Critique de film

Analyse et critique

Si la Warner, dans le domaine de la comédie musicale, a donné le meilleur d’elle-même dans les années 30 avec les films réalisés et (ou) chorégraphiés par Busby Berkeley, à l’inverse de la MGM, elle ne nous a plus laissé grand-chose de mémorable dans ce domaine par la suite, si l’on excepte quelques superbes réussites isolées tels Une Etoile est née (A Star is Born) ou Pique-nique en pyjama (Pajama Game), ce dernier avec dans le rôle principal, Doris Day. En 1951, à l’époque de Lullaby of Broadway, l’actrice n’était encore pas devenue une star du grand écran adulée par les américains mais commençait à être une valeur sûre pour le studio qui était quasi certain de rentrer dans ses frais lors de chacune de ses "apparitions en tête d’affiche.

En effet, Doris Day commençait sérieusement à plaire de plus en plus à la fois aux hommes par son sex-appeal et sa gentillesse qu’à la gent féminine pour ses personnages de femmes modernes, indépendantes et ambitieuses. Elle avait débuté dans le cinéma seulement trois ans auparavant, déjà à la Warner, sous la baguette de Michael Curtiz qui la dirigera à nouveau à plusieurs reprises les années suivantes. Tout en continuant d’enregistrer des disques, elle ne cessera désormais plus de tourner incarnant l’américaine typique joviale et dynamique. Et si ses compétences de chanteuse ont toujours été reconnues, il faudrait insister sur ses indéniables talents d’actrice, capable d’être parfaite chez Hitchcock (L’Homme qui en savait trop) et passant sans problème du drame (Les Pièges de la passion - Love me or Leave me) à la comédie, les trois plus mémorables étant Pique-nique en pyjama, Confidences sur l’oreiller (Pillow Talk) et le superbe et méconnu It Happened to Jane (Train, amour et crustacés) de Richard Quine.

Le film qui nous intéresse ici, tout comme d’ailleurs le Calamity Jane du même David Butler, n’a absolument rien d’exceptionnel et ne devrait plaire qu’aux seuls fans du genre, des amoureux du Technicolor ou des merveilleux sourire et organe vocal de Miss Day. Il s’agit d’un vaudeville musical conventionnel au possible, mais assez amusant dans ses quiproquos néanmoins peu crédibles. Le film ne brille donc pas par son scénario, la réalisation est terne et les chorégraphies assez fades, mais le naturel et la bonne humeur de Doris Day sont communicatifs et, non contente d'être excellente chanteuse, elle se révèle ici superbe danseuse de claquettes. L’on sait que son rêve d’une carrière de danseuse a pris fin à la suite d’un accident de voiture ; on imagine qu’elle aurait aisément pu faire partie des plus grandes dans le domaine quand on la voit évoluer dans l’excellent numéro final qui donne son titre au film.

Son partenaire, Gene Nelson, s’il est assez virtuose en tant que danseur, peut difficilement se targuer de l’être en tant que comédien, sa "non-performance" sautant aux yeux. L’utilisation des seconds rôles est assez pittoresque et efficace même si elle ne brille pas par sa légèreté. Enfin, si l’ensemble n’est guère mémorable, nous pouvons néanmoins nous régaler des standards utilisés au cours du film, quasiment tous déjà présents dans des films des années 30, ici brillamment réorchestrés façon jazz par Ray Heindorf et Howard Jackson, que ce soient Just one of those Things de Cole Porter, You’re Getting to be a Habit with me et le fameux Lullaby of Broadway de Chercheuses d’or 1935 de Harry Warren et Al Dubin, le Zing Went the Strings of my Heart de James F. Hanley, Somebody Loves me de George Gershwin, I Love The Way You Say Goodnight d’Eddie Pola… Un très beau Tracklisting pour une comédie musicale moyenne mais qui atteint son but, celui de divertir et de laisser des sourires sur les visages.

Escale à Broadway

(Lullaby of Broadway)

Générique

Année : 1951

Pays : États-Unis

Genres : Comedie, Musical, Romance

Réalisé par : David Butler

Avec : Doris Day, Gene Nelson, S.Z. Sakall, Billy De Wolfe, Gladys George, Florence Bates, Anne Triola, Hanley Stafford, Page Cavanaugh Trio, Carlo De Mattiazzi, Constance De Mattiazzi

Montage : Irene Morra

Photographie : Wilfred M. Cline

Scénario : Earl Baldwin

Musique : Howard Jackson

Costumes : Milo Anderson

Décorateur de plateau : Lyle B. Reifsnider

Direction artistique : Douglas Bacon

Studios de production : Warner Bros. Pictures

Technique

Durée : 92 min

Format d'image : 1.37:1

Couleur : Couleur

Dvd & Blu-ray

Photos du film

7 photos

Bande-annonce

Avis de la rédac

  • Erick Maurel 6/10

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