Robert Wise (1914-2005)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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AtCloseRange
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Messagepar AtCloseRange » 6 sept. 07, 12:19

Le Coup de l'Escalier - Robert Wise
Je n'ai pas grand chose à reprocher à ce film à la mise en scène exemplaire (même si je ne suis pas très convaincu par Belafonte sauf dans la scène du bar). Comme la première fois où je l'ai vu à la Dernière Séance, il me laisse assez froid malgré ses qualités formelles indéniables.
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Alligator
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Messagepar Alligator » 17 sept. 07, 11:43

Nestor Almendros a écrit :NE POUR TUER
Par contre le méchant du film est, à mon goût, très mauvais, trop monolithique, se contentant de froncer les sourcils. J'ai été très surpris d'entendre Bromberg citer RESERVOIR DOGS, car Lawrence Tierney joue effectivement dans les deux films. Heureusement pour lui il a fait de sacrés progrès, et est beaucoup plus convaincant chez Tarantino...


Oh... pas du tout d'accord :D . Je l'ai trouvé excellent. Justement parce qu'il dégage quelque chose de massu, comme un bloc fait homme mais au regard saillant.

Born to Kill :
7.5/10
_______________

Un film noir d'une grande pûreté, d'une féroce brutalité grâce à la folie du personnage joué par Lawrence Tierney et sa gueule effrayante à force d'être patibulaire, acérée, raide. Une tête de lame. Un regard coupant.

La perversité auto-destructrice du personnage interprêté par Claire Trevor n'est pas mal non plus dans le genre... la femme fatale à elle même incapable de réfréner sa propre perte qui se joue par un orage de sens dévastateur autant dans son crâne que dans sa culotte. La pauvre femme est emporté par la virilité exacerbée de ce mâle dominateur, turgescent, tendu, raide comme un coup de trique, dans ses mots comme dans ses étreintes.
La bête qui rugit, qui bouscule, qui giffle, qui raille, qui toise suscite chez les femelles environnantes un étrange malaise, fouille leurs âmes d'un simple regard, d'une fruste phrase il embrase leur part cachée intime et cette masse humaine crée le désir, celui qui consume, auquel il est bien dur de résister. Claire Trevor illustre parfaitement tous les tourments qu'elle subit. Sa performance est en ces points réellement efficace, justement équilibrée, sans grand excès.

Et puis c'est toujours avec plaisir que je retrouve l'ami Elisha Cook Jr. et sa bouille trop petite pour son chapeau comme me le faisait pertinemment remarquer ma compagne. Une binette sympathique qui détient un secret indéfinissable, quelque traquenard qui transforme le regard que lui voue le spectateur de l'attachement à l'effroi en une fraction de seconde. Un acteur au physique phénoménal.

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C'est évident que la réalisation de Wise n'apporte pas au genre une puissance d'innovation et de symbolisme comme ont pu le faire les allemands hollywoodiens que sont les Lang, Siodmak ou Wilder avec leur savoir-faire expressionniste, mais il parvient cependant à tirer son épingle du jeu... des ces comédiens. La mise en scène ne révèle guère de fautes. La mise en image garde la bonne distance, colle bien au texte, au tempo, aux comédiens. C'est ce qu'on appelle de la belle ouvrage, du bon boulot. Sans génie, il exploite à fond son histoire et ses personnages, se met à leur service, sans tambour ni trompette. Efficace.

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Nestor Almendros
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Messagepar Nestor Almendros » 7 oct. 07, 00:51

LA MAISON SUR LA COLLINE

La jaquette annonce un "mélodrame saisissant". J'ai surtout vu là un mélange de drame et de polar façon film noir. Le film se laisse regarder, c'est assez plaisant. Difficile de ne pas accrocher au moins un tout petit peu malgré les grosses ficelles.

Le début est plutôt surprenant, avec une histoire qui débute dans un camp de concentration en Pologne pour se retrouver, moins de 15mn après, dans une demeure bourgeoise de San Francisco avec majordome et gouvernante. Un grand écart vite expédié qui ouvre une histoire aux ingrédients finalement très classiques. Facile de dire cela aujourd'hui, puisqu'on peut comparer avec les mètres-étalon du genre, mais j'ai très vite repéré les différents pions de l'intrigue. On devine assez rapidement qui fait quoi (le mari, l'ami futur prétendant?, la gouvernante, certains lieux spectaculaires comme la maison ou la petite cabane de jeu, etc.) et cela m'a peut-être un peu refroidi. Ce qui m'a refroidi également c'est le jeu parfois un peu poussé ou théatral de certains comédiens (notamment l'héroine). Parfois, j'avais aussi l'impression de me faire manipuler, de subir maintes explosions musicales ou maints sursauts dramatiques assez gratuits, parce qu'il ne se passait pas forcément beaucoup de choses à l'écran et qu'on surappuyait les effets pour accrocher le spectateur...

Par contre certains passages sont relativement prenants, et notamment les 20 dernières minutes avec le face à face entre l'héroine et son mari, celle-ci étant comme une prisonnière dans sa maison, incapable de se dépétrer de son mari, collé à ses basques. Toute cette partie est assez bien faite.

J'ai surtout beaucoup pensé à Hitchcock pendant ce film. On retrouve, en effet, une maison bourgeoise imposante qui renforce la pression exercée sur la jeune héroine qui vient d'arriver (ça c'est REBECCA). On a également une grande partie du film basée sur une femme qui soupçonne son mari (là c'est SOUPCONS). L'un des derniers rebondissements introduit un verre de jus d'orange empoisonné (et là c'est LES ENCHAÎNES). Il y a certainement plein d'autres détails qui font penser à Hitchcock, déjà une référence pour l'époque, vraisemblablement (ou en tout cas ses scripts...).



LA COUP DE L'ESCALIER (Cinécinéma Classic)

Je l'ai revu il y a quelques semaines et c'est l'occasion d'en parler un tout petit peu, parce que c'est déjà loin et que je n'en ai plus beaucoup de souvenirs.

En gros, je n'avais pas spécialement apprecié la première fois (il y a presque une dizaine d'années). Si j'ai été davantage conquis cette fois, je n'en garde pas non plus un souvenir marquant.

Car même si le film est connoté "film noir" j'ai surtout vu un drame. Tel que je l'ai ressenti, Wise s'intéresse davantage à une ambiance de drame (avec ses personnages désabusés, au bout d'un cycle, etc.) qu'à un vrai suspense. Sur la longueur, la tension n'est pas totalement là, en fait. On s'attache plus aux personnages qu'à l'intrigue en elle-même.

Par contre, il est tout à fait vrai que le casse est vraiment bien mis en valeur, et bien mis en scène. Le dispositif qui présente le projet de casse, avec sa mise en place dans l'espace (le travelling depuis la chambre à travers la fenêtre), est très efficace et permet de vivre davantage l'action avec les personnages. A la fin, on sait comment doit se dérouler le cambriolage et on est finalement aussi surpris que les héros de ce qui arrive.

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Profondo Rosso
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Messagepar Profondo Rosso » 16 déc. 07, 23:09

Ciel Rouge de Robert Wise (1948)

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Très sympathique western avec des cadors en devenir devant et derrière la caméra. Le scénario est assez classique avec un Mitchum en étranger taciturne et au passé trouble qui va se ranger du bon côté après quelques errements. Mitchum tout jeune et déjà très impressionnant, une vrai force de la nature qui en impose il faut voir la scène où il décourage un tueur de dégainer par sa seule présence et la puissance de son regard. Réalisation des plus efficace de Robert Wise (dont une baston bien hargneuse entre Mitchum et Preston) avec quelques parti pris surprenant comme cette photo très sombre plus inspiré du film noir que du western mais dans le pur style RKO pour le coup. Un peu longuet par instants notamment le gunfight final qui se traîne mais bien rehaussé par sa conclusion bien brutale. Très bon Robert Preston en méchant cupide, toute jeune Barbara Bel Geddes (la maman de JR et Bobby dans Dallas ! :mrgreen: bon Vertigo aussi ) et mon second rôle préféré des western hollywoodien le toujours très sympathique Walter Brennan. 4,5/6

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Messagepar AtCloseRange » 6 janv. 08, 23:02

Deux sur la Balançoire
Film assez méconnu de Robert Wise, je ne le placerais pas dans ses grandes réussites essentiellement à cause du matériau, la pièce de William Gibson qui ne m'a pas entièrement convaincu. Néanmoins, l'interprétation de Shirley MacLaine et de Robert Mitchum, la très belle photo noir et blanc et la réalisation de Robert Wise élèvent le film au-dessus de sa condition de pièce de théâtre filmée.
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Re: Notez les films - juillet 2008

Messagepar Ender » 29 juil. 08, 17:39

Le Récupérateur de cadavres :: Robert Wise :: 1945

Un film à l'ambiance véritablement sombre tourné dans de très beaux décors de studio pour reconstituer l'Edimbourg du XIXe siècle, à l'allure très gothique. Et pour cause : les cimetières sont l'un des lieux-clef de l'intrigue. Un cocher y déterre des cadavres pour les livrer à un médecin-pédagogue avant de passer à la vitesse supérieure en s'occupant lui-même de produire des cadavres, tout cela sous les yeux médusés du nouvel assistant du docteur, qui va prendre part aux évènements. Tous les personnages face aux dilemnes moraux qui se présentent à eux prennent les mauvaises décisions : le ton est franchement pessimiste. Et si Le Récupérateur de cadavres baigne dans un climat de film fantastique, nul n'est besoin de chimères, tout n'est que sombres intrigues ; même la douce folie de John Gray, le personnage du cocher-fossoyeur interprété par Boris Karloff, n'est qu'apparence. C'est un lucide intéressé, doublé d'un vieil homme amer peu scrupuleux. Robert Wise joue à le rendre inquiétant, mais offre un beau contraste dans d'autres séquences où il le présente comme un calculateur usé, banal, pas plus mauvais que les autres protagonistes - si lui choisit le meurtre, les autres flirtent avec tout aussi bien, et tous dans leurs contradictions sont attachants, particulièrement le Dr. MacFarlane. Wise dont ce n'est que la troisième réalisation a l'art de tirer le meilleur de ses acteurs, dont Karloff et Lugosi réunis dans ce film, et de jouer avec habileté de schémas classiques pour en tirer un récit haletant. Belle réussite.

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joe-ernst
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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar joe-ernst » 12 oct. 08, 15:49

Marqué par la haine (Somebody Up There Likes Me, 1956).

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Basé sur l'autobiographie du boxeur Rocky Graziano et initialement prévu pour James Dean, ce film très réaliste montre l'immense talent de metteur en scène de Robert Wise, avec des cadrages superbes servis par une belle photo et qui bien sûr rappelle un de ses chefs-d'oeuvre, Nous avons gagné ce soir, mais si dans ce dernier, c'était le pessimisme qui ressortait, dans celui-ci, c'est l'optimisme. Il s'en dégage une intense énergie sans relâchement. Certes il y a quelques lourdeurs dans le côté démonstratif de l'évolution du personnage principal, notamment dans la première partie du film, mais c'est supportable. Du côté de l'interprétation, j'avoue avoir été agacé par Paul Newman. Trop de tics et de grimaces, sans compter l'accent, même s'il parvient à instiller une dose d'humour à son rôle. Pier Angeli est touchante, tout comme Eileen Eckhart, et Everett Sloane est excellent. A noter dans un rôle très bref la présence de Steve McQueen.
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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar O'Malley » 12 oct. 08, 19:02

joe-ernst a écrit :Marqué par la haine (Somebody Up There Likes Me, 1956).

[Pier Angeli est touchante, tout comme Eileen Eckhart, et Everett Sloane est excellent.


A noter pour les curieux que Louis de Funès double Everett Sloane dans la version française: une de ses rares performances non-comiques, bien que seulement verbale, qui vaut le détour...

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Nestor Almendros
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Messagepar Nestor Almendros » 24 oct. 08, 23:40

L'ODYSSEE DU HINDENBURG (RTL9)

Enfin revu ce film qui passait souvent quand j'étais très petit (autour de 1980) et dont j'avais gardé quelques vagues images en tête. Tout d'abord j'ai été surpris de voir un film catastrophe alors que je ne m'y attendais pas spécialement (naïvement). HINDENBURG se range facilement dans cette catégorie, populaire à l'époque, mais propose quand même certaines originalités: j'ai ressenti un effort pour se démarquer (c'est plus une enquête qu'un sauvetage), et en même temps on a droit à quelques clichés du genre. C'est l'effet "remplissage" avec toute une série de personnages inutiles qui ne servent qu'à combler une intrigue (qui se révèlerait, sinon, bien monotone) en augmentant le nombre de coupables potentiels par exemple. Le film se suit, ainsi, sans déplaisir jusqu'au final. J'avoue m'être laissé prendre au jeu, assez surpris de ce qui finit par arriver, alors que c'était attendu.

Le film bénéficie de moyens confortables. Les décors intérieurs du dirigeable sont assez spectaculaires (les carcasses métalliques aux effets très graphiques) et m'ont rappelé certaines scènes d'INDIANA JONES 3 (on pense aussi à la cabine-salon). Wise choisit d'utiliser les images d'archives officielles pour sa séquence finale, passant subitement le film en noir & blanc pour mieux les intégrer. Il mélange archives et plans tournés pour l'occasion (corps en feu, etc.) pour un résultat assez efficace: il faut dire que ces archives, à elles seules, dispensent de tous trucages: elles sont extrêmement spectaculaires (on y voit des silhouettes s'échapper des décombres en flamme, par exemple). Les inserts ajoutés à ces archives illustrent les destins de certains personnages que nous avons suivi auparavant. Une consolation de taille: le dalmatien est sauvé. Ouf!!!! :fiou:

Honnête, mais pas le grand film espéré.

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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar tijay » 1 nov. 08, 11:56

The haunting (La maison du diable, 1963)

Je découvre (eh oui) ce classique du cinéma fantastique des années 60. Ayant auparavant vu le remake (Hantise) avec Cat Zeta-Jones et Liam Neeson entre autres (film qui m'a laissé bien indifférent), je suis surpris d'accrocher autant l'original. La mise en scène est remarquable, Julie Harris et Claire Bloom excellentes, l'atmosphère est bien pesante grâce à la musique de Humphrey Searle ...
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Re: Notez les films naphtalinés de Novembre 2008

Messagepar Lord Henry » 12 nov. 08, 11:51

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Alors que la Guerre de Sécession connaît ses ultimes soubresauts, un régiment de prisonniers sudistes accepte d’aller combattre les indiens au Nouveau-Mexique, sous uniformes nordistes.


De son propre aveu, le Western n’était pas le genre dans lequel Robert Wise se sentait le plus à son aise. Fort heureusement, la présente intrigue repose essentiellement sur les relations entre les personnages plutôt que de faire la part belle aux traditionnelles chevauchées. On sent d’ailleurs Wise bien plus maître de son cinéma lorsqu’il illustre les conflits intérieurs et les rapports entre les protagonistes, que lorsqu’il lui faut en passer par les batailles entre soldats et indiens.

Sans doute, ce film permet-il de mesurer la réelle influence qu’a exercée sur le réalisateur sa collaboration avec Orson Welles. J’avoue en avoir pris conscience plus particulièrement en cette occasion, devant l’organisation des plans, le recours à la courte focale et aux contre-plongées. Avec le concours de son chef-opérateur Leon Shamroy, Wise a d’ailleurs particulièrement soigné la dimension plastique de son film. De l’utilisation, en ouverture, de la lumière qui filtre entre les planches du baraquement à l’intérieur duquel sont entassés les prisonniers sudistes, à l’admirable scène du sacrifice final où le personnage s'efface symboliquement dans le brouillard nocturne.

Contrairement à ce que pourrait laisser croire la distribution, Jeff Chandler domine l’interprétation.
Dernière édition par Lord Henry le 24 nov. 08, 10:41, édité 1 fois.
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Re: Notez les films Naphtas- Janvier 2009

Messagepar Profondo Rosso » 14 janv. 09, 00:28

L'Odyssée du Hinderburg de Robert Wise (1975)

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Mélange parfait de fresque historique, film catastrophe avec une pointe d'espionnage et de politique. Contexte idéalement posé avec le Zeppelin Hinderbourg comme étendard de la supériorité nazie et des quelques opposants de l'Allemagne hitlerienne bien décidé à le détruire. On a beau connaitre l'issue, Wise parvient à nous stresser à bloc lors de la palpitante dernière demi heure idéalement précédé par une première partie présentant les personnages et leurs motivations de voyage, entre entre autre fuir l'Allemagne. On reconnait bien la méticulosité de Wise, c'est techniquement époustouflant de bout en bout avec des matte paintings et maquette hallucinant de détails et de précision. Le tout culmine avec une assez incroyable scène de crash final en noir et blanc mélangeant images d'archives et effets spéciaux, du beau travail. Bon petit cast également notamment un Georges C. Scott parfait, Roy "David Vincent" Thinnes en odieux officier de la Gestapo et Anne Bancroft. 4,5/6

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Jean Itard
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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Jean Itard » 3 juil. 09, 23:41

Révision ce soir de l'admirable Nous avons gagné ce soir. :D
Photographie superbe, sens du rythme, dramaturgie parfaitement maîtrisée, tout concourt à en faire un chef d'œuvre du film noir.
Le contenu social sous-jacent est passionnant.

Et puis il y a Robert Ryan, à nouveau excellent et très attachant ! Sa détermination à l'emporter en dépit de la souffrance physique (et morale) me rappelle un certain James Stewart dans L'homme de la plaine...

De La chevauchée des bannis à Acte de violence en passant par Côte 465, cet acteur ne cesse de m'impressionner favorablement. Ce fut vraiment un des très grands acteurs du cinéma d'action hollywoodien.

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Watkinssien
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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Watkinssien » 4 juil. 09, 10:23

Tout à fait d'accord et pour le film et pour l'acteur ! :)
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Nestor Almendros
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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Nestor Almendros » 18 sept. 09, 11:23

LA TOUR DES AMBITIEUX (EXECUTIVE SUITE) - 1954

SPOILERS
Suite du coffret Signature Barbara Stanwyck avec cet excellent film de Robert Wise qui, sous des airs parfois un peu théatraux, n'en reste pas moins très efficace. Le scénario, malin, développe une peinture cynique et impitoyable de l'industrie moderne. Car le produit fabriqué, à la base de tout processus industriel logique, devient finalement moins important que les résultats "nets" de la société, ses bénéfices ou les dividendes reversés aux actionnaires. L'intrigue mêle ces réflexions avec habileté, ajoutant une sorte de tableau assez sombre sur la nature humaine en reproduisant le schéma classique des héritiers qui se battent entre eux pour récupérer la plus grande part du gâteau (ici: la présidence vacante de la société). Cette mini-conspiration, cette recherche du vote (qui rappelle, à plus grande échelle, les pressions des lobbies), est une sous-intrigue assez bien vue.
Le film date de 54, les studios perdent déjà en puissance et sont (ou seront) peu à peu transformés en conglomérats de financiers (ce qu'ils sont tous aujourd'hui). LA TOUR DES AMBITIEUX est donc prémonitoire du devenir du capitalisme et en particulier d'Hollywood et de ses fameux "costards-cravates" personnalisés dans le film par la calculette Frederich March. Cynique ou visionnaire, le film m'a beaucoup surpris. Il rappellerait même (avec certains passage du discours final, réjouissant) des élans "socialistes" dans un pays qui, pourtant, prône la consommation aveugle et le profit. Car le film rappelle l'importance de l'ouvrier, du travail bien fait, du côté humain qui a tendance à passer derrière l'aspect "rouleau compresseur" dans cette guerre des chiffres.

La mise en scène de Robert Wise, malgré un certain côté statique des situations (impression théâtrale, parfois), réussit à dynamiser suffisamment le récit. On pourra cependant ressentir quelques baisses de rythme qui plombent parfois l'attention. Le réalisateur s'est entouré d'un casting prestigieux où j'ai été assez content de retrouver quelques figures connues comme Frederich March, Louis Calhern (gros souvenir de QUAND LA VILLE DORT) ou William Holden. Dommage, cependant, que le scénario soit finalement si prévisible quant au devenir de ce personnage: il est le goog guy évident du film, un petit peu plus de nuances n'aurait peut-être pas fait de mal (donner le poste de président à Walter Pidgeon, par exemple).

Très beau master du dvd US. Quelques poussière et tâches mais une copie en bon état, une belle définition et des contrastes bien gérés qui rendent justice à la photo de George J. Folsey .