Nicholas Ray (1911-1979)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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daniel gregg
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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar daniel gregg » 21 juin 11, 14:55

Grace à l'extrême générosité d'un membre éminent de ce forum.
Alors c'est vrai qu'il mériterait une édition de qualité.
Vu en vf, correcte, provenant je pense d'un enregistrement d'une chaine suisse (TSR?)

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Jack Carter
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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar Jack Carter » 21 juin 11, 14:57

daniel gregg a écrit :Grace à l'extrême générosité d'un membre éminent de ce forum.
Alors c'est vrai qu'il mériterait une édition de qualité.
Vu en vf, correcte, provenant je pense d'un enregistrement d'une chaine suisse (TSR?)


dire qu'il est passé il y a deux ans sur Classic lors d'une integrale Nicholas Ray, et qu'à defaut de graveur, j'ai pas pu m'en faire une copie en VOST :x
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daniel gregg
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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar daniel gregg » 21 juin 11, 14:59

Jack Carter a écrit :
daniel gregg a écrit :Grace à l'extrême générosité d'un membre éminent de ce forum.
Alors c'est vrai qu'il mériterait une édition de qualité.
Vu en vf, correcte, provenant je pense d'un enregistrement d'une chaine suisse (TSR?)


dire qu'il est passé il y a deux ans sur Classic lors d'une integrale Nicholas Ray, et qu'à defaut de graveur, j'ai pas pu m'en faire une copie en VOST :x


:shock: Mais j'étais où il y a 2 ans ? :?

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Père Jules
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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar Père Jules » 21 juin 11, 15:02

Jack Carter a écrit :
daniel gregg a écrit :Grace à l'extrême générosité d'un membre éminent de ce forum.
Alors c'est vrai qu'il mériterait une édition de qualité.
Vu en vf, correcte, provenant je pense d'un enregistrement d'une chaine suisse (TSR?)


dire qu'il est passé il y a deux ans sur Classic lors d'une integrale Nicholas Ray, et qu'à defaut de graveur, j'ai pas pu m'en faire une copie en VOST :x


M'en parle pas j'ai loupé le Frankenheimer hier soir.
J'ai reçu hier l'enregistreur pour la TV d'Orange, et c'te con****** n'a fonctionné correctement que ce matin.

Du coup je guette une prochaine diffusion :?

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Flavia
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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar Flavia » 21 juin 11, 15:22

Prochaine diffusion vendredi 24 à 13 H 30.
Hormis le fait que j'aime beaucoup Deborah Kerr :roll: , j'ai vraiment apprécié ce film.

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Père Jules
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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar Père Jules » 21 juin 11, 15:24

Non en fait je parlais de L'opération diabolique. :(

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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar Flavia » 21 juin 11, 16:05

Sorry :oops: j'ai pas choisi le bon film du réalisateur :)

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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar Profondo Rosso » 16 sept. 11, 01:40

Derrière le miroir (1956)

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A la suite de plusieurs malaises, Ed Avery est conduit à l’hôpital où les médecins diagnostiquent une maladie mortelle. On lui propose alors un nouveau médicament, la cortisone. Les effets semblent rapides et bénéfiques mais peu à peu son comportement change. Le père de famille perd rapidement ses repères et sombre dans la folie...

Certains des grands mélodrames américains des années 50 (et notamment ceux de Douglas Sirk) cherchèrent constamment à bousculer le modèle social, l'imagerie bienveillante et proprette inoffensive que constituait la société américaine d'alors. La jeunesse pure et innocente se découvrait donc névrosée et attiré par la chair (La Fièvre dans le sang, La Fureur de Vivre), A Summer Place), les paisibles bourgades pavillonnaires provinciale devenait des pièges oppressant (Peyton Place, Tout ce que le ciel permet) l'ensemble aboutissant à des réussites définitives et encore plus radicales au début des 60's avec Les Liaisons secrètes de Richard Quine ou L'Arrangement de Elia Kazan (sans parler du Lauréat descendant de toutes ses oeuvres). Nicholas Ray s'inscrivait donc dans cette vague avec où Bigger than life il entreprend une destruction terrible de la famille américaine.

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L'approche de Ray est des plus originales puisque inspirée d'une enquête parue dans le New Yorker dénonçant les méfaits psychologique causé par un nouveau médicament, la cortisone. Ray voit dans l'article le potentiel à une trame dramatique forte où la cortisone servira de catalyseur au drame qu'il souhaite développer. James Mason est donc ici Ed Avery, un modeste instituteur provincial à la vie familiale paisible si ce n'est quelques difficultés à joindre les deux bouts qui l'obligent à prendre un second emploi à l'insu de son épouse. Tout bascule lorsqu'on lui découvre une maladie mortelle dont il ne survivra qu'en testant un traitement à la cortisone. Les effets ne tardent pas à se faire sentir avec notre père de famille galvanisé par ses comprimés et la mort à laquelle il a échappé de peu est gagné par une nouvelle énergie, ambition et ferveur, jusqu'à la folie psychotique. Ray aura bien sûr souligné dès le départ que tout les signes du malheur à venir étaient là bien avant l'absorption de la première dose de cortisone. Pas totalement satisfait de cette existence où il se sacrifie par amour et devoir, James Mason affirme ainsi le temps d'un dialogue à son épouse le constat qu'il fait de leur médiocrité et de celle de leurs amis. La cortisone ne sert que de déclencheur puisque gagné par la folie plus tard le personnage n'a pas changé, l'acceptation paisible de cette "médiocrité" ordinaire a simplement été remplacé par une mégalomanie qui ne la supporte plus.

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La mise en scène de Ray transforme alors progressivement le foyer en cauchemar claustrophobique d'où le monde extérieur est de plus en plus absent envahi par la personnalité écrasante de James Mason. Ce dernier acquiert au fur et à mesure une allure de croquemitaine dont la carrure imposante envahit le cadre, dont l'ombre menaçante s'allonge sur les murs de pièces de plus en plus exiguës. Le tout est accentué par l'usage de la contre-plongée accentuant l'aura monstrueuse de Mason, les cadrages surprenants et l'usage fabuleux du scope par Ray dont l'usage brillant confère une tonalité tout aussi spectaculaire dans ce cadre intimiste que dans les grandes fresques où il était surtout utilisé à l'époque. Et il y a bien sûr la fabuleuse prestation de James Mason, passant de la douceur à la tyrannie comme un rien et véhiculant une telle douleur et désespoir qu'on ne peut le détester malgré ses écarts, le script allant très loin dans la noirceur notamment une dernière partie suffocante. Barbara Rush est bouleversante également en épouse faisant face envers et contre tout malgré le délabrement mental progressif de son époux, elle dégage une belle humanité.

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Le film est parfaitement cohérent avec l'oeuvre et les thématiques de Ray. James Mason est typique des héros écorchés vif et adolescents qui peuplent la filmographie du réalisateur, en bute contre un ordre établi qu'on leur impose. La nuance est qu'ici l'on a pas affaire à un adolescent mais à un quarantenaire mûr et que la cortisone souligne la folie de cet adulte adoptant un comportement immature (et comme un enfant il ne va au bout d'aucune des grandes entreprises qu'il lance, passe de l'une à l'autre dans la plus pure confusion) pour résoudre les frustrations de son existence. Le happy-end anxieux et incertain prolonge le malaise de ce grand film osé et précurseur où viendront se nourrir notamment le Shining de Kubrick (on est pas loin du remake masqué d'ailleurs en appuyant plus sur la folie de Nicholson que sur le fantastique Kubrick penche plus vers Ray que Stephen King) ou plus près de nous American Beauty. 6/6

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Jeremy Fox
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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar Jeremy Fox » 27 nov. 11, 09:06

joe-ernst a écrit :Secret de femme (A Woman's Secret, 1949).

Souvent considéré comme un film noir, on aurait plutôt tendance à le considérer comme un mélodrame. L'histoire est d'une monumentale stupidité mais heureusement que les dialogues spirituels de Herman Mankiewicz viennent relever un peu le niveau et que cela soit interprété par des comédiens en très grande forme, de Melvyn Douglas, génial, à Gloria Grahame, en passant par Victor Jory, Jay C. Flippen ou Mary Philips. Seule Maureen O'Hara paraît un peu décalée parfois.

Cela dit, on peut prendre beaucoup de plaisir à voir ce film, pour autant qu'on ne le regarde pas au premier degré. Tout d'abord ce sont les femmes qui sont aux commandes et par qui tout arrive, les hommes étant très en retrait et les laissant faire, comme si on les avait symboliquement émasculés, à l'exception certes de Melvyn Douglas. Cependant Ray s'amuse avec son personnage en le faisant être l'objet d'un gloussement de plaisir de deux vieilles tantes (mais ouf, la scène se passe à Alger) avant qu'elles ne glapissent de dégoût quand elles le voient embrasser avec effusion Gloria Grahame ! Même la police, en la personne de l'inspecteur, se voit retirer son autorité par la femme même de l'inspecteur qui va mener sa propre enquête et va en quelque sorte résoudre toute l'affaire. Tout ceci est donc très amusant et mérite peut-être qu'on s'y intéresse.


Voilà, tout pareil. Plutôt une bonne surprise au final surtout grâce à un Melvyn Douglas absolument génial. Les chansons ne sont pas mal non plus.

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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar EddieBartlett » 31 janv. 12, 19:27

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Je viens de voir « Les diables de Guadalcanal » avec John Wayne et Robert Ryan. Houlà quelle déception. Je n’en reviens pas que l’auteur de ce film soit Nicholas Ray. Hormis les deux acteurs principaux qui assurent comme d’habitude, purée, qu’est-ce qu’on s’ennuie… Seconds rôles mal dessinés (sur un thème similaire, la galerie de personnages dans la série « Les têtes brulées » étaient bien plus réussie), scènes de combat aérien lourdingues maladroitement « raccordées » à de vraies images d’archives (le procédé a souvent été employé, mais ici il est particulièrement exaspérant et malhonnête)… Tout le film est une apologie sans nuance de l’armée et de ses valeurs traditionnelles. Le pompon revenant aux scènes concernant les femmes au foyer attendant le retour de leurs braves soldats de maris. Une incroyable collection de clichés sur la femme américaine, sourire Colgate et brushing impeccable, attendant leurs maris, le cœur battant. Associées au technicolor flamboyant, elles sont tellement caricaturales qu’on se croirait parfois dans une parodie et qu’on ne peut s’empêcher de sourire. Bref, on n’est vraiment pas loin de la daube. Mais qu’est-ce qui lui est arrivé sur ce coup-là à notre cher Nicholas ?
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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar Rick Blaine » 31 janv. 12, 19:52

EddieBartlett a écrit : Bref, on n’est vraiment pas loin de la daube. Mais qu’est-ce qui lui est arrivé sur ce coup-là à notre cher Nicholas ?


J'ai presque envie de dire qu'on est en plein dedans. Un horrible navet...

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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar Jeremy Fox » 31 janv. 12, 21:13

Rick Blaine a écrit :
EddieBartlett a écrit : Bref, on n’est vraiment pas loin de la daube. Mais qu’est-ce qui lui est arrivé sur ce coup-là à notre cher Nicholas ?


J'ai presque envie de dire qu'on est en plein dedans. Un horrible navet...



Oui, on peut le dire.

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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar Lord Henry » 31 janv. 12, 21:26

Il y a quand même une dimension ironique assez évidente dans la réalisation de Ray.
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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar EddieBartlett » 1 févr. 12, 00:00

Tu veux dire dans les scènes limite parodie avec la femme (sourire colgate) de John Wayne attendant son héros de mari? Peut-être. Ca sauverait un peu les meubles. Mais Ray ne s'est jamais expliqué là-dessus.
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Re: Nicholas Ray (1911-1979)

Messagepar Lord Henry » 1 févr. 12, 00:08

Entre autre. J'ai un peu oublié le film, mais je me souviens de la façon avec laquelle Ray esquivait pas mal de scènes, en poussait d'autres aux limites de la parodie, s'amusait beaucoup avec le personnage de Robert Ryan - sans doute avec la complicité de l'acteur - et traitait par-dessus la jambe les "moments forts", notamment la fin du film.
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