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Critique de film

L'histoire

Matson et sa bande de hors-la-loi tentent tant bien que mal de piller une diligence, en sachant qu’il s’y trouve une sacoche contenant 100 000 dollars. Ils sont mis à mal par deux voyageurs, Zack Thomas (Frank Sinatra) et Joe Jarrett (Dean Martin) qui, une fois les attaquants mis en fuite, se battent à leur tour pour s’approprier l’argent (dans une séquence qui préfigure assez le duo Tuco/Blondin dans le troisième opus léonien des dollars). C’est Jarrett qui a le dernier mot et qui se fait la malle avec. Peu de temps après, ils se retrouvent tous deux à Galveston où Joe s’achète un bateau à aube qu’il souhaite transformer en maison de jeu. Mais Zack, toujours furieux de s’être fait déposséder, compte bien récupérer sa part du butin et empêcher le bon déroulement de l’inauguration du "casino" de son rival. Quant au banquier Burden, escroc notoire qui a contribué à faire de Zack un homme important et dont l’argent de Joe est désormais entreposé dans ses coffres, il prévoit de les doubler tous deux. Un embrouillamini qui se terminera par une titanesque bagarre générale dont nous devinons aisément l’issue...

Analyse et critique

Après trois chefs-d’œuvre de la trempe de Bronco Apache (Apache), Vera Cruz et El Perdido (The Last Sunset), il est compréhensible que ce quatrième western de Robert Aldrich ait pu faire peine à voir surtout pour les fans du réalisateur. Nous sommes néanmoins assez éloignés de la pantalonnade annoncée, même si la dernière demi-heure n’est pas avare en insupportables séquences qui se voudraient comiques mais qui ont du mal à nous arracher un sourire, tel ce sketch incongru et pénible des Three Stooges dont nous nous serions volontiers passé. Auparavant, excepté les problèmes de digestion de l’agaçant Victor Buono, le comique reposait heureusement plus sur la nonchalance de nos deux membres du Rat Pack qui s’en donnent à cœur joie dans la muflerie et la "coolitude", bien soutenus par leurs deux partenaires féminines, Anita Ekberg et surtout Ursula Andress dont la première apparition après une heure de film n’a aucunement à rougir au niveau de la sensualité face à cette autre célèbre apparition dans James Bond contre Dr No.


Ce quatuor d’acteur s’amuse et arrive à nous divertir par la même occasion. Charles Bronson fait aussi montre d’une belle présence dans la peau du vilain de service. L’interprétation d’ensemble est donc le point fort de ce western humoristique ; c’est heureusement ça de gagné car le scénario, moyennement bien rythmé, laisse à désirer, chaque scène étant bien trop étirée sans réelle raison valable. Quant à Aldrich, il fut souvent bien plus inspiré même s’il nous fait montre de son efficacité légendaire dès le début du film avec cette spectaculaire poursuite de diligence parfaitement menée. On imagine aisément qu’après l’éprouvant Qu’est-il arrivé à Baby Jane, le gros Bob eut besoin de se délasser mais on eut souhaité qu’il le fasse avec plus de conviction car même la fameuse séquence de bataille finale aurait mérité une attention plus soutenue de sa part, sa mise en scène paraissant alors cafouilleuse et paresseuse malgré les moyens mis en œuvre (voir la featurette promotionnelle en bonus).


Tel quel, le résultat demeure néanmoins assez divertissant grâce à son ambiance bon enfant, à condition de ne pas trop en attendre. Voir Sinatra et Dean Martin redoubler de roublardise pour arriver à leurs fins est toujours aussi réjouissant. Et la beauté d’Ursula Andress est loin d’être déplaisante non plus ; toutes ses scènes en duo avec Dean Martin se révèlent d’ailleurs les plus légères et drôles du film. La photographie riche en couleur d’Ernest Laszlo et la musique agréable de Nelson Riddle aident encore à nous faire passer un moment bien sympathique cependant aussitôt oublié dès le générique final. Rares sont les westerns comiques à être restés dans les annales et pour cause ; celui-ci ne fait pas obstacle à la règle, seul George Marshall ayant pleinement réussi (et par deux fois) dans cet exercice difficile avec les excellents Femme ou démon (Destry Rides Again) et La Vallée de la Poudre (The Sheepman).

En savoir plus

La fiche IMDb du film