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Critique de film
Le film

Une journée de plaisir

(A Day's Pleasure)

Partenariat

Analyse et critique

A la différence de Charlot Soldat ou d'Une vie de Chien, ce métrage ne se présente pas comme une satire sociale, mais plutôt comme un terrain de jeu pour Chaplin et ses gags. On retrouve ici le Charlot de la période Essanay : pendant une quarantaine de minutes, la succession de situations rocambolesques plonge le spectateur dans un tourbillon comique. Le pitch : Charlot décide de passer une journée avec sa petite famille ; il tente de démarrer sa voiture et les mésaventures commencent !! Chaplin réalise alors quelques scènes mémorables comme celle du dancing sur un bateau ivre, le montage particulièrement ardu d’une chaise longue ou encore une bagarre avec un policeman dans le goudron. Les séquences de la chaise longue ou de la voiture récalcitrante sont particulièrement intéressantes car elles mettent en évidence le rapport conflictuel de Charlot aux objets : dans chacune de ces scènes, le vagabond livre un véritable combat contre ces symboles du matérialisme. Par extension, on peut y voir une lutte contre l’importance croissante donnée à la consommation dans une période d’industrialisation de notre société. Ce thème (qui prendra toute son ampleur dans Les Temps modernes) est une figure récurrente dans le cinéma de Chaplin. Le comédien montre souvent que les objets imposés par notre société peuvent être détournés de leurs fonctions premières. Pourquoi ne pas manger sa chaussure, faire danser des petits pains et une fourchette (La Ruée vers l’or), ou encore utiliser un fromage comme arme de guerre (Charlot Soldat) ? Quoiqu’il arrive, l’homme doit rester maître de son environnement !

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La fiche IMDb du film

Dossier : les débuts de Charlot

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Par François-Olivier Lefèvre - le 22 janvier 2005