Les Westerns 2ème partie

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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Ann Harding
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Ann Harding » 13 avr. 11, 15:22

Un western très intéressant de 1930 qui a échappé au radar de Jeremy Fox.

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Hell's Heroes (Les héros de l'enfer, 1930) de William Wyler avec Charles Bickford, Raymond Hatton et Fred Kohler

Trois hors-la-loi, qui viennent d'attaquer une banque, s'enfuient dans le désert. Durant une tempête de sable, leurs chevaux s'échappent. Chemin faisant, ils trouvent une femme enceinte dans un chariot abandonné...

Ce très intéressant western de Wyler est la toute première version du roman de Peter B. Kyne, Three Godfathers, qui sera à nouveau porté à l'écran par Richard Boleslawski en 1936 et par John Ford en 1948. C'est aussi le premier film totalement parlant de Wyler. Avec une distribution de vieux routiers du muet comme Fred Kohler et Raymond Hatton qui furent des spécialistes des rôles de méchants, Wyler offre un film dépourvu de glamour, mais qui sent la poussière et la sueur. Charles Bickford, lui, vient de commencer sa carrière au cinéma parlant après des années de théâtre. Il deviendra aussi un acteur de second plan que l'on retrouve dans de multiples westerns. Donc, il n'y aucune star au générique de ce western adapté par C. Gardner Sullivan, un grand spécialiste du genre qui a travaillé durant des années avec William S. Hart. Son adaptation (avec Tom Reed) est nettement plus sèche que celle des scénaristes de Ford. ici, il n'y a pas de scènes comiques pour introduire les hors-la-loi. Et on n'essaie à aucun moment de les rendre sympathiques. Ces trois brutes avec leur quatrième complice exécutent même le caissier de la banque de sang-froid. Quant à la découverte du chariot, loin de provoquer une brusque montée de foi et de générosité, elle n'engendre d'abord qu'un désir de possession de cette femme abandonnée en plein désert. Réalisant qu'elle va accoucher, l'un d'eux est obligé de se dévouer pour l'aider, mais presque à contre-coeur. Devenus parrains malgré eux, les disputes continuent. Dépourvus d'eau, ils songent même à se partager le lait en boîte au lieu de nourrir l'enfant. Ils vont finalement se dévouer pour sauver cet enfant, comme si ils ne pouvaient pas faire autrement. Bickford poussera l'abnégation jusqu'à boire de l'eau empoisonnée pour réussir à atteindre la ville voisine et sauver ainsi le bébé. La fin est totalement dépourvue de sentimentalisme : il tombe mort à l'arrivée et on lui enlève l'enfant des bras. Au début du cinéma parlant, la censure est moins dure et on peut plus facilement montrer un méchant sans chercher à lui donner des excuses diverses. En 1948, il faut trouver des faux-fuyants pour que les personnages soient acceptés. On insiste lourdement sur l'aspect biblique avec l'arrivée de l'âne et on termine le film sur un happy-end hyper-sentimental qui n'est guère convaincant. J'ai été plus convaincue par le trio de brigands de Wyler que par celui -édulcoré- de Ford. Quant à l'aspect visuel du film, on est entièrement en décors naturels et la caméra n'est absolument pas statique. C'est certainement un des meilleurs films de 1930 que j'ai pu voir. Les dialogues ne sont pas emphatiques, mais naturels. Avec une durée de 69 min et sans une once de gras, le film est une vraie réussite parmi les premiers westerns parlants. Il est disponible dans la collection Warner Archive .
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Dernière édition par Ann Harding le 13 avr. 11, 16:19, édité 2 fois.

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Jeremy Fox
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Jeremy Fox » 13 avr. 11, 15:27

Merci pour cet avis sur un film que je ne connaissais même pas de nom ; et à vrai dire, rien qu'en voyant le titre, je n'aurais jamais pensé à un western mais plutôt à un film de guerre. Sacrément alléchant en tout cas !

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar someone1600 » 28 avr. 11, 15:36

Pour ne pas polluer inutilement le topic de Jeremy, d'autant qu'il est justement rendu a ce film dans son long cycle, je poste ici mon tres court avis sur Rio Grande de John Ford.

Dernier film de sa trilogie de cavalerie, c'est aussi le plus faible. Il est certain qu'il lui sera difficile de soutenir la comparaison avec La charge héroique (non mais, je prefere nettement le joli titre original : She wore a yellow ribbon) et meme avec Ford Apache.

Mais il est tout de meme un bon western, servi encore une fois par un casting d'habitué de John Ford, en commencant par John Wayne, fidele a lui-meme, Victoir McLaglen, toujours aussi drole et la tres jolie Maureen O'Hara que l'on decouvre deja marié a John Wayne, pour la premiere fois si je ne me trompe pas...

Et encore une fois, John tourne son film dans le magnifique Monument Valley et on se surprend a reconnaitre un décor que l'on reverra dans La prisonniere du désert, c'est a dire la riviere qui sert de frontiere avec le Mexique.

Tout de meme un 8 sur 10 pour ma part. :wink:

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Ann Harding
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Ann Harding » 23 mai 11, 15:33

Je poursuis avec la 2ème version parlante de Three Godfathers. Le film de Wyler (chroniqué ci-dessus) est vendu couplé avec cette version de 1936 par Warner Archive.
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Three Godfathers (1936, Richard Boleslawski) avec Chester Morris, Lewis Stone et Walter Brennan

Quatre hors-la-loi arrivent dans la petite ville de New Jerusalem. Ils préparent un hold-up de la banque...

Cette deuxième adaptation parlante du roman de Peter B. Kyne a été produite à la MGM par Joseph L. Mankiewicz dont c'est le premier film en tant que producteur. Contrairement à la version de Wyler de 1930, le début du film nous présente les hors-la-loi un à un dans la petite ville de New Jerusalem. Bob Sanger (Chester Morris) est un enfant du pays qui a mal tourné. Il s'habille en noir et ne semble avoir aucun principe. Le début du film se déroule en intérieurs au saloon et lors d'une soirée de Noël. Le film prend plus de temps à démarrer avec des intermèdes comiques, en particulier avec Walter Brennan. Le scénario a subi des modifications par rapport à la version Wyler. Les trois personnages des hors-la-loi sont plus 'clean' que ceux de la version Universal. Lewis Stone, en particulier, donne à son Doc Underwood, une qualité d'intellectuel qui est tombé dans le crime par accident. Chester Morris est le plus dur des trois. Celui qui ne veut pas entendre parler de ce bébé qu'il va falloir traîner avec eux dans le désert. Walter Brennan est égal à lui-même avec son accent comique. Il est étonnant de voir que la MGM ait confié ce western (un genre qu'elle pratiquait peu dans les années 30) au russo-polonais Boleslawski, un réalisateur de productions de prestige. Il s'en sort plutôt bien avec une prédominance de gros-plans des trois acteurs principaux (et du bébé) qui tranchent avec l'écriture plus rude la version de 1930. Le scénario préserve la conclusion tragique de la première version, avec Morris qui meurt en arrivant, le bébé dans les bras. C'est bien la version de 1948 de Ford qui introduira ce happy end convenu et sentimental. le film contient beaucoup plus de scènes en studio que celle de 1930, même si la seconde partie offre des extérieurs superbes photographiés par Joseph Ruttenberg. De toutes les versions, ma préférée reste celle de Wyler, plus âpre, plus rêche et la moins sentimentale.

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Jeremy Fox » 23 mai 11, 15:59

Même si je ne les verrais peut-être jamais, content d'avoir tes avis sur les deux films qui ont précédés celui de Ford.

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar homerwell » 13 juil. 11, 18:29

Gunman's walk / Le salaire de la violence (P. Karlson, 1958)

Ha le bon western que voilà ! De multiples thèmes sont passés en revue, du racisme ordinaire à la violence aveugle, de l'éducation aux transformations d'un monde en mutation, le scénario de Frank Nugent brassent de larges idées et Phil Karlson met tout cela en musique dans une réalisation qui ne perd pas son temps. Du trio d'acteurs principaux, on retiendra surtout la performance de Van Heflin et de Tab Hunter, leur confrontation venant un peu effacer le rôle de James Darren. Mais les seconds rôles viennent avantageusement compléter les têtes d'affiche. Ainsi le shérif, le docteur, le juge, l'agent des affaires indiennes sont autant de pièces passionnantes d'un puzzle tout en montée dramatique et dont le final a bien failli m'arracher quelques larmes.
Pour une fois je me fends d'une note : 7/10

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Rick Blaine » 13 juil. 11, 18:49

Un film que j'ai moi aussi trouvé excellent. :D

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar hellrick » 1 août 11, 11:52

LA MISSION DU CAPITAINE BENSON

Film très décevant, avec quasiment aucune action et des personnages très clichés (même si les Indiens y sont présentés de manière relativement nuancée) et un Randolph Scott pas génial (il a raison, les autres ont tort, les pas d'accord prennent un poing sur la gueule et c'est réglé)...La fin laisse espérer un peu d'action ou de suspense mais finalement...non :cry: Mise en scène également très paresseuse
Pas grand chose de positif à part les paysages et les couleurs, ça se laisse voir mais faut être indulgent
3/6
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Lord Henry » 1 août 11, 12:48

Horizons West (1952) - Budd Boetticher
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Deux anciens soldats confédérés, les frères Hammond, s'en retournent au Texas à la fin de la guerre de Sécession. Si le cadet, Neil (Rock Husdon), retrouve avec bonheur le dur labeur du ranch familial, il en va autrement de Dan (Robert Ryan). Ce dernier, amer, ne rêve plus que de faire fortune le plus vite possible.

Avec Le Traître du Texas, le western se coule dans le moule du film de gangster, celui qui fit les beaux jours de la Warner dans les années trente. Les amoureux du Petit César ou de l'Ennemi Public sont familiers de ces chroniques d'une ascension criminelle inéluctablement sanctionnée par une chute sans gloire. Les archétypes sont une nouvelle fois à la fête, mais ici un assortiment de couleurs étudié remplace le noir et blanc tranchant de naguère. Dan Hammond forme son propre gang, pratique l'extorsion , la prévarication et l'intimidation. Il s'adjoint les services de représentants de l'ordre véreux et d'avocats retors afin de sauver les apparences de la légalité, mais un grain de sable suffira à faire vaciller son empire. Sa fin ne sera pas de celle dont se nourrit la geste de l'Ouest, plutôt un baisser de rideau sans éclat dans l'indifférence d'une nuit mexicaine. Respectueuse de la tradition, à la fois au centre et à la périphérie de ce tourbillon d'ambition et de violence, la femme fatale offre un point d'équilibre comme elle peut être l'instrument du destin.

Certes, la mise en scène n'atteint pas encore à l''épure quasi métaphysique des grandes œuvres à venir du cinéaste, néanmoins, Boetticher, à l'image d'un Fritz Lang, enferme ses personnages dans une composition géométrique de l'espace. Chaque plan cerne les protagonistes dans les limites du cadre ; la configuration des droites et des courbes dessine la réalité selon des critères dramatiques et en vertu d'une fonction symbolique.
Malheureusement, le film pâtit du trop grand déséquilibre de sa distribution. Si Robert Ryan, Raymond Burr et Julie Adams sont à la hauteur des circonstances, il en va autrement de Rock Hudson. L'acteur ne dispose pas encore du métier nécessaire pour dissimuler ses insuffisances. Elles sont ici trop criantes et son rôle est trop important pour ne pas constituer un handicap.
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Lord Henry » 3 août 11, 17:16

Man in the Saddle (1951) - André De Toth
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Owen Merrit (Randolph Scott), perd l'amour de sa vie (Joan Leslie) au bénéfice de son pire ennemi Will Isham (Alexander Knox). Ce dernier, propriétaire ambitieux tenaillé par la jalousie n'aura de cesse de ravir ses terres à son ancien rival, s'adjoignant à cet effet les services du peu recommandable Fay Dutcher (Richard Rober).

Beaucoup de choses rapprochent les mises en scène d'André de Toth et de Budd Boetticher, même si le premier aspire à moins de hauteur et se distingue par un prosaïsme du plus bel effet. Par ailleurs, l'expressionnisme trouve ici droit de cité. Tout au plus, quelques facilités vénielles laisseraient à croire que le film fut conçu dans l'idée de le projeter en relief.

L'une des beautés du film réside dans cet attachement indéfectible des personnages au code qu'ils ont défini pour eux-mêmes. Cette loyauté forge leur attitude et détermine leurs actes en toute sincérité en dépit des apparences et jusque dans leurs erreurs (Alexander Knox qui descend sans sourciller un de ses hommes parce qu'il croit - à tort - que celui-ci insulte sa femme). Il n'est de vérité que celle des décisions et chacun accepte d'en assumer les conséquences ; les sentiments obéissent à ce principe absolu.

Dans l'éclat purificateur des sommets enneigés, le film réserve en son cœur, un moment d'harmonie miraculeuse et d'apaisement – la nature y est à la fois accueillante et complice des fugitifs (Randolph Scott et Ellen Drew). Ce décors immaculé, théâtre des possibles, dessine comme un mirage l'avant-goût de ce qu'il reste à conquérir. La haine, montée de la vallée, dissipera cette illusion, rappel à l'ordre cinglant d'une réalité à laquelle il faut d'abord se mesurer. Poussé par le souffle des circonstances, Owen Merrit descendra de la montagne parce que rien n'est dû et que tout se gagne, parce qu'il n'y a de conflit que l'on ne doive mener à son terme, sous peine de ne pouvoir aspirer à autre chose. Ces quelques minutes estampillées d'un lyrisme sec, esquissent les prémisses du final hivernal de La Chevauchée des Bannis, le chef-d'oeuvre d'André de Toth.
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Jeremy Fox » 3 août 11, 18:29

Lord Henry a écrit :Man in the Saddle (1951) - André De Toth


Beaucoup de choses rapprochent les mises en scène d'André de Toth et de Budd Boetticher, même si le premier aspire à moins de hauteur et se distingue par un prosaïsme du plus bel effet. Par ailleurs, l'expressionnisme trouve ici droit de cité. Tout au plus, quelques facilités vénielles laisseraient à croire que le film fut conçu dans l'idée de le projeter en relief.

L'une des beautés du film réside dans cet attachement indéfectible des personnages au code qu'ils ont défini pour eux-mêmes. Cette loyauté forge leur attitude et détermine leurs actes en toute sincérité en dépit des apparences et jusque dans leurs erreurs (Alexander Knox qui descend sans sourciller un de ses hommes parce qu'il croit - à tort - que celui-ci insulte sa femme). Il n'est de vérité que celle des décisions et chacun accepte d'en assumer les conséquences ; les sentiments obéissent à ce principe absolu.

Dans l'éclat purificateur des sommets enneigés, le film réserve en son cœur, un moment d'harmonie miraculeuse et d'apaisement – la nature y est à la fois accueillante et complice des fugitifs (Randolph Scott et Ellen Drew). Ce décors immaculé, théâtre des possibles, dessine comme un mirage l'avant-goût de ce qu'il reste à conquérir. La haine, montée de la vallée, dissipera cette illusion, rappel à l'ordre cinglant d'une réalité à laquelle il faut d'abord se mesurer. Poussé par le souffle des circonstances, Owen Merrit descendra de la montagne parce que rien n'est dû et que tout se gagne, parce qu'il n'y a de conflit que l'on ne doive mener à son terme, sous peine de ne pouvoir aspirer à autre chose. Ces quelques minutes estampillées d'un lyrisme sec, esquissent les prémisses du final hivernal de La Chevauchée des Bannis, le chef-d'oeuvre d'André de Toth.


Entièrement d'accord avec tout ça y compris sur les facilité (le personnage du mexicain les rassemble quasiment toutes) ; un western quasi expressionniste en effet. Pas un chef-d'œuvre (loin de là), mais une excellente série B.

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Cathy » 8 août 11, 00:28

Le jardin du diable, Garden of Evil (1954) - Henry Hathaway

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Pour sauver son mari, enseveli dans sa mine d'or situé en plein territoire apache embauche quatre hommes pour le sauver.

Le film démarre curieusement, nous sommes visiblement au bord de la mer, avec un bateau qui a des avaries, de la fumée au loin et les commentaires des hommes qui débarquent nous en informent, mais la partition de Bernard Hermann semble assez angoissante, le thème est très proche d'ailleurs de celui qu'il signera pour Vertigo quatre ans plus tard. Puis nous arrivons dans une ambiance western avec un saloon, une chanteuse mexicaine aguicheuse. On fait petit à petit connaissance des personnages, mais on n'apprend pas grand chose sur les deux héros, sauf qu'ils se sont connus sur le bateau, que l'un est joueur et l''autre plutôt secret. Et puis arrive cette femme, cette américaine qui vient chercher de l'aide et réussit à embarquer les deux hommes et deux autres, un appaté par l'or, l'autre par la femme et l'or. S'ensuit une magnifique chevauchée à travers un territoire hostile, notamment une superbe corniche qui vaut sans doute les plus beaux plans du film, une chapelle abandonnée où la femme pourtant au caractère très affirmé va prier loin des regards, et puis surtout ces Apaches que l'on ne voit pas mais que l'on devine, fumée à l'horizon, plumes, etc.. Le film repose donc sur les relations humaines qui se créent entre cette femme et ces quatre hommes, puis le mari que l'on arrive à sauver mais qui ne semble avoir plus aucun amour pour sa femme.
La seconde partie voit l'arrivée de ces fameux apaches et leur chasse à l'homme blanc. Henry Hathaway filme avec brio cette histoire que ce soit cette histoire profondément humaine ou le côté purement aventure. Le seul reproche pourra être l'utilisation abusive de nuits américaines fort peu crédibles. Curieusement, les personnages bien que peu sympathiques, et dont nous ne connaîtrons d'ailleurs pas grand chose de leur passé, notamment celui du joueur interprété avec son talent habituel par Richard Widmark suscitent l'empathie. Gary Cooper est dans son rôle habituel de cow boy taciturne raisonneur ancien shériff, et Susan Hayward joue une nouvelle fois la femme forte au sex appeal évident, Cameron Mitchell complète le casting en jeune cowboy obsédé par le sexe et l'or. Hathaway signe ici un subtil western aux paysages magnifiquement filmés et au rythme soutenu. Il utilise à merveille le cinemascope qui magnifie les paysages avec notamment une belle profondeur de champ notamment une fois encore dans la scène de la corniche que ce soit à l'aller ou naturellement dans le grand final . Belle découverte en tout cas.

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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Rick Blaine » 20 sept. 11, 11:55

These Thousand Hills (Duel dans la Boue - Richard Fleischer, 1959)

Excellent western que nous propose Sidonis dans sa dernière fournée. These Thousand Hills nous conte l'ascension d'un jeune cowboy arriviste et brillant, 'Lat' Evans (Don Murray), prêt à renier la morale et ses amis pour atteindre la richesse. La première chose qui marque, c'est évidement le héros. Comme le souligne Tavernier dans son commentaire, Fleischer choisi un personnage principal antipathique, auquel ne s'attachera pas le spectateur - une figure que le cinéaste avait déjà appliquée dans Compulsion et qu'il retrouvera notamment pour l'Etrangleur de Rillington Place. Pour cela il fait appel à Don Murray, que j'avais trouvé assez fade dans le très bon film d'Hathaway la Fureur des Hommes, mais qui est ici parfait. Crédible en cowboy, crédible en ambitieux, crédible dans son obsession, Murray s'avère un excellent choix pour le film. Fleischer bascule alors l'empathie du spectateur vers les personnages secondaires, d'une part Tom l'ami de Lat interprété par un superbe Stuart Whitman, et d'autre part Carrie, la magnifique Lee Remick, véritable héroïne du film.
Sur ce fond moral, Fleischer n'oublie pas le spectacle - on notera la course de chevaux du début de film formidablement mise en scène - ni l'émotion des différents enjeux amoureux pour nous offrir un western rythmé, divertissant et intelligent, avec un propos finalement très actuel.
On saluera également le choix des décors, tant intérieurs qu’extérieurs, vifs et colorés qui font du film une belle réussite esthétique.
Réussi à tous points de vue, These Thousand Hills prouve encore une fois le talent de Fleischer, à l'aise dans tout ce qu'il touche, et qui n'est pas près de quitter le top de mes réalisateurs favoris.

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hellrick
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar hellrick » 5 déc. 11, 15:09

LE SHERIF AUX MAINS ROUGES
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Franchement déçu de ce western où il ne se passe quasiment rien...et où tout est réglé par un duel final vite expédié. C'est plat, prévisible, longuet (pourtant ça dure pas longtemps), ça manque d'humour (quelques tentatives avortées), la romance manque de passion, et le méchant de panache...bref tout est banal. Je suis bien content de l'avoir vu sur Action parce que j'aurais râlé d'avoir acheté ce dvd :(
Bon c'est pas nul non plus mais c'est tellement moyen et il y a tellement mieux dans le même genre que je râle un peu fort sur ce coup là

allez, 3/6
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Re: Les Westerns 2ème partie

Messagepar Rick Blaine » 22 déc. 11, 09:54

Les Sept Chemins du Couchant (Harry Keller, 1960)

Une série B au sujet plutôt commun - un marshall traquant puis ramenant un criminel - mais bien écrite, avec des rebondissements efficaces, quelques touches d'humour bienvenues et des personnages fort bien dessinés. L’interprétation est à la hauteur, Murphy à l'aise dans un personnage de marshall débutant et surtout Barry Sullivan excellent dans un personnage de méchant fort réussi.
Le bat blesse malheureusement dans la mise en scène insipide d'Harry Keller et dans une photo quelconque. Il en résulte un film sans grand intérêt esthétique et qui manque parfois de rythme.
Au final les acteurs et l'intrigue ont suffit à me divertir, mais les Sept Chemins du Couchant s’avère finalement un peu insignifiant. C'est dommage, j'ai l'impression que ce scenario dans les mains d'un réalisateur plus talentueux aurait pu nous offrir une série B de grande qualité.