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Critique de film
Le film

La Dernière caravane

(The Last Wagon)

Partenariat

L'histoire

Arizona 1873 : le renégat Todd le Comanche (Richard Widmark), coupable de deux meurtres, tue les hommes de loi qui étaient à sa poursuite mais finit par se faire prendre par le brutal shérif Bull Harper (George Mathews). Ce dernier a la ferme intention de ramener le fugitif en ville afin de pouvoir se délecter de le voir se faire prendre haut et court. Les deux hommes croisent un convoi de pionniers et décident de passer la nuit dans leur campement. Les colons ne supportent pas la manière cruelle avec laquelle l’homme de loi traite son prisonnier. Alors qu’ils le lui font remarquer, lors d’un moment d’inattention le shérif se fait tuer par Todd qui, malgré le fait qu’il soit attaché à une roue de chariot, avait réussi de sa main libre à se saisir d’une hache et à la lui lancer en pleine figure. Todd reste néanmoins prisonnier, les pionniers étant bien décidés à le livrer à la justice. A la nuit tombée, les plus jeunes décident d’aller se baigner dans un torrent situé à quelques kilomètres de là. A leur retour, ils découvrent horrifiés que tous ceux qui étaient restés au campement se sont fait massacrer par les Apaches. Il ne reste qu'un seul survivant, Todd, jeté dans un ravin toujours attaché à sa roue et laissé pour mort. Même si certains des six adolescents ne lui font pas confiance du fait qu’il ait été élevé par les Indiens, ils sont obligés d’admettre que pour arriver à destination sans encombre, ils vont devoir lui confier leur sort afin qu’il les reconduise à bon port, lui seul connaissant parfaitement le terrain et la manière de survivre dans un environnement hostile. Voilà partis nos six jeunes gens, accompagnés de leur outlaw/éclaireur, pour un périple semé d’embûches...

Analyse et critique

1950 : La Flèche brisée (Broken Arrow) avec James Stewart, film aujourd’hui célèbre pour avoir été décrété comme celui qui aurait lancé la vague des westerns pro-Indiens (même s’il y en eut quelques uns avant lui, c’est effectivement le premier à s’être fait autant remarquer et à devenir immédiatement un classique du genre pour son approche frontale du sujet). Une belle réussite, un film sensible, honnête et au propos généreux qui se déroulait déjà au milieu des superbes paysages de l’Arizona, ceux du territoire des Apaches. 1954 : L’Aigle solitaire (Drum Beat) avec Alan Ladd, un nouveau western historique bien plus sombre, encore une honorable réussite mais beaucoup plus bancale malgré des intentions de départ tout aussi louables. Début 1956 : L’Homme de nulle part (Jubal) avec Glenn Ford, nouvelle irruption du mélodrame dans le western, un drame intimiste et humain dans lequel l'action et le mouvement font place à une étude psychologique et comportementale mature et sensible. La Dernière caravane sort quelques mois après, avec cette fois comme acteur principal à nouveau une star hollywoodienne, Richard Widmark. Il s’agit donc du quatrième western de Delmer Daves, un film tourné quasi intégralement en extérieurs et narrant la tentative de survie en plein territoire Apache d’une petite partie des survivants d’une caravane de pionniers massacrés par les Indiens. Ce groupe de miraculés n’est constitué que de très jeunes gens qui n’auraient pas su comment se sortir de cette mauvais passe s’ils n’avaient pas accepté (à contrecœur pour certains) de faire confiance et de se laisser convoyer par un homme condamné à la pendaison pour meurtre, et qui se trouvait dans leur campement suite à son arrestation. Dès lors on constate que Daves s’intéresse à la jeunesse ; il finira d’ailleurs sa carrière par toute une série de superbes mélodrames au lyrisme exacerbé qui concernent le plus jeunes.

Silence et sérénité des grands espaces. Pas une note de musique. Plan en légère plongée sur un plan d’eau tranquille dans lequel se reflètent les majestueuses montagnes typiques de l’Arizona, celles aux sommets presque plats comme on peut en voir aussi à Monument Valley. On aperçoit un cavalier au loin ; la caméra s’élève lentement tout en opérant un discret travelling arrière qui nous dévoile un homme sur le coin gauche de l’écran, un fusil en main pointé sur le cavalier au fond de ce qui s’avère désormais un immense plan d’ensemble. Premier coup de feu : l’homme est touché et tombe de cheval. Deuxième coup de feu : l’homme semble avoir reçu la balle fatale, il s’affale dans l’eau. Contrechamp : gros plan sur le tueur, Richard Widmark, un homme blond aux yeux bleus, un rictus déterminé et hargneux sur le visage, effrayant de sang froid. Il contourne le lac pour aller vérifier que le cavalier est bien mort. Générique et lancement de la musique avec le beau thème de Lionel Newman qui apparaît ainsi pour la première fois. La traque continue : deux autres hommes qui semblent être à sa poursuite succombent à leur tour, l’un d’un coup de fusil qui le fait tomber du haut d’une falaise, le second de plusieurs coups de poignard dans le ventre. Mais un quatrième larron (le dernier survivant, dont on se rend alors compte qu’il s’agit d’un homme de loi) l’appréhende, le ligote et le traîne derrière son cheval. Il lui promet une pendaison prochaine en l'humiliant et en le privant d'eau. Le prologue de La Dernière caravane est exemplaire, probablement le plus magistral jamais filmé jusqu’à présent : huit minutes sans quasiment aucun dialogue et au cours desquelles Delmer Daves nous démontre son génie de la mise en scène, du cadrage, du rythme, de la gestion de la tension dramatique (rarement séquence aura été aussi efficacement découpée) et de l’appréhension de l’espace (on a vite l'impression de très bien connaître les lieux). Rarement images auront été plus belles car le cinéaste et son chef opérateur opèrent des miracles, les imposants paysages d'Oak Creek Canyon semblant les avoir génialement inspirés ; on trouve des plans d’ensemble parmi les plus impressionnants vus jusqu’ici ! Une pure merveille que le début sauvage et frustre de ce western ! Amateurs d’aventure en plein air, ce film est d’ores et déjà fait pour vous.

Rencontrant un convoi de pionniers, l’homme de loi et son prisonnier décident de faire une halte dans le campement des colons, et voici que l’on menotte Richard Widmark à une roue de chariot. L’image ainsi évoquée vous rappelle-t-elle quelque chose ? Si comme moi, vous avez découvert le film, émerveillés, un soir de juin 1982 lors de la première année d’existence de la fameuse émission présentée par Eddy Mitchell, la regrettée Dernière Séance, elle vous aura probablement hantés jusqu’à aujourd’hui. Et ce ne sont pas les multiples visions qui lui auront fait perdre de sa puissance, puisqu'on a toujours du mal à supporter l'injustice de voir un personnage qui nous semble d’emblée sympathique (malgré sa rudesse et sa violence) se faire humilier à ce point par un shérif haïssable. Dès lors on se dit qu’il n’est pas possible que Todd soit un assassin, et l’empathie ne tarde pas à naître envers ce personnage. Tout cela pour dire que les années passant, The Last Wagon, malgré quelques très petits détails qui m’ont un peu gêné cette fois-ci (mais nous y reviendrons), reste un de mes westerns cultes, l’un de ceux que je conseille le plus volontiers à ceux qui me demandent par quel film commencer pour découvrir le genre, et ce à tout âge, puisqu'il fonctionne parfaitement chez les plus jeunes (expériences à l’appui). Quarantenaires qui chercheriez à faire partager à votre progéniture votre amour pour le western, n’hésitez plus dans le choix du film à leur faire voir en premier ! Mais cessons ces digressions nostalgico-personnelles pour retourner à notre roue ! Celui qui a placé Richard Widmark dans cette inconfortable posture, c’est le shérif qui, comme tous les autres personnages du film, est très fortement caractérisé. C’est un de ces protagonistes que l’on aime abhorrer tellement il s’avère haineux et brutal ; lorsqu’il reçoit une hache en pleine figure, ça nous ferait presque jubiler d’en être débarrassé car l’acteur George Mathews était fortement convaincant en brute épaisse et nous aurions eu du mal à supporter d’être en sa présence plus longtemps (au cinéma, il nous est heureusement permis - une sorte de sain défouloir - de souhaiter la mort d'un personnage). On ne saura jamais la raison de cette animosité mais on la devinera à la toute fin en même temps que l’on apprendra la vérité sur les causes du comportement agressif, violent et meurtrier de Todd le Comanche.

Todd le Comanche, parlons-en justement. Il s’agit de la cinquième prestation dans un western de l’immense Richard Widmark après, excusez du peu, La Ville abandonnée (Yellow Sky) de William Wellman, Le Jardin du diable (Garden of Evil) de Henry Hathaway, La Lance brisée (Broken Lance) d'Edward Dmytryk et Coup de fouet en retour (Backlash) de John Sturges. Les suivants seront presque tous aussi remarquables ; autant dire que le comédien fit quasiment un sans-faute dans ses choix. Et malgré tout, son personnage dans La Dernière caravane pourrait être l’un de ses plus mémorables. Dans le film, il s’agit non seulement de l’homme pragmatique qui va sauver la vie de ses compagnons de route mais il sera également à l'origine de leurs (positives) évolutions personnelles, leur ayant intentionnellement révélé leur vraie nature, les ayant fait réfléchir sur leurs préjugés. Le western narre donc un parcours tout aussi bien géographique qu’initiatique au bout duquel chacun aura pris conscience de ses défauts ou erreurs de jugements et en aura tiré les leçons. "The Last Wagon, […] c’est aussi un plaidoyer pour la tolérance et la compréhension : tout ce qui parait hostile ne l'est pas, nous pouvons être trop prompts à juger ceux qui nous entourent" disait d’ailleurs Delmer Daves à Bertrand Tavernier dans une lettre qu'il lui écrivait en 1960 (reprise dans Amis américains). Car ce western est effectivement à la fois un "survival" en milieu hostile, un spectaculaire film d’aventure mais aussi une réflexion morale et un récit d’apprentissage (comme souvent chez Daves). Todd le Comanche est l’homme de la nature, celui qui sait comment lutter contre les éléments, qui sait comment trouver ou retrouver son chemin, qui sait se procurer eau et nourriture, qui connaît l’art de la dissimulation pour ne pas se faire remarquer par ses ennemis (ici les Apaches sur le sentier de la guerre). Il va devoir enseigner à ses compagnons d’infortune les rudiments de la survie, pourquoi ne pas crier ou tirer un coup de feu, pourquoi marcher de nuit afin que la poussière soulevée par leurs chevaux n’attire pas les regards...

Avec son "costume" frangé d'aventurier à la Davy Crockett et grâce à son formidable charisme (à tel point qu’il n’a pas besoin d’ouvrir la bouche pour happer notre attention, il ne prononce pas un seul mot avant la 20ème minute), il n’est pas étonnant qu’il impressionne d’emblée le benjamin du groupe, le jeune Billy, pour qui il représente le héros qu’il a sûrement toujours rêvé d’être ; les relations entre eux seront à peu près les mêmes qui liaient le jeune garçon à Shane dans le film homonyme de George Stevens, un mélange de fascination et d’adoration. Le fait que Todd soit appréhendé d’emblée comme un meurtrier n’entre pas en ligne de compte pour Billy, puisque l’homme de loi qui l’a présenté ainsi était bien plus détestable d’apparence et de comportement (« Not to be fooled by the color of his eyes and his skin. He may be white, but inside he's all Comanche »). Billy, avec la naïveté qui est une caractéristique de son âge, fait donc immédiatement confiance à Todd sans jamais se poser la moindre question, sans aucuns préjugés, et ce malgré la méfiance d’un grand nombre de pionniers pour qui un prisonnier est forcément un homme de qui l'on doit se méfier. Sa grande sœur prend également tout de suite fait et cause pour le captif par le fait d’avoir un tempérament à vouloir défendre à tout prix les faibles et les opprimés ; ici, c’est le traitement que le shérif lui inflige qui lui parait inhumain et qui la pousse elle aussi à se mettre du côté du hors-la-loi. Billy, c’est Tommy Rettig, âgé alors de 15 ans, déjà au générique d’autres westerns comme The Raid de Hugo Fregonese ou de Rivière sans retour (River of No Return) d'Otto Preminger, mais surtout connu pour son rôle (le principal) dans Les 5 000 doigts du Dr T de Roy Rowland. Comme tous ses partenaires, il reste plutôt discret et n’en fait jamais trop, ne cherchant visiblement pas plus que les autres à se mettre en avant, restant tout entier au service de la belle histoire écrite par Delmer Daves et James Edward Grant (très bon scénariste et également réalisateur du très beau L’Ange et le mauvais garçon - The Angel and the Badman avec John Wayne et Gail Russell).

Sa sœur aînée, c’est la jolie Felicia Farr, déjà au générique du précédent western de Daves, Jubal. Il s’agit de l’héroïne positive par excellence : belle, douce, aimante, protectrice mais aussi (ce qui n'était pas le cas dans Jubal) déterminée et prête à se battre pour ses convictions et contre toutes formes de préjugés et de clivages. Rien à voir avec ces diverses qualités, mais elle sera également à l’origine de la séquence la plus tendre et inoubliable du film, la fameuse "dernière nuit d’amour". Alors que le groupe s’approche de son but, celui de rejoindre l’armée afin d’être à l’abri de toutes attaques indiennes, il se voit obligé de faire une halte nocturne après être tombé sur plus de 300 guerriers Apaches qui ont établi leur bivouac en plein milieu de leur chemin. Pensant qu’elle ne sera plus de ce monde dès le lever du jour et s’attendant à vivre sa dernière nuit, Felicia Farr va retrouver Richard Widmark sur un promontoire dominant les feux de camps indiens. Ils se racontent leurs secrets et leurs aspirations puis la femme vient à faire tomber les dernières réticences de l’éclaireur, se jetant à son cou pour l’embrasser. C’est probablement leur dernière nuit, ils n’ont plus de pudeur à avoir. Une séquence d’une grande délicatesse et d’une grande sensualité, rythmée par le sourd martèlement des tambours Apaches. Le premier plan qui suit le lever du soleil est d’ailleurs sur Felicia Farr en train de réarranger ses cheveux ; il ne fait aucun doute sur ce qui s’est passé entre eux deux. Une séquence splendide qui en annonce une similaire et tout aussi mémorable dans 3.10 pour Yuma. Les autres jeunes gens du convoi sont deux garçons et deux filles. Parmi les hommes, on trouve l'acteur Ray Stricklin dans la peau d'un personnage assez transparent (celui à la chemise verte) alors que celui interprété par Nick Adams est un peu plus intéressant, d'abord engoncé dans ses certitudes et ses partis pris avant de se rendre compte qu'il fait fausse route et d'admettre qu'il a eu tort de prendre Todd de haut par le simple fait qu'il ait été élevé par les Indiens.

Les deux protagonistes féminins sont demi-sœurs et c'est surtout par leur intermédiaire que Daves aborde également l'un des thèmes qui lui tient le plus à cœur, le racisme. L'une des deux éprouve pour l'autre une haine tenace par le fait qu'elle soit métisse, son père l'ayant conçue avec une Indienne. Des relations mélodramatiques très bien vues et assez tendues entre les deux actrices ainsi qu'avec le père. A force qu'on lui fasse ressentir son infériorité et sa bâtardise, Jolie (Susan Kohner), la "sang-mêlée", se sent coupable d'être ce qu'elle est ; elle finira néanmoins par se rebeller contre sa vindicative sœur (« You acts so clean but you thinks so dirty ») et à s'accepter telle quelle, retrouvant la fierté et la confiance en soi qu'elle avait perdue. Valinda, c'est Stéphanie Griffin dans le seul rôle au cinéma de sa carrière, ce que l'on peut déplorer au vu des talents dramatiques qu'elle déployait ici. Beaucoup l'auront trouvés agaçante par le fait de se braquer pour un rien ou de faire ressortir sa bigoterie par tous ses pores, mais elle s'avère finalement très juste et très humaine. Qui n'a jamais eu de préjugés ? Qui n'a jamais sorti des méchancetés outrancières alors qu'il était en colère ? Qui n'aurait pas crié à la vue d'un pendu (d'autant plus s'il s'était agi de son père comme ici) ou en découvrant subrepticement devant soi un serpent à sonnette qui de plus vous aurait mordu ? Un personnage très bien écrit et dont la rédemption est (très logiquement puisque partie de plus loin) la plus touchante. Le racisme est également évoqué moins frontalement et sous un autre angle pas forcément repérable dans l'immédiat, celui de l'abus de pouvoir et de la volonté d'extermination. Si Todd ainsi que les Indiens se comportent d'une manière aussi sanguinaire et implacable, c'est de la faute des hommes blancs, qui plus est issus de l'autorité publique : les Apaches se vengent au centuple des massacres perpétrés à leur encontre par l'armée américaine. [Spoiler] Quant à Todd, il se venge du sauvage assassinat de sa femme et de ses deux enfants par trois frères dont l'un était un shérif, celui qu'il tue au début du film dans la séquence de la hache évoquée plus haut. [fin du spoiler] Des actes pas excusables mais compréhensibles.

A signaler aussi la présence du sympathique comédien Carl Benton Reid dans le rôle du général Howard (personnage véridique surnommé "Howard la Bible") lors de la dernière séquence, celle souvent vilipendée du procès fait à Todd. Un peu didactique certes et en totale opposition de ton avec tout ce qui a précédé, mais au cours de laquelle on assiste à une belle défense du peuple indien - et où l'on apprend d'où proviennent les parts d'ombre de certains personnages (dont Todd surtout) - et qui nous fait réfléchir sur les notions de meurtre, de vengeance et de justice. Une scène pas si inutile qu'on a pu le dire et finalement assez émouvante sauf qu'on se serait aisément passé du "tour de table" final un peu trop appuyé et factice - comme si nous n'avions pas été témoins des changements opérés chez chacun des participants au cours de ce "voyage" dans cet univers cruel et hostile sans que chacun se sente obligé de nous les résumer ?! A part ce petit détail, la facilité un peu trop déconcertante qu'eurent les soldats et pionniers à se tirer du guêpier indien, et le plan du vautour qui fait penser deux secondes avoir zappé vers un film mettant en scène des créatures confectionnées par Ray Harryhausen, il n'y pas grand chose à reprocher à The Last Wagon si ce n'est sa trop courte durée qui a empêché d'approfondir encore plus des personnages aux côtés desquels nous aurions bien voulu faire encore un bout de chemin.

Au final, voilà un splendide western aussi réussi sur le fond que sur la forme. D'après Bertrand Tavernier qui tient cette information du fils même de Delmer Daves, le scénario aurait été écrit dans les très grandes largeurs par le cinéaste lui-même, l'écrivain Gwen Bagni et James Edward Grant n'ayant apporté que quelques idées. Au vu des thèmes mis en avant et développés, au vu de la tendresse et du lyrisme déployés, cela ne fait effectivement presque aucun doute, ce qui en fait un véritable film d'auteur. D'ailleurs la maîtrise de l'écriture est tout aussi éclatante que la maîtrise formelle, les dialogues sonnent aussi justes que le travail sur la couleur et l'éclairage (un vrai régal pour les yeux), la solide intrigue linéaire est aussi efficace que l'époustouflant sens du cadre (pour les gros plans et les plans d'ensemble). Un film au rythme constamment soutenu qui n'hésite pas à mélanger brutalité (les meurtres au poignard par Richard Widmark sont sacrément rudes) et douceur, sécheresse et lyrisme, film d'aventure et récit d'apprentissage, action et mélodrame, pour aboutir sur de grandes leçons de sagesse sans que ce ne soit jamais trop moralisateur. Un western magistral qui ne connut pas un grand succès à sa sortie mais qui est devenu un grand classique au fil du temps. Recommandable sans modération aux amateurs ou non de westerns de 7 à 77 ans !

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Par Erick Maurel - le 4 mai 2013