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Critique de film
Le film

Les Diables de Guadalcanal

(Flying Leathernecks)

L'histoire



Durant la guerre
du Pacifique, la vie quotidienne à Guadalcanal d’une escadrille aérienne des Marines ‘Les Wildcats’, ponctuée par les innombrables attaques japonaises. Deux officiers s’affrontent sur la manière de commander leurs hommes, l’inflexible commandant Kirby (John Wayne) et le tolérant capitaine Griffin (Robert Ryan).

Analyse et critique

Howard Hughes, producteur mégalomane de la RKO et passionné d’aviation, souhaitait réaliser un film à la gloire des Marines. Soupçonné de sympathie communiste en pleine période maccarthyste, Nicholas Ray, à la RKO depuis ses débuts avec Les amants de la nuit, accepte cette commande du producteur pour rentrer dans ses bonnes grâces. Il utilisera pour la première fois à cette occasion la couleur dont il deviendra par la suite un maître avec entre autres Johnny Guitar et Traquenard. Une autre première, il aura aussi le droit d’utiliser des images d’archives de l’armée pour les y intégrer à son film. Trois scénaristes dont James Edward Grant, scénariste habituel de John Wayne jusqu’à Alamo, travaillent sur le film.

Nous ne pouvons alors que déplorer ce ratage total pour lequel on ressent tout le long le manque de conviction de Ray qui n’a fait aucun effort dans sa mise en scène. On pourrait croire qu’il a été réalisé par n’importe quel tâcheron hollywoodien.
Le film qui aurait pu à la rigueur se justifier en temps de guerre comme outil de propagande pour remonter le moral des troupes ne trouve ici aucune justification : nous sommes en 1951 et même si la guerre froide est d’actualité, les Japonais n’y sont alors pour rien.
Les archives couleur de prises de vues réelles de combats aériens sont assez mal intégrées par le montage aux scènes de studio. Le scénario ayant demandé l’effort de plusieurs hommes n’aboutit malheureusement qu’à une suite de clichées et à une construction complètement inintéressante. Seule la scène du retour de John Wayne au foyer possède une certaine tendresse et l’on retrouve ici à un degré quand même mineur la patte du grand Nick.
L’interprétation n’est pas non plus à la hauteur : nous avons connu Robert Ryan et John Wayne beaucoup plus inspirés et seul Jay C.Flippen arrive à nous faire décrocher des sourires. Un film totalement terne sombrant la plupart du temps dans la médiocrité. Pas même réussi en tant que simple divertissement, l’ennui nous gagne assez rapidement.

Amateurs de ce poète romantique et lyrique de l’image, abstenez-vous afin de ne pas risquer de subir une cruelle désillusion.

En savoir plus

La fiche IMDb du film
Par Erick Maurel - le 15 novembre 2002