
L'histoire
Depuis quelques années, les tribus Kiowas lancent des raids meurtriers contre les colons sur le territoire de l’Oklahoma. Le Major Howell Brady (Jeff Chandler) est envoyé à Fort Clark pour aider le commandant de la place, le Colonel Jackson Meade (John McIntire), à mettre fin à ces violentes attaques. Brady a pour idée de recruter des Indiens Séminoles pour combattre les Kiowas. Les Séminoles, contre qui l’armée américaine s’était battue en Floride, vivent désormais dans la misère la plus totale, les membres de la tribu ayant été éparpillés par le gouvernement pour qu’ils ne représentent plus aucun danger. Mais connaissant leur ancienne capacité à se battre, Brady propose l’idée à Meade qui lui rit au nez n’ayant confiance en aucun "Peau Rouge"...Analyse et critique
Apaches, la cavalerie américaine décide de s’adjoindre les services d’une tribu indienne (les Séminoles) pour en combattre une autre (les Kiowas) malgré les réticences de certains hauts gradés qui, haïssant les Indiens, ne font confiance à aucun d’entre eux. C’est Brady qui a cette idée d’autant plus que Les Séminoles, contre qui l’armée américaine s’était battue en Floride, vivent désormais dans la misère la plus totale, les membres de la tribu ayant été éparpillés par le gouvernement afin qu’ils ne représentent plus aucun danger. Mais connaissant leur ancienne capacité à se battre, il propose l’idée à Meade qui lui rit au nez. Aucune importance ! Brady ne se démonte pas et part quand même rencontrer les Séminoles. Dans un premier temps réticent à reprendre les armes, le chef Maygro décide finalement d’accepter, poussé par sa fille
Avis qui souhaite une vie meilleure, par certains de ses jeunes guerriers qui préfèrent entrer dans le conflit plutôt que de mourir de faim, et par la promesse que leur fait Brady de recevoir par le gouvernement, après six mois de service, une bonne terre riche et verdoyante...
Le sujet de départ, basé sur des faits réels, pouvait sembler captivant et amener une réflexion non dépourvue d’intérêt. Malheureusement le scénario de John Michael Hayes manque de la plus élémentaire des rigueurs et, de ce fait, n’arrive jamais à nous passionner plus avant. Etonnant de la part d’un homme qui nous donnera par la suite quelques perles signées Hitchcock et qui ne sont autres que les superbes Fenêtre sur cour et Mais qui a tué Harry. Son script pour War Arrow date seulement d’une année auparavant mais il est décousu, sans passion, et vire au bâclage sur le final. Nous avons parfois du mal à comprendre certaines réactions de personnages comme celui joué par Maureen O’Hara, et les éléments humoristiques qui parsèment le film - qui sont dévolus au duo d’acteur Noah Berry et Charles Drake - alourdissent le propos plutôt que de lui apporter une bouffée d’air frais qui aurait été la bienvenue. Le seul point positif que l’on puisse trouver au travail de John Michael Hayes est dans sa description des relations tendues qui s’établissent entre Brady et Meade à propos des Indiens : deux conceptions très différentes de leur mission et des relations à avoir avec les tribus indiennes, qui offrent les séquences les plus réussies du film. Les dialogues arrivent parfois aussi à être spirituels, notamment à l’occasion de la rencontre entre Brady et la veuve Corwin lors du bal. Mais le travail d’écriture du scénario n’est pas seul en cause dans l’impression de platitude que nous laisse ce western, George Sherman y a aussi sa part de responsabilité.

Sans aucune idée, sans saveur ni rythme, sa mise en scène est purement fonctionnelle et n’arrive jamais à faire décoller ce western routinier. Même les scènes d’action, y compris l’assaut final sur le fort, nous semblent assez peu spectaculaires
et en partie sabordées par l’incompétence du cinéaste et du monteur. Heureusement, il nous reste une belle photographie de William H. Daniels, une partition assez agréable de Joseph Gershenson et des acteurs principaux qui font ce qu’ils peuvent pour sauver les meubles. Jeff Chandler, après avoir été Cochise dans Au mépris des lois passe cette fois du côté des Tuniques Bleues, dans le rôle d’un soldat consciencieux, droit et ne mâchant pas ses mots ; sa prestance et son charisme font ici encore de l’effet. Face à lui, John McIntire nous offre quelques scènes intéressantes ; malgré sa haine farouche envers les Indiens, il arrive à nous rendre attachant son personnage pourtant assez antipathique. Maureen O’Hara, délurée et fougueuse dans Comanche Territory, est ici un peu en retrait et se retrouve à jouer les utilités mais le scénariste lui a néanmoins offert quelques minimes occasions de briller (la scène de bal du début déjà évoquée). Le reste de la distribution n’accomplit pas de prouesse même si Suzan Ball, dans son personnage d’Indienne à forte tête, essaie de rivaliser de beauté et de sensualité avec sa partenaire. Si l’excellent sujet de départ est mollement exploité par le scénariste et le cinéaste, le film ne dure finalement que 77 petites minutes qui peuvent néanmoins arriver à divertir le "westernophile" le plus aguerri s’il sait ne pas s’attendre à frissonner de plaisir.






