Robert Wise (1914-2005)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Profondo Rosso
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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Profondo Rosso » 15 sept. 16, 01:59

Né pour tuer (1947)

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Sur le point de quitter Reno pour gagner San Francisco, où l'attend son riche fiancé, Helen Brent découvre que deux des clients de l'hôtel où elle est descendue ont été assassinés pendant la nuit. Elle choisit de se taire pour protéger sa réputation et conserver la considération de son fiancé. Dans le train qui la conduit en Californie, elle fait la connaissance de Sam Wilde, un homme étrange et brutal, qui la séduit malgré elle. Helen, qui ne veut pas renoncer à son mariage, accepte néanmoins de revoir Sam. Après avoir fait la connaissance de la famille de la jeune femme, celui-ci séduit Georgia, la demi-sœur d'Helen...

Born to kill se situe dans la première période de Robert Wise où au sein de la RKO il enchaîne les réussites à l'économie et dans tous les registres, du film fantastique La Malédiction des hommes-chats (1943) au drame en costume (Mademoiselle Fifi (1944) ou le western Ciel Rouge (1948) et dont le sommet sera Nous avons gagné ce soir (1949), classique du film noir qui conclut cet phase. Né pour tuer est donc un objet singulier, définitivement délesté de "l'héroïsme" relatif ou prononcé des criminels dans les polars et film de gangsters des années 30 pour nous montrer des psychopathes en puissance auxquels il est impossible de s'identifier. Sam Wilde (Lawrence Tierney) est de ceux-là, homme taciturne, séduisant et brutal qui s'illustre dans une mémorable introduction. Furieux de voir sa petite amie sortir avec un autre, il s'introduit chez elle et la tue avec une violence froide ainsi que son rival. En fuite vers San Francisco il fait la rencontre de la fraîchement divorcée Helen Brent (Clair Trevor) dans laquelle il semble trouver son égal au féminin.

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La mise en scène de Robert Wise, entre élégance et crudité s'adapte ainsi au mélange de séduction et de férocité qui caractérise son personnage principal. Le meurtre initial choque ainsi par son filmage heurté tandis que les plans macabres et stylisés s’illustrent lorsqu’Helen découvrira les cadavres dans la maison, en particulier celui laissant deviner le corps inanimé de la jeune femme dans la pénombre. C'est aussi dans cette dualité que se développent les enjeux du récit. Sam Wilde par sa virilité marquée et le danger qu'il émane offre un attrait différent aux protagonistes féminins. L'oie blanche et richissime Georgia (Audrey Long) est sous le charme sans voir l'attirance intéressée de Sam qui y voit l'occasion de s'élever. Helen voit plus clair dans son jeu mais malheureusement ne se reconnaît que trop en lui puisqu'elle aussi nourrit une même frustration et ambition. La face noire de Sam est donc aussi séduisante que repoussante, Claire Trevor exprimant bien ce désir coupable à travers les étreintes intense partagée avec Lawrence Tierney. Ce dernier, carrure épaisse, visage fermé taillé en lame de couteau et voix de stentor est sacrément intimidant et imprévisible. La moindre contrariété, le plus infime doute sur l'autre semblent prêts à réveiller la bête en lui par cette personnalité écorchée et paranoïaque. Il est dommage que l'intrigue soit par moment assez poussive notamment avec l'enquête du détective privé joué par Walter Slezak (qui amène certes un contrepoint plus léger avec ce personnage facétieux) mais dès qu'il s'agit d'instaurer la tension et de zébrer l'ensemble d'éclairs de violence saisissants, Robert Wise excelle. La tentative de meurtre sur la plage ou encore le final particulièrement vicieux - où Sam se perd pour de bon en cédant à ses instincts les plus primaires - offrent des moments sacrément dérangeant. Imparfait mais très intéressant. 4/6

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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Alexandre Angel » 15 sept. 16, 10:18

Tu donnes envie de le revoir. Je l'ai chez Montparnasse, ne l'ai vu qu'une fois et n'en ai que peu de souvenirs.

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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Profondo Rosso » 15 sept. 16, 11:21

Lawrence Tierney mon seul souvenir de lui en reste à Reservoir Dogs mais là il est sacrément impressionnant, cette trogne quand même :mrgreen:

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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Alexandre Angel » 15 sept. 16, 19:38

Profondo Rosso a écrit :Lawrence Tierney mon seul souvenir de lui en reste à Reservoir Dogs mais là il est sacrément impressionnant, cette trogne quand même :mrgreen:

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Il ferait un Dick Tracy idéal.

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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Ben Castellano » 21 août 17, 12:52

Vus récemment :

Deux sur la balançoire - 1962

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Adaptation théâtrale qui vaut surtout pour son scope dingue et sa photo noir et blanc, ainsi que pour le couple atypique Mitchum / Maclaine qui fonctionne bien et se révèle assez attachant dans ses efforts à fonctionner, il y a également une ambiance triste et pessimiste plutôt risquée qui tient jusqu'au bout. Reste que passé la première partie, certaines scènes sont un peu lourdes dès qu'il faut en passer par le biais de la pure dramaturgie, laquelle se révèle assez molle, finissant par emporter le film dans une torpeur pas désagréable mais dont on retient peu in fine... des choix de mise en scène comme celui des split-screens (qui restent très théâtraux!) sont d'abord bienvenus, mais deviennent un peu redondants, malgré un beau dernier plan.

L'odyssée du Hindenburg - 1975

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Belle découverte que ce film qui change un peu du genre "catastrophe" vu dans les seventies... En fait on est plus dans un whodunnit à valeur historique, même si on peut reprocher à Wise d'exploiter à fond sa thèse de l'attentat sans la remettre suffisamment en question dans les cartons de fin (pas mal de spectateurs tombant sur le film et découvrant cette histoire pourraient prendre tout ça pour argent comptant). La "catastrophe" se limite en effet à 20 dernières minutes de pure chaos, aux choix de mise en scène assez radicaux. Il y a quelques choses d'émouvant et assez poétique dans cette dernière fuite par les airs du régime avant que n'éclate le confit, magnifié par de splendides matte paintings et une fois de plus un scope éblouissant. Wise semble avoir trouvé un certain plaisir à user de la carlingue de l'appareil comme d'un labyrinthe mental, cela donne quelques scènes de filatures et de confrontation très belles. Le quator Georges C. Scott / Anne Bancroft / Roy Thinnes / William Atherton fonctionne très bien, les autres seconds rôles sont plus fonctionnels et propres au genre.

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Jeremy Fox
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Re: Notez les films Naphtas- Janvier 2009

Messagepar Jeremy Fox » 25 nov. 17, 21:12

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L’odyssée du Hindenburg


1937 en Allemagne Nazie. Le dirigeable Zeppelin 'le Hindenburg' est la fierté du régime, véritable vitrine et outil de propagande de sa toute puissance technologique. Le ballon s’apprête à quitter Francfort et traverser l’Atlantique pour atteindre le New Jersey en Amérique. Des lettres anonymes font craindre qu’une bombe soit placée dans l’engin qui devra exploser lors de son survol de New York. Devant ces craintes de sabotage, un militaire de la Luftwaffe, le colonel Ritter (George C. Scott), est désigné pour en assurer la sécurité et mettre fin aux agissements d’éventuels terroristes. Malgré sa haine des nazis, il va accepter cette mission surtout pour protéger la centaine de passagers se trouvant à bord dont une comtesse déchue (Anne Bancroft), un comique, un couple de musiciens, deux joueurs professionnels... Il est aidé dans sa surveillance par un homme de la Gestapo sans aucun scrupule, Martin Vogel (Roy Thinnes)…

A l’instar de Richard Fleischer, Robert Wise fut un cinéaste quelque peu méprisé par la critique française voici quelques années en arrière, principalement en raison notamment de son éclectisme qui selon ses détracteurs aurait été une raison suffisante pour ne pas en faire un 'Auteur'. Nous ne nous appesantirons pas sur ce débat stérile qui semble heureusement aujourd’hui révolu, les deux réalisateurs ayant été très justement réévalués. L’énumération des titres ci-après devrait entériner le fait que Wise se révèle au contraire un grand cinéaste, artisan ou auteur, peu importe ! Chef monteur d’Orson Welles pour Citizen Kane et La Splendeur des Amberson, Robert Wise devient metteur en scène en 1944. C’est Val Lewton qui lui met le pied à l’étrier en lui proposant de remplacer au pied levé Günther Von Fritsch sur La Malédiction des hommes-chats. Il tourne ensuite pendant quatre ans quelques films à budgets réduits avant de commencer à poser quelques jalons du cinéma à l'intérieur de différents genre, à commencer par le ‘film de boxe’ et la science-fiction avec respectivement Nous avons gagné ce soir (The Set-Up) et Le Jour où la Terre s'arrêta (The Day the Earth Stood Still). Il œuvra également avec talent dans le domaine du western (La Loi de la prairie – Tribute to a Bad Man), du drame psychologique (Je veux vivre – I want to Live), du film de guerre (L’odyssée du sous-marin Nerka – Run Silent, Run Deep) et du film noir (Le Coup de l’escalier – Odds against Tomorrow). Ses autres films les plus célèbres seront réalisés surtout dans les années 60 avec les inusables West Side Story, La Maison du diable (The Haunting), La Mélodie du bonheur (The Sound of Music) ou encore La Canonnière du Yang-Tsé (The Sand Peebles).

La décennie suivante sera à la fois moins prolifique et moins réputée ; elle comporte pourtant également sa petite flopée de belles réussites à commencer par le remarquable Le Mystère Andromède (The Andromeda Strain) dans le domaine de la SF, Audrey Rose dans celui du film d’épouvante, Star Trek qui reste toujours à ce jour le meilleur long métrage de la franchise, et enfin le titre qui nous concerne ici, L’Odyssée du Hindenburg, film catastrophe assez atypique par le fait de se baser sur un fait historique réel dont on a jamais réellement connu la cause –accident ou sabotage ?-, l’embrasement en 1937 du dirigeable Zeppelin, étendard du régime Nazi, à son arrivée sur le territoire américain. Deux des trois scénaristes du film de Wise récidiveront deux ans après avec un autre film catastrophe plutôt original, mélangeant aux éléments constitutifs du genre -pour ne pas dire clichés- ceux du thriller pour le tout aussi bon Le Toboggan de la mort (Rollercoaster) de James Goldstone. Mais revenons-en à notre dirigeable géant que les équipes techniques et artistiques de la Universal ont parfaitement bien reconstitué, aussi bien concernant l’extérieur que les intérieurs -parait-il d’après les photos d’archives et témoins de l’époque- très proches visuellement de ce que l’on pouvait trouver dans le véritable Hindenburg. Si l’on pouvait raisonnablement penser que les effets spéciaux de 40 ans d’âge auraient vieilli, il n’en est finalement rien : les plans où l’on voit le ballon colossal survoler terres et mers sont magnifiques surtout qu’ils sont soutenus par un score ample de David Shire et une admirable photographie de Robert Surtees ; quant à la reconstitution du ‘ventre de la bête’, elle est d’une méticulosité et d’une profusion de détails qui font toujours leur effet. On n’oubliera pas de sitôt ce ‘dinosaure volant’ à l’armature en métal recouverte d’une simple toile, l’alchimie décors/cadrages donnant un aspect très graphique et géométrique au film.

La direction artistique se révèle donc d’une grande minutie tout comme la mise en scène de Robert Wise ; on mentionnera comme de coutume avec ce cinéaste la précision de ses cadrages et la quasi perfection d’un montage parvenant à une sorte de petit miracle lors de la séquence de la catastrophe. A savoir que, comme le Titanic, le Hindenburg ayant véritablement ‘sombré’, pas de spoiler ni de révélations surprenantes lorsque j’écris que le dernier quart d’heure est consacré à l’embrasement du dirigeable jusqu’à son écrasement au sol, sa litanie de morts et sa soixantaine de survivants. Après un plan de l’explosion au trucage quasi surréaliste, le film passe en noir et blanc afin que les images d’archives s’intègrent parfaitement avec celles tournées en 1975. Autant dire que le résultat est étonnant, ne sachant parfois pas reconnaitre les unes des autres, les quelques plans fixes renforçant encore la puissance de l’ensemble. L’on savait que Robert Wise avait toujours été très attentif au montage (ceux de ses deux classiques de la comédie musicale –West Side Story et The Sound of Music- sont époustouflants) ; cette séquence finale est une nouvelle preuve de son génie en matière de découpage. Une prouesse technique qui démontre le savoir faire du réalisateur qui nous offrira également quelques scènes de suspense d’une redoutable efficacité comme celle de la réparation d’une déchirure dans la toile du Hindenburg ou d’autres plus poétiques comme celle des St Elmo’s Fire s’invitant dans toutes les parties du dirigeable.

En 1937, le Zeppelin Hindenburg fut le symbole de la toute puissance technologique de l'Allemagne Nazie, une vitrine et un instrument de propagande à la gloire de la supériorité du régime du troisième Reich que les autorités allemandes firent voyager jusqu’aux USA, leur premier fournisseur en hydrogène. C’était d’ailleurs assez paradoxal puisque la plupart des ‘cadres’ de la société Zeppelin n’étaient franchement pas très enthousiastes quant au régime établi par Hitler, très loin de faire partie de ses supporters. Les trois auteurs se serviront avec habileté de ce passionnant et dramatique contexte historique, de ce background politique et économique de l’époque pour enrichir leur scénario, dépeignant les relations Allemagne-USA, les comportements et réactions des citoyens allemands face à la montée du nazisme, aussi bien ceux à la solde du régime dictatorial qui se met en place que les opposants, certains hauts gradés commençant à se remettre en question, à vouloir même fuir le pays. Ce sera le cas du personnage principal du film subtilement caractérisé et fabuleusement interprété par George C. Scott : un officier de l’armée allemande opposé à Hitler, désabusé de la situation politique de son pays sans néanmoins pouvoir exprimer ses sentiments ; un personnage complexe, tiraillé entre son devoir et ses aspirations ; un colonel de la Luftwaffe que l’on charge de s’occuper de la sécurité du dirigeable durant sa traversée de l’Atlantique, devant dans le même temps enquêter pour découvrir parmi une dizaine de potentiels coupables l’identité du probable terroriste… qui n’en sera d’ailleurs pas vraiment un sans que je ne vous en dise plus, vous laissant sur ce petit mystère qui fait d'ailleurs partie des qualités humaines du film !

Alors certes de nombreux autres personnages n’ont pas grande utilité (celui par exemple de la comtesse déchue interprétée par Anne Bancroft ; ceux des deux joueurs professionnels…) mais d’autres ont leur intérêt comme la famille juive fuyant le régime, le comique et le couple d’artistes peu en phases avec le nazisme… Richement brossés ou non, le casting est tellement réussi et les comédiens tellement bien dirigés que nous ne nous offusquerons pas plus que ça de ces clichés inhérents au genre que représente entre autres une galerie de personnages pour beaucoup écrits à la hache. Parmi toute cette belle flopée d’acteurs, outre Gig Young, Burgess Meredith ou Charles Durning, des mentions spéciales à George C. Scott -aussi inoubliable ici qu’en Général Patton dans un registre presque à l’opposé, son officier de la Luftwaffe dans le film de Wise étant tout sauf une grande gueule- mais aussi Roy Thinnes (le David Vincent de la série Les Envahisseurs) dans le rôle de l’homme de la Gestapo, et surtout l’excellent William Atherton qui jouait déjà le co-équipier de George C. Scott dans le chef-d’œuvre de Richard Fleischer, Les Flics ne dorment pas la nuit (The New Centurions). Tout ce petit monde évolue dans un espace très confiné, ce qui n’a jamais gêné Robert Wise ; il suffit de revoir l’optimisation des décors du sous-marin de Run Silent, Run Deep ou celui du vaisseau spatial de Star Trek.

Le film se termine par une archive radio, celle d’un journaliste effrayé et en pleurs qui assiste et commente en direct la catastrophe : une superbe idée, fortement émouvante. Dans la réalité, cette tragédie mettra fin à l’exploitation des dirigeables en tant que moyens de transport, l'hélium s'avérant un produit bien trop inflammable et dangereux. L'Odyssée du Hindenburg est un film très maitrisé qui bénéficia d’un énorme budget –qui se voit à l’écran- mais qui rentra tout juste dans ses frais. Aujourd’hui encore, contrairement à des classiques du genre du style La Tour infernale de John Guillermin ou L’aventure du Poséidon de Ronald Neame, il n’est qu’assez peu apprécié, ce qui à mon avis est grandement immérité d’autant que je le considère comme un mélange tout à fait harmonieux de fresque historique, de film catastrophe et de film d'espionnage teinté de politique. Profitons de son édition en Blu-ray pour donner une seconde chance à ce film pétri d'humanité dont on a beau connaitre la fin mais qui nous aura tenu en haleine tout du long.

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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Rick Blaine » 25 nov. 17, 23:24

Ce double avis donne envie de redonner une chance au film car si je reconnais la méticulosité de la reconstitution, j'avais trouvé le récit un peu laborieux, au point de ressentir une pointe d'ennui lorsque j'avais découvert le film.

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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar la_vie_en_blueray » 26 nov. 17, 08:42

Je viens de prendre la version GER, y a t il un test de ce BR francais, c'est toujours le même master je suppose.

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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar odelay » 26 nov. 17, 10:06

La grande question c'est ont-ils utilisé le tampon Jex pour enlever tout le grain et bien passé du Pliz pour cirer les plans

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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Jeremy Fox » 26 nov. 17, 10:13

odelay a écrit :La grande question c'est ont-ils utilisé le tampon Jex pour enlever tout le grain et bien passé du Pliz pour cirer les plans



Franchement je n'ai pas ressenti l'effet musée Grévin.

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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Profondo Rosso » 19 déc. 17, 02:29

La Maison sur la colline (1951)

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Une femme, rescapée d'un camp de concentration, prend l'identité d'une amie pour s'occuper de son fils. Un mystérieux ennemi la menace constamment.

The House on Telegraph Hill est une œuvre reprenant dans un cadre contemporain le motif du film gothique avec héroïne en détresse dans la lignée de Rebecca d'Alfred Hitchcock ou encore Hantise de George Cukor (1944). Comme dans ces films, la menace vient autant d'un secret et d'un mal tapi dans la demeure que d'un conjoint transformé et soudainement inquiétant au contact de ces lieux. Le film trouve son originalité par son argument de départ qui évoque frontalement les camps de concentration à travers le passé douloureux de son héroïne Victoria Kowelska (Valentina Cortese). Ayant perdu toute sa famille dans les camps et n'ayant plus rien à espérer en Pologne, elle endosse l'identité d'une amie disparue qui a envoyé son bébé à sa famille aux Etats-Unis. Celle-ci ne l'ayant pas revue depuis l'enfance, le subterfuge peut fonctionner et Victoria va même tomber sous le charme du tuteur de l'enfant, Alan Spender (Richard Baseheart).

On savoure donc les réminiscences et habiles variations de Rebecca, notamment les relations tendues entre Victoria et la sournoise gouvernante incarnée par Fay Baker. Cependant à l'inverse, la maitresse de maison disparue dont on apercevra un imposant portrait constitue une présence bienveillante (qui sera même l'élément lumineux de la séquence nocturne dans la demeure en début de film avec une très belle photo de Lucien Ballard) qui guide notre héroïne. L'aspect gothique et élégant contribue surtout à l'atmosphère pesante et qui se prolonge plus concrètement par les vrais dangers du monde extérieur moderne. La remarquable direction artistique confronte ainsi cet environnement d'un autre âge à l'urbanité de San Francisco dans de superbes vues surplombant la ville depuis les hauteurs. Le passé traumatisant de l'héroïne n'est pas anodin et creuse la culpabilité de son mensonge en filigrane, l'interprétation de Valentina Cortese jouant subtilement de l'opportunisme "compréhensible" de la survivante mais aussi de ses états d'âmes. Ce n'est qu'en se confrontant au vrai crime étouffé dans cette maison qu'elle pourra surmonter son dilemme. Richard Baseheart est très bon en époux aimant mais de plus en plus manipulateur, Robert Wise excellant à graduer sa dimension inquiétante. Après le mythique et douteux verre de lait du Soupçon d'Alfred Hitchcock (1941), un rebondissement a pour objet ici un verre de jus d'orange dans un efficace final à suspense. Le scénario contourne ici intelligemment les attentes, l'amour maternel plus que la rivalité amoureuse servant les enjeux et questionnements des personnages. Il manque tout de même un grain de folie et de malaise au film pour égaler ses illustres modèles mais l'ensemble se laisse très bien regarder. 4/6

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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Jeremy Fox » 19 déc. 17, 08:10

Chronique de L'odyssée du Hindenburg à l'occasion de la sortie du film en Bluray chez ESC.

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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar Profondo Rosso » 10 mai 18, 02:33

La Loi de la prairie (1956)

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1875. L'intraitable Rodock, éleveur de chevaux, n'hésite pas à lyncher tout voleur surpris sur ses terres. Mais un jour, cerné par une bande de malfrats, il ne doit son salut qu'à l'arrivée de Steve Miller. Reconnaissant, il l'engage dans son ranch…

Le touche à tout Robert Wise aura finalement peu donné dans le western, La Loi de la prairie constituant sa troisième (Ciel Rouge (1948) et Les Rebelles de Fort Thorn (1950) ayant précédé) et dernière incursion dans le genre. La star initiale du film est supposée être Spencer Tracy mais une mésentente avec Wise ainsi qu'une difficulté à supporter le tournage en altitude l'amène à jeter l'éponge au profit de James Cagney dont l'identité filmique n'est guère associée au western non plus. Il va pourtant brillamment s'insérer dans le genre dans le rôle de Rodock, impitoyable éleveur de chevaux. Le scénario de Michael Blankfort développe une trame assez classique mais assez démystificatrice du genre. C'est un sentiment qui naît à travers le regard du jeune "pied-tendre" Steve Miller (Don Dubbins), épicier à la ville et aspirant à la vie de cowboy. Après l'avoir sorti d'un mauvais pas, Rodock le prend sous son aile pour lui apprendre le métier.

La rigueur et l'excitation s'incarne donc à travers le charisme de Rodock pour le jeune homme, mais il va peu à peu en découvrir la face sombre. Son élevage se trouvant loin de toute civilisation et donc autorité légale, Rodock a appris avec le temps à se protéger des voleurs en appliquant sa propre loi. Il n'hésite donc pas à impitoyablement pendre les voleurs de chevaux, la sentence radicale servant de dissuasion aux autres comme le souligne les dialogues :

It's fear that keeps men honest. And with that hangin' today, I laid fear like a fence ten feet high, around my property !

Rodock est une figure ambivalente entre cette férocité qu'il applique à l'extérieur et la sensibilité dont il fait preuve dans l'intimité avec sa compagne Jocasta (Irène Papas dans son premier rôle hollywoodien) symbolisé par ce piano, objet délicat incongru dans ces terres sauvages. Cette dualité semble pourtant de plus en plus dure à tenir, Jocasta sentant bien que chaque tuerie altère toujours un peu plus la facette lumineuse de Rodock. La galerie de second rôles remarquables (Lee Van Cleef, Stephen McNally, Royal Dano) jouant les associés passés ou présent de Rodock représentent ainsi la dérive néfaste -et se reflétant physiquement et dans les attitudes- de l'existence de cowboy, là encore souligné par ce remarquable dialogue de Jocasta mettant en garde Steve :

This is not your kind of life. Look at the men in the bunkhouse : Baldy, and Fat Jones, and Abe. Never a chance for a family, or a home. In ten years, you're gonna' be like them - a "nobody" on a horse. That's what a wrangler is : a "nobody" on a horse. With bad teeth, broken bones, double hernia, and lice !

Le déchirement représenté par la schizophrénie de Rodock s'affirme d'abord par le déchirement de chaque sortie pour le couple, avant la vraie scène choc de la pendaison qui fait basculer le film et amorce un triangle amoureux. La mise en scène de Robert Wise fait ainsi souffler sur toutes les scènes d'extérieur un vent de menace, les grands espaces voyant leur splendeur altéré par la photo contrastée de Robert Surtees qui imprègne ainsi le récit du caractère tempétueux de Rodock. Tout peut voler en éclat à tout moment par la moindre de ses sautes d'humeurs si les évènements tournent en sa défaveur, si une attitude lui déplaît à travers une violence physique autant que psychologique. L'interprétation de James Cagney est remarquable, culminant dans un long final où sa sentence ne sera pas meurtrière mais particulièrement douloureuse dans une idée reprise plus tard par Sergio Leone dans Le Bon, La Brute et le truand (1966). Au bout de la souffrance et de la cruauté, c'est le moment de vérité qui verra notre héros se remettre enfin en question. Une belle réussite qui sur un postulat archétypal se montre finalement singulier et captivant. 4,5/6

mannhunter
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Re: Robert Wise (1914-2005)

Messagepar mannhunter » 2 févr. 19, 17:27

batfunk a écrit :Audrey Rose

Au départ,J'étais ravi de découvrir ce film que j'imaginais comme une variante de l'exorciste.Au final avis mitigé.
La réalisation classique de Wise fait merveille,on sent qu'il a voulu se démarquer de la veine spectaculaire de l'exorciste et retrouver ce qui avait fait le succès de the Haunting ou du mystère Andromède.
Mais je n'ai pas du tout accroché à cette histoire
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de réincarnation
.les scènes faisant allusion à
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l'hindouïsme
semblent datées.le film est de 1977 et le
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flower power est loin
.Reste quelques belles scènes et les très belles prestations émouvantes d'Anthony hopkins et Marsha mason.
Première déception concernat Wise pour moi :| Mais il se rattrapera avec le film Star Trek,que je trouve très réussi cinématographiquement) (Je précise que ce n'est pas le trekkie qui parle :mrgreen: ).


Je ne suis pas complètement convaincu par le fond du film mais j'ai apprécié une certaine sobriété, le sérieux du traitement, c'est aussi remarquablement interprété, assez stressant parfois et émouvant...un bon et beau Wise pour moi. :)

villag
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Re: Notez les films Naphtas- Janvier 2009

Messagepar villag » 3 févr. 19, 09:21

Jeremy Fox a écrit :
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L’odyssée du Hindenburg



Dans la réalité, cette tragédie mettra fin à l’exploitation des dirigeables en tant que moyens de transport, l'hélium s'avérant un produit bien trop inflammable et dangereux. L'Odyssée du Hindenburg est un film très maitrisé qui bénéficia d’un énorme budget –qui se voit à l’écran- mais qui rentra tout juste dans ses frais. .


Très belle analyse de ce film avec cependant une petite erreur: ce n'est pas l' hélium qui était dangereux, mais l’hydrogène dont était rempli ce dirigeable, d'ailleurs les responsables allemands espéraient bien, à l'occasion de ce voyage obtenir la licence de ce gaz ( l' hélium ) propriété exclusive des États Unis
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