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Critique de film
Le film

Le Lendemain du crime

(The Morning After)

L'histoire

Alex (Jane Fonda), une actrice qui a eu son petit moment de gloire à la télévision mais qui depuis longtemps est à la déroute, se réveille un matin au côté du cadavre d'un homme. Elle ne se  souvient de rien de sa soirée et ne sait pas ce qu'elle fait dans ce grand loft, ni pourquoi celui qui révèle être un photographe ayant fait sa réputation dans l'érotisme gît à côté d'elle, poignardé. Elle appelle son mari (avec qui elle est séparée depuis dix ans mais qui demeure son ami) Joaquin (Raul Julia, le Gomez de La Famille Addams), qui lui conseille se se rendre immédiatement à la police. Alex ne peut s'y résoudre, ayant déjà été par le passé condamnée à une légère peine de prison pour avoir poignardé un petit ami lors d'une des innombrables cuites dont elle est coutumière. Pensant que la police ne croirait pas en son innocence - et même pas persuadée de celle-ci elle-même -, elle retourne au loft et nettoie les traces de son passage. Elle essaye ensuite de quitter L.A. mais elle provoque un accrochage avec sa voiture. Alors que la police est en route, elle prend la fuite et ne doit son salut qu'à l'intervention miraculeuse de Turner (Jeff Bridges), un ancien inspecteur qui se prend d'amitié pour elle...

Analyse et critique

Le Lendemain du crime est le premier film que Sidney Lumet tourne sur la côte Ouest et il faut avouer que ce changement géographique est loin d'être un franc succès. Non pas que le cinéaste soit incapable de trouver ses marques sur un terrain qui ne lui est pas familier, bien au contraire. En effet, visuellement le film - qui ne ressemble à aucune autre de ses réalisations - est une belle réussite, l'utilisation des lumières et des couleurs éclatantes reflétant brillamment l'impression qui assaille le voyageur qui débarque pour la première fois à Los Angeles. Si ce passage du côté d'Hollywood s'avère un échec, c'est que Lumet se glisse sans grand génie dans la vague des néo-polars clinquants qui pullulent alors sur les écrans. Le scénario (le seul écrit par James Cresson, connu pour avoir produit à quatre ans d'intervalle deux adaptations cinématographiques de l'affaire de l'étrangleur de Boston, dont la version de Richard Fleischer avec Tony Curtis) se déroule sans surprise, attendu et peu crédible, si bien que l'on assiste au final à un produit de série joliment emballé (si l'on met de côté l'abominable bande originale de Paul Chihara) La photographie soignée d'Andrzej Bartkowiak - collaborateur de Lumet depuis Le Prince de New York - en vient même à jouer contre le film qui est essentiellement sauvé par l'interprétation de Jane Fonda et Jeff Briges.

On ne peut pas comprendre comment Sidney Lumet peut en venir à tourner de tels films insipides si l'on perd de vue qu'il a régulièrement besoin de ces "tours de chauffe" qui lui permettent de parfaire son art. C'est un cinéaste qui a besoin de tourner continuellement pour ne pas perdre la main et pour conserver cette énergie qui lui permet d'aligner année après année d'aligner les films, parfois éblouissants, parfois parfaitement oubliables à l'image de ce Morning After.

En savoir plus

La fiche IMDb du film
Par Olivier Bitoun - le 1 avril 2011