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Critique de film
Le film

Les Cavaliers

(The Horse Soldiers)

Partenariat

L'histoire

En pleine guerre de Sécession, le colonel Marlowe et son détachement de cavalerie nordiste se lancent dans un raid de sabotage en territoire ennemi. Durant le voyage, Marlowe s'oppose régulièrement au médecin militaire. Dans un périple, ils sont obligés d'emmener avec eux une aristocrate sudiste qui pourrait menacer le succès de la mission. Un autre antagonisme naît entre Marlowe et la Sudiste. Après maintes péripéties, ils arrivent à saboter la principale voie ferrée, à brûler train et coton. Poursuivis par les Sudistes, il font tout pour leur échapper...

Analyse et critique

A la fin des années 1950, John Ford et John Wayne sont tous deux au sommet de leur gloire. Ford a désormais une carrière légendaire derrière lui et bénéficie du respect inconditionnel de la profession. Wayne, pour sa part, est l’acteur numéro un du box-office américain depuis une décennie, sa popularité ne souffre aucune faille et traverse également les océans, déchaînant les foules jusqu’en Europe. C’est dans ce contexte favorable que ce duo réalisateur / acteur extrêmement prolifique, détenteur de quelques chefs-d’œuvre parmi les plus mythiques de l’âge d’or hollywoodien, s’investit dans un nouveau film destiné à remporter un grand succès en 1959. Or, pour la première fois de sa carrière, Ford annonce la mise en chantier d’un film tout entier concentré sur la guerre de Sécession, cette guerre civile fratricide entre les Etats du Nord et ceux du Sud, et qui traumatisa durablement les USA. Jamais une guerre ne fut plus meurtrière pour le pays par la suite. Il est étonnant pour un tel metteur en scène, passionné par cette page de l’Histoire, que ce projet n’arrive qu’au crépuscule de sa carrière et qu’il n’ait encore jamais affronté ce sujet, si ce n’est de façon indirecte (l’après-guerre, dans des films tels que Rio Grande ou La Prisonnière du désert). Et pourtant, John Ford est plus que jamais l’homme de la situation, comme le raconte William H. Clothier, directeur de la photographie qui a notamment souvent travaillé avec John Wayne : « Je n’ai jamais de ma vie rencontré un homme qui en savait autant sur la guerre de Sécession que Ford. Il peut vous citer le nom de tous les généraux des deux armées. Il connaît parfaitement tous les uniformes que portaient les soldats. Quand nous étions en extérieurs, il avait une caisse de livres plus grande que sa malle. » (1) Ford avait bien tenté l’aventure avec le projet avorté The Valiant Virginians, mais celui-ci avait finalement été rejeté par les studios. Ce sont les scénaristes John Lee Mahin et Martin Rackin qui lui apporteront le bon script, celui qui portera le titre Les Cavaliers (The Horse Soldiers) à l’écran. L’histoire est alors basée sur les exploits du colonel H. Grierson en 1863 qui, sur les ordres du général Grant, mena une brigade entière à près de mille kilomètres derrière les lignes ennemies, afin de détruire le maximum de matériel (à commencer par le circuit ferroviaire) et de détourner l’ennemi des intentions d’offensive de Grant en direction de Vicksburg. Un sujet passionnant et dont Ford saura sans aucun doute tirer la meilleure matière.

Malheureusement, le projet des Cavaliers ira de mal en pis, devenant rapidement une entreprise laborieuse pour le metteur en scène et son équipe. Tout d’abord, ce ne sont pas moins de six sociétés de production qui décident d’investir dans le film (dont les deux compagnies appartenant aux deux scénaristes-producteurs John Lee Mahin et Martin Rackin), ce qui rallonge les préparatifs et multiplie les exigences de part et d’autre. Ensuite, les deux stars censées jouer dans le film, John Wayne et William Holden, réclament 750 000 dollars chacun (ainsi que 20 % des bénéfices) sur un budget total de cinq millions de dollars. Ford touche quatre fois moins d’argent (et seulement 10 % des bénéfices), l’écart lui paraissant amer, d’autant plus qu’il avait lancé la carrière de Wayne en 1939 avec La Chevauchée fantastique. Mais le Hollywood des années 1950 a changé, et les stars gagnent désormais bien plus d’argent que les réalisateurs. Sur le tournage, Ford se montre difficile à vivre et ne supporte pas l’un des producteurs, Rackin. L’enthousiasme des débuts retombe très vite et l’entreprise devient vite agaçante et surtout fatigante. De son côté, John Wayne est très préoccupé par le projet de sa vie et qu’il s’apprête à tourner, Alamo, une superproduction de 12 millions de dollars (un immense budget pour l’époque) qu’il finance en grande partie de ses propres deniers (ce qui explique sans doute les velléités financières du Duke sur le tournage des Cavaliers notamment). Ce pur chef-d’œuvre d’une beauté à couper le souffle n’est pas encore tourné et les contrariétés s’annoncent déjà nombreuses.

Sa femme, Pilar, le rejoindra sur le tournage des Cavaliers afin de le soutenir. « Mon mari transgressa sa règle de ne pas boire sur les tournages, raconte Pilar Wayne. Holden, qui avait aussi quelques problèmes d’alcool, buvait régulièrement en extérieurs. Ford les sermonnait et souffrait lui-même parce qu’il ne pouvait pas se permettre de se joindre à eux. » (2) Les accidents s’enchaînent, Pilar affronte une crise de démence (elle sort alors d’une désintoxication suite à son abus de somnifères) et tente de s’ouvrir les veines, Patrick Ford se casse la jambe en faisant des repérages... Mais le pire est encore à venir. Un matin, lors du dernier jour de tournage en extérieurs, après quelques hésitations Ford décide de confier une cascade à son vieil ami Fred Kennedy, une simple chute de cheval. Kennedy, vieilli et pas très en forme, accepte et les caméras se mettent à tourner. La catastrophe se produit : le professionnel ne maîtrise pas sa chute et décède peu après, au beau milieu de l’équipe. Le choc est terrible pour John Ford qui ne s’en remettra jamais vraiment. Dès lors, le restant du tournage se fera avec un complet détachement de sa part. « Duke m’a dit que Ford semblait incapable d’oublier l’accident, raconte Pilar Wayne. Il se rendait responsable de la mort de Kennedy. Il s’est remis à boire et a perdu tout intérêt pour le film. » Quand John Wayne revint des extérieurs, il dit à sa femme : « Ford ne s’intéresse plus à rien. Il a l’air d’un homme vaincu. » (3) Les Cavaliers sortira enfin sur les écrans en juin 1959 et ne fonctionnera pas très bien auprès du public. Encore aujourd’hui, le film pâtit d’une mauvaise réputation et reste souvent désigné comme un John Ford très mineur.

Une injustice. Non seulement, Les Cavaliers est un film de Ford plus important que ce que l’on veut bien admettre, mais en plus il demeure avec le temps un petit chef-d’œuvre qu’il serait temps de reconsidérer à sa juste valeur. En premier lieu, il a souvent été admis que le film n’avait ni la beauté plastique des grands westerns du réalisateur ni la fulgurance de leurs personnages. Or, il est clair que si Les Cavaliers n’a pas une image aussi séduisante et marquante que celle de La Charge héroïque ou encore de La Prisonnière du désert (pour ne citer que ceux-là, afin de comparer uniquement avec d’autres films en couleur du cinéaste), c’est tout simplement parce que le film ne prend absolument pas la même direction esthétique et thématique que ses prédécesseurs. Les Cavaliers est un projet unique dans la carrière de Ford, il est en ce sens malvenu de le comparer avec des films qui ne gèrent pas les mêmes enjeux et ne s’articulent pas autour des mêmes types de personnages. Ici, il n’est par exemple pas question de retrouver Monument Valley. La guerre de Sécession a mis les valeurs de l’Amérique et la conquête de l’Ouest en suspens : les teintes sobres, tirant vers le marron et apparaissant plus sales et moins soignées ne font que souligner et traduire la guerre qui a par ailleurs lieu dans la boue, les sous-bois et les prairies ravagées. Il serait donc illusoire de s’attendre aux couleurs chaudes et aux décors naturels fabuleux auxquels Ford nous a habitué. Il sélectionne un cadre qu’il juge nécessaire à l’intrigue, parvient à créer une ambiance parfois oppressante et sous-tend également par-là les déchirements psychologiques qui vont animer les personnages principaux. Le colonel Marlowe n’est-il pas un officier traumatisé par la mort de sa femme, l’un des rares officiers issus d’une classe sociale défavorisée (il n’a pas fait West Point), déterminé à obtenir ce difficile équilibre entre la réussite de sa mission et la survie de ses hommes ?

L’interprétation de John Wayne et l’écriture de son personnage permettent de faire ressentir au spectateur tout le poids de cette responsabilité et des fâcheuses conséquences que la moindre erreur commise pourrait présenter. Marlowe est un officier constamment sur le qui-vive, tout à fait préparé à faire preuve de violence pour sauvegarder ce qui peut l’être. Moins ambigu que le Ethan Edwards de La Prisonnière du désert et moins chaleureux que le capitaine Nathan C. Brittles de La Charge héroïque, Marlowe n’en reste pas moins un superbe et complexe personnage de militaire torturé pour John Wayne, et personne d’autre n’aurait pu lui donner cette stature, ce charisme et cette humanité franche. Il est en outre à la fois le plus beau personnage du film, parce que le plus ténébreux et le plus terrible, car la destruction qu’il mène sur des voies ferrées va à l’encontre de son métier civil qui est d’en construire. Ou comment un homme pour qui le quotidien est de bâtir devient une arme de destruction à des fins guerrières. Face à lui, figure unilatérale mais contrepoint idéal, le major Kendall est un médecin uniquement tourné vers son propre devoir. Il résiste à la brutalité apparente de Marlowe et affiche ses propres desseins (sauver le plus de vie). Par son insubordination constante, par son opposition au caractère de Marlowe, il est tour à tour admirable mais aussi irritant. C’est là toute la magie de ce duel de personnages, aucun n’a jamais tout à fait tort ou raison. Il s’agit là de toute l’absurdité de cette guerre, où les missions menées ont plus d’importance que l’existence des hommes, et où les repères sont brouillés, empêchant quiconque d’occuper une place déterminée. Dans ce contexte, il est impossible d’espérer en ressortir totalement héroïque. Pour que la mission parvienne à son but, pour que la guerre s’arrête, il faut qu’il y ait souffrances et tueries. Le colonel Marlowe est plus que jamais ce militaire tourmenté, il n’a pas d’arme sur lui et évite l’affrontement autant que possible mais il n’hésite pourtant pas à lancer une charge désespérée contre l’ennemi afin de rejoindre le Nord. Tout plutôt que de tomber entre les mains de l’adversaire, tout plutôt que d’admettre l’échec d’un retour improbable, tout plutôt que de sacrifier ses hommes à cette mort-là. En humaniste modéré qui plonge invariablement ses mains dans une chair infinie de laquelle s’écoule sans cesse du sang, le médecin cynique et désabusé ne pouvait qu’inévitablement entrer en conflit avec cette figure de militaire autoritaire et faussement bornée.

Au milieu de tout cela, Constance Towers incarne Hannah Hunter, une jeune femme issue de l’aristocratie sudiste, et que l’on devine ruinée par la guerre de Sécession. Sa maison est belle, mais son âme s’est envolée devant les premiers coups de canons. Ce personnage, c’est le civil qui va peu à peu se rendre compte de l’horreur de la guerre. Forcée de suivre le détachement nordiste en tant que prisonnière de circonstance, elle fait elle-même son voyage au bout de l’enfer. Certes, l’actrice manque d’expérience et affiche parfois trop de sincérité dans la moindre de ses répliques, mais sa beauté simple fait bel effet et culmine à mesure que ses cheveux se défont. Sa candeur, que l’on devine en partie calculée, vole en éclat tandis que Marlowe avance dans sa mission. C’est tout d’abord le Sud qu’elle défend, puis finalement aucun des deux camps. La scène de sabotage à Newton Station traduit merveilleusement son trauma naissant, alors presque inconscient : Ford ne filme pas l’actrice en gros plan et lui offre un plan large dans lequel le regard qu’elle porte à ses mains (elle aide alors le médecin depuis des heures) n’est plus qu’un élément parmi d’autres. On peut mesurer la finesse de Ford dans la démonstration de l’irréparable, la brisure secrète qui se produit en quelques secondes et qui se perd dans la frénésie furieuse du moment. Pendant que le monde entier semble mourir autour d’elle, le spectateur remarque alors sa détresse et prend alors conscience d’un personnage finalement important dans l’intrigue, pour ne pas dire capital. Par la suite, la perte de son aide et amie Lucie (jouée par la championne de tennis noire Althea Gibson) sera la cause d’une désespérance à peine tempérée par les attentions de Marlowe. Il est par ailleurs très intéressant de noter que c’est la souffrance progressive des personnages de Marlowe et de Hannah Hunter qui va les conduire à tomber amoureux l’un de l’autre, alors qu’au départ tout les oppose. Ce schéma devenu classique dans l’histoire du cinéma hollywoodien est intelligemment traité dans Les Cavaliers, car il n’est pas le centre de l’intrigue. La mission et la vision de la guerre y sont décortiquées avec soin et les enjeux dramatiques sont tous presque exclusivement recentrés dessus. En cela, l’histoire d’amour vient en deçà, elle ne ressort progressivement que vers la fin, et surtout prend le temps de naître tout au long du périple, en ne décrédibilisant pas le reste de la trame diégétique. Les Cavaliers est donc un film de conflits moraux, avec ses personnalités désenchantées.

En outre, la forme n’est pas sacrifiée au fond, bien au contraire. Car Les Cavaliers ne manque tout d’abord pas de rythme, et sur près de deux heures l’ennui ne vient jamais jouer les trouble-fêtes. L’aura militaire s’estompe d’ailleurs à l’occasion, laissant davantage percevoir un western d’aventure. Les rebondissements sont assez nombreux pour que les séquences s'enchaînent entre elles sans temps mort, et le récit nous réserve même quelques passages relativement angoissants (l’arrivée en gare du train sudiste à Newton Station). Enfin, la poésie fordienne est encore présente, bien plus que l’on ne croirait au premier abord. Il faut absolument voir cette scène où une colonne armée sudiste longe la rivière tandis que, sur l’autre rive, la brigade nordiste patiente en silence dans les fourrés, muselant leurs chevaux, postés derrière la silhouette unique d’un John Wayne debout sous un arbre. Ou encore cette autre scène, durant l’attaque de Newton Station, dans laquelle un homme devenu manchot porte les couleurs du Sud et mène l’affrontement : voici en fin de compte la terrible situation d’une population qui ne résiste plus qu’à bout de forces, dans un ultime effort désespéré. C’est également ce que démontre John Ford en filmant l’attaque des cadets sudistes, dont le plus âgé n’a que 16 ans, un Sud à l’agonie qui ne compte plus d’hommes valides ou en âge de se battre et où l’idéologie défie les lois de la moralité. L’instant s’avère tragi-comique dans son déroulement et possède une force étrange, donnant encore au film l’occasion si originale de déjouer les attentes du spectateur et de le confondre dans plusieurs sentiments à la fois.

Sous des abords truculents, Les Cavaliers est en vérité un film très sombre et même ponctuellement mélancolique. Or, le Ford mélancolique sait accoucher d’œuvres magistrales : Les Hommes de la mer, Les Sacrifiés, La Charge héroïque, L’Aigle vole au soleil, L’Homme qui tua Liberty Valance... Et si Les Cavaliers n’atteint pas les cimes de ces quelques titres, il peut tout au moins s’enorgueillir de nous offrir un instantané de la guerre de Sécession comme rarement on aura pu en apprécier au cinéma, louant le courage du Sud, glorifiant la supériorité guerrière du nord, évitant de fait tout manichéisme primaire, le tout au son de magnifiques balades musicales sudistes et nordistes rentrées depuis dans la légende. Ford se permet ensuite de terminer son film par l’un de ces moments de grâce dont il garde implicitement le secret, les adieux entre Marlowe et Hannah Hunter. La charge de la cavalerie qui s’est déroulée précédemment a certes pu en décevoir beaucoup parmi les spectateurs, de par son manque d’ampleur et de relief. En réalité, le budget du film en fin de tournage et le désintérêt de Ford ne pouvaient plus laisser espérer une grande attaque épique en clôture... Le cinéaste filme donc une escarmouche rapide et assez efficace, avec son savoir-faire habituel. Le face à face final entre les deux rives, sudiste et nordiste (les Nordistes étant poursuivis par des troupes rapides), demeure un morceau dans son ensemble très soigné et au rythme prestement entretenu, nous gratifiant au passage d’un "regard à la John Wayne" terriblement romantique quand Constance Towers s’active afin de le soigner. Leur passion s’avouera enfin, pudiquement, dans les toutes dernières minutes du film. C’est une émotion amoureuse rare que laisse passer Ford à l’écran, John Wayne se saisissant délicatement du foulard de l’actrice, le faisant glisser le long de ses cheveux et disparaissant du cadre sans que jamais la caméra ne se détourne du sublime regard de Constance Towers. Wayne enroule ensuite le foulard autour de son cou, allume la mèche reliée à la poudre, monte à cheval et s’échappe à toute vitesse, salué par l’explosion du pont. La composition de l’image, la parfaite coordination des sons (notamment le galop frontal de la dernière chevauchée de Wayne) et la sensualité de cette scène font de cette romance inachevée un morceau d’anthologie parmi les plus beaux du western.

On peut regretter que les conditions de vie des populations noires soient à peine effleurées par Ford (si ce n’est au travers de quelques plans éloquents montrant un dénuement épouvantable), mais on pourra se consoler en pensant au fait qu’il a réalisé l’année suivante un excellent film sur la condition de l’homme noir dans l’armée américaine, Le Sergent noir. Quoi qu’il en soit, Les Cavaliers n’est certes pas le meilleur film de John Ford, mais bien tout de même un chef-d’œuvre largement mésestimé dans sa carrière et une charge très vigoureuse contre la guerre en général. Il semble en tout cas que les carences du tournage n’aient pas entaché cette œuvre forte, entraînante et très émouvante. Dans mon cœur, il est en tout cas certain que ces cavaliers-là n’ont pas fini de rentrer chez eux…

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(1) Citation de William H. Clothier, issue du livre A la recherche de John Ford de Joseph McBride (Institut Lumière / Acte Sud, 2007, p. 801)

(2) Citation de Pilar Wayne, issue du livre A la recherche de John Ford de Joseph McBride (Institut Lumière / Acte Sud, 2007, p.805)

(3) Citations de Pilar Wayne et John Wayne, issues du livre A la recherche de John Ford de Joseph McBride (Institut Lumière / Acte Sud, 2007, p.807)

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Par Julien Léonard - le 1 septembre 2011