Barbara Stanwyck (1907-1990)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Sybille
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Messagepar Sybille » 24 mars 15, 22:13

Ann Harding a écrit :Crime of Passion (Meurtrière ambition, 1957) de Gerd Oswald avec Barbara Stanwyck, Sterling Hayden, Raymond Burr et Fay Wray

Kathy (B. Stanwyck) est une journaliste renommée à San Francisco. Après avoir réussi un scoop, elle obtient un excellent poste à New York. Mais, elle a entre temps rencontré Bill Doyle (S. Hayden) un flic de Los Angeles et décide de renoncer à sa carrière pour l'épouser...

Un amusant film noir qui se laisse regarder sans ennui.


D'accord avec ton avis.

Si le meurtre (ainsi que l'adultère) arrivent seulement dans la dernière partie du film, et ne sont guère intéressants - 1 ou 2 événements choc pour rapidement mener le film à son terme - l'ensemble est, quant à lui, très plaisant à suivre. Amusant de voir l'héroïne soudainement forcée d'abandonner son métier de journaliste suite à son mariage, découvrir la vie de femme au foyer et s'y ennuyer copieusement. Les quelques scènes de réception entre les policiers et leurs épouses dessinent une critique largement ironique d'un certain mode de vie, là où hommes et femmes restent géographiquement séparés à l'intérieur de la maison, et où chacun fait étalage des mêmes bavardages mondains et artificiels. Barbara Stanwyck donne de sa force de caractère à cette femme gâchée, et cela même si le scénario ne fait justement pas un très bon usage de sa détermination ! Les actions et manigances diverses du personnage principal souffrent ainsi nettement de ce "vide", de cette existence soudainement dépourvue de toute stimulation sociale et intellectuelle. Bonne réalisation de Gerd Oswald, la ville et ses abords, les restaurants et quartiers résidentiels ajoutant une dose efficace d'atmosphère et de réalisme.

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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Messagepar Supfiction » 30 avr. 15, 15:52

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Déjeuner pour deux / Breakfast for two (1937)

J'ai cru être tombé sur un petit bijou caché en découvrant les premières minutes de ce Breakfast for two (1937), une screwball comédie d'Alfred Santell, malheureusement le film n'est finalement qu'une comédie sympathique, qui tourne parfois à vide en dépit de quelques scènes plutôt drôles mais manquant un peu d'écriture.

Stanwyck crève une nouvelle fois l'écran face à un Herbert Marshall davantage connu pour ses drames mais qui était très à l'aise dans la comédie. C'est notamment le cas dans l'excellent The good fairy (merci le bourreau) face à Margaret Sullavan ou chez Lubitsch dans la comédie plus dramatique (face à Kay Francis dans Haute pègre ou face à Marlene Dietrich dans Ange) ou dans la comédie musicale (Mad About Music, avec Deanna Durbin).

J'ai d'ailleurs prévu d'enchaîner avec leur seconde collaboration, tournée à peine un an après celle-ci : Adieu pour toujours (1938).

A titre d'anecdote, Herbert Marshall avait perdu une jambe pendant la première guerre mondiale et jouait donc toutes ses scènes screwball parfois "difficiles" physiquement avec une jambe de bois.

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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Messagepar Supfiction » 15 déc. 17, 08:45

Photo sympa utilisée par la promo WildSide où l'on découvre le petit surnom de Barbara.

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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Messagepar Profondo Rosso » 17 janv. 18, 01:36

La Seconde Madame Carroll de Peter Godfrey (1947)

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L'action se passe en Grande Bretagne. Geoffrey est un peintre méticuleux, pendant les séances de poses en plein air il fait la cour à Sally son nouveau modèle qui n'est pas indifférente à ses avances. À la suite d'une indiscrétion il est obligé d'avouer à Sally qu'il est marié, mais que sa femme est malade, lourdement handicapée et que ces jours sont comptés. On voit ensuite Geoffrey acheter du poison dans une pharmacie, le produit étant classé dangereux. Deux ans après ces événements, Geoffrey et Sally vivent en couple dans une belle résidence bourgeoise en compagnie de Béatrice. Tout semble aller pour le mieux jusqu'au jours où un ancien flirt de Sally se propose de servir d'intermédiaire pour présenter à Geoffrey une élégante jeune femme (Cecily) qui désire se faire portraitiser. D'abord très réticent ce dernier finit par succomber aux charmes de cette jeune personne.

La Seconde Madame Carroll s'inscrit dans une sorte de courant de variation de Barbe-Bleue au sein du cinéma hollywoodien où on peut regrouper des films comme Caught de Max Ophuls (1949), Hantise de George Cukor (1944) ou Le Secret derrière la porte de Fritz Lang (1948) - sans parler des films plus gothique tels que Rebecca ou Le Château du Dragon (1946). Le film de Peter Godfrey loin d'atteindre ces sommets se situe néanmoins dans cette tradition avec un argument plutôt original pour le néo Barbe-Bleue incarné par Humphrey Bogart, l'accomplissement artistique poussant à l'acte criminel. Geoffrey (Humphrey Bogart) est ainsi un peintre de le renouvellement de l'inspiration passe par un changement d'épouse, le nouvel amour et muse obligeant à éliminer radicalement sa prédécesseuse. On assiste ainsi à cette bascule en ouverture où s'alterne le début radieux du nouvel amour entre Geoffrey et Sally (Barbara Stanwyck) son nouveau modèle, un bonheur que l'épouse légitime ne saurait gâcher. Les grands espaces naturels de la romance naissante jurent ainsi avec l'appartement exigu du ménage légitime. L'épanouissement de Geoffrey s'illustre dans cette esthétique flamboyante reflet de son art inspiré tandis que le confinement et la présence hors--champ de l'épouse qu'il tue à petit feu par empoisonnement la fige finalement dans une ultime peinture macabre.

L'intrigue relance donc le processus de façon plus prolongé avec un Geoffrey désormais marié à Sally mais qui devra bientôt surmonter son inspiration tarie en s'amourachant de la belle Cecily (Alexis Smith) puis en tuant Sally. Humphrey Bogart retrouve un rôle d'époux criminel deux ans après La Mort n'était pas au rendez-vous de Curtis Bernhardt (1945) où déjà la bascule meurtrière se faisait pour la belle Alexis Smith. C'est d'ailleurs un des problèmes du film puisque Bogart n'arrive pas à retranscrire la dimension d'artiste torturé dans sa prestation. L'acteur avait souhaité garder une présence virile à l'écran et avait exigé de débarrasser le personnage des atours trop voyants de peintre (l'occasion d'une bonne blague de Barbara Stanwyck faisant amener une blouse et un béret sur le plateau en faisant croire à un Bogart furieux qu'il s'agissait d'accessoire) mais fait plus passer une simple folie latente qu'une quête de perfectionnement même maladif de son art. Passé l'entrée en matière la trame s'avère donc assez poussive et prévisible même si Peter Godfrey relève l'ensemble en donnant un ton plus singulier par le cadre anglais du film. Les intérieurs recherchés et chatoyants prennent ainsi une esthétique progressivement plus inquiétante et gothique dans les contours subtils de la photo de Peverell Marley avec quelques séquences très réussies comme le final à suspense et sa pluie battante à l'extérieur. Malheureusement le déroulement laborieux dans ses révélations (la pièce de Martin Vale, grand succès à Broadway semble avoir été fortement simplifiée) - la petite fille un peu trop mature jouée par Ann Carter étant bien utile - et les rebondissements téléphonés (le verre de lait empoisonné repris du Soupçons d'Alfred Hitchcock (1941)) empêchent tout vrai suspense de s'installer malgré la prestation convaincante de Barbara Stanwyck. Inabouti malgré quelques éléments intéressants. 3/6

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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Messagepar Supfiction » 24 janv. 20, 13:34

Lu dans la brochure du film Swallow :


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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Messagepar Sybille » 9 févr. 20, 17:05

Clash by night / Le démon s'éveille la nuit
Fritz Lang (1952) :

"Clash by night" fait partie de ces films autour desquels je tournais depuis des années sans me décider à les aborder. Pourtant les noms de Fritz Lang, Barbara Stanwyck, Robert Ryan auraient dû me convaincre plus tôt... Même si j'ai cru comprendre que les avis sont relativement mitigés, la découverte n'a pour moi pas été décevante. J'ai aimé la plongée effectuée dans ce village côtier avec son usine d'emballage de poissons, son café, son cinéma... Mais plus encore le drame passionnel entre ce trio de personnages mal dégrossis, parfois mal aimables, qui tous cherchent à contrer au mieux leurs insatisfactions, à obtenir leur part illusoire de bonheur normatif. J'ai été frappée par la colère, tour à tour rentrée ou carrément explosive qui suinte littéralement de chacun des personnages. Stanwyck, Ryan et Paul Douglas sont chacun excellents tandis que Fritz Lang réussit à trouver l'équilibre entre le divertissement hollywoodien tendance pur mélodrame et un ton plus réel, sérieux, adulte. Très bon film. 7/10