Les Westerns 2ème partie

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Chip
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Chip » 25 nov. 16, 08:04

Vieux souvenir d'adolescence, un merveilleux épisode de la très populaire (au début des années 60) série TV " AVENTURES DANS LES ILES "( adventures in paradise ) : "Eden" (Isle of Eden)(1959) réalisé par Gerd Oswald avec Yvonne De Carlo et Hugo Haas. Une série qui attend encore son dvd.

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kiemavel
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The Outcast

Messagepar kiemavel » 26 nov. 16, 18:57

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The Outcast - Les proscrits du Colorado de William Witney (1954)

Réalisation : William Witney / Production : Republic Pictures / Scénario : John K. Butler & Richard Wormser d'après une histoire de Todhunter Ballard / Photographie : Reggie Lanning / Musique : Dale Butts
Avec John Derek (Jeff Cosgrave), Joan Evans (Judy Polsen), Jim Davis (Le Major Linton Cosgrave), Catherine McLeod (Alice Austin), Ben Cooper (le Kid), Slim Pickens (Boone Polsen), Bob Steele (Dude Rankin), Harry Carey, Jr. (Bert), Frank Ferguson (Chad Polsen), James Millican (Cal Prince)


Lorsqu'il avait 15 ans, Jet avait été spolié de son héritage par son oncle, le Major Cosgrave, avec la complicité d'un avocat corrompu qui avait modifié le testament de son père. 8 ans plus tard, Jet revient à Colton, Colorado bien décidé à faire valoir ses droits sur le ranch familial quitte à reconquérir la vaste propriété de son père les armes à la main puisqu'il ne peux y parvenir légalement. C'est pourquoi Jet a fait appel à une bande de mercenaires dirigés par Dude Rankin pour faire face au Major et à ses hommes. A peine arrivé, Jet rencontre en ville Miss Austin, une élégante citadine arrivant tout juste de Virginie afin d'épouser le Major. Dès le premier jour, peu après avoir révélé à la jeune femme son identité et le but de son retour, Jet est attaqué par deux des hommes du Major mais il est sauvé par l'intervention de Judy, la fille du clan Polsen, des fermiers eux aussi spoliés par le Major mais la jeune femme regrette aussitôt son geste en apprenant l'identité de Jet tant la détestation de tous les Cosgrave, sans distinction, habite toute sa famille. Bientôt, Jet se retrouve seul contre le Major et ses hommes …

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Une histoire de trahison et de vengeance avec la possession de la terre pour enjeu. C'est le sujet principal ou secondaire de nombre de westerns. ici, il est - au moins sur le papier - émotionellement plus fort en ce sens que le conflit se déroule dans le cercle familial. Ce thème de la vengeance est d'ailleurs décliné sur plusieurs niveaux -plusieurs couches- puisque le règlement de comptes entre Jet et son oncle se superpose et s'imbrique dans le conflit " de voisinage " entre les Cosgrave et le clan Polsen, les propriétaires d'un ranch voisin qui vouent une haine farouche aux Cosgrave. Une haine d'ailleurs injustifiée mais c'est ainsi que les Polsen perçoivent cette rivalité ne faisant aucune distinction entre Jet - et son défunt père - et le Major qui les floue depuis qu'il a repris en main le Cercle C, le plus grand ranch de la région à partir duquel il s'est étendu avec l'aide de ses hommes de main, y compris en ayant recours au meurtre (un fermier a disparu mais il ne fait guère de doute pour tout le monde que le Major en est responsable) et en ne laissant aucune place aux petits fermiers des environs.

Le thème de la trahison est renouvelé en cours de route par les actions de quelques personnages secondaires - secondaires mais primordiaux - qui passent d'un camp à l'autre ou sur lesquels plane une incertitude quant à l'attitude qu'ils vont adopter (il y en a au moins un dans chaque camp dont on sent bien les volontés d'émancipation ou dont le libre arbitre par rapport à leur clan pourra les amener à intervenir de manière surprenante). Car même les plus fidèles "serviteurs" peuvent mordre la main qui les nourris s'ils sentent que le loup s'est élimé les dents et s'est du coup affaibli (la "faiblesse" du "loup" est ici une femme).

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La grande place occupée par ces seconds rôles et leur influence sur la trame principale aurait pu entrainer un délitement du récit mais Il n'en est rien car Witney, tout en laissant une grande impression de simplicité, maitrise son récit malgré l'alternance de scènes d'action et de nombreuses séquences "romantiques" (puisqu'on a ici deux femmes équitablement traitées par les scénaristes) conduisant à une partie finale très mouvementée comportant plusieurs retournements de situation, en raison des retournements d'alliance consécutives aux trahisons ou aux ralliements des uns et des autres. Toutes ces séquences font progresser l'intrigue principale et s'intègrent parfaitement au fil conducteur qui reste, en plus de l'évolution du conflit familial qui va conduire - on le pressent- à l'affrontement frontal clan contre clan, l'évolution du personnage interprété par John Derek. Car l'essentiel est là.

On découvre un jeune homme amputé des sentiments et tellement déterminé à se venger que rien d'autres ne compte, et qui va au fil du récit devenir très progressivement plus humain. Jet est d'abord un jeune homme assez cynique, notamment avec les femmes puisqu'il va mener de front deux intrigues amoureuses. Intrigue est bien le mot qui convient car le très manipulateur Jet est un séducteur blasé qui séduit sans effort la naïve Judy sans se rendre compte de l'importance que revêt pour elle ce qu'il vit comme une amourette sans importance alors que la jeune fille prend le risque de se brouiller avec sa famille pour s'être amouraché d'un Cosgrave (et de fait, le Romeo et Juliette de l'ouest tourne mal pour la jeune fille qui est rejetée par son père) … tout en espérant bien prendre sa fiancée à son oncle, semblant l'inclure dans sa vengeance en commençant par forcer un baiser puis en tentant de l'éloigner du major en dressant un portrait de son futur mari que la jeune femme ne veut pas entendre puisqu'elle croit s'apprêter à épouser un respectable rancher. Son attitude n'est pas seulement discutable avec les femmes puisque sa détermination à régler ses comptes et recouvrer ses droits sur la propriété familiale que s'est indument approprié son oncle l'amène à employer les mêmes méthodes … et il le revendique. Il compte se faire voleur (il a l'intention de s'approprier les bêtes de son oncle en falsifiant sa marque) … et s'apprête à reprendre sa place en ayant recours au meurtre puisque la reconquête du ranch ne peux pas ne pas entrainer la mort de nombreux hommes des deux camps ( … d'ailleurs "mouvants"). Ce n'est que très progressivement qu'il s'humanise, principalement au contact de Judy.

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Si John Derek est encore une fois très convaincant (je vais finir par l'aimer dans tout ), ses deux partenaires féminines, qui n'ont l'une comme l'autre pas fait une grande carrière (même si Joan Evans tenait le 1er rôle féminin de quelques westerns de série B) sont plus qu'agréables ; Judy (Joan Evans) étant la plus convaincante des deux car elle donne du relief à son ingénue sentimentale et d'autre part, la bonne relation qu'entretienne les deux jeunes femmes met en difficulté Jet en raison des révélations que cette situation entraine. Enfin, le major Cosgrave est lui interprété par Jim Davis qui a joué le méchant dans une multitude de westerns Republic mais il n'est quand même pas ni le vicieux John McIntire ; ni l'élégant et raffiné Lyle Bettger ; ni le fou dangereux Jack Elam ni même le parfois cartoonesque Victor Jory. Mais son visage peu expressif, son coté massif et sa relative mollesse (1) servent un personnage rustique et balourd dont la mise soignée (la redingote blanche du rancher qui a réussi) ne dit pas que sa réussite a pour fondement l'escroquerie, la trahison et peut-être le meurtre. Cela dit, sa détermination en prend un coup depuis qu'il se sent sous le regard de sa fiancée qui pourtant refuse de prime abord de croire qu'elle s'apprête à épouser un monstre. C'est ça de ne pas vouloir épouser une bonne fille de fermier local ! Le mot d'ordre du jour sera donc : salauds de tous pays, restez célibataires ou fiancez vous dans votre milieu.

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Un mot sur les seconds rôles … Dans le clan Polsen, le patriarche Chad est interprété par Frank Ferguson et son fils ainé Boone par Slim Pickens. Parmi le personnel du Major Cosgrave, on retrouve James Millican dans le rôle du contremaitre Cal prince. Le 'kid', un jeune impétueux, est interprété par Ben Cooper et Harry Carey Jr. , plus effacé, est Bert. Enfin, Duke Rankin, le chef des mercenaires de Jet est interprété par l'excellent Bob Steele. Il faut le voir arborer un petit sourire satisfait après qu'il ai abattu dans le dos l'innocent cuisinier du Major qui était resté seul au ranch dont Jet lui avait demandé de reprendre possession. Bravo Bob ! Il avait une tête de fourbe ? ça tombe bien, il a un rôle de fourbe. Si lui se détache un peu plus, tous sont justes dans un film qui s'oublie sans doute assez vite mais comportant des séquences qui restent en tête. En dehors de celles brièvement évoquées par ailleurs : Frank Ferguson portant dans ses bras son fils blessé à mort ; Slim Pickens chargeant au grand galop tout en saisissant à deux mains sa carabine et tirant sans discontinuer (ça sert d'avoir fait du rodéo et d'avoir été cascadeur) ; John Derek répondant aux provocations de Ben Cooper en le traitant comme un gamin et en l'humiliant impitoyablement, ou encore le même sautant de son cheval sur celui de Bob Steele. Simple, direct, sans fioritures mais bien fait par un bon artisan du genre … très recommandable. DVD gravé (VF)


(1) Le Major se prend même une rouste par le pourtant assez frêle John Derek ; mais il n'avait qu'à être meilleur acteur, il aurait été star et serait sorti vainqueur de plus d'une bagarre. Quoique, dans le cas de Derek, on peut penser que son statut était au moins autant du à son talent qu'à sa belle gueule

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Chip » 27 nov. 16, 08:54

Intéressante critique pour un des bons films de Witney, cependant moins réussi que " Stranger at my door" (l'inconnu du ranch)(1956) son meilleur, quoique il nous reste beaucoup à découvrir sur ce prolifique pilier des studios de la Republic pictures, nous ne connaissons rien des innombrables séries B qu'il a réalisées pour Rex Allen ou Roy Rogers.

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Jeremy Fox
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Jeremy Fox » 27 nov. 16, 09:05

Quel éditeur pourrait nous sortir les films Republic désormais ? Car ça me semble bien alléchant en effet.

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar kiemavel » 27 nov. 16, 21:41

Chip a écrit :Vieux souvenir d'adolescence, un merveilleux épisode de la très populaire (au début des années 60) série TV " AVENTURES DANS LES ILES "( adventures in paradise ) : "Eden" (Isle of Eden)(1959) réalisé par Gerd Oswald avec Yvonne De Carlo et Hugo Haas. Une série qui attend encore son dvd.

Je ne connaissais pas du tout cette série. Peut-être jamais rediffusée ? Coïncidence, je viens de revoir le premier épisode d'une série de mon enfance : Les Robinsons suisses. Comme disait Barbara on ne repasse jamais par son enfance et au moins une bonne partie de nos "madeleines" s'avèrent un peu décevantes plusieurs décennies plus tard. Mais c'est normal et je m'y attendais.
Chip a écrit :Intéressante critique pour un des bons films de Witney, cependant moins réussi que " Stranger at my door" (l'inconnu du ranch)(1956) son meilleur, quoique il nous reste beaucoup à découvrir sur ce prolifique pilier des studios de la Republic pictures, nous ne connaissons rien des innombrables séries B qu'il a réalisées pour Rex Allen ou Roy Rogers.

Rex Allen, Roy Rogers, je n'en ai vu aucun ; et plus largement je ne connais pas du tout tous ces héros de serials et autres petits westerns d'une heure, les compléments de programme, etc...J'ai du lire quelque part que Slim Pickens - qui a un bon petit rôle dans The Outcast - tenait déjà un rôle important dans les Rex Allen ; ou il y était encore cascadeur (je ne sais plus).
Stranger at my Door, celui ci je dois le voir depuis longtemps car je sais qu'il est réputé et très original, déjà pour être un des rares films où Skip Homeier est en haut de l'affiche. Je vais le remonter dans la pile ...
Jeremy Fox a écrit :Quel éditeur pourrait nous sortir les films Republic désormais ? Car ça me semble bien alléchant en effet.

Le précédent est tout de même assez nettement meilleur. Republic, je ne sais pas mais ce film ci n'est pas si rare. Il est déjà passé à la télévision au moins en Allemagne et en Espagne ; et à ma connaissance il existe au moins un DVD en Espagne (heureux qui comme un espagnol est amateur de western) et - je crois - en Italie. Donc ça peut venir ...

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kiemavel
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Ambush at Tomahawk Gap

Messagepar kiemavel » 22 déc. 16, 00:53

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Les forbans du désert - Ambush at Tomahawk Gap de Fred F. Sears (1953)


Quatre prisonniers - McCord, Kid, Egan et Doc - sont libérés de la prison de Yuma après avoir purgé une peine de 5 ans pour avoir attaqué une diligence transportant la paye de l'armée. Après une bagarre dans un bar, McCord est abandonné inconscient par les 3 autres qui sont chassés de la ville par le shérif. A son réveil, il parvient à convaincre deux clients du bar de lui vendre un cheval que McCord identifie comme le cheval ayant appartenu au frère de Egan, le chef de la bande à la place duquel il avait été condamné à tord sur le témoignage de ses complices et il apprend donc sa mort survenue durant leur incarcération. Il rattrape les 3 autres membres du gang alors que ceux ci sont attaqués par des apaches et profite de la situation pour mettre en demeure les 3 hors-la-loi de partager le butin dont il estime mériter une part pour le temps passé injustement en prison. Malgré la disparition de leur chef qui était censé avoir caché le butin à Tomahawk City, ils s'y rendent - accompagnés d'une indienne qu'ils ont capturé - dans l'espoir de retrouver le magot et découvrent une ville désertée par ses habitants …

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Pour fabriquer Les forbans du désert, les scénaristes ont appliqué une recette assez simple à réaliser : vous prenez des gros morceaux du Trésor de la Sierra Madre et vous rajoutez autant de morceaux de La ville abandonnée et voilà ; presque plus qu'à servir. Malgré tout ce que l'on subodore assez vite, dans les prémisses de cette histoire, quelques éléments pouvaient amener de l'inédit ou au moins une part d'originalité. Car au bout d'un gros quart d'heure, on se rend compte que tous les personnages que l'on aura probablement à connaitre sont là et qu'aucun n'a véritablement le profil du "bon", en tout cas parmi les têtes d'affiche. On a en présence : des bandits … Un seul personnage féminin (qui plus est une indienne que l'on croit Apache) … se joint à eux un peu plus tard un vieux fou qui sort assez vite de la cachette où il se terre dans Tomahawk City déserté. C'est le seul habitant de la ville resté là pour prendre soin du cimetière et qui espère le retour des habitants … et enfin : les Apaches, qui occupent tout le territoire et font des raids sur la ville. L'enjeu : un trésor disparu … Le contexte : une ville (presque) fantôme. Et il est où le héros ? Et la romance ? Car aucun de ces personnages principaux n'est - au moins au départ - absolument sympathique ; même McCord (John Hodiak), l'homme jeté injustement en prison sur la foi des faux témoignages des complices de Egan qui entendaient protéger ainsi le chef du gang. Mais si au départ son statut de victime en fait une personnalité à part (c'est comme ça qu'il est vu par les 3 autres) il tient à sa compensation, une part du butin, ce qui est d'ailleurs accepté très vite par les autres ; même par Egan (David Brian), le frère du chef de la bande qui parait se comporter comme le nouveau leader du groupe. C'est lui qui tranche immédiatement la question du partage du butin et c'est également lui qui décide d'épargner la jeune indienne qui, par peur, avait blessé le Kid (John Derek) et que ce dernier voulait tuer.

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Rapide(s) portrait(s). McCord, c'est celui qui semble le plus proche du héros … et puis finalement non et doublement. Hodiak a beau être la tête d'affiche, il est tellement terne et son personnage évolue de telle manière qu'il ne reste pas au centre de l'attention malgré son statut initial de victime cherchant à réparer une injustice qui aurait du lui valoir un statut particulier et faire de lui sur le long terme le personnage le plus positif parmi les têtes d'affiche … Mais non, il deviendra comme presque tous les autres "fou de l'or". Egan est lui d'emblée le plus sombre des personnages et le plus violent. Il semble en être resté à un stade antérieur de l'humanité. C'est un psychopathe et mauvaise nouvelle pour Maria Elena Marques (vue 2 fois en indienne dans ses seuls films américains, l'autre étant Au-delà du Missouri) : une indienne, c'est quand même une femme et par deux fois (c'est une fois de trop, monsieur le scénariste), il veut "s'en prendre à elle". Le "Kid", c'est celui qui fait le plus de chemin. On découvre un chien enragé hargneux, impulsif, bagarreur et raciste (il veut d'abord que l'on abatte l'indienne qui l'a grièvement blessé) mais il finira lentement par s'humaniser même si lui aussi, comme tous les autres, est saisi par la fièvre de l'or. C'est d'abord sous l'impulsion du bienveillant Doc (Ray Teal) qui agit en protecteur et conseiller du Kid que celui ci s'adoucit, et il est d'autant plus réceptif qu'il est provisoirement très affaibli par la grave blessure qui l'oblige à se soumettre - dans un premier temps en état d'inconscience - au soin de l'indienne qui l'avait atteint d'une balle qui aurait pu être mortelle. C'est le personnage du Doc qui a la plus grande profondeur psychologique et Ray Teal est le plus convaincant de tous les comédiens. Il cherche donc à convaincre en vain le Kid de changer de vie ; c'est aussi lui qui le premier se montre bienveillant à l'égard de l'indienne (la scène est touchante). Quant à cette dernière, on apprend très vite qu'elle n'est pas Apache mais Navajo et qu'elle était probablement retenue prisonnière par les premiers ce qui ne change rien pour la plupart de ces hommes, y compris pour le Kid, au moins dans un premier temps car c'est l'évolution de la relation entre ces deux personnages qui fait l'un des intérêts du film.

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En revanche, le conflit entre les 4 hommes ne donne pas grand chose. Lorsque la cachette présumée s'avère vide, le scénario abandonne très vite l'idée de jouer sur les suspicions éventuelles des uns envers les autres et pour moi il rate des possibilités même si, ce qui suit, c'est à dire la folie de l'or qui s'empare de tous - sauf le vieux fou et l'indienne - est assez spectaculairement exploité puisqu'ils détruisent la ville, la mettant littéralement en petits morceaux pour y retrouver le fameux magot. La tension à l'intérieur du groupe de malfrats n'est donc pas vraiment tenue sur la durée et mais elle est ramenée très vite par les indiens … et de manière aussi inattendue qu'improbable par l'arrivée de deux concurrents (mais on n'en voit qu'un). Je développe un peu en spoiler.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Se joint aux malfrats un agent de l'armée nommé Stranton (Otto Hulett) qui a reçu pour mission de retrouver le magot pour le compte du gouvernement. Il est aidé par Marlowe (l'excellent Percy Helton) qu'on ne voit qu'au début car ces deux personnages ne sont autres que ceux qui avaient vendu le cheval de Egan au tout début de l'histoire. Pas idiot mais les manipulateurs sont tout de même improbables … mais, certes, c'est en cela qu'ils sont surprenants.

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Mais voilà, même si cette histoire et ces personnages étaient loin de manquer d'intérêts, ce film est l'exemple même du possible très bon film selon moi gâché par son metteur en scène. Si l'arrivée des bandits à Tomahawk City au milieu d'une tempête de sable renforçant encore l'aspect lugubre de cette ville en ruine et déserté par ses habitants est une séquence plutôt réussie, tout comme d'autres (la mise en pièces de cette même ville), les nombreuses séquences ratées gâchent un peu le plaisir, et ceci dès le début. Car même si la façon dont nous faisons connaissance avec McCord, Kid, Egan et Doc est très efficace puisque les premiers actes qu'on leur voit commettre posent déjà ces personnages. C'est d'abord le regard plein de mépris et le crachat de Egan sur le charriot qui les a mené devant un saloon puis nous voyons les têtes patibulaires des 4 libérés qui défilent en gros plan jusqu'au pied de l'escalier en haut duquel un shérif les attend pour les mettre en garde. A juste titre d'ailleurs car une bagarre éclate presque immédiatement sans que l'on ai pris soin de poser un peu plus les personnages. C'est volontaire d'ailleurs mais déjà on a l'impression d'assister à des numéros d'acteurs livrés à eux mêmes par le metteur en scène, ce qui est fâcheux quand on est en présence notamment de David Brian et John Derek.

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La suite, c'est à dire la bagarre, est effroyablement réglée, Fred Sears se montrant incapable de choisir des angles masquant les coups dans le vide. On perçoit les temps d'arrêt, etc…Plus tard, on a l'impression que Sears s'est fait refourguer les pires cascadeurs du métier (chez les indiens qui tombent de cheval ou des toits). J'accccuse les doublures, les cascadeurs et surtout les assistants et le chef op (il faudrait tous les nommer les saligauds) et par dessus tout le saligaud en chef, le producteur Sam Katzman … Quoique plus d'un metteur en scène se soit débrouillé pour faire bien avec peu, surtout qu'en l'occurrence le film fut parait-il mis en boite en 2 semaines pour 100 000 $. De plus on avait donné à Sears une meilleure distribution que d'habitude et le Technicolor. Manquait quoi, Fred ? Surement le talent puisqu'il y a plus grave, c'est à dire des séquences entières embarrassantes de bêtise (le stratagème employé par les 4 blancs pour tromper les Apaches) ou effroyablement maladroites (tout le final est intégralement raté et sent le bâclage). Je pousse un peu le bouchon mais c'est la frustration qui s'exprime car il y avait vraiment du potentiel dans cette histoire (et encore, j'ai adouci ma position à la suite de ce second visionnage). Pour finir, un mot sur les seconds rôles. Sears ne fait pas grand chose de John Qualen qui joue Travis, le vieux fou qui est demeuré (ou l'inverse) le seul habitant de Tomahawk Gap. On se dit : ah tiens, gardien du cimetière = magot … et pis finalement non. Enfin, Trevor Bardette (le shérif) et John Doucette (le barman) apparaissent tout deux dans la première séquence et on ne les revoit plus. Décevant et frustrant. Fred F. Sears est mort jeune (44 ans) et bien vous voulez que je vous dise : c'est bien fait pour lui. vu en vost.

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Je vous montre pas l'avant mais voici mon état après Fred F. Sears
(John Qualen dans Tomahawk Gap)

Dans la série "faisons nous plaisir", j'annonce la fin de la mini série "John Derek". Bilan :
- Fury at Showdown de Gerd Oswald. 8/10
- Les proscrits du Colorado (The Outcast) de William Witney. 6/10
- les forbans du désert (Ambush at Tomahawk Gap) de Fred F. Sears. 5/10

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Jeremy Fox » 22 déc. 16, 08:05

Merci pour cet avant goût de la fournée printanière de Sidonis :wink:

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The Tall Stranger

Messagepar kiemavel » 23 déc. 16, 01:15

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Violence dans la vallée - The Tall Stranger de Thomas Carr (1957)

Réalisation : Thomas Carr / Production : Walter Mirisch (Allied Artists) / Scénario : Christopher Knopf d'après le roman de Louis L'Amour / Photographie : Wilfred M. Cline / Musique : Hans J. Salter

avec Joel McCrea (Ned Bannon), Virginia Mayo (Ellen), Barry Kelley (Hardy Bishop), George Neise (Mort Harper), Michael Ansara (Zarata), Leo Gordon (Stark), Michael Pate (Charley), Whit Bissell (Judson)
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Peu après la fin de la guerre civile, alors qu'il rentre chez lui dans le Colorado, Ned Bannon, un ancien officier de l'Union perçoit les bruits d'un attroupement provenant de derrière une colline et il s'en rapproche. A peine a-t'il atteint un point de vue d'où il peut observer le troupeau convoyé en contrebas de la piste, qu'il est attaqué par un assaillant dont il ne peut voir que le fusil plaqué or et des éperons tout aussi éclatants avant de perdre connaissance. Laissé pour mort, il est recueilli et sauvé par une caravane d'immigrants guidés par deux hommes qui prétendent les conduire en Californie. La caravane se dirige en réalité vers la Bishop Valley, que possède, ou prétend posséder le demi frère de Bannon, Hardy Bishop, qui a toujours impitoyablement chassé les colons qui avaient seulement voulu la traverser et qui lui voue une haine tenace car il rend Bannon responsable de la mort de son fils exécuté à la fin de la guerre. Bannon va malgré tout tenter de se faire le porte parole des pionniers ...

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Retour à Joel McCrea avec ce western produit par l'éternel Walter Mirisch (95 ans et pas totalement à la retraite) qui produisit 6 des westerns tournés par Joel McCrea de Wichita (1955) à Le shérif aux mains rouges (1959), le film après lequel il aurait voulu une 1ère fois se retirer ce qui nous aurait privé de sa présence dans un des plus grands westerns qui soit : Coups de feu dans la Sierra. A la base du scénario, il y avait une nouvelle de Louis L'amour qui fut gonflée un peu artificiellement par le scénariste Christopher Knopf car à partir d'une base solide et après une mise en place assez prometteuse, la suite ne tenait pas vraiment ses promesses. Les ingrédients étaient pourtant là : un zeste de guerre de sécession avec pour conséquence une lutte fratricide ; une caravane de pionniers avec parmi eux une veuve encore bien fichue ; deux guides au comportement troublant ; des voleurs de bétails ; les auteurs d'une agression initiale à identifier … Le scénariste avait donc bien servi un vieillissant J. McCrea qui ne manque pas d'activités et qui, à titre personnel, s'en sort plutôt bien. Il était en tout cas mieux servi que sa partenaire Virginia Mayo qu'il retrouvait près de 10 ans après La fille du désert. Interrogé par un journaliste vers la fin de sa vie, Virginia Mayo qui venait de revoir ce film lui déclara : I love Joel, but I didn’t want to be in the film. I thought the script was terrible. Et près de 40 ans après, elle trouvait le film encore moins bon qu'à l'époque.

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Pour commencer, la guerre de sécession -et ses conséquences- fournit un contexte historique qui est peu exploité. Etant donné que les colons sont très majoritairement d'anciens confédèrés, ils se montrent méfiants envers Bannon, l'ancien officier nordiste qui porte encore l'uniforme de l'Union. Cette méfiance facilite d'ailleurs la tache de leurs deux guides, des manipulateurs dont les intentions secrètes sont très loin de servir les intérêts de leurs employeurs (parmi lesquels on reconnait un tas de seconds rôles familiers : Whit Bissell, Ray Teal, etc …). Finalement, même si les manipulations successives des guides vont porter leurs fruits, la guerre n'y est pas pour grand chose même si l'un des pionniers dont la famille avait été massacrée durant la guerre va d'abord sembler bien plus violemment remonté que les autres contre Bannon. Très vite, cet aspect est enterré et c'est finalement dans la relation entre les deux frères que le sujet est un peu mieux exploité. Les relations tendues, voir la haine dans les relations entre frères a bien servi aux scénaristes de westerns. Souvent ils étaient devenus rivaux parce que servant les cotés opposés de la loi ou bien c'était une guerre de succession qui avait été à l'origine du conflit ; ou encore une femme les avaient séparé. Dans The Tall Stranger, les 2 demi frères sont devenus frères ennemis en raison de la guerre que l'un, Bannon, a fait pour l'Union et l'autre pour les confédérés ; surtout que Hardy Bishop considère que Bannon est le responsable de l'exécution de son fils qui avait rejoint les raiders de Quantrill à la fin de la guerre.

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L'affrontement a bien lieu (la longue séquence des retrouvailles entre les deux frères ennemis donnent d'ailleurs la meilleure séquence du film) mais finalement le despote est fatigué, sans doute affaibli par la disparition de son seul fils (dont il finira par admettre la "mauvaiseté") et sans doute vaincu par l'âge et les luttes du passé. Il cède d'abord devant Bannon puis, alors qu'il ne pensait qu'à l'abattre, il finit par écouter les arguments de celui qui entendait bien revenir dans la vallée pour donner sa version des faits et tenter de se réconcilier. Enfin, il consent à lui donner du temps pour trouver un arrangement avec des pionniers dont Bishop se serait jadis débarrassé sans ménagement. On pense alors que l'on a changé d'adversaires mais que l'affrontement va se poursuivre mais c'est à peine le cas. Si la première rencontre entre les employés du ranch et les pionniers tournent au drame (une vieille femme est tuée par ce que l'on croit être une balle perdue) c'est surtout le fait des véritables adversaires de tous, même de ceux dont ils sont censés être les employés, c'est à dire Harper, le guide du convoi (George Neise) ; son assistant, Purcell et un nommé Zarata (Michael Ansara), qui rejoint bientôt la caravane.

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Mais finalement, ces 3 là, c'est 3 fois rien puisque même les diverses confrontations entre Bannon et les 3 complices ne donnent que des séquences médiocres, écrites à la paresseuse et filmées sans la moindre imagination. A chaque fois que Bannon prend son revolver, ils ont les genoux qui s'entrechoquent alors pour se protéger, ils prennent successivement en otage soit une femme (Ellen/Virginia Mayo), soit son jeune fils et s'en servent comme boucliers humains. Les laaaaches (copyright : Jean marais) ; même pas fichus de mourir dans la dignité. A propos de dignité, Ellen elle même n'est pas exempte de reproches. C'est une femme, voyez vous, qui a un passé peu glorieux et qui a du coup un peu arrangé son curriculum vitae mais il n'y a pas mort d'homme, juste un peu atteinte aux bonnes moeurs. Ah les femmes en temps de guerre ! (on a connu ça aussi :mrgreen: ). Nul doute qu'elle se rachètera auprès de son Tall Stranger … Sans doute plus tard car sur l'écran on ne voit pas grand chose. Ellen ne met même pas à profit l'expérience acquise pour rendre heureux Bannon puisque l'idylle est on ne peut plus poussive et morne. Bon, n'accablons pas trop le scénariste car il parait que Joel, père de famille heureux et ne s'estimant plus en âge de séduire sa partenaire, ne voulait plus rouler de pelles à la co vedette à cette époque là. C'est ballot, Joel, on n'a qu'une vie. Passons …

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Si le couple vedette est peu excitant et les comédiens sur la réserve, les méchants ne sont pas mieux, même le souvent marquant Michael Ansara. Parmi les seconds rôles, se distinguent quand même bien plus Leo Gordon (Stark, le contremaitre du domaine de Hardy Bishop), mais surtout parce qu'il est dans un rôle de bon gars assez rare et qu'il y est d'une grande sobriété. Il a un rôle de conciliateur assez intéressant, cherchant à agir avec loyauté envers un patron qu'il sait fragilisé mais qui semble encore capable de réemployer les méthodes violentes de naguère, tout en apportant son aide à Bannon afin d'éviter un massacre. D'autre part, parmi les séquences qui sonnent vraiment justes, il y a celles montrant les relations complexes entre Bishop et Stark, notamment une sorte de tendresse filiale qui semble gênée de s'affirmer. Barry Kelley est lui aussi très bien dans ce rôle d'homme fort sur le déclin et il joue sa partition avec subtilité. Quant à Michael Pate, dans un rôle bien plus réduit, il trouve le moyen de se faire remarquer dans une très courte séquence où pointe peut être un peu d'humour. Aux interrogations d'Ellen qui cherche à comprendre comment le cuisinier indien peut comprendre aussi profondément son patron ; à la fin d'une tirade où elle lui dit : Vous êtes vraiment fin psychologue, Charley … Il répond par un laconique : Non … Je suis un indien.

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Au final, on peut sans doute se laisser prendre par le récit et s'y intéresser car après tout, même si je n'ai pas développé la trame générale, c'est à dire où mène les manipulations des guides ; scénariste et réalisateur tiennent quand même une ligne directrice qui mène à une conclusion qui se tient (et la grande bagarre n'est pas trop mal dirigée). Mais avant cela, c'est bien laborieux ; pas bien construit ; sans imagination (les affrontements entre les "bons" et les "mauvais") ; les quelques bonnes idées sont assez mal exploitées (cette histoire de balle perdue) ; la romance est poussive, etc…On connait pourtant Thomas Carr pour ses nombreux chefs d'oeuvre, tels que … En fait, non, on ne lui connait aucun chef d'oeuvre mais en même temps assez peu de films sont facilement accessibles. Il était déjà passé à la télévision lorsqu'il réalisa ses derniers films pour le cinéma à la fin des années 50 et c'est Walter Mirisch qui produira encore son dernier film : Le révolté (Cast a Long Shadow) - un film évoqué dans ce sujet - avant qu'il ne se consacre plus qu'à la télévision. DVD gravé (vost)

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar kiemavel » 23 déc. 16, 01:33

Jeremy Fox a écrit :Merci pour cet avant goût de la fournée printanière de Sidonis :wink:

Pour donner plus envie, certains sur WM ont dit du bien du film :wink:

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Re: Rails Into Laramie - Seul contre tous

Messagepar kiemavel » 8 févr. 17, 01:08

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Seul contre tous - Rails Into Laramie de Jesse Hibbs (1954)


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Jeff Harder, un sergent de l'armée américaine qui a toujours vu son avancement bloqué par son tempérament violent et sa fréquentation assidue des saloons, est convoqué à Cheyenne par le Général Augur et se voit offrir l'opportunité de passer capitaine s'il s'acquitte d'une mission spéciale : comprendre pourquoi la construction de la ligne de chemin de fer transcontinentale est bloquée à Laramie depuis des semaines et faire reprendre les travaux au plus vite. C'est seul qu'il arrive à Laramie prendre ses fonctions de Marshall temporaire alors que les notables locaux qui l'accueillent s'attendaient à voir arriver une armée pour reprendre en main la ville et ils sont encore plus dépités lorsqu'ils constatent que Jeff Harder semble au mieux avec Jim Shanessy, le propriétaire du grand hôtel et saloon de la ville, que les notables rendent responsables de la corruption et des désordres régnant en ville. Très vite, il s'avère que Jim Shanessy est responsable des retards du chantier car il entend profiter au maximum de la présence des travailleurs du chemin de fer pour s'enrichir. Dès lors, l'affrontement entre les deux anciens amis est inévitable …

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Les amateurs comblés avant tout par les histoires mouvementées, les bagarres et les affrontements virils de toutes sortes vont sans doute être repus avec ce Rails Into Laramie plein de scènes d'action dont certaines assez spectaculaires (deux affrontements à bord de trains en marche). D'autres - dont je fais partie - vont probablement un peu rester sur leur faim. En effet, ce western s'est assez longuement fait attendre et j'attendais plus de la rencontre entre John Payne et Dan Duryea (dans le western car ils s'étaient déjà rencontrés dans le film noir : Larceny de George Sherman). La faute à un scénario un peu confus semant quelques petites invraisemblances et surtout à une mise en scène mollassonne et absolument impersonnelle de Jesse Hibbs, absolument à son aise seulement dans des séquences d'action encore une fois nombreuses. Cette histoire reprend quelques situations largement vues dans le western, notamment les retrouvailles de vieux amis servant des intérêts opposés et qui en viennent à s'affronter … avec entre eux - un autre lieu commun du western - la femme aimée par les deux amis puisque Helen (Joyce Mackenzie), la femme dont Jeff (John Payne) était jadis amoureux est devenu la femme de Jim (Dan Duryea)

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A ces situations pas inédites du tout, le scénariste a apporté quelques originalités, malheureusement pas toutes payantes. Du bon coté de la balance, il y a le caractère - au moins apparent - des deux anciens amis qui vont devenir rivaux. Car de Jeff et de Jim, c'est d'assez loin le "bon" qui se montre d'abord le moins subtil et même le plus violent ; le "mauvais" se révélant un maitre de la rouerie et des faux semblants et présentant une apparence de dandy affable et charmant. La femme au coeur du triangle amoureux est elle aussi un personnage original et intéressant car elle présente une apparence trompeuse et évolue dans un sens inattendu même s'il aurait été préférable de ne pas le montrer dans sa vérité dès sa première apparition car la jeune femme à qui on donnerait le bon dieu sans confession et qui flirte discrètement avec son ancien prétendant n'avait pas préféré pour rien celui qui est devenu son époux car elle est aussi rusée que lui et lui demeure absolument fidèle jusqu'au bout. Or, s'il était intéressant de faire de l'apparente bonne fille la fidèle complice du méchant, il aurait quand même été préférable de le montrer en cours de route et non pas dès la fin de sa première apparition puisque c'est juste après le départ de Jeff de leur domicile, et donc juste après leurs retrouvailles, que l'on prend conscience de la complicité et de l'amour qui unit le couple. Le second personnage féminin est lui beaucoup plus intéressant car plus ambigu. Lou Carter (Mari Blanchard) est l'associée de Jim Shanessy dans sa principale affaire, le saloon et l'hôtel assez luxueux de Laramie. On s'interroge à son sujet. Elle est peut-être sa maitresse ? Son attitude est étrange puisqu'elle semble séduite par le pourtant rugueux Jeff Harder. Double jeu ? Est-elle réellement attirée par le type droit comme un piquet et incorruptible ? Les réponses viennent à la fin parce qu'elle n'est pas vraiment aidée pour faire son choix - si choix il y a à faire - puisqu'elle est plutôt repoussée par Jeff qui semble ne voir en elle qu'une alliée de Jim.

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Car je l'ai dit en préambule, la subtilité n'est pas la qualité première de Jeff Harder. C'est même sa réputation d'homme violent qui a motivé le choix du général qui avait besoin d'un homme se sentant comme un poisson dans l'eau dans l'univers des saloons de Laramie. Ce rôle convenait parfaitement aux qualités de comédien de John Payne, jamais aussi bon que lorsqu'il doit jouer de sa présence et de sa force physique. Il avait les qualités de base d'un certain type de mâle westernien : la virilité, la fermeté et l'assurance. Dès sa deuxième apparition, John Payne tombe la chemise et fait voir la moquette. Dans la suivante, il montre sa "stratégie" : foncer dans le tas tête baissée ! Il débarque sur le chantier du chemin de fer où tous les employés flemmardent, envoie au tapis le contremaitre, ordonne la fermeture du bar clandestin bondé dont le tenancier n'est qu'un prête nom (derrière lequel se trouve Jim) et parvient ainsi en quelques minutes à remettre tout le monde au travail. Et tout le monde file droit !! L'incroyable pouvoir dissuasif qui se dégage de Jeff Harder est quand même un peu suspect puisqu'il est effectivement (presque) seul contre tous, et du coup, il me semble que parfois il parvient à mettre au pas tout le monde avec une trop grande facilité. On a la même impression quand, beaucoup plus tard, il fait irruption au milieu d'une réunion initiée par Jim Shanessy au cours de laquelle celui ci tente de pousser les travailleurs du rail à se révolter contre ses décisions : la fermeture du chantier et de tous les bars et tripots ouverts par Jim le longs des voies. En effet, une nouvelle fois tout le monde se soumet … sauf Ace Winton (Lee Van Cleef), le principal homme de main de Jim mais comme le contremaitre à la solde de l'homme d'affaires un peu plus tôt, lui aussi se fait tabasser et humilier.

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Ace et son frère Con Winton (Myron Healey) sont d'ailleurs les principaux contestataires du nouvel ordre imposé par Jeff car leur chef le craint et cherche donc à éviter l'affrontement direct. Il tente donc d'abord les méthodes douces : l'appât féminin, la corruption puis l'intimidation discrète. Pour les basses besognes, il est donc secondé par le plus fort de ses hommes, le hargneux Ace, qu'il a d'ailleurs bien du mal à contrôler et qu'il laisse faire - tout en l'avertissant qu'il n'est pas de taille - quand il cherche à affronter Jeff. Plus tard, Jim va organiser la rébellion contre son ancien ami et commanditer des sabotages ; s'assurer de l'isolement de celui qui entrave ses affaires ; corrompre des jurés ; graisser la patte des lâches utiles ; en somme se montrant enfin tel qu'il avait d'emblée été présenté par les notables de la ville : le maitre occulte de celle ci. Dan Duryea est une nouvelle fois remarquable en méchant souriant et enjôleur … mais soufflant dans le dos de ses interlocuteurs des ordres contredisant cette façade sympathique. Il finit par passer lui même à l'action et se montre sous son meilleur jour (on ne l'a quand même pas vu dans tous les films abattre une femme dans le dos) et l'affrontement trouvera son point culminant dans une excellente séquence se déroulant à bord d'un train en marche. De ce coté là, on n'est pas déçu.

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En revanche, au moins un aspect est assez raté, c'est un autre thème rebattu du western : les positions hypocrites et contradictoires des notables. C'est employé de manière confuse voire invraisemblable. C'est à la demande de ces notables qu'un Marshall spécial est envoyé à Laramie et l'arrivée d'un homme seul les déçoit fortement puisqu'ils espéraient voir arriver une armée afin qu'elle rétablisse l'ordre et assure la sécurité. Or, on ne voit absolument aucun désordre ou débordement dans la ville … dès lors on ne comprend pas bien de quoi ils se plaignent puisque la présence des employés du chemin de fer sert leurs affaires autant que celles de Shanessy, même ceux qui ne vivent pas de la trilogie : le jeu, l'alcool et les femmes. On pourrait se dire que c'est pour des raisons de moralité qu'ils protestent contre les activités de Jim Shanessy mais il n'en est question à aucun moment. Plus loin, les même notables protestent contre la décision prise par Jeff Harder de fermer les chantiers et tous les établissements provisoires montés par Jim. Encore une fois, on ne comprend pas bien leur motivation. L'idée était sans doute de faire passer l'idée que - comme de coutume dans le western - les notables et petits commerçants veulent l'ordre et la sécurité … tant que ça ne nuit pas à la prospérité de leurs affaires. Mais c'est confus et même parfois incohérent même si on comprend que ce qui les gênent c'est la radicalité de Jeff et la violence de ses méthodes. On a surtout l'impression que le scénariste voulait coute que coute montrer l'isolement de Jeff. C'est réussi ; si on veut.

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Jeff Harder n'est en réalité pas tout à fait seul puisqu'il a quelques alliés qui se révèlent en cours de route. D'abord Lou Carter (mais je ne rentre pas dans les détails de son rôle personnel) et avec elle, les femmes de la ville qui jouent un rôle dans la neutralisation de Jim Shanessy puisque, à la suite des jugements systématiquement favorables à l'homme d'affaires en raison des intimidations et menaces que subissent les jurés hommes, les femmes de la ville décident de constituer un jury 100 % féminin (ce fait est historique puisque c'est au Wyoming, à l'époque où se passe le western de Hibbs, qu'a délibéré le premier jury féminin de l'histoire américaine). C'est tout de même un peu un gadget … même si ça partait surement d'un volonté de montrer une évolution dans l'implication des femmes dans la vie de la cité et l'affirmation de leurs droits. Mais le premier allié aura été, presque à reculons mais plus concrètement car les armes à la main (même si elles ne servent presque pas) le shérif de Laramie qui se retrouve contraint d'assister Jeff. Le rôle est tenu par James Griffith encore une fois formidable dans le rôle de ce shérif passif et même un peu lâche mais qui l'assume (et ses petits sourires dépités sont si désarmants et si sincères qu'il n'est pas du tout accablé par le rugueux Jeff Harder qui se montre tout juste un peu sarcastique). Le poltron devient son assistant et finit par trouver du courage au point de vouloir prendre des risques inconsidérés. Parmi les notables, on reconnait quelques "têtes à western" : Barton MacLane, Harry Shannon … Parmi les autres talents, je signale la bonne musique et notamment une bonne chanson générique chantée par Rex Allen. 6/10. DVD gravé (vost)

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Le trop naïf shérif tend un miroir à Jim afin que celui ci puisse se raser. Ce dernier lui fait comprendre que le rasoir pourrait aussi bien servir à lui trancher la gorge. Dan Forever !

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Jeremy Fox » 8 févr. 17, 08:21

John Payne, Mari Blanchard, Dan Duryea, Jesse Hibbs, le Technicolor des 50's, Universal : typiquement le genre de westerns que je souhaite plus ardemment découvrir !

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Jeremy Fox » 9 févr. 17, 08:04

Il me semblait bien que ce titre me disait quelque chose : il s'agit du dernier film diffusé dans la défunte Dernière séance ; rien que pour ça il revêt pour moi une grande importance. Il me semblait que c'était un film avec Audie Murphy au vu de son réalisateur mais je m'étais trompé.

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar kiemavel » 9 févr. 17, 11:56

Jeremy Fox a écrit :Il me semblait bien que ce titre me disait quelque chose : il s'agit du dernier film diffusé dans la défunte Dernière séance ; rien que pour ça il revêt pour moi une grande importance. Il me semblait que c'était un film avec Audie Murphy au vu de son réalisateur mais je m'étais trompé.

C'est bien ça. A priori, jamais repassé depuis 1998. Sur l'enregistrement que l'on m'a donné il y a même toute la présentation par Mr. Eddy et son fils.

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Re: The Maverick Queen (La horde sauvage)

Messagepar Supfiction » 12 févr. 17, 11:31

kiemavel a écrit :Juste après la guerre de sécession, Lucy Lee, la jeune propriétaire d'un ranch, convoie avec ses cow-boys du bétail à destination de Rock Springs dans le Wyoming où elle compte vendre tout son troupeau. Elle redoute d'être attaquée par une des bandes de hors-la-loi qui multiplient les vols dans la région, notamment celle dirigée par Butch Cassidy et le Sundance Kid qui est surnommée la horde sauvage. Ils s'attaquent aux trains et aux banques mais ne négligent pas le vols de bétail. Or le vol de son troupeau signifierait sa ruine et c'est pourquoi elle accueille avec énormément de méfiance un inconnu prétendant s'appeler Jeff Young lorsqu'il se présente un soir au campement. Au cours de la nuit, c'est pourtant lui qui intervient et met en fuite la bande en ayant pris soin de dissimuler son visage avec un foulard, stoppant notamment Sundance qui voulait agresser la jeune femme. Jeff accompagne le convoi jusqu'à Rock Springs mais refuse cependant l'emploi proposé par Lucy. En ville, Il se présente au Maverick Queen, le grand et luxueux saloon dirigé par Kit Banion, une femme qui a aussi le quasi monopole sur le commerce du bétail. Son enrichissement a été grandement facilité par ses liens avec la horde sauvage dont elle est la complice. Elle est même la maitresse de Sundance, même si elle semble se lasser de cette relation. Jeff se fait remarquer par Kit et il est immédiatement recruté pour travailler comme croupier dans la salle de jeu. Comme il prétend sortir de prison, s'appeler Jeff Younger, et être le neveu de Cole et Jim de la bande des frères James, cela fait de lui un candidat idéal pour des missions moins légales d'autant plus qu'il devient le protégé de Kit Banion. Humilié par Jeff puis par Kit, Sundance voit d'un très mauvais oeil l'arrivée de ce rival…

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Un an après Courage indien (The Vanishing American), Joseph Kane signait un autre western dominé par un autre personnage fort de femme que l'on peut voir dans la carrière de Barbara Stanwyck -au moins pour sa première partie- comme un précurseur de Quarante tueurs (40 Guns) de Samuel Fuller qui sortira un peu plus d'un an plus tard, un film dans lequel elle partagera à nouveau l'affiche avec Barry Sullivan. Si dans le film de Joe Kane, ce personnage féminin était moins dominateur, c'était déjà une femme de tête et l'éminence grise voir l'égérie d'un groupe d'hommes, ici des célébrités de l'ouest vues à diverses reprises dans le genre : la horde sauvage de Butch Cassidy et le Sundance Kid. Plus de 10 ans plus tard, George Roy Hill en fera deux rebelles bien de leur époque (fin des années 60) mais en ce milieu de la décennie précédente, on les montrait encore comme des bandits sans options : ni Robin des bois, ni rebelles à l'autorité. Dans le film de Kane, ils sont mal fagotés, mal rasés et sales (c'est pas pour dire du mal mais on croirait qu'ils sortent d'un western italien) ; ils volent et tuent et ne sont en rien les sympathiques bandits interprétés par Newman et Redford. De toute façon, ces deux personnages ne sont pas au centre du film. Ce centre, c'est bien Kit Banion même si nous ne voyons pas seulement un personnage féminin peu commun mais plutôt deux dans ce western dans lequel le pouvoir et l'autorité sont exercés par deux femmes fortes -mais de manière différente- ce qui n'était pas si courant dans ces très conservatrices années 50.

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D'abord Kit Banion. Elle est issue d'un riche famille de Virginie ruinée par la guerre et, en opportuniste, elle s'est adaptée à cette époque troublée. Elle s'est enrichie dans le commerce de bétail, expédiant vers les grandes villes de l'est des troupeaux entiers et c'est sans doute comme cela qu'elle a été amenée à connaitre la horde sauvage dont elle écoule le bétail volé. Sa façade respectable, c'est le grand hôtel et saloon de Spring Rocks mais c'est toujours elle qui organise en partie les activités de la bande, planifiant les vols de train grâce à ses connections en ville et les vols de bétail selon ses besoins. Elle n'est pas ici à la tête d'un harem d'hommes et elle est moins une figure dominante que chez Fuller car Butch Cassidy (Howard Petrie), le véritable chef de la bande (qu'on voit très peu) se méfie d'elle mais elle reste leur éminence grise et elle est assurée d'avoir de l'influence sur les décisions de la bande via son favori Sundance dont elle commence cependant à se lasser, qu'elle humilie et qui est même assez vite évincé même si lui même ne se doute pas à quel point il l'est. Le contraste entre l'élégante Maverick Queen et son amant pouilleux est d'ailleurs assez amusant. Lorsque Sundance arrive en ville, il se précipite pour voir sa maitresse mais elle le repousse dégoutée : "Pitié ! Vas prendre un bain !" Quand on voit l'allure quasi bestiale de Sundance, sa manière de se bâfrer, ses vêtements de peau, on se dit quel homme ! et on ne comprend pas pourquoi Kit se languit d'un homme, un vrai ! (C'est elle qui le dit) mais c'est que Sundance, c'est surtout une allure mais il ne pèse pas bien lourd face à son rival contre lequel il s'incline très vite à deux reprises, la 1ère fois en ignorant qui se cache derrière un foulard. Jeff se montre donc plus fort et plus habile que lui mais ce qui fait son charme, c'est surtout que derrière l'homme fort se cache un homme raffiné et beau parleur qui séduit assez vite Kit Banion qui est au fond une sentimentale…et évidemment pour ce genre de personnages, ces virages là signifie bien souvent le début des problèmes.

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La jeune Lucy Lee (Mary Murphy) a un rôle plus limité mais, si elle est par la suite plutôt la victime des évènements, on la découvre en chef d'entreprise ayant été obligée de succéder très jeune à son père assassiné deux ans plus tôt par la horde sauvage. Elle est manifestement elle aussi tombée sous le charme de Jeff mais ne comprend pas son choix de travailler pour Kit Banion avec laquelle la jeune femme est en affaires. Elle est sans doute troublée par l'ambiguité du personnage…une ambiguité que les scénaristes auraient été bien avisés de conserver aussi chez le public, or ils vendent la mèche beaucoup trop vite. Il a beau se faire appeler tour à tour Young (chez les bons) et Younger (chez les méchants), ce qui soulève quelques interrogations, elles sont très vite levées. Même si on a pas été très attentif aux propos tenus par deux représentants de la loi dans une sorte de préambule, on saisit de toute façon assez vite le manège de Jeff et le but recherché. Il n'en reste pas moins que la suite est très mouvementée. Les très nombreuses péripéties débutent lorsque Kit, déjà éprise de Jeff, l'invite à participer à la prochaine attaque de train de la bande, lui dévoilant par la même son appartenance à la horde sauvage. L'attaque en elle même est assez spectaculaire, tout comme par la suite une spectaculaire poursuite à cheval au bord d'une falaise. Une partie de l'action se déroule dans et autour de la cachette secrète des bandits, un endroit appelé The Hole-in-the-Wall ainsi que dans le ranch de Lucy Lee. Dans cette seconde partie, on remarque plus particulièrement quelques bons seconds rôles : Jamie (Wallace Ford), le cuisinier de Lucy (…et un espion du gang) ; Leo Malone (Emile Meyer) en chef de l'agence de détectives Pinkerton accompagnée par un shérif interprété par Walter Sande…et l'action se complique encore un peu quand un second Jeff Younger arrive en ville (Jim Davis). L'un des assez bons films de Joe Kane que j'ai vu jusque là mais je préfère le plus modeste mais plus original Courage indien (The Vanishing American)

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Ces deux films étaient des adaptations de romans de Zane Grey mais il est probable que pour The Maverick Queen, le roman ai été complété par son fils ainé Romer. Au sujet de ce film qui restera le dernier film à "gros" budget tourné par Joseph Kane pour le studio Republic, il déclara : le studio raclait les fonds de tiroir pour obtenir une grosse tête d'affiche et finalement ils m'ont laisser avoir la couleur, le Naturama et Barbara Stanwyck. Ce fut un réel plaisir de travailler avec une grande actrice comme Missy. Elle voulait tout faire et vous deviez la surveiller de près pour l'empêcher de se briser le cou dans des cascades dangereuses. Et de fait, elle a beaucoup aimé un genre auquel elle s'est vraiment consacrée à partir de la quarantaine bien tassée, y revenant régulièrement entre 1947 (Californie terre promise) et 1957 (Quarante tueurs) avant d'enchainer avec les séries Western, notamment La grande vallée. Si Barry Sullivan et Scott Brady ont déjà été meilleurs, Barbara est comme d'habitude remarquable même si elle a eu des rôles plus forts dans le genre. Le procédé Naturama auquel fait allusion Kane était l'équivalent du CinémaScope et c'était le premier film dans ce format large développé par le studio Republic. Vu en VF … et survolé en VO :wink: (à cause du recadrage)

Produit et réalisé par Joseph Kane / Production : Herbert J. Yates (Republic Pictures) / Scénario : Kenneth Gamet et DeVallon Scott d'après un roman de Zane Grey / Photographie : Jack A. Marta / Musique : Victor Young

Avec Barbara Stanwyck (Kit Banion), (Jeff Younger), Scott Brady (The Sundance Kid), Mary Murphy (Lucy Lee), Wallace Ford (Jamie), Howard Petrie (Butch Cassidy), Jim Davis (Jeff Younger), Emile Meyer (Malone)


Vu! Et j'ai bien cru un moment être devant un grand western oublié. Si ce n'est pas tout à fait le cas, c'est un très bon divertissement auquel on a affaire. Toute la première partie est excellente mais la suite s'avère un peu plus décousue et brouillon. Barbara Stanwyck est une nouvelle fois formidable mais quel dommage qu'elle soit aussi peu avantagée et mise en valeur par la technique. Question d'étalonnage de la copie en circulation ou maquillage à la truelle ? Joseph Kane avait obtenu de Republic le Naturama et la couleur au lieu d'une grosse tête d'affiche.. il aurait mieux valu le contraire! Du noir et blanc et un bon acteur (rien à dire concernant Barry Sullivan) pour incarner le Sundance Kid. Le pauvre n'a pas été gâté par Scott Brady, piètre acteur. Redford incarnera un Sundance radicalement différent n'ayant plus rien à voir avec celui-ci. Son exact contraire en fait. A ce propos, on retrouve à l'identique la scène d'attaque du train avec dynamitage de coffre-fort. En moins cool, bien entendu.

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar kiemavel » 12 févr. 17, 12:04

Pour le vilain replâtrage de Barbara Stanwyck, je suis d'accord. Le maquillage, je pense.
Sur Scott Brady, tu as de la chance que son grand frère ne soit plus là parce que sinon tu ne serais peut-être pas aussi péremptoire :wink: . Pas si mauvais pour moi, en tout cas dans un registre limité. Il était notamment très bien dans un autre Joseph Kane assez sensiblement meilleur que celui ci et qui est aussi évoqué dans ce sujet : The Vanishing American ; avec un de tes béguins : Audrey Totter. Pas mal non plus dans quelques films noirs et dans Johnny Guitar. Quand même.

Sinon, on est d'accord, la seconde partie est décevante. Par contre, tu l'as vu très probablement dans la copie recadrée et ça n'aide pas.