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Critique de film
Le film

Le Trésor des collines rouges

(Treasure of Ruby Hills)

Partenariat

L'histoire

1877. A Arlington dans la vallée de Ruby Hills, tous les modestes propriétaires terriens ont été dépossédés de leurs biens par deux cattle barons, Chalk Reynolds (Barton MacLane) et Walt Payne (Charles Fredericks), qui continuent à se faire la guerre pour la mainmise totale sur la région. Fils d’un hors-la-loi, Ross Haney (Zachary Scott) a acquis légalement une parcelle des terres de Ruby Hills, celle sur laquelle se trouve le seul point d’eau de la vallée. Il compte bien se rendre à Arlington en prendre possession malgré le fait que son associé vienne de s’y faire abattre par l’inquiétant homme de main de Reynolds, Frank Emmett (Lee Van Cleef). Ce que Haney va apprendre en arrivant sur place, c’est qu’un troisième larron anonyme est sur les lieux, attendant que les deux équipes se soient entretués pour pouvoir prendre la place. Ross va avoir fort à faire pour récupérer son bien sans se prendre au passage des balles et des coups. Il va néanmoins recevoir l’aide de Sherry (Carole Mathews), qui est tombée sous son charme. Il semblerait qu’avec son frère ils convoitent aussi les terres de la vallée, ce qui commence à faire beaucoup de monde et rend la situation inextricable sans devoir en passer par des coups de feu supplémentaires...

Analyse et critique

Que des cinéastes n’ayant réalisé qu’une petite poignée de films ne soient pas connus - y compris par leurs noms - pourrait aisément se comprendre surtout si les œuvres en question n’ont pas eu de diffusions conséquentes, ni de stars à l'affiche, et si de plus celles-ci n’ont rien révolutionné de spécial au sein des genres abordés. Le cas de Frank MacDonald est un peu plus problématique à partir du moment où l'on se rend compte en cherchant un peu qu’il a signé entre 1935 et 1965 pas loin de 150 films (dont beaucoup avec Gene Autry et Roy Rogers, les cow-boys chantants), sans compter d'innombrables épisodes de séries télévisées. Etant donné le fait que dans le lot aucun titre n’est réellement passé à la postérité, il y avait alors toutes les raisons de concevoir un a priori négatif à l’encontre de n’importe lequel d’entre eux, en imaginant logiquement que le réalisateur devait être un sacré tâcheron. Aucune surprise, au vu de Treasure of Ruby Hills, c’est bel et bien le cas ! Adapté d’un roman de Louis L’Amour (Hondo, La Diablesse en collants roses…), Le Trésor des collines rouges est un film de série C au budget ridicule et à la très courte durée qui ne devrait pouvoir plaire qu’aux seuls aficionados du genre en manque de raretés.

Le thème principal de ce petit western est l’un des plus vus et revus dans le genre, celui récurent des conflits qui ont lieu entre plusieurs gros ranchers qui ne reculent devant rien pour s’accaparer les terres alentours, ayant chacun à leur disposition leurs hommes de main - tueurs à gages serait plus approprié - pour faire accélérer les choses et tout simplement abattre les récalcitrants. Dans le film de Frank MacDonald, les deux propriétaires terriens étant aussi puissants l’un que l’autre, les tueries n’arrêtent pas, ce qui fait craindre à ses habitants que leur bourgade se transforme bientôt en ville-fantôme (une plutôt bonne idée du scénario). Pour compliquer la chose - annonçant en cela le premier film de Sergio Leone, Pour une poignée de dollars -, un troisième homme fait tout pour que les deux camps s’entretuent afin de pouvoir rafler la mise. Et ce n’est pas fini puisque d'une part notre héros (Zachary Scott, nettement plus à l’aise dans le film noir ou dans des rôles de bad guys) possède un document qui en fait le possesseur du seul point d’eau de la région, d'autre part puisqu'une femme se met également en tête d’étendre son domaine sur les mêmes lieux. On reconnait un peu la thématique principale d’un western futur au budget autrement plus conséquent, Les Grands espaces (The Big Country) de William Wyler. Au vu de cet imbroglio, on pourrait s’attendre à un film mouvementé sauf qu’il n’en est rien ! Il s’agit au contraire d’un western bien trop bavard, cloitré en intérieur, mollasson et sans saveur pour nous captiver plus avant. La banale interprétation d'ensemble n'aide pas non plus à nous accrocher à l'intrigue.

Les cinq premières minutes assez obscures et mystérieuses - on ne comprend pas d’emblée les tenants de l’intrigue - se déroulent dans une ambiance lorgnant vers le film noir ; ce qui rendait le préambule assez envoûtant d'autant qu'il était empreint d’une certaine mélancolie, notamment lorsque Zachary Scott et Steve Darrell parcourent la ville-fantôme. Tout cela laissait présager un film autrement plus intéressant qu’il va se révéler réellement. Au final, on obtient un western de série au budget très restreint, pas forcément mauvais grâce notamment à d’assez bons dialogues, mais tellement prévisible, terne et impersonnel que l’on va assez vite s’en désintéresser. Quant aux fans de Lee Van Cleef, mis en avant sur l’affiche, qu’ils soient prévenus que la future brute de Leone ne fait que deux courtes apparitions ! Pas très excitant tout ça...

En savoir plus

La fiche IMDb du film


 

Par Erick Maurel - le 5 novembre 2016