Menu
Critique de film
Le film

Une vie de chien

(A Dog's Life)

Partenariat

Analyse et critique

A Dog’s Life est l’occasion pour Chaplin de mettre en parallèle le destin du vagabond avec celui d’un petit chien errant. Le "Vagabond" vole de la nourriture pour assouvir sa faim, dort sur un chantier et se bat avec des chômeurs qui le bousculent dans une agence de travail. Parallèlement, le petit bâtard vit dans la rue, chaparde sa nourriture et lutte contre une meute de molosses... Le parallèle est évident et Une vie de chien se présente certainement comme la plus mordante des satires sociales mises en image dans un court métrage du "Vagabond". La vision de la rue proposée par Chaplin y est particulièrement sombre : il n’y a aucune solidarité entre les pauvres (à ce titre, la scène du bureau d’embauche est exemplaire), les "policemen" sont toujours présents derrière une barrière avec une matraque prête à frapper et les riches demeurent totalement indifférents à la misère. Au cœur de cette jungle urbaine, Charlot rencontre une jeune femme employée dans un restaurant cabaret. Perdue au milieu de ce monde machiste, elle est traitée avec violence par un patron qui voudrait la voir aguicher les clients. Mais Charlot, avec son ingéniosité et sa tendresse, saura déjouer tous les pièges et emmènera sa belle à la campagne avec le petit chien. Ici, Chaplin propose un "happy end" qui contrebalance le propos désespéré du reste du récit. C’est d’ailleurs un cas assez rare dans la filmographie de Chaplin où bien souvent le final n’est jamais totalement positif. De A Dog’s Life, on retiendra surtout le premier tiers du film (jusque l’entrée dans le restaurant). Comme toujours, le jeu de Chaplin y est génial mais sa mise en scène est également ingénieuse et le message qu’il délivre est extrêmement touchant.

En savoir plus

La fiche IMDb du film

Dossier : les débuts de Charlot

Poursuivre les comédies First National avec Charlot Soldat

Par François-Olivier Lefèvre - le 22 janvier 2005