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Critique de film
Le film

Jour de paye

(Pay Day)

Partenariat

Analyse et critique

De tous les métrages de la période Essanay, Pay Day est peut-être celui qui paraît le plus frais. Chaplin y incarne un ouvrier en bâtiment, amoureux de la fille de son contremaître. Le jour de l’aventure est celui de la paie et Charlot, comme ses collègues, va profiter de son maigre salaire pour le plus grand plaisir du spectateur ! Jour de Paie propose une succession de gags dans la veine d’Une Journée de Plaisir ou de Charlot soldat. Chaplin y effectue notamment un numéro ahurissant avec des briques que les autres ouvriers lui lancent : sous la contrainte du rythme imposé par le patron, ses gestes ne cessent de s’accélérer offrant un spectacle à mi-chemin entre le jonglage et la danse. Cette scène qui préfigure celle de l’usine dans Les Temps Modernes est un pur moment de comédie, mettant en exergue l’incroyable sens du rythme du comédien. Pay Day est également l’occasion pour Charles Chaplin de retrouver son frère Sydney avec lequel il commença sa carrière sur scène. Dans la séquence de l’épicerie ambulante, Sydney y tient le rôle du commerçant victime de la maladresse du "Vagabond". Charlot entre dans la boutique en pensant prendre le tramway et s’accroche aux saucissons pendus en l’air comme aux poignées d’un wagon. On le voit ensuite quitter la boutique avec une saucisse dans la bouche qu’il essaie d’allumer comme on le ferait avec un cigare !! Chaplin fait ici preuve d’un autre talent : celui du "milking". Il est capable d’improviser autour de n’importe quelle situation. Son imagination semble sans limite et à ce titre, force est de constater qu’il n’a jamais été égalé !

Mais au-delà des gags, Pay Day prouve aussi à ceux qui ne voient en Chaplin qu’un pantomime génial, qu’il est également un réalisateur de talent. Ainsi la scène de nuit avec le tramway est ahurissante de maîtrise technique pour l’époque : Chaplin y met en scène son personnage ainsi que d’autres figurants sur un véhicule roulant à vive allure. La lumière est parfaitement réglée, la caméra minutieusement dirigée et les mouvements des comédiens et du véhicule savamment orchestrés. La grande classe !!

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La fiche IMDb du film

Dossier : les débuts de Charlot

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Par François-Olivier Lefèvre - le 22 janvier 2005