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Critique de film
Le film

Le Trappeur des grands lacs

(The Pathfinder)

Partenariat

L'histoire

En 1754 débute la guerre entre Anglais et Français pour la domination des territoires entourant la région des Grands Lacs dans le nord-est du continent américain. Les Indiens Mingos, alliés aux Français, massacrent la tribu pacifique des Mohicans affiliée aux Anglais et dans laquelle avait été élevé le trappeur blanc surnommé Pathfinder (George Montgomery). Ce dernier rallie les forces britanniques pour se venger. Les Anglais en profitent pour faire d’une pierre deux coups, et envoient Pathfinder et son ami indien Chingachgook (Jay Silverheels) dans le camp français en mission d’espionnage pour essayer de s’approprier des plans secrets détenus au Fort St Vincent, destinés à anéantir les forces ennemis. On leur adjoint un interprète sachant parfaitement parler le français qui se révèle être... une femme, la charmante Alison (Helena Carter). Même si cela ne plaît guère à Pathfinder, les voici tous les trois partis se jeter dans la gueule du loup...

Analyse et critique

A la Columbia, le producteur Sam Katzman et le scénariste Robert E. Kent ont été durant les années 50 réunis à plusieurs reprises pour mettre en boite des films d’aventures qui se déroulent au milieu du XVIIIème siècle dans les territoires américains se situant à l’est du continent. Malheureusement force est de constater que ce sont toutes des bandes de troisième zone, aussi mauvaises les unes que les autres. Parmi ces films, outre celui qui nous concerne ici, on trouve La Hache de la vengeance (When the Redskins Rode) de Lew Landers ou encore La Levée des Tomahawks (Brave Warrior) de Spencer Gordon Bennet, tous deux avec le fadasse Jon Hall. Pour ces titres, les faits historiques relatés étaient souvent bien plus passionnants que les films qui les racontaient ; c’est d’autant plus dommage que le nombre de films hollywoodiens consacrés à cette période de l’histoire de l’Amérique reste assez frugal, les deux plus connus étant Le Grand passage (Northwest Passage) de King Vidor ainsi que le magnifique Sur la piste des Mohawks (Drums Along the Mohawk) de John Ford dont les intrigues se déroulaient néanmoins quelques années après celle de The Pathfinder. Pathfinder est le héros de l'écrivain James Fenimore Cooper, interprété plus tard par Daniel Day-Lewis dans Le Dernier des Mohicans de Michael Mann, film qui malgré ses défauts, vole cent coudées au-dessus de tous ceux cités précédemment... et c’est peu de le dire !


Au milieu du XVIIIème siècle, les Français et les Anglais se disputaient âprement pour la domination coloniale des terres du nord des USA, chacun des deux pays s’étant allié avec des tribus indiennes, les Iroquois pour les Anglais, quasiment toutes les autres pour les Français. Pathfinder, un homme blanc qui a été élevé par les Mohicans s’associe à l’armée britannique pour se venger des guerriers Mingos qui, encouragés par les Français, ont massacré "son peuple" et surtout celui de l'un des seuls survivants, son ami Chingachgook. Il a dans le même temps pour mission de récupérer les plans secrets qui se trouvent à l’intérieur d’un fort ennemi. Le récit du film de Sidney Salkow se déroule donc au tout début de ce conflit anglo-français. Mais, au lieu d'accoucher d'un intéressant film historique ou tout du moins d'un simple western coloré et efficace, The Pathfinder ne se révèle être au final qu’un simple navet hautement fantaisiste avec au programme idiotie du scénario, bêtise des personnages, réalisation totalement indigente, direction d’acteurs aux abonnés absent, cascadeurs-zombies ou encore costumes au rabais semblant tout droit sortis de coffres à jouets. Regarder d'ailleurs des enfants jouer aux cowboys et aux Indiens dans une cour de récréation constituerait probablement un spectacle autrement plus teigneux, captivant et rythmé que les séquences d’action proposées par un Salkow sous somnifères. Le pire est que le film débutant directement par une scène de massacre totalement amorphe, on se rend alors compte d’emblée que ces pourtant courtes 75 minutes vont nous sembler durer une éternité !


Et c’est effectivement ce qui va se passer, rien ne sera capable de retenir notre attention si ce n’est peut-être quelques plans joliment photographiés par Henry Freulich ou encore le joli minois de Helen Carter. Même le par ailleurs bon comédien qu’est George Montgomery s'avère ici terne et sans aucun charisme. Un sujet peu traité au cinéma pour une représentation historique aussi simpliste que naïve et au final un pré-western que de nombreux spectateurs trouveront une fois encore au choix ennuyeux ou (et) idiot... sans qu’ils n’aient forcément tort ! On aura néanmoins pu mourir de rire durant la séquence de la soirée dansante au cours de laquelle tous les comédiens interprétant des civils et des militaires français se mettent à parler notre langue : personne n'a logiquement senti la nécessité de sous-titrer ces passages, il aurait pourtant fallu tellement cet épouvantable accent à couper au couteau fait qu'un dialecte chinois aurait eu le même résultat sur notre compréhension. De l’humour totalement involontaire mais qui vaut son pesant de cacahuètes. De Sidney Salkow, on préfèrera se souvenir de son honnête Sitting Bull ou plus tard d'un bon cru avec Audie Murphy, Feu sans sommation (The Quick Gun).

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La fiche IMDb du film
Par Erick Maurel - le 2 décembre 2017