Spencer Tracy (1900-1967)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980...

Modérateurs : Karras, Rockatansky, cinephage

Avatar de l’utilisateur
someone1600
Euphémiste
Messages : 8853
Inscription : 14 avr. 05, 20:28
Localisation : Québec

Messagepar someone1600 » 26 févr. 07, 14:30

Je n'en ai pas vu beaucoup... 2 je crois... :?

Avatar de l’utilisateur
bogart
Réalisateur
Messages : 6510
Inscription : 25 févr. 04, 10:14

Messagepar bogart » 8 avr. 07, 18:32

Revu cet après-midi le western La lance brisée(1954) de Edward Dmytryk, remake du film noir La Maison des étrangers (1949) de Joseph L. Mankiewicz.
Spencer Tracy y fait une puissante composition en baron du bétail.
Image

Avatar de l’utilisateur
Nestor Almendros
Déçu
Messages : 19384
Inscription : 12 oct. 04, 00:42
Localisation : dans les archives de Classik

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar Nestor Almendros » 6 mars 09, 23:52

CAPITAINES COURAGEUX de Victor Fleming (1937)

Vraiment beaucoup aimé. J'ai mis longtemps à l'emprunter, craignant le film pour enfants sans subtilité, et je me suis bien trompé. Pourtant le film baigne dans un équilibre fragile où les bons sentiments dans une histoire un peu clichesque, à la trame prévisible, côtoient une peinture humaine sincère et poignante. Mettons de côté les ingrédients manichéens et convenus pour voir surtout l'exotisme d'une communauté pourtant voisine (passionnante peinture du monde des pêcheurs) et la beauté magnifiée des relations humaines.
Spencer Tracy est poignant dans ce rôle de pêcheur portuguais qui devient pendant quelques mois un père de substitution pour un jeune fils à papa enfermé dans sa condition. Cette ouverture au monde et aux autres est amené avec patience et humour dans un film qui fait parler son coeur avant tout.

Posté par Captaine Blood le 14 octobre 2004

Captains Courageous en français Capitaines Courageux, un film de 1937 de Victor Fleming.

Adapté d'un roman de Rudyard Kipling, ce film retrace l'apprentissage de la vie par un jeune homme à travers le quotidien difficile d'un équipage de marins pêcheurs. C'est un film qui ne peut laisser indifférent à partir du moment où l'on possède un coeur .(ce qui semble être le cas de la plupart des forumeurs) Histoire très touchante, avec un Spencer Tracy particulièrement attachant (Oscar du meilleur acteur pour sa prestation) et un jeune garçon (Freddie Bartholomew) qui passe de la tête à claque au début du film à la tête d'ange à la fin. Ca prend aux tripes et c'est triste, bref on aime ou on n'aime pas.
Moi, j'adore ! :wink:

9/10

Avatar de l’utilisateur
Jean Michel
Doublure lumière
Messages : 576
Inscription : 26 août 06, 16:39
Liste de DVD
Localisation : chilly-mazarin

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar Jean Michel » 8 mars 09, 13:07

oui! une critique que j'approuve pour un film dont la mise en scène est efficace et délicate et avec des séquences fortes .
Sinon il y a également le film "devine qui vient diner?" un chef-d'oeuvre ou Spencer Tracy dans son dernier rôle est doté d'un personnage d'un attrait irrésistible!
Egalement intéressante les nombreuses comédie qu'il a joué avec sa complice de toujours Katharine Hepburn!.

Avatar de l’utilisateur
Rick Blaine
Howard Hughes
Messages : 17723
Inscription : 4 août 10, 13:53
Last.fm
Localisation : Paris

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar Rick Blaine » 13 août 10, 11:51

Capitaines Courageux de Victor Fleming (1937)

Découvert hier soir ce film avec, comme Nestor, une certaine appréhension.
Finalement ça m'a beaucoup plu. Si le films comporte son lot de cliché, on est quand même loin de l'innocence enfantine à la merci de la corruption du monde des adultes. Au contraire, le personnage le plus corrompu du film est l'enfant, certes cette corruption est engendré par le monde extérieur, son père est absent, ses désirs sont systématiquement comblés, mais finalement, il n'y a pas de personnage négatif dans le monde des adultes - le père étant, malgré son absence, présenté comme un personnage plutôt sympathique-. C'est d'ailleurs la première fois que je constate cette situation de manière si marquée dans le cinéma hollywoodien, je ne sais pas s'il existe d'autre cas.

Cela engendre une situation que je trouve très intéressante, où c'est Manuel, magnifiquement interprété par Spencer Tracy, qui va introduire un peu d'innocence dans l'esprit de l'enfant. Il est d'ailleurs intéressant de voir comment chacun s'amuse, Harvey est rédacteur de son journal scolaire, où l'on prends les choses très aux sérieux, alors que les pécheurs se font la course avec une inconscience totale du danger, comme des enfants.

Dans la forme, une très belle mise en scène de Fleming, plutôt rythmée alors que j'avais peur,avec un tel sujet, de quelques longueur.

Très bonne surprise, à mettre en bonne place dans la filmographie exceptionnelle de Tracy.

Avatar de l’utilisateur
Ann Harding
Régisseur
Messages : 3004
Inscription : 7 juin 06, 10:46
Localisation : Paname

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar Ann Harding » 31 juil. 11, 17:47

Image

Quick Millions (1931, Rowland Brown) avec Spencer Tracy, Sally Eilers, Marguerite Churchill et George Raft

'Bugs' Raymond (S. Tracy) est un chauffeur de poids lourds qui rêve de faire fortune. Il devient racketteur en demandant de l'argent aux firmes de transport. Devenu riche, il pense pouvoir fréquenter le beau monde...

Les films du début de carrière de Spencer Tracy restent peu connus car ils ont été tournés au sein de la firme Fox (avant son rachat par XXth Century Pictures) qui diffuse peu son catalogue. Quick Millions fut considéré comme perdu jusque dans les années 70 où William K. Everson le projeta à New York. Ce film est signé Rowland Brown, un scénariste qui ne réalisa que trois films. En effet, il donna un coup de poing à un producteur ce qui eut pour effet de le mettre sur une liste noire permanente. En tous cas, ce scénariste nous offre là un film sur les gangsters et la corruption qui est vraiment dans l'air du temps. La prohibition bat son plein et les bootleggers font des fortunes. Ici, Spencer Tracy n'est pas le bon garçon qu'il sera plus tard. C'est un arriviste qui veut avoir de l'argent à tout prix. Sa morale personnelle reflète ces années troublées qui précèdent l'abolition de la prohibition. La corruption parmi les élites est généralisée. D'immenses fortunes se font en un rien de temps. Tracy le dit nettement son business "consiste à obtenir ce que les autres possèdent, en étant aimable." Quant aux lois, elles sont selon lui "faites par des avocats pour que d'autres avocats les enfreignent." L'immoralité ambiante est encore renforcée par les diners organisés par les racketteurs où toute la bonne société se rassemble. On retrouve un peu l'ambiance de Afraid to Talk (1932, E.L. Cahn). Tracy est entouré de sbires qui vont faire les sales besognes pendant que lui fréquente un grand patron de la construction, tout en lorgnant la soeur de celui-ci (M. Churchill). On reconnait parmi eux, un débutant à la jambe agile, George Raft qui fait une belle démonstration de ses talents de danseur mondain dans une séquence. Le film avance rapidement avec des séquences courtes et rapides, et pratiquement sans musique. L'ascension sociale de Bugs sera de courte durée car lorsqu'il voudra devenir 'honnête', ses complices vont se débarrasser de lui rapidement. Les scènes de violence sont toujours suggérées plus que montrées dans ce film. Il y a une excellente scène de meurtre où un journaliste se fait descendre. La scène est vue sous une table. Un corps tombe à terre et une ombre portée sur un mur dirige un révolver vers lui pour l'achever. Le film se veut néanmoins porteur d'un message. Un procureur (Henry Kolker) fait un long discours où il tente de secouer l'apathie de cette ville corrompue. Selon lui, la république est en danger si l'Etat ne se réveille pas pour mettre fin aux agissements des bootleggers et des racketteurs. Tracy, dont c'est seulement le deuxième film, montre déjà l'étendue de son talent. Il offre un portrait intéressant de gangster sans scrupules, mais non dépourvu de charme. Si on le met en regard avec les deux autres gangsters de cette année-là, James Cagney dans The Public Enemy et E.G. Robinson dans Little Caesar, Tracy est plus un arriviste qu'un tueur. En tous cas, ce film m'a certainement donné envie de découvrir les deux autres films de Rowland Brown, Hell's Highway (1932) et Blood Money (1933) qui semblent tous deux fort intéressants, mais également fort rares.

Avatar de l’utilisateur
feb
I want to be alone with Garbo
Messages : 8540
Inscription : 4 nov. 10, 07:47
Localisation : San Galgano

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar feb » 31 juil. 11, 18:16

Ann Harding a écrit :Quick Millions (1931, Rowland Brown)
Les films du début de carrière de Spencer Tracy restent peu connus car ils ont été tournés au sein de la firme Fox (avant son rachat par XXth Century Pictures) qui diffuse peu son catalogue.

Tu as raison Ann c'est un acteur dont les premiers films sont peu connus et diffusés, j'ai l'impression que son film le plus vieux disponible en DVD est Fury qui est un film MGM. Merci pour cette critique :wink:

Avatar de l’utilisateur
Julien Léonard
Duke forever
Messages : 11844
Inscription : 29 nov. 03, 21:18
Localisation : Hollywood

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar Julien Léonard » 31 juil. 11, 18:22

feb a écrit :
Ann Harding a écrit :Quick Millions (1931, Rowland Brown)
Les films du début de carrière de Spencer Tracy restent peu connus car ils ont été tournés au sein de la firme Fox (avant son rachat par XXth Century Pictures) qui diffuse peu son catalogue.

Tu as raison Ann c'est un acteur dont les premiers films sont peu connus et diffusés, j'ai l'impression que son film le plus vieux disponible en DVD est Fury qui est un film MGM. Merci pour cette critique :wink:


Les films que j'ai avec lui, et qui sont plus anciens, je les possèdes en enregistrements. Donc, il me semble que tu es dans le vrai mon cher feb ! C'est fort dommage de la part des éditeurs... :|
Image

Avatar de l’utilisateur
feb
I want to be alone with Garbo
Messages : 8540
Inscription : 4 nov. 10, 07:47
Localisation : San Galgano

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar feb » 31 juil. 11, 18:29

Le plus vieux film que je possède de l'acteur étant Man's Castle diffusé l'an dernier au Cinéma de Minuit. Heureusement que ces premiers MGM sont disponibles en DVD (même si malheureusement certains sont édités en Warner archive).
D'ailleurs je viens de voir que Captain Courageous est à 4,49$ sur amazon US avec STF :fiou:

Avatar de l’utilisateur
Julien Léonard
Duke forever
Messages : 11844
Inscription : 29 nov. 03, 21:18
Localisation : Hollywood

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar Julien Léonard » 31 juil. 11, 18:38

feb a écrit :Le plus vieux film que je possède de l'acteur étant Man's Castle diffusé l'an dernier au Cinéma de Minuit. Heureusement que ces premiers MGM sont disponibles en DVD (même si malheureusement certains sont édités en Warner archive).
D'ailleurs je viens de voir que Captain Courageous est à 4,49$ sur amazon US avec STF :fiou:


Fonce ! La copie est en plus très belle. Warner of course. :wink:
Image

villag
Accessoiriste
Messages : 1620
Inscription : 24 févr. 08, 09:48
Localisation : la rochelle

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar villag » 1 août 11, 09:34

Spencer Tracy, c'etait le charisme à l'etat pur ; on n'avait pas besoin de le faire parler, ou bouger, on le mettait dans une scène et on ne voyait que lui; chez nous, seul Ventura pouvait correspondre à ce talent inoui et inné......!
F d F ( Fan de Ford )

Avatar de l’utilisateur
Ann Harding
Régisseur
Messages : 3004
Inscription : 7 juin 06, 10:46
Localisation : Paname

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar Ann Harding » 6 août 11, 14:32

ImageImage

The Power and The Glory (Thomas Garner, 1933) de William K. Howard avec Spencer Tracy, Ralph Morgan, Colleen Moore et Helen Vinson

Les funérailles du magnat des chemins de fer Thomas Garner (S. Tracy) se déroulent devant un public choisi. Son ancien secrétaire, Henry (R. Morgan) se remémore la vie de son ami Thomas parti de rien...

Ce film de William K. Howard est célèbre car on le considére comme un film précurseur du Citizen Kane d'Orson Welles. Bien qu'Orson Welles réfute avoir vu le film d'Howard, il y a entre les deux oeuvres des similarités. Le scénario est l'oeuvre de Preston Sturges qui était à l'époque un jeune dramaturge à Broadway. Il tirait le diable par la queue et décida de se lancer dans l'écriture d'un scénario en free-lance et de le proposer ensuite à différentes sociétés de production. Cette méthode de travail était pour le moins inhabituelle à l'époque où les grandes compagnies travaillaient avec une ligne de production intégrée. Sturges produisit un scénario totalement atypique par son contenu et sa structure. Au lieu de suivre une narration linéaire et chronologique, Sturges produisit un script qui déroule la vie d'un grand magnat par une suite de flash-backs qui s'imbriquent les uns dans les autres sans rechercher la moindre chronologie. De plus, il choisit de nous donner un récit subjectif par la voix de l'ami de Thomas Garner. La plupart des scènes sont présentées avec la voix-off du narrateur qui double également la voix des personnages. Le studio Fox, qui acheta le scénario de Sturges, fit d'ailleurs une campagne de promotion pour mettre en valeur cette structure narrative innovante. Ils parlèrent de 'narratage', un néologisme créé à partir de narrative et montage. Preston Sturges nous raconte l'ascension spectaculaire d'un homme illétré employé d'un chemin de fer qui devient un magnat. Mais, cette ascension se termine par un suicide. Loin d'être un héros, Thomas Garner se révèle, au fil du récit d'Henry, être un homme sans foi ni loi. Et l'habilité de Sturges réside dans cette narration qui nous fait découvre scène par scène les différents visages de Thomas de l'enfance à la mort. Il règne une profonde ambiguité dans ce portrait. Garner est d'abord présenté comme un gamin casse-cou qui aime être le chef de la bande. Puis, c'est un jeune homme sans grande ambition qui va apprendre à lire avec Sally (Colleen Moore) une institutrice qui deviendra sa femme. C'est sous son impulsion qu'il décide de retourner étudier pour avoir un meilleur travail. Devenu riche et célèbre, il se désintéresse de Sally, maintenant vieillie, pour Eve, une jeune femme de la haute société (H. Vinson). Peu de temps après le suicide de sa femme, il se remarie avec Eve, qui a l'âge de son fils, né de son premier mariage. Ce mariage sera une erreur fatale. Il découvre plus tard qu'Eve le trompe et pire encore, que leur enfant n'est de lui. Désespéré, il se suicide. Spencer Tracy assume ce rôle très complexe de Garner de l'âge de 20 ans à 50 ans avec un énorme talent. C'est ce film qui va faire réaliser aux patrons de la Fox qu'ils ont entre les mains un acteur de tout premier plan. Pour le rôle de Sally, la Fox a embauché Colleen Moore, une ancienne star du muet qui n'a pas fait un seul film depuis quatre ans. Elle montre là qu'elle n'avait pas de problèmes avec le parlant, même si sa carrière marquera le pas par la suite. L'aspect social du film est également ambigu. Nous sommes en pleine dépression lorsque le film est tourné en 1932. Au lieu de promouvoir le rêve américain du self-made-man, Sturges nous fait le portrait d'un magnat qui utilise des méthodes de gangsters (intimidation, délit d'initié, etc.). Mais, en même temps, certains aspects le rendent sympathique telle que cette scène où il découvre son fils nouveau-né et récite une prière pour remercier Dieu de le lui avoir donné. Mais, sa vie se révèle être un échec personnel qui le mène au suicide. Inutile de dire qu'avec un sujet aussi sombre le public ne fut pas au rendez-vous. Sturges reçut l'autorisation -inouie pour l'époque!- d'assister au tournage du film en tant que scénariste. William K. Howard réalise là un film tout à fait passionnant. Ce réalisateur mériterait d'être redécouvert, en particulier ses films muets, fort peu visibles.

Avatar de l’utilisateur
Ann Harding
Régisseur
Messages : 3004
Inscription : 7 juin 06, 10:46
Localisation : Paname

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar Ann Harding » 20 sept. 11, 16:08

Image

The Seventh Cross (la septième croix, 1944) de Fred Zinnemann avec Spencer Tracy, Hume Cronyn, Jessica Tandy, Signe Hasso et Agnes Moorehead

Allemagne, 1936, George Heisler s'évade d'un camp de concentration avec six autres détenus. Il réussit à atteindre la ville de Mayence où il recherche un ami pour l'aider à fuir...

Le désir de voir ce film est né d'une grande frustration. Il y a bien 25 ans, le film était passé au Cinéma de Minuit. J'avais commencé à le regarder, puis un orage violent avait perturbé les ondes hertziennes. Je m'étais retrouvée devant un brouillard à peu près au milieu du film... J'ai enfin pu entancher ma soif et voir la fin du film. Ce film de Zinnemann propose une vue de l'Allemagne nazie avant la guerre. Les opposants politiques y sont pourchassés comme des criminels. Le film mentionne également le sort des juifs, mais sans appuyer, restant fidèle au système MGM qui ne voulait pas trop se mouiller. Un médecin juif qui soigne Tracy blessé lui annonce sa judéité, comme il se doit selon la loi, lui dit-il. De même, un des évadés est juif. Il faut bien l'admettre, les décors et les personnages n'ont pas l'air du tout allemands. On a plutôt l'impression de voir de bonnes familles américaines dans un décor propret. Si on regarde le North Star (1943, L. Milestone) on se trouve également devant une vision de l'Ukraine terriblement américaine. Mais, The Seventh Cross bénéficie d'un scénario très efficace et d'un suspense haletant qui rappelle un thriller ou un film noir. Le héros traqué joué par Spencer Tracy est perdu dans un univers menaçant qui ne semble peuplé que de personnes afiliées au régime en place. Il ne peut se fier à quasiment personne. En chemin, il va reprendre néanmoins confiance en les hommes car certains vont lui tendre la main, au péril de leur vie. J'ai particulièrement apprécié le couple formé par Hume Cronyn et Jessica Tandy (mariés aussi à la ville). Il n'est qu'un simple ouvrier qui se désintéresse de la politique. Il retient néanmoins que le régime nazi lui fournit des allocations généreuses pour ses trois enfants. Cet homme neutre va prendre conscience que son attitude a été une profonde erreur. Il ne doit pas accepter sans mot dire les diktats des nazis. Il va donc aider son ami au péril de sa vie et de sa famille. La courte romance finale avec Signe Hasso n'est pas très crédible. On y sent une concession au système hollywoodien en vigueur. Tracy est sobre et juste en homme traqué. Dans l'ensemble un bon film.

Avatar de l’utilisateur
Ann Harding
Régisseur
Messages : 3004
Inscription : 7 juin 06, 10:46
Localisation : Paname

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar Ann Harding » 9 janv. 12, 11:59

Image

Riffraff (1936) de J. Walter Ruben avec Jean Harlow, Una Merkel, Spencer Tracy, Mickey Rooney et Joseph Calleia

Hattie (J. Harlow) travaille dans la conserverie de thon d'un petit port. Elle vit chez sa soeur Lil (U. Merkel) où elle partage la chambre des enfants de Lil dont le turbulent Jimmy (M. Rooney). Hattie est amoureuse d'un pêcheur fort en gueule, Dutch Miller (S. Tracy). Mais celui-ci semble l'ignorer...

Comme l'indique le titre 'riffraff' (que l'on pourrait traduire par racaille), la MGM tente avec ce film de concurrencer la Warner sur le terrain du film social. Ce n'est à priori pas gagné d'avance de produire un film avec Harlow et Tracy dans des rôles qui pourraient être joués par Blondell et Cagney. Heureusement, le scénario de ce film est l'oeuvre de la formidable Frances Marion, une des scénaristes les plus respectées d'Hollywood qui a déjà derrière elle deux Oscars et au moins 150 films. Malgré cette renommée, Frances Marion est sur la touche à la MGM. Elle a osé participer à la création d'un syndicat des scénaristes et Louis B. Mayer n'est évidemment pas ravi. Et puis, Marion est l'une des nombreuses femmes scénaristes qui vont être mises au rancart avec l'afflux de jeunes écrivains venus de New York. Comme pour les grandes stars du muet, il y a aussi de profonds changements dans les rangs des scénaristes. Les femmes scénaristes en particulier, très nombreuses dans les années 20, en pâtissent. Marion sait construire une intrigue et des personnages. Elle a écrit The Wind (1928, V. Sjöström), mais aussi un drame sur une émeute en prison, The Big House (1930, G.W. Hill) qui n'a pas à rougir face aux productions les plus violentes de la Warner. Riffraff sera son avant-dernier scénario avant de quitter la MGM. Le film permet à Jean Harlow de sortir de son emploi habituel de blonde platine. Ses cheveux ont retrouvés une couleur plus naturelle et elle n'est ici qu'une fille du peuple qui essaie de s'en sortir. Face à elle, on utilise une nouvelle recrue de la MGM, Spencer Tracy récemment licencié par la Fox. Le début du film, assez proche de la comédie, nous montre l'affrontement de ces deux acteurs au tempérament bien trempé. Hattie a bien du mal avec ce Dutch mal embouché, roublard et passablement sur de lui. Tracy n'est d'ailleurs pas si sympathique que cela. Il est tellement orgueilleux qu'il croit qu'il pourra vaincre le patron de la conserverie Nick Appopolis (Joseph Calleia dans son rôle de gangster huileux). Mais, il s'attaque à un trop gros morceau et le voilà sans le sou après une longue grève. Plutôt que de se battre sur place, il laisse tomber sa jeune épouse Hattie et part à l'aventure. Le film vire alors au mélodrame avec Hattie poursuivie par les assiduités de Nick qui se retrouve en prison tandis que Dutch lui attérit dans un camp pour clochards. Il faut reconnaître que Tracy et Harlow forment un couple bien assorti en terme de jeu. Il se réponde du tac au tac avec entrain. Le tout début du film nous montre la vie guère reluisante de Lil (Una Merkel, le cheveu en berne mais toujours aussi gouailleuse) avec son bon à rien de père et son épouvantable garnement de fils (Mickey Rooney). Quant à Hattie, elle doit subir les assauts du riche Nick qui pense pouvoir l'acheter avec une fourrure. Lorsque le film vire au mélo, on continue à croire aux personnages, même si la construction n'est pas toujours aussi efficace que dans un film de la Warner. Hattie se retrouve dans une prison pour femmes et s'évade par une conduite d'eau. Il n'y a pas beaucoup de traces de glamour dans tout cela, même si Harlow reste plutôt bien coiffée lors de tous ces épisodes. La fin qui se veut optimiste ne semble pas très convaincante. Après tant de noirceur, proche de Heroes for Sell (1933, WA Wellman), on attendrait quelque chose de plus percutant. Mais, c'est vrai, le Production Code est maintenant en vigueur et nous sommes à la MGM. Le réalisateur, J. Walter Ruben, qui avait fait quelques bons Pre-Codes à la RKO avant de rejoindre la MGM, n'est pas un crack, mais un bon technicien de studio. Au total, le film reste un plaisir grâce aux deux interprètes principaux qui donnent le meilleur d'eux-mêmes. Cette tentative de 'film social MGM' est finalement plutôt une réussite, malgré quelques bémols.

Avatar de l’utilisateur
Flavia
My Taylor is rich
Messages : 3369
Inscription : 4 juin 11, 21:27

Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Messagepar Flavia » 7 févr. 12, 17:12

La dernière fanfare (The last Hurrah) - John Ford - 1958

Image

Cette description passionnée, enlevée, sur la campagne électorale du maire joué par Spencer Tracy cache une méditation nostalgique et amère sur le vieillissement, le temps qui passe et la fin d’une époque. Film implacable sur le monde de la politique, un très grand John Ford et Spencer Tracy au sommet de son art.