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Critique de film
Le film

La Belle de San Francisco

(Flame of Barbary Coast)

Partenariat

L'histoire

En 1906, Duke Fergus, cow-boy du Montana, arrive sur la côte californienne où il se découvre une passion pour le jeu. Dans le même temps, il tombe amoureux de la chanteuse Flaxen Terry, la petite amie du patron de saloon qui vient de le plumer aux cartes. Pour séduire cette femme qui est la véritable coqueluche de la ville, il décide d’ouvrir lui-même son propre établissement dans lequel il espère bien attirer la belle. C’est à ce moment qu’a lieu le célèbre tremblement de terre de San Francisco…

Analyse et critique

En 1935, John Wayne est la vedette du premier film produit par la Republic. Il était normal que pour le dixième anniversaire du studio, on fasse encore une fois appel à la star maison. Herbert J.Yates confie les rênes de cette production à Joseph Kane, vétéran des westerns avec Roy Rogers, habitué du genre et qui a déjà réalisé plus de 75 films de série pour la firme. Peu habitué à gérer d’un seul coup autant de moyens et plus de 15 jours de tournage, il réussit néanmoins à mettre sur pied cette œuvre de prestige. Le réalisateur va bénéficier d’un budget de 600 000 dollars et du talent des meilleurs artisans du studio, notamment les spécialistes des effets spéciaux Howard et Theodore Lydecker qui recréent avec réalisme le fameux tremblement de terre sans pour autant atteindre la puissance de la même scène dans le San Francisco de W.S. Van Dyke. Le film est un succès largement bénéficiaire qui devient l’emblème de la réussite de la Républic.

Qu’en reste t’il aujourd’hui ? Quasiment rien puisque le film n’est pas plus considéré que la majorité des films de série de la firme ‘de l’aigle’. Il ne mérite d’ailleurs pas de l’être davantage car il ne pourra vraisemblablement procurer de plaisir qu’aux inconditionnels acharnés de John Wayne ou de westerns. En effet, comment peut-on croire que l’auteur de ce scénario dépourvu de toute originalité est Borden Chase, le même qui trois ans plus tard signera celui de La rivière rouge de Hawks et se verra associer par la suite aux chefs d’œuvres du couple Anthony Mann/James Stewart ? Mais par rapport à son sinistre scénario de Alerte aux marines l’année précédente, nous décelons heureusement un progrès certain.

Et pourtant, la première image voyant John Wayne, pieds nus dans le sable, essayer de faire des ricochets dans l’océan était intrigante et éminemment sympathique. Et pourtant, la première scène très spirituelle entre John Wayne et Ann Dvorak pouvait laisser présager un film savoureux. Et pourtant quelques notations historiques et politiques sur la gestion d’une ville au début du siècle étaient intéressantes. Et pourtant, nous avions la chance de pouvoir admirer le superbe visage de Virginia Grey. Et pourtant le Duke était très à son aise dans ce rôle de joueur amoureux et Ann Dvorak assez piquante. Et bien alors, de quoi nous plaignons-nous ? Malgré l’indigence de la mise en scène, la lourdeur de l’humour, un scénario bien routinier et une musique assez insupportable, en ne cherchant pas à être difficile, il reste assez d’éléments pour qu’un petit nombre d’entre nous puisse trouver son compte à ce spectacle finalement pas si désagréable. Il suffit juste de bien s’y préparer !

En savoir plus

La fiche IMDb du film
Par Erick Maurel - le 21 novembre 2002