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Critique de film
Le film

Les Collines nues

(The Naked Hills)

L'histoire

Tracy (David Wayne) et Bert (Denver Pyle) quittent tout ce qu’ils ont dans l’Indiana - familles compris - pour aller prospecter de l’or en Californie en ce milieu du 19ème siècle. Mais sur place sont déjà présents des milliers de gold-diggers dont très peu semblent avoir fait fortune. La poussière d’or qu’ils arrivent à dégager quotidiennement ne leur sert qu’à survivre en se payant un frugal repas. Frustré, Tracy décide à un moment donné de changer de partenaire - Bert repartant bredouille - et de se mettre en cheville avec Sam (Keenan Wynn) et Willie (Jim Backus), deux escrocs sans scrupules qui se sont enrichis par la force et la violence. Mais, au bout de quelques temps, ne supportant pas ces méthodes, Tracy rentre au pays retrouver sa fiancée (Mary Henderson) et commencer une vie de fermier jusqu’à ce que la fièvre de l’or le reprenne : le voici reparti en Californie, laissant sa nouvelle épouse enceinte après lui avoir promis de revenir rapidement...

Analyse et critique

Une question me taraude au moment d’écrire sur The Naked Hills en me remémorant tous les autres westerns sortis cette même année 1956 comme le fait désormais systématiquement Patrick Brion lors de ses présentations en bonus des DVD Sidonis, surtout quand comme moi il n’est pas trop motivé pour parler du film au vu de sa piètre qualité. Quels charmes pouvaient bien trouver, quels plaisirs pouvaient prendre les spectateurs de l’époque à de telles miteuses productions lorsque tout au long de l’année ils avaient eu la chance de pouvoir précédemment voir d’aussi bons films que La Prisonnière du désert (The Searchers) de John Ford, La Loi de la prairie (Tribute to a Bad Man) de Robert Wise, La Dernière caravane (The Last Wagon) et L’homme de nulle part (Jubal) de Delmer Daves, Coup de fouet en retour (Backlash) de John Sturges, La Dernière chasse (The Last Hunt) de Richard Brooks, Le Shérif (The Proud Ones) de Robert D. Webb, Sept hommes à abattre (Seven Men from Now) de Budd Boetticher ou encore Le Roi et quatre reines (The King and Four Queens) de Raoul Walsh... pour ne citer que les plus mémorables ? Je cherche encore la réponse à la fin du visionnage de ce film, aussi indigent et anémié que pleurnichard et moralisateur.

L’histoire est celle d’un homme obsédé par l'attrait de l’or à tel point qu’il quitte tout à plusieurs reprises pour trouver le bon filon, laissant son épouse et son fils vivre seuls de leur côté pendant qu’il "gratte" les collines de Californie. Un postulat de départ pas nouveau mais pas ni plus bête ni plus inintéressant qu’un autre ; seulement, lorsque le scénario, les dialogues, la réalisation et la direction d’acteurs sont à ce point calamiteux, point de salut ! La responsabilité de ce navrant naufrage porte sur les seules épaules de Josef Shaftel qui produisit, écrivit et réalisa ce film. Violoniste et passionné par la musique, quelle mouche l’a donc piqué pour se rendre à Hollywood ? Il n’y aura heureusement pas sévi beaucoup ni longtemps, n’ayant derrière la caméra que deux films à son actif - un peu plus en tant que producteur - dont ce western de série Z aussi ennuyeux que fauché. Et puis voir des acteurs comme Mary Henderson, Jim Backus, Keenan Wynn ou Denver Pyle laissés en roue libre aux côtés d’un David Wayne mauvais comme jamais, c’est un peu triste ! Quant à James Barton, hormis le fait qu’il interprète ma foi pas trop mal la ballade du générique, préférons-lui dans le même style de rôle le succulent Walter Huston.

D'ailleurs, sur le thème de la soif de l’or qui rend fou, revoyez Le Trésor de la Sierra Madre de John Huston plutôt que cette parabole lourdement édifiante sans aucune qualité formelle, de plus ridiculement emphatique et plombée par une voix-off aussi inutile que pontifiante. Routinier, mollasson, sans aucun rythme ni la moindre action... on peut aisément passer notre chemin et moi ne pas perdre plus de temps à en parler !

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La fiche IMDb du film
Par Erick Maurel - le 21 janvier 2017