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Critique de film
Le film

Lily la tigresse

(What's Up, Tiger Lily?)

L'histoire

L’agent secret japonais, juif, Phil Moskowitz tente de s’emparer de la recette de la salade d’œufs durs, recette dont dépend le sort du monde, mais il aura fort à faire face à une bande de yakuzas qui veut sa peau.

Analyse et critique

Vous n’y comprenez rien ? C’est normal ! Sommes nous bien dans un film de Woody Allen ? Oui ! Enfin presque…

Replaçons les choses dans leur contexte. Nous sommes en 1966, en pleine période psychédélique et Woody Allen, comique très populaire aux Etats-Unis vient d’écrire et de jouer dans deux films typiques de l’époque, What’s new pussycat et Casino Royale, et les patrons de la compagnie ‘American International’ achètent les droits d’un film japonais intitulé Kokusai himitsu keisatsu : kagi no kagi réalisé par Senkichi Taniguchi. Le film surfe sur la vague des films d’espionnage à la James Bond Mais n’arrivant pas à distribuer le film tel quel, ils contactent Woody Allen et lui demandent d’en faire la post-synchronisation en lui donnant carte blanche. Alors, aidé de quelques proches collaborateurs, dont sa femme de l’époque Louise Lasser, Allen a l’idée de retirer certaines scènes du film original, d’en tourner de nouvelles et surtout d’en modifier totalement son sens en introduisant des dialogues totalement hors sujet par rapport à ce qui se déroule à l’écran ! Le résultat final est Lily la tigresse (également appelé La première folie de Woody Allen).

Après une brève introduction de Woody Allen en personne et un générique très inspiré, le film débute, et force est de reconnaître qu’on n’y comprend pas grand chose : les scènes s’enchaînent sans aucune cohésion entre elles et il ne faut pas chercher à déceler un semblant d’histoire.

L’unique force - toute relative - du film, vient bien sûr, des dialogues totalement barrés, qui donnent lieu à au moins une scène anthologique dans laquelle les protagonistes tentent d’ouvrir un coffre fort et où l’un des acteurs entame une imitation de James Cagney, suivie d’une autre de WC Fields. On retiendra aussi quelques trouvailles visuelles comme ces mains en ombres chinoises se baladant sur l’écran, mais malheureusement, malgré la faible durée du film (76mn), le spectateur risque de souvent s’ennuyer devant ces aventures finalement peu palpitantes. Woody Allen lui même a tenté de faire interdire la sortie du film, jugeant le résultat calamiteux, mais il abandonne ses poursuites aux vus des critiques élogieuses et de l’accueil chaleureux du public.


Ancêtre du grand détournement, le film est loin d’être incontournable dans la filmographie de Woody Allen, mais tout fan du Monsieur doit l’avoir vu au moins une fois, ne serait ce que pour le très joli strip-tease final de la playmate China Lee. A noter enfin que Woody Allen a fait appel à un groupe de pop, les "Lovin’ Spoonful" pour la partition musicale ! On est bien loin des accompagnements Jazzy de ses futurs films.

En savoir plus

La fiche IMDb du film
Par Joshua Baskin - le 26 février 2003