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Critique de film
Le film

Un monsieur qui a mangé du taureau

L'histoire

"La collection Retour de flamme tire son nom d’un pari audacieux : sauver des flammes les films anciens tournés sur pellicule nitrate inflammable, pour faire découvrir au plus grand nombre des trésors insoupçonnés du cinéma. Nul besoin d’être spécialiste pour les apprécier : il suffit d’un écran, d’un bon fauteuil et d’une âme d’enfant pour retrouver le cinéma, en redécouvrant dans cette séance pas comme les autres des films qu’on croyait perdus, mais aussi des émotions originelles, simples et magiques. Découvrez dans ce premier numéro 15 courts métrages rarissimes jamais édités en vidéo ! Un tourbillon d’images françaises, américaines, allemandes et russes, sonores ou muettes, en noir et blanc et en couleur, tournées entre 1896 et 1948, vous feront traverser avec bonheur 50 ans de cinéma !" (4ème de couverture du DVD)

Analyse et critique

A l’époque de l’image numérique et du son DTS-ES et autre Dolby EX, quelle étrange idée peut germer dans la tête d’un collectionneur et chef d’une entreprise de restauration que de convier des gens à se réunir pour visionner des vieux films muets ou au son crachotant, au noir et blanc crapoteux et moisi, aux couleurs délavées par les outrages d’une étrange chimie destructrice insidieusement à l’œuvre depuis la création même de ces œuvres ? Oui, ce cinéma des origines porte la mort en lui, condamné dès sa création sans que ses géniteurs même s’en doutent. Mais pensaient-ils vraiment qu’ils travaillaient pour la postérité ? Ce n’est, en tout cas, pas le soucis majeur des producteurs et des diffuseurs de l’époque, qui n’hésitaient pas à détruire leur stock, sans le moindre état d’âme pour faire de la place.

Il faut bien garder en mémoire, à l’heure actuelle où le cinéma auréolé d’une légitimité artistique difficilement acquise chercherait à se défendre rageusement face à une industrie qui voudrait le rabaisser au rang de vulgaire divertissement pompe à pognon, qu’il est né avec la fin de la révolution industrielle et qu’il a tout de suite été exploité industriellement et commercialement. Paradoxalement, c’est peut être ce qui lui a permis de prétendre par la suite à ce statut artistique. Or donc, à cette glorieuse époque du cinéma balbutiant on ne se préoccupait guère de sa conservation. S’imagine-t-on que les Etablissements Léon Gaumont fonctionnaient selon le modèle d’une usine et que les acteurs étaient considérés comme des ouvriers de l’entreprise, soumis à la vindicte d’un patron tyrannique, payés à coup de trique, astreints à des heures de travail précises et n’ayant pas le choix des rôles qu’ils interprèteraient ? Autres temps autre mœurs qui paraissent si exotiques pour un médium qui n’a même pas cent dix ans !

Mais, 50 années de cinéma au moins sont inexorablement condamnées par le fait même qu’elles sont impressionnées sur un matériau hautement inflammable et oxydable: la pellicule nitrate.

Heureusement, il y a des gens insensés comme Serge Bromberg et son complice et associé Eric Lange pour avoir l’idée saugrenue de partir à la recherche de ces morts en sursis, de leur appliquer sinon une potion d’immortalité du moins tenter de retarder l’échéance, et, idée encore plus improbable, penser que nous, pauvres victimes du progrès, nous serons sensibles à ces témoins revenus du royaume d’Hadès et que nous nous laisserions de nouveau enchanter et porter par la magie potentielle de ces images révolues.

Et savez-vous le plus étonnant ? Le miracle s’est déjà produit 21 fois depuis la première séance publique de Retour de Flamme en 1992, allant jusqu’à réunir près de 3000 spectateurs au jardin des Tuileries en juin 2001. Et deux fois par an, en juin puis en novembre, le cérémonial se reproduit, multipliant le nombre d’adeptes… essentiellement parisiens, malheureusement.

Le DVD répare cette injustice par le biais de Lobster films, la société de ces deux doux dingues de vieilles péloches, qui tente de réitérer l’exploit grâce au support numérique, miroir aux alouettes d’une immortalité supposée atteinte par le transfert de myriades de nombres sur une galette dorée… Mais triste ironie du sort, ces mêmes galettes ne sont peut être pas à l’abri d’une éventuelle pourriture qui pourrait être insidieusement due à des choix dictés par des impératifs économiques des fabricants de ces petits disques, objets de vénération des cinéphiles. Comme, par exemple, une mauvaise résine qui s’oxyderait au contact de l’air et nous empêcherait de visionner ces bonheurs d’images que, doux rêveurs que nous sommes, nous croyions devenues éternelles. Décidément on n’échappe pas à la mort si facilement. Merci donc pour ce sursis inespéré. Carpe Diem, telle serait la philosophie de cette collection ?

L’objectif de ce premier DVD est toutefois clairement établi : tenter de retrouver le plaisir primitif de la diffusion de ces images qui nous sont aujourd’hui aussi exotiques qu’elles étaient nouvelles pour le spectateur de l’époque. Outre réveiller cette capacité d’émerveillement, le DVD se veut une petite leçon d’histoire du cinéma, sans douleur et pour toutes les générations. Je vous invite donc à une visite virtuelle de la grande parade du cinéma sur nitrate.

Mesdames et Messieurs ! Une histoire de trains…

Tout commence donc par des trains qui entrent en gare, des gens qui jouent aux cartes et des sorties d’usine… C’est l’époque des vues documentaires d’une durée inférieure à 1 minute, sans montage, en plan fixe. Passionnant, n’est-ce pas ? Tout ébahi de se voir en mouvement le public de l’époque ne se lasse pas de s’admirer projeté sur une toile. Les premiers producteurs de bobines filment les sorties d’usines et invitent les figurants d’un instant à venir vivre leur seconde de gloire à l’écran. Aujourd’hui que ressent-on à la vue de ces courtes bobines ? Une certaine mélancolie mais aussi une émotion à voir ces visages d’anonymes qui vivaient à une époque déjà lointaine et que le témoignage de l’image rend si proche (Arrivée d’un train 1897). Du quotidien le plus banal, l’œil attentif captera un tas d’informations sur la vie presque exotique de nos aïeux (Sortie d’usine 1896) ou sera ému par le souci du merveilleux grâce la technique du coloriage au pinceau qui faisait de chaque film une œuvre unique (Partie de Cartes 1896). Plus de cinquante années ont passé quand Georges Sadoul décide d’interviewer en 1948 quelques mois avant sa mort, Louis Lumière, sur sa création (Louis Lumière vous parle - 1948 - 3’20). Curieux document dont les images et les sons fortement désynchronisés (ils ont été enregistrés séparément à deux mois d’intervalle) qui a valeur de témoignage assez émouvant sur l’homme face à sa propre création, malade, annonant péniblement un discours écrit, où transparaît quand même la passion du chercheur pour sa technique.

Après cette mise en bouche sur les débuts du septième art, le programme attaque sérieusement la création cinématographique avec Stolen Jools (Réal. William McGann – 1931 – 17’10) un petit joyau à la distribution royale qui aurait fait rêver plus d’un réalisateur. Pensez donc : Laurel et Hardy, Buster Keaton, John Crawford, Gary Cooper, Douglas Fairbanks Jr, Maurice Chevalier, Wallace Beery, Edward G. Robinson, Victor McLaglen, George Sidney, Irene Dunne, Barbara Stanwyck ! Excusez du peu. La Paramount nous fait ici un véritable catalogue de son écurie. Outre le jeu amusant pour tester votre cinéphilie, qui consiste à essayer d’identifier les différentes vedettes avec certitude, ce court-métrage bien ficelé regorge de petites trouvailles hilarantes. Une scène qui aurait pu manifestement avoir inspiré Le Corniaud (la voiture de Laurel et Hardy va elle aussi beaucoup moins bien marcher), des paires de claques distribuées pour un motif inconnu, un serveur de restaurant Suédois souffre-douleur… des dialogues absurdes à l’emporte pièce que l’on croirait écrit par Groucho Marx, et des acteurs qui manifestement prennent plaisir à venir jouer leur petit sketch. Même si le scénario est mince comme un papier à cigarettes (le film est sponsorisé par Chesterfield) on s’amuse à cette pochade de luxe qui réunit le gratin d’Hollywood.

Mais remontons au début du siècle pour découvrir un de ces merveilleux exemples de tentatives d’introduction de la couleur avec L’Ecrin du rajah (Gaston Velle – 1906 – 6’10 puis 2’03) cette fois par une méthode qui va rendre le processus industrialisable et plus rentable : le pochoir. Le film choisi nous montre des séquences à l’orientalisme et à l’onirisme certes désuet mais délicieux et toujours merveilleux pour le plaisir des yeux. Ces mises en couleur dégagent une poésie certaine à la fois par leur côté irréel mais aussi par le désir affiché de séduire le spectateur par une composition qui rappelle les enluminures médiévales. Lobster nous propose à cette occasion deux versions de ce film (l’une complète et l’autre fragmentaire) pour nous montrer deux techniques de censure de l’époque : le maculage (rouge assez grossier, pour masquer les jambes et les poitrines des danseuses) et le grattage !

La naturalisme, la comédie, puis le merveilleux vont ensuite laisser place au documentaire et à la tragédie, celle qui marquera durablement les esprits et même le cinéma : le naufrage du Titanic (Titanic – 1912 – 10’) Ce "documentaire" a pour principal voire unique intérêt de démontrer que TF1 n’a pas inventé la science du bidonnage grossier de reportage. Puisqu’il ne s’agit pas de vraies images du Titanic mais d’un autre bateau de la même compagnie et dont le nom a été grossièrement gratté pour empêcher son indentification, ces images étant ensuite mêlées à des images authentiques du Carpathia, qui participera au sauvetage des survivants. Visite guidée du bateau relativement sans intérêt, sauvée par les pitreries de l’équipage du Carpathia tout fier d’être filmé pour le cinéma. Tout cela se passe à quai. Une curiosité certes mais pas très passionnante.

Mais revenons à la comédie, pour une apparition Historique du personnage qui marquera pour longtemps l’imaginaire de nombreuses générations de spectateurs : Charlot ! Dans Kids auto races in Venice (Henry Lehrman – films Keystone – 1914 – 6’15), deuxième film de l’acteur, Chaplin va "créer" sous nos yeux le personnage de ce vagabond obstiné et frondeur au grand cœur. L’argument est mince et le sujet d’un humour bien désuet qui n’arrachera que quelques sourires mais le film est chargé d’émotion pour tous les cinéphiles assistant à la naissance d’une légende du cinéma. Charlot, lors d’une courses de voiturettes dans un parc d’attraction a décidé de monopoliser l’attention et de cabotiner devant la caméra qui filme les évènements jusqu’à provoquer l’énervement le plus total des opérateurs. On voit comment Chaplin est en train de tester et de construire son personnage sous nos yeux (personnage qu’il avait créé pour le music-hall), ce qui rend ce petit film fascinant pour le spectateur d’aujourd’hui et emportera l’adhésion du studio qui n’avait pas du tout été convaincu par la première prestation de Chaplin devant une caméra.

Retour à la case documentaire avec Meet me down at Coney Isle (Fox Movietone – 1932 – 8’10) Entre le documentaire et le film de promotion voici une ballade découverte d’un des lieux mythiques de New York, la fameuse Coney Island. On commence par ses plages couvertes de monde, grâce à un stupéfiant travelling pris d’avion qui montre que les plages de la côte d’azur en plein mois d’Août peuvent être considérées comme désertes par rapport à celles-ci ! Puis on se rend dans le célèbre parc d’attraction immortalisé dans de nombreux films dont le Annie Hall de Woody Allen. On découvrira dans ce film un étonnant jeu de lancer de balles pour faire glisser des porcelets sur un toboggan, et des images au cadrage audacieux sur le fameux roller coaster qui fascine toujours les américains. Un montage dynamique et des angles de vue originaux font de ce documentaire principalement sonorisé (les commentaires sont encore sous forme de cartons alors que la prise de son est directe) un agréable moment de cinéma.

Mais attention, Mesdames et Messieurs, voici le clou du spectacle, celui pour lequel vous ne regretterez pas d’être venu ! La fièvre des échecs (Poudovkine – 1925 – 17’) Un court-métrage russe burlesque, petit chef d’œuvre d’humour du grand théoricien du cinéma Poudovkine (dont nous vous parlions dans la chronique de L’homme à la caméra, de Vertov), rare exemple de film comique russe, hommage au "splastick" américain. Un jeune homme atteint d’une passion pathologique pour les échecs oublie l’heure de son mariage. La fiancée excédée rompt avec le joueur invétéré et découvre avec horreur que la folie des échecs semble avoir gagné l’ensemble de la population.

De nombreux éléments contribuent à faire de ce film une réussite. En premier lieu, le montage alerte et inventif qui bénéficie de toutes les recherches de cinéastes russes de cette époque, reconnus aujourd’hui comme de grands maîtres de la science du montage. Mais aussi des acteurs extrêmement expressifs, au regard fiévreux, et au jeu survolté, qui semblent vraiment atteints de cette folie dévorante du jeu. Puis il y a l’écriture et l’invention des situations, comiques, décalées voire surréalistes. Cet homme est tellement passionné des échecs que son écharpe, sa casquette, ses chaussettes et son mouchoir son quadrillés, et peuvent servir éventuellement de terrain de jeu, sans parler des nombreux échiquiers de toutes les tailles qu’il dissimule tel un prestidigitateur, sur sa personne. Étourdissant de trouvailles et de drôlerie, ce court-métrage vous procurera la joie et le plaisir simple que savent procurer les meilleurs burlesques américains et répondra à une interrogation existentielle : l’amour est-il plus fort que les échecs ?

Après le délire du jeu, le délire éthylique qui entraîne ce Pompier des Folies Bergère (1928 - 7’40) dans un délire érotomane complet. Pompiers, voyageuses, femme de ménage, curé , se transforment sous ses yeux en jeunes femmes dans la tenue d’Eve, jusqu’à la douche froide salutaire. Ce petit film de promotion étonnant et amusant, fait l’apologie des girls de la revue et met en scène la coqueluche de la Revue Nègre, Joséphine Baker herself. Quelques jolis effets visuels et de transparence viennent agrémenter un montage alerte pour cette joyeuse pochade libérée.

Maintenant, fini de rire les amis, il est temps de se pencher sur la condition de la femme, sa solitude, l’amour bafoué qui tourne à la tragédie, grâce à la célèbre Germaine Dulac, la deuxième réalisatrice française du cinéma et avant-gardiste à la pointe du combat féministe. Dans celles qui s’en font (1930 – 6’40) elle explore la thématique féministe en mettant en scène deux chansons qui se répondent (Toute seule et A la dérive) et décrivent des situations de femmes qui sont victimes de leur soumission à l’homme. Le travail de recherche formelle (qu’elle intitule joliment "‘impressions cinégraphiques") est intéressant, même s’il peut parfois paraître un peu conventionnel aujourd’hui, mais est emprunt d’une nostalgie et d’une force de suggestion qui continue d’agir. Germaine Dulac s’attarde admirablement sur le personnage de femme victime mimée par Lilian Constantini, au visage très émouvant et expressif. Cet ancêtre des scopitones sous Prozac est une curiosité rare de la filmographie de la réalisatrice et sans doute son dernier film.

Nous franchissons maintenant l’autre côté de l’Atlantique pour aller visiter l’un des nombreux chefs-d’œuvre d’un célèbre maître des effets spéciaux et de l’animation, Georges Pal. Tulips shall grow (1942 – 7’) est un film d’animation qui utilise la fameuse technique d’animation de marionnettes en bois, image par image que Pal a baptisé astucieusement le Puppetoon. Une VHS parue il y a quelques années, et aujourd’hui introuvable, nous présentait une passionnante compilation de ce travail merveilleux et fascinant de précision et d’invention. Ce court métrage permettra de découvrir dans un somptueux technicolor, et dans une copie excellente, cette jolie petite histoire d’amour qui est aussi, en passant, un film de propagande allégorique qui se termine par le V de la Victoire. Deux jeunes hollandais se font la cour quand l’armée des boulons cinglés attaque par surprise et ravage le pays, mais l’amour et la foi vaincront. On retrouve dans ce petit film toute la poésie naïve des effets spéciaux créés par ce réalisateur et qui enchantera des générations avec son adaptation de "la machine à voyager dans le temps". Un film pour tous les âges, témoin d’un artisanat et d’un amour pour l’animation qui influencera de nombreux réalisateurs.

"And now, ladies and gentlemen", deuxième clou du spectacle, avec une comédie à vous faire hennir de rire, mettant en scène le grand Charley Chase sous la brillante direction de Leo McCarey, Might like a Moose (1926 – 22’45). Il s’agit pourtant d’un scénario hautement improbable et dont la dimension comique ne peut être atteinte que grâce au talent comique de ce duo de choc. M. Moose a pour son plus grand malheur, les dents du bonheur, quant à Mme Moose elle tente de faire concurrence à Cyrano de Bergerac. L’un et l’autre vont entreprendre en secret une chirurgie esthétique qui va les rendre méconnaissable, au point qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre en croyant plonger dans les délices de l’adultère. Quiproquos et scènes de chassé-croisé particulièrement bien minutées vont les empêcher de découvrir la vérité avant la fin du film. Nous sommes en présence d’un joyau comme savait les produire Hal Roach, qui eu la fine fleur du burlesque américain dans son studio. La collaboration entre Chase, qui fait partie de la veine des comiques élégants et stylés, et McCarey qui fait preuve de ce sens du rythme et de l’écriture qui caractérisent ses comédies (les cartons donnent une idée assez précise de cet humour parfois absurde qu’il aime à cultiver et qui trouvera son apogée avec les Marx Brothers), fait des merveilles. On ne s’ennuie pas une seconde à cette délirante farce qui joue manifestement avec l’intelligence complice du public. Plus la situation est grosse et plus l’humour devient fin, et allusif, et ceci dans un crescendo dont on se demande où il s’arrêtera… L’un des deux films majeurs de ce programme, qui justifient à eux seuls l’achat de ce DVD.

Mais nous allons bientôt arriver, Mesdames et Messieurs, à la conclusion de notre spectacle avec une production française dont on ne sait s’il faut s’esclaffer devant le génie comique de la chose ou bien être agacé voire atterré par la monumentale bêtise du commentateur ? Un monsieur qui a mangé du taureau (Eugène Deslaw – 1935 – 6’50) nous conte la folie d’un bourgeois qui ayant mangé du taureau en promo, enfile des cornes pour embrocher tout son voisinage. Seuls des toreros dépêchés d’Espagne pourront mettre fin à sa folie. Le scénario est déjà gratiné, mais ce qui fait la particularité de ce court-métrage, c’est la personnalité de son acteur principal, un nommé Bétove qui se désigne comme clown musical et improvise totalement la bande son dans un commentaire lâché à la vitesse d’une mitraillette et qui part dans des délires vertigineux et des borborygmes sonores dignes d’un enfant de dix ans, alternant avec un comique troupier qui laisse perplexe le spectateur d’aujourd’hui. Il eut un retentissement considérable à son époque et, c’est avec une curiosité teintée d’indulgence mais aussi d’agacement qu’on regardera ce petit film que l’on peut qualifier "d’ovniesque" (et curieusement popularisé récemment par des diffusions fréquentes dans les cases Surprises de la chaîne cryptée Canal+), tant on se pose la question de savoir si cela confine au génie burlesque ou à la bêtise la plus crasse. Nous vous laissons seul juge.

Et voilà, Mesdames et Messieurs, et vous aussi les enfants, nous espérons que vous aurez fait un voyage passionnant au pays de la création cinématographique au temps de sa jeunesse. Un voyage magique, capable de générer encore de l’émerveillement, de l’étonnement, du rire et de l’émotion, en tout simplicité grâce à la passion de ces deux collectionneurs partageurs hors du commun.

Messieurs Lange et Bromberg, un seul mot : Merci !

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Par Majordome - le 13 juin 2004