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Critique de film
Le film

Le Clochard

(Der Stadtstreicher)

Analyse et critique

Le premier court-métrage de Fassbinder est un hommage au Signe du lion de Rohmer : on suit les déambulations d'un "clochard" – quoique son errance avec serviette de bureau peut en faire un ancêtre de Jean-Claude Romand, qui inspira les films L'adversaire et L'emploi du temps – dans les rues de Munich. Il trouve un revolver, voudrait s'en débarrasser, cherche à se suicider sans jamais trouver un endroit tranquille pour passer à l'acte.

Tout Fassbinder est déjà contenu dans ces 12 minutes austères et rêveuses de liberté : la marginalité, l'ordure, la ville, la mort. Le réalisateur réputé lourd comme le plomb fait preuve d'un humour absurde, à froid, qu'on retrouvera plus tard dans ses films : le clochard n'est pour une fois jamais seul, qu'il veuille jeter l'arme ou se supprimer. Ailleurs, il se moque du Christ. Le monde pèse sur le personnage principal, comme il continuera de peser sur les futurs héros de RWF : la puérilité inquiétante de certains d'eux (Le Rôti de Satan, La Troisième Génération) et un peu de RWF est déjà en germe dans le passage où deux hommes se renvoient le revolver volé au clochard comme des gamins. Et le revolver déclenche un de ces jeux de rôles contraints qu'on verra dans ses faux films noirs : où le fétiche enferme très vite le héros. Avoir une arme, c'est devoir s'en servir.

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Par Leo Soesanto - le 14 décembre 2005