Les Westerns 2ème partie

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Jeremy Fox » 18 oct. 12, 19:32

Je le reverrais pour ma part assez vite car je l'ai déjà oublié :oops:

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Rick Blaine » 21 oct. 12, 18:05

J'ai enfin rattrapé mon retard sur la dernière salve Sidonis en regardant Fort Yuma. Un film particulièrement intéressant pour son scénario, par la violence inhabituelle qui s'en dégage, pour des situations assez inhabituelles comme celle d'un double couple mixte. Malheureusement, je me suis tout de même un peu ennuyé. L'interprétation est un peu fade et quelques trous d'air marquent la narration du film. C'est un peu dommage, il y avait un vrai potentiel pour faire beaucoup mieux.

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar hellrick » 29 oct. 12, 13:06

ADIOS HOMBRE
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Réalisé par Mario Caiano, petit spécialiste du cinéma populaire italien ayant œuvré dans la plupart des genres en vogue (péplum, western, épouvante, giallo et même naziexploitation), ADIOS HOMBRE ne cherche pas à renouveler le western mais, simplement, à proposer un spectacle solide qui s’appuie sur une intrigue relativement originale et bien écrite.

Will Flaherty, injustement accusé d’un vol et d’un crime par un certain Luke, parvient à s’évader après trois ans de détention. Il échoue dans une petite ville et reprend contact avec son ancienne petite amie, Peggy. Coïncidence, une bande de hors la loi débarque également dans le bled afin d’attendre une diligence remplie d’or dont ils comptent s’emparer. Les criminels prennent les villageois en otage et instaurent un véritable règne de terreur, massacrant sans pitié le shérif et ses adjoints. Will, caché dans le saloon, tente de renverser la situation et de protéger Peggy avant de constater que son ancien accusateur, Luke, appartient à la bande de truands. La tension grimpe et le prisonnier en cavale parait la seule chance de salut des villageois.

En dépit de son scénario classique et linéaire respectant, pratiquement entièrement, les fameuses unités de temps, de lieu et d’action, ADIOS HOMBRE ménage durant son déroulement quelques petits retournements bienvenus qui aident à maintenir l’intérêt du spectateur. Sans verser dans la psychologie à outrance du « sur-western », les protagonistes disposent, en outre d’une certaine épaisseur et agissent souvent de manière logique. Un bon point qui rapproche davantage le long-métrage des bonnes séries B américaines « traditionnelles » que des westerns italiens déjantés de la seconde moitié des années ‘60. L’ensemble apparait, par conséquent, bien écrit et rigoureux même si il faut, comme souvent, parfois accepter quelques entorses à la vraisemblance pour apprécier le spectacle.

L’interprétation, pour sa part, se montre tout à fait correcte avec, dans le rôle principal, l’Américain Craig Hill. Ce-dernier, après divers apparitions dans des films prestigieux (comme EVE) et une jolie carrière à la télévision se reconvertit, comme nombre de ses collègues, dans le cinéma populaire européen : il apparut dans de nombreux westerns et quelques films d’épouvante, dont l’efficace giallo tardif TERREUR SUR LA LAGUNE. A ses côtés, nous retrouvons l’éternel second rôle Piero Lulli en traitre irrécupérable et la belle Guilia Rubini en patronne de saloon en détresse poussant la chansonnette pour les beaux yeux du héros.

Sans convaincre les allergiques au western à l’italienne, ADIOS HOMBRE saura contenter les amateurs : le cadre citadin est bien utilisé, les clichés sont présents (bagarres de saloon et entraineuses aguicheuses comprises), les duels et bagarres nombreux et le film quitte même un bref moment son décor urbain pour une appréciable poursuite entre une diligence et des bandits à cheval.

Rien de mémorable ou de transcendant, certes (ADIOS HOMBRE ne finira jamais dans un hypothétique « top 20 du western à l’italienne ») mais un bon divertissement qui se savoure sans ennui, bien aidé il est vrai par une durée judicieusement réduite (environ 80 minutes). La musique, elle aussi, se révèle inspirée et plaisante même si elle ne peut rivaliser avec les meilleures bandes originales du genre.

Petit western urbain au budget serré (cela se ressent essentiellement dans les décors rudimentaires et les costumes un brin folklorique), ADIOS HOMBRE n’en reste pas moins une production très honnête dont le classicisme, largement inspiré du modèle américain, s’appréciera des amateurs de western traditionnel, souvent décontenancés par les outrances du spagh’.
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar hellrick » 6 nov. 12, 15:25

DJANGO 2 : LE GRAND RETOUR
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Séquelle tardive et lointaine du classique de Sergio Corbucci, ce modeste film d’aventures signé Nello Rosati (le thriller érotique THE CAT IN HEAT) aurait probablement été plus inspiré de s’intituler DJANGO 2 : LA MISSION tant son scénario s’éloigne des racines du personnage pour privilégier un « bourrinage » digne de Stallone. Lorsque l’on apprend que Rosati et Nero en eurent l’idée alors qu’ils tournaient en Colombie un certain ALIEN TERMINATOR (sic !), on comprend mieux leur envie d’oublier le western au profit (hum !) de l’aventure guerrière.

Retiré dans un monastère, le pistolero Django a adopté le pseudonyme de Frère Ignatius et vit en paix à l’écart du monde séculier dévoré par la violence aveugle. Cependant, une femme vient lui apprendre qu’il a une fille adolescente, Marysol, enlevée par un tyran local surnommé El Diablo. Emmenée en Amérique du Sud, Marysol est condamnée à finir dans les bordels d’El Diablo mais Django reprend les armes (et sa célèbre mitrailleuse !) pour la tirer de cette situation.

Réalisé en 1966, le premier DJANGO devint rapidement un véritable classique du western spaghetti et engendra de nombreuses séquelles officieuses d’un intérêt discutable. Si la première, DJANGO ARRIVE PREPAREZ VOS CERCUEILS avec Terence Hill est un excellent western aux lisières du fantastique, les suivantes, de plus en plus fantaisistes, perdent tous liens avec le long-métrage original pour confronter Django, réduit à l’état de stéréotype, à divers figures légendaires de l’Ouest cinématographiques comme Sartana. Vingt ans après le premier film, Franco Nero, forcément vieilli, accepte de reprendre son rôle emblématique mais, étonnamment (ou pas, les modes ont beaucoup changé et le western spaghetti est mort depuis près de quinze ans), DJANGO 2 abandonne en grande partie le contexte western de l’original pour devenir un banal film d’aventures exotiques. Située dans la jungle d’Amérique du Sud (le tournage s’est déroulé en Colombie), cette séquelle voit l’ancien pistolero effectuer une véritable opération commando (dans la lignée des succès de l’époque comme RAMBO 2 et PORTES DISPARUS) afin de sauver sa fille, kidnappée par un sadique mégalomane incarné par Christopher Connelly. Celui-ci, passionné par les papillons, a réduit en esclavage les populations locales pour bénéficier de main d’œuvre gratuite utilisée jusque l’épuisement dans ses mines d’argent. Le taciturne Django finit par s’allier avec un entomologiste prisonnier (joué par un Donald Pleasance venu cachetonner) et un jeune garçon décidé à venger son père, assassiné par le tyran.

Plus en phase avec son époque au niveau des thématiques, DJANGO 2 joue, également, la carte de la violence gratuite à la manière des films d’exploitation italiens des années ’80. Viols, tortures au cigare, balle en pleine tête, décapitations, coups de hache bien sanglant…Le long-métrage ne se prive d’aucun excès, du moins dans sa version intégrale, la plupart des copies disponibles étant sévèrement censurées, au point de compromettre, parfois, la compréhension du pourtant maigre scénario. La logique et la vraisemblance ne sont d’ailleurs pas vraiment le souci principal du cinéaste, plus préoccupé d’orchestrer une série de mises à mort variablement spectaculaires. Là, aussi, souvent, en dépit du bon sens comme lorsque Django enfonce un bâton de dynamite dans la bouche d’une crapule qui attend gentiment de le voir exploser sans jamais songer à le recracher. Ou lorsque l’ancien cowboy confie sa fameuse mitrailleuse à un gamin avant de rendre justice de manière expéditive dans un bordel. Les scènes d’action sont, de toutes manières, souvent médiocres, le manque de budget handicapant sévèrement un film voulu épique mais généralement piteux et dépourvu de tout souffle. Malheureusement, il n’y a pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent, l’intrigue se limitant à suivre Django dans son enquête mollassonne pour retrouver sa fille enlevée par les méchants. Sur son chemin il torture et tue quelques truands avant de jouer les Rambo pour la sauver des griffes du tyran.

Si DJANGO 2 ne cherche jamais à imiter le classique de Corbucci, les changements apportés ne sont, hélas, guère concluants. Après plus d’une trentaine de séquelles officieuses, les fans avaient probablement envie de découvrir un véritable western et non une banale production d’aventures guerrières située au début du XXème siècle. Même le personnage de Django ne possède plus les caractéristiques d’antan et s’avère un « simple » pistolero vieillissant, tenté par la vie monastique, bien trop sérieux en dépit de quelques « punchlines » stupides qui rapprochent encore davantage l’entreprise des « actionners » américain produits durant les eighties. Seule la présence de la fameuse mitrailleuse, toujours cachée dans un cercueil, et de brefs passages mexicains rapprochent, au final, DJANGO 2 du film de Corbucci. C’est peu.

Sans être totalement raté, DJANGO 2 demeure une sévère déception et constitue, au mieux, une curiosité anachronique, baptisée de manière opportuniste pour profiter, même deux décennies plus tard, de l’aura culte du nettement plus réussi DJANGO. Bien des suites officieuses sont, d’ailleurs, plus plaisantes que cette médiocre production aujourd’hui oubliée avec raison. Une véritable occasion manquée qui laisse, surtout, une terrible impression de gâchis. Dommage.
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Jeremy Fox » 6 nov. 12, 15:27

Le seul Django que je verrais sera très bientôt celui de quivoussavez 8)

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar hellrick » 6 nov. 12, 15:30

Jeremy Fox a écrit :Le seul Django que je verrais sera très bientôt celui de quivoussavez 8)


Pour ma part j'adore le Django de Corbucci (que je classe parmi les meilleurs westerns spagh avec Le grand silence) et j'espère que QT lui fera un ou deux clins d'oeil (j'aimerais voir son Django sortir une mitrailleuse d'un cercueil boueux pour faire un carnage de bag guys :oops: ) mais si il ne retient rien du Django originel ce n'est pas grave, je suis certain que ce sera de toutes façons un grand film :wink:
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar someone1600 » 9 nov. 12, 13:03

Jeremy Fox a écrit :Le seul Django que je verrais sera très bientôt celui de quivoussavez 8)


même chose pour moi ;)

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar hellrick » 9 nov. 12, 13:54

Pourtant il me semble que le premier Django pourrait quand même plaire à un plus large public que les seuls fans de spaghetti, il y a un côté cynique non dénué d'humour qui pourrait plaire aux amateurs de westerns un peu ironique de série B, voire aux fans de Sam Peckinpah. Pour ma part largement supérieur dans le même genre à Pour une poignée de dollars :fiou:
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Jeremy Fox » 9 nov. 12, 15:51

hellrick a écrit :Pourtant il me semble que le premier Django pourrait quand même plaire à un plus large public que les seuls fans de spaghetti, il y a un côté cynique non dénué d'humour qui pourrait plaire aux amateurs de westerns un peu ironique de série B, voire aux fans de Sam Peckinpah. Pour ma part largement supérieur dans le même genre à Pour une poignée de dollars :fiou:



OK ; je note alors et essaierais de le voir malgré mon aversion pour le western italien :wink:

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar hellrick » 9 nov. 12, 16:01

Si tu veux tester avant l'achat éventuel c'est ici :



:fiou:
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Kevin95 » 9 nov. 12, 21:41

Je ne veux pas trop m'avancer, mais je ne crois pas que mister Fox va aimer le film de Corbucci. Certes les amateurs de westerns italiens le porte aux nues (à mes yeux à juste titre), mais sa mise en scène maniérée, son budget limité, le jeu outrancier des comédiens risquent fort de rebuter ce cher Jeremy qui en plus, vient de consommer son divorce avec le grand Leone. :mrgreen:
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar hellrick » 9 nov. 12, 21:56

Oui, c'est pourquoi je lui propose de tester avant l'achat...

En western italien deux chouettes titres qui, eux, pourraient davantage plaire aux amateurs des classiques US, ne serait ce que par leur casting, c'est CHACUN POUR SOI (une bien jolie découverte signée Artus) avec Van Heflin et Klaus Kinski et UNE RAISON POUR VIVRE UNE RAISON POUR MOURIR avec James Coburn, Telly Savalas et Bud Spencer :wink:
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Filiba » 10 nov. 12, 11:58

Kevin95 a écrit :Je ne veux pas trop m'avancer, mais je ne crois pas que mister Fox va aimer le film de Corbucci. Certes les amateurs de westerns italiens le porte aux nues (à mes yeux à juste titre), mais sa mise en scène maniérée, son budget limité, le jeu outrancier des comédiens risquent fort de rebuter ce cher Jeremy qui en plus, vient de consommer son divorce avec le grand Leone. :mrgreen:


Corbucci filme un peu n'importe comment: les zooms abondent et souvent flous et tremblants. Le Grand Silence m'avais enthousiasmé il y a trés longtemps, à la re-vision j'ai déchanté tellement la narration visuelle est brouillone. Je n'ose plus revisiter Django.

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Kevin95 » 10 nov. 12, 15:39

J'ai bien le style brouillon et à vif de Corbucci (dans ses bons jours). Elle donne aux explosions de violence un réel impact ainsi qu'un sentiment d’hystérie et/ou de désespoir (je pense plus ici au Grand Silence). Les personnages semblent patauger dans la boue au sens premier du terme comme dans son sens métaphorique et l'énergie de la caméra de Sergio Corbucci retranscrit très bien cela.

Après, sa filmographie est tellement en dents de scie qu'il est parfois décourageant d'essayer de dégager une touche "Corbucci" comme on pourrait souligner la touche de "Leone" voir de "Sollima" (pour se concentrer sur les fameux trois Sergio).
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar André Jurieux » 29 déc. 12, 23:47

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A ma grande surprise, il semble qu'il n'y ai pas de topic consacré à Lewis Foster alors je poste ici.

PASSAGE WEST. LA CARAVANE DES ÉVADÉS. Lewis R. Foster. 1951

Avec : John Payne (Pete Black), Dennis O'Keefe ( Le pasteur Jacob Karns), Arleen Whelan (Rose Billings), Frank Faylen et Mary Anderson.

6 évadés du pénitencier de Salt Lake s'imposent dans une caravane de pèlerins en route pour la Californie. Épuisés, Ils surgissent au cours de la cérémonie d'enterrement d'un enfant, en hâtent la fin, s'emparent
des armes du convoi et ordonnent le départ immédiat de la caravane car au loin on peut entendre les chiens de leurs poursuivants.

La suite d'épreuves qu'ils traverseront dans la chaleur étouffante du désert : une tempête de sable, un violent orage qui provoquera une inondation, entrainant par la même des pertes humaines, dont celle d'un autre
enfant, finiront par rapprocher les hommes...

Au départ de l'action, tout oppose les 2 groupes.
D'un coté, on a les pèlerins emmenés par le pasteur Karns. C'est un homme en apparence très soumis et résigné, très critiqué pour cette raison par la fougueuse Rose Billings, la fille d'un vieux pasteur qui devait
préalablement mener la caravane mais qui est décédé peu avant le départ.
On apprend aussi à connaitre par petites touches d'autres personnages très attachants. Pour les principaux, on a :
Un couple âgé qui possède les 2 seules vaches du convoi.
Une jeune femme au passé de danseuse qui voyage dans le charriot de Rose Billings, qui elle est en apparence assez bigote mais dont la sensualité est évidente.

Et de l'autre, on a les 6 évadés dirigés par un John Payne remarquable, dur avec les pèlerins mais aussi avec ses hommes. La brutalité de la plupart de ces hommes n'est pas feinte et Black, leur chef, est le plus dur de
tous.

Voilà pour la situation de départ...Reste les péripéties brièvement évoqués ci-dessus et surtout le chemin parcouru chez les êtres humains. Une histoire avec d'un coté des bigots et de l'autre des malfrats, çà peut mettre
les foies et faire fuir le westernien mais ici c'est fait avec infiniment de finesse et de sensibilité.
Le parcours entre le prêcheur (Karns) et le violent (Black) se terminera d'ailleurs d'une manière totalement inattendu et même chez les pèlerins, il y aura aussi du chemin de fait entre la fille en apparence facile (la danseuse)
et la fille du vieux pasteur.

D'autre part, les doutes et les interrogations surgiront des 2 cotés. Les pèlerins se demanderont le bien fondé de leur quête devant les difficultés traversées et la précarité d'une existence fragile les amèneront à se demander
s'ils sont bien sous le regard de dieu.

Les interrogations chez les affreux, on en aura un aperçu dans le regard intrigué de Black sur le forçat noir qui commencera un soir à chanter avec les pèlerins au cours d'un office. Mais c'est la mort d'un enfant surtout qui
finira par rapprocher tout le monde...et l'attirance irrémédiable de 2 des protagonistes cristalisera le conflit avant d'en sceller la fin.

Avant cela, la précarité de leurs situations donnera des scènes très fortes quand la perte d'une vache entrainera la mort d'un enfant. Cette mort aura des suites qui parsèment habilement le récit et relancent l'émotion et les
interrogations.
Quand le besoin se fait sentir d'abandonner une partie du chargement du convoi, le berceau est jeté au sol. Plus tard, le berceau ressurgit. C'est une petite fille qui l'a ramassé et y a mis une poupée. Plus tard, la mère
inconsolable bercera le berceau en chantant. Pour autant, les regards portés sur cette femme et la façon de filmer de Foster ne nous donne pas à penser qu'elle a perdu la tête...Elle en a juste besoin...
Cette série de scènes liés à l'enfant, ainsi que celles entre la "mauvaise fille" et "la bourgeoise" qui feront penser aux relations de Claire Trevor et de la femme de l'officier dans Stagecoach, ne sont pas indignes de Ford.

J'ai vu tous les films d'aventure et tous les westerns de Foster et celui ci est sans aucun doute mon préféré. On y perçoit une attention aux détails, une sensibilité qu'on aura du mal à retrouver ailleurs dans son travail. Non
seulement le sujet qu'il a tourné ici est le plus fort de tous les films que j'ai vu de lui mais sa mise en scène est elle aussi assez remarquable, tout comme sa direction d'acteurs.

J'ajoute qu'on peut y voir aussi une bagarre d'anthologie filmée de manière extraordinaire par Foster et pourtant ce genre de scène, ne constitue pas ordinairement mon dessert.