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Critique de film
Le film

Les Sacrifiés

(They Were Expendable)

Partenariat

L'histoire

Les premiers jours de la guerre du Pacifique, à travers une flottille de lance-torpilles commandée par les lieutenants John Brickley et Rusty Ryan. L'une de leurs missions est d'escorter le général Douglas MacArthur. Le film traite également avec beaucoup de réalisme de la déroute des alliés philippins et des troupes américaines aux Philippines...

Analyse et critique

Les Sacrifiés n'est pas seulement un très grand film, c'est aussi une preuve parmi d'autres que John Ford était certes un personnage de paradoxes, mais très clairement pas un pro-militariste. Il l'a prouvé bien des fois, notamment dans ses westerns, et l'on pensera tout particulièrement aux Cavaliers, film symbole d'une guerre de Sécession qui oppose des frères en armes d'une même nation. Et pourtant, il a fallu longtemps en France pour admettre le caractère humaniste de l'approche fordienne concernant la question de l'engagement armé. L’occasion de revenir un instant sur ce débat dont on n’a curieusement pas encore déterminé l’issue à l’heure actuelle. Il convient de préciser que les inclinaisons politiques de l'homme ne l'ont guère aidé à être considéré à sa juste mesure. Rappelons tout d'abord que Ford a été démocrate avant d'être républicain. Précisons ensuite qu'être républicain dans les années 1950 et 1960 n'est absolument pas la même chose que d'être républicain de nos jours. Les temps changent, les époques passent, le point de vue contextuel de la politique nécessairement aussi. Comme beaucoup de cinéastes américains, il n'appartenait pas à une chapelle en particulier, mais obéissait à des valeurs acquises au cours de son existence. Or, il existe encore aujourd'hui dans l'Hexagone cette tendance un peu trop binaire à concevoir la politique américaine de la même façon que la politique européenne et, disons-le franchement, française avant toute chose. La tradition gauche / droite francophone a un peu trop tendance à servir de base contextuelle quant à la compréhension des politiques extérieures qui nous parviennent. Ne dit-on pas souvent que tel cinéaste américain des années 1970 est de gauche (Sidney Lumet, par exemple), ou que tel autre est de droite (Don Siegel, par exemple) ? Cependant, cette tendance à affirmer une dichotomie claire et sans grande nuance ne représente pas bien les idéaux américains, plus ambigus que ce que l'on peut en penser au premier abord. Il n'y a aux USA ni gauche ni droite, mais deux partis libéraux. Grossièrement (car nous ne ferons pas d'analyse politique en ces lignes), les démocrates sont des libéraux pragmatiques à tendance régulièrement sociale, tandis que les républicains sont des libéraux protectionnistes à tendance conservatrice. En quelque sorte une droite et une droite dure. Et indiquons aussi que les liens entre les deux partis sont légion. Donc faire de la vision politique et sociale d'un cinéaste américain le produit d'une réflexion purement basée sur une conception française de la chose relève du contresens. Dire de John Ford qu'il était un pur réactionnaire est à peu près aussi erroné que d'affirmer que Sam Peckinpah était un anarchiste.

Ford, comme beaucoup de cinéastes américains, avait des tendances issues des deux bords. Et son amour pour l'armée, puisqu'il est également question de cela dans Les Sacrifiés, n'a strictement rien à voir avec une quelconque obédience pro-militariste. Là encore, la dichotomie dessinée à cet effet a rapidement atteint ses limites. Ford s'est engagé auprès de l'armée durant la Deuxième Guerre mondiale, et a soutenu l'effort de guerre avec une conviction chaque jour renforcée. Pour autant, s'il a soutenu l'armée sur le terrain, il n'a jamais montré la guerre sous un angle radieux, ni exhorté quiconque à tuer qui que ce soit. Ses participations cinématographiques à cet effet sont là pour le prouver. Son exceptionnel documentaire sur la bataille de Midway (The Battle of Midway, en 1942) démontre bien la subtilité de son point de vue. (1) Il y regarde le courage des militaires, l'importance de leur professionnalisme, la bravoure du Corps, mais aussi leur mort potentielle, soudaine et violente, et la tragédie de leur finitude. Filmé caméra à l'épaule par le cinéaste lui-même (en 16mm), on y voit les combats, âpres et sans merci, ainsi que la mort, avec les cadavres présents ici et là. Ford perdra en l'occurrence un œil durant les combats, un élément qui ajoutera encore à sa légende une fois le retour du cinéaste à Hollywood entamé. (2) Ce documentaire, étonnamment réaliste et anti-propagandiste si l'on songe au contexte qui y était à l'inverse très favorable, demeure un outil parfait, quoique incomplet, pour rendre compte du point de vue fordien sur la guerre. Et c'est en grande partie cela qui donnera sa maturité au film signant son grand retour aux affaires hollywoodiennes, Les Sacrifiés. Ce dernier permet à Ford de déclarer toute son affection pour le corps militaire, exaltant le courage et l'humilité de ces hommes rompus aux galères insurmontables, fustigeant l'objet tragique de leur terrible tâche et optant pour des comportements tournés vers l'esprit de camaraderie, de survie et de sacrifice. Ford aime et admire l'armée, oui, mais déteste la guerre.

Les Sacrifiés est un film essentiel dans l'histoire du cinéma hollywoodien, une date capitale du film de guerre et l'un de ses plus beaux représentants, toute époque confondue. Notons que l'année 1945 a vu arriver quatre films de guerre parmi les plus intenses, intelligents et subtils jamais tournés. Une preuve supplémentaire du regard sans cesse contemporain et mature des studios de l'époque, sans oublier une pointe de modernité qui perce toujours fièrement la cuirasse du code Hays du moment. Ainsi cette année-là vit naitre Aventures en Birmanie (Raoul Walsh, chez la Warner), Le Commando de la mort (Lewis Milestone, en production indépendante mais distribuée par la 20th Century Fox), The Story of G.I. Joe (William A. Wellman, en production indépendante mais distribuée par la United Artists) et donc Les Sacrifiés (chez la MGM). Quatre films de guerre aux sensibilités différentes, esthétiquement radicalement discernables et tournés vers plusieurs objets thématiques à la fois. Quand Aventures en Birmanie célèbre humblement le courage et la ténacité au-delà de toute raison en maximalisant la future nervosité du film de commando et en renouvelant l'efficacité de sa mise en images, Le Commando de la mort se contente d'être une balade mortuaire aux allures de marche sordide vers un absurde combat sans fin. The Story of G.I. Joe se concentre quant à lui sur la vie d'infanterie, avec un regard poignant sur la condition humaine, pour ainsi dire jetée en pâture aux contrées boueuses d’une Europe détruite. Condition humaine que l'on retrouve en fer de lance des Sacrifiés de John Ford, sorte d'œuvre apaisée mais résolue, présentant des situations à vitesse variable et les journées ordinaires mais dramatiques que vit l'armée américaine durant les premiers mois de la guerre du Pacifique. En cela, Ford offre un film absolument remarquable. En effet, Les Sacrifiés est tourné durant les derniers mois de la guerre du Pacifique et sort sur les écrans juste après la fin de celle-ci. Cependant, le film choisit de narrer les premiers temps du conflit, situés entre défaites à répétition et impossibilité à enrayer le processus du côté américain. Le ton est par conséquent brillamment donné : la guerre est gagnée, mais Ford rappelle instamment dans son film que cela n'a pas été facile, et encore moins une partie de plaisir. En ces heures d'humeur victorieuse dans laquelle les USA ressortent en devenant la première puissance économique mondiale, le cinéaste choisit la voie de l'humilité. C'est dans la victoire qu'il faut se rappeler des heures difficiles, afin de conserver un juste regard sur les choses. Le film sera évidemment mal compris du public de l'époque qui eut sans doute envie de suivre une autre idée. C'est par ailleurs à ce moment-là l'heure du triomphe pour le Film noir, le western et la comédie musicale, autant de registres passionnants et embrayant sur des questions diverses et variées. Les Sacrifiés possède néanmoins tout du film moderne, fin et rempli d'amour à la John Ford, avec son regard humaniste et ses motifs si émouvants, véritable réceptacle encore une fois de séquences d'anthologie, faussement ordinaires.

Car c'est de cela dont il s'agit, d'un film de guerre basé sur l'ordinaire du quotidien des soldats (3), et plus précisément ici à travers une flottille de lance-torpilles en constante évolution technique, et dont la pression retombe sur deux officiers incarnés par Robert Montgomery et John Wayne. La place secondaire du nom de Wayne au générique, comparée à celui de Montgomery (rappelons qu'il était une star depuis le début des années 1930), ne doit toutefois pas tromper le spectateur. Si Montgomery bénéficie sensiblement du premier rôle, c'est bien celui de Wayne qui demeure le mieux écrit et dirigé. Ford relègue faussement son poulain à l'arrière, un peu à la manière de ce qu'il fera avec L'Homme qui tua Liberty Valance, pour en réalité lui donner le plus beau personnage. Le reste de la distribution comprend une partie des copains habituels du cinéaste, dont un Ward Bond tout à fait remarquable, comme à son habitude, avec sa présence brute, trapue et tellement sincère. Les Sacrifiés ne prétend pas montrer autre chose que les premiers temps du conflit dans le Pacifique, avec ses incessants revers de fortune, ses tentatives désespérées d’inverser un peu la situation, et finalement l’évidence du désastre devant lequel le G.I. ne peut faire grand-chose. Qu’ils sont beaux ces hommes, du premier officier au cuisinier, ces hommes qui, comme l’explique largement le film, seront oubliés dans les méandres du cruel regard sélectif de l’Histoire. Les Sacrifiés sont ceux qui ont donné leurs vies et leurs tripes pour un idéal qu’ils ne verront jamais. Ford ne brosse pas le portrait des héros que l’on célébrera dans les encyclopédies, il narre simplement les journées longues et ingrates de ces hommes et de ces femmes qui disparaitront dans la poussière, de par un héroïsme modeste, discret, presque invisible et inconscient, de ceux qui préparent le terrain aux grandes revanches, aux grands retours. On ne cesse de suivre ce petit régiment de torpilleurs, peu à peu réduits à rien, ou presque. Les bateaux brûlent et coulent, explosent et se mêlent au vent. Les hommes meurent et s’enterrent dans l’oubli. Ils étaient "sacrifiable", remplaçables, comme le dira le magnifique titre original (They Were Expendable). Et c’est bien pour cela, et pour toutes ces vies perdues au nom de quelque-chose qui les dépassaient toutes et tous, que Ford leur rend la postérité qu’ils méritent. Sans entrain, sans espoir, mais toujours, quoi qu’il arrive, avec cette étincelle de fierté dans les yeux de ces personnages qui fixent le ciel. Car de là viendra la lumière qu’ils auront su préserver par leur sacrifice.

Alors oui, qu’ils sont beaux ces hommes. Mais pas dans la guerre. Plutôt dans la survivance, sans jamais se plaindre, en ayant toujours conscience de leur terrible destinée. Avec leurs vestes ouvertes, leurs chemises trempées de sueur, leurs barbes naissantes et leurs yeux abattus cherchant encore une énième ressource en scrutant ces cartes géographiques fatiguées desquelles doivent encore sortir des missions improbables, tantôt suicidaires, tantôt disgracieuses, sans un seul gramme de gloire au bout du compte. John Wayne et Robert Montgomery ont rarement été aussi beaux, aussi "natures". Le premier n’a de cesse de bouger, s’énerver, chercher en lui la force de se révolter. Une force vive, au physique d’une solidité à toute épreuve, capable d’endurer plus de 40° de fièvre, marchant, courant, plongeant, nageant et portant ses hommes dans ses bras. Un homme à l’attitude scandalisée, avec ses accès de colère, ses égarements et sa rage de vaincre. Le deuxième, quant à lui, est bien plus mesuré, plus apaisé aussi. C’est l’officier responsable et droit dans ses bottes. Un personnage effacé mais charismatique, assumant toutes les difficultés avec un même regard désenchanté. Si Wayne montre encore un peu plus de ses talents d’acteur avec ce sublime personnage que Ford lui confie (avant les grandes heures qui débuteront avec la deuxième moitié des années 1940), Montgomery ne manque, le concernant, pas son retour à Hollywood. Ayant soutenu le conflit pendant quatre années, il participe ici à un film en tant qu’acteur pour la première fois depuis 1941. Il enfilera même la casquette de réalisateur durant la fin du tournage quand John Ford devra le quitter pour raisons de santé. Son respect artistique est tel qu’il est par ailleurs, comme le soulignait lui-même le cinéaste irlandais par la suite, impossible de percevoir où finit le travail de Ford et où commence le sien (qui ne doit cependant pas représenter plus de 10 % du film dans sa totalité). Montgomery aura notablement l’occasion de réutiliser son étonnante sensibilité de cinéaste débutant, non pas sur La Dame du lac (une fausse bonne idée avec son récit en focalisation interne, quoiqu'il nous faille souligner qu’il eut le courage de la tenter), mais plutôt sur Et tournent les chevaux de bois, un excellent et singulier Film noir de 1947.

Du reste, Ford enchaîne les séquences d’anthologie avec la précision d’un métronome. Parmi les quelques chocs esthétiques, fondamentaux et émotifs qui constituent ce curieux alliage de poésie fordienne et d’observation d’un réel tangible, citons par exemple l’incroyable scène d’opération chirurgicale dans l’obscurité. Malgré la coupure de courant due à une attaque extérieure, le médecin en chef continue d’opérer grâce à la faible lueur d’une lampe torche tendue par une infirmière au visage sculptural. La très belle Donna Reed offre une bien jolie performance, et ce avant La Vie est belle de Frank Capra et Un homme pas comme les autres de Michael Curtiz (dans lequel elle retrouvera à nouveau John Wayne). Son personnage d’infirmière dure au cœur tendre, filmée avec une très belle tendresse fordienne, rappelle au passage un autre chef-d’œuvre hollywoodien de 1943, à savoir Les Anges de miséricordes de Mark Sandrich (chez la Paramount), probablement le plus beau film jamais tourné sur la vocation d’infirmière en temps de guerre. L’occasion dans cette fameuse séquence aux lumières tamisées de percevoir encore une fois le fameux "regard John Wayne" (habité par un amour que l’on devine très ardent), et de former ensuite un couple très fort, presque instantané, tragique parce que trop court au sein du film. Il faut voir ces deux acteurs se donner la réplique à propos de leurs terres natales respectives, observant les lueurs du lointain (des tirs de cuirassés japonais) avec un sentiment de malaise et d’abandon à un rêve de "chez soi", un rêve d’Amérique. Presque chaque instant du film donne à voir l’individu au creux de la force collective, qu’il s’agisse d’un repas romantique en partie amicalement partagé avec les autres officiers et sous-officiers, d’une minute de repos sous une tornade d’eau retombant d’un ciel qui vient de recracher les débris d’un PT boat lessivé (superbe attitude de Wayne là encore, dans un geste d’abattement unique en son genre, les yeux perdus dans le vague) ou encore d’une colonne de gars, enserrés par un silence douloureux qui les fait assister au départ terminal de leur dernière navette, trop usée pour se battre encore, s’en allant dans un roulement cahoteux déchirant.

Et Ford n’en reste pas là, car il sait également concevoir d’incroyables scènes d’action à la véracité indiscutable. Ses PT boats survolent littéralement les flots, la plupart du temps dans des scènes nocturnes à la photographie admirable. On y observe de fait l’expérience du feu chez le cinéaste qui a bien vécu ce genre d’évènements et qui sait techniquement les retranscrire avec tout le chaos que cela demande. Tirs de mitrailleuses lourdes, combats inégaux avec des chasseurs frôlant les navettes, torpillages sacrificiels envers les croiseurs ennemis, prouesses de vitesse... Travelings latéraux et ondes marquées par la flamboyance terrible des explosions de navires en composent le sidérant et effroyable voyage esthétique. Le réalisateur démontre son éternelle capacité à utiliser le montage dès le tournage (dans son esprit), dès lors qu’il pense et réfléchit ses plans en amont afin de trouver une dynamique convaincante, et donc ici vraisemblable. Mais malgré tous ces efforts, c’est une fois de plus l’échec que montre Ford. L’échec d’une situation globale bloquée dans un processus de repli. Ces hommes, bière à la main, épuisés, écoutant la radio diffuser la débâcle américaine avec une véhémence cruelle, doivent pourtant continuer d’y croire. Avec toujours cette impression de faire le maximum en dépit de résultats continuellement négatifs. Ford filme le professionnalisme quasiment surréaliste de ces quelques mois d’incertitude et d’obscurité, pour enfin en extraire une poignée d’hommes qui rentreront au pays afin de relancer de nouvelles offensives, d’une manière ou d’une autre, qu’elles soient logistiques, matérielles ou bien combatives. A l’image de MacArthur rejoignant l’Australie pour y effectuer un nouveau départ vers la victoire, longue et coûteuse, il faudra bien que quelques hommes se séparent de leurs amis, de leurs frères d’armes, pour mieux les honorer par la suite d’une victoire arrachée au prix d’innombrables sacrifices. C’est pour cela qu’en ces heures de victoire américaine mondiale totalement hégémonique, Ford remet les pendules à l’heure et va jusqu’à ôter à ses hommes l’héroïsme qu’ils méritent pour mieux les renvoyer à leur boulot, leur savoir-faire qui, petit à petit, fera la différence. C’est cette armée-là que félicite aussi le cinéma de John Ford, ce Corps soudé dans l’adversité, oublié par le temps, élément essentiel que partage malheureusement également ce film au sein de l’œuvre fordienne habituellement considérée par la critique... Un film qu’il faudra pourtant bien remettre à sa place, celle qu’il a toujours méritée.

Car Les Sacrifiés demeure sans l’ombre d’un doute l’un des plus grands films de John Ford, au moins parmi ses dix ou vingt plus notables, de par sa qualité de film de guerre sentimental unique en son genre, ainsi que par la vision originale et résignée qu’il offre du conflit. Un film éminemment fordien, sorti de nulle part, avec ses personnages puissants et ses âmes mélancoliques, et doté de cette atmosphère si particulière, laissant ainsi le spectateur dans une songeuse et langoureuse apesanteur, à la fois désarmante et bouleversante.

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(1) Ce documentaire obtiendra par ailleurs l'Oscar du meilleur film documentaire.
(2) L'image du cinéaste, l'œil caché par un bandeau, est désormais devenu un classique de l'imaginaire hollywoodien. Il rejoint ainsi le club très fermé des cinéastes borgnes de l'âge d'or : Raoul Walsh, Fritz Lang et André DeToth.
(3) Le scénario est signé par Frank W. Wead, un personnage méconnu dont John Ford tirera un magnifique biopic en 1957, à savoir L'Aigle vole au soleil (chez la MGM), avec John Wayne dans le rôle de l’écrivain.

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Par Julien Léonard - le 9 février 2015