire d'amour impossible, et celle plus traditionnelle avec une fillette qu'il a rencontrée alors qu'il n'avait qu'une dizaine d'années. King Vidor filme avec sensibilité le portrait de cet homme attachant campé par Robert Young excellent, on ne comprend toutefois pas ce qui peut l'attirer dans ce personnage de femme finalement froide, assez désagréable campée par Hedy Lamarr, très belle comme souvent, mais dont la froideur est fort bien exploitée pour ce personnage. Il y' a aussi Van Heflin en camarade plein d'enthousiasme ou Charles Coburn en père qui a tracé le destin de son fils. Ruth Hussey est également parfaite dans son rôle d'épouse. Vidor une fois encore décrit avec talent une vie quelque part assez banale, mais dommage que le personnage féminin soit si peu attachant

Copie TCM

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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar Père Jules » 6 oct. 10, 15:11

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La foule (The Crowd) (1928)

Étonnamment, Lourcelles pour lequel j’ai une admiration indéfectible, ne place pas La foule au rang des plus grandes réussites de l’histoire du cinéma. Bien que d’un enthousiasme le plus souvent réfléchi, je dois dire qu’en ce qui me concerne, le film de Vidor tient du chef-d’oeuvre. Dans le sillage de La grande parade, Vidor dépeint admirablement la vie d’un citoyen ordinaire, qui, bien que mû par de grandes ambitions, n’a finalement que l’existence d’un quidam dans sa tragique banalité. La foule dont cause le réalisateur, c’est celle qui broie Sims dans son anonymat. Celle qui l’oppresse au travail, qui la bouleverse dans son deuil, qui l’encercle lors de son retour à la vie. De sublimes et cruelles images accompagnent durablement le cinéphile: l’arrivée de Sims à New York et ses gigantesques et écrasants gratte-ciels, John dans son « bureau » entouré de centaines d’autres employés, le voyage de noces de John et Mary aux chutes du Niagara, la mort de leur petite fille, la tentative de suicide de John etc… On sait que sept fins avaient été tournées. Sept fins qui traduisaient différents degrés d'optimisme (ou de pessimisme c'est selon). Il semble que la production imposa à Vidor le degré 2 de l’optimisme (qui ne convainc guère Lourcelles). On pourrait discuter sans fin de la pertinence de ce choix, se demander si l’histoire de Johnny Sims pouvait se finir comme elle se finit, qu’importe, La foule est un film tout simplement merveilleux.

Mon film préféré de son auteur et sans aucun doute dans mon top 10 des films muets et dans mon top 100. Entre Borzage et Murnau, excusez du peu.
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Jeremy Fox
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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar Jeremy Fox » 6 oct. 10, 15:15

Je le place moi aussi pas très loin de l'Aurore ; un des plus beaux films muets que j'ai pu voir.

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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar Balooo » 12 oct. 10, 02:12

Je viens de voir le Duel au soleil de King Vidor et pour ma part je l'ai trouvé plutôt bon. Il faut dire que c'est plutôt rare (enfin d'après les films que j'ai pu voir) de trouver Gregory Peck dans un rôle d'anti-héros! C'est la fin du film qui m'a un peu dérouté parceque finalement on ne sait plus trop si le personnage de gregory peck est à 100% "méchant". J'ai bien aimé l'introduction du film avec le narrateur qui raconte une légende. Sinon j'ai trouvé le sénario plutot fluide, et la présence de Lilian Gish est plutôt agréable. J'aimerais comprendre en quoi l'intervention du producteur se ressent? Je ne suis pas très qualifié en la matière, étant toute nouvelle sur ce forum j'espère apprendre plein de choses avec vous :mrgreen: :mrgreen:

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Jeremy Fox
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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar Jeremy Fox » 12 oct. 10, 07:18

Bienvenue :wink:

Tu devrais pouvoir trouver des éléments de réponses dans Le topic consacré au film. D'ailleurs King Vidor n'a réalisé pas plus qu'environ la moitié du film puisque beaucoup d'autres réalisateurs se sont succédés sans qu'on ne le remarque trop.

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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar Balooo » 14 oct. 10, 12:47

Ah d'accord :o je m'en vais faire un petit tour sur le topic :mrgreen:
Merci beaucoup :mrgreen:

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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar Profondo Rosso » 12 janv. 11, 03:04

Ruby Gentry (1952)

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Dans un refuge de chasseurs, les notables d'une petite ville de Virginie se retrouvent de temps à autre. Mais ne viennent-ils pas en fait pour la sauvage Ruby Gentry, la fille des marais ? Sauvageonne élevée par Letitia Gentry, l'épouse de Jim Gentry l'homme le plus puissant de la ville, Ruby n'a d'yeux que pour Boake Tackman, l'une des grosses fortunes de la région...

Ulcéré par la tyrannie de son producteur David O'Selznick durant le tournage de Duel au Soleil, King Vidor avait quitté le tournage de ce film dont il se voyait dépossédé avec fracas. Quelques années plus tard lui était donnée l'occasion de montrer ce qu'aurait dû être sa version de Duel au Soleil avec ce Ruby Gentry à la trame et aux thèmes voisins. S'étant mis à l'abri de toute interférence extérieure en produisant le film lui même, Vidor pousse le mimétisme jusqu'à reprendre Jennifer Jones dans une sorte de relecture du rôle de Pearl Chavez de Duel au Soleil, comme pour reprendre son brouillon où il l'avait laissé.

L'ensemble se déroule donc comme un Duel au Soleil dont on aurait retiré toute la grandiloquence baroque de O'Selznick, mais certainement pas la fièvre. Le cadre est plus modeste avec une petite ville côtière en essor de Caroline du Nord, où on retrouve un couple à la passion fiévreuse et destructrice non plus séparé par la race, mais par la question sociale. Ruby (Jennifer Jones) jeune fille de condition modeste n'a d'yeux que pour Boake (Charlton Heston) meilleur parti de la région qui la désire ardemment. Comme souvent chez Vidor (Le Rebelle ou Duel au Soleil encore) cette passion ne s'exprime totalement que dans une certaine brutalité et bestialité symbolisé par les étreintes furieuses des deux amants. Cette violence, Vidor parvient à l'incarner dans les personnalités de ses deux héros en l'associant à ce Sud des Etats-Unis encore régis par le clivage des classe. Ruby malgré ses origines a reçu une éducation de femme du monde et n'accepte plus la rudesse des assauts de Boake sans la promesse d'un engagement mais ce dernier par ambition va en épouser une autre.

Jennifer Jones dans un rôle qu'elle connaît bien (La Renarde et Duel au Soleil sont tout aussi emblématique de ses rôle de sauvageonne indomptable) irradie l'écran d'intensité et de passion même si Vidor semble avoir réussi à apporter une certaine mesure à son jeu tout en excès. Charlton Heston pas encore auréolé du port princier de ses grands rôles historique affiche un mélange idéal de masculinité virile et de fragilité notamment lors de la très belle scène où il remonte en voiture avec Jennifer Jones après l'inondation de ses plantations. Le cadre rural tel que filmé par Vidor s'avère autant symbole de camaraderie chaleureuse qu'un cadre restreint dont les habitants ne doivent surtout pas échapper. Les premières séquences nous montre une Ruby entourée, objet de toutes les attentions et d'une présence érotique sauvage et enivrante tel cette mémorable première apparition de Jennifer Jones en ombre aux courbes troublantes dans l'embrasure d'une cabane. C'est lorsqu'elle cherchera à sortir du rang et dépasser sa condition que le cadre se resserre, l'isole dans des espaces de plus en plus vide que ce soit une réception ratée ou ses appartements où elle rumine sa vengeance face à ceux qui l'ont méprisés.

Alors du coup Vidor fait il mieux que Duel au Soleil ? Pas forcément. Le côté hypertrophié qui pouvait déranger (et fasciner) dans le film de 1946 est absent, mais certaines scories qui pouvaient passer dans l'excès général sont plus dérangeante ici. La narration en voix off de l'insipide personnage du médecin n'était vraiment pas nécessaire et apporte une distance inutile sur les évènement et surtout celui du frère exalté religieux paraît très excessif (surtout la conclusion) dans la tonalité plus mesurée de Ruby Gentry. Vidor semble également vouloir opposer à la durée surgonflée de Duel au Soleil (amenée par la volonté de O'Selznick de refaire un Gone with the wind) une narration plus concise mais du coup certaines séquence s'enchaîne bien trop vite comme le mariage avec Karl Malden qui se déroule dans la foulée de l'enterrement de sa femme où le final très abrupt. Bien qu'imparfait le film est tout de même brillant par ses éclairs de cruautés et de noirceur, la terrible revanche de Ruby après la vindicte dont elle est victime (superbe scène où les automobilistes se déchaînent à sa porte) est saisissante Vidor trouve de belles idées pour faire savourer sa revanche comme plan sur son visage impassible en lunette noires lorsqu'elle ruine les espoirs de Boake. La dernière scène dans les marais brumeux de studio n'est d'ailleurs pas loin d'égaler celle inoubliable de Duel au Soleil s'il n'y avait cet épilogue en voix off lourdaud. 4,5/6

ballantrae
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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar ballantrae » 13 janv. 11, 21:29

Excuses à jeremy fox pour ma question western: et voilà que je trouve de suite Northwest passage !
Je te trouve un peu dur avec un film certes amputé de sa seconde partie au fort potentiel mais d'une puissance épique impressionnante qu'il s'agisse de décrire la fatigue, les difficultés du terrain, l'attaque hallucinante d'un village indien.
Il faut que je le revois. Il paraît qu'il sera l'un des "classic confidential" de wild side.

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Jeremy Fox
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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar Jeremy Fox » 13 janv. 11, 22:51

ballantrae a écrit :Il faut que je le revois. Il paraît qu'il sera l'un des "classic confidential" de wild side.


Oui, et j'ai hâte de pouvoir le voir dans de bonnes conditions pour confirmer ou infirmer mon ressenti qui a pourtant été le même à deux reprises étalées sur à peine 2 ou 3 ans d'intervalle. On en parle un peu plus longuement suite à mon avis illustré dont je t'ai mis le lien dans le topic western.

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bruce randylan
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Re: King Vidor (1894-1982)

Messagepar bruce randylan » 21 janv. 11, 11:12

Citadelle (citadel-1938)

Dans l'Angleterre du début du 20ème siècle, un médecin passionné tente de faire progresser la science dans une ville minière. Son enthousiasme se heurte aux intérêts économiques et la peur du progrès.

Tourné au Royaume-Uni ce drame s'avère être une déception à cause d'un scénario trop moralisateur qui se perd dans une seconde partie ratée où le médecin perd ses idéaux dans l'argent facile. Les clichés abondent, les stéréotypes les plus banals s'enchaînent en même temps que l'intrigue devient totalement prévisible.

C'est regrettable car la première moitié, si elle n'était pas du grande originalité, fonctionnait agréablement pour son duo d'acteur (Robert Donat et Rosalind Russell) et pour l'opposition entre science militante et obscurantisme calculé. La mise en scène de Vidor y était également un peu plus inspiré aussi sans jamais pouvoir rivaliser avec la sensibilité et le lyrisme de ses meilleurs films. On ne le sent donc que moyennement concerné par ce qui s'apparente à un produit de commande. La dimension morale et philosophique ne reste qu'une note d'intention qu'on ne fera qu'effleurer.
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