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Critique de film
Le film

L'Assommoir

Partenariat

L'histoire

Lantier quitte Gervaise pour Virginie. Gervaise part au lavoir où elle fait l’objet des railleries de cette dernière. Les deux femmes se battent. Gervaise se remarie avec Coupeau, mais la haine de Virginie reste tenace…

Analyse et critique

Contrairement à la société Gaumont qui se refuse à acquitter les droits d’adaptation d’œuvres littéraires et préfère acheter des sujets originaux (quitte à plagier officieusement des œuvres célèbres), la société Pathé entreprend très tôt d’adapter les grands romans de Victor Hugo et d’Emile Zola. Cette version du roman de L'Assommoir de Zola est sans aucun doute une des toutes premières de l’histoire du cinéma. Ce film de trois bobines avec une durée supérieure à 30 minutes est une production exceptionnelle pour l’époque par sa longueur inhabituelle. Il faut mentionner que, la même année, Capellani a également réalisé une superbe Arlésienne (1908) d’après Alphonse Daudet d’une durée similaire. Vu la durée du film, l’intrigue du roman doit être condensée et resserrée. Néanmoins, l’esprit de Zola reste présent à l’écran. Le récit a subi des modifications importantes. Le personnage de Virginie (Catherine Fonteney) multiplie les actes criminels pour se venger de la fessée que lui a assénée Gervaise (Eugénie Nau). C’est donc elle qui provoque intentionnellement la chute de Coupeau (Alexandre Arquillère) d’un échafaudage et qui substitue une bouteille d’absinthe au lieu du vin qu’il est autorisé à boire. Elle provoque ainsi sa mort. Ces entorses au récit d’Emile Zola permettent de donner au récit plus de cohésion. Les acteurs du film sont tous issus des théâtres parisiens et on mentionne consciencieusement chacune des troupes auxquelles ils appartiennent. Il n’y a guère que Catherine Fonteney qui a survécu avec succès à l’arrivée du parlant et qui reste dans nos mémoires comme la marâtre de Robert Lynen dans Poil de Carotte (Julien Duvivier, 1932). Elle est ici une Virginie particulièrement machiavélique, et il est intéressant de constater qu’elle était déjà une spécialiste des méchantes femmes avec un autre court métrage de Capellani, L’Intrigante (1911) où elle est également une détestable créature. La bagarre qui l’oppose à Gervaise au lavoir est particulièrement bien menée. Toutes les blanchisseuses s’agglutinent pour ne rien perdre du spectacle. Bien que presque tout le film soit tourné en studio, certaines séquences sont en extérieurs comme le repas de noces de Gervaise et Coupeau dans une guinguette. Le cadrage du film est essentiellement en plan large comme c’était la règle à l’époque. Mais Capellani, cette même année, montre qu’il a des idées pour ponctuer son récit comme avec un panoramique étonnant dans L’Arlésienne (1908) ou un triptyque dans L’Homme aux gants blancs (1908).

 

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La fiche IMDb du film

La fiche de la Fondation Jérôme Seydoux

Par Christine Leteux - le 5 septembre 2012