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Dossiers

Introduction à la série

Les épisodes de la saison 1

Les épisodes de la saison 2

Les épisodes de la saison 3

Les épisodes de la saison 4

Les Episodes de la saison 5

A signaler d'emblée que tous ces textes devraient être garantis sans importants spoilers.

  • 5.01- Legacy of Hate
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Frank Chase
  • Guest stars : Jo Van Fleet & Jeremy Slate
  • Première diffusion 14/09/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 6/10

Le Pitch : John Grainger (Charles Bickford) vient prendre la succession du juge Garth et de Morgan Starr à la tête du ranch Shiloh : il a amené avec lui ses deux petits-enfants, Elizabeth et Stacey. A peine arrivé, ce dernier vient déjà de passer quelques heures dans la prison de Medicine Bow du fait de s’être battu. Le Virginien attend de voir comment va se comporter son nouveau patron avant de décider s’il va ou non rester en tant que régisseur. Grainger va avoir fort à faire dans l’immédiat à cause de sa plus proche voisine (Jo Van Fleet) qu'il connaît bien et qui semble lui porter une rancune tenace depuis plus de 25 ans, date de la mort de son époux...

Mon avis : Beaucoup de changements dans le casting pour cette nouvelle saison ; nous ne retrouverons ainsi plus ni le Juge Garth (Lee J. Cobb) ni Morgan Starr (John Dehner), pas plus que Randy (Randy Boone) ou encore Jennifer (Diane Roter). Plus curieux car un peu inatendu, Clu Gulager - alias le shérif Ryker - n’est plus lui non plus crédité au générique de début qui a lui aussi pas mal évolué, tout du moins très logiquement parmi les têtes qui défilent à cheval sur le thème musical toujours aussi sympathique et plein d’allant de Percy Faith. En allant fouiller un peu il s’avère que cet excellent comédien qu'est Gulager - finalement plus mémorable lorsqu’il jouait les guest stars dans les deux premières saisons que lorsqu’il endossera plus tard la défroque récurrente de l’homme de loi de Medicine Bow - fera encore quelques apparitions ici et là mais assez rarement. On peut le déplorer, même si le très bon Ross Elliott est au contraire réapparu dans le rôle du shérif Mark Abbott sans que l’on nous donne des explications sur sa très longue absence. Raison de plus pour dire à nouveau qu’il s’agit d’une série dont nous pouvons sans problème visionner les épisodes indépendamment les uns des autres ; même s’il demeure bien heureusement pour les aficionados quelques petits éléments de continuité, leur méconnaissance ne saurait gâcher le plaisir de ceux qui abordent la série par n’importe quel sens et visionnent les épisodes dans n’importe quel ordre.

Pour en revenir à Legacy of Hate, l’épisode est bien plus intéressant pour sa présentation des nouveaux venus que par son intrigue proprement dite qui s’avère bien mince pour vraiment parvenir à nous captiver sur toute sa durée. Nous faisons donc connaissance avec la famille Grainger, le grand-père qui vient prendre la succession de Morgan Starr ainsi que ses deux petits-enfants, Elizabeth et Stacey, tous deux la vingtaine. Leurs parents ont été tués dix ans plus tôt lors d'un raid perpétré par des Indiens. John, c’est Charles Bickford, bien connu des cinéphiles pour avoir joué dans moult grands classiques des années 40 et 50 ; les westernophiles se souviennent de lui pour avoir entre autres été le grand propriétaire terrien dans Les Grands espaces (The Big Country) de William Wyler ou encore le père du prétendant d'Audrey Hepburn dans Le Vent de la plaine (The Unforgiven) de John Huston. Tout cela, c’était durant les dernières années de sa carrière, qu’il terminera d’ailleurs avec Le Virginien puisqu’il décèdera dès le milieu de la saison suivante, ayant néanmoins eu l’occasion d’officier durant une petite vingtaine d’épisodes. "This is the last stop, Stacey. This is the place I've been dreaming about all my life" dit John Grainger en arrivant à Shiloh : le décès de l’acteur dans les mois à venir rend cette phrase encore plus émouvante. En attendant, le nouveau propriétaire de Shiloh a su convaincre le Virginien qui décide de rester travailler pour lui ; peut-être pour l’instant un peu moins le spectateur même si son talent demeure intact. Il faut dire qu’il succède à deux monstres sacrés sacrément charismatiques et que son personnage n’a pas encore eu le temps de bien s’affirmer durant cette histoire de rancœur et de rivalité qui se terminera d’une manière positive.

La petite-fille de Grainger, Elizabeth, est interprétée par Sara Lane dont ce sera le seul rôle d’importance : elle a beau être ravissante, pour l’instant rien ne laisse présager non plus si son personnage deviendra ou non intéressant et si la comédienne saura nous séduire plus que par son joli minois. Enfin le frère de la jeune fille est joué par Don quine, dont nous pouvons pour l’instant dire exactement la même chose. Stacey a beau sembler être une forte tête qui amènerait un peu de sel supplémentaire à une famille un peu trop sage, l’acteur sera-t-il à la hauteur pour nous rendre son personnage riche et attachant ? Mais laissons-leur à chacun faire leurs preuves et nous déciderons un peu plus tard si cette nouvelle famille à la tête de Shiloh aura réussi à nous faire oublier les prédécesseurs. Parmi les guest stars nous retiendrons, plus que Jeremy Slate (Les 4 fils de Katie Elder, 100 dollars pour un shérif, tous deux signés Henry Hathaway) qui n’a pas l’occasion de pouvoir prouver grand-chose, une talentueuse Jo Van Fleet - inoubliable dans Le Fleuve Sauvage (Wild River) d'Elia Kazan - dans le rôle de la voisine acariâtre de Shiloh, celle qui ne supporte pas de savoir que le nouveau propriétaire du ranch soit un homme pour qui elle semble avoir une profonde rancœur. Elle lui fait en quelque sorte porter le chapeau de la mort de son mari voilà plus de 25 ans. On devine ainsi aisément les conflits qui vont être générés mais on regrette néanmoins que la tension dramatique ne soit pas spécialement de la partie : Don McDougall à la réalisation et Frank Chase à l’écriture accomplissent certes correctement leur travail mais ils nous avaient auparavant souvent démontré qu’ils étaient capables de faire beaucoup mieux.

Nous avons donc dans cet épisode une équipe grandement renouvelée. Ajoutez à cela un Virginien qui narre à quelques reprises l’intrigue en voix-off, quelques nouveaux lieux de tournage ainsi que de nouveaux thèmes musicaux et nous pouvons presque dire nous trouver devant une nouvelle série ! Plaisanterie mise à part, il n’est pas désagréable de partir sur de nouvelles bases afin que la série ne tourne pas trop en rond. Avec Legacy of Hate et son histoire de vol de bétail conjuguée à une rivalité entre deux ranchers, cette nouvelle mise en place se fait intempestivement bavarde et peut-être trop en douceur ; mais nous guetterons néanmoins la suite avec curiosité car l’ensemble fut néanmoins loin d’être désagréable. Signalons quand même que James Drury semble ici un peu en retrait malgré un rôle de relative importance alors que Doug McClure ne fait une apparition que dans les dix dernières minutes. Enfin, on relèvera un joli happy-end grâce à Jo van Fleet, parfaite dans le rôle de cette vieille femme aigrie par la solitude et l’amertume.
 

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  • 5.02- Ride to Delphi
  • Réalisation : Anton Leader
  • Scénario : Andy Lewis
  • Guest stars : Angie Dickinson
  • Première diffusion 21/09/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 6/10

Le Pitch : Lemoine et Buxton (Warren Oates) viennent de vendre un troupeau à Shiloh mais le lendemain de leur départ il manque cinq bêtes. Le Virginien part à leur recherche. Il pense avoir trouvé le larron près de Delphi en la personne de Kiley, un fermier noir, et va demander de l’aide au shérif de la ville pour pouvoir enquêter. Sur place il croit reconnaitre Annie (Angie Dickinson), une femme qu’il a autrefois aimée et qui est maintenant la belle-mère de Lemoine. Un peu plus tard, un indice lui fait comprendre que son voleur pourrait bien être ce dernier mais Kiley, le seul à pouvoir l’identifier, est retrouvé mort ; le Virginien va être accusé de ce meurtre...

Mon avis : A peine avons-nous fait connaissance avec la nouvelle famille propriétaire du ranch Shiloh que les auteurs l’oublient déjà, faisant faire à leurs membres une courte apparition en début et fin d'épisode pour les laisser tomber entretemps. En effet, le seul protagoniste récurrent de la série à venir officier ici est le Virginien en personne, un James Drury qui s’avère toujours aussi convaincant et qui n’a rien perdu de son mordant ni de sa ténacité. Au cours de cette histoire, il va se voir accusé d’un meurtre qu’il n’a évidemment pas commis car les spectateurs que nous sommes serons une fois encore bien en avance sur les personnages quant à l’intrigue - c'est une des particularités de la série -, sachant dès le départ qui sont les voleurs recherchés par le Virginien et qui sont les coupables du crime, tout simplement les deux cow-boys venus lui vendre leur bétail. Malgré quelques réticences plus liées à la peur qu’à une mauvaise conscience, le jeune Lemoine laisse faire son comparse Buxton (très bon Warren Oates) lorsqu’il décide en repartant de s’accaparer cinq bêtes du troupeau afin de se faire de l’argent de poche pour pouvoir aller s’amuser en ville. Ce sont deux jeunes délinquants, a priori pas plus méchants que ça, vont se transformer en criminels par crainte de se faire démasquer et faire porter le chapeau au régisseur de Shiloh. Toute l’intrigue va tourner autour du procès dans une deuxième partie bien moins captivante que la première, au cours de laquelle venait s’ajouter le mystère concernant le passé d'Annie, une femme que semble reconnaitre le Virginien comme l’une de ses ex mais qui fait tout pour le détromper.

Annie, c’est la Feathers de Rio Bravo, la superbe Angie Dickinson qui se révèle ici également très bien, une femme qui ne veut surtout pas que son époux très conservateur découvre qu’elle travaillait autrefois dans un saloon à Abilene de peur d’être répudiée faute à son trouble passé, et qui va donc se trouver très mal à l’aise lorsqu’elle va être alpaguée dans la rue par l’un de ceux qui la fréquentait à l’époque, en l’occurrence le Virginien. Celui-ci comprend vite qu’elle souhaite ne pas être reconnue mais se trouve à son tour très embarrassé lorsqu’il est invité à diner chez la famille ; en effet, le jeune Lemoine a assisté au petit manège entre les deux et, espérant en savoir plus quitte à pouvoir opérer un chantage, a demandé au Virginien de leur rendre visite à l’occasion d’un repas. Le mari d'Annie est l’homme qui a vendu le bétail à Grainger en début d'épisode - le jeune Lemoine étant bien évidement son fils - et il profite de l’occasion de la venue du Virginien à Delphi pour le rencontrer et demander des nouvelles de Shiloh. Le comédien l’interprétant n’est autre que Harold J. Stone que l’on avait déjà croisé peu de temps auparavant dans la série. C’est lui qui avait endossé le rôle de l’affable commerçant/rabbin dans le dernier épisode de la précédente saison, The Mark of a Man ; il se montre à nouveau excellent ici. Les retrouvailles en secret d'Annie et du Virginien sont l’occasion d’une très jolie séquence mettant en avant le talent dramatique des deux acteurs. Pas mal d’imbroglios plus tard et le voilà emmené en prison suite à la découverte du corps d’un fermier noir qu’il soupçonnait de vol mais qui niant en bloc avait accepté de venir en ville identifier le véritable détrousseur parmi tous les habitants, capable de le reconnaitre puisque c’est lui qui lui aurait revendu les vaches volées.

Les véritables coupables de cette tragédie, on le sait donc très bien, ce sont les deux jeunes cowboys : Lemoine est incarné par un Ron Russell pas spécialement aguerri pour ce rôle de pleutre et de lâche, ce qui n’est pas le cas de Buxton, son vaurien d’acolyte, que Warren Oates parvient à rendre vraiment inquiétant. Quoi qu'il en soit c'est l'intendant de Shiloh qui se retrouve sur le banc des accusés. Nous avons assisté à plusieurs procès tout au long de la série ; j’ai déjà oublié ce qui se passait dans celui qui se déroule au cours de cet épisode tellement il m’avait semblé sans surprises ni objets de discussions spécialement intéressantes. Il faut dire que les auteurs Andy Lewis et Don Tait avaient précédemment signé deux des épisodes les plus faibles de la série et que si l’intrigue avait tous les atouts pour s'avérer captivante, le scénario peine à combler les attentes suscitées par le postulat de départ, au final plutôt inodore même, le point le plus faible de cette fiction par ailleurs loin d’être mauvaise ni désagréable, loin s’en faut. Parmi les petites surprises de ce scénario, le personnage du fermier noir - le comédien Bernie Hamilton - toujours accompagné de ses deux fils ; ils offrent un vrai plus à l’intrigue et sont de la partie lors de la seule véritable scène d’action pleine de suspense de Ride to Delphi qui se terminera par le drame que l’on sait et qui va amener le Virginien devant le tribunal. On trouve également John Kellog dans le rôle d’un shérif qui ne voit pas pourquoi se mêler des affaires du Virginien et lui refuse son soutien au maximum d’autant qu’il lui demande de l’aider à confondre le fermier qu’il sait pertinemment être un honnête homme ; une assez bonne idée que cette volonté de montrer le héros de la série en train de se fourvoyer par entêtement et se voir contrer par un homme de loi qui va se révéler avoir raison.

Encore une fois, dommage que le réalisateur choisi pour mettre en scène cette histoire soit Anton Leader, décidément pas le plus doué de la série, ses nuits américaines continuant de s’avérer assez épouvantables. Il ne possède pas le talent nécessaire pour magnifier cette intéressante intrigue et nous livre un épisode certes très honorable grâce aux imbrications des pistes dramatiques et surtout à une très bonne interprétation d’ensemble, mais il ne parvient pas à se hisser très haut. Cette cinquième saison commence vraiment trop en douceur même si le plaisir est néanmoins au rendez-vous. Espérons cependant un sursaut rapide afin de tomber sur un grand épisode capable de relancer notre enthousiasme un tout petit peu émoussé !

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  • 5.03- The Captive
  • Réalisation : Don Weis
  • Scénario : Peter Packer
  • Guest stars : Susan Strasberg
  • Première diffusion 28/09/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 3.5/10

Le Pitch : Alors qu’ils rassemblent du bétail, Trampas et Stacey tombent sur un trio d’Indiens Arapahos en train de leur voler quelques bêtes ; il s'agit d'un couple et de leur fille adoptive Liliota (Susan Strasberg). Les deux adultes sont renvoyés dans leur réserve tandis que les autorités décident que la jeune fille sera gardée à Shiloh jusqu’à ce que l’on retrouve ses parents biologiques et malgré le fait qu’elle aurait préféré rester vivre auprès de sa tribu. Les trois membres de la famille Grainger vont tenter de "l’apprivoiser" sans grand succès jusqu’au jour où un couple se présente pensant avoir retrouvé en Liliota leur fille Katherine...

Mon avis : Après un début de saison assez mollasson même si tout à fait honorable, on se prenait à rêver avec ce troisième épisode à un véritable redémarrage, avec en plus les membres de la famille Grainger enfin comptés parmi les protagonistes principaux, jusque-là un peu mis en retrait malgré leur importance en tant que nouveaux arrivants. Les dix premières minutes renforçaient cet espoir, les premières séquences en extérieurs étant très bien filmées et en plus au sein de paysages qui n’avaient semble-t-il pas encore été foulés par nos cowboys de Shiloh. Trampas et le jeune Stanley Grainger rassemblent du bétail lorsqu’ils tombent sur quelques-unes de leurs vaches emmenées par un trio d’Indiens constitué par un couple d’âge mûr et une jeune fille. En les arrêtant pour récupérer leur bien, nos deux hommes se rendent compte que la jeune femme est de "race" blanche. Ils sont tous trois conduits devant le shérif et une décision est prise : renvoyer le couple à la réserve indienne - sans les punir plus avant puisqu'ils ne s'avèrent pas de mauvais bougres, n'ayant volé que parce qu’ils étaient affamés - mais garder leur fille afin de rechercher ses parents biologiques. On estime que ces derniers doivent avoir la priorité sur les parents adoptifs même si ce n’est pas du tout l’avis de la principale intéressée.

On constate à la lecture de cette description que l’épisode aurait pu faire l’objet d’une réflexion passionnante à ce sujet (liens du sang plus forts que tout autres ?) sauf que les points de vue deviennent rapidement unidimensionnels, les Indiens étant même totalement oubliés à mi-parcours, la jeune fille devant impérativement retrouver une vie familiale parmi les Blancs ! Et c’est ce qui arrivera avec de la joie pour tout le monde à la fin de cet épisode qui se sera vite avéré laborieux une fois les idées des auteurs bien posées et auxquelles il ne dérogeront plus, le débat étant quasiment clos d'emblée. Étonnant et surtout un peu désagréable pour une série qui durant ses quatre premières saisons s’était érigée comme éminemment progressiste ! Les Indiens n’auront pas leur mot à dire ; et de toute façon, ils ont dû réintégrer leur réserve sans broncher pour ne plus jamais réapparaitre, y compris au sein des conversations. On croit rêver ou plutôt faire un cauchemar en espérant que la série saura ensuite se relever de cette déplaisante leçon de moralisme douteux. On imagine que ce n’était pas intentionnellement méchant mais un léger relent de racisme est bien présent même si le couple indien côtoyé au départ s’avérait plutôt sympathique. Les séquences où la jeune métisse fait connaissance avec la civilisation à travers des objets dont elle ne soupçonnait même pas l’existence, même si déjà vu dans de nombreux films dont pas mal réalisés par Cecil B. DeMille, s’avèrent plus ridicules qu’émouvantes ou amusantes.

Une fois Liliota arrivée chez les Grainger, l’épisode ne va quasiment plus tourner qu’autour des essais d’apprivoiser la jeune captive par les trois membres de la famille. Nous pouvons donc ainsi les voir plus longuement "en action" que lors des deux précédents épisodes ; ils ne sont pas forcément désagréables mais ne nous font pas non plus encore forte impression. Peut-être plus tard ? Quoi qu’il en soit, le scénario s’avère assez vite très répétitif et pas forcément captivant : Stacey vient essayer de faire sortir la jeune métisse de sa coquille, elle se renferme encore plus ; Elizabeth, compatissante, vient essayer de s’en faire une amie, cette dernière rechigne et continue à bouder ; leur père tente lui aussi de lui faire comprendre les raisons de sa "captivité", elle ne veut pas en entendre parler ni encore plus aller dans son sens. Et le scénario de l’auteur de télévision Peter Packer ne nous donne pas grand-chose d’autre à se mettre sous la dent ; il n’a d’ailleurs pas fait grand-chose de réputé au vu de sa filmographie et l'on peut aisément comprendre pourquoi au vu de ce script Quant à Don Weis, qui fut le chouchou de tout un panel de cinéphiles pour l’un de ses premiers pas dans le cinéma avec un film devenu culte en France dans les années 60/70, le pourtant assez médiocre Les Aventures de Hadji (The Adventures of Hajji Baba) joué par John Derek et Elaine Stewart, il confirme qu’il n’avait pas beaucoup évolué depuis cette époque, incapable - si ce n'est durant les premières séquences - de relever la sauce. L'ensemble s’avère bien plan-plan, bien tiédasse ; quant aux scènes qui essaient de reconstituer l’enlèvement de la petite fille douze ans auparavant, elles sont assez navrantes niveau mise en scène.

Ce n’est donc pas avec cet épisode que nous allons commencer à vanter les qualités de la cinquième saison. Il promettait pourtant beaucoup au départ - une réflexion sur les liens du sang dans la lignée de La Prisonnière du désert par exemple - mais dure et s’éternise pour au final nous sortir une morale assez rance et loin d’être sur la ligne progressiste de la série dans ses meilleurs moments. Et cela même si certains protagonistes tentent de réfléchir à la situation à quelques brèves reprises. La jeune Blanche, adoptée depuis sa plus tendre enfance par des Indiens qui l’ont élevée avec amour, devra néanmoins vivre désormais dans le monde des Blancs où elle sera bien "plus à sa place" ; cela pourrait finalement s'apparenter à de la noirceur mais le mièvre happy-end vient le contredire. On retiendra néanmoins une bonne interprétation d’ensemble même si la pauvre Susan Strasberg s’est vu octroyer un rôle assez ingrat pour lequel elle dut faire quasiment la même chose durant toute la durée du récit. S'il y eut encore de plus mauvais épisodes du Virginien, cela n’empêche pas celui-ci de faire partie des plus faiblards et des moins satisfaisants depuis le début de la série. Quoi qu'il en soit, les amateurs de drames familiaux seront plus à la fête que les aficionados de westerns.

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  • 5.04- An Echo of Thunder
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : Don Ingalls
  • Guest stars : John Anderson
  • Première diffusion 05/10/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 8/10

Le Pitch : Arrivé dans une petite ville du Colorado où il est venu livrer des chevaux, Trampas demande l’autorisation au Virginien d’y rester quelques jours pour rendre visite à un ami ; mais il arrive juste au moment où se déroulent les funérailles de ce dernier. Alors qu'il veut savoir ce qu’il lui est arrivé, on lui donne des versions contradictoires : celle du beau-frère du défunt, le shérif de la ville, diffère beaucoup de celle du jeune Chico. Trouvant les circonstances de la mort de son ami assez troubles, il décide d’enquêter plus profondément mais se heurte vite aux deux menaçants hommes de main du shérif dont l’inquiétant Morrell (John Anderson)...

Mon avis : Le voilà l’épisode qui nous rassure enfin quant à une saison 5 capable après un démarrage assez laborieux de nous apporter son lot de pépites ; en voici donc déjà une première en espérant qu’elle sera suivie par bien d’autres ! Il s’agit d’un épisode ne mettant en scène que Trampas parmi les protagonistes principaux, après une rapide apparition du Virginien au tout début, le régisseur donnant à son cowboy l’autorisation de rester quelques jours dans la petite ville du Colorado où ils sont venus vendre des chevaux afin qu'il puisse aller rendre visite à un vieil ami. Les épisodes au cours desquels Trampas se retrouve seul dans une région éloignée du Wyoming et où il se met dans de difficiles situations ont déjà fourni à la série plusieurs de ses meilleurs épisodes. Il en est de même avec An Echo of Thunder, seule participation au Virginien du réalisateur Abner Biberman. Attention, à ne pas confondre avec Herbert Biberman, auteur entre autres du puissant film semi-documentaire Salt of the Earth (Le Sel de la Terre) ! Le Biberman qui nous concerne ici fut tout d’abord journaliste puis acteur de théâtre avant d’interpréter d’innombrables seconds rôles au cinéma. Peu apprécié sur les tournages en raison de son caractère teigneux, il fut ensuite embauché par le studio Universal afin de former en art dramatique leurs nouvelles recrues puis passa à la réalisation. Une arme pour un lâche (Gun for a Coward), son sixième film, entrait dans la catégorie des westerns familiaux à tendance psychologique avec comme différence que l’accent était principalement mis sur les plus jeunes ; il s'agissait déjà d'une petite réussite du genre.

Quant au scénariste Don Ingalls, il fut déjà l’auteur de trois très bons épisodes de la série : Smile of a Dragon dans la saison 2, ainsi que plus tôt encore Duel at Shiloh, le remake du film de King Vidor L’Homme qui n’a pas d’étoile (Man Without a Star), et enfin tout récemment, en fin de quatrième saison, le très bon Day of the Scorpion avec déjà John Anderson. Même si cela tenait du pur hasard, le comédien aurait pu se vanter d’être une des valeurs les plus sûres de la série puisque les quatre épisodes - très sombres - pour lesquels il fut au générique font partie des plus mémorables. Outre celui qui nous concerne ici, citons les deux autres : les formidablement noirs et puissants Throw a Long Rope, 3ème épisode de la série, ainsi que peut-être le meilleur de tous jusqu'à cette date, l'étonnant Harvest of Strangers. Autre intervenant prestigieux venant s’inviter pour une unique fois au sein de la série, l’immense musicien Franz Waxman (Rebecca, Sunset Boulevard, Fenêtre sur cour... et tant d'autres) qui ici encore marquera nos oreilles. De plusieurs manières d’ailleurs : très surprenant lorsqu’il compose un thème assez guilleret - et entêtant - pour le personnage de Trampas ou encore lorsqu'il utilise un ocarina pour celui du jeune Chico ; très efficace pour toutes les séquences les plus dramatiques. Bref, rien que la lecture du "Full Cast & Crew" sur le site Imdb pouvait faire pressentir un tel accomplissement et la vision de l’épisode vient largement le confirmer.

Rien à redire niveau mise en scène puisque Abner Biberman emballe le tout avec une grande efficacité, tout autant au niveau de la direction d’acteurs que dans la gestion d’un suspense parfois très tendu, ou encore dans sa manière de filmer les scènes d’action, l’épisode se concluant par un duel de haute volée rondement bien mené. On saluera également son montage très original, probablement inspiré par son scénariste puisque beaucoup de séquences seront coupées assez brutalement juste au moment où nous aurions pu en apprendre un peu plus. Une fois n’est pas coutume, la plupart des protagonistes de l’histoire sont cette fois en avance sur le spectateur. L’écriture est donc toute aussi admirable, le récit restant intrigant et captivant de bout en bout, les répliques fusant avec intelligence, le scénario étant tout autant réussi concernant le déroulement de l'intrigue que pour la richesse dans la description de ses divers protagonistes. Il faut dire aussi que le casting est parfait : outre Doug McClure, on applaudira donc une fois encore John Anderson dans le rôle d’un inquiétant salaud ainsi que Brendon Boon dans celui de son coéquipier, les deux actrices que sont Indus Arthur (la sœur du défunt) et surtout Barbara Werle (l’entraineuse de saloon) pour sa quatrième participation à la série, mais également Linden Chiles (l’homme d’affaires), Jason Evers (le shérif nerveux) et même le jeune Mark Miranda qui évite les clichés du petit Mexicain et s’avère vraiment très crédible, notamment lors de la séquence où la dextérité de Trampas lui laisse échapper un rire aux éclats qu’on dirait filmé à son insu tellement il semble totalement sincère.

Un western louchant sur le film noir par l’enquête que mène Trampas pour comprendre et élucider les raisons de la mort de son ami dans un patelin où les habitants ne semblent pas avoir la conscience tranquille : un thème récurrent du genre et qui a souvent donné naissance à de grands films ; une fiction à l’écriture, aux dialogues, à la mise en scène, à la musique et à l’interprétation hors pair... Pour retrouver Don Ingalls au scénario, il faudra désormais attendre la saison 7 ; mais misons sur le fait qu’il avait des collègues tout aussi doués qui ne nous feront pas patienter jusque-là pour retomber sur un autre formidable épisode. An Echo of Thunder devrait néanmoins convaincre les plus réticents qui auraient pu penser que Le Virginien n’était qu’une série familiale de plus, comme l’avait par exemple suggéré l’auteur Louis-Stéphane Ulysse dans son histoire du western. Peut-être n’était-il tombé que sur des épisodes comme le précédent car il n’aurait pas pu écrire la même chose en visionnant celui-ci.

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  • 5.05- Jacob Was a Plain Man
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Eric Bercovici
  • Guest stars : Aldo Ray
  • Première diffusion 12/10/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 4/10

Le Pitch : Stacey s’inquiète de la disparition de Jake (Aldo Ray), un sourd-muet qu’il avait pris sous son aile. Flash-back : Jake a accidentellement tué un homme alors qu’il avait été provoqué dans le saloon d’une petite ville éloignée de Medicine Bow. Par peur d’être arrêté et pendu, il s’était enfui de cette bourgade et avait atterri au ranch Shiloh. Le Virginien avait accepté de l’embaucher et Stacey s’était occupé de son éducation. Tout allait pour le mieux sauf que Jack était toujours recherché pour meurtre et que dans le même temps deux cowboys craignent qu’il finisse par comprendre leurs magouilles depuis qu’il les a surpris à cacher du bétail...

Mon avis : Heureusement que l’épisode précédent était là pour nous redonner espoir, car si nous avions découvert celui-ci avant, notre moral aurait été au plus bas, découvrant que même l’excellent et jusqu’à présent toujours constant Don McDougall perdait pied lui aussi en signant ce Jacob Was a Plain Man, non pas déshonorant mais assez vite fade et ennuyeux. Et puis comment expliquer que le réalisateur ait pu laisser passer durant une séquence entière des gros plans sur lesquels le chef opérateur n’a pas fait le point, totalement flous sur le visage de Don Quine à plusieurs reprises et durant quelques longues secondes ?! Un manque de conviction ? Et puis sans que ce ne soit en sa faveur, il est difficile de ne pas comparer cet épisode avec le 9ème de la deuxième saison, Run Quiet, qui voyait un Clu Gulager pré-Ryker dans le rôle d’un jeune sourd-muet clochardisé qui, molesté par deux cow-boys, était pris en pitié par Steve qui décidait de l’emmener à Shiloh et le faire embaucher par le Virginien le temps qu’il gagne assez d’argent pour repartir sur de bonnes bases. Mais cet homme au tempérament violent allait lui causer des ennuis surtout lorsqu’on le surprenait sur les lieux d’un crime qui venait d’avoir lieu ; principal suspect, il fuyait la prison...

Comme on peut le constater si l’on se souvient de l’épisode ou encore à la simple lecture de ce pitch, il existe donc de très nombreuses similitudes entre ces deux fictions, deux récits d’apprentissage qui se transforment en tragédie à partir du moment où les handicapés incapables de se défendre sont accusés de meurtres, deux histoires de deux sourds-muets rejetés par beaucoup sauf par quelques rares personnes bienveillantes ou encore par ceux qui, le considérant comme un idiot, décident de profiter de son handicap pour l'exploiter. Clu Gulager portait l’épisode sur ses épaules sans trop en faire, sans caricaturer mais au contraire toujours extrêmement juste, s’avérant formidablement plausible en sourd-muet. Mais alors que son personnage était violent, il n’en est pas de même pour celui qu’incarne Aldo Ray, Jack étant un homme profondément brave et gentil qui provoque des drames plus par accident et maladresse. C’est donc l’attachant Aldo Ray (excellent et très drôle dès ses premiers pas dans Pat and Mike ou The Marrying Kind sous la direction de George Cukor qui le fit réellement décoller, inoubliable dans le méconnu et superbe Nightfall de Jacques Tourneur mais surtout connu pour avoir joué dans beaucoup de grands films de guerre à la fin des années 50) qui interprète le sourd-muet dans Jacob Was a Plain Man. Au sein de la série, il formait déjà avec Lee J. Cobb dès le sixième épisode, le réjouissant Big Day, Great Day, un duo absolument jubilatoire et dont l’alchimie fonctionnait à merveille, aidant à la réussite de cette histoire sans thématique principale autre que l’amitié et ce qu’on peut être capable de faire pour ne pas la briser même si c’est pour dévier de son éthique et fermer les yeux sur certains faits peu glorieux ; joli sujet !

Pour en revenir à nos moutons - où plutôt à nos deaf-and-dumb -, le comédien n’est aucunement en cause concernant le semi-ratage de cet épisode même si la prestation de Clu Gulager fut plus mémorable. Il est cependant lui aussi assez convaincant dans ce rôle de composition, seulement son personnage n’est pas aussi bien écrit que celui interprété par son prédécesseur et surtout le scénario fait vite du sur-place sans plus jamais nous captiver dès sa seconde moitié, paradoxalement à partir du moment où le suspense devient croissant et où l’action commence à prendre le pas sur le récit initiatique et de tolérance. Ni le réalisateur ni les comédiens ne sont donc pas vraiment à blâmer - quoique la clique des Grainger continue à nous faire penser qu’il faudra un grand scénariste ou un grand directeur d’acteurs pour faire prendre plus d’ampleur, de charisme et de chair à ses membres, si tant est que ce soit faisable. La faute principale de cette tiédeur ambiante incombe ici principalement au scénariste Eric Bercovici, qui non seulement finit par nous lasser très rapidement par un peu trop de mièvrerie mais fait également se terminer son récit d’une manière abrupte et totalement décevante. Ainsi le Virginien fait son apparition comme un cheveu sur la soupe pour régler l’affaire en un tournemain, sorte de cavalerie à lui tout seul. Au final, les séquences plus "familiales" du flash-back de la première moitié de l'épisode se seront avérées plus sympathiques, le joli minois de Sara Lane - qui a rarement été aussi charmante - faisant son effet tout comme la voix-off très douce de Don Quine qui narre le récit.

Malgré la déception, on retiendra l’interprétation assez nuancée d'Aldo Ray, quelques notes touchantes (le père qui se félicite en secret de la gentillesse et de la bienveillance de son fils ; l’amitié qui se noue entre ce dernier et son protégé à qui il apprend à lire et à écrire), d’autres toujours intéressantes même si pas très nouvelles sur la haine qu’inspiraient aux hommes de loi les chasseurs de prime ("A bounty hunter, sure hate to see his kind around Medicine Bow") et enfin quelques jolies phrases sur la désespérance du handicap : "He must be a very lonely man. It must be terrible to live all alone inside himself like that... Not being able to talk or hear. Not being able to tell anyone what you want or how you feel. Just silence all the time." Pas déshonorant - on a vu pire au sein de la série - mais loin non plus d'être captivant.

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  • 5.06- The Challenge
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Joy Dexter & Harry Kronman
  • Guests stars : Dan Duryea
  • Première diffusion 19/10/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 5/10

Le Pitch : A Medicine Bow, tout le monde se demande où a bien pu passer Trampas qui semble s’être volatilisé depuis quelques jours sans prévenir qui que ce soit. Le cowboy de Shiloh n’est néanmoins pas mort puisqu’il arrive blessé et amnésique chez les Crayton, qui décident de le garder afin de le soigner et de le lui faire retrouver la mémoire. Cependant le patriarche (Dan Duryea) craint qu’il ne fasse partie de la bande de dangereux bandits qui vient d’attaquer une diligence tuant tous ses passagers, d’autant que son fils Bobby a vu qu’il portait le revolver nacré dont on sait qu’il appartient au leader du gang...

Mon avis : Don McDougall à la baguette ne parvient toujours pas à retrouver un scénario à la hauteur, en l'occurrence une histoire pourtant signée par Joy Dexter, l’auteur d’un bon épisode de la saison précédente, Chaff in the Wind, celui dans lequel Ed Begley arrivait avec son fils et sa fille à Shiloh après s’être fait rejeté un peu de partout pour cause d'escroqueries. Malheureusement et malgré en guest star principale l’excellent Dan Duryea, l’épisode est bien moins intéressant, pas déshonorant mais globalement très moyen. Il débute à la gare de Medicine Bow où l’on voit Grainger et le Virginien s’inquiéter de ne pas voir une fois de plus Trampas descendre du train ; il est en effet parti depuis plusieurs jours mais toujours pas rentré alors que cela aurait dû être le cas depuis un long moment ; et puis ce n’est pas dans ses habitudes de ne pas donner de nouvelles. Si le patron et le régisseur semblent craindre le pire, le spectateur est immédiatement rassuré puisqu’on retrouve le cowboy de Shiloh dès la séquence suivante, certes en fâcheuse posture mais seulement évanoui et blessé à la tête. Il se relève et, titubant, arrive à une ferme, celle de la famille Crayton composée du veuf Ben, de sa charmante et blonde fille Sarah ainsi que de son jeune cadet Bobby. Ils découvrent rapidement que non seulement ce nouvel arrivant ne se souvient de rien de ce qui lui est arrivé mais qu’il a également oublié qui il était et d’où il venait.

Le médecin conclut très logiquement à une amnésie passagère et, ne sachant où le ramener, demande aux Crayton de le recueillir le temps qu’il recouvre la mémoire. Sarah tombe sous le charme de son invité, ce qui n’est pas forcément bien vu de son père qui se révèle très protecteur. Effectivement, la jeune fille expliquera à Trampas qu’elle se sent un peu prisonnière, frustrée et étouffée de ne pas pouvoir sortir avec qui elle veut : son précédent fiancé n’ayant pas plu à son père, elle ne peut désormais plus le fréquenter. Ce dernier est désormais adjoint du shérif et l'on se rend très vite compte que le père, certes intraitable, a peut-être quand même eu le nez creux en ne lui faisant pas confiance. En effet, peu de temps après l’on apprend qu’il s’agit non seulement du frère du chef de gang qui vient d’attaquer une diligence et tuer tous ses passagers mais également qu’il n’est pas contre le fait de partager le butin avec les meurtriers. Quoi qu’il en soit, Sarah s’est toujours sentie brimée et elle est sur le point de se révolter contre son paternel pour enfin pouvoir prendre son envol et faire ce qu’elle veut de sa vie. Quant à son jeune frère, lui aussi souffre un peu de l’autoritarisme de son père, obligé de trimer du matin au soir sans pouvoir s’amuser de temps à autre, Ben estimant que "It's the land. It takes a man's life for just a piece of bread". De bons postulats pour un mélodrame familial qui n'aura cependant pas vraiment lieu, quelques réflexions étant pourtant posées ça et là !

Le vieux Ben n’est pourtant pas un mauvais bougre, n’ayant pas retrouvé le sourire depuis la mort de son épouse et pensant que sa dureté envers ses enfants est un bienfait pour leur avenir. Dan Duryea s’avère très convaincant dans ce rôle, lui que l’on connaissait surtout pour être l’un des plus inquiétants bads guys de l’histoire du cinéma : dans le genre qui nous concerne ici, inoubliable dans Winchester 73 d’Anthony Mann, Ride Clear of Diablo (Chevauchée avec le Diable) de Jesse Hibbs ou encore Six chevaux dans la plaine (Six Black Horses) de Harry Keller, deux films où il formait avec Audie Murphy un remarquable duo, mais aussi bien sûr et avant tout dans Quatre étranges cavaliers (Silver Lode) d'Allan Dwan dans lequel il campait le redoutable chef de gang contre lequel John Payne allait devoir se battre. La même année que cet épisode, le comédien était en tête d’affiche d'Incident at Phantom Hill (Sans foi ni loi), une très bonne série B westernienne aux côtés de Robert Fuller, réalisé par un habitué de la série Le Virginien, Earl Bellamy. Il est entouré ici par des comédiens un peu moins concluants, que ce soit Michael Burns et Barbara Anderson (ses enfants), ou Don Galloway. En revanche, également au générique du western d’Earl Bellamy cité ci-dessus, Bing Russell fait froid dans le dos dans la peau du chef de bande sans scrupules, fourbe et cruel, prêt à tuer sans sourciller.

Cette jolie histoire sur la compassion, la confiance ("Sometimes you have to look deep for the truth, Sometimes you have to go by your feelings"), l’entraide et le fait de ne pas devoir juger un étranger sur une première impression aurait pu accoucher d’un très bon épisode d’autant que Don McDougall fait le job ; difficile d’expliquer ce qui l’en empêche si ce n’est que le tout traine un peu en longueur surtout à mi parcours - paradoxalement comme souvent à partir du moment où le récit s’emballe - et que sans nous ennuyer nous restons néanmoins constamment sur notre faim. A signaler un thème musical principal bien troussé et rapidement entêtant, beaucoup de similitudes dans le récit avec celui de Smile of a Dragon, l’épisode réalisé par Andrew V. McLaglen, ainsi enfin qu’un Virginien qui fait pour l’instant toujours tapisserie en ce début de cinquième saison et que l’on aimerait voir assez vite retrouver une place d’importance au sein de la série qui porte son nom.

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  • 5.07- The Outcast
  • Réalisation : Alan Crosland Jr.
  • Scénario : Lou Shaw
  • Guests stars : Fabian
  • Première diffusion 26/10/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 5.5/10

Le Pitch : Charlie (Fabian), accusé de vol et de meurtre, s'évade de la prison de Porterville. A Bottleneck, il retrouve son complice et lui donne rendez-vous pour plus tard afin de partager le magot de l’attaque d'une banque. En attendant il se réfugie à Medicine Bow où il se fait embaucher à Shiloh. Elisabeth tombe sous son charme et Stacey se prend d'amitié pour le nouveau venu qui vient de le tirer d’affaire alors qu’il se trouvait en fâcheuse posture. Mais la romance entre Charlie et sa sœur ne met pas Stacey bien à son aise, d’autant qu’il commence à soupçonner un passé pas très reluisant chez son nouvel ami qui a parfois d'étranges réactions...

Mon avis : 3ème épisode réalisé par Alan Crosland Jr. après le sympathique The Money Cage avec Steve Forrest et le ratage constitué par A Father for Toby avec un jeune Kurt Russell, The Outcast se situe qualitativement entre les deux, certes pas désagréable mais une fois encore très décevant. Cette cinquième saison - à l’exception d’un très bel épisode - continue à avoir beaucoup de mal à décoller, faute avant tout aux trois comédiens incarnant les trois membres de la nouvelle famille propriétaire de Shiloh, certes pas antipathiques mais néanmoins très peu charismatiques et pour l'instant encore pas vraiment intéressants : Sara Lane possède certes un très joli minois mais ça ne lui suffit pas à nous faire oublier le charme et la vivacité de Roberta Shore ; Don Quine demeure jusqu’à présent toujours un peu terne, surtout dans la peau d'un personnage censé être une forte tête ; mais surtout Charles Bickford nous fait vraiment regretter Lee J. Cobb et John Dehner. Il nous avait pourtant fait souvent belle impression au cinéma lorsqu’il incarnait déjà des gros éleveurs de bétail (Duel au soleil de King Vidor, Marqué au fer de Rudolph Maté, Les Grands espaces de William Wyler...), très convaincant dans la peau d'un dangereux bad guy dans La Dernière chevauchée d'Alfred L. Werker, capable aussi dans le curieux Four Faces West d'Alfred E. Green de composer l’un des Marshalls les plus attachants que l’on ait pu voir dans le western. Autant dire qu’il semble bien moins motivé ici, probablement à cause de la fatigue puisque John Grainger sera son dernier rôle avant son décès.

Mais nous ne pouvons pas faire porter la faiblesse de tous ces épisodes uniquement sur leurs frêles épaules. L’histoire de Lou Shaw pour cet Outcast semble avoir déjà été vu de nombreuses fois y compris au sein de la série, celle d’un prisonnier qui s’évade et qui atterrit à Shiloh où il se fait embaucher dans la bande de cowboys du Virginien. Il y eut déjà plusieurs variantes ; celle-ci n’est pas la plus captivante même si Fabian - que l’on avait pu croiser sur grand écran dans l’amusant North to Alaska (Le Grand Sam) réalisé par Henry Hathaway - est plus convaincant que lors de sa précédente prestation dans la série (dans Two Men Named Laredo). Son visage poupin - un peu à la Audie Murphy - renforce l’ambiguïté du protagoniste ainsi que le malaise qui nous étreint, les spectateurs que nous sommes arrivant difficilement à nous persuader qu’il s’agit réellement d’un tueur malgré les quelques preuves qui nous sont données tout au long de l’intrigue ; d’autant plus que la romance qui se noue entre Elisabeth et lui s’avère plutôt plausible et sincère. Bref, alors qu’il avait en quelque sorte gâché Two Men Named Laredo, Fabian est au contraire celui qui rehausse ici un récit un peu trop banal. La première fois que l’on rencontre Charlie, il est emprisonné et discute avec le shérif en essayant de le convaincre une fois de plus de son innocence. Son geôlier est un homme de loi d’une profonde humanité qui refuse que l’on serve à son prisonnier un repas moins bien préparé que le sien, estimant que tout le monde a le droit aux mêmes égards d’autant que le jeune Charlie n’a pas encore été jugé. Quoi qu’il en soit, le jeune homme ne voulant pas être lynché, il préfère sauter sur l’occasion et s’évade en profitant de la confiance que le shérif avait en lui.

On comprendra peu de temps après qu’il était vraiment coupable de vol et de meurtre lors de sa rencontre avec son complice interprété par un spécialiste de la série TV, Milton Selzer, parfait dans son rôle de "serpent", lâche mais vil, s’étant fait l’amant d’une saloon gal en lui faisant miroiter une fortune. Dommage d’ailleurs que ce personnage féminin n’ait pas été mis en avant car les rares apparitions de la comédienne Carol Kane sont assez fortes. Même si l’on sait que Charlie n’est guère fréquentable, la naïveté qui se dégage du visage de Fabian aidera donc le scénariste à jouer de l’ambiguïté de son protagoniste, parvenant même à nous le rendre attachant même si nous savons qu’il trame encore des choses peu recommandables et même si l’on craint pour Elisabeth qui est tombée amoureuse de lui. En effet, il a vite réussi à se faire embaucher à Shiloh sans que le régisseur ne se pose trop de questions, venant juste avant de tirer Stacey d’une mauvaise passe, ce dernier lui en étant grandement reconnaissant. Les ¾ du récit s'avèrent donc assez moyens avec aussi pas mal de mièvreries lorsque John doit expliquer "la vie" à sa fille (nous sommes loin de la sensibilité qui régnait lors de séquences semblables entre Lee J. Cobb et Roberta Shore) mais on y trouve cependant quelques notations intéressantes qui se dégagent des ressentis de nos protagonistes récurrents à l’encontre de Charlie, et notamment celui du Virginien qui se trompe en voulant rester confiant quant à l’intuition féminine et qui répète comme déjà souvent auparavant qu’il ne devrait pas être considéré comme coupable tant que la justice n’a pas tranché. Il ne veut également surtout pas qu’un innocent soit pendu car entretemps le shérif Abbott ayant trouvé un avis de recherche, il a à son tour emprisonné Charlie afin qu’il soit emmené devant un tribunal.

Si la première partie aura été dans l’ensemble assez médiocre, peinant à prendre son envol, les 20 dernières minutes viennent rattraper l'ensemble à partir du moment où Milton Selzer arrive à Medicine Bow pour demander à son complice sa part du butin. Le piège que lui tend Charlie est tout aussi diabolique qu’inattendu et le final n’est pas trop bâclé par trop de précipitations. Alan Crosland Jr. nous gratifie également de quelques très beaux plans, dont ceux au cours desquels on voit Elisabeth rêvasser dans un endroit idyllique (presque toujours le même depuis le début de la série, cet oasis de verdure au bord d’une petite cascade) et le scénariste sort un peu de sa torpeur avec une certaine efficacité dans la résolution de son intrigue. Malheureusement le Virginien reste encore sur la touche depuis le début de la saison, ne se contentant que de bien trop brèves apparitions. Il serait quand même temps de lui redonner le beau rôle !

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  • 5.08- Trail to Ashley Mountain
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : Sy Salkowitz
  • Guests stars : George Kennedy & Gene Evans
  • Première diffusion 02/11/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 5/10

Le Pitch : Le Shérif Abbott vient arrêter Ed Wells (Hugh Marlowe), l’accusant de vol et de meurtre. Trampas n’en croit pas ses oreilles, Ed étant un ami en qui il a toute confiance. Même si quelques preuves sont accablantes, il soupçonne le jeune beau-frère de Ed, Willy (Richard Carlson), qui a déjà souvent eu affaire à la justice. Peu après, celui-ci fuit la ville ; pour disculper Ed, il n’y a plus qu’une solution, partir à la poursuite du probable coupable. Avec l’accord du Virginien, Trampas accompagne le shérif ; en route ils vont être rejoints malgré eux par plusieurs personnages peu recommandables dont un chasseur de primes et deux prospecteurs…

Mon avis : Abner Biberman dont j’écrivais par erreur lors de mon avis sur le seul très bon épisode à ce jour de cette saison 5, l’excellent An Echo of Thunder avec John Anderson en Guest Star, qu’il s’agissait de sa seule participation à la série, allait au contraire finir sa carrière en en réalisant pas moins de 25 ; auparavant, dans le domaine du western, il nous avait gratifié au cinéma d’un très sympathique Une arme pour un lâche (Gun for a Coward) avec Fred MacMurray et Jeffrey Hunter ; Martin Milner, déjà plutôt bon dans Timberland, l’épisode de Don McDougall se déroulant au sein d’une communauté de bucherons ; George Kennedy, comédien que l’on ne présente plus (le tueur à gages dans Les 4 fils Katie Elder de Hathaway, l’un des 12 salopards d’Aldrich…) ; Hugh Marlowe dont le visage vous sera également tout aussi familier et qui dans le western sera resté mémorable dans la peau du redoutable chef de bande dans le Rawhide (L’attaque de la malle poste) à nouveau signé Hathaway ; Jackie Coogan, The Kid de Charlie Chaplin… Pas mal de noms intéressants au casting et à nouveau, après An Echo of Thunder, un épisode réalisé par Biberman avec pour seul protagoniste récurrent le sympathique Trampas. Cette fois il est parti à la poursuite d’un jeune homme qui est seul à pouvoir sauver un ami très cher de la potence… Au vu de tous ces paramètres, pourquoi aurait-on dû ne pas en attendre beaucoup ? Surtout après une première demi-heure captivante ?

Vous l’aurez donc compris, la déception est une fois encore au rendez-vous au sein d’une saison qu'il ne va malheureusement pas être difficile de considérer jusqu’à présent comme la plus faible de la série. Faute donc surtout à Sy Salkowitz, le scénariste du déjà très mauvais Long Ride the Wind River avec John Cassavetes en invité principal, très peu crédible en homme des bois. Après nous avoir alléché au cours de toute une première partie non seulement touchante mais également passionnante et pleine de suspense, il pense donner de l’ampleur à son récit en intégrant tout un tas de nouveaux personnages qui au contraire le rendent de plus en plus indigeste. Mais revenons-en au point de départ ! L’on voit Trampas jouer aux dames sur le seuil de la maison d’un ami plus âgé que lui joué par Hugh Marlowe. Moment de quiétude tout à fait sympathique, la partie étant arrêtée par la tranquille arrivée du shérif Abbott qui parle de son épouse – nous ne savions encore pas qu’il était marié – et d’une chemise à Ed qu’elle aurait eu à rapiécer ; tout ça pour en venir à avouer qu’une des franges de cette chemise a été retrouvée sur les lieux d’un crime. Ed ne sachant ou ne voulant pas expliquer pourquoi ces franges sont arrivées à l'endroit où s'est déroulé un tel drame, de plus incapable de lui présenter la chemise, le shérif se voit dans l’obligation de l’arrêter au grand dam de l’épouse du vieil homme et de Trampas qui n’en croit pas ses yeux tellement il considère son ami comme incapable de faire de mal à une mouche.

Il va apprendre peu de temps après que le couple couvre en fait Willy, le jeune frère de la femme à qui elle avait justement donné la chemise ; un jeune homme assez voyou qui avait déjà eu affaire à la justice. Le trouvant sur son chemin quelques heures plus tard, Trampas manque de se faire renverser par le cheval de ce dernier, le cavalier fuyant la ville, aggravant ainsi sa culpabilité. Mais Ed ne voulant toujours pas parler et le seul témoin qui pouvait le disculper ayant été retrouvé mort, c’est lui qui continue à être soupçonné et qui devra être jugé, voire très probablement pendu. Une seule chose reste à faire pour ne pas qu'une telle tragédie arrive – d’autant plus lorsque l’on sait pertinemment qu’il s’agit d’un innocent -, rattraper le véritable criminel afin qu’il se confesse en public. Demandant la permission à son régisseur de partir à la poursuite du seul homme capable d’innocenter son ami, Trampas se voit accepter sa requête ("It's important to me"), le Virginien, nous montrant une fois encore son côté bourru mais par-dessous profondément humain, lui rétorquant : "I don't see that you're that much help around here anyhow. You might as well be someplace where you'll do some good." Juste avant nous avions été témoin d’une autre intéressante conversation entre Trampas et le shérif quant au métier d’homme de loi :
- “Abbott vous aimez votre métier
- "Oui sauf lorsqu'il s'agit d'emprisonner d'honnêtes gens"
- "Je ne ferais votre métier pour rien au monde".

Les bases bien posées, le suspense à son comble, des personnages tous attachants… mais voici que le scénariste embraie et change de braquet avec sa partie aventureuse… et là tout s’écroule, nous faisant perdre pied par l’intégration de toute une flopée de personnages caricaturaux et en fin de compte assez inutiles : un tueur à gages noir (Raymond St Jacques), deux avides prospecteurs (George Kennedy et Jackie Coogan qui ne peuvent pas s’empêcher de cabotiner) ainsi qu’un couple qui ne s’entend plus (Gene Evans & Judy Meredith). Avalanches de nouveaux et parfois grotesques protagonistes, décors de studio très pauvres virant au ridicule, un Steve Carlson assez fade dans la peau du principal suspect, un scénario qui patine, une mise en scène peu inspirée - témoin cette fusillade finale qui faillit nous faire somnoler - et l’impression d’ensemble aura été finalement fort mitigée après un démarrage pourtant prometteur. Reste un Matin Milner parfait en ordure intégrale, son personnage du télégraphiste meurtrier étant la meilleure idée de cette histoire qui aurait vraiment pu aboutir à un grand épisode si le scenario n’avait pas été si lâche et aussi peu crédible passé la première demi-heure. La famille Grainger n’était donc pas forcément la principale source de faiblesse de cette saison car ses trois membres sont absents de ce Trail to Ashley Mountain. "Tu as fini de jouer au policier, on va pouvoir élever du bétail" dit ironiquement le Virginien à Trampas à la fin de l’épisode ; espérons que ce retour aux sources annoncé fasse réintégrer la série sur de bons rails.

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  • 5.09- Deadeye Dick
  • Réalisation : Ida Lupino
  • Scénario : Joseph Hoffman
  • Guests stars : Alice Rawlings & David Macklin
  • Première diffusion 09/11/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 3.5/10

Le Pitch : New-yorkaise, la jeune Marjorie (Alice Rawlings) a pris le train direction Medicine Bow pour rendre visite à sa tante. Durant le voyage elle se fait tout un monde romantique de la vie au Far-West, espérant comme dans ses romans de gare rencontrer un beau et viril cow-boy. Arrivée sur place, elle croit revivre une scène de son livre lorsque le Virginien ‘la sauve’ de la ruade d’un cheval. Voici le régisseur de Shiloh bien embarrassé, la naïve jeune fille s’étant amouraché de son ‘héros de roman’ alors qu’il n’éprouve rien en retour. Il va alors tout tenter pour s’en ‘débarrasser’ y compris de la pousser dans les bras du fils d’un de ses voisins…

Mon avis : "Tu as fini de jouer au policier, on va pouvoir élever du bétail" disait ironiquement le Virginien à Trampas à la fin de l’épisode précédent ; sur quoi j’espérais que ce retour aux sources annoncé fasse replacer la série sur de bons rails. Alors certes nos deux comparses sont revenus à leurs moutons – ou plutôt à leurs vaches et chevaux –, leur complicité fait toujours autant plaisir à voir et nous fait ici souvent sourire d’autant que nous n’avions plus retrouvé les deux comparses réunis depuis un bon moment, et en parlant de rails, l’épisode débute par l’image d’un train qui avance à toute allure, celui-là même qui nous a déjà amené à Medicine Bow tant de personnages intéressants ou (et) cocasses. Le postulat de départ est amusant, celui de Marjorie, une jeune fille venant de l’Est avec, piochées dans des romans à l’eau de rose, des idées bien arrêtées sur le Far-West, rêvant de se trouver en fâcheuse posture afin d'être sauvée in-extremis par un mâle beau et viril ; à Medicine Bow, le Virginien devient ce héros alors qu’il empêche un cheval amorphe et docile "de ruer dans les brancards" et de renverser la conductrice de la calèche. Une comédie très drôle aurait pu découler d’une telle situation à condition de bénéficier d’un solide scénario et surtout d’une comédienne chevronnée. Mais immédiatement Alice Rawlings avec sa voix haut-perchée et ses sempiternels roulements d’yeux nous agace ; sachant qu’il s’agit du protagoniste principal de cette histoire, aussi naïve soit-il, nous voilà bien avec un tel cabotinage qui perdurera toute la durée de l'épisode ! Pas besoin de s’étendre, on comprend aisément pourquoi l’actrice a fait une carrière éclair et uniquement sur la petite lucarne.

Mais avec pour la première fois de la série une réalisatrice aux manettes – et pas n’importe quelle cinéaste puisqu’il s’agit d’Ida Lupino (Outrage ; The Hitch-Hiker ; The Bigamist) – nous pouvions nous attendre à un ton et une sensibilité autres, ce qui n’est absolument pas le cas ici. Hormis les complétistes, les amateurs de cette artiste surtout connue en tant que comédienne (La Femme aux cigarettes de Jean Negulesco ; La Maison dans l’ombre de Nicholas Ray ; Le Grand couteau de Robert Aldrich ; La Cinquième victime de Fritz Lang) peuvent aisément se passer de visionner cet épisode plus que médiocre que ce soit au niveau du scénario que de la réalisation. Il semble que ça ait été pour elle un travail purement alimentaire ; pas un plan ni une idée mémorable ne s’en dégagent. C’est d’autant plus dommage que James Drury s’avérait plutôt à l’aise dans la comédie et qu’il était un peu revenu sur les devants de la scène après une période de vache maigre concernant son personnage du Virginien. Il a beau essayer de faire au mieux, se retrouver devant une comédienne sans talents n’aide pas à grand-chose. Certains avanceront que la série n’avait rien à faire avec la comédie ; ils se tromperont s’ils ne connaissent pas les saisons précédentes car dès le début elle aura eu l’occasion de nous offrir quelques pépites sur ce ton badin, par exemples les délicieux Big Day, Great Day de Harmon Jones avec Aldo Ray et même encore plus tôt, dès le 4ème épisode, The Big Deal de Earl Bellamy avec Ricardo Montalban.

Il est quand même cependant assez savoureux de voir James Drury essayer de se dépêtrer de cette encombrante adolescente qui le compare à son héros de roman préféré, Deadeye Dick. Plus il va faire de tentatives pour la décourager en lui faisant comprendre qu’elle fait fausse route, plus il va s’enfoncer et plus elle va lui faire des avances. Les meilleurs moments de l’épisode sont néanmoins ceux où il partage des séquences avec Trampas, ce dernier ne manquant aucune occasion de gentiment se moquer de son boss. Assez savoureux aussi - quoique un peu lourd parfois - de voir Trampas devoir éduquer un jeune avocat au métier de cowboy afin que celui-ci soit remarqué par la jeune fille qui ne rêve que de tomber dans les bras d’un 'homme, un vrai' et surtout pas dans ceux d’un gratte-papier, sa conception de l’homme parfait étant bien cadrée, acceptant de se faire conduire à la soirée dansante par le futur juriste par le seul fait d’avoir appris que tous les hommes de Shiloh seront présents à la fête ce soir-là, abandonnant son cavalier dès que l’occasion se présente de valser avec un cowboy. Un personnage fantasque à la fois aussi naïf et insupportable peut s’avérer attachant si le comédien parvient à lui insuffler un peu d’humanité ; ce que Alice Rawlings est totalement incapable de faire comme nous l’avons déjà dit. Son partenaire David Macklin n'est guère plus réjouissant même si plus terne.

Pour remplir les 72 minutes traditionnelles, le scénariste Joseph Hoffman cherche alors à changer de ton dans le dernier quart du récit, oubliant la comédie en faisant intervenir quelques pilleurs de banque qui prennent Marjorie en otage, le jeune avocat allant se transformer en héros pour la délivrer. C’aurait pu être drôle, c’est juste un peu idiot, pas du tout crédible et assez ridicule. Le passage à un récit plus sérieux n’arrange rien du tout, le mélange des tons ne fonctionnant pas vraiment. Une comédie qui arrive difficilement à nous faire rire et qui manque sacrément de fantaisie pour parvenir à nous maintenir en éveil durant toute sa durée. Ceux qui n’auront pas piqué du nez après les trois premiers quarts d’heure auront pu constater une cocasse erreur d’inattention de la part du monteur, un pick-up Chevrolet garé sur la droite de l’écran à la sortie du ranch Shiloh. Croisons les doigts pour que le dixième épisode de ce premier tiers de saison parvienne à faire remonter le niveau !

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  • 5.10- High Stakes
  • Réalisation : Thomas Carr
  • Scénario : True Boardman & Mark Rodgers
  • Guests stars : Jack Lord, Michael Ansara & Terry Moore
  • Première diffusion 16/11/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 8/10

Le Pitch : Le Virginien est venu en ville accompagner Wesley, un jeune cow-boy qu’il avait formé ; il veut voir comment il se débrouille pour vendre ses chevaux et lui apporter son aide si besoin. L’affaire close, il continue à veiller sur lui de peur qu’il ne dépense tout son argent, le voyant s’approcher un peu trop souvent de la table de Pharaon tenue par la Saloon Gal Alma (Terry Moore). Cette dernière se cache de son époux (Michael Ansara), un dangereux bandit qui vient de s’échapper de prison et qui charge son frère (Jack Lord) de la lui ramener par un odieux chantage. L’arrivée en ville de cet abject personnage va déclencher morts et enlèvement…

Mon avis : Même si ce premier tiers de cinquième saison aura été extrêmement laborieux et surtout assez éprouvant pour les fans de la première heure, deux épisodes seront sortis du lot – et pas qu’un peu – : An Echo of Thunder de Abner Biberman – le quatrième - ainsi que celui qui nous concerne ici, réalisé par un vieux briscard du serial, un Thomas Carr en fin de carrière. Ces deux superbes épisodes ne mettront en scène qu’un des protagonistes récurrents, Trampas pour le premier, Le Virginien pour le second, les aficionados de la série étant d’ailleurs ravis de voir le régisseur de Shiloh enfin retrouver un rôle d’importance après avoir joué les utilités depuis un trop long moment. J'ai déjà à plusieurs reprises émis l'hypothèse que l’une des raisons de la faiblesse qualitative de la saison 5 pourrait avoir été la venue des nouveaux propriétaires de Shiloh avec trois comédiens qui ont toujours autant de mal à nous convaincre ; leur absence dans ces deux formidables réussites apporte encore de l’eau à mon moulin. Il y a d'ailleurs de fortes chances pour que cet excellent High Stakes plaise au plus grand nombre, aussi bien aux amateurs d’actions et d’émotions fortes qu’à ceux qui préfèrent la romance, le suspense ou même la violence psychologique.

L’épisode débute par l’évasion d’un bandit qui purgeait une peine de 5 ans de prison. C’est son frère qui lui a fait passer une arme par les barreaux de sa cellule. Ellipse… et voici les deux hommes réunis ; l’évadé a été blessé durant sa fuite et demande à son frère d’aller chercher son épouse qui a profité de son emprisonnement pour s'éloigner de lui, voire même pour prendre la poudre d'escampette. Il lui explique de lui faire un odieux chantage aux sentiments afin qu’elle le suive sans faire d’histoires, de lui faire croire qu’il a récupéré leur jeune enfant et que la seule solution pour le revoir est de revenir vivre avec lui. Le mari chef de gang, c’est Michael Ansara (Les Piliers du ciel de George Marshall, Quantez de Harry Keller, Les Comancheros de Michael Curtiz…), déjà présent dans l’épisode The showdown dans la peau d’un shérif impassible que rien ne semblait effrayer, dur et peu souriant. Le frère c’est Jack Lord qui, après avoir été le psychopathe dans L’Homme de l’Ouest d'Anthony Mann, se montrait tout aussi convaincant dans Le Bourreau du Nevada de Michael Curtiz où il interprétait le rôle d’un homme recherché qui se révélait être un ange de bonté et de probité, père et époux idéal. Alors qu’il était méconnaissable dans le sombre film de Mann, on devinait en revanche parfaitement dans cet autre western de Curtiz son futur personnage de Steve McGarrett dans Hawaii police d’Etat. Une autre preuve de son ampleur de registre qui nous fait dire qu'il est un peu dommage qu’il ne se soit ensuite cantonné qu’à cette célèbre série – où il était parfait -, son personnage de salaud intégral dans cet épisode du Virginien. A noter qu'il fut aussi le premier Felix Leiter dans James Bond contre Dr No.

Je conseille à ceux qui n’apprécient pas les spoilers de sauter à pieds joints sur ce petit paragraphe. Non seulement le personange de hors-la-loi interprété par Jack Lord va assassiner de sang-froid le jeune ami du Virginien mais il va ensuite tenter de faire tomber sa belle-sœur dans ses bras quitte ensuite à tuer son frère s'il venait à le gêner. Sans trop en faire, il se révèle absolument génial, bougrement inquiétant et menaçant. Sa confrontation avec James Drury promettait beaucoup et nous ne sommes pas déçus, ce dernier s’avérant lui aussi assez mémorable. Partant à la poursuite du meurtrier du jeune cow-boy qu’il avait pris sous son aile, il continuera seul après que les hommes de loi se soient désolidarisés par peur de passer la frontière, infiltrant le gang pour mieux pouvoir venger la mort de son ami. Dur et déterminé comme rarement il aura été, le régisseur de Shiloh va se lancer dans une vendetta tout en essayant de sauver la vie de la jolie épouse du chef de gang. Il va même tenir un discours assez violent une fois qu’il aura réussi à emprisonner son ennemi, lui faisant ‘miroiter’ avec sadisme la peine de mort. L’on sait néanmoins que Le Virginien abhorre la loi de lynch et l’on se doute bien qu’il s’agit avant tout pour lui d’impressionner et d’inquiéter son adversaire. Quoiqu’il en soit, les amoureux des séries TV des années 60 assistent à une confrontation mythique et pleine de panache entre deux des grands comédiens de cet âge d’or. Si Michael Ansara, Jack Lord, James Drury et même le jeune Dirk Rambo –mort tragiquement en début de carrière, tué par un chauffard - nous offrent des compositions de très haute tenue, la ravissante Terry Moore (Man on a Tightrope de Kazan, Le Temps de la colère de Richard Fleischer…) n’est pas en reste et l’on comprend aisément comment elle a pu faire tourner la tête au jeune homme assassiné, aux deux frères puis in fine au Virginien qui aurait bien aimé s’en faire épouser. Son talent dramatique étant égal à sa beauté, les séquences qui la réunissent à Dick Rambo en début d’épisode sont bouleversantes, puis captivantes sont les relations qu'elle entretient avec Michael Ansara, Jack Lord et James Drury.

Des décors inhabituels dont cette ville fantôme où s’est installée la bande, des éléments scénaristiques de film noir, un background musical entêtant, des courses poursuites, gunfights et autres scènes d’action d’une redoutable efficacité viennent entériner le fait qu’il s’agisse d’un des sommets de la série. On n’oubliera pas de sitôt non plus la manière qu’à le Virginien de prendre soin de son jeune protégé, allant même trouver l’entraineuse en lui demandant de le faire revenir à la réalité. True Boardman, à côté de récits absolument honteux, a eu néanmoins de belles réussites à son actif dont sa précédente participation à la série qui remonte à l’épisode 27 de la troisième saison, Farewell to Honesty ; High Stakes lui est encore bien supérieur et l’on croise les doigts pour que son retour à l’écriture durant la suite de cette saison se concrétise à nouveau par des épisodes de cette trempe. Pas nécessairement beaucoup de surprises au sein du récit mais une efficacité totale, un scénario carré, une tension palpable et une interprétation hors pair ; on en redemande et surtout on respire après tant de ratages !

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  • 5.11- Beloved Outlaw
  • Réalisation : William Witney
  • Scénario : True Boardman
  • Guests stars : John Archer
  • Première diffusion 23/11/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 3/10

Le Pitch : Alors que Trampas, Stacey et Elizabeth partent observer d’immenses troupeaux de chevaux sauvages, la jeune fille tombe amoureuse d’un bel étalon blanc. Capturé par d’autres cowboys, le cheval est vendu aux enchères et acheté par la jeune fille qui le voulait absolument. Après l’échec de Trampas pour le dompter et malgré la promesse faite à son grand-père de ne pas s’en approcher, Elizabeth se charge elle-même du dressage avec beaucoup de patience, allant même ensuite l’inscrire pour participer à une course. Même si la bête semble s’être adoucie, tout l’entourage d’Elizabeth craint toujours qu’elle se rebiffe…

Mon avis : Ce n’est pas encore arrivé presque à mi parcours que nous trouverons deux bons épisodes consécutifs lors de cette cinquième saison, puisque après le remarquable High Stakes avec Jack Lord, Michael Ansara et la ravissante et talentueuse Terry Moore, ce Beloved Outlaw parait non seulement bien fade mais se révèle également languissant, péniblement larmoyant et très ennuyeux. Nous noterons exceptionnellement l’absence de Guest Stars si ce n’est en seconds rôles (John Archer par exemple), les seules vedettes de l’épisode étant l’étalon blanc et l’actrice Sara Lane dans la peau d’Elizabeth Grainger qui se voit octroyer ici son rôle le plus important au sein de la série. Malheureusement elle vient nous confirmer ce que nous avions déjà pressenti depuis le début de la saison, à savoir que ses talents dramatiques sont décidément très limités, la comédienne parvenant difficilement à porter seule un récit de 75 minutes sur ses trop frêles épaules, s’avérant non seulement manquer de charisme mais nous étant également assez vite exaspérante surtout au cours de la dernière partie où le personnage d’Elizabeth, blessé par le cheval apeuré, se retrouve aveugle suite au choc subi et n’arrête pas de pleurnicher. Il n’est pas donné à tout le monde de savoir pleurer à l’écran et c’était visiblement le cas pour Sara Lane qui, outre une charmante silhouette et un joli visage, a bien du mal à retenir notre attention d’autant plus que le scénario de True Boardman n'est pas là pour lui apporter quelconque aide, vraiment trop léger.

Le récit tourne donc quasi exclusivement autour d’un cheval sauvage ; l’épisode débute par d’amples chevauchées au sein d'impressionnants décors désertiques que nous n’avions pas eu beaucoup l’occasion de voir durant la série, les stock-shots n'étant heureusement pas très nombreux et plutôt bien intégrés malgré évidemment une colorimétrie bien différente du reste. William Witney étant un réalisateur chevronné, auparavant spécialiste du serial, tout ce qui touche à des séquences mouvementées en extérieurs est très solidement troussé. Il s’agit là du 9ème et avant dernier épisode qu’il signera pour la série, ses participations ayant été dans l’ensemble de très bon niveau avec pour sommet l’excellent A Man of the People, épisode médian de la saison 3 qui abordait principalement la thématique de la répartition des terres entre ranchers et fermiers et l’arrivée de nouveaux habitants orchestrée par un député un peu roublard joué à merveille par James Dunn. Beloved outlaw pourrait en revanche s’avérer être comme sa collaboration la moins mémorable au Virginien, faute ne lui en incombant d'ailleurs pas nécessairement sauf concernant la direction d’acteurs, incapable de faire jouer correctement sa comédienne principale, Charles Bickford et Don Quine n’étant toujours pas parvenu à nous convaincre non plus… mais on veut bien continuer à y croire encore un peu ; quant à James Drury, après sa mémorable prestation dans High Stakes, il se retrouve à nouveau dans une position de 'potiche'. Witney n'étant pas responsable du ratage, la faute repose principalement sur les épaules du scénariste ici très peu inspiré alors qu’il était l’auteur du précédent excellent épisode ; on peut constater à quel point la participation de cet auteur à la série est vraiment très inégale, capable du meilleur comme du pire.

Ici, il ne se passe pas grand-chose : on essaie de capturer le cheval sans y parvenir ; d’autres le font et le mettent en vente aux enchères ; Elizabeth enchérit jusqu’à ce qu’elle remporte l’animal tellement elle est tombée sous son charme et même si ça ne plait pas spécialement à son père ; Trampas essaie de le dompter sans y arriver ; la jeune fille prend alors la suite : avec efforts et patience, plutôt que de le monter pour le dresser, elle préfère s’en faire un ami en lui parlant doucement et tendrement à l’oreille. On pense alors au futur superbe film de Robert Redford, L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, sans que bien évidemment cet épisode de série ne lui arrive à la cheville à quelque point de vue que ce soit, émotion, lyrisme, mise en scène, scénario, ou interprétation… Puis, après être arrivée à ses fins et avoir réussi à s'en faire un véritable compagnon, la fille du propriétaire va vouloir faire participer son étalon à une course inter-ranch, quitte à prendre la place de Trampas qui la lui cède bien volontiers (un début de romance pour la suite ?) Le pur sang va blesser un homme de Shiloh ; il va se blesser ; il va blesser Elizabeth et s'enfuir ; suite au choc elle va devenir aveugle… pour un temps… mais partira néanmoins à sa recherche alors même qu’elle n’a pas encore recouvré la vue… On se demande bien ce qui a pu passer par la tête de True Boardman pour nous pondre une histoire sans véritables enjeux dramatiques, ce qui en soi ne serait pas forcément un défaut si en plus elle ne tournait pas aussi vite en rond et surtout s'il elle ne s'avérait pas aussi peu crédible, l'auteur semblant avoir eu du mal à boucler les 72 minutes réglementaires et paraissant s'être senti dans l’obligation de combler comme il pouvait aux dépens du spectateur qui trouve le temps long.

Un épisode répétitif qui plaira très probablement aux amateurs de chevaux ainsi qu’à ceux qui apprécient les histoires d’animaux bien larmoyantes et pleines de bons sentiments mais qui vraisemblablement pour les autres s’avèrera bien peu captivant. Dommage car William Witney était parfaitement bien parvenu à filmer toutes les chevauchées de l’animal et de sa cavalière et qu’il avait à sa disposition de majestueux paysages assez bien mis en valeur par le directeur de la photographie. On appréciera également la brève apparition de John Archer – l’inoubliable docteur progressiste dans le non moins mémorable Decision at Sundown de Budd Boetticher - dans la peau du cow-boy disputant avec fair-play le pur-sang à Elizabeth. Un petit sursaut qualitatif pour le prochain épisode serait le bienvenue.

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  • 5.12- Linda
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Frank Fenton
  • Guests stars : Frank McGrath
  • Première diffusion 30/11/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 7/10

Le Pitch : Le Virginien est au Texas où il vient d’empocher la somme de 10.000 dollars provenant de la vente de chevaux. Alors qu’il se rend à la banque échanger son reçu, un hold-up se produit et il est dévalisé. On lui conseille de rentrer chez lui mais il compte néanmoins retrouver ses voleurs ; à bord de la diligence il fait la connaissance d’une chanteuse de saloon, Linda (Diane Baker), qui lui raconte sa vie et l’étrange manège dans lequel elle s’est fourvoyée, servant de 'courrier' en transportant dans ses bagages des sacs qu'elle doit déposer ici et là, étant payée en retour ; un inquiétant personnage peu loquace vient compléter le trio de voyageurs…

Mon avis : Linda est le dernier épisode écrit par l’excellent scénariste Frank Fenton, son précédent datant de la saison 3, le superbe You Take the High Road avec Richard Beymer et Diana Lynn, celui qui décrivait une épidémie de peste bovine qui avait grandement inquiété les éleveurs de Medicine Bow. Fenton aura été une valeur sure de la série avec un sans-faute comptant six belles réussites. Rappelons que pour le grand écran, il écrivit déjà dans le domaine du western avant sa participation au Virginien des grands classiques du genre, des films formidables tels Fort Bravo (Escape from Fort Bravo) de John Sturges ou Le Jardin du diable (Garden of Evil) de Henry Hathaway. Don McDougall à la mise en scène, le réalisateur étant l’un des plus prolifiques et des plus fiables ayant œuvré au sein de la série, avec pour lui aussi très peu de 'déchets' à son actif, autant dire que cet épisode naissait sous les meilleurs auspices. Et effectivement, malgré quelques petits défauts principalement scénaristiques sur lesquels nous reviendrons rapidement par la suite, Linda s’avère être plus qu’honorable, une très bonne cuvée de cette médiocre saison 5.

Il s’agit d’un épisode qui se déroule loin de Medicine Bow avec un seul protagoniste récurent, en l’occurrence notre fameux Virginien qui nous avait beaucoup manqué au cours de cette saison et qui était déjà le personnage principal d’un très grand récent épisode, High Stakes avec Jack Lord, Michael Ansara et Terry Moore. Ici l'intendant se trouve au Texas où il vient de vendre des chevaux pour une coquette somme de 10.000 dollars. Avec son reçu il se rend à la banque où on lui donne l’argent en liquide. A ce moment-là trois hommes font irruption et lui subtilisent les billets. Heureusement il a toujours son reçu sauf qu’à cause de ça on l’accuse d’avoir monté un coup pour doubler sa mise ; à savoir que les trois voleurs seraient ses complices et qu’ils se partageraient à eux quatre non seulement l’argent volé mais les autres 10.000 dollars qui lui seraient encore versés plus tard en échange du reçu. Le shérif voulant bien faire confiance en la bonne foi du Virginien mais avec cependant toujours un léger doute, il lui conseille de quitter la ville au plus vite. Le régisseur de Shiloh prend alors la diligence tout en ayant en tête de retrouver ses détrousseurs. Durant le voyage il fait la connaissance d’une charmante chanteuse de saloon qui lui dit être coincée dans une affaire dont elle a du mal à se dépêtrer : pour un peu d’argent elle aurait accepté de faire le 'courrier' et de transporter des sacs d’un endroit à l’autre lors de ses déplacements en diligence. Par curiosité elle aurait ouvert son dernier ‘colis’ où elle y aurait découvert 50.000 dollars ; sac qui vient de lui être subtilisé.

Le Virginien lui conseille de tout raconter aux autorités policières et d’interrompre sa participation à ce qui s'apparente beaucoup à une magouille. Il va décider de lui venir en aide d’autant que leur voisin de diligence les inquiète en ne les quittant pas de yeux et que nombre d’autres personnes semblent les surveiller eux aussi et vouloir intimider le Virginien qui parait alors en gêner beaucoup. Notre héros fait le lien avec l'affaire qui le concerne et acquiert la certitude que ses voleurs pourraient être de la partie. On comprend à la lecture de cette description que l’épisode lorgne encore plus vers le film noir que vers le western et effectivement l’intrigue parait parfois aussi obscure que celles des plus grands romans policiers américains, l’on pense bien évidemment à celle du Grand sommeil par exemple. Et c’est paradoxalement l’un des défauts de ce scénario d’être parfois inutilement complexe - cet exercice a toujours été extrêmement difficile - et d’autres fois bien trop bavard. Et d’ailleurs l’intrigue n’est pas spécialement mémorable ; la preuve, au moment où j’écris ces lignes, soit à peine une semaine après avoir visionné l’épisode, j'ai énormément de mal à me souvenir des détails voire même de quelques grandes lignes de son dénouement. Seulement Frank Fenton est assez intelligent pour vite nous faire oublier cet imbroglio qui pourrait être frustrant à la longue ; pour se faire il a distillé au sein de son scénario un malaise paranoïaque qui perdure toute la durée de son récit, ayant convoqué tout un tas de personnages d’importance ou secondaires, tous plus inquiétants et intimidants les uns que les autres sans que nous ne sachions jamais vraiment de quelle côté de la loi ils se situent, s'ils sont là pour protéger ou vouloir tuer nos deux tourtereaux ? Nous n’en dévoilerons rien et n'en dirons d’ailleurs pas plus afin de préserver un semblant de mystère d’autant que le final est assez surprenant. C’est de cette atmosphère générale que l’épisode tire toute sa force, l’intrigue passant alors au second plan.

Frank Fenton est grandement aidé par un Don McDougall en pleine forme, s’essayant avec succès à commencer la plupart de ses séquences par des amorces de plan constituées par des objets (verres, bouteilles, lampes), la caméra se déplaçant ensuite pour recadrer les personnages, ou à filmer quelques plans de très loin comme ceux où l’on voit la diligence avancer au sein de paysages majestueux. Il nous octroie également un duel en pleine rue d’une étonnante sécheresse et d’une grande efficacité et sait parfaitement bien faire monter la tension grâce à sa direction d’acteurs et à un casting hors pair de trognes menaçantes et patibulaires, certaines séquences étant remplies à ras bord de testostérone, au bord de l'implosion. A propos de comédiens inquiétants nous nous souviendrons surtout de Bill Fletcher, James Brown et plus encore de l’excellent Rex Holman qui était déjà récemment très angoissant dans l’épisode No Drums, no Trumpets. Nous noterons aussi la présence de Clifton James, le futur shérif J.W. Pepper dans les deux premiers James Bond avec Roger Moore, Vivre et laisser mourir et L’homme au pistolet d’or, ainsi que de Diane Baker qui s’avère assez convaincante en tant que Guest Star principale, tenant très bien tête à James Drury, leur duo et leur romance fonctionnant plutôt bien même si leurs séquences dialoguées paraissent parfois un peu trop étirées et trop intellectualisées pour un épisode qui tire tout le bénéfice de son ambiance délétère et anxiogène.

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  • 5.13- The Long Way Home
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : Andy Lewis
  • Guests stars : Pernell Roberts
  • Première diffusion 14/12/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 4/10

Le Pitch : Jim (Pernell Roberts), après avoir déserté sa famille et après trois ans de petites rapines, décide de se ranger. Il souhaite par la même occasion récupérer son fils et son épouse qui se sont installés à Shiloh après son départ ; les deux laissés pour compte ne veulent en revanche plus entendre parler de lui. Jim montrant des qualités de dresseurs hors-pair, le Virginien le prend dans son équipe ; le nouveau venu espère impressionner Grainger afin qu’il le nomme régisseur d’un ranch dont il a entendu parler qu’il allait l’acheter ; les choses ne se déroulant pas comme il le souhaiterait et perdant patience, des drames vont en découler…

Mon avis : La malédiction de la saison 5 se poursuit : il n'est décidément pas possible de visionner deux bons épisodes consécutifs, ce qui met l’amateur sans cesse mal à l’aise, se demandant constamment si la série ne va pas définitivement sombrer dans la plus grande médiocrité après lui avoir offert autant d’occasions de se réjouir durant les 4 premières saisons. Pour The Long Way Home, malgré Abner Biberman à la réalisation qui ne s’en sort d’ailleurs pas trop mal, ainsi que des invités pas spécialement mauvais, le scénario de Andy Lewis peine vraiment à nous captiver malgré un postulat de départ pas nécessairement novateur mais d’où peut toujours découler un émouvant récit, celui d’un homme qui pense pouvoir reprendre sa vie familiale du jour au lendemain après l’avoir déserté, son jeune fils ayant trouvé un père de substitution en son absence, le père biologique allant en concevoir de la jalousie. Le thème principal de l’épisode est donc celui du retour du père prodigue (Jim Sr.) après qu’il ait abandonné femme et enfant (Jim Jr.) pour partir vivre une vie de rapine : du jour au lendemain et sans prévenir personne, il avait quitté le domicile conjugal pour suivre un ami avec qui il allait vivoter de divers larcins. Un jour, alors qu’il est sur le point de se faire appréhender par un posse, il décide de tout arrêter et de rentrer dans le rang pour commencer une nouvelle vie décente et honnête. Il pense même pouvoir reprendre sa vie familiale comme si de rien n'était, n’imaginant pas une seule seconde que les deux laissés pour compte que sont son épouse et son fils - désormais âgé d’une quinzaine d’années - puissent ne pas être du même avis et n'aient pas envie de le revoir.

C’est pourtant ce qui se produit une fois qu’il arrive à Medicine Bow où sa femme est désormais restauratrice, son fils venant de trouver une place à Shiloh. Il est très étonné lorsque son épouse se rebiffe et le repousse. Quoiqu’il en soit, Jim ne se laisse pas démonter et reste persuadé qu’à force de ‘harcèlement’, il parviendra à ses fins auprès d'elle, estimant plus facile de se mettre son rejeton dans la poche puisque encore naïf et par ce fait bien plus malléable : il lui suffira de s’en faire admirer ! Ayant entendu dire que John Grainger était sur le point d’acheter un ranch alentour, il a pour idée de se faire embaucher pour en être le régisseur. Avant tout, il faut qu’il entre dans la place comme son fils vient de le faire ; pour y parvenir il va prouver son immense talent en tant que cow-boy et dresseur de chevaux ; devant le fait accompli, le Virginien impressionné par sa dextérité décide de le prendre lui aussi dans son équipe. Jim Sr va accomplir du très bon travail et Jim Jr. va tomber sous le charme de ce père encore plus doué que Trampas en ce qui concerne le domptage des purs-sang. Seulement, son arrogance et sa jalousie font que dès que quelque chose ne va pas comme il veut, il se braque et peut devenir un peu virulent voire violent. C’est en apprenant de la bouche de son patron que la vente du ranch convoité a capoté qu’il va retomber dans ses travers, ce qui petit à petit aboutira à la tragédie. Les relations tendues entre les époux, celles plus ambiguës entre le père et le fils, le tempérament imprévisible de ce petit voyou souhaitant recommencer à zéro pour une vie plus respectable, le Virginien ne voulant pas voir le drame qui couve par le fait d’être admiratif du travail que son nouvel employé accomplit, l’arrivée à Medicine Bow du complice de rapine de Jim, la jalousie de Jim à l’encontre du Virginien rapport au rôle de modèle pour Jim Junior... Il semblait y avoir de la matière à un épisode captivant et émouvant.

Le résultat est pourtant inaccompli faute avant tout à une écriture peu convaincante et à une direction d’acteurs parfois dilettante, Pernell Roberts s’avérant assez insupportable en fanfaron lors de toutes ses séquences d’ivresse. C’est pourtant un comédien que l’on aime bien et qui était remarquable dans le non moins splendide La Chevauchée du retour (Ride Lonesome) de Budd Boetticher ; son personnage était tellement sympathique que les auteurs avaient décidé en toute dernière minute de ne pas le sacrifier comme prévu sur le papier. Mais il était surtout connu pour son rôle d’Adam Cartwright dans une autre série westernienne toute aussi célèbre que celle nous concernant ici, Bonanza. A ses côtés, dans la peau de son partenaire des mauvais coups, Noah Beery Jr. dont le nom vous est peut-être inconnu mais dont le visage vous parlera très certainement puisqu’il fût au générique de très nombreux films hollywoodiens surtout durant les années 40 et 50 ; dans celui de son fils le jeune Michael Burns que l’on a déjà croisé deux fois dans le courant de la série ; et enfin dans celui de son épouse, Jan Shepard dont la prestation est ici bien moins mémorable que dans son rôle de prostituée dans le fabuleux épisode Harvest of Strangers - toujours à cette date le chef-d’œuvre de la série - ou encore lorsqu’elle interprétait une institutrice dans The Brothers. Dommage que toutes ces Guest Stars talentueuses n’aient pas eu l’occasion de nous dévoiler tout leur talent faute à l’écriture assez limitée de leurs personnages et aux incongruités de l’intrigue : comment par exemple croire une seule seconde au revirement de l’épouse qui après avoir à de nombreuses reprises violemment repoussé les avances de son mari, tout d'un coup lui tombe dans les bras, enamourée ?!

Un épisode assez ennuyeux mais pas honteux pour autant dans lequel on peut glaner quelques bonnes choses ici et là : de belles séquences de chevauchées en extérieurs dans des paysages jusqu’ici encore pas foulés par la série - même si pour beaucoup il s’agit de Stock-Shots -, une bonne interprétation de James Drury, notre ‘héros faisant à nouveau preuve de son bon sens, de son humanité, de ses conseils avisés et de sa modération quand il s’agit de juger autrui et toujours là lorsqu'il faut dénigrer toutes formes de violence ; morceaux choisis : "Ne cherche pas une idole […] tous les hommes ont leurs faiblesses […] peu importe qui t'éduque du moment qu’au final tu aies ta propre personnalité […] accepte les moqueries sans nécessairement te battre ; chacun est déjà passé par là et ce n’est pas bien grave". Nous noterons ici, une fois n’est pas coutume, une chanson se déroulant durant le générique, interprétée par Pernell Roberts. Et nous déplorerons à nouveau les départs de Lee J. Cobb et John Dehner ayant grandement affaiblis la série par leur remplacement par un Charles Bickford décidément et malheureusement plus du tout dans le coup.

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  • 5.14- The Girl on the Glass Mountain
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Eric Bercovici & James L. Henderson
  • Guests stars : Tom Tryon & Pamela Austin
  • Première diffusion 28/12/1966 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 7.5/10

Le Pitch : C’est le dernier convoyage de bétail pour Howie (Tom Tryon) qui doit quitter Shiloh pour se marier avec une fille de bourgeois ; le père voit cette union d’un mauvais œil mais finit par le se laisser convaincre. Howie ouvre alors une sellerie. Son commerce marche très bien mais la vie en plein air commence à lui manquer. Le jour où l’un de ses anciens patrons lui propose la place de régisseur de son ranch, l’envie de reprendre son métier de cow-boy le titille mais son épouse va à son encontre. Plus tard il perd une forte somme d’argent au jeu alors que sa femme vient de tomber enceinte. Le voilà dans une délicate situation…

Mon avis : Don McDougall est décidément non seulement l’un des réalisateurs les plus prolifiques de la série mais également celui auquel nous pouvons accorder la plus grande confiance, son pourcentage de réussites étant vraiment impressionnant, un seul de ses 22 épisodes s’étant jusqu’à présent révélé moyen - paradoxalement le seul autre écrit par le scénariste de cet excellent The Girl on the Glass Mountain - ; savoir qu’il en mettra en scène encore tout autant est là pour nous rassurer sur la qualité d’ensemble de la série, en croisant les doigts pour que cet espoir se confirme. L’épisode débute par une dizaine de minutes rappelant un peu le très attachant Cow-Boy de Delmer Daves, sorte de semi-documentaire sur la vie quotidienne en extérieurs de ces garçons vachers, leur travail, leur discussions et réflexions sur leur condition ou l'égrenage de leurs souvenirs, les veillées autour des feux de camp… Où l’on remarque immédiatement que Don Quine en Stacey est bien plus convaincant qu’à l’accoutumée, ce qui se révélera également vrai pour Sara Lane dans le rôle de sa sœur, leurs séquences ensemble s’avérant pleine d’une sensibilité inattendue, comme si enfin nos deux jeunes comédiens parvenaient à se lâcher un peu et commençaient seulement à apprivoiser leur personnage. Pour en revenir au prologue, de jolies séquences d’amitié et de camaraderie et un protagoniste immédiatement aussi charismatique que sympathique, celui joué par Tom Tryon (Le Cardinal de Preminger aux côtés de Romy Schneider, également très bon dans quelques westerns des années 60) qui nous avait déjà gratifié dans The Man from the Sea - 14ème épisode de la saison 1 - d’une interprétation savoureuse, rendant grandement attachant son personnage de marin extraverti qui avait voyagé sur toutes les parties du globe et qui avait acquis une culture et une expérience qui attisaient grandement la curiosité de ceux qui l’approchaient.

Il est tout aussi mémorable et admirable dans l’épisode qui nous concerne ici, Howie passant son dernier jour à Shiloh - fêté comme il se doit par son équipe avec qui il semblait formidablement bien s’entendre – avant de convoler en juste noce puis d’ouvrir un commerce au centre de Medicine Bow ; et si Howie restera comme un des personnages ‘Guest-Star’ les plus inoubliables de la série, c’est avant tout grâce au talent de Tom Tryon et à l’efficace direction d’acteurs de Don McDougall qui, outre avoir enfin réussi à donner de la consistance aux deux enfants Grainger, a su parfaitement bien diriger tous les autres comédiens gravitant autour d’eux dans cette jolie histoire très romantique parfois bouleversante. Howie est un homme foncièrement bon, conscient de ses faiblesses et défauts mais honnête, fidèle en amitié et confiant (parfois trop) ; rencontrant un de ses anciens ‘collègues’ s’emparant de vaches du troupeau qu’il a en charge, il lui conseille gentiment de ne pas poursuivre son larcin et lui rappelle que s’il fermait les yeux sur ses maraudages passés il n’a jamais lui-même participé à quelconque vol ("I looked the other way maybe, but I never stole cattle"). Lorsque plus tard, installé à son propre compte en tant que sellier, ses amis lui demandent de leur faire crédit, il ne dit jamais non, allant même parfois jusqu’à annuler la dette qu’ils ont contracté envers lui. Il est doux et tendre avec sa femme, courtois avec ses beaux-parents mais surtout grandement compréhensif envers tout le monde ; ‘une belle personne’ comme nous dirions de nos jours même si cette mièvre appellation est un peu galvaudée, utilisée à tort et à travers. Tom Tryon parvient à rendre son personnage totalement attachant, jamais pénible ni moralisateur, le genre de personne que nous aimerions avoir pour pote.

Howie eut du mal au début à se faire accepter par ses beaux-parents qui ne voyaient pas d'un très bon oeil rentrer dans leur famille un homme d’aussi basse condition ; mais sa rencontre avec le père lorsqu’il vient demander la main de sa fille se passe très bien ("Well Howie, I won't pretend I think you're the ideal husband for my daughter, but if she loves you and you love her, I guess all I can do is wish you luck") et surtout la mère fait la remarque à son époux comme quoi il n’était alors pas mieux loti lorsqu’il lui-même à l'époque l’avait demandé en mariage. Les personnages arrivent tous à se remettre en question et n’ont pas honte de changer d’avis, ce qui constitue l'une des véritables richesses de ce scénario jamais manichéen. L’actrice qui interprète la jeune et belle épouse d'Howie, fille de commerçants enrichis, c’est Pamela Austin qui avait été déjà au générique d’un des très grands épisodes de la série lors de la saison 2, It Takes Big Man. Elle est également très bien dirigée et son personnage tout aussi bien écrit, pas spécialement toujours aimable, ce qui fait aussi son humanité. Le couple a beau s’aimer, les deux déchantent vite : les grands espaces viennent à manquer à l’homme qui se sent un peu trop confiné dans son échoppe et à qui l’on propose justement une place de contremaitre ; sa femme aurait souhaité que l’argent rentre un peu plus vite dans les caisses d’autant qu’elle tombe enceinte et qu’elle voudrait s'acheter une maison plus vaste que la modeste arrière-boutique dans laquelle ils habitent depuis qu'ils sont ensemble. Poussé par une mauvaise fréquentation, ayant perdu une partie de sa recette au jeu, Howie va se sentir acculé et, pour ne pas décevoir sa femme, va se laisser entrainer sur une pente dangereusement glissante par ce même copain des mauvais jours, sur le point de commettre l’irréparable, une attaque de diligence qui manque de tourner au drame. Avant ça, nous aurons eu l’occasion d’être témoin de plusieurs séquences de discussions très touchantes au cours desquelles Owie se confie à propos de ses problèmes, son mal-être et ses frustrations et demande des conseils à ses amis, dont surtout Stacey qui d’un coup nous parait plus proche, plus sympathique et plus mature.

Constamment attachant et captivant, un épisode non seulement très maitrisé dans sa mise en scène (quasiment aucune faute de goût de la part de McDougall, ni plan foireux ni vilaine transparence...) mais également et surtout superbement bien écrit, octroyant même à plusieurs des protagonistes récurrents de très jolies scènes ; au shérif Mark Abbott par exemple qui se révèle in fine un homme profondément humain. Magnifique séquence également que celle de la demande en mariage qui réunit Tom Tryon et Hugh Beaumont, ce dernier tenant le rôle de son beau-père intimidant mais finalement compréhensif, faisant même son Mea Culpa, regrettant d’avoir trop gâté sa fille et d’avoir trop hâtivement jugé son gendre qu’il admire désormais pour son courage et par le fait d’être un brave homme. Je vous laisse juge de la qualité des dialogues et de la hauteur morale de ce script au travers ce long extrait de la séquence de remise en question et de conseils avisés du père à sa fille qui était sur le point de divorcer : "Donna, Howie Sheppard is a good man! Maybe he's a lot better man than I gave him credit for being. He could have gone in with me, but he wanted to make it on his own. And he's been working hard to give you everything you've wanted; everything we've brought you up to want. He could have come crying to me, but he didn't. And that makes me kind of proud of him. As for losing the money, well, he's human. He's no knight in shining armor. He's your husband. Maybe you should have tried harder to meet him halfway.I blame myself. For giving you too much, Donna. For making things too easy for you. For letting you grow up expecting to have everything just exactly the way you wanted it. I spoiled you, Donna, and for that, I'm sorry. Now I'm going to tell you something else. Instead of talking about leaving Howie, what you ought to be doing is thinking about how you can keep him!". Peut-être assez éloigné de ce qu'attendent les amateurs de western mais néanmoins superbe.

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  • 5.15- Vengeance Trail
  • Réalisation : Thomas Carr
  • Scénario : John Hawkins & Ward Hawkins
  • Guests stars : Ron Russell
  • Première diffusion 04/01/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 2/10

Le Pitch : Alors que Stacey ramène une coquette somme issue de la vente d’un troupeau, il est attaqué par un pauvre bougre sans le sou qui le menace ; par réflexe de défense Stacey le tue. Il le ramène néanmoins chez sa sœur qui comprend très bien l’accident. Elle conseille néanmoins à Stacey de vite quitter la région car elle est certaine que son frère (Ron Russell) cherchera à se venger. Et effectivement ce dernier apprenant la tragédie part à la recherche du tueur sans le connaitre mais sachant qu’il s’agit d’un cow-boy ; pour le retrouver il se fait embaucher sous un faux nom dans l’équipe du Virginien de laquelle il est certain que son coupable fait partie…

Mon avis : Le tour de montagnes russes se poursuit, la saison 5 continuant sans discontinuer à souffler le chaud et le froid : il faut juste s’y faire malgré les hauts le cœur que cela occasionne ! Après un superbe Girl on a Glass Mountain, cet épisode central de la saison 5 se révèle être un sacré ratage à tous les niveaux. Et pourtant le réalisateur en est Thomas Carr, l’homme qui venait de signer quelques mois auparavant le splendide High Stakes, alors que le duo de scénaristes, John et Ward Hawkins, capable du meilleur (The Small Parade ; Blaze of Glory) comme du pire (The Fatal Journey), nous octroie comme vous l’aurez sans doute deviné un Vengeance Trail qui vient rejoindre la seconde catégorie. La première séquence pouvait pourtant laisser présager un récit intéressant malgré déjà une impression de décors vraiment encore plus cheap que de coutume ; ce fait continuera malheureusement à se vérifier par la suite, les décors en intérieurs – la maison du mort - et les toiles peintes paraissant vraiment plus que sommaires et surtout sacrément factices. Le budget de la série aurait-il été rogné à ce moment-là ? Quoiqu’il en soit, avec une bonne histoire et une bonne mise en scène, ceci ne serait resté qu’un détail vite oublié ; ce qui n’est en l’occurrence pas le cas, le seul point positif de cette fiction étant un Don Quine qui confirme la bonne impression qu’il nous avait fait à l’occasion de l’épisode précédent, semblant enfin avoir réussi à intégrer son personnage et à le rendre convaincant et attachant. Pour le reste…

Mais revenons-en à ces cinq prometteuses premières minutes tout à fait correctes. Stacey se rend à la banque récupérer la somme qu’il a gagné suite à la vente d’un troupeau. Un homme est derrière lui, tout penaud et d'une tristesse incommensurable. Dès le départ de Stacey, ce malheureux se rend au guichet et demande un prêt que le banquier lui refuse puisque sa ferme est déjà hypothéquée. Acculé et grandement dépité, il rattrape Stacey et est sur le point de le dévaliser sauf que, face à ces menaces, le fils Grainger réagit un peu trop brusquement et tire sur son agresseur qui se retrouve mortellement blessé. On comprend qu’il ne s’agissait pas d’un mauvais bougre et l’on est attristé pour son sort ainsi que pour Stacey qui se rend compte avoir tué un brave gars aux abois. Moribond, ce dernier s’excuse auprès de Stacey de l’avoir mis dans une telle situation et lui demande de le raccompagner chez lui avant qu’il ne rende son dernier souffle. Et c’est à partir de là que l’épisode commence à s’écrouler puisque l’actrice Mary Ann Mobley qui interprète la sœur de l’homme entre temps décédé s’avère assez mauvaise. Ce n’est pourtant rien comparé à la Guest Star principale, soit Ron Russell : dans Ride to Delphi de cette même saison 5 j’écrivais qu’il n’était pas spécialement aguerri pour son rôle de pleutre et de lâche. Mais ici, en jeune homme au sang chaud, il s’avère insupportable de cabotinage.

L’épisode reposant presque tout du long sur ses épaules, on comprend d’emblée d’où provient une partie du ratage, Thomas Carr n’étant d’ailleurs pas exempté de 'culpabilité' non plus, sa direction d’acteurs s’avérant vraiment plus que légère, aucun des autres seconds rôles ne parvenant à se détacher du lot et James Drury paraissant s’être ennuyé sur le plateau comme rarement. Les auteurs ont beau avoir tenté de complexifier l’intrigue sauf qu’elle part dans tous les sens sans véritable liant, les rebondissements et changements d’axes dramatiques arrivant comme des cheveux sur la soupe. Comme si cette histoire de vengeance ne suffisait pas - avec notamment ces relations d’amitié qui se tissent entre les deux ‘ennemis’, le vengeur ne connaissant pas encore l’identité de celui qu’il recherche - voilà que nos deux compères scénaristes greffent à mi-parcours une histoire de droit de passage pour le bétail dans une ville tenue par des notables corrompus, ces derniers ayant ourdi un complot assez diabolique : le banquier et le shérif, aussi véreux l'un que l'autre, ont décidé de faire brûler les pâturages alentours afin que les vaches n’aient rien à manger et qu’elles soient alors obligées de traverser la bourgade, les cow-boys étant alors tenus de verser une coquette somme aux incendiaires. Sans oublier en bonus de ces deux histoires l’ajout d’un petit ‘entracte’ avec une traque au puma guère plus captivante que le reste ! Des pistes dramatiques très mal imbriquées les unes dans les autres et finissant par annihiler l’intérêt qu’elles auraient pu avoir séparément ; là les rebondissements s’avèrent dans leur majorité soit improbables soit ridicules.

Mal joué, mal écrit et bénéficiant d’un budget plus que ridicule, Vengeance Trail ne parvient non seulement pas à nous captiver mais finit assez vite par nous ennuyer. Nous ne retiendrons donc au sein de cette intrigue inutilement complexifiée qu'une bonne prestation de Don Quine ainsi que la participation de L.Q. Jones dont on attend toujours qu'il se voit confier un rôle d’une plus grande importance, jusque-là Belden restant confiné dans celui du cowboy rigolard. Quant à Ron Russell, sa carrière court de 1966 à 1995 mais n’est constituée que de 14 épisodes de séries télévisées diverses : l’avoir vu dans deux épisodes du Virginien nous fait mieux comprendre pourquoi il n’a pas été plus souvent sollicité. Oublions vite ce faux pas et croisons les doigts pour que la série reprenne enfin et pour plus longtemps de la hauteur !

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  • 5.16- Sue Ann
  • Réalisation : Gerald Mayer
  • Scénario : Gabrielle Upton & True Boardman
  • Guests stars : Patty Duke
  • Première diffusion 11/01/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 7/10

Le Pitch : Sue Ann (Patty Duke) est fatiguée de la pauvreté et de sa vie à la ferme où elle doit s’occuper de ses jeunes frères et de son père. Elle rêve de voler de ses propres ailes et de se rendre à San Francisco. Du jour au lendemain elle décide de partir et atterrit à Medicine Bow où elle pense gagner assez d’argent pour poursuivre son voyage. Mais son père et Joe, l’homme de main, partent à sa recherche, le second étant résolu de s’en faire épouser. La retrouvant, ils se rendent compte qu’ils n’arriveront pas à la convaincre de rentrer avec eux mais Joe se fait embaucher à Shiloh pour toujours être au plus près pour la protéger…

Mon avis : La Sue Ann du titre c’est Patty Duke ; rappelez-vous, il s'agissait de la jeune comédienne qui interprétait Helen Keller, la sourde-muette du très beau film de Arthur Penn, Miracle en Alabama (The Miracle Worker), dans lequel son personnage avait pour infirmière une inoubliable Ann Bancroft. Au souvenir de ce film on pouvait craindre que l'actrice nous livre à nouveau le même type de prestation un peu exagérée – mais totalement justifiée dans le film de Penn - d’autant que le site Le Monde des Avengers écrivait à son propos : "un peu agaçante dans son personnage [… ] il est difficile de la supporter jusqu’au bout dans son personnage geignard…" Me concernant il n’en est absolument rien, la jeune actrice (difficilement reconnaissable cinq ans après sa mémorable prestation de la sourde-muette) nous octroyant - grâce aussi aux scénaristes - l’un des personnages féminins les plus attachants et touchants que l'on ait pu croiser depuis les débuts de la série ; et pourtant Le Virginien ne manquait déjà pas de mémorables portraits de femmes parmi les personnages 'invités'. Sue Ann, une jeune fille qui vit depuis sa naissance dans une modeste ferme avec de maigres moyens ; sa mère étant décédée, elle passe son temps aux tâches ménagères et doit également s’occuper de ses deux jeunes frères, de son père et faire aussi le repas pour Joe, leur commis, ce dernier ayant dans l’idée de s’en faire épouser. Sue Ann est fatiguée de cette existence étriquée, de cette vie harassante et peu gratifiante ; elle ne comprend pas non plus pourquoi Joe a tant tardé à lui parler de ses projets. Elle ne veut pas être vieille avant l’âge comme l’était sa mère "because she had nothing to keep her young and put a spark in her face".

Voulant voir et vivre autre chose, une nuit elle fait son baluchon et part de la maison en laissant pour son père un mot d’explications. Ni lui ni Joe ne pouvant se passer d’elle, ils partent la rechercher en espérant la convaincre de rentrer. La jeune femme s’est arrêtée à Medicine Bow sur les conseils de Trampas qu’elle a rencontrée dans la diligence. L’employé de Shiloh est très empressé et souhaite la voir rester alentours. Elle a néanmoins beaucoup de mal à trouver un emploi ; le seul qui lui est proposé est celui de serveuse au saloon. Voulant absolument amasser une certaine somme d’argent afin de pouvoir réaliser son rêve, à savoir se rendre à San Francisco, elle n'a pas d'autres choix que de s'en accommoder. Avant ça, son père était parvenu à rapidement la retrouver mais n’avait pas réussi à la persuader de reprendre sa vie à la ferme ; ce qui ne l'empêchait pas de parfaitement la comprendre, lui souhaitant même bonne chance pour la suite tout en repartant penaud et attristé ; en revanche Joe, plus amoureux que jamais, avait décidé de rester sur place au cas où elle aurait besoin d’aide ; pour se faire il était arrivé à se faire embaucher à Shiloh. Sauf que les cowboys - dont Trampas - n’étant pas insensibles au charme de la nouvelle arrivante, il bouillait souvent intérieurement de jalousie et il lui arrivait même de foncer dans le tas. Le jour où il apprend le genre d'emploi trouvé par 'sa fiancée', il a honte pour elle et va essayer de la dissuader de continuer ; comprenant que c’est surtout l’argent qui lui manque pour arrêter son travail, il est amené à mettre les mains dans la caisse de Shiloh. Ce qui évidemment va lui valoir des ennuis mais encore plus à un autre nouvel employé de Shiloh sur qui les soupçons se reportent par le fait d'avoir déjà eu maille à partir avec la justice…

On entrevoit par cette description une intrigue plutôt riche même si les amateurs d’action et de westerns seront sans doute un peu dépités ; ceux qui en revanche ne sont à la recherche que d’une belle histoire devraient au contraire grandement apprécier ce portrait très attachant d'une femme qui veut s’émanciper et faire ses propres expériences afin de profiter de la vie et ne pas vieillir trop vite. Le final fera peut-être grincer quelques dents, mais après tout, pourquoi après avoir tenté d’autres voies ne pas vouloir revenir au foyer s’occuper de sa famille et de son mari : ce n’est pas un choix automatiquement conservateur ; elle aura pris son envol, aura décidé d’elle-même de quitter ses proches et expérimenté d’autres choses que la vie pouvait offrir avant de décider de revenir en toute connaissance de cause et après avoir découvert le réel amour que lui portait le jeune commis de la ferme, ayant été capable des choses les plus folles afin que selon lui elle retrouve une vie respectable. Dans l'écriture scénaristique, les situations comme les personnages semblent très crédibles ; pour en rester sur les seconds, tout autant celui de Sue Ann que celui de Joe qu’interprète Paul Carr, comédien que l’on avait vu en 1961 dans le rôle d’un jeune fou de la gâchette qui perdait tous ses moyens au moment de devoir réellement se défendre dans Posse from Hell (Les Cavaliers de l’enfer) de Herbert Coleman aux côtés d’Audie Murphy. On notera aussi une bonne description du jeune homme qui pâtit un peu de tout ça, interprété par un très bon Tim McIntire, ainsi qu’un portrait également très poignant du père joué par Edward Binns.

Nous sommes également ravis de retrouver Clu Gulager, Ryker faisant sa réapparition en tant que shérif après avoir déserté la série depuis un bon moment. Les adeptes de la continuité feront certainement des bonds car rien n’explique sa rapide disparition pas plus que sa surprenante réapparition ; comme il m'est déjà arrivé de l'écrire, il faut donc bien prendre chaque épisode indépendamment les uns des autres pour ne pas être déçu par ce genre de ‘trous’ scénaristiques. Pour résumer, pas nécessairement un sommet de la série mais une bien belle surprise portée à bout de bras par la ravissante et talentueuse Patty Duke, à quoi l'on ajoute une belle réalisation de Gerald Mayer qui la filme amoureusement, une jolie histoire de Gabrielle Upton et True Boardman, et enfin une parfaite interprétation d’ensemble. Quant à la morale de cette histoire, même si elle pourra paraitre à beaucoup un peu vieillotte, les dialogues sont assez intelligents pour nous empêcher d’en faire un épisode ‘réac’ : "we can't trap things or people to stay with us. They only stay because they want to […] Pa loved me enough to let me go and you loved me enough to steal for me. I forgot that love was the most important thing." Voilà, juste l’amour qui triomphe de toutes autres considérations ! Un épisode 'fleur bleue' très émouvant.

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  • 5.17- Yesterday's Timepiece
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : Al Ramrus, John Shaner & Sy Salkowitz
  • Guests stars : Andy Devine, Audrey Totter, Pat O'Brien...
  • Première diffusion 18/01/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 2/10

Le Pitch : Stacey achète une montre en or à un marchand ambulant. Il semblerait que cette dernière ait été celle qui avait été donnée à son fils par John Grainger et qui aurait disparu depuis le massacre du père de Stacey par les Indiens. Cet objet retrouvé ravivant ses cauchemars quant à la tragédie familiale, le petit fils demande à son grand-père la permission de partir à la recherche de la vérité quant à la mort de ses parents. Il va tenter de remonter la piste des différents propriétaires de la montre pour en apprendre plus, accompagné par une autre orpheline (Audrey Totter) qui l’eut un moment en sa possession…

Mon avis : Avec une régularité de métronome qui devient vraiment un peu pénible, la saison 5 poursuit son incessante succession d’épisodes très bons et très mauvais : jusqu’à quand ce manque de ‘stabilité’ va-t-il durer et nous faire légèrement reculer à chaque fois que l'on va vouloir poursuivre le visionnage de la série ?! Sue Ann ayant été une très belle surprise, épisode d’une grande douceur et d’une grande sensibilité porté à bout de bras pas la ravissante Patty Duke, on aura immédiatement compris que ce Yesterday’s Timepiece semble vouloir nous faire payer ce bon moment, se révélant cette fois ci tout aussi ennuyeux que laborieux. Et pourtant ils s’étaient mis à trois scénaristes pour plancher dessus avec au final un résultat indigne de la réputation de la série, malgré une histoire à priori intéressante replongeant dans le passé de la famille Grainger en contant l’enquête de Stacey tentant de découvrir la vérité sur la mort de ses parents que son grand-père a toujours mis sur le compte d’un massacre par les indiens. Le fait que l’un des trois auteurs ne soit autre que Sy Salkowitz, déjà signataire du minable Long Ride to Wind River et du médiocre Trail to Ashley Mountain, aurait pu nous mettre la puce à l’oreille quant à la faible qualité dramatique de l’épisode. Mais l’on a déjà vu au sein de la série de beaux retournements de situations quant à l’écriture de certains scénaristes, comme True Boardman par exemple faisant d'un coup à l'autre souffler le chaud et le froid ; tout était donc possible !

Il y avait aussi pourtant beaucoup d’invités d’un certain prestige – plus peut-être que dans n’importe quel autre épisode - comme Andy Devine (le conducteur de la diligence dans La Chevauchée fantastique - Stagecoach de John Ford), Stuart Erwin (Ben Dalton dans When the Daltons Rode de George Marshall), Karl Swenson (au générique de très nombreux westerns signés Delmer Daves, Henry Hathaway, Jack Arnold, Sam Peckinpah…), Robert F. Simon (le juge dans l’excellent Le Salaire de la violence - Gunman's Walk de Phil Karlson), Pat O’Brien (Le Garçon aux cheveux verts de Joseph Losey), l’excellent Bruce Bennett (surtout mémorable dans un Raoul Walsh mésestimé et peu connu, Cheyenne, dans lequel il interprétait avec classe un mystérieux voleur poète) ou encore Audrey totter, l’inoubliable épouse de Robert Ryan dans le chef-d’œuvre du film de boxe réalisé par Robert Wise, Nous avons gagné ce soir (The Set-Up), également pas mal du tout dans La Femme qui faillit être lynchée de Allan Dwan où elle interprétait l’épouse de Quantrill, ex-chanteuse de saloon qui n’hésitait pas à jouer du poing et du pistolet. Dans le rôle de la jeune Elaine partie elle aussi à la recherche de son passé, Kelly Jean Peters ; malheureusement, que ce soit elle ou Don Quine, ils manquent ici tous deux de charisme et ne parviennent ainsi pas à nous toucher malgré les histoires familiales tragiques de leurs protagonistes qui comme on l’imagine très vite vont finir par s’imbriquer. Il y avait vraiment un bon postulat de départ ainsi que de bonnes idées à travers ce récit : le fait par exemple que l’on découvre que les indiens n’y sont en fait pour rien dans les massacres incriminés ; que les deux jeunes gens partis ensemble à la recherche de leurs origines vont se voir devenir ‘ennemis’ au fur et à mesure de leurs découvertes après avoir été très proches…

Seulement l’écriture mécanique et trop systématique du scénario - qui voudrait ressembler un peu à celui du superbe western d'Anthony Mann, Winchester 73, par le fait comme fil conducteur de suivre la trace d’un objet, ici une montre, là un fusil – devient vite pesante, la galerie de personnages rencontrés n’étant pas des plus ni passionnante ni originale, l'ensemble avançant très mollement, rendu encore plus lourd par l’inutile complexification de l’intrigue, mix ici un peu raté entre film policier, road movie et western. La séquence la plus intéressante est celle qui se déroule dans la réserve indienne avec cette bonne idée scénaristique de faire renoncer Stacey à sa vengeance puisque le massacre de ses parents résultait d’un acte de guerre… mais les décors carton-pâte sont tellement calamiteux que l’on a vraiment du mal à s’y immerger malgré le fait de retrouver à cette occasion dans le rôle de l’indien, Henry Brandon, le comédien qui endossait déjà la défroque de l’inoubliable chef Scar dans le chef-d’œuvre de John Ford, La Prisonnière du désert (The Searchers). Son personnage de ‘loup infaillible’ dans cet épisode est le seul qui parvient à nous sortir de notre torpeur ; il n’aura malheureusement que très peu de temps présence excepté aussi dans les séquences de rêves/flash-back guère finaudes non plus niveau réalisation, Abner Biberman semblant avoir abdiqué devant un scénario qu'il ne sentait peut-être pas trop.

Une trop belle occasion ratée par la série ; en même temps l'on constate que les quelques épisodes du Virginien qui nous permettaient déjà de connaitre le background des protagonistes principaux, sauf exception, n’avaient jamais encore accouchés de grandes fictions. Ici il y avait peut-être encore plus d'éléments pour aboutir à une histoire poignante et touchante ; mais ça aura été un coup d’épée dans l’eau ! Comptons sur Don McDougall pour relever le niveau en espérant cette fois que Biberman qui lui succèdera fasse preuve d'un peu plus de convictions pour l'épisode 19.

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  • 5.18- Requiem for a Country Doctor
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Chester Krumholz
  • Guests stars : Cloris Leachman & Coleen Gray
  • Première diffusion 25/01/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note : 6.5/10

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 5.19- The Modoc Kid
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : Leslie Stevens
  • Guests stars : John Saxon & Harrison Ford
  • Première diffusion 01/02/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 5.20- The Gauntlet
  • Réalisation : Thomas Carr
  • Scénario : Lou Shaw
  • Guests stars : Tony Young
  • Première diffusion 08/02/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 5.21- Without Mercy
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Donn Mullally
  • Guests stars : James Gregory
  • Première diffusion 15/02/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 5.22- Melanie
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : Stephen Lord
  • Guests stars : Victor Jory
  • Première diffusion 22/02/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 5.23- Doctor Pat
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : True Boardman
  • Guests stars :Mari Blanchard & Don 'Red' Barry
  • Première diffusion 01/03/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 5.24- Nightmare at Fort Killman
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : John & Ward Hawkins
  • Guests stars : Don Mitchell
  • Première diffusion 08/03/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 5.25- Bitter Harvest
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Andy Lewis
  • Guests stars : John Lupton & Michael Shea
  • Première diffusion 15/03/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 5.26- A Welcoming Town
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : Sy Salkowitz
  • Guests stars : Robert Fuller
  • Première diffusion 22/03/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 5.27- The Girl on the Pinto
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Theodore Apstein
  • Guests stars : R.G. Armstrong
  • Première diffusion 29/03/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 5.28- Lady of the House
  • Réalisation : Abner Biberman
  • Scénario : Leslie Stevens
  • Guests stars : Myrna Loy
  • Première diffusion 05/04/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

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  • 5.29- The Strange Quest of Claire Bingham
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : True Boardman & Joseph Hoffman
  • Guests stars : Andrew Prine
  • Première diffusion 12/04/1967 aux USA
  • DVD : VOSTF - VF
  • Note :

Le Pitch :

Mon avis :

A suivre...

Lien vers le test du coffret DVD saison 5 vol.1

Par Erick Maurel - le 27 avril 2019