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Critique de film

L'histoire

Eté 1905, Andrew Hobbs (Woody Allen) et son épouse Adrian (Mary Steenburgen) reçoivent pour un week-end des amis dans leur maison de campagne. Il y a là Leopold Surgis, cousin d’Adrian et professeur de philosophie, sa fiancée Ariel (Mia Farrow) et le docteur Maxwell Jordan (Tony Roberts) accompagné d’une jeune infirmière, Dulcy Ford (Julie Hagerty). Andrew et Ariel ont, il y a longtemps, été amoureux et l’irruption inattendue de la jeune femme réveille chez lui un désir resté en sommeil. D’autant que son couple bat de l’aile, sa femme Adrian étant frigide. Dans l’espoir de satisfaire son mari, cette dernière prend conseil auprès de Dulcy, femme libre et émancipée. De son côté, Maxwell fait du charme à Ariel ce qui rend fou de jalousie Leopold qui, à son tour, est pris de désir pour Dulcy...

Analyse et critique

Woody Allen rend hommage à Ingmar Bergman (et son Sourires d’une nuit d’été) avec cette fantaisie en forme de clin d’œil au grand Shakespeare. Au son du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn, il met en scène un marivaudage dont la légèreté cache un temps la profonde tristesse. Le cinéaste y parle des difficultés de l’amour, de la crainte de la mort et de la recherche du bonheur. Au cours de ce week-end bucolique, chassé-croisé où chacun essaye de conjurer une histoire d’amour déçue, les six personnages questionnent leurs certitudes, se demandent s’il n’est pas encore temps pour eux d’imaginer une nouvelle histoire d’amour, de s’essayer à une autre vie. Et comme l’homme a toujours du mal à s’extraire de sa vie pour parvenir à la scruter d’un œil neuf, la nature et la magie viennent à la rescousse. Allen baigne son film dans la douceur, la féerie, les couleurs enchantées, les sensations de chaleur, de vent et de lumières.

Ce qui peut être vu comme une fantaisie légère dans la carrière du cinéaste, se révèle, par sa délicatesse, sa beauté simple et sa sensibilité, comme l’une de ses plus éclatantes réussites. Allen a ce don d’offrir sous une apparente superficialité des œuvres graves et profondes. Comédie érotique d’une nuit d’été tranche ainsi radicalement par sa forme avec Stardust Memories, film mal aimé, trop radical, sombre et complexe pour ses admirateurs d’alors. Pourtant, le discours est presque aussi sombre, la redistribution des cartes amoureuses que propose ce marivaudage ne tendant qu’à montrer l’impossible accord entre les désirs, les rêves et la forcément décevante réalité. Mais par la beauté (presque cliché) de ses images, son humour tour à tour délicat et grivois, par le plaisir du jeu qui court de la première à la dernière image, le film laisse le sentiment d’une douce ébriété. Une merveille.

En savoir plus

La fiche IMDb du film
La fiche tvclassik

Film réédité en salle par Swashbuckler Films

Date de sortie : 21 décembre 2011

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