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Critique de film
Le film

L'Eventail de Lady Windermere

(Lady Windermere's Fan)

Partenariat

L'histoire

Après des années d’exil, la mère de Lady Windermere, Mrs Erlynne, est bien décidée à réintégrer la haute société britannique dont elle fut jadis exclue. Elle trouve un protecteur en la personne de son gendre, qui a accepté de lui payer une rente si elle ne révélait pas sa véritable identité à sa jeune épouse qui imagine que sa mère était une femme vertueuse. Malheureusement, Lady Windermere découvre le livret de comptes de son mari. Un quiproquo qu’est bien décidé à exploiter l’intrigant Lord Darlington qui convoite la jeune femme.

Analyse et critique

Avec son scénariste Julien Josephson, Ernst Lubitsch adapte la première comédie écrite par Oscar Wilde en 1891. A la prose alerte et cruelle de Wilde, Lubitsch appose un ton plus chaleureux et compose un savant jeu sur les apparences et l’apprentissage du regard. Si bien que L’Eventail de Lady Windermere pourrait se lire comme une ode au cinéma, une manière délicate de filmer la différence entre le regard d’un spectateur de théâtre et celui d’un spectateur de salles obscures.

Première des transformations : les deux auteurs dilatent le temps de l’action pour des raisons pratiques. La pièce se déroulait sur 24 heures. (1) A la lecture de dialogues acides, nous apprenions toutes les informations nécessaires à la compréhension des enjeux dramatiques de l’anniversaire de Lady Windermere (May McAvoy). Ne pouvant faire parler ses comédiens, désireux de réduire au minimum le nombre d’intertitres, Lubitsch et son scénariste choisissent de narrer les événements importants qui précèdent le bal donné en l’honneur de la jeune épouse pour son anniversaire. Ainsi, le film débute plusieurs semaines avant que n’ait lieu le grand bal qui occupera une bonne partie de la bobine. La première demie heure du film peut ainsi être vue comme une longue mise en place d’éléments dramatiques avant la pièce de réjouissance.

Deuxième transformation, qui tient ici plus lieu de choix que de contrainte : Lubitsch abandonne tout un tas de personnages secondaires et concentre sa narration sur le personnage de Mrs Erlynne (magnifique Irene Rich parée de costumes raffinés) plutôt que sur sa fille. Comme ce dernier est le véritable protagoniste tragique de la pièce et du film, on peut penser qu’ayant rallongé la durée de l’action, Lubitsch tenait à un personnage assez dramatique pour exprimer la fameuse « ironie amère » de Wilde. Car dans la pièce, l’ironie surgissait de la promptitude des événements, de leur caractère mécanique et implacable. En une soirée, des vies manquaient d’échouer. Ainsi, en choisissant de focaliser les regards sur le chemin de Mrs Erlynne, Lubitsch peut rendre compte de sa vision éminemment dramatique de la pièce. Peut-être aussi que le chemin que doit parcourir cette femme bannie du monde se prêtait mieux aux puissances du cinéma. En tout cas, Lubitsch fait de son aventure mondaine un drame épique, une odyssée homérienne au cours de laquelle cette femme manipulera les hommes et les femmes comme des jouets, rééduquera les regards à sa présence, affrontera les Dieux en tentant de tricher avec son propre destin et se sacrifiera finalement dans un superbe élan d’amour maternel.

Ainsi, L’Eventail de Lady Windermere mêle deux récits : l’un réaliste et l’autre symbolique. Chacun se prête à une démonstration des mécanismes implacables de survivance de la haute société victorienne. D’une part, il s’agit d’une superbe comédie sophistiquée, drôle, alerte, anoblie par de somptueux costumes d’époque. Un marivaudage brillant avec son trio amoureux traditionnel, ses portes qui claquent, ses quiproquos. Premier film dynamique au cours duquel nous découvrons une société inégale et patriarcale où les femmes sont réduites en deux camps : les puritaines (Lady Windermere) et les immorales (Mrs Erlynne). Le deuxième film tient plus lieu du drame antique ou de l’odyssée tragique. Aventure épique de Mrs Erlynne qui doit réapparaitre dans un monde dont elle a été bannie et qu’elle cherche à réintégrer. Drame d’une mère qui se cache de sa fille et qui doit subir l’humiliation quotidienne du paria revenu d’exil. Mrs Erlynne doit payer sans cesse pour ses erreurs passées. Sa vie, son parcours montrent et démontrent les infinies ressources de l’hypocrisie mondaine, de la vanité humaine. Drame épique sublime et tendre, au cours duquel nous découvrirons que le mensonge est le socle sur lequel repose cette société où règnent les apparences qui en maintiennent l’ordre établi.

Ernst Lubitsch compose ainsi une tragique comédie des apparences pures.

La comédie donne lieu à de formidables inventions, comme ces deux passages où le cinéaste nous explique de quelle manière on peut connaître les intentions d’un amant juste en observant comment il tire à la sonnette de sa galante. Ou ces pures scènes de comédie traditionnelle et mondaine, où le pauvre Lord Augustus se transforme en enfant capricieux au contact de sa maitresse. Ces moments comiques, au lieu de simplement enjouer le drame qui se trame parallèlement, y participent pleinement. Ce sont les séquences où Lubitsch se montre le plus ironique, sans jamais toutefois épouser le cynisme de Wilde. Ainsi, il fait une brillante démonstration fort drôle de la manière dont un cancan se propage durant la longue séquence de champs de cours. Il cadre une par une les trois douairières en train de colporter des inepties sur Mrs Erlynne. L’information passe mécaniquement d’une bouche à l’oreille puis de l’oreille à la bouche, et ainsi de suite jusqu’à rencontrer les oreilles prudes de Lady Windermere. Le cancan s’aventure à son tour et fait ses ravages, illustrant ainsi cette merveilleuse tirade de Lady Windermere à la fin de l’acte III : « Les actions sont la première tragédie de la vie, les mots sont la seconde ! Les mots sont peut -être la pire. Les mots sont sans pitié. »

La partie strictement comique est ainsi reléguée derrière le drame de personnages qui vont faire l’expérience d’un monde inégalitaire d’apparences. La première victime de ses sens est d’entrée le spectateur, que Lubitsch manipule durant les toutes premières scènes grâce à un savant découpage. Tandis que Lord Darlington (Ronald Colman) tente de séduire Lady Windermere, nous passons brutalement sur Lord Windermere en train de lire une missive qui l’inquiète. Montage brutal qui rompt d’ailleurs avec les onctueux fondus enchainés d’ouverture qui laissaient croire à une doucereuse comédie de salon. Il n’en suffit pas plus pour que, durant les quelques secondes de ce simple plan, nous échafaudions à l’avance notre propre scénario de marivaudage, en voyant dans ce bout de papier un anonyme révélant les sentiments scandaleux de Lord Darlington. Nous découvrirons au fur et à mesure qu’il n’en était rien, qu’il s’agissait d’ailleurs d’une histoire beaucoup plus dramatique que le scénario de comédie que nous nous attendions à voir. Pour découvrir la vérité, Lubitsch nous aura encore trompés avec quelques subtils tours de passe-passe dont il a le secret. Il a donc fallu apprendre à se méfier des apparences pour gagner le regard omniscient du cinéaste, s’embarquer à ses cotés et ainsi ressentir tout au long du film une vraie proximité avec lui et qui fait l’un des nombreux charmes de L’Eventail de Lady Windermere. Après l’épreuve initiatique des premières séquences, le spectateur se voit doté d’un regard omniscient, cinématographique (avec ses nombreuses valeurs de plans), qui va lui permettre de regarder la vérité des choses et le spectre total de cette terrible société victorienne.

Si Lubitsch oppose d’ailleurs le regard omniscient d’un spectateur de cinéma à celui du théâtre, on peut s’interroger sur l’identité de l’homme de théâtre qui se cache dans le film ? Il s’agit à n’en pas douter de ce pauvre Lord Darlington, autre protagoniste tragique du drame en cours et double théâtral de Mrs Erlynne. Lord Darlington se faisait dans la pièce d’Oscar Wilde la voix de son auteur. C’est un dandy malin et rusé, un cynique distancié qui croit pouvoir manipuler les membres de cette société dont il connaît les codes et les tartufferies. Cynique parce que Lord Darlington a beau se rire comme Wilde de la haute société victorienne, il en fait intégralement partie, inventant ses aphorismes critiques et cruels avec l’esprit d’un homme du monde. Et c’est bien là d’ailleurs tout le drame de cet amant transi qui cherche à tout prix à réveiller les ardeurs enfouies de Lady Windermere. Tragique parce que son combat est pipé d’avance : Lord Darlington, comme un spectateur de théâtre, croit tout voir et ainsi tout comprendre et se trompe sans cesse. Il prend ses désirs pour des réalités. Il observe Lord Windermere dissimuler à sa femme la missive de Mrs Erlynne. Il surprend encore Lord Windermere tiquer quand celui-ci entend les douairières s’étonner que cette femme possède tant d’argent. Lord Darlington est sans cesse trompé par ses sens. Il interprète le réel à la manière dont il veut le voir et le comprendre. Comme il rêve de séduire Lady Windermere, il veut croire que son mari la trompe pour pouvoir l’attirer dans ses filets. Il rêve de faire l’éducation par le vice de la vertueuse jeune épouse.

Cynique dandy, critique d’une société qu’il réprouve mais dont il fait partie, Lord Darlington observe le monde avec les yeux d’un comédien. Il interprète les événements comme les scènes attendues d’un grand marivaudage dont il serait le héros triomphant et obscène. Prisonnier d’un monde qu’il ne peut observer de l’extérieur, Lord Darlington reste le personnage tragique et vaniteux d’une comédie. Il est dépossédé du regard omniscient du spectateur de cinéma dont Ernst Lubitsch pare son public et ne voit pas la dimension dramatique, cachée, du monde. (2)

Entre Lord Darlington et Mrs Erlynne se tient la douce et puritaine Lady Windermere. L’action de la pièce et la séquence essentielle du film se déroulent au cours de ses 21 ans, âge symbolique du passage à l’âge adulte. Rite initiatique au cours duquel la jeune femme va découvrir le prix de la trahison, l’inégalité sociale des sexes, la vérité des désirs. Passage à la maturité qui se traduit bien entendu, selon toute acception classique, par une certaine perte d’innocence. Mais là encore, l'ironie l’emporte : puisque Lady Windermere manque de commettre à son tour les mêmes erreurs que sa mère par le passé, elle restera pourtant au bout du compte dans l’ignorance de l’identité véritable de la femme qui s’est sacrifiée pour elle. C’est le versant moral du film qui se traduit ici par un immoralisme ironique. Puisque les dés sont truqués, la véritable morale est à rebours de celle prônée par le puritanisme. Lady Windermere continuera ainsi à idéaliser la figure maternelle (Wilde et Lubitsch se moquent de l’idéalisme victorien fondé sur le hiatus entre idéal et réalité) selon une ironie toute wildienne qui pour le coup semble convenir à Lubitsch, cet homme qui voit le drame de la comédie humaine et le comique de toute tragédie épique.

Pour se sacrifier et éviter à sa fille la fatale répudiation, il y a donc une mère. Une femme qui lui transmettra dans un geste élégant une leçon de vie, offrant à son enfant un autre regard sur le monde. Mrs Erlynne transmet à Lady Windermere un regard juste. Elle lui apprend à juger les hommes sans s’embarrasser de leurs réputations et sans leur faire payer leurs erreurs de jeunesse. Magnifique héritage d’un regard qui donne lieu à l’une des plus belles scènes de toute la filmographie d’un cinéaste qui n’est pourtant pas avare de moments délicats. En se sacrifiant pour sa fille, en trompant les apparences, en faisant croire que l’éventail lui appartient, Mrs Erlynne trompe la fatalité, évite aux événements de se répéter mécaniquement. Lubitsch, par la pantomime de comédiens dirigés avec grâce, douceur et subtilité, réussit à traduire en images cette fameuse sentence que prononçait Mrs Erlynne dans la pièce : « Non, non. Ce n’est pas possible ! La vie ne répète pas ses tragédies de cette façon-là. » Elle triomphe du destin. Sacrifice épique au terme d’une odyssée des regards où s’impose la vérité de la mise en scène d’Ernst Lubitsch.

Dès l’ouverture, le cinéaste alterne plans larges et plans moyens dans des décors dantesques où il est impossible de distinguer l’intégralité des volumes. Ce découpage permet à la fois de marquer la distance sociale entre les êtres et leur entière solitude dans un monde trop grand pour eux. L’alternance des plans dans ces décors gigantesques renforce parfois l’impression (wildienne) de vanité humaine ou la sensation de fragilité (lubitschienne) des personnages. Aussi puritaine, naïve et butée soit-elle, Lady Windermere passe dès les premiers plans pour un être délicat et sensible, une femme dévouée et innocente. Ce que traduit en tout cas le choix d’avoir confié le rôle à la frêle May McAvoy. Mrs Erlynne a beau faire chanter son gendre qui veut préserver le honteux secret, elle n’en paraît pas moins solitaire et abandonnée. Comme le révèle l’intertitre, elle est d’ailleurs préoccupée par son présent. Comment effectuer un come-back dans le monde ? Comment réapparaitre au monde quand on en a été banni ? Mais surtout, comment réintégrer un univers où la calomnie règne, où l’on juge sur les apparences et où l’on ne voit chez les autres que ce que l’on désire y voir ? Comment en fin de compte changer les regards ?

Après avoir soudoyé Lord Windermere, un représentant même de cette société masculine inégalitaire, Mrs Erlynne se rend au champ de courses. Cela donne lieu à l’une des plus complexes séquences du film. Pour réapparaitre, la femme dévoyée doit d’abord se faire voir en usant des codes de la distinction entre les sexes. Redevenir ainsi un objet de convoitises pour les hommes et un objet de cancans pour les femmes. Tel est le premier pas à effectuer à l’intérieur du monde, puisqu’en redevenant l’objet d’attention du monde, on réintègre déjà une partie de ce monde. Il lui suffit de se présenter devant ces messieurs et de se faire voir des dames à bonne distance : jouer le jeu d’un système qui cherche sans cesse à préserver ses hiérarchies.

Ce qui s’avère plus surprenant, c’est bien la manière dont Lubitsch filme cette réapparition. Mrs Erlynne est observée à travers des lunettes et/ou des jumelles. Quand on manque de la voir sans jumelles, installée sur les gradins, la vision en est obstruée par l’apparition d’un spectateur qui en dissimule l’accès. Autant, elle se fond dans la foule des gentlemen qui l’épient. Autant, elle reste à bonne distance de jumelles de ces dames. Mrs Erlynne semble être observée comme un étrange animal perché sur un arbre dans un jardin voisin ; voire un lointain voisin derrière un poste frontière. D’ailleurs, le champ de courses est le lieu démocratique où elle peut réapparaitre aux regards tout en se tenant éloignée de la haute société victorienne. C’est un lieu public où chacun peut se rendre même si seule cette société l’occupe. A la fin de la séquence, elle repart chez elle en suivant l’injonction d’un doigt géant sur un panonceau qui lui en indique la sortie. A la frontière entre les morts sociaux et les vivants, Mrs Erlynne a frôlé le monde victorien. Elle ne peut encore l’atteindre comme le martèle ce doigt tyrannique. Pour le moment, même si elle est redevenue l’objet d’attention et des regards du monde, elle en est toujours exclue.

Pour réintégrer le monde, elle devra à nouveau faire chanter son gendre, flatter les vilaines douairières, séduire un vieux barbon maintes fois divorcé (3), affronter l’humiliation et la blessure de son enfant. Rejetée par sa fille qui a cru voir dans le jardin ce qu’elle avait bien voulu y voir, Mrs Erlynne va tenter un ultime coup d’audace. Au lieu d’accepter avec résignation son sort, elle va contourner les règles du destin et tenter de s’imposer au monde en découvrant le secret des Dieux. Après avoir subi l’ultime humiliation de son enfant, elle la suit dans les couloirs dérobés de la maison, pénètre les portes cachées et s’introduit par les coulisses dans le monde. Mrs Erlynne trompe la vigilance des cerbères (les domestiques qui annoncent l’arrivée de chaque nouveau convive) et cherche la porte au-delà de laquelle se situe le passage du retour à la vie et au monde. Elle déjoue les regards.

Cinéma muet oblige, Ernst Lubitsch trouve et filme la vérité des sentiments dans les silences. Si les mots tuent, si les cancans excluent hors du monde les femmes infidèles, si les lettres trompent les sens des soupirants trop impatients, les rares moments de silence pur disent la vérité de l’invisible. A de très nombreuses reprises, alors que les personnages sont en train de causer, survient un profond et mélancolique silence. Silence d’ouverture de Lady Windermere qui craint les avances de Lord Darlington. Silence de Mrs Erlynne que surprend Lord Windermere. Lequel vient alors lui serrer chaleureusement la main. Silence encore qu’impose Lord Windermere aux trois douairières en train de méchamment cancaner. Silence de ces trois vilaines grâces de la haute société qui, soudainement, semblent réaliser l’absurdité des mots qu’elles prononcent.

Si les silences ont tant d’importance dans L’Eventail de Lady Windermere, ils n’en paraissent que plus dangereux. Les silences disent la vérité. Ils peuvent donc révéler l’injustice d’un système puritain hypocrite et inégalitaire. Les personnages craignent les silences. Les trois douairières surprises en train de potiner se taisent. Alors que ce silence réduit leur vanité à de la simple humilité, elles se reprennent immédiatement et colportent en vitesse le plus affreux mensonge qui conduira à la tragédie du film : elles immiscent le doute dans le crane innocent de Lady Windermere (« Pourquoi votre mari défend-il cette femme ?). Par peur du silence, par crainte que la vérité n’éclate, les trois vieilles veuves sèmeront doutes et confusion. Les mots tuent. Les silences révèlent le monde.

Une analyse plus approfondie nous révélerait, bien que nous le sachions déjà, que toute cette mésaventure est la conséquence du regard des hommes. Société patriarcale et phallocrate où il faut pouvoir distinguer facilement la femme dévoyée de l’épouse fidèle. Précéder la réputation de l’être, accoler un slogan identifiable sur un morceau de chair indistinct. Pouvoir séparer la mère de la pute, brailleraient les psychanalystes. Mais que faire en fin de compte dans ce monde injuste et inégal sinon, comme Lubitsch, ouvrir les regards à plus de compréhension de l’être, à moins de jugement à l’emporte pièce ? Il nous faut donc, tout au long de ce film étincelant et superbe, suivre la voie du cinéaste qui, comme un sage amusé, cherche à éduquer les hommes plutôt qu’à conforter leurs vanités en les laissant se moquer avec suffisance des tares de leurs contemporains. Leçon trop rare où Ernst Lubitsch dès 1925 surpasse en élégance, en délicatesse, bien des auteurs de comédies à venir.


(1) 21h30 en vérité puisqu’elle débutait à 17h et s’achevait le lendemain à 13h30.
(2) Cynique, il s’amuse avec une vanité distanciée de la dimension tragique du monde.
(3) Mrs Erlynne a deux doubles : l’un tragique (Lord Darlington qui comprend les codes du monde comme elle) et l’autre comique : Lord Augustus. La figure du vieux séducteur se superpose à celle d’aventurière de Mrs Erlynne. Ils ont tous les deux les cheveux qui grisonnent et un passé amoureux sans doute assez similaire. D’ailleurs les séquences où il la suit, se rend chez elle, comptent parmi les plus drôles du film. En revanche, l’épilogue en est témoin, son versant comique se fait la démonstration de la dramatique inégalité sexuelle du système aristocratique victorien. Contrairement à Mrs Erlynne, Lord Augustus n’est jamais inquiété pour ses « erreurs de jeunesse » et passe même pour un bon parti.

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La fiche IMDb du film
Par Frédéric Mercier - le 15 septembre 2010