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Critique de film
Le film

Le Bateau phare

(The Lightship)

L'histoire

1955. Le Capitaine Miller (Klaus Maria Brandauer) est en charge du Hatteras, un bateau-phare installé au large des côtes de la Virginie. Miller a servi dans la marine US pendant la guerre mais n'en a récolté nul honneur : ses origines allemandes n'ont fait qu'attirer sur lui la méfiance de sa hiérarchie, et surtout il est soupçonné d'avoir abandonné ses hommes à une mort certaine durant une mission. A cause de cette réputation de lâche, il croupit sur le Hatteras et a vu s'éloigner de lui son fils Alex (Michael Lyndon). Après une altercation dans un bar, ce dernier est ramené par la police militaire à son père et se voit contraint de monter à bord du bateau-phare pour éviter la maison de correction. Quelques jours après son arrivée, l'équipage recueille encore trois nouveaux venus, trois hommes qui errent à bord d'un canot à la dérive et qui se révèlent être des malfrats fuyant la police. Mené par le charismatique et dangereux Calvin Caspary (Robert Duvall), le trio entend prendre le contrôle du navire...

Analyse et critique

The Lightship est le premier film américain de Jerzy Skolimowski et la seule de ses réalisations avec Roi, dame, valet dont il ne signe pas le scénario. Pourtant, c'est un film qui trouve tout naturellement sa place dans la filmographie du cinéaste et qui fait même tout particulièrement écho au Succès à tout prix qu'il vient de tourner. On a même l'impression que les trois derniers films de Skolimowski fonctionnent sur le principe du marabout-bout-de-ficelle : la maison londonienne du cinéaste lie Travail au noir au Succès à tout prix tandis que la question de la filiation et de la relation au père relie ce dernier au Bateau Phare, avec en filigrane dans les trois films ce thème de l'exil qui marque l'œuvre du cinéaste depuis son départ de Pologne au milieu des années soixante.

Skolimowski fait jouer son fils Michael Lyndon dans Le Succès à tout prix et Le Bateau Phare, le jeune acteur assurant ainsi la continuité entre les deux films, continuité d'autant plus marquée que son personnage s'appelle à chaque fois Alex. Dans ses premiers films, Le cinéaste s'était inventé un alter ego, Andrzej. Vingt ans plus tard, Andrzej laisse la place à Alex et Skolimowski la sienne (du moins celle qu'il occupait devant la caméra) à son fils. Skolimowski est évidemment très conscient de la ressemblance physique entre son fils et lui jeune tel qu'il apparaissait dans Walkover ou Rysopis, cette ressemblance venant nourrir à un niveau plus personnel la question du rapport père / fils qui est au cœur des deux films.

Jusqu'au Succès à tout prix, Skolimowski n'avait jamais évoqué la figure paternelle, ou alors très discrètement, très succinctement. Pourtant, dans son histoire personnelle, cette figure revêt une importance toute particulière. Son père a en effet été une personnalité importante de la résistance polonaise pendant la guerre. Chef du réseau résistant de Varsovie, il refuse de quitter la ville lorsque les nazis commencent à opérer de vaste rafles : arrêté, déporté, il meurt en 1943 dans le camp de concentration de Flossenbürg. Cette image d'un père héroïque va devenir extrêmement pesante pour le jeune Skolimowski. Après avoir poursuivi la lutte en cachant une famille juive et en imprimant des tracts, la mère du jeune Jerzy se perd après la guerre dans le souvenir de son mari défunt. Elle transforme l'appartement où elle vit avec son fils unique en un temple dédié au souvenir de son époux disparu, et Jerzy sent qu'il ne sera jamais à la hauteur du défunt aux yeux de sa mère.

Skolimowski se projette d'évidence dans le personnage d'Alex, personnage qui rappelle par bien des points les adolescents en rupture de ban qui peuplaient les premiers films du cinéaste et que lui-même a interprétés dans Rysopis et Walkover. Il partage la colère de ce jeune homme qui souffre de vivre dans l'ombre de son père, le fait que ce dernier soit écrasé par sa réputation de lâche étant une inversion évidente de sa propre histoire. Mais Skolimowski n'est plus le jeune homme en colère qui signait au milieu des années soixante des films contre la société, contre le monde. Il approche de la cinquantaine et se retrouve aussi dans le personnage de Miller, homme vieillissant qui souffre du fossé qui s'est creusé entre lui et son fils.

Miller vit dans la culpabilité d'un drame de guerre (il a dû abandonner des hommes à une mort certaine pour achever une mission) et il est aujourd'hui éteint, solitaire et isolé. Il semble figé, à l'écart du monde et du temps, à l'image de ce bateau entravé qu'il commande. Miller est comme Skolimowski un émigré, un Allemand passé aux Etats-Unis. Il a combattu contre son pays et s'il n'y a pas forcément une part de culpabilité chez lui, il y a tout de même d'évidence une immense incompréhension quant à avoir dû combattre ses compatriotes, à ne pas avoir été au côté de sa famille et de ses proches durant la plus la plus sombre de l'histoire de son pays.

Alex, c'est donc Skolimowski jeune, adolescent insoumis, insolent et bagarreur. Dans cette optique, Miller est une image de son père, les deux hommes ayant le même âge et ayant tous deux combattus pendant la Seconde Guerre mondiale, avec toutefois des destins diamétralement opposés, l'un disparaissant en héros, l'autre survivant et traînant derrière lui une réputation de lâche. Mais Miller c'est aussi Skolimowski ours vieillissant qui tend de plus en plus à vivre à l'écart du monde des hommes et qui est lui aussi pourchassé par les remords, par la honte d'avoir quitté son pays et de ne pas avoir été au côté de sa famille lors de la terrible année 81 au cours de laquelle le général Jaruzelski a plongé le pays dans la terreur.

Il y a une fracture entre Alex et son père ; mais comme le cinéaste se projette dans chacun des deux personnages, il y a dans le film, bien sensible, l'espoir d'une réconciliation possible, d'une filiation qui pourrait être retrouvée. Skolimowski se reconnaît complètement dans son fils Michael et il sent que, de manière naturelle, ce dernier s'éloigne de lui. Le Succès à tout prix et Le Bateau Phare sont moins une manière pour lui de se rapprocher de son fils en partageant le même plateau que de lui raconter sa propre histoire et, ce faisant, de faire la paix avec cette figure paternelle qui l'a écrasé afin de pouvoir avancer avec son propre enfant.

De manière assez attendue, c'est un troisième personnage, Calvin Caspary, qui va servir de catalyseur et va permettre à Alex et son père de se rapprocher. Caspary est un homme aussi charismatique qu'inquiétant, un dandy charmeur et manipulateur. Robert Duvall nous offre ici l'une de ses plus mémorables interprétations et s'il surjoue - cabotine diront certains - ce n'est pas par goût pour l'outrance et la démesure, mais parce que c'est la vérité du personnage de Caspary : un masque de clown, une forfanterie de façade sous laquelle est constamment sensible un penchant auto-destructeur dont on ne sait jamais s'il ne va pas prendre le dessus et emporter tout le monde dans l'abîme.

Caspary se présente au départ comme un père de substitution pour le jeune Alex : intriguant, beau parleur, il est l'antithèse même du mutique Miller. Mais très vite, Skolimowski déplace le curseur et évacue Alex de l'équation, se recentrant sur le duel Caspary / Miller, filmant la naissance d'une trouble entente qui va bientôt lier les deux personnages. Mais là encore, la question de la filiation s'insinue, Skolimowski faisant intervenir une nouvelle figure paternelle lorsque Caspary raconte comment le sien s'est suicidé après une débâcle financière, drame qui visiblement a conditionné toute sa vie et fait de lui ce qu'il est devenu. Caspary a deux fils d'adoption - les deux frangins débiles Eugene et Edward - qu'il écrase de sa présence comme lui-même a certainement été écrasé par celle de son père. Caspary a vécu le suicide de ce dernier comme une véritable libération (« la mort du père libère le fils »), mais on devine que cette sentence n'est qu'une tentative d'exorcisme, l'être haï ou aimé pouvant se révéler aussi présent - voir plus - une fois disparu...


Cette lecture biographique du film n'est évidemment visible que pour ceux qui connaissent l'histoire du cinéaste or Skolimowski s'adresse bien sûr à tous les spectateurs et non pas seulement à ses exégètes. Mais ces multiples réseaux de filiations, de relations père / fils qui lient les trois personnages principaux montre ce magma de sentiments qui semble remuer le cinéaste et l'accompagne dans son geste créateur. Skolimowski donne le meilleur de lui-même lorsque ses films viennent de l'intérieur de lui, quand il les nourrit de ses pensées, de son passé, de ce qui le travaille. Lorsqu'il s'éloigne de cette méthode, il a tendance à chaque fois à se perdre, à se désintéresser du tournage, en témoignent ses adaptations comme Roi, dame, valet ou Les Eaux printanières, des films où le cinéaste n'est plus que l'ombre de lui-même. Ce qui permet au Bateau Phare d'échapper à la malédiction, c'est que Skolimowski a trouvé dans ce récit qui n'est pas le sien des échos profonds avec ses pensées du moment, avec son histoire. Il s'accapare cette histoire, la fait sienne et s'investit si totalement dans le tournage que The Lightship en devient l'une de ses plus admirables réussites.

On retrouve ainsi très présent dans le film le thème de l'exil cher au cinéaste à travers le personnage de Miller, toujours considéré comme « le boche » alors qu'il a combattu dans l'armée US. Skolimowski filme souvent des drapeaux américains en arrière-plan, rappelant par là que lui aussi est en terre inconnue, qu'il est le migrant, le Polonais qui pour la première fois vient tourner sur le sol américain.

On sent ainsi que Jerzy Skolimowski ne cesse d'enrichir de son vécu un récit déjà magnifiquement architecturé. Ainsi, si le film raconte par plusieurs biais la façon dont une relation père / fils peut se déconstruire ou se reconstruire, s'inventer ou se réinventer, tout cet aspect est apporté par le cinéaste, le scénario - tout comme le roman dont il est tiré - se concentrant pour sa part sur les relations entre Miller et Caspary. Skolimowski trahit beaucoup le roman de Siegfred Lenz, en premier lieu car il ne fait pas sienne la métaphore centrale du livre qui est celle de la montée du nazisme. Il écarte sciemment tout cet aspect, réutilisant les motifs mis en place par l'écrivain pour placer Alex au centre du récit. Même s'il est souvent tenu à l'écart de l'intrigue, Alex est constamment présent par le biais de la voix off (principe de narration absent du roman), un procédé qui permet à Skolimowski de rappeler au spectateur lorsque que l'intrigue l'écarte du jeune homme que c'est bien lui qui est l'enjeu du film. Le Bateau Phare est un récit d'apprentissage et il n'est pas étonnant que Skolimowski ait souvent pensé à Joseph Conrad en tournant son film. Conrad qui l'accompagne depuis son enfance, sa mère décrivant le sacrifice de son père comme « un geste conradien ».

Le destin d'Alex est ainsi lié à celui du bateau entravé. Ce navire qui ne peut voguer librement évoque aussi bien le besoin d'émancipation d'Alex que la culpabilité de ce dernier, prisonnier de ses souvenirs. Caspary n'a de cesse de vouloir libérer le bateau-phare, jusqu'à hypothéquer ses chances de s'en sortir pour voir le navire être libéré de ses chaînes. Caspary est une force motrice qui pousse Alex et Miller à se libérer du poids qui les empêche d'avancer. Son arrivée sur le bateau est comme la réponse à un appel intérieur. C'est l'irruption des trois brigands qui va pousser chacun à se positionner, à réagir en fonction de sa vision du monde et de la morale, à évoluer. Caspary n'est donc pas une figure négative, c'est un catalyseur, l'incarnation d'un nécessaire besoin de changement. Caspary est un point nodal du film et on louera une fois encore la prestation de Robert Duvall qui ne cesse d'enrichir son personnage, de lui donner une épaisseur mais aussi une fragilité assez inattendue.

A cette grande figure du cinéma américain, Skolimowski oppose une grande figure du cinéma européen en la personne de Klaus Maria Brandauer, alors à son apogée après sa remarquable interprétation dans le Mephisto de Istvan Szabo. On ne peut s'empêcher de voir dans ce duel un reflet de celui entre le cinéma du vieux et du nouveau continent, Skolimowski s'amusant à compter les points depuis la position de l'arbitre.

Après l'échec public et critique du Succès à tout prix, Jerzy Skolimowski remet en cause sa démarche artistique, préférant se demander si sa radicalité ne l'a pas condamné à l'insuccès plutôt que de blâmer le manque de curiosité ou l'inculture du public. Il ressent le besoin à ce moment de sa carrière d'élargir le cercle de ses spectateurs ; et lorsqu'il entreprend The Lightship, il a pour objectif de le mettre en scène très simplement et d'accepter les règles et les codes du genre... ou plutôt des genres, tant on ne sait si au final Le Bateau Phare est un film d'action, un thriller ou un drame familial.

Si The Lightship est effectivement une œuvre simple et évidente, Skolimowski ne se laisse toutefois aucunement déposséder de son film. Thématiquement, il se révèle aussi personnel qu'un Haut les mains ou un Travail à noir et côté mise en scène, on reconnaît immédiatement la patte du cinéaste, sa manière de jouer des couleurs et d'imprimer au film un rythme à la foi tendu et lancinant. On retrouve également son sens de l'absurde - à l'image de ce bateau qui ne peut parcourir librement les flots - ou encore cette façon dont il part du réalisme pour aller petit à petit vers quelque chose de plus mental et de métaphorique, parfois même à la lisière du fantastique. Découpé assez classiquement au début, le film glisse ainsi vers quelque chose de plus singulier, par la durée des plans, leur enchaînement, leur composition.

Skolimowski reste Skolimowski et il est amusant de constater que pour son premier film américain, le cinéaste reste au large des côtes et ne pose pas les pieds sur le nouveau continent. Il est dans la position de l'outsider, du guetteur, pas encore tout à fait prêt à entrer dans le système.

Le tournage en lui-même n'a rien du produit de studio lambda. Celui-ci dure neuf semaines en mer du Nord, en plein hiver, dans des conditions physiques très dures qui épuisent rapidement l'équipe. Soixante personnes vivent sur le bateau et la promiscuité, les tempêtes qui font rage, le froid... tout fait que la tension monte très rapidement. Skolimowski est obligé de tourner dans cette mer froide et déchaînée car c'est le seul endroit où se trouve encore un bateau-phare en activité, et il est hors de question pour lui de tourner le film en studio. Comme chez Herzog, le film doit refléter l'aventure de sa fabrication, même si Skolimowski doit pour cela passer six mois en salle de montage parce qu'il lui faut composer avec de multiples prises rendues totalement incohérentes les unes par rapport aux autres à cause des conditions météo qui lui interdisaient de suivre un plan de tournage logique. Mais cette situation extrême l'arrange bien car il sait que l'épuisement des acteurs sera bien visible à l'écran et que la tension et la sensation d'étouffement qui doivent imprimer chaque minute du film vont naître en grande partie du stress de l'équipe, de son enfermement pendant une longue période dans un espace confiné.

Si on la voit peu à l'écran, la mer est omniprésente. Parfois porteuse d'espoir ou promesse d'un ailleurs, elle est surtout dangereuse, imprévisible, et sa présence renforce au final le côté oppressant du film. La mer et les conditions météorologiques terribles jouent énormément sur le tournage jusqu'à influer directement sur le déroulement du film. Ainsi, Miller était décrit dans le scénario comme un personnage sympathique auquel le spectateur devait pouvoir s'identifier, or la fatigue et la tension font que Klaus Maria Brandaueur se révèle au bout de quelques jours incapable de jouer ainsi son personnage. Il se renferme dans le mutisme, est tendu, agressif. Skolimowski n'essaye pas de corriger le tir et préfère au contraire profiter de l'état physique et mental de sa star. Miller devient ainsi plus ambivalent, insaisissable, inquiétant et l'on sent couver en lui une colère qui risque à tout moment d'échapper à son contrôle. Robert Duvall supportant bien mieux les conditions de tournage (normal pour quelqu'un qui a vécu celui d'Apocalypse Now), Skolimowski renforce à l'inverse le côté séduisant de Caspary, allant presque jusqu'à inverser les caractéristiques des deux personnages.

Les conditions de tournage ne font bien sûr par tout, et Skolimowski brille à rendre son film claustrophobique au possible, éliminant l'horizon, ne filmant que rarement l'étendue de l'océan, multipliant au contraire les lieux confinés, les barrières, les couloirs. On sent qu'il y a un espace au dehors mais il est lointain, quasi inaccessible. Skolimowski lie le sort du bateau phare entravé à celui des protagonistes, tous se retrouvant immobiles, exilés, dans l'impossibilité d'être là où ils devraient être, d'être qui ils devraient être. En refermant ainsi le film (et Skolimowski a montré avec Haut les mains et Travail à noir qu'il était très à l'aise dans le registre du huis clos), le cinéaste met l'accent sur l'enfermement physique, mental ou moral de ses personnages et sur l'inéluctabilité de leur sort. Bien ténu semble leur espoir d'échapper au destin implacable qui est le leur, comme semble bien ténue cette fragile lumière qui émane du bateau phare et qui peine à transpercer la nuit.

Cet espoir, c'est l'humanité et donc - au niveau des enjeux du film - la question de savoir si Miller va parvenir à contenir la violence qu'il a en lui, quitte à passer pour un lâche aux yeux de son fils. Jerzy Skolimowski a un rapport très moral à la violence et s'il la montre, jamais il ne la glorifie. Le recours à la violence est toujours un échec pour l'homme, une impasse, mais Skolimowski montre combien il est difficile de ne pas y avoir recours lorsque sa vie ou celle de ses proches sont mises en danger. Il montre ainsi combien est précaire la notion d'humanité, trouvant à l'écran de multiples manières de suggérer la fragilité de ce qui est : une lumière engloutie par la nuit, la masse du bateau perdue au milieu de l'océan, des hommes dont les silhouettes se fondent dans la brume...

Sans délaisser l'action et le suspense, Skolimowski signe une œuvre sombre et envoûtante, un drame profond et dérangeant qui lui ressemble énormément. Par l'impulsion qu'il donne au film au moment du tournage, par la précision avec laquelle il construit son récit, par la rigueur de sa mise en scène, il transforme un canevas très classique qui dans d'autres mains aurait donné un film d'action lambda en un récit mythique impressionnant, en une fable morale passionnante et complexe. Skolimowski se perdra ensuite dans l'adaptation des
Eaux printanières de Tourgueniev puis dans celle du Ferdydurke de Witold Gombrowicz avant d'abandonner le cinéma pendant dix-sept ans. Il faudra donc attendre vingt-trois ans et Quatre nuits avec Anna pour retrouver Skolimowski en aussi grande forme que sur ce splendide Bateau Phare.

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Par Olivier Bitoun - le 19 septembre 2012