Les derniers Bonus que vous avez vus

Rubrique consacrée aux DVD de films récents, tournés après 1980.

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moonfleet
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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar moonfleet » 27 mars 19, 14:05

J'ai revu Little Big Man (Arthur Penn - 1969), ou plutôt je l'ai redécouvert (avec un grand plaisir) car il y a plein de scènes et de transitions que j'avais oubliées.

Avec l'édition "ultra collector" de chez Carlotta, il y a deux boni très émouvants qui sont des documentaires réalisés par Elliott Erwitt durant le tournage du film, avec des réflexions passionnantes d'Arthur Penn, ses états d'euphorie lorsqu'un acteur renvoie une performance et l'autre bonus plus centré sur Dustin et sa transformation impressionnante en narrateur de 121 ans.



info:
Richard Mulligan, qui interprète brillamment un Général Custer cruel et mythomane, est le frère du metteur en scène Robert Mulligan.



Malheureusement il n'y a pas de s-titres sur U-Tube (en plus le son n'est pas très clair :? ), mais ils sont présents sur l'édition Carlotta.
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Boubakar
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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar Boubakar » 4 avr. 19, 18:46

Under fire ; Esc propose deux bonus, produits spécialement pour l'occasion. Le premier est un entretien de 26 minutes avec le réalisateur Roger Spottiswoode. Le film s'inspire de l'assassinat d'un journaliste américain tué dans une zone de guerre en 1979, avec comme scénariste Ron Shelton. Emballé par le projet (et après avoir orienté le film vers un photographe de guerre), Spottiswoode veut recruter Nick Nolte, avec qui il avait travaillé dans 48 heures, mais, pour être sûr que l'acteur lira le scénario parmi les tas qu'il recevait, il décide de faire 50 copies du scénario, formes et couleurs différentes, de façon à ce qu'il puisse le lire rapidement, et ça marche. Ainsi, l'arrivée de Nolte va faire venir le reste des acteurs, Gene Hackman ou Ed Harris. Quant à Jean-Louis Trintignant, pour lequel c'était son premier film américain, le réalisateur le veut absolument car c'est un fan de Z. Problème, ce dernier parle à peine français et Trintignant ne connait pas un mot d'anglais ; qu'à cela ne tienne, le réalisateur va essayer de le séduire lors d'un repas, en parlant français aussi mal qu'il peut, ce qui ne convainc toujours pas l'acteur. Lorsqu'ils vont se séparer, le réalisateur dit cette fois en anglais le fond de sa pensée, les raisons pour lesquels il veut faire Under fire, et Trintignant, n'ayant toujours rien compris, accepte finalement en voyant la passion de Spottiswoode :mrgreen: . Il revient aussi sur la rencontre entre Nick Nolte et Trintignant, que Nolte ne connaissait pas, et qu'il prenait pour un vulgaire second rôle. Ensuite, il revient sur le montage, en rendant un hommage appuyé à Sam Peckinpah (il avait travaillé sur Les chiens de paille et Pat Garrett et le Kid), et sur l'importance de la présence du conseiller technique sur le plateau.
L'entretien est très intéressant à suivre, même si on peut regretter l'absence d'archives.

Quant au deuxième entretien, il concerne Jerry Goldsmith, et c'est le rédacteur en chef d'underscores qui parle, revenant sur sa carrière, et en particulier sur Under fire dont il revient sur le fait que c'est son premier film où il utilisa autant les synthétiseurs. On apprend qu'il a été embauché par Roger Spottiswoode, parce que celui-ci adorait son travail sur Patton, mais il avait comme impératif d'utiliser la flute de Pan pour la composition du film.
Il parle aussi de John Williams, en faisant une comparaison en faveur de Goldsmith comme quoi celui-ci était davantage dans l'expérimentation, même si le film sur lequel il travaillait était mauvais. Car Goldsmith était, parait-il, incapable de juger la qualité d'un scénario.
Dans cet entretien, il est surtout question d'Under fire, mais par ce biais, il y a pas mal d'anecdotes sur Goldsmith, comme quoi il n'aimait pas qu'il y ait sans arrêt de la musique dans les films (pour celui de Spottiswoode, il y a en 40 minutes en tout), et qu'à cette époque, le compositeur semblait avoir un peu de pouvoir sur sa musique, en pouvant revenir sur le mixage ou faisant la musique comme bon lui semble, tout en comparant aux compositeurs actuels qui auraient beaucoup plus de cahiers des charges de la part des producteurs.
Enfin, l'interviewé revient sur la postérité de la musique, qui a dépassé celle du film, qui a été nommé aux Oscars, au point que c'est une des musiques préférées de Tarantino, qui inclura une des musiques dans Django Unchained.
Il manquait Flol pour nous en parler, mais les anecdotes sur Goldsmith sont toujours sympathiques à entendre.

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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar Grimmy » 5 avr. 19, 14:22

Je crois que Nick Nolte et Trintignant ne se sont pas du tout entendus sur le tournage. Trintignant comparant Nick Nolte a un sous Depardieu.

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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar odelay » 5 avr. 19, 15:11

C'est sûr que si l'autre ne l'a pas du tout calculé....

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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar Boubakar » 17 mai 19, 19:51

Montparnasse-Pondichéry : pour le blu-ray du dernier film réalisé par Yves Robert, nous avons droit à un entretien de 15 minutes avec le chef-opérateur Robert Alazraki.
Résumant rapidement son début de carrière, démarrée grâce aux relations de son ami Juliet Berto, il aborde plus spécifiquement son travail avec Yves Robert, avec qui il a collaboré sur ses quatre derniers films (dont le diptyque Pagnol), pour parler sans langues de bois du tournage de Montparnasse-Pondichéry qui avait l'air plus compliqué qu'on peut le croire. D'une part à cause du travail que ça impliquait pour Robert d'être à la fois réalisateur et acteur principal, mais aussi, et clairement évoqué, de la relation qui semblait naitre entre lui et Miou-Miou, ce qui est le cas dans le film, et dans la réalité.
Ce qui a crée de véritables tensions avec les équipes d'Yves Robert, qui devenait jaloux si Robert Alazraki, ou un autre, était un peu trop près de Miou-Miou, ne serait-ce que pour lui parler, et avec son épouse Danielle Delorme. Cette relation, qui s'est terminée avec le film, semblait comme une cure de jouvence pour Yves Robert, dont le sujet du film lui était personnel, même s'il sentait, sans se l'avouer, que Montparnasse-Pondichéry serait son dernier film, bien qu'il ait eu jusqu'à la fin de sa vie d'autres projets qui n'ont pas abouti.

Robert Alazraki est ce qu'on peut appeler un bon client, assez franc, et dont on voit des photos noir et blanc du tournage qui sont très belles, avec à la fin, une lecture d'une lettre d'Yves Robert d'une grande tendresse pour son collaborateur. Encore un bon boulot d'1kult et d'Inser & Cut !
(Même s'il n'explique pas la présence de cette horrible scène de rap qui là pour le coup date terriblement le film :mrgreen: !)

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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar 1kult » 19 mai 19, 19:44

Merci pour le retour (et les compliments). Quand on a un intervenant qui a travaillé sur le film, c'est parfois quitte ou double, on ressort parfois avec quelque chose d'assez consensuel, et parfois, on a droit à un miracle. C'était le cas ici, où les infos du chef opérateur sur le dernier film d'Yves Robert - qui en avait d'autres en stock d'ailleurs - donnent un vrai éclairage au film, et aux personnages de Miou-Miou et Yves Robert eux-mêmes, où tout se mélangeait apparemment sur le tournage devant et derrière la caméra.

La séquence de rap, ça me rappelle la bande-annonce du Jumeau :

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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar Boubakar » 21 mai 19, 16:48

La bataille de Midway : le blu-ray disponible chez Elephant a le mérite, pour une fois, de reprendre l'intégralité des bonus disponibles dans le disque américain paru chez Universal, ajoutant en plus une introduction d'un journaliste du Monde, Mathieu Macheret.

Les autres bonus datant au maximum de l'époque du film jusqu'à 2001, la définition est du 480p, et il faut dire que ça pique les yeux :mrgreen: .
A noter que les rétrospectives sont réalisées par Laurent Bouzereau, mais j'y reviendrais plus tard.
On a une rétrospective faisant intervenir le réalisateur, le producteur, le monteur et Charlton Heston, lesquels sont très fiers d'un projet qui a été monté de bric et de broc, avec des scènes de batailles, aériennes ou terrestres qui sont toutes issues d'authentiques archives de la seconde guerre mondiale ou d'autres films comme Tora, Tora, Tora !, dont leur utilisation est souvent maquillée par l'utilisation de filtres à l'image. Cette astuce, initiée par le monteur, laissera sceptique au départ les responsables du Studio, mais devant l'effet sur l'écran, au vu de la somme des archives (60 000 $), c'est limite si celui-ci n'est pas le véritable héros du film grâce aux économies engrangées.
Quant au casting, c'est essentiellement un casting de vieux routards qui est utilisé, surtout des amis de Walter Mirisch, le producteur, dont certains ne font que passer, et avec Robert Mitchum qui, n'ayant pas envie de faire des efforts, restera au lit durant les 3 jours de tournages de ses scènes. Pour Charlton Heston, le projet avait quelque chose de plus personnel, car il avait participé à la guerre en tant qu'aviateur. Il y a aussi un aparté sur Toshiro Mifune, toujours accompagné de son interprète, qui remercia le réalisateur d'un sabre sur l'écriture pas du tout caricaturale de la représentation des Japonais dans le film.
La bataille de Midway a été aussi un des rares films utilisant le Sensurround, c'était un de ses arguments de vente, avec la musique de John Williams, lequel ne cache pas avoir tiré des morceaux de ce film pour les reprendre dans Il faut sauver le Soldat Ryan. Le système sonore et le compositeur ont deux (courts) modules qui leur sont consacrés.
Il y a quelques archives à l'époque de la sortie du film, où Charlton Heston rend hommage aux combattants de la bataille de Midway, en interrogeant quelques soldats survivants.
Enfin, il est fait mention d'une version télévisée, dans la lignée de Tremblement de terre ou Un tueur dans la foule, qui fera que 40 minutes de nouvelles scènes seront tournées à posteriori, dont une intrigue sentimentale pour Charlton Heston, et dont la durée totale, avec les publicités, font que le film dure 4 heures sous ce format :shock: !
On en voit d'ailleurs une dizaine de minutes dans ce blu-ray, et ça fait très fleur bleue tout de même...

En voyant ces bonus, pour l'essentiel produits par Bouzereau, alors la grande star du bonus dvd dans les années 1990-2000, je trouve que la forme a quand même terriblement vieillie, avec un excès de louanges où tout ou presque a été fantastique sur ce film. Il y a quand même des archives, photos de production ou pages de scénario, mais en voyant ceux de La bataille de Midway, je trouve que c'est carrément une autre époque de faire des bonus. Il me semble aujourd'hui que les éditeurs français proposent des compléments moins langue de bois, plus cash, évitant pour la grande majorité les hyperboles. Je me souviens surtout du travail de Bouzereau chez Spielberg (dont j'ai vu qu'il collabore encore dernièrement avec lui sur Ready, Player One), De Palma ou Hitchcock, mais j'espère que ses bonus actuels sont meilleurs que pour La bataille de Midway, où 25 ans après la réalisation du film, on avait le droit de se lâcher un peu plus.

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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar Jerome » 21 mai 19, 17:08

Boubakar a écrit :
En voyant ces bonus, pour l'essentiel produits par Bouzereau, alors la grande star du bonus dvd dans les années 1990-2000, je trouve que la forme a quand même terriblement vieillie, avec un excès de louanges où tout ou presque a été fantastique sur ce film. Il y a quand même des archives, photos de production ou pages de scénario, mais en voyant ceux de La bataille de Midway, je trouve que c'est carrément une autre époque de faire des bonus. Il me semble aujourd'hui que les éditeurs français proposent des compléments moins langue de bois, plus cash, évitant pour la grande majorité les hyperboles. Je me souviens surtout du travail de Bouzereau chez Spielberg (dont j'ai vu qu'il collabore encore dernièrement avec lui sur Ready, Player One), De Palma ou Hitchcock, mais j'espère que ses bonus actuels sont meilleurs que pour La bataille de Midway, où 25 ans après la réalisation du film, on avait le droit de se lâcher un peu plus.


Il ne fait plus de bonus, à part les Spielberg. Il bosse pour la télé, comme le remarquable "Five came back" sur netflix
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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar Boubakar » 28 mai 19, 18:35

Un nuage entre les dents : le blu-ray propose un documentaire de 28 minutes où interviennent Pierre Richard, François Lartigue (assistant opérateur), et un jovial Marco Pico, ravis de partager leurs souvenirs sur un film absolument méconnu, et qui a été pour ma part une grande découverte. C'est réalisé par Jérémie Imbert, grand connaisseur du travail de l'acteur.
A cette époque, Pierre Richard et Philippe Noiret sortaient respectivement du Grand blond avec une chaussure noire et de Grande bouffe ; autant dire qu'on ne pouvait rien leur refuser. Ils jettent leur dévolu sur le scénario d'Un nuage entre les dents, écrit par Marco Pico et Edgar de Bresson, et leur seule présence va suffire à faire le film, avec Pico à la réalisation, lui qui a été un assistant d'Yves Robert durant dix ans et qui a aussi aidé Pierre Richard sur ses premiers films en tant que réalisateur. D'ailleurs, Yves Robert est coproducteur, bien que ça ne lui plaise guère de voir son grand blond dans un contre-emploi total, mal rasé, ivre mort et bagarreur, au risque de briser son image de comique.

On voit d'ailleurs des extraits du scénario annoté par Marco Pico, et il en résulte un soin du détail, avec des dessins représentant le look dégueulasse des personnages, des photos, la volonté de tourner dans le Paris de la fin des Trente glorieuses où les anciens quartiers sont en cours de démolition pour créer de nouveaux bâtiments plus modernes. Et également un travail sur la photo pour les nombreuses scènes de nuit, faites à base de flashages, ce qui était inédit à l'époque, où les projecteurs étaient très puissants.
Les trois personnes parlent aussi du scénario avant-gardiste, qui reflète la course au buzz qui se fait aujourd'hui pour un oui ou un non, avec l'extraordinaire cynisme du rédacteur en chef joué par Claude Piéplu.
Mais cette vision de Philippe Noiret et, surtout, Pierre Richard, ne sera que peu vue à l'époque, car Un nuage entre les dents a été un énorme bide à sa sortie, et enterrée très rapidement, jusqu'à sa diffusion dans les festivals. Ce qui enrage encore ce dernier, qu'il considère comme un de ses cinq films préférés, car si c'était un succès, il aurait sans doute bifurqué vers autre chose que ses comédies à succès.

Ça n'a beau faire seulement que 28 minutes, tout est très bien dit sur le film, bien que du côté de Pierre Richard, il reste quelques regrets, dont une autre collaboration avec Noiret et Pico qui sera avortée.

Climax : c'est une des rares fois où les bonus sont plus intéressants que le film. Il y a d'une part une version alternative de la scène de danse vue de haut, puis un court-métrage de 2014 nommé Shoot, où la caméra est placée au niveau d'un ballon qui est tapé par plusieurs personnes ; pour les personnes qui n'aiment pas les caméras qui tournent, c'est éviter :mrgreen: . Ensuite, les deux autres bonus, réalisés par Alexandre Poncet consistent en deux entretiens : l'un où le concepteur des génériques de Gaspar Noé, Tom Kan, est interviewé sur son travail, en particulier sur Enter the void, très intéressant, mais difficile à parler du fait que c'est visuel.
Et le gros morceau est une discussion de 37 minutes entre Gaspar Noé et Jan Kounen passionnante, car ça ressemble en gros à ce qu'on fait sur le forum à savoir parler des films, de leurs transferts, du passage aux différents formats vidéo (ou Jan Kounen reste un nostalgique du Laserdisc), une discussion de café qui est un véritable plaisir à suivre. On note que si Jan Kounen est un grand bavard toujours souriant, Gaspar Noé semble tout le temps stressé ou sous pression, parlant très vite sous sa moustache.
Bizarrement, Climax est peu évoqué, mais les deux parlent de leurs méthodes de tournage très différents (préparés pour Kounen et 15 jours de tournage pour Noé avec quelques pages de scénario), mais une volonté commune de faire un cinéma visuel.
A la fin, Gaspar Noé souhaite faire un documentaire, là aussi qui partirait dans tous les sens, et, Kounen, séduit par l'idée, lui lance un au boulot !, et il y a cette dernière seconde géniale où on voit Gaspar Noé se décomposer après avoir parlé de ça :lol: !

L'empereur de Paris : le blu-ray propose un documentaire de 40 minutes, pas vraiment sur le tournage, ni un making-of, mais sur ce qu'on appelle, sans connotation péjorative, les petites mains. C'est-à-dire la décoration, les costumes, les maquilleurs, les coiffeurs, et c'est agréable de découvrir les coulisses d'un si gros film par ce biais. On note tout d'abord une volonté presque politique d'avoir réalisé le film en France, à Brétigny-sur-Orge, où tout le décor a été entièrement construit. On voit vraiment comment tout a commencé, sur un gigantesque terrain de plus de 5000 m², qui a d'ailleurs été déminé, car il pouvait y avoir des vestiges de la guerre. Tout le travail des artisans est très bien montré, de la costumière qui ponce les habits pour leur donner un aspect vieilli, à la construction de charpentes là aussi avec quelques petits défauts visuels, à la mise en place de pavés d'époque... Sans oublier le travail de la figuration, avec un long aparté les concernant, et ceux déguisés en militaires qui doivent apprendre à manier les armes et à marher au pas. On sent la fierté de tout le monde de participer à quelque chose de 100¨% français, particulièrement le décorateur, et c'était avant tout la volonté de Jean-François Richet, le réalisateur.
L'édition Fnac propose en plus un bonus de 30 minutes, qui verse plus dans le promotionnel, avec les acteurs qui parlent de leurs personnages, et où j'ai appris que Fabrice Luchini n'a tourné que deux jours. Il y a quelques extraits du tournage, mais c'est moins intéressant que le premier documentaire.

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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar Arn » 7 juin 19, 07:59

Hier soir je me suis fait M le maudit de Lang (BR Tamasa) puis M de Losey (BR Sidonis). Puis je me suis fait les 3 interview de Michel Ciment, Bertrand Tavernier et François Guérif.

C'est très sympa de les écouter les trois puisque chacun a, en plus d'anecdotes diverses, une approche assez différente du film. Typiquement le monologue de fin n'est pas très apprécié par Tavernier alors qu'il émeut Michel Ciment (et moi aussi :mrgreen:) quand Guérif se retrouve plus entre les deux.
C'était aussi bien de les regarder juste après avoir enchaîné les deux films car j'ai parfois l'impression qu'ils ne l'ont pas bien en tête, notamment quand ils parlent des critiques qui étaient faite au film comme celle d'être un remake plan par plan du Lang, ce qu'il ne serait "pas totalement" (Tavernier je crois qui avoue ne pas l'avoir revu récemment). On en est même assez loin selon moi. On reprend une trame très proche. On a un ou deux plans identique (le gros plan sur le pistolet) mais sinon je trouve ce remake passionnant justement par sa proximité avec l'original tout en ayant changé le regard en modifiant les angles de caméra, en introduisant quelques personnages secondaires.

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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar tenia » 9 juin 19, 18:31

Grosse barre de rire devant l'interview de Frank Stallone, incluse dans l'édition US de Savage Harbor. En 14 minutes (je suppose que Stallone ne se souvenait pas suffisamment du film pour faire plus), l'acteur dézingue la totalité du film (et le réal'), qui effectivement mérite bien cela. C'est un gros nanar, et Stallone en a pleinement conscience, appuyant notamment sur la nullité consternante des dialogues mais aussi d'une bonne partie de l'intrigue. Il n'empêche, le ton est sympathique et au fond très modeste, dans le genre "j'ai quand même tourné de ces trucs...", et qui conclut parfaitement le visionnage du film.

Pas lié aux bonus, mais ayant enchaîné plusieurs Vinegar Syndrome, leurs sous-titres laissent quand même à désirer. Outre le fait qu'ils poussent le côté "sourds et malentendants" assez loin (même la moindre poignée de mains a droit à un "Hands clapping"), la ponctuation, le découpage des lignes, et surtout la vitesse de défilement est franchement limite. Et sur Savage Harbor, une scène autour de la 28e minute voit ses sous-titres prendre d'un coup un retard qui ne sera jamais rattrapé. Du coup, une fois la scène finie, les ST reprennent au bon endroit, mais il manque les 2-3 dernières répliques de la scène décalée.

Point pratique : l'édition inaugure (avec Evil Town) une nouvelle collection chez VS, nommée VS Archives, qui vient avec "simplement" un packaging différent des autres éditions limitées VS. Au lieu d'un fourreau cartonné classique, c'est ici un fourreau en carton dur (à la Arrow), ouvert uniquement en bas, et numéroté à la main sur la tranche supérieure. Contenu disque normal par rapport à une édition VS classique, à ceci près que le menu est monté sur un énorme logo "VSA".
Quelques photos ici et .

EDIT :
Boubakar a écrit :Climax : Et le gros morceau est une discussion de 37 minutes entre Gaspar Noé et Jan Kounen passionnante, car ça ressemble en gros à ce qu'on fait sur le forum à savoir parler des films, de leurs transferts, du passage aux différents formats vidéo (ou Jan Kounen reste un nostalgique du Laserdisc), une discussion de café qui est un véritable plaisir à suivre. On note que si Jan Kounen est un grand bavard toujours souriant, Gaspar Noé semble tout le temps stressé ou sous pression, parlant très vite sous sa moustache.

Je n'avais regardé que le bonus de Tom Kan, mais la discussion de café est effectivement très ressemblante à ce qu'on raconte ici. :lol:

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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar moonfleet » 13 juin 19, 14:17

En bonus du film Day of the Jackal/Chacal de F.Zinnemann ( Elephant ), il y a un bel entretien, biographique et filmographique, avec Michael Lonsdale (1/2h environ) Image

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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar Boubakar » 13 juin 19, 22:14

Le cavalier électrique : le blu-ray propose deux bonus, réalisés par Robert Fischer. Le premier, et le plus intéressant, est une interview de Bernie Pollack, le frère du réalisateur, et qui fut costumier pour le film. Après une première partie où il revient sur son parcours, ayant eu quelques petits rôles au départ, il s'oriente vers l'habillement, puis vers le métier de costumier, en particulier pour Robert Redford au départ. Ce dernier aimait tellement son travail sur Les hommes du président qu'il l'exigea dans plusieurs de ses films en tant qu'acteur et réalisateur. Y compris pour ceux de son frère, Sydney, qui, de peur qu'on l'accuse de népotisme, ne voulait pas l'engager lui-même comme costumier.
La deuxième partie est davantage consacrée à Le cavalier électrique, où c'est le premier film où il fut réellement impliqué dès le scénario, en particulier dans la conception du costume de cow-boy de Redford, avec des petites boules électriques qui le recouvraient jusqu’au chapeau. Le méthode était si expérimentale, avec des batteries cachées dans les sangles du cheval et un câble traversant le dos, que ça provoquait des petites décharges électriques parcourant le corps de l'acteur.
Il évoque aussi Jane Fonda, très soucieuse de son apparence car comme elle sortait de Le syndrome chinois, où elle jouait déjà une journaliste, elle a voulu des vêtements de luxe, ce qui ne plaisait pas à Pollack réalisateur, mais l'exigence de l'actrice l'a finalement fait plier.
Après ce film, Bernie Pollack a travaillé, essentiellement, pour Robert Redford, puis Harrison Ford où il fut son costumier exclusif jusqu'à sa retraite après Morning glory.
Au final, les trente minutes passent assez vite, et c'est bourré de photos d'archives, tout comme le bonus suivant.

Qui est consacré à Conrad E. Palmisano, un des cascadeurs responsables de la poursuite automobile où deux voitures s'empilent. C'est une cascade qui a semble-t-il beaucoup effrayé Sydney Pollack, peu habitué à l'exercice, et Universal, qui en estimait le coût à 40 000 $, soit une véritable fortune. Finalement, grâce à un ingénieux système de bois coulissants, le système D, ça ne coutera que quelques centaines de dollars, pour un résultat qui impressionne toujours à l'image. Cascade qui est d'ailleurs commentée par Palmisano grâce à des photos d'époque.

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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar Boubakar » 20 juin 19, 17:07

Le blu-ray de Cache-Cash propose un documentaire d'une heure sur Claude Pinoteau, nommé Claude Pinoteau, par amour du cinéma, et qui peut être vu sur la page Vimeo du producteur ;
(lien LÉGAL)

Qui est un bon complément a son autobiographie :

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Re: Les derniers Bonus que vous avez vus

Messagepar odelay » 1 sept. 19, 22:48

Voici une incroyable scène coupée d'Arizona Dream. La partie intéressante commence à 4'16 jusqu'à la fin. Il s'agit d'un seul plan de 10 min qui fait donc toute une bobine. On imagine qu'il s'agit d'une fin qui a été par la suite abandonnée.
Dans cette scène tournée en sépia, Alex (Johnny Depp) a remplacé son oncle Jerry Lewis à tous les niveaux. Il dirige l'entreprise de vente de voitures, il est habillé comme le parfait américain de l'Arizona, mi country - mi "chic", et il épouse Millie, la jeune veuve de son oncle. C'est donc la scène de mariage et ça virevolte dans tous les sens, on ne sait plus où donner de la tête tant les acteurs bougent partout avec brio. On a vraiment l'impression d'y être et surtout de sentir l'ambiance. Et cet unique plan se termine avec l'apparition de Jerry Lewis avec un effet special fait en direct où une voiture descend de la lune (là où il avait été emmené au moment de sa mort) pour qu'il puisse venir saluer Depp.
Cette scène est peut être très belle et étonnante mais le film n'avait pas besoin d'elle et ç'aurait été finalement bien triste de voir ce jeune homme libre devenir ce vendeur de bagnole gominé tout droit sorti d'un épisode de Dallas.