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Dossiers

Introduction à la série

Les épisodes de la saison 1

Les épisodes de la saison 2

Les Episodes de la saison 3

A signaler d'emblée que tous ces textes devraient être garantis sans importants spoilers.

  • 3.01- Ryker
  • Réalisation : Don Richardson
  • Scénario : Frank Fenton
  • Guest Star : Leslie Nielsen
  • Première diffusion 16/09/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitch : Deux hommes sont pourchassés par un détachement de l’armée mais parviennent in extremis à le semer. L’un d’entre eux se nomme Ryker, un joueur/aventurier qui fut également policier. Après s'être séparé de son coéquipier, il arrive à Medicine Bow où un certain John Hagen (Leslie Nielsen) lui demande de l’aider à accaparer les terres d’un rancher endetté, quitte à assassiner ce dernier. Mais Ryker refuse, mécontent d’avoir été pris pour un tueur à gages. Après le meurtre de ce propriétaire gênant, il va même décider de rejoindre le camp adverse en aidant la fille du défunt à trouver le coupable et à garder son ranch...

Mon avis : Début de nouvelle saison et générique en partie remanié. Le juge Garth, Trampas et le Virginien apparaissent toujours avec pour chacun d’entre eux une image extraite de cette nouvelle saison associé à celles déjà présentes. On constate l’apparition de Betsy et Randy via un extrait de leur duo en train de chanter, donnant ainsi une image un peu faussée de ces protagonistes qui sont bien plus que des personnages de seconde zone venant pousser la chansonnette "à la mi-temps". Enfin, on remarque la disparition de Steve - qui ne va pas tarder à quitter la série - remplacé par Clu Gulager dans le rôle de Ryker à qui ce premier épisode est consacré ; le titre de l'épisode lui est même attribué, une première ! Il faut dire que ce nouvel héros ne passe pas inaperçu, d’une originalité telle que, à ma connaissance, nous n’avions jamais vu auparavant de personnage semblable dans le western, que ce soit au cinéma ou à la télévision. Mais souvenons-nous qu’avant de tenir ce rôle, le comédien Clu Gulager était celui qui à deux reprises nous avait fait le meilleur effet au cours des deux saisons précédentes, interprétant d’abord dans le magnifique The Judgment le bad guy le plus mémorable de la série, qui n’avait rien à envier à Dan Duryea dans ce style de personnage abject et haïssable à souhait. Puis dans Run Quiet, Gulager, sans trop en faire, sans se caricaturer mais au contraire toujours extrêmement juste, s’avérait formidablement plausible en sourd-muet. Deux prestations en totale opposition mais tout aussi remarquables l’une que l’autre.

Faisons les présentations de ce nouvel arrivant qui va être présent dans la série durant pas moins de quatre saisons complètes. D’après ses dires, il n’a quasiment pas connu ses parents, se définit comme "a gunman, a gambler and a drifter", paraît avoir eu une vie mouvementée, tour à tour policier ou homme de main de gros propriétaires impliqués dans les sanglantes Range Wars de la fin du XIXème siècle, en constant équilibre sur la frontière très mince qui aurait pu le faire basculer du côté des hors-la-loi, mais fier de ne jamais l’avoir franchie, même si ses années en tant qu'aventurier et joueur n’auront pas été aussi claires qu’il semble vouloir le dire. La preuve : alors que l’épisode débute, il est pourchassé par l’armée américaine pour - a priori - de la vente illégale d’armes, même s’il se défend d’être un trafiquant. Nous ne saurons jamais vraiment de quoi il en retourne exactement, tout comme resteront floues les innombrables zones d’ombre qui entourent le personnage et son caractère assez difficile à appréhender. S’il a tous les traits et les comportements d’un mercenaire, il n’en demeure pas moins qu’il évite au maximum toute forme de violence, ses répliques sont vives, acérées et cinglantes mais son fond reste digne et bon. La meilleure définition qui pourrait être faite de lui est celle du shérif Abbott qui semble bien le connaitre : "When he's broke, he's a peace officer. When he's got himself a stake, he trades in his badge for a deck of cards." On aura peut-être ainsi réussi, grâce à ces rapides descriptions, à mettre le doigt sur l’extrême complexité de ce personnage remarquablement interprété par un Clu Gulager en grande forme.

Le comédien est tellement bon et possède un tel charisme que dès qu’il apparaît dans une scène, il vampirise l’écran et éclipse tous ses partenaires au point de se demander parfois si nous sommes bien en train de regarder un épisode du Virginien. Et c’est paradoxalement un peu le gros défaut de cet épisode puisque certains protagonistes habituels comme Doug McClure paraissent du coup en pâtir, ne pas savoir quoi faire et être intimidés face à un tel talent de cabotin, Gulager parvenant pourtant à ne jamais basculer dans le ridicule ou le grandiloquent. L’épisode s'affiche lui aussi presque trop brillant, trop "petit malin", allant constamment là où on ne l’attend pas, peu avare en surprises en tous genres ou en scènes d’action mouvementées à l’image de celle qui ouvre l’histoire, une poursuite à cheval filmée avec maestria et imposants travellings. Elle se terminera bizarrement par un plan en noir et blanc avec le saut des chevaux des poursuivis du haut d’une falaise dans une étendue d’eau, une image qui provient probablement d’un western des années 40 ; une faute de goût qui détonne avec ce qui a précédé, la maîtrise de ce réalisateur de télévision étant également parfois phagocytée par d’énormes faux raccords assez déstabilisants. Reste que l’ensemble au rythme très soutenu s’avère d’une belle efficacité, tout autant dans son écriture pleine d’assurance, habile et très dense - Frank Fenton est décidément une valeur sure de la série - que dans sa mise en scène qui ne manque pas de testostérone ; à ce propos, il vous faut admirer la rapidité d’exécution du montage lors des scènes de billard.

Cet épisode consacre ainsi l’arrivée de Clu Gulager, qui n’a aucun mal à imposer sa forte personnalité. Malgré le fait qu’il "bouffe" littéralement l’écran, la pirouette finale vient nous rappeler qui est le patron, au travers d'une séquence de comédie tout à fait réjouissante, nous remettant dans le même temps sur les rails de cette série qui sait aussi rester légère, ici non dépourvue d’humour à plusieurs reprises malgré la gravité de l’ensemble. Quant à Ryker, après avoir réussi à déjouer les machinations du vil Leslie Nielsen - le futur Inspecteur gaffeur Franck Drebin de la série Y-a-t-il un flic... (The Naked Gun) -, il se fait nommer pas moins qu’adjoint du shérif après avoir prouvé son honorabilité - il refuse le badge avant de s’être confronté à un tueur à gages de ses amis afin que si ce dernier le tue il ne soit pas condamné pour le meurtre d’un homme de loi - et sa volonté de vouloir régler les affaires sans trop faire de dégâts. Certainement pas le meilleur épisode de la série, mais une parfaite entrée en matière pour ce nouveau protagoniste qui va devenir un personnage régulier. Pour l’anecdote, vous serez ici témoins de la première et furtive apparition de Raquel Welch dans une fiction, ici en saloon gal.

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  • 3.02- Dark Challenge
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : True Boardman
  • Guest Star : Victor Jory & Katharine Ross
  • Première diffusion 23/09/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitch : La famille Hendricks vient de s’installer dans une ferme abandonnée près de Shiloh. Pour faire connaissance avec leurs voisins, ils se rendent au bal où Trampas insiste un peu trop pour que la jolie Jenny (Katharine Ross) se mette à danser ; il s’avère qu’elle a un pied bot et que la soirée se termine dans un certain malaise. Son frère Arnie (Chris Robinson), amoureux d’une saloon gal, va dévaliser une diligence afin d’avoir assez d’argent pour partir avec elle. Ces deux intrigues vont s’entrecroiser et une tragédie va en découler, faute en partie au père (Victor Jory) trop attentionné pour sa fille et au contraire trop exigeant avec son fils...

Mon avis : Don McDougall est à la baguette dès le deuxième épisode de cette troisième saison et, une fois encore, il s’avère qu’il peut avoir toute notre confiance pour trousser une fiction certes non dépourvue de défauts mais néanmoins de grande qualité, continuant à se révéler à cette date le meilleur réalisateur de la série. Dark Challenge imbrique deux intrigues qui ne se rejoignent à vrai dire qu'assez rarement mais qui concernent les différents membres d’une même famille nouvellement arrivée sur les terres voisines de celles du ranch Shiloh. Le père (excellent Victor Jory) semble avoir une préférence pour sa fille handicapée par un pied bot, très exigeant en revanche envers son fils qu’il n’arrête pas de rabrouer et rabaisser. La jeune femme est interprétée par l’actrice qui se verra quelques années plus tard disputer les faveurs non moins que de Robert Redford et Paul Newman dans Butch Cassidy et le Kid de George Roy Hill, Katharine Ross. La comédienne parvient sans difficultés à rendre très touchant mais jamais mièvre son personnage de fille désavantagée par son infirmité et n’ayant que peu confiance en elle. L’épisode débute un peu comme le magnifique roman de Stephan Zweig, La Pitié dangereuse : au bal où les Hendricks se sont rendus pour faire connaissance avec les habitants de la petite ville de Medicine Bow, Trampas se fait lourdement insistant auprès de Jenny qu’il pousse à se lever pour danser avec lui. Lorsqu’il se rendra compte que la jeune fille refuse faute à son invalidité, il va se sentir embarrassé et tout penaud puis va tout faire - poussé par Betsy qui n’hésite pas à le secouer - pour aller s’excuser de sa maladresse qu’il voudrait absolument réparer.

Le père, qui remarque à quel point sa fille est ravie de la démarche entreprise par le cowboy ainsi que le plaisir qu’ils ont à passer du temps ensemble, va profiter de l’opportunité pour espérer faire de Trampas son gendre ; il lui propose non seulement la place de régisseur de son futur élevage mais également de devenir plus tard son associé. Seulement Jenny est tombée sous le charme d’un autre citoyen de Medicine Bow, le maréchal ferrant interprété par un Larry Pennell un peu trop cabotin, faisant de son personnage une sorte de bouffon un peu lourdingue ; probablement la marque d’un des deux scénaristes, True Boardman, celui qui nous avait peu de temps auparavant complètement embarrassés par son minable épisode A Bride for Lars, totalement indigne de la série. Les séquences à la kermesse, malgré quelques traits d’humour assez amusants provenant surtout de répliques octroyées à Randy Boone, s’avèreront également assez moyennes. Mais ce ne sont que quelques courtes scènes qui font vite place à d’autres de bien plus belle tenue. Outre cette histoire romantique tournant autour de jenny, l’autre piste dramatique rappelle celle de l’épisode Stopover in a Western Town au cours duquel Dick York passait du mauvais côté de la loi pour les beaux yeux d’une femme vénale ; ici, c’est le frère de Jenny qui, tombé amoureux fou d’une entraineuse de saloon, est prêt à faire des bêtises pour fuir la région avec elle. Et en l’occurrence, sachant qu’elle cherche un homme aux poches pleines, il va décider d’attaquer une diligence dans laquelle est monté un joueur dont il a été témoin qu’il venait de remporter plus de 600 dollars à une table de poker.

Arnie est joué par Chris Robinson qui, après sa prestation inoubliable dans l’épisode It Takes a Big Man, prouve à nouveau qu’il aurait mérité une carrière bien plus glorieuse que d’être obligé d’en arriver à squatter des soap operas comme Hôpital Central ou Amour, gloire et beauté. Encore plus que Clu Gulager, à qui l’on n’a pas donné ici autant d’importance que dans l’épisode précédent, Chris Robinson attire tous les regards, absolument parfait dans un rôle pourtant pas facile, celui d’un jeune homme indolent, sévère et peu affable qui non seulement va braquer une diligence, blesser un passager et voler le butin mais également provoquer une consternante tragédie. Un personnage qui malgré tout suscite l’indulgence car on le sent d'emblée malheureux comme une pierre ; il semble qu’il ait été brimé et qu’il n’ait pas reçu beaucoup d’affection de la part de ses parents. Jaloux de sa sœur qui de par son infirmité retient toute l’attention et l'amour de son père, il est au contraire constamment remis à sa place, ni écouté ni compris. Trouvant en la fille de saloon une échappatoire à son quotidien étriqué et à son ennui, fou amoureux d’elle, il va s’empêtrer dans une succession de situations dramatiques qui le conduiront en prison et au tribunal. Grâce à l’interprétation de Chris Robinson, les séquences qu’il partage avec la ravissante Joan O’Brien - déjà superbe dans Six Black Horses de Harry Keller aux côtés d’Audie Murphy - sont absolument remarquables et l’on ne peut s’empêcher de ressentir une forte empathie pour lui lorsque l'entraineuse lui fait comprendre qu’elle ne l’aime pas en retour et que tout ce qu'il a fait pour elle est complètement idiot.

D’autres occasions de se réjouir parsèment cet épisode : Wait for the Wagon, une chanson dynamique interprétée par Betsy et Randy au cours de la soirée dansante, quelques séquences très amusantes, d’autres assez puissantes avec quelques belles utilisations de gros plans par Don McDougall - celles des gifles assénées par Victor Jory notamment, d’abord à Trampas puis plus tard à son fils - ou encore de jolis thèmes musicaux de Sidney Fine surtout en fin de parcours. Dommage que, contrairement à tout ce qui touche aux conflits familiaux, la partie enquête procédurale menée par Clu Gulager soit aussi peu captivante et que la fin soit à ce point bâclée et aussi peu convaincante ; car le point faible de cet épisode est qu’il ne sait pas toujours sur quel pied danser, les enchaînements entre séquences légères et autres à la tonalité très dramatique n’étant pas toujours des plus fluides. Cela étant dit, la qualité exceptionnelle de l’interprétation des protagonistes habituels et plus encore des guest stars fait que l’on oublie vite les imperfections de l’ensemble pour se régaler de cette histoire qui prend son temps mais qui n’en est pas moins assez poignante. On se réjouit en tout cas d’avance du fait que Chris Robinson vienne encore s’inviter à deux reprises dans le courant de la série.

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  • 3.03- The Stallion
  • Réalisation : Bernard McEveety
  • Scénario : Louis Vittes & Carey Wilber
  • Guest Star : Robert Culp & Jena Engstrom
  • Première diffusion 30/09/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitch : Slaughter gagne sa vie grâce à une attraction qu’il a mise en place : il parie avec des volontaires qu’ils ne tiendront pas plus de 10 secondes en selle sur son fougueux étalon. Le cheval est tellement nerveux - suite aux mauvais traitements que lui fait subir son maître - que ce jour-là il tue un homme avant de s’enfuir. Randy le trouve, le tire d’une mauvaise posture et l’emmène chez Charlie (Robert Culp), un vétérinaire alcoolique nouvellement arrivé. Une fois qu’il l’a soigné, Charlie le ramène à Shiloh où le juge l’achète à son propriétaire, ne supportant pas que la bête soit malmenée. Par contre, il va devoir l’achever afin qu’elle ne tue pas à nouveau...

Mon avis : The Stallion est le cinquième et dernier épisode réalisé par Bernard McEveety pour la série, des fictions dont le principal point commun réside dans des situations qui se déroulent le plus souvent en extérieurs, le tournage en studio étant donc forcément plus limité qu'à l'accoutumée, ce qui aboutit assez logiquement à des épisodes dotés d’un peu plus d’aventures et d’action que la moyenne. Comme dans son précédent, The Invaders, The Stallion nous offre également le plaisir de retrouver enfin réunis tous les protagonistes principaux, nous octroie de belles envolées musicales - notamment lors des longues séquences de chasse à l’étalon -, une jolie utilisation des paysages - même si certains stock-shots ne sont pas très raccords avec les séquences tournées pour la série - ainsi que d'amples mouvements de caméra. Le réalisateur nous avait précédemment beaucoup déçus avec The Fatal Journey mais s’était magnifiquement rattrapé avec l’excellent It Takes a Big Man, l'un des plus purs sommets de la série. Sans atteindre, loin s’en faut, le niveau de ce dernier, The Stallion narre une jolie histoire de cheval sauvage, autrement plus captivante que celle du western de Jesse Hibbs avec Joel McCrea, Black Horse Canyon, duquel la plupart des stock-shots proviennent et notamment ceux où l’on voit l’étalon allant faire sortir les chevaux des différents enclos où ils sont parqués.

Dans l’épisode qui nous concerne ici, un homme vit des gains rapportés par les paris qu’il organise de ville en ville, estimant qu’aucun cow-boy ne sera capable de tenir plus de 10 secondes sur son étalon. Et pour cause, le cheval est malmené par son maitre, ce qui le rend très agressif et somme toute indomptable. Ce qui devait arriver a lieu ; ce jour-là, la bête tue un homme essayant de le maitriser avant de s’enfuir. Randy le trouve alors qu’il s’était empêtré dans un tas de boue, mort de fatigue. Craignant que le cheval ne passe l'arme à gauche avant d’arriver à Shiloh, le jeune cow-boy s’arrête chez un vétérinaire nouvellement arrivé dans la région, un homme bourru et taciturne qui boit toute la journée et qui rechigne à exercer sa profession (excellent Robert Culp très crédible en ivrogne sans être obligé d’en passer par un pénible cabotinage). Pas très chaud pour le soigner, le véto s’acquitte néanmoins de sa mission à la demande expresse de Randy et lui fait passer sa fièvre avant de le reconduire dès le lendemain à Shiloh. Entre-temps nous aurons fait connaissance avec la charmante Jody, qui fait son maximum pour attirer l’attention de cet homme esseulé à qui elle trouve énormément de charme. Jena Engstrom se révèle toute aussi convaincante que son partenaire, la séquence en très gros plans qui les fera tomber dans les bras l’un de l’autre vers la fin de l’épisode étant d’un romantisme échevelé et pouvant se targuer d’être une des plus touchantes vues depuis le début de la série.

A Shiloh, le propriétaire du cheval vient le récupérer mais le juge, estimant que la bête a assez subi de mauvais traitements, menace l'homme avec une grande roublardise, l’obligeant à lui vendre son "gagne-pain". Au vu de la dangerosité de l’étalon, il demande néanmoins à ses hommes d’aller l’abattre et c’est Randy qui se propose ; on imagine bien qu’il se désigne volontaire pour en fait aller sauver l'animal une nouvelle fois. Il ramène l’étalon chez le vétérinaire en lui promettant de venir le dresser tous les soirs après son travail ; ce qui génère des situations assez cocasses et très amusantes, Randy faisant croire à ses "collègues" qu’il a rendez-vous chaque nuit avec une fille, ce dont personne n’est dupe, son immense fatigue étant une source de réjouissantes railleries de la part du Virginien et de Trampas. Nous sommes ici ravis de retrouver Doug McClure en grande forme après s’être fait octroyer quelques épisodes peu glorieux et avoir été ces derniers temps souvent absent. En revanche, Clu Gulager, qui avait fait une entrée fracassante au tout début de cette saison, s’avère pour l'instant sous-employé depuis. Mais revenons à notre histoire ! L’étalon est de nouveau à l’abri sauf que le vétérinaire, miné par le whisky et traumatisé par un passé dramatique qui le remue - via une voix off assez embarrassante -, décide de libérer le cheval. Le reste de l’épisode va consister en une double course poursuite, d’une part un posse étant organisé par les éleveurs pour aller abattre le cheval qui encourage leurs juments à s’enfuir, de l'autre le trio formé par Randy, Jody et Charlie allant essayer de l’appréhender avant eux en espérant pouvoir les convaincre de le laisser en vie.

Ce sera l’occasion pour le réalisateur de mettre en place de superbes et très efficaces travellings pour filmer des chevauchées très vigoureuses, pour le monteur de s’amuser comme un fou avec des stock-shots divers et variés remarquablement bien intégrés aux scènes tournées pour l’épisode - à l’exception, comme dit précédemment, du choix de certains paysages qui ne sont pas du tout raccords -, et enfin pour le chef opérateur de nous régaler les yeux avec des extérieurs très bien utilisés. Non sans menus défauts, The Stallion est néanmoins un épisode bien aéré et bien mené qui ne manque ni de panache, ni de lyrisme ni d’humour avec en vedette un Randy Boone s’avérant toujours aussi craquant de naïveté. Mais le côté le plus plaisant de l’épisode réside dans la complicité naissante entre Trampas et Randy, avec des répliques très amusantes qui en découlent. Un épisode très sympathique et qui devrait plaire aux amis des animaux.

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  • 3.04- The Hero
  • Réalisation : Richard L. Bare
  • Scénario : Clair Huffaker
  • Guest Star : Steve Forrest & Warren Stevens
  • Première diffusion 07/10/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 6.5/10

Le pitch : Le Juge accueille à Shiloh durant quelques jours le journaliste James Templeton (Steve Forrest) qui doit écrire un article biographique sur son hôte dont on pense à Washington qu’il pourrait devenir sénateur du Wyoming. Betsy ne tarde pas à tomber sous le charme de ce bel homme non seulement intelligent mais talentueux dans tous les domaines, aussi capable de dompter un cheval fougueux que de danser la valse ou de jouer du violon. Trampas, un peu envieux, le surveille d’assez près... et il n’a pas forcément tort, une diabolique machination contre Garth se tramant en collaboration avec un "avocat" nouvellement arrivé en ville…

Mon avis : Le fait de dévoiler sans précautions dans le pitch ci-dessus que le personnage interprété par Steve Forrest n'est pas tout blanc comme il semble vouloir se présenter d’emblée aux habitants de Shiloh n’est pas franchement un spoiler, car l’épisode débute par une séquence pré-générique où on le voit prêt à laisser Betsy tomber entre les mains de dangereux bandits qui veulent la kidnapper. S’ensuit un flash-back narré par la jeune fille complètement perturbée par ce qui lui arrive ; un retour en arrière qui durera presque jusqu'au dix dernières minutes du film où les images de ce début seront reprises avec quelques plans supplémentaires permettant de mieux comprendre la fâcheuse situation dans laquelle s’est empêtrée la fille du juge Garth. Et puis cet excellent comédien, frère de Dana Andrews, qui, pour rester dans le domaine du western, était déjà le frère aîné d'Elvis Presley dans Les Rodeurs de la plaine (Flaming Star) de Don Siegel ainsi que l'inoubliable tueur à gages dans le trop mésestimé La Diablesse en collants roses (Heller in Pink Tights) de George Cukor, avait précédemment tenu un rôle assez similaire dans The Money Cage, le 23ème épisode de la saison 1. Comme ici, il endossait le rôle d'un homme raffiné, galant et d’une grande élégance, doté d’un physique fortement avantageux et d’une profonde intelligence. Très à l’aise dans ce genre de personnages, Steve Forrest porte presque tout l’épisode sur ses épaules, le duo qu’il forme avec Roberta Shore étant assez touchant, permettant ainsi au surprenant final de nous émouvoir.

C’est le chevronné Clay Huffaker - Les Sept chemins du couchant et Les Cavaliers de l’enfer avec Audie Murphy, Les Rôdeurs de la plaine de Don Siegel avec Elvis Presley, Les Comancheros de Michael Curtiz avec John Wayne, Rio Conchos de Gordon Douglas... - qui est à l’écriture de cet épisode qui narre une machination assez tordue pour arriver à faire chanter le juge Garth. Il n’est pas possible de rentrer plus en profondeur dans les méandres de l’intrigue de peur de dévoiler ses éléments les plus importants ; il est cependant bon de savoir que sa résolution sera vraiment très réussie, tout aussi inattendue qu’éloignée de l'atmosphère souvent assez légère qui aura principalement prévalu durant la majeure partie du temps. Car le manque d’ampleur dû à une constante hésitation quant au ton à adopter est bien le principal point faible de ce scénario, sinon très bien écrit mais qui a du mal à faire hisser l’épisode plus haut qu’un très honnête divertissement. Ce qui n’est déjà pas si mal ! Durant une bonne moitié de la durée de l’épisode, afin de rentrer dans les bonnes grâces du juge, le journaliste invité se montre sous son meilleur jour et met tous ses talents en avant, ce qui amène la mise en place de situations assez amusantes du genre "arroseur arrosé". En effet, au tout début, apprenant qu’un "pied tendre" arrive de l’Est, les cow-boys du ranch Shiloh avec à leur tête Trampas se délectent par avance des occasions de pouvoir s’en moquer. Sauf qu’ils vont vite déchanter et se sentir bien inférieurs à lui dans tous les domaines.

Cette supériorité affichée et cette sorte de vantardise séductrice vont provoquer chez Trampas une espèce de jalousie envieuse allant conduire à une méfiance qui se révèlera donc justifiée mais qui aura entre-temps fait sourire ses proches par sa mauvaise foi. Doug McClure est tout du long dans le même registre, ce qui n'est pourtant pas rédhibitoire, les spectateurs que nous sommes arrivant sans problèmes à nous mettre dans sa peau d'autant plus que nous savons qu'il n'a pas tort de douter de cet homme "parfait". Les dialogues sont excellents, et notamment lors d’une séquence remarquable qui voit la confrontation verbale dans une chambre d’hôtel entre Warren Stevens et Steve Forrest au cours de laquelle ils s’interrogent entre autre sur les principes et l’éthique. Lee J. Cobb revient enfin au premier plan après s’être fait ces derniers temps bien trop discret - voire souvent absent - et affirme une fois encore la formidable droiture de son personnage que personne ne peut acheter. Quant aux scènes qui le réunissent avec Roberta Shore, loin d’être mièvres, elles s’avèrent au contraire une nouvelle fois d’une très belle sensibilité, la dernière clôture d’ailleurs l’épisode débutant par un plan dans la pénombre admirablement éclairé. A signaler également, puisque l’on parle de photographie, que la plupart des séquences assez nombreuses en extérieurs sont admirablement filmées et que le travail sur le montage est assez efficace, témoin la scène de l’attaque du cougar.

Du beau travail scénaristique et de mise en scène donc, même si l’on aurait souhaité davantage de rigueur ainsi que se sentir un peu plus impliqué. Même la séquence au cours de laquelle le juge est sur le point de passer un mauvais quart d’heure manque un peu de tension, tout comme la bagarre à poings nus entre Trampas et Templeton qui vire presque à la farce. Parmi les motifs de réjouissances, outre les grimaces assez drôles de Trampas et Randy qui entonne avec grand talent la chanson traditionnelle Cindy - celle-là même qui était chantée en chœur dans Rio Bravo par Ricky Nelson, Dean Martin et Walter Brennan - on relève une scène d’action finale d’une grande sécheresse et d’une remarquable vitesse d’exécution. La saison 3 est partie pour l'instant sur des bases très solides.

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  • 3.05- Felicity's Spring
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Jean Holloway
  • Guest Star : Katherine Crawford & Mariette Hartley
  • Première diffusion 14/10/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitch : Tout le monde à Medicine Bow - aussi bien les enfants que les adultes - est sous le charme de Felicity (Katherine Crawford), la nouvelle institutrice qui illumine son entourage par sa bienveillance innée. Elle vit avec sa sœur ainée (Mariette Hartley) et son grand-père, qui semblent tous deux porter une extrême attention à son bonheur. D’abord étonné par cette unanimité, le Virginien finit par succomber à son tour au sourire de la jeune femme... à tel point qu’il en tombe amoureux et la demande même en mariage. Tout le monde se prépare aux noces mais un lourd secret va bientôt être révélé, qui va faire du mal à beaucoup...

Mon avis : Leur travail n’étant pas des plus faciles, les cow-boys ont parfois le droit de ne rien faire, de se la couler douce, de se divertir et même d’entamer des romances ; et du coup le western n’est pas censé obligatoirement nous proposer de l’action, des morts violentes ou de l’aventure. C’est ce qu’ont bien compris les auteurs du Virginien, nous proposant en l’occurrence un épisode à la fois romantique et mélodramatique. Car c’est aussi le privilège de séries d’aussi longue haleine de pouvoir de temps à autre ralentir l’allure et bifurquer à certaines occasions vers des choses que nous n’aurions pas nécessairement eu l’occasion de voir au cinéma dans le domaine de genres précis comme ici le western. Un westernophile se retrouvant en salles devant un scénario aussi peu remuant, sans même un seul bad guy à l’horizon, pourra vraisemblablement être déçu. Ce ne sera probablement pas le cas pour le même spectateur dans son canapé devant un épisode de sa série préférée, le fait qu’elle s’engouffre sur de tels chemins de traverse la rendant au contraire souvent encore plus riche et passionnante. Surtout bien évidemment lorsque cette manière de prendre le large est réussie ; ce qui n’était pas forcément le cas de toutes les tentatives et surtout pas par exemple celle à tendance humoristique qui nous avait d’ailleurs déjà fait rencontrer la comédienne Katherine Crawford lors du très pénible A Bride for Lars à la fin de la saison 2.

Mais que ceux qui auraient pu craindre de ce scénario a priori fleur bleue un résultat mièvre et larmoyant se reportent sur ce que j’avais déjà avancé précédemment, comme quoi avec Don McDougall à la baguette, nous ne pouvions en principe qu’avoir grande confiance, ce cinéaste s’étant révélé pour l’instant être le meilleur de la série. Et c’est effectivement le cas ici encore, le talent du réalisateur, la justesse de ton, la belle sensibilité du scénariste Jean Holloway ainsi qu'une excellente direction d’acteurs font que tout ce qui pouvait aisément verser dans la guimauve la plus écœurante parvient constamment à se maintenir avec dignité sur la corde du bon goût : même la séquence du repas au cours duquel les enfants apprennent la politesse et la galanterie aux adultes est bien plus amusante que réellement gênante. Bref, avec ce très joli épisode, la saison 3 de la série continue à se maintenir à un niveau égal depuis son commencement, sans réels sommets mais sans non plus aucune anicroche. Si Don McDougall trouve toujours les bons placements de caméra pour filmer ses paysages et ses personnages, il réussit surtout à diriger ses acteurs à la perfection ; et pour ce genre d’intrigues c’était une condition impérative. On peut donc également applaudir les trois comédiens qui parviennent à éviter presque tous les écueils : Katherine Crawford humaine et rayonnante à l’instar de son personnage ; James Drury qui prend des risques en sortant de son registre habituel, parvenant presque constamment à rester juste et sobre ; et enfin la charmante Mariette Hartley - la comédienne principale du sublime Coups de feu dans la Sierra de Sam Peckinpah, excellente aussi dans Barquero de Gordon Douglas ou dans l’épisode du Virginien intitulé The Drifter - qui continue à nous ravir.

La douce et ravissante Mariette Hartley - avec ses jolies taches de rousseur - interprète donc le rôle ingrat de la sœur aînée de celle qui suscite autant d’admiration - voire même d’adoration - et elle se révèle encore plus touchante que cette dernière. Nous ne pouvons pas vous dévoiler les dessous dramatiques de l’intrigue sous peine de casser l’effet de surprise principal. Bien évidemment que nous nous doutons bien d'emblée que le régisseur de Shiloh ne pourra vraisemblablement pas convoler en justes noces auquel cas la série aurait dû s’arrêter là ; mais on veut y croire durant la durée de cette belle histoire au cours de laquelle l'attachante institutrice apporte sa joie de vivre ainsi que sa philosophie carpe diem à Medicine Bow, faisant chavirer tous les cœurs et les esprits y compris ceux des plus endurcis, à savoir le juge qui se met à boire du lait au lieu de son traditionnel verre de whisky. Une séquence assez facétieuse, le principal intéressé se faisant gentiment railler par son contremaitre. De nombreuses saynètes en classe avec les enfants... et les adultes, beaucoup d’humour, des réflexions didactiques bien senties, et surtout à mi-parcours la fameuse histoire d’amour entre l’enseignante et le Virginien après que celui-ci s'est moqué durant la moitié de l'épisode de tous ceux n’ayant eu d’yeux que pour la jeune femme : "He just likes to make his own judgements" expliquera le juge concernant cette remise en question par son régisseur de l’unanimité faite autour de la jeune femme.

Autres motifs de réjouissance, un très bon Carl Benton Reid dans le rôle du grand-père des deux sœurs, de jolis thèmes musicaux, pas mal de très beaux extérieurs bucoliques ou encore un Gary Clarke très amusant pour l’une de ses dernières apparitions dans la série. Enfin, parfaitement bien réfléchi dans son écriture, le fait que l'auteur prenne son temps à mettre en place la romance et que par la même occasion, à cause de cette sœur trop dévouée qui fait tout pour que sa cadette ne soit pas "blessée", il parvienne à instiller un malaise dont on ne comprend pas bien d’emblée sur quoi il repose, provoque chez le spectateur une certaine inquiétude malgré l’atmosphère plutôt légère de l’ensemble. Un formidable suspense sentimental en quelque sorte. Et il faut se rendre à l'évidence : la sensiblerie a été presque constamment évitée pour faire place à une véritable émotion. Un épisode non dénué de lyrisme, très touchant, et qui nous fait voir le Virginien sous un autre jour au point de se comporter comme un adolescent éperdument amoureux et de nous dévoiler ingénument son désir d’avoir des enfants. On regrettera néanmoins l’absence de Trampas qui n'a ainsi pas pris part à la préparation des noces de son meilleur ami.

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  • 3.06- The Brazos Kid
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Carey Wilber
  • Guest Star : Barbara Eden
  • Première diffusion 21/10/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 6.5/10

Le pitch : Après s’être fait licencier de tous ses précédents emplois, une journaliste (Barbara Eden) vient tenter sa chance à Medicine Bow. Mais son envie de réussir lui fait reprendre les mêmes travers, à savoir affabuler sans limites quitte à déformer totalement la vérité ; une pratique d’où découlent souvent scandales ou drames. C’est ce qui va se passer avec son article sur la possible résurrection de The Brazos Kid, un bandit dont personne ne connait le visage, qui va faire arriver en ville détectives et chasseurs de primes bien déterminés à trouver et tuer un coupable quel qu’il soit. Et c’est le Virginien qui va se trouver être la première cible...

Mon avis : Après la regrettée Molly tragiquement disparue dès la saison 2, Medicine Bow voit en ce début d'épisode l’arrivée d’une nouvelle journaliste en la personne de Samantha, jeune femme délurée et peu scrupuleuse de la vérité, préférant la maquiller ou carrément la transformer à sa façon pour attirer l’attention sur ses articles - et non "pour imprimer la légende" de la manière dont John Ford nous l'avait décrite dans Liberty Valance. Les leçons précédentes ne lui ayant vraisemblablement pas suffi - elle s’est fait renvoyer à plusieurs reprises de journaux prestigieux à New York ou à Chicago -, par ennui, ambition et envie de reconnaissance, elle replonge rapidement dans ses travers habituels. Ayant entendu parler lors d’une soirée organisée chez le juge - à l’occasion de laquelle nous aurons eu la chance d’entendre Randy Boone interpréter avec son talent habituel la chanson traditionnelle Cripple Creek - d’un certain bandit surnommé The Brazos Kid dont personne ne semble avoir connu la véritable identité, et ayant trouvé son pseudonyme très "exotique", elle va partir à la recherche d’informations sur son compte pouvant éventuellement lui servir de base pour une histoire croustillante. Lorsque Ryker commet l’imprudence de lui raconter que, pourchassé par des hommes de loi, le bandit s’était noyé avec son cheval dans un cours d’eau sans que l’on n’ait jamais retrouvé son corps, il n’en faut pas plus pour la charmante chroniqueuse : elle met alors tout en œuvre pour suggérer que l’outlaw puisse être encore vivant.

Une récompense de 5 000 dollars étant toujours en cours pour avoir sa tête, les journaux de l’Est à qui Samantha a décidé d’envoyer ses articles font leurs choux gras de ce captivant fait divers. Non seulement les lecteurs s’en délectent mais également les chasseurs de primes qui ne veulent pas louper une telle occasion. Même l’agence de détectives ayant lancé la prime envoie l'un de ses hommes au cas où il pourrait empêcher que cette somme tombe entre d’autres mains que les leurs. Les suppositions vont bon train et le portrait que trace la journaliste du bandit recherché pour meurtre fait tout d’abord se porter les soupçons sur le Virginien. A partir de là, si la première demi-heure s’était avérée assez légère et humoristique, le ton bascule vers beaucoup plus de drames et de noirceur, plusieurs morts allant même être occasionnées. Sur ces dernières, nous ne révèlerons bien évidemment rien au risque d'être vilipendés par les "anti-spoilers". On peut cependant deviner à la lecture de cette description que la thématique principale est assez novatrice et sacrément intéressante. D’ailleurs, la conclusion l’est encore plus, faisant - à travers la bouche du Virginien - reporter la faute des situations tragiques provoquées par l’inconséquence de la jeune femme sur également bien d’autres coupables, traçant ainsi un portrait peu reluisant de l'Amérique de l’époque. Mais nous ne pouvons à nouveau guère aller plus loin dans la narration de l’intrigue sous peine de révéler trop de surprises scénaristiques.

Alors oui, les pistes scénaristiques sont assez enthousiasmantes ; mais n’est pas Frank Chase qui veut ! Et il faut bien se rendre à l’évidence : Carey Wilber ne parvient pas comme ce dernier à opérer un parfait mélange des tons, son talent pour ce faire étant loin d’égaler celui de son "collègue", leurs précédentes participations à la série nous l’ayant déjà fait constater. Le passage de l’humour au drame n’est donc ici pas toujours convaincant tout comme le choix de Barbara Eden pour porter l’épisode sur ses épaules, la comédienne se révélant incapable de le faire, même si l'on aura noté quelques progrès depuis Les Rôdeurs de la plaine (Flaming Star) de Don Siegel dans lequel elle avait déteint sur la fadeur de sa rock star de partenaire, soit Elvis Presley. Certes parfois assez truculente, elle n’arrive jamais à faire naître la moindre empathie, la faute en incombant également en partie à l'écriture de son personnage bien trop peu nuancée. Dommage également que l’excellent Skip Homeier voit systématiquement ses personnages sacrifiés ou mis en retrait dans toutes ses participations à la série en guest star - soit déjà trois fois - l’empêchant de se démarquer contrairement à ses mémorables apparitions au cinéma. Ceci étant dit, même si ces éléments empêchent The Brazos Kid malgré un postulat de départ passionnant d’être plus qu’un très plaisant épisode - et nous n’allons pas nous en plaindre -, il possède néanmoins de très beaux atouts à commencer par la réalisation toujours aussi inspirée de Don McDougall, qui nous offre par exemple en tout début d’épisode un travelling étonnant qui suit en une seule prise James Drury et Barbara Eden de sa descente de train à son arrivée au journal, les deux comédiens ne s’arrêtant pas de dialoguer pour autant y compris avec d’autres personnes rencontrées sur leur parcours.

Détectives trop zélés ayant peur de perdre de l’argent, hommes de loi peu regardants, chasseurs de primes sans scrupules, lecteurs - friands de faits divers crapuleux - trop crédules, membres de la famille des victimes au sang un peu trop chaud, journalistes de la presse à sensations bien trop volubiles et aux méthodes pour le moins douteuses afin de parvenir à se faire une réputation par n’importe quel moyen... tout le monde en prend pour son grade dans cet épisode finalement assez crépusculaire dans sa conclusion. Assez habile, bien rythmé, très agréable à suivre, The Brazos Kid n’est certes pas avare en substance mais manque de rigueur et n’aurait peut-être pas dû partir sur un mélange des genres qui annihile un peu l’émotion. Signalons enfin la très bonne interprétation de Clu Gulager ; Ryker acquiert enfin un peu de l'importance qu’il n’avait plus eue depuis sa venue à Medicine Bow dans le tout premier épisode de cette saison 3 qui lui était presque exclusivement consacré.

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  • 3.07- Big Image... Little Man
  • Réalisation : William Witney
  • Scénario : Frank Chase & Carey Wilber
  • Guest Star : Slim Pickens
  • Première diffusion 28/10/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 6.5/10

Le pitchUn déplaisant millionnaire est poussé de son train privé par sa "secrétaire particulière", qu'il venait de profondément humilier. Il se retrouve en plein désert où le Virginien le découvre à moitié mort de soif. Les hommes de Shiloh conduisant un troupeau à Seattle, et étant pressés d'arriver avant la concurrence, ils ne peuvent perdre leur temps à accompagner le "rescapé" jusqu'à un relais de diligence. Il devra donc travailler et aider les cow-boys à convoyer les bêtes malgré sa forte réticence et ses diverses tentatives pour "acheter" les hommes voire même pour s'enfuir en volant des chevaux. Le Virginien va avoir fort à faire pour le canaliser...

Mon avis : Frank Chase au scénario, c'était déjà à coup presque certain au moins la qualité d'écriture assurée ; et effectivement, cette variation autour d'un récit qui a été usé jusqu'à la corde depuis les premières adaptations de Capitaines courageux de Rudyard Kipling fonctionne parfaitement bien grâce au talent de l'auteur. Le thème est celui bien connu du parcours initiatique d'un homme riche à souhait à qui tout a réussi, qui par ennui est devenu odieux envers tout son entourage, et qui se retrouve du jour au lendemain à devoir partager le quotidien rude d'hommes simples et laborieux, voire même à devoir aider à la tâche pour "payer" son voyage : une brusque confrontation à un monde qui est à l'opposé du sien, une expérience non recherchée et qui devra le rendre plus humble. Frank Chase reprend certes toutes les conventions liées à ce genre de trame dramatique, mais son extrême compétence fait que l'ensemble est parfaitement bien géré et que l'ennui ne nous gagne jamais. Il faut dire que son histoire est principalement basée sur les relations qu’entretiennent le millionnaire antipathique et un Virginien qui pourra sembler l'être tout autant tellement il joue ici sur son intransigeance, sa froide rectitude et sa dureté : "I need everyman who can walk, ride, or crawl to work the herd. And you're going to work, Leland. You're going to work harder than you ever dreamed it was possible !" Et comme James Drury n'est jamais meilleur que dans ce registre - on peut même dire qu'il nous étonne toujours autant tellement un héros de série télévisée familiale était à l'époque censé nous être constamment attachant -, l'épisode demeure grâce à lui toujours tendu et captivant.

Mais si ma note n'est pas plus haute, c'est faute en partie à son partenaire antagoniste, un Linden Chiles qui ne fait pas le poids et qui a tendance à trop en faire dans le cabotinage teigneux ; un Chris Robinson aurait par exemple bien mieux fait l'affaire. Ceci étant dit, le comédien n'est pas non plus spécialement mauvais et parvient souvent à faire illusion passé un premier quart d'heure durant lequel il se révèle assez pénible par ses grimaces incessantes et mal maîtrisées. Il faut dire aussi que la direction d'acteurs n'a jamais été le fort du réalisateur de serial William Witney. Il n'y a qu'à voir comment il dirige la comédienne Olive Sturgess lors de la séquence qui se déroule au relais de diligence ; jamais encore un jeu d'actrice n'aura été aussi désastreux au cours de la série. En revanche, nous sommes ravis de retrouver un Slim Pickens tout à fait à l'aise dans un domaine où il a toujours excellé, celui de personnages hauts en couleurs. Ici il interprète le cuisinier du convoi qui va être missionné pour "parfaire l'éducation" du millionnaire, qui va devoir lui apprendre à faire la vaisselle avec du sable ou à ramasser du bois sans provoquer de stampede : tout un lot de petits détails anecdotiques que nous n'avons pas eu l'habitude de voir au cinéma et qui renforcent le très intéressant aspect documentaire de la série. Enfin, toujours concernant le casting, nous noterons l'absence de Trampas ainsi que l'avant-dernière apparition de Steve qui quittera définitivement la série après un dernier épisode à venir très prochainement.

Ce qui empêche également ce très bon Big Image... Little Man de se hisser vers les sommets de la série, ce sont outre une direction d'acteurs un peu faiblarde et de mauvais choix de comédiens, les autres travers habituels de William Witney, à savoir des choix de mise en scène parfois hasardeux, une propension aux zooms, trop de faux raccords et une mauvaise utilisation des stock-shots et des transparences. En revanche, il parvient toujours aussi bien à faire bon usage des nombreux paysages naturels à sa disposition, sa manière de filmer les extérieurs demeurant toujours aussi efficace. Cet épisode nous rappellera également quelques problématiques de l'Ouest sauvage de l'époque comme l'obligation pour les éleveurs de devoir impérativement convoyer des milliers de bêtes le plus vite possible afin d'arriver sur le marché avant que les prix n'aient trop baissé faute à une concurrence plus rapide, ou encore le fait que ces ventes de bétails étaient, sur le plan du "business", vitales pour une bonne partie des ranchers puisque le fait de ne pas arriver dans les délais pouvait conduire à leur ruine. D'où le fait que le Virginien ne puisse absolument pas accepter les requêtes autoritaires du riche homme d'affaires capricieux qu'il a sauvé et qu'il décide coûte que coûte de poursuivre sa route jusqu'au bout sans en dévier, quitte à le laisser derrière lui. Se voyant obligé d'accompagner le groupe sous peine de mourir, le "pied tendre" va provoquer des drames par toutes ses tentatives maladroites et meurtrières pour partir "confortablement", trouvant en face de lui un homme aussi entêté que lui en la personne du contremaître de Shiloh. La patience de ce dernier, mise à rude épreuve, va provoquer de violentes confrontations. Sa colère lui fera même le menacer très violemment : "One more trick and I'll stomp on ya. I don't have time to babysit you !"

Un script solide et jamais trop répétitif, une mise en scène peut-être pas au niveau mais un résultat tout à fait honorable, d'autant plus que ce récit de rédemption et cette leçon de vie sont livrés sans aucune mièvrerie mais avec au contraire une grande âpreté, la prise de conscience ne venant qu'à la toute fin au sein d'une séquence assez sympathique, sans moralisme trop appuyé. Un épisode toujours d'actualité dans sa description des décisions prises en haut lieu sans avertissement et sans se soucier des conséquences qu'elles auront sur la vie de leurs propres employés, en l’occurrence ici la fermeture d'une ligne de diligence. On appréciera aussi des dialogues très lucides et moralement de haute tenue qui fustigent le droit qu'ont les nantis de penser que tout peut s'acheter : "You couldn't buy me one thing if you spent every last million that you own", dira au millionnaire le personnage joué par Slim Pickens. Une saison 3 qui pour l'instant continue de ne pas voir sa qualité être érodée.

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  • 3.08- A Father for Toby
  • Réalisation : Alan Crosland Jr.
  • Scénario : True Boardman
  • Guest Star : Kurt Russell & Rory Calhoun
  • Première diffusion 04/11/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 3/10

Le pitch : A l'orphelinat de Medicine Bow, le jeune Toby (Kurt Russell) est chahuté par les autres enfants qui se moquent de ses sempiternels mensonges, surtout lorsque selon ses dires son père ne serait pas mort mais parti en mission secrète pour le compte de l'armée des Etats-Unis. Ayant pris la fuite pour s'être senti humilié, il tombe sur Trampas qui le ramène après lui avoir promis de revenir le chercher de temps en temps pour l'emmener sortir en ville. Ce dont Trampas ne se doute pas est que Toby va le faire passer pour son père, ce dernier (Rory Calhoun), bel et bien vivant, sortant tout juste de prison, attendu par d'anciens complices...

Mon avis : True Boardman, le scénariste qui nous avait à la fin de la précédente saison complètement embarrassé avec A Bride for Lars, minable épisode totalement indigne de la série, s'était rattrapé en ayant co-signé en début de cette saison 3 le très bon Dark Challenge avec en guest star un Chris Robinson mémorable. Malheureusement, A Father for Toby s'avère presque aussi mauvais que la première incursion de l'auteur au sein du Virginien ; ce qui nous met un peu mal à l'aise sachant qu'il travaillera à nouveau pour la série à pas moins de quinze reprises, dont cinq épisodes à venir au cours de la saison qui nous concerne ici. Espérons qu'il tirera les leçons de ses échecs et qu'il saura se ressaisir à temps car il est toujours difficile de maintenir son entière confiance à une série après être tombé sur de tels ratages ! La série initiée par Charles Marquis Warren avait pourtant déjà su démontrer qu'elle pouvait se sortir sans problèmes d'épisodes avec des enfants pour protagonistes principaux sans jamais sombrer dans la mièvrerie, le plus bel exemple étant en fin de première saison l'étonnant The Small Parade avec David Wayne et Barbara Barrie. Non pas que A Father for Toby soit doucereux, mais il s'avère tellement prévisible et si peu captivant qu'on ne lui pardonne guère plus que s'il nous avait écœuré par trop de guimauve.

Faute donc principalement à un scénariste incompétent, la mayonnaise a beaucoup de mal à prendre malgré sur le papier plusieurs postulats de départs intéressants : un orphelin qui aime affabuler mais qui n'arrive à duper personne et surtout pas les autres enfants qui se moquent de ses histoires, et notamment de celles qui feraient de son père un agent secret pour l'armée américaine ainsi que le seul survivant de la bataille de Little Big Horn ; Trampas qui en voulant aider le jeune garçon, qui s'est pris d'amitié pour lui, se voit endosser malgré lui le rôle du père alors que dans le même temps il tombe amoureux de l'éducatrice de l'orphelinat ; le véritable géniteur de l'enfant qui sort de prison après y avoir purgé une peine de cinq années pour cambriolage, mais qui est attendu par ses deux anciens complices qui réclament leur part du butin qu'il clame pourtant haut et fort avoir perdu lors de sa fuite. Alors qu'à Medicine Bow, la situation dans laquelle s'est fourré Trampas est plutôt cocasse, le drame semble se profiler lorsque le père du garçon arrive sur les lieux pour y récupérer son fils. Tout aurait pu se dérouler pour le mieux si l'ancien bandit avait réussi à semer ses acolytes ; ce qui n'est évidemment pas le cas, le vil duo de voleurs allant décider de kidnapper l'enfant afin d'obtenir ce qu'ils estiment être leur dû.

Malgré ce pitch qui aurait très bien pu aboutir à une histoire passionnante, l'épisode d'Alan Crosland Jr. se traîne lamentablement, n'arrive jamais à capter notre attention puisque d'une part les séquences se voulant les plus légères se révèlent plutôt laborieuses avec un humour pas toujours de très bon goût (avec pour point d'orgue la trop longue séquence de la kermesse organisée à Shiloh, qui se termine sur la plus mauvaise prestation de Randy Boone obligé de chanter Press Along to the Big Corral avec tous les autres participants à la fête), d'autre part les scènes censées être les plus dramatiques ne parviennent jamais à gagner en tension. Le scénariste n'est pas seul en cause puisque la mise en scène de Crosland manque cruellement de rythme et d'idées alors même que le choix des guest stars n'est pas complètement réussi. En effet, si le jeune Kurt Russell - oui, le futur acteur fétiche de John Carpenter - est plutôt convaincant, il n'en va pas de même du comédien qui interprète son père, un Rory Calhoun qui, comme dans la plupart de ses films de fin de carrière, se révèle souvent totalement amorphe. Certains westernophiles ont d'ailleurs beaucoup exagéré les talents dramatiques de Calhoun qui, rien que dans le domaine de la série B westernienne et même s'il fût parfois très bien, n'est jamais arrivé à la cheville d'un Randolph Scott, d'un Audie Murphy ou d'un John Payne. Ici, il traîne son imposante stature sans jamais pratiquement rien exprimer ; son clin d’œil à son fils dans les dernières minutes s'avère même assez ridiculement gênant. Joanna Moore, pourtant pas mal du tout dans l'épisode The Money Cage, semble elle aussi avoir été piquée par on ne sait quelle mouche tsé-tsé, aucune alchimie ne s’opérant au sein du couple qu'elle forme avec Doug McClure, la romance étant pleinement fade et inodore.

Au cours de cet épisode étiré artificiellement pour en arriver à une durée standard, on se lamentera d'un running gag tombant constamment à l'eau - celui du baiser sans cesse repoussé faute aux apparitions inopinées de l'enfant -, de la plus mauvaise chanson donnée à interpréter à Roberta Shore (I Love my Willie), mais on s'amusera donc quand même parfois lors des confrontations entre Doug McClure et le jeune Kurt Russell, et l'on retrouvera le sourire lors des brèves apparitions du Virginien et du juge Garth mais surtout lorsque cette laborieuse fiction en sera arrivée à son terme. A noter pour les amateurs d'anecdotes que l'un des acolytes de Rory Calhoun n'est autre que Bing Russell, le véritable père du tout jeune Kurt. Enfin, parmi les bonnes choses de ce mauvais épisode, le juge Garth qui prouve à nouveau sa tolérance lorsqu'il accepte d'embaucher l'ancien hors-la-loi : "I'm not so much interested in where a man's been as where he's going." Après un quasi-sans faute depuis le début de la saison, il fallait bien un premier faux pas ; espérons qu'il ne sera pas suivi par de nombreux autres. On croise les doigts !

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  • 3.09- The Girl from Yesterday
  • Réalisation : John Florea
  • Scénario : Louis Vittes & Mark Rodgers
  • Guest Star : Ruta Lee
  • Première diffusion 11/11/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitch : Steve retrouve à Medicine Bow un ancien amour de jeunesse, Jane (Ruta Lee), désormais saloon gal. Il tente de renouer des relations sauf que dès le lendemain un Marshall lui apprend qu’elle pourrait faire partie du gang d’un dangereux bandit qui a déjà plus de 27 morts à son actif. Steve ne veut pas croire à la culpabilité de Jane mais se voit obligé de l’espionner pour en avoir le cœur net, le juge Garth n’ayant pas envie de voir débouler la bande dans la région. Sa mission va être encore compliquée par le fait que personne ne doit être au courant, y compris le Virginien qui ne comprend pas le nouveau comportement de son ami...

Mon avis : Nous nous doutions bien que Steve allait quitter la série depuis que le nom de Gary Clarke n’apparaissait plus au générique de début dès le premier épisode de cette troisième saison ; le moment est donc malheureusement arrivé de prendre définitivement congé de ce personnage récurent de la série qui, s’il n’avait peut-être pas l’aura de Trampas ou du Virginien, nous était cependant devenu extrêmement sympathique malgré - où grâce à - son caractère pas toujours aimable ou plutôt sa trop grande susceptibilité. Au vu du final de cet épisode, on se demande encore si le départ de Gary Clarke de la série était prévu ou si cela s’est passé sur un coup de tête, car rien ne nous dit que Steve quitte Shiloh même si ce fut pour le cow-boy un épisode très tourmenté et extrêmement tendu. Grâce aux auteurs Louis Vittes - déjà signataire du très bon The Stallion - et Mark Rodgers, Gary Clarke se voit donc offrir ici le rôle principal de cette intrigue d’espionnage au cours de laquelle Steve va devoir infiltrer un peu malgré lui un gang de dangereux hors-la-loi au risque de faire pendre sa dulcinée. Ce sera l’une des meilleures interprétations du comédien, qui sera même assez convaincant lorsqu’il devra jouer un état avancé d’ébriété, un registre jamais vraiment facile à tenir, le cabotinage prenant souvent le pas sur la subtilité.

On peut féliciter John Florea pour sa rigoureuse direction d’acteurs, lui qui nous avait auparavant déjà démontré son talent dans le domaine puisqu’il fut précédemment le réalisateur de l’excellent The Thirty Days of Gavin Heath, le fameux épisode dans lequel Leo Genn tenait le rôle d’un riche immigrant britannique dont le médecin ne lui laissait comme espoir qu’environ 30 jours à vivre et qui décidait donc de passer ses dernières heures en actions philanthropiques. Outre un beau festival Gary Clarke, on admirera la prestation de Ruta Lee - l’une des Sept femmes de Barberousse de Stanley Donen - déjà très bien dans un rôle pourtant pas vraiment gratifiant de mère indigne dans un épisode de la saison 2 intitulé The Long Quest. Don Collier dans les frusques du Marshall s’en sort lui aussi très bien ainsi que Peter Mark Richman et Charles Bateman, tous deux aussi inquiétants l'un que l'autre dans la peau de bad guys sans scrupules. Quant à James Drury, il arrive à nous faire de la peine lorsque l’on constate à quel point le nouveau comportement de Steve affecte le personnage du Virginien qui, afin qu’il y ait le moins de fuites possible, n’a pas été mis dans le secret du piège tendu et n’est donc pas au courant de la mission d’espionnage confiée à son employé. Mais essayons sans trop de spoilers de narrer brièvement et clairement l’intrigue, ainsi que de faire entrevoir la richesse de ses tenants et aboutissants.

Après que Steve a eu la bonne surprise de retrouver au saloon de Medicine Bow un ancien amour de jeunesse avec qui il avait passé son enfance dans le Kansas, et avec qui il avait failli se marier, on lui apprend que cette charmante Jane devenue chanteuse de saloon pourrait faire partie d’un gang très dangereux à l’origine de pas moins d’une trentaine de morts. Les soupçons proviennent du fait que l'on aurait effectivement remarqué la présence de l'entraineuse dans plusieurs villes quelques jours avant que des cambriolages ne s’y soient déroulés. Le juge qui doit recevoir une forte somme d’argent, destinée à des négociations territoriales avec les Indiens, craint fortement que ce "pactole" soit la cible de cette dangereuse bande de malfrats et, en collaboration avec un Marshall sur la piste des hors-la-loi depuis des mois, demande à Steve d’espionner son ancienne maitresse pour avoir des informations sur les éventuels méfaits à venir. Steve étant toujours amoureux de la séduisante Jane, il refuse catégoriquement avant que le juge ne le fasse changer d’avis pour "raisons vitales" : "Every man has to deal with something unpleasant, distasteful sometime in his life in order to achieve a greater purpose." Il lui demande également de ne mettre personne d’autre dans le secret de sa mission d’infiltration, pas même comme nous l’expliquions ci-avant, son supérieur direct, autrement dit le Virginien. Et c’est sur ce point que le scénario fait très fort puisque nous voudrions tant expliquer au régisseur de Shiloh que les comportements bizarres de Steve ne visent qu’un seul but alors que nous nous trouvons impuissants, obligés de constater que le contremaitre ne reconnait pas son ami qui se met à tricher aux dés, boire plus que de coutume, ne plus lui obéir, saboter son travail, voire même tout faire pour être licencié.

Des moyens assez conséquents semblent avoir été mis à la disposition du réalisateur John Florea qui peut ainsi mettre en scène des séquences d’action assez efficaces, y compris avec une troupe de Tuniques Bleues dont notamment une bonne dizaine de minutes se déroulant sous un vent puissant qui soulève des nuages de poussières, de solides dialogues, une intrigue rigoureuse, pas mal de bonnes chansons interprétées non par Besty ou Randy mais par le personnage que joue Ruta Lee (A Kiss from You ; Oh Dear, What Can the Matter Be...), une intensité dramatique maintenue tout du long quant à l’épée de Damoclès qui pèse sur la tête de Steve... Un épisode dans la droite lignée de la plupart de ceux de ce premier tiers de troisième saison, soit très bon sans néanmoins atteindre des sommets. Quoi qu’il en soit, une dernière très bonne participation de Gary Clarke qui nous manquera un peu, notamment lors des séquences qui montraient sa grande complicité avec les deux acolytes de ses débuts.

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  • 3.10- Return a Stranger
  • Réalisation : Maurice Geraghty
  • Scénario : True Boardman
  • Guest Star : Leif Erickson
  • Première diffusion 18/11/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7/10

Le pitch : Le vieux Charley (Leif Erickson) est propriétaire d’une mine d’argent près de Shiloh ; jusqu’à présent elle ne lui a pas bien rapporté  mais il compte grandement sur le retour de son fils (Peter Brown), qui est parti 4 années faire des études en ingénierie minière. Le jeune homme a beaucoup changé, au grand dam de Betsy qui a été élevée à ses côtés et qui était sa meilleure amie d’enfance. Aujourd’hui, il ne pense qu’à son travail et à la rentabilité de la mine familiale quitte à provoquer des drames chez ses voisins ou ex-amis de son père. Parmi ces derniers se trouve Garth, qui soupçonne ce dernier de polluer les rivières où vient boire son bétail...

Mon avis : Où l’on se rend compte une fois encore avec Return a Stranger que Le Virginien est une série où il est tout à fait possible de regarder chacun des épisodes comme s’il s’agissait d’une succession d’innombrables westerns autonomes, qui plus est de la durée standard de la majorité des films de séries B de l'époque, soit environ 75 minutes. La qualité étant les ¾ du temps au rendez-vous, c'est une véritable aubaine pour les westernophiles qui auraient pensé avoir fait le tour de presque tout ce qui pouvait y avoir de bien dans le genre au cinéma et qui vont ainsi avoir la chance de pouvoir se tourner vers le petit écran afin de continuer à se délecter de nouvelles bonnes histoires se déroulant dans le Far West du 19ème siècle. Pour établir cette relative "indépendance" de chaque épisode, ici Steve a définitivement quitté le bateau, Trampas est absent et le Virginien n’est présent que le temps d’une seule séquence où il vient faire ses adieux au juge pour un voyage d’affaires de plusieurs semaines. Randy n’est quasiment présent que pour nous offrir son désormais traditionnel duo musical avec Betsy - le fort plaisant The Cat Came Back - alors que le shérif Ryker n’a guère plus de temps de présence. Restent actifs durant ce nouveau très bon épisode le Juge Garth et sa fille, les deux guest stars et protagonistes principaux de cette histoire qui sont de vieux amis à la famille, le jeune homme ayant même été le meilleur camarade de jeu de Betsy, voire même son premier coup de foudre adolescent.

Ce petit monde évolue principalement au sein d’un nouveau décor pour la série, celui d’une mine d’argent dans laquelle travaille ce vieil ami du juge Garth que Betsy appelle "Oncle Charley" ; un homme foncièrement bon et haut en couleurs de la même génération que Garth et qu’interprète le très sympathique Leif Erickson. Maurice Geraghty étant pour l’instant avec Don McDougall l’un des réalisateurs les plus inspirés et talentueux de la série (voir les excellents A Matter of Destiny, The Accomplice et surtout le magnifique Impasse), il utilise parfaitement bien ce nouveau lieu installé près des terres du ranch Shiloh. Charley était donc jusqu’à présent seul à exploiter ce filon qui ne s’est jamais avéré rentable du fait de l'impossibilité de raffiner le métal sur place. Sa joie lorsqu’il reçoit un télégramme de son fils lui annonçant son retour n’est pas feinte, à tel point qu’il ne peut s’empêcher de vanter les mérites de son rejeton à Garth et Betsy, sans se rendre compte lorsqu'il plaisante sur "ses notes scolaires toujours parfaites sauf en morale" qu'il nous dévoile en partie les drames à venir. Craig était parti durant quatre années pour des études de géologie et il en revient avec de grandes idées pour la mine. Sauf qu’en étudiant le télégramme de plus près, le juge explique à son naïf ami que son fils lui a fait hypothéquer sa maison et sa mine et qu’ils n’ont que trois mois pour rentabiliser le gisement au risque de tout perdre. Charley faisant une entière confiance à son fils, il n’écoute ces conseils de méfiance que d’une oreille distraite. L’épisode va alors surtout reposer sur le changement de caractère du jeune homme que ses études ont transformé de gentil petit garçon en un capitaliste sans scrupules, sur le fait que ses ex-connaissances et amis ont du mal à reconnaitre ce garçon sans éthique, uniquement préoccupé par le profit et dont on se demande jusqu’où il ira pour parvenir à ses fins. "It seems like you went away as one person, and only part of you came back, or you're a different person altogether" lui dira Betsy.

Pour que l’intrigue fonctionne, il fallait que ce personnage complexe et de prime abord profondément antipathique soit crédible. Il l’est non seulement grâce à une belle écriture de True Boardman - un scénariste qui n’arrive à s’en sortir que lorsqu’il adapte l’histoire d’un autre, ici en l’occurrence George F. Slavin, auteur entre autres pour le cinéma de celles de The Nevadan de Gordon Douglas, Red Mountain de William Dieterle, City of Bad Men de Harmon Jones, Smoke Signal de Jerry Hopper... - mais aussi par le fait que le comédien choisi pour l’interpréter s’avère aussi formidable que pouvait l’être le tout aussi jeune Chris Robinson lors de ses deux épisodes de la série en guest star. Peter Brown est en effet l’acteur sur les épaules duquel Return a Stranger repose et il se révèle magistral, capable d’exprimer la complexité de son personnage tout à la fois haïssable et attachant, d’une acuité et d’une intelligence telles qu’on aurait presque tendance à lui pardonner sa diabolique roublardise lorsqu'il s'agit de manipuler ses salariées ou pour obtenir de l'aide ; l’évolution de ce protagoniste - dont j'éviterai de parler pour préserver les surprises - s’avère passionnante. Pour l’anecdote - attention, suivez bien - ce même Peter Brown incarnera le héros d’un spin off du Virginien, le Texas Ranger Chad Cooper dans Laredo dont le pilote sera en fait la reprise de We've Lost a Train, l’épisode qui conclut cette saison 3 du Virginien. Une idée de future édition DVD pour Elephant Films ? Peter Brown domine donc le casting même si Leif Erickson, William Fawcett - dans un rôle de old timer à la Walter Brennan -, Lee J. Cobb, Roberta Shore ainsi que Whit Bissell en bad guy assez vicieux, s’en sortent également très bien.

Un épisode qui dépeint avec rigueur le profil psychologique d’un jeune loup aux dents longues mais qui propose aussi une réflexion sur l’écologie (puisqu’il sera question de pollution de l’eau), l’industrialisation et le capitalisme galopant (le nouveau propriétaire de la mine fait venir ses hommes plutôt que d’en faire profiter les chômeurs de la région), un climax assez prenant, un véritable suspense autour d’un décor encore peu usité au sein de la série (un camp minier, un barrage, une longue rivière tortueuse...) et une belle photographie signée, excusez du peu, Ray Rennahan, l’un des très bons chefs opérateurs dans le domaine du western et qui officiait d’ailleurs déjà sur le précédent épisode. Le juge dira à Betsy à propos du jeune ambitieux : "Every man changes under pressure. The question is how much does he change and in what direction." Les différentes directions que prendra l’arriviste Craig permettront à cet épisode de se maintenir à un très bon niveau tout du long.

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  • 3.11- All Nice and Legal
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Jean Holloway
  • Guest Star : Anne Francis
  • Première diffusion 25/11/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7.5/10

Le pitch : Victoria (Anne Francis) est heureuse d’arriver à Medicine Bow pour exercer sa profession d’avocate. Elle ne souhaitait pas rester à Philadelphie pour ne pas profiter du nom et de la réputation flatteuse de son père ainsi que pour prouver qu’elle pouvait y arriver par elle-même. Ce ne sera néanmoins pas facile de se faire une place au sein d’une communauté où les préjugés sur les femmes sont encore tenaces. Le Virginien, qui faisait au départ partie des plus "réactionnaires", à ce sujet va petit à petit retourner sa chemise d’autant qu’il est tombé sous le charme de la ravissante juriste à qui il a demandé de l’aide pour une affaire le concernant...

Mon avis : On peut continuer à l’affirmer : avec jusqu'à présent au compteur neuf épisodes tous de très grande qualité, Don McDougall s’avère décidément le meilleur réalisateur de la série puisqu’une fois encore avec All Nice and Legal il signe le premier grand épisode d'une saison 3 qui volait déjà pourtant dans l'ensemble assez haut. Savoir que ce même homme au parcours sans faute en réalisera encore une trentaine d’autres est sacrément motivant et rassurant pour la suite ! Il s’agit ici d’une fiction westernienne à la fois progressiste et féministe, ce qui s’avère très plaisant, d’autant plus a postériori puisque l’on ne peut pas vraiment dire que les années 60 à la télévision aient été très en avance dans le domaine, assez avares en quelconques réflexions sur la condition féminine. "If one woman takes a step forward all women benefit" sera la phrase la plus importante de cette jolie fiction à tel point qu’elle sera répétée à deux reprises, dont une fois par le Virginien en guise de conclusion. A ce propos, le récit de Jean Holloway est très efficace d’autant plus que l'étendard des femmes se révèle ici être la ravissante et talentueuse Anne Francis, l’inoubliable comédienne blonde et gracile des géniaux Planète interdite (Forbidden Planet) de Fred McWilcox et Un Homme est passé (Bad Day at Black Rock) de John Sturges. Le talent de McDougall est tel qu’il remporte la gageure de tenir son épisode jusqu’au bout sans nous procurer aucun ennui à partir pourtant de postulats dramatiques de départ plus que légers.

Comme c’était donc le cas pour Felicity’s Spring qui réunissait déjà le même duo réalisateur / scénariste, le talent et la rigueur du premier, la justesse de ton et la belle sensibilité du second, ainsi qu'une excellente direction d’acteurs, font que tout ce qui pouvait aisément verser dans la guimauve parvient constamment à se maintenir avec dignité sur la corde de l’intelligence, de la lucidité et du bon goût, l'essentiel de l'épisode étant basé sur les relations et les savoureuses joutes verbales entre un Virginien un peu vieux jeu et une avocate au contraire très émancipée. Mais revenons-en à ce que nous raconte cet épisode. Victoria, jeune avocate de Philadelphie (pimpante et charmante Anne Francis), a décidé de se rendre à l’Ouest où les hommes de loi sont rares pour se prouver qu’elle n’avait pas besoin du nom prestigieux de son père dans la profession pour arriver à se faire une place en tant que juriste talentueuse. Elle arrive à Medicine Bow avec Mrs Clancy (délicieuse Ellen Corby) qui est tout à la fois son amie, son assistante mais qui lui sert également de "servante", Victoria n’étant pas vraiment douée pour les tâches ménagères habituellement dévolues aux femmes. Alors qu’elle se rend chez le juge Garth pour lui proposer de louer le local vacant dont il est propriétaire pour y ouvrir son cabinet, elle se heurte au Virginien qui, en l’absence de son patron, a repris les rênes de la gestion des affaires du ranch. En effet, le régisseur est assez réticent à voir une femme se mêler de justice, peu confiant en sa capacité mais surtout en sa solvabilité. Mais lorsqu’il va lui-même se retrouver au tribunal pour un litige à propos d’une selle non payée et qu’il va se rendre compte de son inefficacité à assurer sa propre défense, trop soupe-au-lait pour faire imposer la vérité, il ne va avoir d’autre choix que de s’adresser à la jeune femme pour louer ses services.

L’affaire est des plus simples : le Virginien a refusé de payer la selle qu’il avait commandée, la trouvant défectueuse et ne pas lui convenir du tout ; il estime avoir besoin qu’elle soit modifiée avant de verser une quelconque somme. La juriste n’y connaissant strictement rien en la matière, elle va se renseigner et aller voir travailler les cow-boys ; l’aspect documentaire mis en place s'évère des plus intéressants, la série pouvant se permettre de telles digressions là où le 7ème art n’en a que rarement l’occasion ni le temps. Nous apprenons ainsi le vocabulaire lié aux selles ainsi que le fonctionnement et l’usage de chacun de ses différents éléments. La plaidoirie de la jeune femme est tellement convaincante (une selle du Wyoming ne doit pas être fabriquée de la même façon qu’une selle du Missouri, les cow-boys de chacun de ses États n’ayant pas les mêmes exigences du fait d’un travail parfois différent d'un endroit à l'autre) qu’elle emporte le morceau tout en proposant un compromis aux deux parties. L’intelligence avec laquelle elle aura réussi à mener à bien cette affaire lui sera très profitable, puisqu'elle a prouvé son aptitude en même temps qu'elle a gagné le respect des habitants de Medicine Bow qui lui feront désormais entière confiance. Sa plaidoirie n’étant pas passé inaperçue, on lui proposera un autre poste dans une région encore plus "désertée par la loi", ce qui nous mènera au poignant final qui lui fera choisir sa carrière plutôt que l’amour que lui offrait le Virginien. En tant que protagoniste principal, ce dernier sera sans cesse condamné par les scénaristes à rester un éternel célibataire. L’autre histoire qui se greffe de très loin sur ce récit d’émancipation d’une femme indépendante dans un Far West très réactionnaire est celle de trois braconniers que le Virginien préfèrera faire emprisonner quelques jours pour violation de territoire plutôt que de faire pendre pour avoir volé du bétail.

Le contremaitre, après s’être montré un peu agressif et légèrement macho puis s’être fait remettre en place notamment par Betsy, prouvera néanmoins son potentiel d’écoute et de compréhension ainsi que sa grandeur d’âme et sa réticence à avoir recours à la violence autant que possible pour régler quelconques problèmes. Le final de cette sous-intrigue pourra paraitre décevant à beaucoup du fait que celle-ci reste quasiment non résolue ; je le trouve au contraire sacrément culotté et tout à fait crédible puisque dans la vie réelle tout ne trouve pas obligatoirement de solution. La vengeance ne sera donc pas de la partie, le régisseur de Shiloh ne cherchant pas à rattraper ceux qui lui auront tiré dessus et tenté de le tuer. Par son traitement assez original, surtout par le fait d’éluder expressément tout dramatisme, voici un superbe épisode parfaitement réalisé, écrit et interprété, bénéficiant également d’un nouveau thème musical plein d’entrain et vite entêtant - décliné sur tous les tons du plus guilleret au plus grave - ainsi que d’une idylle très attachante entre James Drury et Anne Francis. Délicieux et captivant, avec même l'occasion d'être témoin du Virginien en train de faire la vaisselle !

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  • 3.12- A Gallows for Sam Horn
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Dean Riesner
  • Guest Star : George Kennedy
  • Première diffusion 02/12/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 6/10

Le pitch : Briscoe veut faire traverser sa ligne de chemin de fer à travers les terres du fermier Sam Horn (John Lupton). Ce dernier, qui a enterré sa femme et son enfant à cet endroit, refuse d’être délogé et fait appel à Garth pour lui venir en aide. Le propriétaire de Shiloh trouve effectivement une faille dans la demande d’expulsion et va informer le magnat du rail qu’il n’a plus rien à faire dans la région. Seulement son fils retrouve à Medicine Bow la jeune fille qu'il avait demandée en mariage, cérémonie qui n'avait jamais eu lieu en raison de l'opposition de son père. Tout ceci va conduire à un drame qui va mettre Sam Horn dans une situation plus que délicate...

Mon avis : Juste après le superbe All Nice and Legal, on retrouve à nouveau Don McDougall assis derrière la caméra ; si ce douzième épisode de la saison 3 est un peu moins convaincant la faute ne lui en incombe aucunement, sa mise en scène et sa direction d’acteurs se révélant toujours aussi rigoureuse et efficace. Reste que Dean Riesner - dont ce sera le dernier travail pour la série après quatre épisodes - s’avère un auteur certes très intéressant mais souvent un peu trop solennel. Son scénario pour A Gallows for Sam Horn ne tient pas toutes ses promesses : d’une histoire de chemin de fer devant traverser les terres de pauvres fermiers ainsi délogés - un pitch vu à plusieurs reprises au cinéma mais encore inédit dans Le Virginien - il bifurque avant la mi-parcours vers un mélodrame familial un peu trop appuyé, oubliant ensuite complètement son pourtant alléchant postulat de départ. L’autre raison de cette relative déception - car cela reste cependant un épisode loin d’être désagréable - est le choix des comédiens qui pour certains n’ont pas les épaules assez solides pour supporter un récit aussi dramatique ; et là je pense surtout aux jeunes Buck Taylor et Laurel Goodwyn - la jeune fille du pilote de la série Star Trek auprès du capitaine Pike interprété par Jeffrey Hunter - dont les interprétations ne sont certes pas déshonorantes mais qui manquent singulièrement de charisme et d’expérience pour arriver à nous rendre crédibles leurs personnages. En revanche, John Lupton - inoubliable dans Fort Bravo dans le rôle du déserteur poète qui revendique le droit ne pas être un héros et celui d’avoir peur - se montre une nouvelle fois très bon.

Mais revenons-en au début, à l’excellente séquence inaugurale qui se déroule en plein air alors qu’un homme avec l’aval du shérif Ryker s’apprête à couper les fils barbelés d’une clôture. A ce moment-là un coup de feu retentit près de lui et un fermier en colère l’empêche de poursuivre son geste. Où l’on constate que Ryker fait son métier malgré les réticences qu’il peut avoir à faire appliquer la loi ; en effet, il a en main l’autorisation d’un juge pour entrer sur les terres de ce pauvre cultivateur qui y a sué sang et eau durant des dizaines d’années et qui y a enterré femme et enfant. On comprend qu’il ne veuille pas se faire déloger quel qu’en soit le prix, d’ailleurs plus que minime et pour tout dire scandaleux. L'homme de loi a du mal à empêcher un début de combat à poings nus vite arrêté par l’arrivée du juge Garth qui a trouvé une faille dans l’assignation et qui donne à Ryker le contre-ordre. Du coup ce dernier, qui prend sa mission toujours à cœur, fait volte-face et, au vu de ce nouveau décret, raccompagne le magnat du rail jusqu’à Medicine Bow où il aura pour consigne de ne plus se mêler de cette expropriation. Le colonel John Briscoe (très bon Edward Binns, l’un des Twelve Angry Men de Sidney Lumet déjà aux cotés de Lee J Cobb) pense qu’il aura gain de cause et reste néanmoins sur place. Il va ainsi se heurter à Garth même si ce dernier revoit avec plaisir l’épouse de l’homme d’affaires qu’il avait côtoyée dans sa jeunesse. Toutes les séquences se déroulant à l’intérieur du wagon privé du couple sont très bien écrites, et notamment la première fois qu’ils se trouvent réunis tous les trois après que Garth et la femme ont évoqués de bons et anciens souvenirs.

On s’aperçoit ensuite que le fils du patron de chemin de fer vient de retrouver en la personne d’une serveuse de restaurant de Medicine Bow la fille qu’il s’était promis d’épouser alors qu’ils habitaient encore dans l’Est. Le mariage n’avait pas eu lieu car en apprenant cette nouvelle qui l’avait mis dans une colère rouge, son père l’avait envoyé dès le lendemain faire un séjour de plusieurs années en Europe pour couper court à cette déshonorante alliance avec une femme de faible condition, qui plus est la fille de l’un de ses "petits" employés. Ce que le jeune homme ne savait pas, et qu’il découvre en la retrouvant, est que non seulement il est père mais que Sam Horn, le fermier contre qui il s’était battu lors de la première séquence, s’est également entiché de la mère de son enfant. Bref, l’imbroglio est tel, les situations familiales tellement tendues - la mère soutient son fils alors que le père espère une nouvelle fois séparer les jeunes gens - que le scénariste en oublie sa proposition initiale pour bifurquer à 180 degrés sur ce mélodrame familial et procédural, puisqu’une tragédie va avoir lieu qui - comme le titre l’indique évacuant d’emblée tous spoilers - va conduire Sam Horn à côtoyer la potence. C’est Garth qui le défendra ; la roublardise du "lapin" qu’il sort au final de son chapeau pour emporter le morceau est cette fois un peu grossière, limite à la fois malhonnête et un peu mièvre... Ce qui malgré ce sentimentalisme outrancier conduira cependant l’épisode à un happy-end ma foi assez touchant, les bad guys ne l’étant pas jusqu’au bout, ce qui est tout à l’honneur d’une série qui refuse toujours si possible le manichéisme.

Dommage qu’après un prologue qui promettait un épisode de première catégorie, les auteurs ne se soient pas appesantis plus longuement sur le thème de l’expropriation des petits propriétaires lors de l’arrivée du chemin de fer - surtout après quelques intéressants échanges entre Garth et le Colonel sur le modernisme et le progressisme que représente le rail - et qu’il en arrive trop rapidement aux drames familiaux ; du coup il parait parfois un peu long faute à des comédiens pas assez chevronnés et à un scénario qui manque d’intensité. Nous aurons néanmoins eu le plaisir de voir longuement Lee J. Cobb ainsi qu’un Clu Gulager à nouveau réunis à son supérieur - Ross Elliot que nous n’avions plus croisé depuis un bon moment - et qui se permet par son sens de l'éthique de ne pas lui obéir. Nous aurons également eu l’occasion de croiser l’excellent comédien George Kennedy interprétant ici le bestial homme de main du magnat du rail. Enfin, à noter que lors de la touchante séquence de la rencontre entre la jeune fille et sa "belle-mère", on réentend brièvement et discrètement mais avec grand bonheur le thème romantique des tout premiers épisodes de la série.

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  • 3.13- Portrait of a Widow
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Thomas W. Blackburn & Lawrence Edward Watkin
  • Guest Star : John Gavin
  • Première diffusion 09/12/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 6.5/10

Le pitchA Chicago, Betsy et son amie Maggie (Vera Miles) font la connaissance d'un jeune peintre français (John Gavin). Ce dernier a de grosses dettes de jeu et il doit les acquitter sous peine de se faire tuer. Apprenant que Maggie est une riche veuve dont les affaires sont gérées par le juge Garth, il décide de la séduire et de la suivre à Medicine Bow pour en faire le portrait. Il pense ainsi fuir ses débiteurs tout en espérant récolter une coquette somme pour son travail. Mais Maggie et Charles finissent par tomber réellement amoureux, ce qui ravit Betsy alors que le juge est plus méfiant, estimant excessifs les tarifs pratiqués par le peintre...

Mon avis : Sixième épisode de cette troisième saison - et troisième consécutif - signé par l’excellent Don McDougall, c’est à nouveau à celui-ci que nous devons les principales qualités de ce Portrait of a Widow souvent qualifié de chick flick par les Américains, ces derniers définissant ainsi les épisodes qu’ils estiment être destinés avant tout à un public féminin. En effet, les producteurs pensant que le western n’était a priori pas censé être la tasse de thé des femmes, pour les inciter quand même à se poser elles aussi devant leur poste de télévision aux côtés de leur compagnon, ils décidaient occasionnellement de tourner une fiction moins mouvementée et moins violente, plus tournée vers la romance. Tout cela est évidemment un débat d’un autre âge mais, quoi qu’il en soit, les amateurs d’action doivent être prévenus que Portrait of a Widow en est presque totalement dépourvu si l’on excepte deux ou trois gentils coups de poings assénés aux bad guys en toute fin d’épisode afin de les effrayer et de les faire quitter la région. Avant cela, grâce au talent de Don McDougall aussi bien pour la pure mise en scène que pour la direction d’acteurs, et même s’il ne se passe pas grand-chose d’autre qu’une jolie romance, il s’agit d’un épisode très agréable à regarder d’autant plus que le couple dont on narre l’idylle est interprété par deux formidables comédiens, Vera Miles et John Gavin.

La première est bien connue des amateurs de John Ford et d’Alfred Hitchcock puisqu’elle était l’actrice principale de The Man Who Shot Liberty Valance ainsi que de Psychose, dans lequel elle avait déjà pour partenaire John Gavin. Ce dernier est surtout apprécié par les admirateurs du cinéaste Douglas Sirk puisqu’il tenait le rôle principal dans deux de ses plus beaux films de fin de carrière, le magnifique Miracle de la vie (Imitation of Life) et surtout le chef-d’œuvre qu'est Le Temps d'aimer et le temps de mourir (A Time to Love and a Time to Die) ; il aura également été un Jules César convaincant dans le Spartacus de Stanley Kubrick. Autant dire que les auteurs ne prenaient pas de grands risques en faisant se confronter deux comédiens de cette trempe. Et effectivement, l’épisode tient avant tout sur leurs épaules, seul Lee J. Cobb parmi les acteurs récurrents du Virginien ayant ici un rôle d’importance. L’histoire débute à Chicago où se rendent d’ailleurs souvent depuis le début de la série le juge et sa fille. Cette fois Betsy était accompagnée d’une amie de la famille qui n’était pas au meilleur de sa forme depuis le décès de son époux. Pour lui faire se changer les idées, Garth - qui fut l’exécuteur testamentaire du défunt et qui a désormais pour mission de gérer les affaires financières de la veuve - avait pensé qu’un voyage dans l’Est lui ferait le plus grand bien. Et effectivement, elle rencontre et tombe sous le charme d’un artiste peintre français spécialisé dans le portrait : "He's made me feel alive again for the first time in a long time" ; ce qui ravit Betsy, qui espérait du fond de son cœur qu’elle "get back into circulation."

Français pour faire le séducteur avec un accent qui fonctionne toujours aussi bien auprès des dames américaines, mais dans la réalité pas plus français que Garth ou le Virginien. On apprend même assez rapidement qu’il serait un peu escroc sur les bords, et chercherait surtout à rembourser sa grosse dette de jeu auprès de débiteurs coriaces et peu scrupuleux qui lui réclament leur dû en le menaçant de le tuer s’il ne s’exécute pas. Apprenant que Maggie rentre à Medicine Bow, il a dans l’idée de la suivre pour échapper à ses créanciers, espérant par la même occasion gagner une coquette somme en peignant le portrait de cette très charmante veuve, au cas où il aurait besoin de liquidités s’il venait à se trouver de nouveau face à ces deux inquiétants personnages tenus par le très bon Michael Forest ainsi que par Charles Horvath, un acteur au visage plus que menaçant. Une fois dans le Wyoming, nous assisterons surtout à l’idylle qui se fait jour entre le peintre et son modèle ainsi qu’aux soupçons de Garth quant à cet homme dont les prix pratiqués lui paraissent prohibitifs, suite à quoi il va mener son enquête auprès des galeries d'art. Toute une intrigue se monte aussi autour d’un vrai/faux tableau du Tintoret mais le long épilogue - que je ne vous dévoilerai pas -, écrit par les deux scénaristes Thomas W. Blackburn & Lawrence Edward Watkin - deux auteurs ayant principalement travaillé pour les studios Disney, le premier ayant également à son actif les très bon Cattle Queen of Montana d'Allan Dwan ainsi que Riding Shotgun d'André de Toth -, est vraiment touchant, d’abord doux-amer avant de finir en happy-end plus traditionnel qui aura néanmoins servi à démontrer - si besoin était - la grandeur d'âme, les qualités de cœur, l'ouverture d’esprit et l’intelligence des protagonistes principaux de l’épisode qui en sortent tous trois grandis.

Vera Miles était déjà excellente dans l’épisode The Man Who Wouldn't Die au cours duquel elle s’amourachait de Garth ; elle est ici de nouveau parfaite, tout comme ses partenaires John Gavin et Lee J. Cobb. Quasiment aucun drame mais une jolie romance entre deux excellents acteurs et quelques sympathiques notations concernant le personnage du juge Garth, à savoir qu’il a vécu quelques années à Paris et qu’il en a conçu un goût assez prononcé pour l’art et la peinture, ayant ainsi fait l’acquisition de quelques ouvrages sur les maîtres italiens de la Renaissance ainsi même que certains tableaux de George Catlin. Très jolie mise en scène utilisant à merveille des intérieurs plutôt cosy, même thème musical dont je vous parlais déjà à propos du mémorable All Nice and Legal et qui semble vouloir être désormais utilisé à chaque épisode au ton plutôt léger, une savoureuse Ann Doran, une seule apparition du Virginien qui ne fait pas mentir sa réputation de rabat-joie, et pour couronner l’ensemble, de très bons dialogues comme par exemple cette réplique de John Gavin au juge Garth après que celui-ci lui a demandé pourquoi il avait tenté de les arnaquer : "Self preservation's a pretty strong instinct, Judge, even in the lowest form of animal life." Anecdotique mais bougrement plaisant !

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  • 3.14- The Payment
  • Réalisation : John Florea
  • Scénario : Thomas Thompson
  • Guest Star : Lloyd Nolan
  • Première diffusion 16/12/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7.5/10

Le pitch : Ryker a invité à Medicine Bow un nommé Abe Clayton (Lloyd Nolan) malgré le fait qu’on lui ait dit que c’était une mauvaise idée, l’homme venant de purger une peine de dix ans de prison pour divers actes criminels. Il s’agit en fait de celui qui l’a élevé à la mort de ses parents et qu’il a ainsi toujours considéré comme son père même, s’il quitta son foyer lorsqu’il comprit que sa famille adoptive était une bande de hors-la-loi. Il espère désormais lui faire reprendre le droit chemin mais les sceptiques vont se révéler avoir raison. En effet, ayant fait venir d’autres membres de son ancien gang, Clayton compte s’emparer des troupeaux du juge Garth...

Mon avis : John Florea est avec Don McDougall l’un des réalisateurs de la série auquel on peut le plus faire confiance. Au cours de cette même saison, il avait récemment déjà filmé le très bon The Girl from Yesterday avec Ruta Lee, l’épisode qui mettait un terme aux aventures de Steve. On pouvait alors se féliciter de la rigoureuse direction d’acteurs de Florea, lui qui nous avait auparavant déjà démontré tout son talent dans le domaine puisqu’il fut précédemment aux manettes de l’excellent The Thirty Days of Gavin Heath, le fameux épisode dans lequel Leo Genn tenait le rôle d’un riche immigrant britannique dont le médecin ne laissait comme espoir qu’environ 30 jours à vivre et qui décidait donc de passer ses dernières heures en actions philanthropiques. C’est à nouveau la direction d’acteurs qui est avant tout remarquable pour cet épisode, et en l’occurrence nous retrouvons un Clu Gulager des grands jours, aussi inoubliable que dans celui qui lui était consacré en début de saison pour introduire le personnage de Ryker - dont nous apprendrons ici quelques informations supplémentaires sur la jeunesse - ainsi que pour ses deux précédentes apparitions en guest star lors des deux premières saisons, interprétant d’abord dans le magnifique The Judgment le bad guy le plus mémorable de la série puis dans Run Quiet un sourd-muet formidablement plausible. Des registres tous différents mais à chaque fois une interprétation exceptionnelle de la part de ce comédien, qui n’est jamais meilleur que lorsqu’on lui attribue le rôle principal, au contraire très effacé lorsqu’il ne sert que de faire-valoir.

Dans cette histoire écrite par Thomas Thompson - scénariste qui depuis son travail sur Libre comme le vent (Saddle with the Wind) de Robert Parrish n’a ensuite quasiment œuvré que pour des fictions de westerns télévisuels -, même si Lloyd Nolan est la convaincante guest star de The Payment, c’est donc Clu Gulager qui emporte le morceau. Sa façon de bouger, de se déplacer, de parler, ses gestes et regards, ce subtil jeu d’acteur n’a rien à envier à celui des meilleurs comédiens formés à l’Actor's Studio. Lorsque débute l’épisode, Ryker est fébrile sur le quai de gare mais repart dépité car la personne qu’il attendait depuis plusieurs jours ne se trouve toujours pas à la descente du train. Alors qu'il arrive à son bureau, on comprend immédiatement que cet étranger qu'il a invité dans la région n’est pas le bienvenu, le shérif lui disant vertement que l’idée de faire venir cette "vermine" n’était pas forcément judicieuse, Abe Clayton étant un ancien bandit venant de purger dix ans de prison. Et l’on apprend aussi vite que ce vieil homme n’est autre que le père adoptif de Ryker, que ce dernier a décidé de remettre dans le droit chemin en lui trouvant du travail à Medicine Bow. On ressent avec émotion les relations très fortes qui unissent les deux hommes mais également tout ce qui les sépare, Ryker ayant quitté sa famille d’adoption à l’adolescence alors qu’il avait commencé à comprendre comment elle subvenait à ses besoins, pas moins qu’en pillant banques, troupeaux et trains. Un hold-up ayant échoué, Abe avait alors payé pour tout le gang familial en refusant de dénoncer ses comparses, et du coup les autres membres du groupe se sentent désormais redevables malgré le fait d’être maintenant retirés, peu inquiétés et à l'abri du besoin.

C’est ainsi que l’oncle et le cousin adoptif de Ryker ont accepté de venir donner un coup de main à leur ancien chef de bande pour monter un dernier coup, par pure loyauté malgré les risques insensés qu’ils prennent. C’est ainsi que Rita, aux côtés de qui il a grandi et qui fut même son premier amour de jeunesse, est là elle aussi et qu’elle est sur le point d’épouser un jeune outlaw violent et sans scrupules superbement campé par un tout jeune et inquiétant Bruce Dern. Fatiguée de passer de bras en bras dans des endroits peu fréquentables, Rita a accepté de se marier avec le premier homme qui lui en a fait la proposition, au grand dam de Ryker qui semble toujours éprouver des sentiments à son égard. Des drames semblent inéluctables pour beaucoup et c’est en premier lieu de cette constatation que provient la tension qui sourd durant tout le récit. Mais le suspense psychologique est encore bien plus insoutenable lorsque l’on se rend compte que Ryker ne va pas pouvoir apporter son soutien très longtemps à son ex-famille, mais qu’il va même au contraire devoir la contrer jusqu’à la tragédie. En effet, ayant entendu parler du plus gros rassemblement de bétail de la région, Clayton décide de prendre sa part au passage. Après que Ryker a tenté par tous les moyens de dissuader chaque membre du groupe, leur demandant expressément de faire machine arrière, il prend enfin la décision de rester auprès des cowboys du ranch Shiloh et de leur apporter son aide sur la dernière partie du parcours du troupeau jusqu’à la gare. Nous assisterons ainsi à une longue séquence au cours de laquelle les convoyeurs s’attendront à tout moment à être attaqués par le sommet d’un canyon. On sent à ce moment-là le manque de moyens alloués à l’équipe puisque ce sont presque tout le temps les mêmes plans qui reviennent ; mais le crescendo du suspense devant en passer par un étirement de la durée, le réalisateur n’avait peut-être pas trop le choix. Quoi qu’il en soit, une surprise attend nos protagonistes ainsi que les spectateurs ; surprise que je me garderai bien de vous dévoiler mais qui entérine un scénario remarquablement bien écrit, se servant des ellipses avec une belle efficacité, et dont le final n’est absolument pas décevant, tout au contraire ; puissant et très touchant grâce aux interprétations de Lloyd Nolan, Clu Gulager et dans l'épilogue de la charmante Lisabeth Hush qui arbore lors de cette dernière séquence une tenue qui lui va à ravir.

Honorable interprétation également du comédien Ed Peck dans le rôle de l’oncle qui tient absolument à payer sa dette envers son frère quitte à en mourir. Les amateurs de continuité scénaristique au sein même de la série seront peut-être étonnés puis déçus par le remplacement durant cinq épisodes dans le rôle du shérif de Ross Elliott par Harlan Warde ; non pas que ce dernier soit mauvais comédien mais malgré les noms différents de leurs personnages, John reprend non seulement toutes les caractéristiques physiques et vestimentaires de de Mark mais le scénariste lui fait également endosser l'histoire de celui qu'il remplace, par exemple le fait d’avoir décidé d’embaucher Ryker. C’est vrai que cela ne fait pas très sérieux mais si l’on prend chaque épisode indépendamment l’un de l’autre, ça n’a finalement qu’assez peu d’importance. Enfin, l’auteur aborde une thématique assez passionnante et progressiste : les dures conditions de détention qui, selon lui, ne favoriseraient pas la réinsertion mais aboutiraient au contraire à ce qu’à leur sortie, les prisonniers n’aient qu’une seule envie au lieu de se ranger, se venger des humiliations et des coups reçus durant leur emprisonnement. Un épisode sombre de très grande qualité.

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  • 3.15- Man of the People
  • Réalisation : William Witney
  • Scénario : True Boardman & William Fay
  • Guest Star : James Dunn
  • Première diffusion 23/12/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 7.5/10

Le pitch : Le Virginien emmène son patron rendre visite à un groupe d’émigrants dont les membres semblent déterminés à vouloir rester sur les terres de Shiloh, un député du nom de Cossgrove (James Dunn) les ayant fait venir en leur affirmant qu’ils seraient dans leur bon droit de s’y installer. Cet homme politique étant attendu à Medicine Bow, Garth, qui l’a autrefois bien connu, va tenter de savoir ce qu’il en est exactement, estimant non seulement que ses terres lui appartiennent toujours mais qu’elles seraient également impropres à la culture... Pendant ce temps-là, Betsy tombe sous le charme du neveu de Cossgrove, un militaire en mission sur place.

Mon avis : Septième des dix épisodes que réalisera pour la série le vétéran du serial William Witney, avec Man of the People nous tenons déjà la troisième excellente fiction de ce deuxième tiers de saison. All Nice and Legal peu avant m’avait déjà fait m’interroger sur la même question qu'en visionnant l'épisode qui nous concerne ici, à savoir qu’il me semblerait que les auteurs du Virginien aient compris que la série pouvant se permettre des digressions là où le 7ème art n’a que rarement l’occasion ni le temps de le faire, en abordant des thématiques a priori pas spécialement captivantes pour un western en salles, ils pouvaient les rendre passionnantes au sein d'une série dont nous connaissons déjà le background et les personnages qu’il n’est donc plus utile de présenter. Et cet épisode politique est d'autant plus séduisant que son intrigue et ses situations n'ont à ma connaissance jamais été vues au cinéma auparavant. Bien évidemment, l'interprétation et la mise en scène sont là pour faire le reste. Et comme nous le disions déjà précédemment, si True Boardman était à craindre en tant que scénariste en solitaire, dès qu’il adapte une histoire déjà écrite par un autre - en l’occurrence William Fay, l’auteur du pourtant moyen Brother Thaddeus - cela se passe en général relativement bien. Pour preuve ce Man of the People, le meilleur épisode pour l’instant signé par le réalisateur William Witney qui, dans le même temps et dans le même domaine, fut relativement décevant sur grand écran.

Cet épisode médian de la saison 3 aborde principalement la thématique de la répartition des terres entre ranchers et fermiers et l’arrivée de nouveaux habitants orchestrée par un député un peu roublard, avec néanmoins pour rendre l’épisode un peu plus léger, la naissance d'une romance qui se noue entre Betsy et un jeune officier de cavalerie. Alors que pendant des années les éleveurs n’avaient pas besoin de renouveler leurs baux qui l’étaient automatiquement par accord tacite, sans le leur informer, en cette fin de 19ème siècle le gouvernement de Washington a décidé d’annuler ce genre de reconduction et de rendre publiques les terres dont les propriétaires n’auraient pas signé de prorogation. Les ranchers tombent de haut mais ne peuvent pas contrer les lois, même si ces dernières ne leur ont pas été dévoilées ni expliquées dans les temps. Du coup ils se retrouvent coincés, ne pouvant pas dire grand-chose lorsque des citadins à qui l’on a fait miroiter ce jardin d’Éden arrivent par centaines pour s’approprier un lopin de leur domaine sur lequel pouvoir s'installer et cultiver la terre. Le juge Garth, qui comprend bien la situation, va néanmoins devoir prouver à ces nouveaux arrivants, qu’ils soient d’origine italienne, irlandaise ou allemande, que la région qu’on leur a tant vantée par l’intermédiaire de prospectus malhonnêtes est totalement impropre à la culture et que les pâturages ne sont bons qu’à l’élevage. Ces familles d’immigrants ont été "chapeautées" et menées en ces lieux par un député qui compte ainsi s’accaparer les voix des différentes communautés conduites sur cette 'terre promise'.

Un homme politique qui fait dans un populisme très d’actualité, qui ne s’est pas assez bien renseigné sur la valeur et la fertilité de cette contrée et qui va en payer les conséquences, le propriétaire de Shiloh ayant annoncé à juste titre à ceux qui voudraient s’installer sur son domaine "If you take a plow to that land, within two to three years every grain of topsoil will have blown away". Le comédien qui tient ce rôle de politicien mielleux et haut en couleurs n’est autre que James Dunn, dont le nom ne vous dira sans doute rien mais qui eut néanmoins un Oscar bien mérité pour Le Lys de Brooklyn (A Tree Grows in Brooklyn) d’Elia Kazan. Après avoir été dans les années 30 un simple faire-valoir de Shirley Temple - il a très souvent interprété son père à l’écran -, devenu entre-temps alcoolique, il trouvait avec le personnage du père dans ce film très attachant le rôle de sa vie et livrait une performance admirable et touchante. Dans cet épisode, en tant que membre du Congrès de New York et ancien camarade de jeunesse de Garth, il parvient à être à la fois agaçant et attendrissant. Il est accompagné d’un Lee J. Cobb qui fait acquérir à son personnage de juge une dimension supplémentaire, politique cette fois. "Everyone's making adjustments around here. I guess we can make some, too" dira-t-il à ses amis éleveurs en fin d’épisode, ce qui prouve à nouveau son intelligence, son ouverture d’esprit et son sens des responsabilités. Autre acteur d’importance au sein de cet épisode, le jeune Martin West que l’on retrouvera plus tard dans des films comme Complot de famille (Family Plot) d’Alfred Hitchcock ou Assaut de John Carpenter et qui s’avère ici éminemment sympathique en jeune officier de cavalerie. Neveu du congressman, il sera vexé d’entendre dire de ce dernier par le père de sa bien-aimée qu’il n’est rien d’autre qu’un opportuniste et un démagogue. Cette piètre opinion du juge envers son oncle conduira à des fâcheries/réconciliations assez cocasses entre lui et Betsy.

Cette romance qui lie les deux jeunes gens apporte donc un contrepoint de légèreté à cet épisode pas spécialement grave mais en tout cas assez sérieux (avec manipulations politiques, spoliations des terres...). Leur rencontre au milieu de la poussière, leurs retrouvailles à Shiloh puis au bord du pont que le détachement a pour mission de reconstruire, ainsi que la course poursuite à cheval qui s’ensuit... toutes ces séquences entre les deux jeunes comédiens sont vives et très bien réalisées. La manière "sémaphorique" et "serialesque" pour le jeune soldat de rattraper l’associé de son oncle - très convaincant Arthur Space pour un personnage assez richement dépeint - qui se fait la malle avec l’argent des immigrants en fin d’épisode est assez originale et esthétiquement assez plaisante. Parfaitement bien écrit, joliment photographié, très correctement interprété et solidement réalisé, Man of the People démontre une fois de plus le caractère très adulte de cette série trop souvent décrite avec un arrière-fond de mépris comme simplement "familiale". L’épilogue va également dans ce sens, tout le monde essayant de trouver des compromis pour que personne ne soit dupé.

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  • 3.16- The Hour of the Tiger
  • Réalisation : Richard L. Bare
  • Scénario : Harry Kleiner
  • Guest Star : Robert J. Wilke
  • Première diffusion 30/12/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 4.5/10

Le pitch : Alors qu'un important troupeau est ramené à Shiloh avant l’hiver, un éboulement a lieu qui bouche le défilé par lequel les bêtes devaient passer. Il n’y a plus d’autres solutions que de traverser les terres du rancher Junius Antlow (Tom Tully), ce qui ne va pas se révéler facile étant donné que Garth et lui sont devenus ennemis jurés depuis que lors d’une précédente War Range, le juge a accidentellement privé son adversaire de ses deux jambes. Et effectivement ce dernier ne lui a toujours pas pardonné ; dernier recours, faire construire un tunnel pour acheminer le bétail avant les grands froids. Des coolies chinois vont être mis à contribution…

Mon avis : Après plusieurs épisodes/digressions que certains n’auront pas manqué de trouver "hors sujet" - alors qu’ils se seront avérés au contraire souvent passionnants -, avec The Hour of the Tiger la série revient à une intrigue westernienne plus classique et nous replace donc sur les rails du genre. Mais paradoxalement il s'agit de l’un des épisodes les plus faiblards de la saison et malheureusement celui qui pourrait conforter ceux qui parlent de mièvrerie en décrivant ce classique de la petite lucarne ; car - une fois n’est pas coutume - la romance qui se fait jour et qui nous est dépeinte ici entre le Virginien et la jeune Chinoise se vautre bel et bien dans la guimauve la plus sucrée faute, notamment à des dialogues débités par l’actrice Cely Carillo frisant souvent le ridicule. James Drury a beau garder la tête haute et son personnage continuer à se montrer d’autant plus humain qu’il nous dévoile à nouveau ses mauvais côtés un peu machistes ("She thinks like any other woman, with her heart instead of her head"), le personnage écrit pour sa partenaire est tellement mièvre qu’il est difficile de croire à cette histoire d’amour surtout prétexte à comparer deux modes de vie antagonistes, le modèle occidental américain et le chinois. Le premier finit par remporter la victoire haut la main sur les coutumes orientales, sans aucune subtilité de la part de Harry Kleiner qui a beau avoir signé les scénarios de quelques classiques du film noir durant les années 50, ne ressort pas grandi de cet épisode dans lequel l’histoire d’amour prend bien trop le pas sur les conflits entre les deux ranchers ; la conclusion se révèle également bâclée concernant cette partie de l’intrigue qui semblait devoir être l'épine dorsale du récit au vu des premières séquences.

Effectivement, les vingt premières minutes étaient alléchantes, l’arrivée des travailleurs chinois modifiant la donne, le reste ne tient malheureusement pas les promesses initiales. L’épisode débute par une vue assez impressionnante sur un défilé escarpé dans la montagne, un immense éboulement venant le boucher et interdire aux troupeaux du juge Garth de pouvoir le franchir. Il faut pourtant que les bêtes soient amenées au train avant le retour des grands froids. Une seule solution : traverser les terres d’un certain Antlow, propriétaire de la même génération que Garth, autrefois dans les meilleurs termes avec le juge mais désormais son ennemi juré, souhaitant même ardemment sa mort depuis que ce dernier lui a accidentellement fait perdre l’usage de ses jambes. Tout à son idée de vengeance christique - il se réfère constamment à sa Bible pour trouver des solutions à ses problèmes - ce vieil homme aigri va non seulement interdire à Garth de couper à travers ses propriétés mais également tout mettre en œuvre afin que son élevage périsse sur place. En effet, alors que les hommes de Shiloh ont eu pour idée de faire creuser un tunnel sous la montagne par des ouvriers chinois, Antlow va lancer des opérations de sabotage dans le but qu’il ne soit pas terminé d’être construit dans les temps. S'ensuivront donc explosions et effondrements assez efficacement mis en scène et qui vont causer des drames, des blessés et des morts ; parmi les blessés, le Virginien qui va profiter de sa convalescence pour vivre une histoire d’amour avec une des autres victimes qui s’est révélée être une femme déguisée en homme.

On ne va pas entrer dans les détails des causes de ce travestissement tellement ils sont déjà ennuyeux à l’écran. On aura néanmoins compris qu’il s’agissait pour la jeune femme d’un moyen pour pouvoir quitter son pays aux mœurs "barbares" et rester auprès de celui à qui on l'a destinée à être mariée. Il va sans dire qu’elle va tomber sous le charme de ce "beau ténébreux" que lui semble être le Virginien, mais leur idylle ne sera constituée que d’une succession de discussions qui se vautrent dans les clichés les plus éculés sur les coutumes des uns et des autres. Comme je l’écrivais au début, on a connu la série beaucoup plus inspirée, bien plus délicate et subtile dans l’écriture ; même la sous-intrigue qui relate la rivalité entre les deux propriétaires terriens est racontée sans nuances et s’avère totalement prévisible, y compris dans son dénouement tragique après que le fils s'est retourné contre son père. Dommage car le postulat de départ était intéressant, l’image de ces travailleurs chinois assez rare au sein du genre pour la rendre attrayante ; mais dès le départ, la description de cette communauté se révèle non seulement très paternaliste mais également un peu hautaine, ce qui nous met d’emblée assez mal à l’aise. Tout comme nous gêneront des toiles peintes assez hideuses devant lesquelles se mettra même à chantonner Randy, des scènes d’action vite expédiées et une réalisation plutôt banale de Richard L. Bare dont ce sera le dernier - et le moins satisfaisant - des six épisodes qu’il signera pour la série. Plus que Tom Tully, il est vrai peu gâté par un personnage monolithique, nous serons en revanche très contents de retrouver des seconds rôles aussi bons que Robert J. Wilke, ici en vicieux homme de main du vieil homme haineux, ainsi que le toujours excellent Leo Gordon, cette fois-ci dans un rôle positif, celui du jovial conducteur de travaux.

Alors que Hour of the Tiger aurait voulu rendre hommage à cette communauté de travailleurs chinois qui a participé à l’expansion de l’Ouest américain et s’appesantir sur leurs coutumes et leur culture, il rate malheureusement son but dans les grandes largeurs faute à un scénario un peu trop naïf et condescendant. Nous aurons néanmoins eu droit à un très bon premier quart d’heure avec notamment la confrontation entre Garth/J. Cobb et Antlow/Tully, ce dernier acceptant la requête du premier à la seule condition "qu’il lui rende ses jambes", un rire tonitruant mettant fin à cette rencontre qui promettait un grand épisode qui se noiera malheureusement un peu trop dans la guimauve. Quant au titre de l’épisode, il est expliqué au Virginien par la jeune chinoise, "The Hour of the Tiger is when we are snatched away from life, by the claws of death." Décevant mais pas honteux pour autant !
 

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  • 3.17- Two Men Named Laredo
  • Réalisation : William Hale
  • Scénario : Don Brinkley
  • Guest Star : Fabian
  • Première diffusion 06/01/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : 3/10

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  • 3.18- Hideout
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Cy Chermak
  • Guest Star : Forrest Tucker & Andrew Prine
  • Première diffusion 13/01/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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  • 3.19- Six Graves at Cripple Creek
  • Réalisation : Maurice Geraghty
  • Scénario : Carey Wilber
  • Guest Star : John Doucette
  • Première diffusion 27/01/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 3.20- Lost Yesterday
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : True Boardman
  • Guest Star : Shirley Knight
  • Première diffusion 03/02/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 3.21- A Slight Case of Charity
  • Réalisation : Richard Benedict
  • Scénario : True Boardman & Howard Browne
  • Guest Star : Jerome Courtland & Les Tremayne
  • Première diffusion 10/02/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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  • 3.22- You Take the High Road
  • Réalisation : John Florea
  • Scénario : Daniel B. Ullman
  • Guest Star : Richard Beymer & Diana Lynn
  • Première diffusion 17/02/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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  • 3.23- Shadows of the Past
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Frank Chase
  • Guest Star : Jack Warden
  • Première diffusion 24/02/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 3.24- Legend for a Lawman
  • Réalisation : John Florea
  • Scénario : Preston Wood
  • Guest Star : John Litel
  • Première diffusion 03/03/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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  • 3.25- Timberland
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Sheldon Stark
  • Guest Star : Martin Milner, William Smith & Joan Freeman
  • Première diffusion 10/03/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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  • 3.26- Dangerous Road
  • Réalisation : Maurice Geraghty
  • Scénario : John Hawkins
  • Guest Star : Tom Simcox
  • Première diffusion 17/03/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 3.27- Farewell to Honesty
  • Réalisation : Leon Benson
  • Scénario : True Boardman
  • Guest Star : Richard Carlson & Kathleen Crowley
  • Première diffusion 24/03/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 3.28- Old Cowboy
  • Réalisation : William Witney
  • Scénario : Gabrielle Upton
  • Guest Star : Franchot Tone
  • Première diffusion 21/03/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

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  • 3.29- The Showdown
  • Réalisation : Don McDougall
  • Scénario : Gene L. Coon
  • Guest Star : Leonard Nimoy & Michael Ansara
  • Première diffusion 14/04/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

Le pitch :

Mon avis :

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  • 3.30- We've Lost a Train
  • Réalisation : Earl Bellamy
  • Scénario : Borden Chase
  • Guest Star : Rhonda Fleming, William Smith, Neville Brand & Peter Brown
  • Première diffusion 21/04/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
  • DVD : VOSTF
  • Note : /10

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A suivre...

Lien vers le test du coffret DVD saison 3 vol.1

Lien vers le test du coffret DVD saison 3 vol.2

Par Erick Maurel - le 24 février 2018

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