Mervyn LeRoy (1900-1987)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

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Profondo Rosso
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Profondo Rosso » 17 juin 14, 01:11

Five Star Final (1931)

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Face à un tirage déclinant, l’impitoyable rédacteur en chef Joseph Randall (Edward G. Robinson) cherche une première page racoleuse pour relancer son journal. Prêt à tout, il va jusqu’à déterrer les morts et sortir de l’anonymat Nancy Townsend (Frances Starr), qui avait abattu son amant il y a 20 ans.

Five Star Final constitue une des charges les plus cinglante envers la presse à scandales et les tabloïds, et dont la noirceur marque durablement. Le film est adapté d'une pièce de théâtre à succès jouée à Broadway et écrite par Louis Weitzenkorn et inspirée de sa propre expérience au sein du New York Evening Graphic, fameux tabloïd des années 20 dont il fut un temps le rédacteur en chef. Dès lors le film dans les écarts les plus abjects de ses protagonistes se verra doté d'une sorte de cynisme pragmatique faisant froid dans le dos, un constat réaliste désespéré plus qu'une satire. Se déroulant sur une courte période de deux jour, le récit est celui d'une mise à mort annoncée et publique, une corrida médiatique dont une innocente sera la victime. Face à son tirage déclinant, le rédacteur en chef du journal Joseph Randall (Edward G. Robinson) décide de faire du neuf avec du vieux en déterrant un faits divers s'étant déroulé vingt ans plus tôt. La secrétaire Nancy Voorhees (Frances Starr) avait ainsi tué son patron qui l'avait séduite, mise enceinte et refusé de l'épouser. Acquittée en raison de son état, Nancy a depuis refait sa vie avec un homme ayant accepté d'adopter sa fille Nancy (Marian Marsh) qui ignore tout de ce passé et s'apprête à épouser le fils d'un riche industriel. Toute cette existence paisible retrouvée va alors voler en éclat sur l'autel du sensationnel LeRoy s'attarde surtout sur l'absence d'états d'âme de la rédaction.

Le choix est de ne pas représenter e fustiger les lecteurs, mais surtout les dirigeants du journal pour lesquels il ne représente que des chiffres de tirage à faire fructifier par les "informations" les plus crapoteuses possibles. Les dommages collatéraux sont tout aussi abstrait pour eux, la malheureuse Nancy ne représentant qu'une proie de plus qu'ils vont s'employer à dépecer en s'introduisant dans son quotidien pour mieux l'exposer au grand jour pour rompre l'anonymat tranquille dans lequel elle vivait. Lorsque cette réalité s'invite à eux et est susceptible d'éveiller leur culpabilité, ils la fuient à l'image de ce terrible spit-screen où Nancy tente en vain de joindre au téléphone les dirigeants du journal afin de les supplier de la laisser en paix. Tous les personnages sont absolument ignoble chacun dans un registre bien spécifique, le cynisme le plus prononcé avec Hinchecliffe (Oscar Apfel) se drapant de morale préventive pour briser une vie, le répugnant et manipulateur Isopod (Boris Karloff). Joseph Randall est sans doute le plus coupable de tous car le plus conscient du mal qu'il fait, s'abaissant à une dernière atrocité (publier des photos de morts) avant de lâcher prise et vaciller va aux conséquences de ses actes. Edward G. Robinson rend magnifiquement la complexité d'un homme ayant fini de se bercer d'illusions d'un vrai journalisme finit par aller plus loin que les plus inconscients vautours qui l'entoure. Le final lui accorde un semblant de seconde chance mais l'on a du mal à être dupe et cela semble juste une astuce pour ne pas conclure le film sur une note sinistre.

Frances Starr est magnifique de vulnérabilité, résignée et qui résoudra son dilemme de la plus injuste de façon avec son époux (H. B. Warner tout aussi poignant et dont la dernière scène est terrible). Les conséquences sur les lecteurs et l'entourage restent au niveau intime aussi avec la réaction outrée des beaux-parents nantis de Jenny plus gênés des répercutions mondaines que de la détresse de la jeune fille. Là aussi la noirceur totale attendue est évitée de justesse lors de la confrontation finale. La dernière image résume parfaitement le caractère éphémère, immonde et vain qui a animé l'ensemble lorsque le journal et son contenu ayant causé tant de drame est le soir même balayé et recouvert de boue dans un caniveau. Tout cela pour faire sensation dans l'édition du soir. 5/6

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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Sybille » 13 janv. 15, 01:12

Cathy a écrit :Retour avant la nuit, Home before dark (1958)

Une jeune femme sort d'un hopital psychiatrique après un an d'internement. Le couple rentre dans la maison où vivent aussi sa mère et sa soeur qu'elle suspecte d'avoir eu une aventure avec son mari et d'être la cause de sa dépression.

Mervyn LeRoy tourne ici un très subtil mélodrame sur fond de psychanalyse. Dès le début nous savons que la jeune femme est fragile, qu'elle a craqué et qu'elle a été internée suite à un incident où visiblement elle a agressé sa soeur. Lors d'un flashback qui évoque la jeunesse de l'héroïne - et le choix de son mari, on se dit que nous allons assister à sa descente aux enfers, mais non cet épisode tient juste à montrer que finalement elle n'est peut-être pas aussi amoureuse qu'elle le dit de son époux. Le film tourne autour de cette femme mais aussi de trois hommes, son mari, un locataire qui a emménagé dans la maison familiale durant son internement et son ancien soupirant devenu banquier. Nous y voyons les crises d'angoisse de cette jeune femme qui voit que ses doutes étaient sans doute fondés et que tout le monde pense ce qu'elle pressent à savoir que sa soeur et son mari sont amoureux. D'ailleurs dans le flashback, le soupirant éconduit lui fait remarquer qu'elle imite cette fameuse soeur Joan.
Le film est donc un superbe portrait de femme dominé par l'interprétation de Jean Simmons (quoique le blond ne lui aille pas du tout) qui est profondément émouvante dans le rôle de cette jeune femme fragile, qui semble prendre sur elle, mais semble toujours considérée comme malade par ses proches. Tout le film tourne autour de ses rapports avec sa famille et ses proches et tout le temps on ne sait si la jeune femme est vraiment psychologiquement fragile et "folle" ou si elle est moins fragile qu'il ne paraît. On ne sait pas non plus si les actions de ses proches sont volontaires pour la faire rechuter ou alors naturelles et inconséquentes. Il est aussi à noter cette transformation voulue entre la brune Charlotte pleine de caractère, et la blonde Charlotte fragile, angoissée qui veut se faire aimer malgré tout...
Il y a aussi Rhonda Fleming en soeur "tentatrice" , Efrem Zimbalist Jr plein de charme en locataire séduit et Dan O'Herlihy, qui a la fadeur nécessaire au rôle du mari faible et finalement détestable. Le sommet du film est sans doute la transformation de Charlotte en Joan lors du réveillon de Noel et son arrivée mal fagottée dans une robe lamée or. Peut-être y-a t'il un petit quart d'heure de trop dans le film qui dure près de 2h15, mais le mélodrame est quand même abouti avec cette ambiance déprimante d'un Massachussets neigeux, et cette perpétuelle hésitation sur la réalité psychologique de l'héroïne.


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Je viens de découvrir ce LeRoy méconnu, et d'accord avec Cathy et Francesco (cf p16 du topic), c'est un film dramatique très réussi. Peut-être pas aussi prenant, aussi totalement accrocheur dans sa narration que je ne l'aurais souhaité, mais ça reste très bien mené néanmoins. Jean Simmons est excellente, admirable et étonnante (même si je ne suis pas surprise de la qualité de son jeu) en jeune femme fragile, psychiquement perdue, aux états émotionnels brusquement changeants, de "malade" à "normale", de repliée sur elle-même à plus déterminée, avec toujours une frontière floue entre ces différents états, car elle laisse toujours une part d'ambiguïté quant à la véracité, à la volonté consciente ou non de ses comportements. Doutes nombreux, troublants, que l'on retrouve disséminés dans les autres personnages, dans l'histoire elle-même... ce qui enrichit indéniablement le film bien sûr, mais a peut-être pris le risque, pardonnable, de s'égarer dans trop d'indécisions, ou disons de propositions. Peut-être également un surplus de personnages, par exemple, l'ancien amoureux de Charlotte, n'apparaît pas vraiment nécessaire ?
C'est un film "hollywoodien" (fin des années 50 tout de même) mais qui donne clairement une impression de "modernité", une gravité de touche, pas de dramatisation excessive, même la scène choc du dîner de Noël, quoique très bien amenée et mise en scène, reste réservée, sobre, même si totalement puissante. C'est une histoire domestique rude, empreinte de malaise quoique d'un soupçon d'espoir, le récit froid de l'échec d'un mariage entre deux être mal assortis, aveuglés par les apparences : lui probablement uniquement séduit à l'origine par sa beauté et sa vivacité, elle par son statut d'homme élégant, plus âgé et érudit. La présence de sa soeur et de sa belle-mère (mais pourquoi vivent-elles à demeure avec le couple ?), l'éventuel adultère, même si non accompli de son mari, ainsi que le tourbillon social austère, perçant, impitoyablement chic et convenable d'une ville universitaire de Nouvelle-Angleterre finit par bloquer la respiration de l'héroïne, l'étouffer, la glacer jusqu'à la soi-disant folie, la dépression. Un état d'esprit parfaitement, presque douloureusement retranscrit par cette atmosphère crispée, grise et blanche de paysages neigeux...

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Profondo Rosso
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Profondo Rosso » 2 nov. 15, 02:12

Gold Diggers of 1933

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Trois amies, Polly, Carol et Trixie, rêvent depuis longtemps de participer à une revue de music-hall. Elles ont d'ailleurs déjà signé un contrat exclusif pour un nouveau show. De son côté, le producteur, Barney Hopkins, cherche à monter un nouveau spectacle. Mais le nerf de la guerre, c'est-à-dire l'argent, lui fait cruellement défaut. Par chance, Brad Roberts, un jeune et fortuné compositeur, qui plus est épris de Polly, décide, par amour, d'investir 15 000 dollars dans le show. Les répétitions commencent. Innocente, Polly s'étonne de l'attitude de Brad. Elle en vient même à penser qu'elle a affaire à un voleur...

Après des débuts cinématographiques dans les "musicals" de Eddie Cantor où il commença à expérimenter les techniques et l'esthétique qui allait le rendre célèbre, Busby Berkeley est engagé à la Warner où en trois classiques sortis coup sur coup (42e rue, Gold Diggers of 1933 et Prologue) il devient un incontournable et une véritable marque déposée d'Hollywood. Les trois films sont très proche par leur postulat (la conception d'un spectacle musical) leur contexte et casting qui finit par constituer une familiarité avec le spectateur (le couple Dick Powell/Ruby Keeler) mais parviennent pourtant à se démarquer dans le ton. 42e Rue est le plus sombre et s'attarde notamment sur la solitude et la souffrance du créateur Prologue à l'inverse sur l'ivresse et l'euphorie de ce monde du spectacle. Gold Diggers of 1933 sorti entre les deux films précités (signé Lloyd Bacon) et réalisé par Mervyn LeRoy prolonge la veine sociale de 42e rue sans se départir d'une légèreté qui s'épanouira dans Prologue. Les numéros musicaux ne sont ni l'aboutissement ultime de l'intrigue, ni des apartés indépendants mais constitue un habile entre-deux. Le scénario habile inscrit le contexte de Grande Dépression en contrepoint constant entre les numéros musicaux et l'intrigue classique. Le début du film fait ainsi rattraper le monde du spectacle par la crise économique avec la saisie des accessoires d'une revue à venir. Un évènement qui met dans le pétrin le trio de danseuses Polly (Ruby Keeler), Carol (Joan Blondell) et Trixie (Aline MacMahon) dont on rit jaune du dénuement dans l'appartement qu'elles partagent. Heureusement le nouveau spectacle monté par Barney Hopkins (Ned Sparks) et le talent du compositeur en herbe Brad Roberts (Dick Powell) vont les sortir de là.

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Nous aurons ainsi découvert le contexte de crise par le monde réel alors que le premier numéro musical (si l'on excepte l'introduction We're in the Money de Ginger Rogers) célèbre un hédonisme et une imagerie plutôt associés aux Année Folles avec Pettin' in the Park avec ces jeux amoureux coquins, sa langueur et son érotisme élégant et très Pré-Code (les portes jarretelles bien saillants lorsque les danseuses dévalent les escaliers le déshabillage en jeu d'ombres). La légèreté du numéro offre ainsi un contrepoint à la difficulté matérielle ressentie dans la réalité en dépit de l'approche amusée. La suite du film inversera quelque peu cette construction, la Grande Dépression s'invitant sur scène tandis que le ton se fait plus léger dans le monde réel. On s'amuse ainsi du charivari amoureux jouant sur la lutte des classes, l'auteur Brad Roberts étant un riche héritier dont la famille n'accepte pas la carrière et le mariage avec Polly. Son frère (Warren William) vient l'en dissuader mais s'éprend à son tour de Carol. Les quiproquos emportent l'adhésion et le romantisme charme sous les gags tordants (l'achat de chapeau), le snobisme des nantis et les sentiments intéressés des "chercheuses d'or" (Trixie hilarante de cynisme) étant renvoyés dos à dos.

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Après un marivaudage débouchant sur une romance inattendue (Joan Blondell toujours aussi pétillante au côté de l'emprunté Warren William) surmontant les clivages avec le sourire la crise se rappelle à notre souvenir avec un fabuleux numéro Remember My Forgotten Man décrivant la déchéance de ces soldats anonymes et livrés à eux-mêmes à leurs retour dans ce pays sinistrés qu'ils étaient parti défendre. La séquence s'inspire de la réelle marche des vétérans organisée à Washington en 1932 et Berkeley déploie une imagerie expressionniste puissante, à la force dramatique poignante donnant une portée plus grande encore au film. Ce n'est pas le numéro le plus virtuose du film (The Shadow Waltz et ses violons en néons qui a précédé est là pour ça) mais le plus intense et touchant par la profondeur qu'il amène au récit, puissamment chanté par une Joan Blondell habitée. Le numéro impressionna tant Jack Warner et Darryl F. Zanuck qu’ils décidèrent de le déplacer à la fin du film (initialement destinée à Pettin' in the Park). Le sourire et les larmes dans un très habile dosage où la force narrative de Mervyn LeRoy est aussi importante que l'imagination débordante de Busby Berkeley. 5/6

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Commissaire Juve
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Commissaire Juve » 5 mai 16, 10:01

Un mot en passant : hier, je me suis refait Waterloo Bridge (1940)... Je viens de jeter un œil à la chronique de DVDClassik et... elle spoile à mort ! :?

En fait, j'imagine que la plupart des chroniques du site "spoilent" allègrement.

Pensez à tous ces "néophytes" qui pourraient tomber innocemment sur vos chroniques. Il serait charitable de mettre un avertissement au début de chacune d'elle, de prévenir le lecteur que les films sont racontés dans leurs moindres détails. Hier, j'ai montré le Vivien Leigh à quelqu'un qui ne connaissait pas la fin et qui a été surpris de la façon dont les choses se terminaient.
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Kevin95 » 9 mars 17, 10:43

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QUO VADIS - Mervyn LeRoy (1951) révision

Film à deux têtes : d'un côté une énorme production un tantinet plan plan, guimauve lorsqu'elle évoque le christianisme, alourdie par le meuble Robert Taylor et de l'autre, un film aux séquences grandioses (l'incendie de Rome), au sadisme impressionnant (l'arène aux lions ou le sort du taureau) et à l'interprétation en sueur de Peter Ustinov. Sans ce dernier, je ne suis pas sûr que Quo Vadis aurait résisté au temps (déjà que...) mais avec lui, c'est un film qui s'envole et chaque scène en sa présence est un moment de bonheur et de fascination (sa fin est si belle qu'elle éclipse près de trois heures de métrage). Ustinov rules donc et mérite à lui seul le détour. Un détour longuet, en zig zag, entre académisme et moments inspirés. Les grands péplums suivants lui mettront du rouge sur les joues, en attendant Quo Vadis se regarde surtout pour son importance en termes de production, pour l'un de ses comédiens (devinez lequel) et pour sa violence gratinée. (Bâillements) il reste du café ?
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Commissaire Juve » 9 mars 17, 11:17

On peut ajouter que le regard de certains historiens sur Néron a pas mal changé et que -- d'un point de vue historique -- le film en dresse un portrait vraisemblablement à côté de la plaque.

https://www.youtube.com/watch?v=UDBgZuAmhCs

Accessoirement : un péplum en 1.33... la vérité, ça fait de la peine.
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Jeremy Fox » 9 mars 17, 11:23

Commissaire Juve a écrit :Accessoirement : un péplum en 1.33... l


Oui, superbement cadré dans ce format qui convient tout à fait au genre... tout comme le western. S'agit d'avoir un bon cadreur 8)

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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Rick Blaine » 9 mars 17, 12:56

Jeremy Fox a écrit :
Commissaire Juve a écrit :Accessoirement : un péplum en 1.33... l


Oui, superbement cadré dans ce format qui convient tout à fait au genre... tout comme le western. S'agit d'avoir un bon cadreur 8)

Exactement. Visuellement, Quo Vadis est un film réussi. Le 1.33 n'est en aucun cas un un défaut pour un péplum, pour un western. Tout dépend du cadreur !

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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Commissaire Juve » 9 mars 17, 12:58

Sur ce point, on ne sera jamais d'accord.
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Jeremy Fox » 9 mars 17, 13:10

Commissaire Juve a écrit :Sur ce point, on ne sera jamais d'accord.



Clairement ; j'ai d'ailleurs du mal à comprendre ton point de vue sur ce sujet. Que tu préfères l'un plutôt que l'autre comme tu pourrais préférer le noir et blanc à la couleurs... soit. Mais excepté ce point de vue totalement subjectif...

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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Commissaire Juve » 9 mars 17, 13:19

Jeremy Fox a écrit :... du mal à comprendre ton point de vue sur ce sujet...


Hein ? Le "Big country", la Rome antique, ça doit être wiiiiide ! Pas filmé avec des œillères ('tain, en 1.33, les chevaux n'entrent même pas dans le cadre... sauf s'ils sont filmés de loin).

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Fernandel, Danielle Darrieux, Jean Gabin, Gene Tierney ou Vivien Leigh en 1.33... aucun soucis (sauf pour Autant en emporte le vent... quel malheur, ce 1.33). 80 % des films de ma vidéothèque sont en 1.33 (plus peut-être).

Mais le grand spectacle, c'est le GRRRAND spectacle. Je ne le conçois pas au format carré (Star Wars en 1.33... l'angoisse !).
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Jeremy Fox » 9 mars 17, 13:23

Commissaire Juve a écrit : Je ne le conçois pas au format carré


Voilà. C'est ton droit mais j'ai aussi le droit de penser le contraire :wink:

Évidemment qu'un film pensé en scope ne se satisfera pas du 1.37 (ça s'appelle le pan et scan) :mrgreen: Et vice versa d'ailleurs !

Mais franchement les plans de John Ford pour La Charge héroïque, de Anthony Mann pour Les Affameurs, de Wellman pour Convoi de femmes ou John Sturges pour Fort Bravo sont pour moi bien plus amples, plus -paradoxalement- aériens voire hallucinants de maîtrise que ceux de 80% des westerns filmés en scope.

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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Commissaire Juve » 9 mars 17, 13:26

Nan nan nan nan ! C'est "inconcevable" ! :mrgreen: Et c'est bien pour ça que le scope a été inventé (pour concurrencer la Télé en 4.3e !)

'tain, Alamo au format d'un épisode de Columbo ou de Amicalement vôtre ?

EDIT : j'ai répondu à la première version de ta réponse... avec le "Je". :wink:
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Jeremy Fox » 9 mars 17, 13:28

Un scope mal maitrisé c'est souvent très chiant et péniblement statique ; et ce fut malheureusement souvent le cas.

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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Messagepar Commissaire Juve » 9 mars 17, 14:24

Bon sinon, comme je suis des années 60, comme j'ai été biberonné à la télé 4.3e en noir & blanc (nous n'avons eu la couleur qu'à l'automne 1976), j'ajoute que j'ai fait très vite la distinction entre le 1.33 des feuilletons et du tout venant télévisuel et les formats larges des films qui passaient avec des bandes noires.

Plus ces bandes noires étaient grosses, plus j'étais content, plus je me disais : ça, c'est un vrai film ! Tout le contraire d'un téléspectateur américain lambda (pour qui on a inventé le Pan & Scan).

Pour l'enfant puis l'ado que j'ai été, Rin-tin-tin, Zorro ou Ma sorcière bien aimée, c'était de la télé... Alamo ou La Canonnière de Yang-Tsé, c'était du cinéma. Ou -- à tout le moins -- du cinéma à "grand" spectacle.

A présent, j'ai un pied dans la tombe et l'autre qui glisse, mais cette préférence pour le widescreen continue. Elle tient du réflexe pavlovien.

Et Godard a beau avoir déclaré que le Scope était un format pour les serpents et les enterrements, ça ne l'a pas empêché de l'utiliser.
Dernière édition par Commissaire Juve le 9 mars 17, 14:27, édité 1 fois.
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