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Critique de film
Le film

Le Saint à New York

(The Saint in New York)

Partenariat

L'histoire

Un lieutenant de police de New York est victime d'un attentat. Le coupable est arrêté mais immédiatement relâché faute de preuves. Les hautes instances de la police, à bout, décident d’appliquer une idée du « Comité contre le Crime », un groupe de citoyens influents qui ne supportent plus de voir New York sous la coupe de la pègre : faire appel au Saint, le réputé Robin des Bois des temps modernes, et lui demander d’éliminer les six têtes de la mafia new-yorkaise. Après deux mois de traque en Europe, un agent retrouve la trace de Simon Templar en Amérique du Sud où il a offert ses services à un mouvement révolutionnaire. Le Saint accepte de se rendre à New York, bien décidé à nettoyer la ville.

Analyse et critique

Les éditions Montparnasse poursuivent leur exploration des productions RKO avec ce coffret de quatre DVD consacré aux aventures de Simon Templar au cinéma, soit huit films jusqu'ici inédits en France. Comme de nombreuses séries, Le Saint repose sur un postulat de base et un personnage clé qui courent tout au long des huit films. Aussi on se concentrera ici sur les deux premiers épisodes qui posent les bases de la série, et l'on se contentera d'évoquer rapidement la façon dont les films suivants s'écartent ou renouent au contraire avec la formule qui, un temps, a rencontré un certain succès public.

Le Saint est connu de tous sous les traits de Roger Moore qui, durant les années 60, a popularisé à la télévision le personnage créé en 1928 par l’écrivain Leslie Charteris. Charteris, fils d’un médecin chinois et d’une mère anglaise, entame des études à Cambridge mais s'en détourne très vite pour se consacrer à l’écriture, publiant en 1927 son premier roman à l’âge de dix-sept ans. Il parcourt le monde, multiplie les petits métiers et invente en 1928 le personnage du Saint qui apparaît dans Le Saint et Patricia. Après avoir tenté de développer quelques autres personnages, aux caractéristiques toujours proches de celles du Saint, il décide en 1929 de faire de Simon Templar son héros récurrent. Prolifique, il multiplie les aventures du Saint, la plupart sous forme de nouvelles, réécrivant même à l'occasion quelques unes de ses précédentes histoires pour faire de Simon Templar le personnage principal. Le Saint se coule au départ dans la tradition des gentlemen cambrioleurs. Sa cible privilégiée sont les criminels, il prend 10% de ses vols (ce qui lui assure un train de vie confortable) et reverse le reste à des œuvres charitables. Il se considère lui même comme un justicier qui réagit à l'impuissance et à l'inefficacité de la justice. C’est un aristocrate anglais, un risque-tout impitoyable avec ses ennemis. Dès 1932, le personnage évolue, Charteris souhaitant toucher le public américain. Il part habiter aux Etats-Unis, continue à écrire pour des journaux américains les aventures du Saint et devient scénariste à la Paramount. Bientôt le Saint suit son créateur et quitte l’Angleterre pour s’attaquer au crime organisé en Amérique. En 1938, le Saint se fait chasseur de Nazis et commence à collaborer avec les autorités. Ce moment de son histoire coïncide avec sa première adaptation pour le grand écran.

Le Saint à New York (1939) est le premier épisode de la série initiée par la RKO. La société n'a pas encore de style bien défini et ses productions, de grande qualité, vont aussi bien de King Kong (Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper, 1933) aux Quatre filles du Docteur March (George Cukor, 1933), en passant par Le Mouchard (John Ford, 1935) et L'Impossible monsieur Bébé (Howard Hawks, 1938). Il faut attendre quelques années avant que Val Lewton initie une nouvelle ère du film fantastique avec La Féline (Jacques Tourneur, 1942) et Vaudou (Jacques Tourneur, 1943), et que le studio ne se fasse un spécialiste du film noir avec des œuvres emblématiques comme Out of the Past (Jacques Tourneur, 1947) et Armored Car Robbery (Richard Fleischer, 1950) pour citer deux films stylistiquement opposés montrant l’étendue de la palette RKO. Le Saint à New York présente cependant de nombreuses caractéristiques le reliant à la vague du film noir qui va prendre son essor au début des années 40. Il y a d'abord la présence de la ville, ses ruelles plongées dans l'obscurité, sa pègre tentaculaire et omniprésente. Comme le titre du film l'indique, la RKO choisit New York pour les premiers pas du Saint au cinéma. D'une part car c'est l'adaptation du plus gros succès en librairie de la série à l'époque, d'autre part car Charteris est maintenant installé aux Etats-Unis. Enfin le studio, de son côté, entend bien américaniser tant que faire se peut son héros. L’atmosphère de New York est assez bien rendue, mais l’on doit certainement plus cette réussite aux décorateurs et directeurs artistiques du studio qu’au talent de Ben Holmes. En effet, la mise en scène se révèle constamment morne et lisse. Le montage se contente d’enchaîner les champs contre-champ, et le rythme se fait des plus paresseux (la quasi absence de musique n’arrangeant rien à l’affaire). Le seul élément qui peut faire sortir un tant soit peu le film du lot des séries B produites à l'époque, est l'utilisation des ombres qui annonce l’une des figures stylistiques préférées du film noir.

Un autre élément qui relie Le Saint à New York au genre est l'acteur principal et la personnalité du Saint. Charteris rêvait de Cary Grant, la RKO jette son dévolu sur Louis Hayward. Ce choix ne va guère dans l'esprit des romans, Hayward n'ayant rien d'un aristocrate anglais. Par contre, il apporte au personnage un côté violent et physique qui le rapproche de la figure classique du privé qu'incarnera de façon archétypale Humphrey Bogart dans Le Faucon Maltais (John Huston, 1940). Kay Sutton est de son côté une femme fatale plutôt convaincante. Son comportement trouble et son sens de la morale toute personnelle en font un personnage encore inhabituel à l'époque. Ses réactions inattendues donnent un peu de piment à un scénario très conventionnel malgré ses quelques partis pris. Parmi ceux-ci, le film surprend par son côté fascisant. S'il est dit que la police fait un travail admirable (elle capture l’assassin d’un policier en moins de vingt-quatre heures), la justice est montrée, au pire, comme une institution corrompue, au mieux comme incapable d’enfermer les criminels. D'où l'idée de faire appel au Saint pour éliminer, sans autre forme de procès, les chefs de la mafia new-yorkaise. Une solution simple et qui ne s’embarrasse guère de morale ou de question éthique, que l’aventurier Simon Templar exécute non sans un sens certain de la mise en scène. Ce côté expéditif du personnage est bien présent dans le roman : Le Saint est un dur à cuir, un justicier à la moralité certaine (il est décrit comme un nouveau Robin des Bois), mais qui sert une vision de la justice particulièrement réactionnaire. Charteris a pour sa part commencé à gommer cet aspect du personnage, à adoucir son comportement afin de le rendre plus populaire encore. S’il est proche, par cet aspect, du personnage tel qu’imaginé par Charteris, ses méthodes demeurent toutefois moins radicales que dans les romans et il ne tue qu’en dernier recours (le scénariste s’arrangeant toujours pour lui trouver un dernier recours) ; et il est toujours soutenu par les autorités, ce qui oblitère quelque peu son statut de hors-la-loi. Le Saint, tel qu’il est présenté dans ce premier film, fait finalement partie de la grande famille de ces détectives privés aux méthodes expéditives qui n’hésitent pas à franchir les frontières de la loi et qui vont bientôt fleurir sur les écrans. Charteris souhaitait une américanisation du personnage, la RKO est allée bien au-delà de ce qu’il imaginait. En partie parce que le cinéma est plus corseté que la littérature et qu’il est difficile avec le code Hayes de faire d’un hors-la-loi un héros de film, d’autre part parce que la RKO a sa propre vision de la "franchise Le Saint", comme le studio le prouvera par la suite. Pour l’heure, le studio s’est accommodé de la violence du personnage, l’a américanisé, et Le Saint n’a pas grand-chose à voir avec le dandy anglais qu’incarnera George Sanders dans le film suivant et qui annonce le ton de la future série télévisée.

Le Saint contre-attaque (1939) offre l'opportunité à George Sanders, qui peine alors à trouver des premiers rôles, d'obtenir la tête d'affiche d’un film en reprenant le flambeau de la série Le Saint. Acteur anglais qui n’aime rien tant que jouer sur son accent, sa voix suave et son côté dandy, il apporte au personnage de Simon Templar cet aspect aristocratique qui manquait cruellement à Louis Hayward, ce qui n'empêche pas Charteris d'être de nouveau déçu par ce choix. Pourtant, Sanders nous offre une prestation impeccable, jouant à merveille sur l’affabilité de Simon Templar tout en laissant transparaître son côté dangereux, misant sur le second degré et le flegme, sur le cynisme et l’humour grinçant, un peu à la manière du futur James Bond tel qu’incarné par Sean Connery. A ses côtés, l’inspecteur Fernack (toujours interprété par Jonathan Hale) devient le faire-valoir comique du Saint et le duo fonctionne plutôt bien, emportant le film vers des moments absurdes comme cette scène hallucinatoire où l'inspecteur regrette d'avoir fait un repas trop copieux. Le scénario tourne, comme dans le premier épisode, autour du trio formé par Le Saint, Fernack et une femme fatale, ici Val Travers. Cette blonde platine qui dirige le crime d'une main de fer, est un personnage très intéressant qui s'adonne à la criminalité pour venger l'honneur bafoué de son père. Comme Le Saint, elle a une vision très personnelle du bien et du mal, de la loi et du crime, de la moralité. Wendy Barrie (qui jouera dans deux autres films de la série, mais à chaque fois des personnages différents) tient la cadence imposée par Sanders. Leurs face-à-face fonctionnent parfaitement, l’actrice opposant à la délicatesse de l’acteur une force toute masculine, et son regard d’acier ne manque pas de troubler à plusieurs reprises Simon Templar. Si l’interprétation est l’un des points forts du film, le choix de John Farrow à la réalisation fait également du Saint contre-attaque une suite bien plus satisfaisante que le premier épisode.

Dès les premières minutes, la mise en scène de Farrow se démarque de celle, bien morne, de Ben Holmes. Le film s'ouvre sur une scène de club où une caméra très mobile navigue avec vélocité entre les convives, séquence rondement menée par un cinéaste dont c’est la figure de prédilection. Farrow trouve quelques autres occasions pour mettre en scène d'autres de ces plans séquences (qui n’en sont pas tout à fait, car des inserts ou des gros plans de visages les entrecoupent) et ailleurs dynamise le film par un montage rythmé par les nombreux changements d’échelles de plan pratiqués au tournage. Le Saint contre-attaque est un film policier fort sympathique, rondement mené par un réalisateur qui maîtrise son métier.

La suite des aventures du Saint sur grand écran se poursuit au fil de quatre films où George Sanders assure la continuité, ces nouveaux épisodes se situant dans la veine du Saint contre-attaque. Dans Le Saint à Londres (1939), Simon Templar est de retour en Angleterre. Un ami travaillant pour les services secrets le contacte et le met sur la piste d'un consortium de criminels composé de riches financiers internationaux. Vol, kidnapping et trafic de fausse monnaie son orchestrés au sommet du groupe par Bruno Lang, un homme d’affaires réputé. George Sanders est envoyé à Londres pour le compte de la Fox où, par souci d'économie, il doit tourner coup sur coup trois films : So This Is London (William Sistrom), The Outsider (Paul L. Stein, futur réalisateur du Saint face au Tigre) et ce troisième épisode de la série du Saint. Est-ce parce que Le Saint est enfin dans son environnement britannique ou parce que Charteris se lie d'amitié avec le réalisateur John Paddy Carstairs ? Toujours est-il que l'écrivain se satisfait de l'interprétation de Sanders et apprécie pour la première (et unique) fois une adaptation cinématographique d'un de ses romans. Fernack reste à New York et est remplacé par l'inspecteur Teal (Gordon McLeod), le duo fonctionnant peu ou prou selon la même formule. La réalisation est plutôt monotone, mais à la décharge de John Paddy Carstairs, il faut souligner que l’essentiel de « l’action » se passe au téléphone ou au volant d’une voiture. Dans ce film très dialogué, l’absence de musique se fait de nouveau ressentir par le creux rythmique qu’elle entraîne. Sympathique, Le Saint à Londres vaut surtout par son scénario bien agencé (signé Lynn Root et Frank Fenton) et par la prestation de Sanders dans le droit fil du Saint contre-attaque, même si l'en sent par moments que l'acteur se contente de reproduire sans grande motivation la mécanique lancée avec le film de Farrow.

La lune de miel entre Charteris et la RKO est de courte durée et le film suivant, Simon Templar face au Saint (1940), détériore les relations entre le romancier et le studio. Dans ce film, un sosie de Simon Templar, Duke Bates, fait de la contrebande de diamants. Forcément, Le Saint se retrouve accusé des crimes et, pourchassé par la police, doit prouver son innocence. George Sanders commence déjà à trouver ennuyeux d'endosser la panoplie de ce personnage récurrent. Ce film, où il joue un double rôle, relance un peu son intérêt pour la série. Templar se fait passer pour Plato, Plato pour Templar mais malgré le plaisir que semble prendre Sanders à ce méli-mélo de rôles, l'ennui pointe rapidement son nez, d'autant que l'ensemble s'avère rapidement confus et répétitif. Et ce n'est pas l'apparition de Bela Lugosi, très anecdotique, qui réveille vraiment l'intérêt. C’est le premier film de la série dont le scénario n’est pas une adaptation de Charteris mais une création originale, et force est de constater que le résultat (une comédie de situation pas vraiment drôle) n'a plus grand chose à voir avec la création de l'écrivain. Jack Hively se révèle être un réalisateur de petite envergure, l'essentiel du travail de mise en scène consistant en l'usage d'un jeu d'ombres et de lumières, certainement à mettre sur le compte du talent du directeur de la photographie J. Roy Hunt (Vaudou, Crossfire...)

Avec Le Saint reprend du service (1940), la RKO décide de revenir aux sources après l'écart comique du précédent volet. Les scénaristes du Saint à Londres, Lynn Root et Frank Fenton, sont rappelés. Ils abandonnent la loufoquerie de Simon Templar face au Saint (qui s'est transformée en un bel échec public) et signent une nouvelle histoire dans la droite lignée des trois premiers épisodes. On retrouve l’inspecteur Fernack, arrêté au début du film en possession de 50 000 $ et accusé de corruption. Le Saint vole au secours de son ami, bien décidé à prouver que ce dernier est l’objet d’une machination. Cette histoire, terriblement classique, est rondement menée, le scénario agençant parfaitement rebondissements, enquête et action sur un rythme soutenu. Il faut dire que Frank Fenton a du métier, et que le futur scénariste du Jardin du Diable (Henry Hathaway, 1954), de La Rivière sans retour (Otto, Preminger, 1954) et du sublime L'Aigle vole au soleil (John Ford, 1957) se double d'un dialoguiste hors pair. L'accent est mis sur Jonathan Hale, très convaincant en innocent acculé, certainement car George Sanders a de plus en plus de mal à masquer sa lassitude. L'acteur commence à déclarer en public le mépris dans lequel il tient son personnage, ce qui envenime encore les relations entre Leslie Charteris et la RKO.

Dans Le Saint à Palm Springs (1941), Simon Templar, toujours prêt à venir en aide à son ami Fernack, accepte de s’occuper du transfert de trois timbres d’une valeur de 200 000 $. Mais le propriétaire des timbres est assassiné et pour se sortir de cette sombre affaire, Templar doit retrouver la fille de ce dernier, ce qui l’emmène à Palm Springs. Le public suit toujours avec plaisir les aventures du Saint, mais le torchon brûle entre Charteris et le studio. L’écrivain est mécontent de cette nouvelle adaptation qui ne respecte en rien le scénario original qu'il a proposé, jusqu'à menacer de mener l'affaire devant les tribunaux. En outre, il trouve indélicat le fait que Sanders se moque en public du personnage qu'il a créé. L'acteur, qui annonce clairement que c’est la dernière fois qu’il incarne le Saint à l’écran, semble plus que jamais s’ennuyer dans cette nouvelle production. Il replongera pourtant, toujours pour le compte de la RKO, dans une nouvelle série mettant en scène un personnage récurrent de détective, Le Faucon, qui lassera tout aussi rapidement l’acteur, une nouvelle fois prisonnier d’un rôle. Dans The Gay Falcon, premier épisode de la série tourné en 1941 écrit par Lynn Root et Frank Fenton (le duo du Saint à Londres et du Saint reprend du service), on retrouve également en tête d'affiche Wendy Barrie, la Val Travers du Saint contre-attaque mais aussi actrice principale du Saint reprend du service et de ce Saint à Palm Springs qui, chose cocasse, interprète à chaque fois des personnages différents. Ce film où jouent pour la dernière fois George Sanders, Wendy Barrie mais aussi Jonathan Hale, provoque un doux assoupissement. L'histoire de ce nouveau film est confuse (où est-ce à mettre sur le compte de l'endormissement ?) et la réalisation de Jack Hively ne fait rien pour sortir le spectateur de sa torpeur...

Malgré la menace d'un procès et le mécontentement de Leslie Charteris, la défection de George Sanders, de Wendy Barrie et de Jonathan Hale, et le lancement d'une nouvelle série visant à prendre le relais du Saint, la RKO poursuit contre toute attente les aventures de Simon Templar avec Pas de vacances pour le Saint (1941). Comme l'explique Jean-Marc Lofficier dans le livret d'accompagnement du coffret DVD, le studio se retrouve avec des fonds gelés en Angleterre à cause de la Seconde Guerre mondiale. La RKO décide de les utiliser pour tourner à Londres un nouvel épisode du Saint, choisissant pour l'occasion d'adapter un roman préexistant de Charteris (en ne manquant pas d'y inclure Nazis et secrets militaires) et demandant même à l'auteur de participer à l'écriture du scénario. Hugh Sinclair, un acteur anglais, est choisi pour succéder à George Sanders. Dénué de tout charisme, sa prestation peine constamment à faire oublier la prestance naturelle de son prédécesseur. Leslie Fenton, acteur reconverti dans la mise en scène (qui signera le très beau Smith le taciturne en 1948) propose une réalisation des plus conventionnelles. Le scénario est heureusement suffisamment efficace (avec notamment le retour de l'inspecteur Teal, toujours interprété par Gordon McLeod) pour faire de Pas de vacances pour le Saint une honnête série B.

Toujours produit avec l'argent anglais de la RKO, Le Saint face au Tigre (1943) est une ultime tentative de retour aux sources. Symboliquement, c'est Le Saint et Patricia, la première aventure de Simon Templar apparue sous la plume de Charteris, qui est ici adapté. Mais la rupture est consommée et Charteris, excédé de voir Le Faucon concurrencer son personnage à l'écran, ira jusqu'à attaquer le studio pour plagiat. C'est donc la fin des aventures de Simon Templar au cinéma. Du moins pour un temps, plusieurs tentatives parsemées voyant le jour dans les années 50 et 60. The Saint's Return, un film anglais de 1953, propose ainsi de boucler la boucle en reprenant Louis Hayward dans le rôle titre. En France, une première adaptation est réalisée en 1960 (Le Saint mène la danse de Jacques Nahum avec Félix Marten), suivie en 1966 du Saint prend l'affût, réalisé par Christian-Jaque avec Jean Marais. Des nouvelles cinématographiques qui font peu de bruit. En revanche, Le Saint rencontre toujours du succès au travers de feuilletons publiés dans des magazines, d'adaptations radiophoniques, de comic books avant de gagner le petit écran en 1961 sous les traits de Roger Moore. Mais c'est une autre histoire...

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Par Olivier Bitoun - le 10 janvier 2009